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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 juin 2018 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleEnvironnement & énergie

Edouard Philippe : premières fausses notes - Les questions SMS #cdanslair 08.06.2018

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse partielle

    Quel est l'impact de ces opérations de délocalisation de Matignon dans l'opinion publique ?

  • 0:47RelanceRéponse partielle

    Question un peu sévère, à part contraindre la majorité à rester dans les rails macroniens et aller faire de la com' en province, à quoi sert le Premier ministre ?

  • 2:23OuverteRéponse partielle

    Édouard Philippe manque-t-il de charisme ?

  • 3:30FerméeRéponse partielle

    Édouard Philippe, admet-il que sa politique est de droite ?

  • 3:47OuverteRéponse partielle

    Parti patchwork, la République en marche, ne risque-t-elle pas de se désagréger suite à l'ancrage de plus en plus marqué à droite du gouvernement ?

  • 5:27OuverteRéponse partielle

    Édouard Philippe a-t-il gagné son pari ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19InvitéChiffre
    « deux tiers d'entre eux qui pensent qu'ils n'est pas proche des préoccupations qui sont les leurs »
  • 2:49Locuteur non identifiéFait
    « Édouard Philippe, pour beaucoup de gens, ça reste encore un inconnu »
  • 3:37InvitéFait
    « Le crédo du macronisme, c'est que ses concepts sont un peu dépassés et qu'il y a ce qui marche et ce qui ne marche pas »
  • 4:31InvitéFait
    « les valsistes, les Strauss-Kagnens, etc., qui, en réalité, autour d'Emmanuel Macron, ont fait leur coming-out libéral »
  • 6:10InvitéFait
    « C'était le bras droit d'Alain Juppé. Il avait tout perdu après la primaire de la droite »
  • 7:25InvitéFait
    « On a vu avec le député Orphelin qui vient de l'écologie politique, qui dit là, on est quand même sur un renoncement »
  • 8:38PrésentateurChiffre
    « Manifestement, là, il chute dans un sondage »

Temps de parole

  • Invité28 %
  • Invité 222 %
  • Présentateur20 %
  • Locuteur non identifié19 %
  • Présentateur 210 %

4,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:03
Présentateur

Et on va reparler d'Edouard Philippe et de ses premières fausses notes, puisque c'est le titre de cette émission. Quel est l'impact de ces opérations de délocalisation de Matignon dans l'opinion publique ? Ce n'est pas facile à mesurer, mais...

0:16
Invité

On disait tout à l'heure, l'objectif c'est d'essayer de se rapprocher des Français, et on a deux tiers d'entre eux qui pensent qu'ils n'est pas proche des préoccupations qui sont les leurs. Donc on voit que c'est assez limité comme impact, parce que les Français aussi décodent et décryptent ça très bien. C'est-à-dire que là, on est allé à Toulouse, mais on avait eu une délocalisation dans le Cher, il y a quelques temps, on était aussi allé dans le Lot, là c'est tout le gouvernement qui était allé à Cahors. Mais donc voilà, ça peut faire prendre l'air aux conseillers et aux ministres, mais ça ne rapproche pas forcément des Français.

0:43
Présentateur

Et ce n'est pas neuf, Manuel Valls avait fait ça. Voilà, tout à fait. Question un peu sévère, à part contraindre la majorité à rester dans les rails macroniens et aller faire de la com' en province, à quoi sert le Premier ministre ?

0:55
Invité

C'est son boulot, hein. C'est le boulot d'un Premier ministre, ou la cinquième, c'est de tenir les troupes, à la fois les troupes parlementaires et puis les troupes gouvernementales. Quand il va voir les députés en disant « je ne suis pas là pour vous taper sur les doigts », en fait c'est un peu ça, en disant « le Président attendez-vous, que vous soyez des bons soldats du macronisme et que vous marchiez selon la cadence qui était fixée ». Pour le moment, il travaille, je crois que personne ne soupçonne sérieusement qu'il puisse jouer perso dans l'immédiat. Tout le monde voit bien qu'il travaille pour la réélection d'Emmanuel Macron. La question se pose dans un deuxième temps.

Comme le disait Macron à propos de Trump hier, personne n'est immortel. Donc la question de l'avenir de cette famille politique est posée. Est-ce que la République En Marche a vocation à se pérenniser, à devenir le grand parti centriste, un peu sur le modèle de la CDU allemande, un grand parti centriste qui irait du centre à la droite et qui serait le grand parti hégémonique de la droite française ? Ou est-ce qu'en réalité tout ça ne tient que par l'équation Macron et que les choses vont se déférer à ce moment-là ?

On pourrait imaginer que la droite se restructure dans un système à deux pôles, comme on l'a connu avec l'UDF et l'URPR, avec d'un côté une droite populaire, enfin tout ce qu'on a dit, qui serait incarnée par Laurent Wauquiez, et de l'autre côté un parti de centre droit européiste qui représenterait à peu près l'UDF et dont Édouard Philippe aurait plus ou moins vocation à être le leader.

2:23
Présentateur

Édouard Philippe manque-t-il de charisme ?

2:26
Locuteur non identifié

Il en a souffert au début du quinquennat. Qui est M. Édouard Philippe ? Mon problème c'est que j'ai un prénom et un nom qui est un prénom aussi. Donc pour exister, c'est compliqué. Il a gagné le jackpot en entrant à Matignon. Il savait très bien que si Alain Juppé avait gagné la primaire et s'il avait été élu à l'élection présidentielle, il n'aurait même pas été à Matignon. Il aurait été au mieux ministre. Aujourd'hui, Édouard Philippe, pour beaucoup de gens, ça reste encore un inconnu. Je lisais un papier de compte-rendu sur son déplacement à Toulouse, il a encore été interpellé par des gens dans la rue qui disaient « Ah, mais votre visage met quelque chose, mais qui vous êtes exactement ?

»

3:03
Présentateur

Après, il y a un petit personnage qui commence à se dessiner. La loyauté, vous le disiez. Et puis une sorte de dandisme, son humour. Il en joue beaucoup.

3:14
Locuteur non identifié

Ses boutons de manchette et tout.

3:15
Présentateur

Voilà, de décontracté. Bon, mais c'est vrai qu'il a tellement fait, il a tellement dit « Je ne serai pas un premier ministre qui contestera le président de la République » qu'il les condamnait à être un peu dans l'ombre. C'était d'ailleurs le titre d'un de ses romans.

3:29
Locuteur

Je n'ai pas fait exprès.

3:30
Présentateur

Édouard Philippe, admet-il que sa politique est de droite ?

3:34
Invité

Non, il ne le dirait pas comme ça. Le crédo du macronisme, c'est que ses concepts sont un peu dépassés et qu'il y a ce qui marche et ce qui ne marche pas.

3:45
Présentateur

Parti patchwork, la République en marche, ne risque-t-elle pas de se désagréger suite à l'ancrage de plus en plus marqué à droite du gouvernement ?

3:54
Locuteur non identifié

La suite du quinquennat dira, déjà, on va voir un peu comment Emmanuel Macron, il va réorienter ou pas dans les semaines ou les mois à venir sa politique. Parti patchwork, quand il y a autant de parlementaires dans l'hémicycle, quand ça rassemble autant de personnalités qui sont issues d'autant de courants différents, oui, un parti patchwork, est-ce que ça peut tenir sur le long terme ? Très difficile aujourd'hui de le dire.

4:15
Invité

Mais je ne crois pas, bizarrement, je ne crois pas tellement à la thèse du virage à gauche pour aller reconquérir des électeurs socialistes. Je crois que ça ne se passera pas comme ça pour une raison simple, c'est que les électeurs de gauche qui sont passés dans l'opposition, maintenant, ils sont clairement dans l'opposition et ils ne reviendront pas. Et ceux qui ont suivi Macron, finalement, c'est cette fraction de la gauche, les valsistes, les Strauss-Kagnens, etc., qui, en réalité, autour d'Emmanuel Macron, ont fait leur coming-out libéral.

C'était des gens qui étaient de gauche, mais finalement, ils ont choisi, ils ont fait leur coming-out, et maintenant, finalement, ils s'assument comme libéraux. Et je pense que cette frontière-là, maintenant, elle est relativement étanche. Donc, comme je disais tout à l'heure, s'il y a des mouvements browniens, ça va plutôt se passer sur les frontières des droites. Mais à gauche, à mon avis, le front est assez bien stabilisé, maintenant. – Oui, et pour que ces électeurs repartent, il faudrait que la gauche soit attractive. Or, c'est pour ça aussi que, je pense, Emmanuel Macron met tout l'accent à essayer de décomposer les Républicains.

C'est qu'il fait le constat qu'il a complètement implosé ou fait exploser le Parti Socialiste qui n'est pas prêt de revenir à un niveau de dangerosité tel qu'il pourrait ramener à lui une partie de l'électorat.

5:16
Présentateur

– En polluant de l'aide dans tous les espaces et empêchant le Parti Socialiste…

5:21
Invité

– Il en faut ce premier secrétaire du PS qui a du mal.

5:24
Présentateur

– Une gauche éclatée et une droite tenue à distance. Édouard Philippe a-t-il gagné son pari ?

5:29
Invité

– Alors, c'est Emmanuel Macron qui l'a gagné, son pari. Encore une fois, je pense qu'Édouard Philippe est l'artisan d'une stratégie qui est fixée à l'Élysée, qui avait été pensée bien avant. – Édouard Philippe est-il populaire

5:40
Présentateur

auprès des macronistes ?

5:42
Locuteur non identifié

– Il appréciait quand même les reproches qui lui sont faites ces derniers temps. C'est plus sur l'orientation générale mais sur le type, sur le personnage. D'ailleurs, ceux qui le critiquent en coulisses dans les couloirs de l'Assemblée se disent « Non, mais attendez, ce ne sont pas des attaques personnelles non plus. On l'aime bien. C'est un type sympa, Édouard. » C'est comme ça qu'il est décrit souvent.

6:00
Présentateur

– Peut-on croire qu'Édouard Philippe soit le simple pion d'Emmanuel Macron ? – Il a plus que ça quand même.

6:06
Invité

– Mais il a peut-être un échec, ça serait un cavalier alors. – Mais il faut voir aussi son parcours. C'était le bras droit d'Alain Juppé. Il avait tout perdu après la primaire de la droite. Et donc il revient là. Et c'est ce qui énerve aussi un certain nombre de marcheurs en disant « En fait, Matignon est peuplé de jupéistes qui avaient tout perdu. Aujourd'hui, c'est eux qui ont… »

6:24
Présentateur

– Et qui ne connaissent pas le macronisme de l'intérieur parce qu'ils n'ont pas vécu la campagne. – Édouard Philippe et Emmanuel Macron veulent-ils empêcher par tous les moyens les amendements

6:33
Locuteur non identifié

et étouffer les débats à l'Assemblée nationale ? – Ils ne pourront pas parce que l'amendement, c'est quand même un des principes premiers du rôle du député. Donc si un député ne peut plus déposer l'amendement, à quoi il sert ? Donc à voir à redevenir un député godieux comme on l'a dit au début. Mais là, ça va être très, très compliqué. Ça serait encore braquer encore plus les débuts de contestation qu'on entend.

6:53
Présentateur

– Oui, il y a un peu de leste qui est lâché parce que la hantise, c'est quand même d'avoir un phénomène de frondeur comme en a eu François Hollande. Donc là, on sent une réflexion pour laisser un peu exister, mais pas trop, les députés. – Regardez, c'est un commentaire d'un téléspectateur. « Pour moi, la question du glyphosate a marqué la fin de mon attentisme bienveillant. » Vous croyez, Jérôme Fourquet, qu'il peut y avoir comme ça à plusieurs moments

7:17
Invité

des marqueurs ? – Oui, bien sûr, c'est comme ça que ça se produit. Alors chacun ne sera pas sensible aux mêmes thématiques. D'autres vont dire que c'est la loi Asile-Immigration. D'autres, là, c'est le glyphosate. On a vu avec le député Orphelin qui vient de l'écologie politique, qui dit là, on est quand même sur un renoncement. On est sur quand même la poursuite sur le même sillon de ce qui a été tracé avant en matière environnementale. C'est-à-dire qu'on ne remet pas en cause les équilibres. Donc oui, effectivement, il y a un certain nombre de marqueurs.

Mais pour autant, il y a quand même, ce qui nous frappe, pour autant d'électeurs qui avaient voté pour Emmanuel Macron au moment de la présidentielle, qui continuent de le suivre.

7:50
Présentateur

À vouloir toujours soutenir Emmanuel Macron, Édouard Philippe ne va-t-il pas perdre Nicolas Hulot ? Dans la lignée de cette question sur le glyphosate. – Ce n'est pas déjà fait.

7:57
Locuteur non identifié

Là, on voit qu'il a mis un ultimatum à cet été, Nicolas Hulot, où il fera le point avec le président de la République, savoir s'il considère que ses dossiers ont été bien portés ou pas. Donc on voit qu'il y a un sujet Hulot.

8:09
Invité

– Mais c'est sur le dossier Hulot, ce n'est pas Philippe qui a la main. – Oui, c'est ça. – Ça serait entre Macron et Hulot. – Exactement. – On l'a vu sur Notre-Dame-des-Landes, par exemple.

8:17
Présentateur

– C'est-à-dire ?

8:18
Invité

– C'est-à-dire que l'arbitrage qui était fait de ne pas donner suite, alors qu'Emmanuel Macron, lui, était plutôt favorable à la construction de l'aéroport, c'était qu'il fallait donner un peu d'oxygène, si vous me permettez, à Nicolas Hulot, pour ne pas qu'il parte au bout de quelques mois. Et encore une fois, effectivement, ça s'est négocié à l'Élysée, pas à Matignon, vraisemblablement.

8:35
Présentateur

– Et jusqu'à présent, il était protégé par sa popularité. Manifestement, là, il chute dans un sondage. – La popularité de Nicolas Hulot, c'est plus que c'était. – Oh, mais beaucoup aimeraient l'avoir, je rassure vous.

8:46
Invité

– Y compris dans cette pièce.

8:49
Présentateur

– Oublier qu'une partie de la gauche et des classes moyennes ont voté pour Macron, est-ce que ce n'est pas suicidaire pour ce gouvernement ?

8:56
Invité

– Si, mais il fait le pari que le PS sera asphyxié et que cet électorat-là n'ira pas jusqu'à voter Mélenchon.

9:02
Présentateur

– Puis il fait le pari des résultats, qu'il y aura des résultats sur l'emploi, sur le chômage, et que cette fois, on dépassera la lecture gauche-droite pour se dire qu'il a réussi à le rendre rééli. – Et les réformes promises sur les questions dites sociétales, par tradition, l'apanage de la gauche, elles sont enterrées elles aussi ?

9:17
Invité

– Non, la PMA.

9:18
Présentateur

– Non, il y a des choses qui viendront, la PMA viendra. – Voilà. – À gauche, beaucoup ont voté Macron pour faire barrage à Le Pen. Quand Macron va-t-il le reconnaître ?

9:27
Locuteur non identifié

– Ça, c'est une bonne question.

9:31
Invité

– Non, mais il se met quand même beaucoup en scène dans le combat contre l'extrême droite et ce qu'il appelle le populisme.

9:38
Présentateur

– Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, Anne-Élisabeth Lemoyne pour C'est à vous. Ce soir, la redif est à 23h15. Très bonne soirée sur France 5. – Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada