Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1· 20 novembre 2025 25 min

Veuve rouge

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bienvenue [musique] dans les récits extraordinaires de Pierre Bellard, [musique] un podcast issu des archives de rep. C'est un palais très grand, très beau et très célèbre. Mais un palais somme toutes comme les autres, avec une grande porte, un grand escalier, de grands salons, mais aussi des portes dérobées, des couloirs secrets et des appartements privés.

On peut y pénétrer en grande pompe ou s'y introduire subreptissement. Dans un petit salon bleu et argent tout au fond de ce palais, une femme à temp. Elle est belle, mince, la taille bien prise.

Un ravissant chapeau coiffe ses cheveux au beurne au reflet d'oret. Une esquise voilette tente vainement de dissimuler des yeux couleur d'aig marines. Un nez impertinent, des lèvres roses.

Elle est belle et elle attend. Impatiente, elle tire par deux fois sur une petite sonnette en forme de dragon. On vient.

Une porte s'entrouvre. Des moustaches conquérantes apparaissent. Enfin, laissons discrètement retomber la teinture de velour bleu sur ce tendre rendez-vous secret.

Pourtant, dans la viasoisine, un secrétaire du palais prête une oreille attentive. Soudain, un remu ménage inhabituel, des coups de point frappés à la porte de l'antichambre, des cris étouffés. Le secrétaire hésite, faut-il vraiment s'inquiéter, et entrer dans le petit salon bleu ?

On ne sait jamais, tant pis, c'est plus prudent. Sans plus hésiter, le secrétaire ouvre la porte, repousse la teinture et reçoit dans les bras une femme échelée qui pleure convulsivement. Sur le canapé de velours, l'homme râle.

Le visage violet, presque noir, les mains crispées sur sa gorge, cherchant de l'air désespérément. Il va mourir. Il meurt.

Il faut faire vite. Ativement rajusté, la jolie femme s'esquive par le jardin guidé par le secrétaire efficace et un fiacre l'emporte vivement. Nous sommes le 16 février 1899.

Elle c'est Marguerite Stenel qui s'enfuit affolé du palais de l'Élysée. Celui qui vient de mourir brutalement d'apoplexie, c'est le président Félix Fort. Margarite Stenel termine ce jour-là sa carrière de favorite.

La mort du président Félix Fort n'a plus rien de mystérieux aussi. Vous vous en doutez, c'est pour bien autre chose que Marguerite va figurer dans les dossiers extraordinaires de la police sous le nom évocateur de la veuve rouge. Je [musique] cette année 1899, Marguerite Meg pour les intimes, il y en a beaucoup et l'épouse d'Adolphe Stenel. peintre ou style très officiel et neveu de messonnier.

On dit de lui qu'il fait du messonnier mieux que messonnier lui-même. Elle est jeune et belle. Il a quelques vingt ans de plus et porte déjà barbe grise.

Ce fut un mariage arrangé par la famille inquiète du tempérament impétueux de la jeune fille. Le couple s'est établi à Paris dans un petit hôtel particulier au numéro 6 de l'impasse ronin à Vaugirard. L'argent n'est pas toujours au rendez-vous des ambitions de Meg.

Elle vette dans une petite bourgeoisie de quartier où elle s'ennuie. Histoire de se changer les idées, elle tente de divorcer, mais sa mère, madame Japi, la ramène dans le droit chemin et elle réintègre le domicile conjugal avec sa petite fille de 1 an marhe. C'est un couple bizarre, lui que l'on accuse sa femme en premier de se désintéresser des femmes.

Elle qui prend des libertés que la bourgeoisie réprouve. Lorsqu'elle fait la connaissance du président un beau matin sur une allée cavalière, Stenel ferme les yeux mais ouvre son escarcelle car les commandes pleuvent tout à coup. de ton passage, une œuvre immortelle et officielle inaugurée un premier mai et qui s'intitule la remise des décorations par le président de la République au survivant de la Redoute brûlée.

Belle pièce mais quant à elle est une des reines de Paris. Mais son règne s'achève avec la mort du président et nous jetterons un voile pudique sur les circonstances de cette mort. Par contre, les chansonniers, eux, s'en donnèrent à cœur joie, et la belle Meg, profitant de cette publicité involontaire, ouvre une sorte de salon demondin où se presse par conséquent le demi tout Paris.

Adolphe, son pauvre mari de pe côtés, fermant de plus en plus les yeux sur les frasques de la jeune femme. Il n'a plus la vogue depuis que la source même des commandes officielles s'est tarie. Bientôt, la gloire éphémère de sa femme s'éteint et le ménage retombe dans la gêne d'où l'avait sortie la liaison présidentielle.

Marguer Tenel n'aime pas faire la cuisine et la vaisselle. Elle n'aime pas les petites robes et les bijoux de pacotill. Bref, elle n'aime pas la médiocrité.

Elle qui fréquentait le salon bleu et argent de la présidence ne peut pas se contenter de cette petite vie. Alors, alors elle rencontre monsieur C puis Monsieur M, puis X, puis Monsieur Y et se laisse couvrir de cadeaux, de dîner faim et de rente passagère. Stenel, mari plus que complaisant, accepte même la location à son nom d'un petit chalet discret aux environs de Paris, le vert logi, ce qui lui permet de ne pas se cogner trop souvent dans les relations de sa femme.

Madame Japi, mère de Marguerite, fronce un peu les sourcils au frasque de sa fille, mais elle est en âge de mener sa vie. On ne peut plus la mettre au couvent. Elle est bien obligée de laisser faire.

Marguerite a maintenant 40 ans et nous sommes arrivés de Galant protecteur jusqu'en 1908. Le couple semble avoir adopté un statut coparticulier. Marguerite négocie ses faveurs aux hommes fortunés qu'elle rencontre.

Adolphe Stenel leur vent étoile et chacun y trouve son compte. Le dernier protecteur en date, par exemple, un riche châtelin des Ardenes, semble bien à l'entière dévotion de la toujours ensorceleuse, madame Stenel, puisqu'il vient d'acheter deux tableaux au Marie. Il semble bien que la belle Marguerite n'intéresse plus les écotiers et que sa vie privée ne soit plus une vie publique, mais il y a des destinés exceptionnelles qui ne s'accommodent pas de l'anonymat.

Et le 30 mai 1909, dans sa villa-là de l'impasserin à Vau Girard, Marguerite attend sa mère qui vient de province à sa demande pour la rejoindre. C'est samedi. Il y a là Adolphe le mari, Réy le valet de chambre.

Quant à la vieille servante Mariette, on l'a envoyé auprès de la fille de Marguerite qui est souffrante. Potage et langouste au dîner. On d tôt car la vieille dame est là et à 9h on monte se coucher.

Prévenante, Meg confectionne des grogues, frictionne les jambes de sa mère, lui offre sa propre chambre où elle sera mieux dit-elle, et se retire elle-même dans la chambre de sa fille absente. Adolphe lui gagne sa chambre d'éternel célibataire. Il n'assiste jamais au petit coucher de sa femme.

Il ne la voit jamais défaire son large chignon, tresser ses cheveux pour la nuit et s'endormir en chemise de linon bleu, l'air soudain d'une pensionnaire un peu perverse. La nuit s'écoule, calme et tranquille, à peine un aboimement de chien, quelques crissements sur le gravier que nul n'entend. Le valet de chambre dort, madame Mire dort, Monsieur Marie dort, madame Stenel dort.

Peut-être à 6h30, comme tous les jours à la même heure, Réy le valet de chambre quitte justement sa chambre sous les combles et descend l'escalier qui mène à la cuisine. Il a l'intention de préparer le petit-déjeuner. Oh, il ne fait pas de bruit pour ne pas réveiller madame.

Soudain, dans le silence, il tend l'oreille. De l'une des chambres, juste en face de l'escalier, lui semble bien percevoir un faible gémissement. Le chien ?

Non, sûrement pas. On l'a éloigné la veille. Il cassait tout dans la maison d'après madame.

Hésitant, Réy s'approche. La porte est entrebaillée. Il passe la tête et écarquille les yeux de surprise.

Oh, le spectacle n'est pas allé. Oh, pas du tout, au contraire. Mais surprenant.

Marguerite Stenel est sur le lit. pied point au barreau et la chemise de nuit rabattue sur la tête et c'est de là-dessous que proviennent les gémissement. Réy appelle un peu gêné, des grogements lui répondent.

Alors il se précipite réalisant enfin qu'il se passe quelque chose d'anormal et que ce spectacle n'était pas du tout destiné à la simple contemplation. Il rabat respectueusement la chemise de nuit et découvre deux yeux d'ig marines furibons. Il retire précautionneusement un tampon doite de la gorge de sa maîtresse et les gémissements se transforment immédiatement en crise affolée.

Ma mère, mon mari court, Rémy. Le valet de chambre se précipite dans la chambre voisine. Le cadavre de la vieille dame git en travers du lit.

Un cordon de tirage lui sert le coup. Mais pardonnez-moi ce détail, son ratelier lui a été enfoncé dans la gorge très irrévérencieusement. Elle en est morte comme on peut s'y attendre.

Leur atelier ne pardonne pas. C'est beaucoup d'émotions pour un seul valet de chambre. Il manque d'air, le pauvre Rémie et finalement se dirige vers la salle de bain histoire de se rafraîchir les idées.

Il rencontre au détour du couloir sur le dos, les jambes repliées, les yeux pochés, son maître. Adolf Stenel, il est mort aussi. Étranglé de la même manière.

Alors là, c'est trop. Et le valet de chambre affolé retourne dans la chambre de sa maîtresse et s'aperçoit qu'elle est toujours ligotée. Il la délivre en lui balbuant les nouvelles, puis se penche à la fenêtre et hurle.

Au secours ! Les récits extraordinaires de Pierre Belmar, un podcast europin. Donc Marguerite Stenel, ex favorite du président Félix Fort, est découverte par son valé de chambre, ligotée et bayonné sur un lit alors que dans les pièces voisines, sa mère et son mari sont morts étranglés.

Premier mystère, pourquoi Marguerite n'a-t-elle pas été étranglée elle-même au point où en étit les assassins, un mort de plus ou de moins ? Second mystère, il semblerait bien que les liens qui inséraient les poignets et les chevilles de Marguerite Stenel n'était pas tout à fait aussi serré, dirons-nous, que la normale. J'entends par là que le travail de l'agresseur laissait à désirer, soit qu'il n'était pas consciencieux, soit qu'il a été complaisant, pour ne pas dire complice.

De même, le tampon doite examiné par la police était relativement sec. On peut donc supposer qu'il n'était pas dans la bouche de Marguerite Stenel depuis très longtemps, placé peut-être au dernier moment. En tout cas, Marguerite est vivante et au joie redevient enfin il y avait si longtemps la vedette de quelque chose.

Peu importe qu'il s'agisse du meurtre de son mari et de sa propre mère, Marguerite redevient meg. Elle a un public, il faut en profiter. À ce point de l'histoire, je me dois de vous signaler, si vous ne l'avez pas un tantiné supposé que Marguerite est une superbe menteuse dame.

On ne trompe pas son mari pendant 20 ans sans un don de ce genre. Et même si le mari est complaisent, il lui faut garder la face et une femme se doit d'aider son mari à garder la face en de pareilles circonstances. C'est le moins qu'elle puisse faire.

Cette petite parenthèse étant refermée, ne croyez surtout pas que je mets en doute une seconde la version que Marguerite va donner de l'agression dont elle a été victime. D'autres que moi l'ont trouvé plausible. La seule chose qui m'ennuie, c'est qu'elle reste la seule à la raconter et pour cause, voici donc ce que madame Stenel raconte aux enquêteurs et ils sont nombreux tout autant qu'attentifs.

Après avoir servi un grog à ma mère et à mon mari, tous deux se sont retirés dans leur chambre respectives. Je suis monté moi-même me coucher, me suis endormi rapidement. J'ai été brutalement tiré de mon sommeil au moment où son les 12 coups de minuit par trois hommes barbus en longue robe noire et par une femme rousse à la bouche ignoble.

Voilà bien un détail de femme. La femme rousse m'a prise pour ma fille. Voilà bien une coquetterie.

Elle m'a brutalement demandé où mon père cachait l'argent. J'ai été sauvé de la mort par l'un des hommes barbus qui ressemblaient à un ancien modèle de mon mari. Je pense qu'il m'a prise en pitié.

On m'a arraché mes bagues. Je me suis évanouie. Je ne me rappelle de rien d'autre.

C'est affreux. Les enquêteurs constatent qu'une bouteille d'encre a été renversée dans le bureau situé entre la chambre Boudorm et Me et celle de sa mère. On peut suivre les traces de la flaque du bureau à la chambre de la vieille dame et elle semble avoir été faite par une robe longue.

Or, madame Stenel porte sur la cuisse une tache de cet ancre alors qu'elle dit ne s'être pas levé, avoir été surprise au lit et qu'on l' a trouvé attaché. Enfin, il n'y a pas du tout de trace d'effraction. Mis à part l'encrier, rien n'a été touché.

La clé de la porte est restée à l'intérieur. Les enquêteurs s'arrêtent un moment sur ce détail, mais la vieille et fidèle servante Mariette arrive à point pour expliquer que le valet de chambre a perdu quelques jours plus tôt une clé semblable dans le jardin. Alors alors il faut bien s'en tenir à la version des faits que donne Marguerite et la police conclut à un crime crapuleux.

On enterre les victimes, mais le public ne l'entend pas de cette oreille. Et bien entendu, les lettres anonymes s'entassent. La belle Marguerite a déjà trophé parler d'elle.

Impossible de la croire totalement innocente et victime de ce qui s'est passé. On murmure qu'elle jouit de protection puissante qu'on étouffe l'affaire. et des noms célèbres sont cités comme ayant connu les faveurs de celle que l'on appelle maintenant la veuve rouge, le prince de Gale, le roi Sisovate du Cambodge, le ministre de la marine, celui de l'agriculture, un juge même.

On rappelle le drame de l'Élysée. On dit qu'un voisin a aperçu la nuit du crime dans l'impasse, des ombres suspectes sous l'unique réverirbbert et les journaux entretiennent assidument leur lecteurs. Décidément, la vie de Marguerite Stenel fait la joie de la presse.

Pourtant, pourtant une fois encore, les choses se tassent, les vacances sont là et chacun sait que le soleil fait oublier bien des scandales. Seulement, Seulement, Marguerite ne veut pas qu'on l'oublie, surtout pas. La gloire enfin retrouvée à n'importe quel prix, elle va l'entretenir.

Tout, tout plutôt que de retomber dans l'oubli bourgeois et déprimant. En octobre, après les vacances passées au bord de la mer, Marguerite se sent en pleine forme. Elle convoque un journaliste, le rédacteur en chef de l'Écho de Paris prétendant qu'elle a des révélations importantes à faire sur le crime.

Le journaliste saisit l'UBen et le moyen de raccrocher ses lecteurs car Meg fait toujours recette. Il exige donc de publier une lettre ouverte Marguerite Ikon sans volontiers et voici ce qu'elle annonce. Un employé du métropolitain a trouvé le mai à la station de Villier un carton d'invitation pour une exposition de son mari.

Sur le carton figurait l'adresse d'un costumier de théâtre. Or, le 27 mai, ce costumier avait loué des Lévites, les fameuses robes noires à des acteurs de théâtre hébreux et trois de ces lévites avaient disparu au moment de la livraison. En outre, chez le costumier, une cliente avait remarqué une femme à la bouche en trou d'égût et un grand barbu.

Ouh ! Le vilain mensonge ! car les journalistes excités par l'affaire vont vérifier.

On a bien volé des LV chez un costumier, ça c'est vrai. Mais la femme n'est pour rien dans l'affaire et l'homme barbu non plus. Et ce qui est pire, c'est que la police était au courant depuis plusieurs mois, qu'elle a abandonné cette piste et que Marguerite le savait.

Peu importe, il en faudrait plus pour abattre Marguerite. Elle déclare que la justice est trop lente, qu'elle veut venger elle-même sa mère et son mari. Et histoire d'entretenir un peu la presse, ce constitue partie civile en criant bien haut qu'ainsi elle pourra enfin consulter le dossier.

Bien qu'elle ait vieilli, Marguerite Stenel exerce toujours son pouvoir sur la jante masculine et les journalistes la suivent de près. Ils se battent entre eux-mêmes. C'est à qui obtiendra le premier et la dernière déclaration de la veuve rouge.

Et elle en fait des déclarations. Marguerite. Un jour, elle fait un monde honorable.

Après avoir convoqué son journaliste favori. Elle avoue oh l'histoire des robes longues était fausse. Le coupable Ben le coupable c'est Rémy, mon valet de chambre.

J'ai constaté qu'il dissimulait des lettres que ma fille adresse à son fiancé et qu'il en décollait les timbres. Je l'ai surveillé. Il est suspect.

J'exige qu'on l'interroge, qu'on fouille ses papiers personnels. J'ai d'ailleurs conservé le portefeuille que je lui ai confisqué. Emballé, le journaliste court chez le juge d'instruction et Me en grande pompe et devant témoin sort du portefeuille une perle volée le soir du crime.

On perquisitionne chez le valet de chambre et c'est Meg qui aperçoit la première un brillant qui saintille forte opportunément entre les lames du parquet. Un brillant volé bien entendu. Réy hurle qu'il est innocent.

Marguerite exulte. Ouh le vilain deuxième mensonge. Car un autre journaliste vient affirmer qu'il a vu le portefeuille du valet. avant la scène chez le juge d'instruction et qu'il n'y avait rien dedans, pas plus de perles que de vérité dans tout ça.

Et un bijoutier vient spontanément déclarer que la perle en question, il l'a desserti d'une bague que lui a remis madame Stenel le 12 juin. Le 12 juin alors que cette bague est supposée avoir été volée le 31 mai. Oh mais Marguerite n'est pas déconcertée pour autant.

Elle avoue, elle avoue. C'est elle qui a dissimulé le diamant dans les lames du parquet. C'est elle qui a mis la perle dans le portefeuille.

Pourquoi ? Oh ne l'ennuie plus avec ça. Elle va enfin dénoncer le véritable, l'unique, le seul vrai coupable.

Bien qu'il est menacé, elle aura le courage de tout dire. Le coupable, c'est Alexandre, le fils de Mariette, la servante. Et on arrête Alexandre et on le relâche, car bien entendu, et heureusement pour lui, il a un alibi incontestable.

Alors, alors, il est temps que le Vaudeville s'arrête. Il est temps de retirer l'affaire des mains du juge d'instruction l'aider qui dit-on connaît trop bien la belle Meg et depuis longtemps. Le juge l'aidé se sent obligé d'arrêter Marguerite pour complicité de meurtre et ils se sont obligés aussi de se dessaisir de l'affaire au profit du juge André qui lui n'est pas et ne fut jamais un familier du vert logi.

Si bien que Marguerite meg la rouge, protégé par les gendarmes à cheval et par la troupe, entre à Saint-Lazar la prison des femmes sous les vooscifération des lecteurs du matin de l'écho de Paris et des autres. À la pistole numéro 11 où elle paye 7 francs 50 par mois plus 5 francs de chauffage et 3 francs pour les bougies, Meg se lève à 6h30 et se couche à 7h à l'extinction des feux. Il est loin, le salon bleu est argent.

Et pendant qu'elle rushing sur l'ordinaire de la maison, une infame soup de rognure, le nouveau juge voit déferler sur son bureau un assortiment choisi de témoignages et d'accusations qui bientôt transforme la mondaine brillante et adulée en une coquine sordide et veule. On dit, et on tente de le prouver par sa correspondance que non seulement elle trompait ouvertement son mari mais qu'elle l'a tué pour s'en débarrasser et épouser son dernier amant. On dit, et on ne le prouve pas, qu'elle a tué sa mère pour hériter de 90000 francs or.

L'accusation se consolide. Désormais, on a le schéma desmobile et il est facile de penser que Marguerite a endormi sa famille à coup de grog tassé au narcotique, a tué ou fait tuer puis simuler son propre ligotage. Souvenez-vous, les liens n'étaient pas tellement serrés et le tampon doite ne l'avait pas beaucoup étouffé.

Quant à l'argent volé, il n'a jamais existé. Le ménage était dans la gêne et les bijoux ont été retrouvés. Pendant près d'un an, l'instruction se bat avec la défense qui prétend que les bijoux retrouvés sont des doubles, que l'argent a bien été volé, les comptes du ménage le prouverait et que si Marguerite a dissimulé les perles et diamants, c'était pour forcer le valet de chambre à avouer.

Des mois de bagarre, plus de 4000 pièces au dossier, 150 témoins entendus, réentendus, font que le 3 novembre 1909, Marguerite Stenel fait son entrée devant le jury de la scène. Si je dis fait son entrée, c'est que vous l'imaginez bien devant un public aussi intéressant, Meg a décidé de ne pas décevoir. Un petit chapeau à court voile de crêpe noire sur ses cheveux à reflets dorés, ses yeux d'aig marines mouillés, juste ce qu'il faut.

Une robe de veuve sévère mais qui prend la taille, maig la belle de toute sa féminité lutte pied à pied avec le président. Un coup d'évanouissement, de charmes, de crise de ner palpitante, de sourire mystérieux, de sous-entendus inattaquable, elle résiste les assassins, elle le jure. Ce sont les trois barbus en robe noire et la femme rousse à la bouche d'égût.

Elle trouve de l'aide partout. Un jeune homme romantique vient même s'accuser du meurtre à la barre par amour pour elle. Mariette, la vieille servante, témoin important, qui la connaît si bien, se contente de mystérieux et têtu, je sais pas.

L'avocat général, s'entendant cette sorceleuse lui échapper, tente une dernière accusation. Il annonce que Marguerite avait une complice dont on a presque pas parlé. Cette complice, il ne veut pas la nommer mais on la connaît.

Alors le dernier jour de l'audience, Mariette, la vieille servante accompagnée d'un avocat, regarde le ministère public en face et dit d'une voix sèche et arrogante : "Si vous croyez que je suis la complice, dites-le." Et le ministère public, qui n'a pas de preuve baisse pavillon. Si bien que sous les applaudissements d'un public à nouveau sous le charme, Marguerite Stenel après deux heures de délibération est déclaré non coupable par 12 voix contre neuf.

Son joli coup a eu bien chaud. Mystère donc sur le crime de l'impasse ronin. Depuis nombre de théories ont couru.

Je vous laisserai établir la vôtre. Quoi qu'il en soit, Margarite Stenel se réfugie en Angleterre après le procès. Elle y a vécu fort bien ma foi jusqu'à l'âge de ans.

Elle y devint péresse d'Angleterre en épousant Lord Robert Brook Campbell Scarlett 6e baron Ebinger. Une vieille connaissance de l'impasse rondin. à nouveau en 1927, en tout bien tout honneur, elle se réfugie dans son castel du Sor et écrit ses mémoires, aidé cette fois encore par un journaliste.

Elle y parle toujours d'homme barbu, de robes noires et de vilaines femmes rousses. Marguerite Stenel était-elle une criminelle odieuse, une femme du monde fantasque ou une mythomane agressive ? J'ai sous les yeux la reproduction d'une phrase authographe.

L'écriture est haute, large décidée et je ne résiste pas à l'envie de vous la lire en conclusion de cette folle histoire. La phrase dit ceci : "N'estce pas que tout arrive ? Merci Marguerite." Et c'est avec une phrase comme celle-là, chers amis, [musique] que la veuve rouge est passée des dossiers extraordinaires de la police à ceux de l'histoire. [musique] [musique] Vous venez d'écouter les récits extraordinaires de Pierre Belmar, un podcast issu des archives de rep.

Réalisation et composition musicale Julien Tarot. Production Estelle Lafond. Patrimoine sonore Sylven Denis, Latitia Casanova, Antoine Reclu.

Remerciement à Roseline Belmar. Les récits extraordinaires sont disponibles sur le site et l'appli européen. Écoutez aussi le prochain épisode en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute préférée.