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InterviewC à vous (sur YouTube)· 5 février 2024 19 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationSolidarités & familleTravail & emploi

Négociations commerciales : des baisses de prix en 2024 ? - Bruno Le Maire - C à vous - 05/02/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 66 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteÉludée

    Une relaxe faute de preuves pour François Bayrou, vous partagez ce constat ?

  • 0:46OuverteRéponse partielle

    Pensez-vous qu'il pourrait retrouver sa place au gouvernement ?

  • 1:02RelanceRéponse partielle

    Vous n'avez pas d'avis personnel sur la place de Bayrou ?

  • 1:16OuverteÉludée

    Le tribunal sévère envers huit prévenus, mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    Le gouvernement doit être complété, vous vous reconnaissez dans un gouvernement de droite ?

  • 2:44OuverteRéponse partielle

    Gabriel Attal a fait face à une motion de censure, votre réaction ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:40Invité politiqueChiffre
    « Un quart des prix des produits alimentaires vont baisser. »
  • 8:10Invité politiqueChiffre
    « Un quart des prix des produits qui vont baisser par rapport à l'avant négociation. »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Sur la moyenne générale, une augmentation de 2 à 3%. »
  • 8:37Invité politiqueChiffre
    « Ça va être du 10%. »
  • 9:11Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu 1 000 contrats qui ont été signés entre les plus grands industriels, 75, et les 5 grands distributeurs. »
  • 9:19Invité politiqueChiffre
    « Sur ces 1 000 contrats, il y en a 124 qui ne respectent pas les règles. »
  • 9:40Invité politiqueChiffre
    « Industriels et distributeurs encourront chacun une amende pouvant aller jusqu'à 5 millions d'euros. »
  • 10:53Invité politiqueChiffre
    « La sanction, c'est 10% du chiffre d'affaires de l'industriel qui a triché. »
  • 12:30Invité politiqueChiffre
    « Les supermarchés Leclerc ont fait l'objet effectivement de sanctions il y a quelques années. Une sanction de plus de 6 millions d'euros, je crois. »
  • 17:23Invité politiquePromesse
    « Il sera versé début avril, le chèque énergie. »
  • 18:37Invité politiqueChiffre
    « Toute personne qui a un faible revenu, ces deux premiers déciles, de l'ordre de 1 000 euros par mois, a droit au chèque énergie. »

Temps de parole

  • François Bayrou69 %
  • Présentateur15 %
  • Bruno Le Maire6 %
  • Invité4 %
  • Présentateur 22 %
  • Invité 22 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Une relaxe faute de preuves pour François Bayrou, qui parle donc de la fin d'un cauchemar de 7 ans, quand Patrick évoque un gâchis politique et humain, c'est un constat que vous partagez ?

0:14
François Bayrou

Je ne commente pas les décisions de justice sur le fond. C'est une règle à laquelle je me tiens. En revanche, d'un point de vue personnel, j'ai appelé François Bayrou il y a quelques instants, juste avant de vous retrouver, pour lui dire tout simplement que j'étais heureux pour lui. C'est long cet an. C'est une épreuve qui est longue, où on vit dans l'indécision. On attend le jugement final de la justice. Donc je suis heureux pour lui. Je suis heureux pour notre majorité, parce que ça va permettre de poursuivre le travail avec François Bayrou dans les meilleures conditions possibles. Après, c'est à lui d'inventer son avenir, mais désormais tout est possible.

0:46
Présentateur

Vous pensez qu'il pourrait retrouver sa place au sein du gouvernement ? En tout cas, vous le souhaitez ?

0:50
François Bayrou

François Bayrou l'a dit, je crois, on ne peut pas dire de manière plus juste. Il n'y a qu'une seule personne qui décide, donc c'est au président de la République. Puis c'est aussi, je le redis, à François Bayrou d'inventer son avenir politique, maintenant qu'il est libéré de ce poids.

1:02
Présentateur

Vous n'avez pas d'avis personnel, à défaut de pouvoir décider vous-même ?

1:06
François Bayrou

Moi, mon avis, c'est qu'on a besoin de tous les talents et de toutes les expériences, notre majorité, dans la situation difficile qui est aujourd'hui celle de la vie politique française.

1:16
Présentateur

Le tribunal qui s'est montré, en revanche, très sévère à l'encontre de huit prévenus, allant souvent au-delà des réquisitions du parquet. Mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen ?

1:26
François Bayrou

Alors, pire que commenter les décisions de justice, il y a des accusations à la va-vite, y compris sur ses adversaires politiques. Donc, je n'ai pas de commentaire à faire. C'est la justice qui tranchera.

1:35
Présentateur

Le gouvernement qui doit être complété dans les heures à venir, où l'aile gauche a pour l'instant disparu et qui fait donc table rase du en même temps. Est-ce que vous appartenez aujourd'hui à un gouvernement de droite qui s'assume ?

1:47
François Bayrou

Non, je ne me reconnais pas du tout dans ses appellations à la gauche, à la droite. Si je me suis engagé pour Emmanuel Macron, c'est précisément parce qu'il voulait dépasser ce clivage gauche-droite qui n'apporte pas de réponse sur le sujet du pouvoir d'achat, sur le sujet de l'environnement, du réchauffement climatique.

2:03
Bruno Le Maire

On dépasse, mais vous n'êtes pas une page blanche, Bruno Le Maire. Vous avez un passé, vous avez un parcours politique.

2:07
François Bayrou

J'ai une culture. J'ai toujours dit que j'étais d'une culture de droite. Mais en revanche, je ne me reconnais plus dans ce clivage gauche-droite qui, comme ministre de l'économie, ne me permet pas d'apporter des bonnes réponses aux problèmes des gens. Quand il y a un sujet sur le pouvoir d'achat, sur la vie chère, sur les produits alimentaires, sur la crise inflationniste, ce n'est pas être de droite ou être de gauche qui m'apporte une réponse. C'est trouver des décisions efficaces et justes.

Donc je recommande vivement à toute notre majorité, à tous les parlementaires, d'oublier ce clivage que le président de la République a dépassé pour, au contraire, essayer de faire le mieux possible pour les Français en regardant les solutions concrètes et pas les étiquettes.

2:44
Présentateur

Gabriel Attal qui a dû faire face ce matin à sa première motion de censure. La motion déposée par la gauche n'a recueilli que 124 voix sur les 289 nécessaires, mais elle a été l'occasion, notamment pour la France insoumise et les écologistes, d'épingler le nouveau Premier ministre.

2:57
Invité

La semaine dernière, vous avez appelé à revenir à des principes clairs. Je vous cite. Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies. Tu défies l'autorité. On t'apprend à la respecter. Je vous prends donc, monsieur le Premier ministre, au mot. Tu casses l'État, tu t'en vas. Tu salis la République, tu pars avec ta clique. Tu défies le Parlement. Le Parlement t'apprend à le respecter. Au fond, vous êtes, monsieur Attal, le meilleur ami de monsieur Bardella.

Plus vous disloquez le pacte républicain construit autour de nos services publics, plus vous abîmez le contrat social et les mécanismes qui l'ont préservé depuis 1945, plus vous agitez ici les thèmes et les termes de l'extrême droite, plus il y a de place pour la discorde, la fracture, au final la haine des Français les uns contre les autres, donc plus il y a de place pour l'extrême droite.

3:48
Présentateur

– Elisabeth Borne a subi 31 motions de censure, enfin elle a survécu à 31 motions de censure. Il va devoir s'habituer à ce genre d'attaque, Gabriel Attal, même quand on le voit en meilleur ami de Jordan Bardella ?

4:00
François Bayrou

– Oui, mais je veux dire, Elisabeth Lemoyne, ce ne sont pas des attaques qui font très mal. Enfin pour en avoir comme ça des litanies, elles sont tellement à côté de la plaque, ça ne trompe personne. Ça peut faire un effet de tribune à l'Assemblée nationale, je pense qu'il n'y a pas un de nos compatriotes qui soit convaincu par la comparaison entre Jordan Bardella et le Premier ministre. Dire qu'on a saccagé les services publics alors qu'on a réinvesti massivement sur l'hôpital public, sur l'école, sur les services publics de proximité, enfin ça ne trompe personne.

4:28
Bruno Le Maire

– Mais quand vous annoncez par exemple la fin de l'allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droit, pour les basculer sur le RSA, et ce qui risque de priver de revenus les plus précaires, et que la gauche vous dit ça c'est une mesure de droite, vous le récusez ?

4:43
François Bayrou

– Ce n'est pas une mesure de droit, je le récuse totalement. Il y a un RSA qui garantit effectivement un revenu minimum pour ceux qui sont les plus fragiles, qui sont les plus démunis, c'est l'honneur de la République d'avoir un revenu minimum. Mais vous trouvez juste qu'il y ait deux revenus minimums, un le RSA où vous ne cotisez pas pour la retraite, et l'autre l'ASS où vous cotisez pour la retraite ? Moi je trouve ça injuste, donc ce n'est pas que ce soit de gauche ou de droite, je trouve juste qu'il n'y ait qu'un seul revenu minimum pour tous soumis exactement aux mêmes règles. Et les cotisations retraites effectivement c'est pour ceux qui travaillent.

Donc j'estime que la mesure qu'annoncée Gabriel Attal n'est pas de droite ou de gauche, c'est une mesure d'alignement et de justice.

5:20
Présentateur

Première mention de censure aujourd'hui et premier discours de politique générale pour Gabriel Attal. On l'a vu cette image, mais on la revoit avec vous en plateau en tant que numéro 2 du gouvernement, c'est vous qui avez prononcé la totalité du discours de Gabriel Attal devant le Sénat.

5:36
François Bayrou

Je suis né en 1989. Allez-y monsieur le ministre, moi non, mais allez-y. Si seulement.

5:56
Présentateur

Est-ce si simple de devoir travailler avec un premier ministre qui a 20 ans de moins que vous ?

6:03
François Bayrou

C'est plus que simple, c'est assez enthousiasmant. C'est assez enthousiasmant parce que ça renouvelle l'exercice, ça vous apporte des choses nouvelles. Moi je crois à la force de l'expérience, mais je crois aussi à la force de la jeunesse. Et avoir des personnes politiques nouvelles, qui ont une expérience différente, qui ont un passé différent, qui approchent la vie politique de manière différente, je pense que c'est une bonne chose. J'ai beaucoup ri quand je dis que je suis né en 1989, mais il y a eu un long silence. Et j'ai repensé à ce moment-là à ce qu'était 1989 pour moi. Gabriel Attal n'était pas né, pour moi c'était la chute du mur de Berlin. Et la fin du régime communiste en Europe.

C'est bien que ces deux expériences se conjuguent. Moi ça ne me pose aucune difficulté, et même ça me donne beaucoup d'énergie et d'enthousiasme.

6:53
Présentateur

Sans réflexe paternaliste, parce que vous avez juste posté une photo le jour de la nomination de Gabriel Attal. On vous y voit mettre la main sur son épaule. C'est un geste un peu paternaliste.

7:04
François Bayrou

Oui, la quoi qu'on fasse, ça peut être amical, ça peut être affectueux, ça va être mal interprété, il n'y a aucun paternalisme, je n'aime pas trop le paternalisme. Et c'est simplement amical et affectueux.

7:13
Bruno Le Maire

Les négociations entre les grandes enseignes de la distribution et les agro-industriels se sont donc achevées il y a quelques jours, c'était mercredi à minuit, sur fond de mouvements des agriculteurs qui demandent à être mieux rémunérés. On va en reparler parce qu'il y a beaucoup de polémiques et de contestations autour de la loi EGalim et de la façon dont elle est appliquée. Mais vous avez les résultats de ces négociations, donc vous savez quels sont les produits en rayon pour les consommateurs qui vont augmenter, ceux qui vont baisser ?

7:40
François Bayrou

À la conclusion de ces négociations, c'est qu'un quart des prix vont baisser. Un quart des prix des produits alimentaires. Ce qui fait qu'on a bien fait d'avancer les négociations de quelques semaines parce que ça veut dire que la baisse va arriver plus vite pour le pouvoir d'achat des ménages. Tout de suite, les négociations ont été conclues le 31 janvier. Un quart des prix des produits alimentaires vont baisser. Ils vont baisser plus tôt que ce qui avait été prévu. Ils vont baisser par rapport à quoi ? Anticiper, baisser par rapport à ce qu'ils étaient avant la négociation commerciale. C'est vraiment, je parle d'une baisse de prix.

Après, globalement, il y aura une augmentation sur l'ensemble des produits qui sera contenue entre 2 et 3%. Donc un quart des prix des produits qui vont baisser par rapport à l'avant négociation. Et sur la moyenne générale, une augmentation de 2 à 3%. Quels sont les produits sur lesquels les prix vont baisser ? C'est les pâtes, tout simplement, parce que les produits de base, le blé, vont baisser également. Ça va être le sucre, ça va être le café, ça va être les céréales, ça va être les huiles. Vous savez dans quelle proportion ? Ça va être du 10%. Ça peut être du 1, ça peut être du 2, ça peut être du 3%.

En tout cas, le produit en rayon sera au 2, 3, 4, 5 février moins cher qu'il ne l'était avant le début des négociations commerciales. Donc ça, c'est une très bonne chose pour le consommateur. Après, Patrick Cohen le disait, est-ce que c'est parfait ? Non. Et j'ai lancé un certain nombre de contrôles sur l'ensemble des négociations commerciales entre les distributeurs et les industriels. Il y a eu 1 000 contrats qui ont été signés entre les plus grands industriels, 75, et les 5 grands distributeurs. Sur ces 1 000 contrats, il y en a 124 qui ne respectent pas les règles. Soit du fait des industriels, soit du fait des distributeurs.

J'ai donc envoyé des injonctions à tous les industriels et tous les distributeurs concernés. Sur ces 124 contrats qui ne respectent pas les règles de la loi EGalim, ils ont 15 jours pour expliquer pourquoi ils ne se sont pas conformés. Et pour s'y conformer, faute de quoi, industriels et distributeurs encourront chacun une amende pouvant aller jusqu'à 5 millions d'euros. Et je veux le dire très fermement, si les explications ne sont pas convaincantes, ce sera des amendes de 5 millions d'euros pour les distributeurs et les industriels qui n'ont pas respecté les règles de la loi EGalim.

9:53
Présentateur

Et vous rendrez public le nom de ces industriels ?

9:56
François Bayrou

Bien sûr. Les Français sauront ? Les Français sauront qui n'a pas respecté les règles de la loi EGalim, le montant des sanctions et à qui ont été données ces sanctions. Nous sommes là pour faire respecter la loi. Cette loi EGalim, elle est bonne. Elle permet de protéger le revenu des producteurs. Et c'est pour moi ce qu'il y a de plus important aujourd'hui, préserver le revenu des paysans pour qu'on continue à avoir des paysans qui produisent de l'alimentation saine pour les consommateurs. « Il faut faire respecter la loi EGalim, je le ferai sans avoir la main qui tremble. » Et pour les distributeurs aussi, vous les citerez, s'ils sont fautifs. Bien sûr.

Si les distributeurs sont fautifs, qu'ils n'ont pas respecté les règles, nous le dirons. Si certains industriels, sur un autre sujet qui n'est pas celui de la loi EGalim mais qui est celui de l'origine France, ne respectent pas les règles, on voit trop de produits sur lesquels vous avez le drapeau tricolore. Et en fait, le produit, ça peut être du poulet, ça peut être des côtes de veau, ça peut être des côtes d'agneau.

10:48
Bruno Le Maire

Parce qu'il a été réemballé en France.

10:49
François Bayrou

Il a été remballé en France. Et parce que l'emballage est français, il devient français. Alors là, la sanction, c'est 10% du chiffre d'affaires de l'industriel qui a triché. Et là aussi, je veux le dire avec beaucoup de fermeté, ma main ne tremblera pas. Je trouve révoltant qu'on puisse accoler le drapeau tricolore sur des produits qui viennent de l'étranger. C'est une tromperie du consommateur et c'est un mensonge. On a fait beaucoup de sanctions dans les années passées, mais je vois bien que dès que vous relâchez un tout petit peu la pression, les mauvaises habitudes peuvent revenir.

Donc je le dis avec beaucoup de fermeté, les sanctions tomberont sur tous ceux qui ont triché, sans exception.

11:24
Bruno Le Maire

Est-ce que le fait que les principaux distributeurs, pas tous, mais un certain nombre de distributeurs, aient installé leur centrale d'achat à l'étranger, au Benelux notamment, ou ailleurs dans l'Europe du Sud, est-ce que c'est une manière de contourner la loi Egalim, de se soustraire aux droits français ?

11:42
François Bayrou

C'est ce que nous sommes en train de vérifier. Mais je veux dire les choses là aussi avec beaucoup de fermeté, beaucoup de clarté. Un produit qui est vendu en France doit respecter la loi française. Donc que son prix ait été négocié en France ou par une centrale d'achat européenne, donc une centrale d'achat installée hors de France. Produits vendus en France, respect de la loi Egalim, respect de la loi française. Nous nous assurons que toutes les centrales d'achat européennes respectent bien ces règles. Là aussi, si elles ne le sont pas, il y aura des sanctions.

12:12
Présentateur

Michel-Edouard Leclerc s'attend à recevoir des assignations des autorités en lien avec ces négociations. Nous savons que nous allons avoir des sanctions. C'est ce qu'il a dit ce matin sur France Inter. Il s'est dit aussi visé par un groupe de députés de la majorité. Est-ce que les centres Leclerc sont dans le viseur de la majorité ou du gouvernement ? Est-ce qu'ils ne respectent pas les lois Egalim ?

12:27
François Bayrou

Ni plus ni moins que les autres distributeurs. Les supermarchés Leclerc ont fait l'objet effectivement de sanctions il y a quelques années. Une sanction de plus de 6 millions d'euros, je crois. Mais il n'y a pas de ciblage spécifique d'un distributeur ou d'un autre. Tous les grands industriels, les 75 plus gros industriels de l'agroalimentaire, les 5 distributeurs sont tous concernés par nos sanctions et par les enquêtes que j'ai lancées de la Direction générale de la consommation et de la répression des fraudes. Personne ne passera entre l'émail du filet.

12:59
Présentateur

Parmi les mesures annoncées jeudi dernier, il y a la suspension du plan qui vise à réduire de 50% les usages des pesticides d'ici à 2030. C'est ce que demandait notamment la FNSEA. Le sénateur écologiste Yannick Jadot a réagi ce matin sur France Info.

13:15
Invité

Ce qui est en train de faire ce gouvernement, du point de vue de la santé publique, du point de vue de la santé des agriculteurs vis-à-vis de l'environnement, c'est tout simplement criminel. Souvenez-vous qu'avec les mêmes arguments, exactement les mêmes arguments, qui est de dire les normes, la contrainte écologique, la bureaucratie, ils ont laissé le chlordécone pendant des années aux Antilles. Quand on a des instances de santé qui disent que les pesticides génèrent des cancers, qui disent que des pesticides génèrent des problèmes de malformation, de développement, de Parkinson, d'Alzheimer, la responsabilité politique, c'est de tout faire pour en sortir.

13:59
Présentateur

– Alors on entend bien depuis le début de cette crise qu'il ne faut pas opposer l'agriculteur et l'écologie, mais c'est criminel, c'est ce que dit Yannick Jadot. Est-ce que pour aider les agriculteurs, l'écologie passe désormais au second plan ?

14:09
François Bayrou

– Je pense que le terme est totalement inapproprié, totalement déplacé. Jouer avec la chlordécone qui est effectivement un drame dans les Antilles et qui a créé beaucoup de souffrance dans les Antilles et laisser entendre que dans le fond, on s'apprête à avoir un autre scandale de la chlordécone, je trouve ça irresponsable de la part de Yannick Jadot. – Oui, nos agriculteurs sont confrontés à des difficultés majeures lorsque l'on leur demande de respecter des règles que d'autres pays européens ou d'autres pays en dehors de l'Europe ne respectent pas. C'est tout ce que nous allons regarder. Ça ne remet pas en cause le plan éco-phito. J'étais ministre de l'Agriculture.

Le premier plan éco-phito a été mis en place fin 2018 par Michel Barnier. Quand j'étais ministre de l'Agriculture en 2019, on est venu me dire mais ce plan éco-phito ça ne marche pas. Je l'ai maintenu parce que je crois à la réduction de l'utilisation des phytosanitaires. Mais il ne faut pas mettre les agriculteurs dans des situations qui sont inconnables. – Vous avez sauté une décennie, c'était 2008. – 2009. – Pardon, 2009, vous voyez comme quoi je me rajeunis un peu rapidement, c'est le 1989 qui fait encore son effet.

Tout ça pour dire que je crois profondément à la nécessité de réduire l'utilisation des pesticides et des phytosanitaires, mais il faut le faire de manière juste pour nos producteurs. Regardez ce qui s'est passé sur le diméthorate, qui est le produit qu'on mettait sur les cerises pour empêcher les cerises attaquées par la mouche Suzuki. On a demandé à nos producteurs de le faire dès 2016. Ensuite, on a laissé d'autres producteurs venus d'autres pays importer des produits qui, eux, n'étaient pas traités de la même façon. Ça tue nos producteurs. Tout ce que demandent nos producteurs, c'est de la justice.

Ils ne sont pas du tout hostiles à la réduction des phytosanitaires, pas du tout hostiles à des bonnes pratiques. Ils veulent juste que, économiquement, ce soit soutenable. Et ils ont raison. – Donc il y aura une solution d'ici au Salon de l'agriculture ? – C'est ce à quoi il faut travailler, c'est ce à quoi travaille le ministre de l'Agriculture, le ministre qui est chargé de l'Environnement, Christophe Béchut, pour trouver des solutions pour nos agriculteurs. Moi, je suis à 100% derrière nos paysans. Pourquoi ? Ils se sont adaptés massivement. Ils ont une responsabilité qui est de nourrir les Français avec des produits de qualité. Apportons-leur des solutions plutôt que des problèmes.

Et garantissons-leur la justice. Si un produit est interdit en France pour des raisons sanitaires, c'est très bien. Mais dans ce cas-là, on n'importe aucun produit agricole qui a été traité avec ce même produit phytosanitaire hors des frontières françaises.

16:31
Présentateur

– C'est l'une des mauvaises nouvelles que vous étiez en charge d'annoncer. La facture d'électricité qui augmente pour la plupart des Français entre 8,6 et 9,8%. Les prix du gaz aussi vont augmenter avec la fin du bouclier tarifaire. Un chèque énergie doit être versé.

16:46
François Bayrou

– Je vous coupe juste parce que je ne veux pas qu'il y ait d'ambiguïté là-dessus. La facture de gaz restera stable. J'ai vu que la présidente de la commission de régulation d'énergie avait annoncé qu'il pourrait y avoir des augmentations pour moderniser les réseaux. La facture de gaz des ménages restera stable.

17:02
Présentateur

– Donc le chèque énergie ne concernera que les factures d'électricité qu'elles seraient versées chaque année à un certain nombre de ménages français. – Plus de 5 millions. – Plus de 5 millions. Quand sera-t-il versé cette année ? Et est-ce que vous allez simplifier les démarches pour l'obtenir ? Parce que des associations de consommateurs s'inquiètent justement qu'une large partie des bénéficiaires en soit exclue.

17:23
François Bayrou

– Il sera versé début avril, le chèque énergie. Et je veux dire à toutes les associations de consommateurs que j'ai entendu leurs inquiétudes. et effectivement pour un certain nombre de raisons techniques, des personnes qui ont un niveau de revenu très faible, peuvent être étudiants, ça peut être des personnes qui travaillent en temps partiel, ça peut être des petits retraités, qui ne vont pas toucher ce chèque. Nous allons remédier à cette difficulté. Il y aura un système de réclamation, il n'y aura aucun perdant.

Tous ceux qui ont droit au chèque énergie parce qu'ils sont en situation de précarité, parce qu'ils ont des revenus qui sont modestes, parce qu'ils sont étudiants, parce qu'ils viennent de s'installer dans leur logement, parce qu'ils ont une petite retraite, auront droit à leur chèque énergie. Il n'y aura aucun perdant. Les associations ont bien fait de réagir, bien fait de signaler le problème. Nous l'avons réglé, il n'y aura pas de perdant.

18:11
Présentateur

– Parce que les services fiscaux n'arrivaient pas à les identifier à cause de la suppression de la taxe d'habitation.

18:15
François Bayrou

– Tout à fait ça. Je ne vais pas rentrer à la technique, mais il se trouve que le chèque énergie, il est versé non seulement en fonction de votre revenu fiscal, mais aussi en fonction de votre logement. Ce logement, on l'identifiait grâce au versement de la TH, la taxe d'habitation. Comme la taxe d'habitation est supprimée, on a plus de mal à identifier le logement. Nous allons remédier à ces difficultés. Je le redis parce que dans cette période de forte inquiétude sur le pouvoir d'achat, je veux que personne ne soit lésé. Toute personne qui a un faible revenu, ces deux premiers déciles, de l'ordre de 1 000 euros par mois, a droit au chèque énergie et touchera son chèque énergique.