Mondial au Qatar, corruption à Bruxelles, affaire Quatennens, direction de La France insoumise... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Manon Aubry
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Bonjour Manon Aubry. Bonjour. La finale du Mondial, évidemment, c'est ce qui nous occupe ce week-end au Qatar. C'est demain, France-Argentine à suivre sur France Info. Est-ce que vous, vous allez le regarder ce match ?
Oui, je vais le regarder.
On ne parle plus de boycott.
Le boycott, celui auquel on a appelé, a toujours été un boycott diplomatique. L'objectif était d'interpeller les responsables politiques. On n'a pas culpabilisé les gens. Il est fin décembre, c'est quasiment Noël. On a tous envie d'un peu de joie. On a envie que l'équipe de France gagne. Là, la question qui était posée, c'est est-ce qu'un président de la République doit cautionner un État autoritaire qui a exploité des milliers de travailleurs dont d'autres milliers sont morts sur les chantiers de la Coupe du Monde et qui plus est, en plein scandale de corruption, est-ce que ce président de la République doit se rendre au Qatar ? Eh bien, je persiste et signe.
La place d'Emmanuel Macron est de soutenir l'équipe de France, mais n'est pas d'être au Qatar à serrer des pinces.
Vous évoquez justement ce scandale qui touche le Parlement européen, des eurodéputés achetés par le Qatar pour voter selon les intérêts de l'Émirat. Un million et demi d'euros en liquide retrouvés chez certains de ses élus. Des socialistes, un ancien syndicaliste sont soupçonnés. Ça arrive au moment où les luttes sociales reprennent en Europe. Est-ce que vous craignez que ça rejaillisse sur toute la gauche ou est-ce que vous dites que c'est la dérive de quelques individus ?
Je pense que déjà c'est assez focalisé sur un groupe politique à ce stade de l'enquête qui n'est pas mon groupe, mais je crois qu'il y a aujourd'hui deux problèmes. Le premier, c'est évidemment que des États tentent de faire une ingérence et tentent d'acheter finalement la démocratie. Ce qui s'est passé, si on veut faire le parallèle avec le foot, c'est que le Qatar s'est dit comme j'ai acheté le PSG, de la même manière je vais acheter des députés. Sauf que là, je vais leur demander de voter en plus d'utiliser leur droit au Parlement européen en faveur de mes intérêts. Et je pense qu'acheter le PSG, c'est aussi pour défendre certains des intérêts du Qatar.
Mais là, en l'espèce, oui, c'est clairement, ils ont voulu acheter des députés pour qu'ils agissent. Et moi, j'ai pu le voir dans les coulisses, j'ai pu voir les effets concrets.
C'est-à-dire, vous les avez un peu racontés. Et d'ailleurs, sur le moment, vous ne saviez pas encore qu'il y avait cette enquête qui avait cours. Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce que vous, vous avez vu ?
En fait, ça fait très longtemps que je travaille sur les violations des droits humains liées à l'organisation de cette Coupe du Monde. Et depuis l'enquête du Guardian, il y a un an, qui avait révélé qu'il y a eu plus de 6500 morts sur les chantiers de la Coupe du Monde, j'ai eu de cesse au Parlement européen de demander un débat et une résolution. L'objectif était qu'on prenne position et qu'on condamne fermement ces violations. Pendant un an, j'ai essuyé le refus de deux groupes politiques, le groupe socialiste et le groupe PPE, dans lequel siègent les Républicains au niveau européen, qui, finalement, ne voulaient jamais en entendre parler.
Et chaque mois, systématiquement, je revenais avec ma demande et j'essuyais un refus. A tel point qu'à l'occasion de l'ouverture de la Coupe du Monde, il y a un mois, j'ai, cette fois-ci, dit, je ne la demande plus simplement en conférence des présidents, là où on fait l'agenda, mais je la demande en ouverture de la session plénière. Et il y a un vote, vote que je gagne de 16 voix, donc de très peu, notamment à cause du refus du groupe socialiste, et ensuite, démarre les négociations. Et c'est là, j'avais déjà un peu la puce à l'oreille, mais c'est là où j'ai pu voir directement.
C'est-à-dire que c'était vraiment les mots du Qatar que vous entendiez dans la bouche de vos députés sociaux.
Mais c'est un problème de fonctionnement, encore une fois, de ces élus ou du Parlement européen ? Qu'est-ce qui dysfonctionne ? Pour moi, c'est les deux. Là, ce qui s'est passé précisément, c'est que les négociations au Parlement européen, comme toutes les négociations, se déroulent à huis clos. Donc imaginez, nous trois, là, on ne serait pas filmés, on ne parlerait pas à la France entière, et puis vous essaieriez de défendre des intérêts. C'est beaucoup plus facile, puisque vous avez de comptes à rendre à personne, si ce n'est un désintérêt privé. A mon sens, le huis clos des négociations n'aide pas à rendre des comptes, en effet, aux citoyens.
Et ce qui s'est passé précisément, c'est que l'élu socialiste et les représentants de la droite étaient ensemble pour défendre à tout prix les intérêts du Qatar. Donc ce qui était frappant, c'est que quand on parlait de la FIFA, on pouvait parler de violation des droits humains, d'un fonds de compensation, etc. Ce qui était bien la preuve qu'il y avait un problème. Mais quand on parlait du Qatar, il fallait saluer les soi-disant efforts du Qatar en matière de droit du travail. On a même parlé dans cette résolution du rôle énergétique que jouait le Qatar, de l'accueil de réfugiés afghans.
C'est un problème, là encore, juste du Qatar, où vous voyez d'autres États à l'œuvre ? Est-ce que, comme vous avez eu le nez creux, en quelque sorte, sur cet État du Golfe, cet Émirat, est-ce que vous voyez d'autres pays, est-ce que vous soupçonnez d'autres pays d'acheter des eurodéputés ?
Le type de lobbying agressif dont avait l'usage, et a toujours l'usage, le Qatar, est un type de lobbying qu'on peut voir de la part d'autres États, je pense.
Vous dites, ça continue ? Vous dites, aujourd'hui encore, malgré cette enquête, le Qatar ? Vous voyez encore, aujourd'hui...
Alors, on a voté, j'ai demandé cette semaine, en réponse à ce scandale, qu'on vote une résolution. D'ailleurs, je note qu'à la fois le groupe Renaissance, dans lequel siège la République en marche, et le groupe de la droite ont refusé à ce qu'on prenne position. C'est comme si, vous imaginez, le plus gros scandale de l'histoire du Parlement européen. Nous, on débarque en session plénière, et circuler, il n'y a rien à voir, on aurait fait notre agenda normal. Là aussi, on l'a gagné de peu, on a fait une résolution, et dans cette résolution notamment, on décide de retirer les badges d'accès du Qatar au Parlement européen. Mais vous dites qu'il y a d'autres États.
J'espère que ça va s'arrêter.
Vous dites qu'il y a d'autres États.
On a souvent évoqué la Russie. Est-ce que c'est le seul État, la Russie, à tenter de faire pression sur les besoins ?
Le Maroc est ciblé aussi par cette enquête, puisqu'il semble que le réseau, puisque c'est un réseau en bande organisée, il semble-t-il, il y a au cœur de ce réseau des assistants et des députés qui avaient aussi des contacts avec le Maroc. On a pu voir que le Maroc est très actif dans les coulisses du Parlement européen. Moi, c'est ce que je peux vous dire à ce stade. Et vous voyez d'autres élus que ceux dont les noms sont sortis,
qui ont des comportements qui vous semblent suspects, ou en tout cas sur lesquels vous appelleriez à enquêter ?
Ce que je pense, c'est qu'aujourd'hui, ce qui a été révélé, c'est la face émergée de l'iceberg. Évidemment, l'ensemble des députés européens au Parlement ne sont pas corrompus. Et nous nous battons depuis, je me bats depuis le début du mandat, pour de la transparence, pour une autorité éthique indépendante, pour remettre finalement de l'éthique en politique.
Rignous, justement, le groupe d'Emmanuel Macron demande une autre autorité pour la transparence de la vie publique au niveau du Parlement européen, comme ça existe déjà en France.
Cette autorité éthique, nous, nous l'appelons de nos voeux depuis les débuts du mandat, mais la Commission européenne à laquelle participe le groupe Rignous s'y est opposée et l'a mise sous le tapis la présidente de la Commission européenne. Et puis, de nouveau, le groupe Rignous, alors qu'on venait de vivre ce scandale, n'a pas souhaité initialement avoir une résolution en début de sénède. Mais, pour autant, c'est ça l'enjeu. C'est aujourd'hui, au Parlement européen, il n'y a pas d'instance qui peut contrôler les conflits d'intérêts. Le registre de transparence dans lequel on renseigne les rendez-vous avec les lobbies, moi, je le fais à titre volontaire, mais il n'est pas obligatoire.
Donc, vous voyez, la démocratie européenne, elle est malade de son infiltration des lobbies et il manque ces règles pour faire en sorte qu'à la racine, ce ne soit pas rendu possible.
Il y a deux choses. Il y a la corruption, le fait d'acheter des élus. Il y a ce que vous évoquez, le lobbying. Aujourd'hui, rien ne s'oppose à ce qu'un élu ou un commissaire européen, le jour où il sort des institutions européennes, il peut intégrer un cabinet de lobbying.
Oui, c'est ce qu'on appelle l'absence de... Délai de carence. Délai de carence, voilà, je cherchais le terme en français. Il y a, pour les commissaires européens, des délais de carence qui sont prévus mais qui ne sont pas toujours respectés. Aujourd'hui, un commissaire européen, il peut, du jour où il n'est plus commissaire européen,
intégrer un cabinet de conseil, de lobbying, et aller voir ses collègues ou ses anciens collègues.
Ça s'est passé avec énormément de commissaires européens qui vendent en réalité leur carnet d'adresses. Et moi, je suis pour l'interdire. Nous avons défendu depuis des années qu'il y ait une période de carence et que ce soit contrôlé. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ce n'est pas contrôlé. D'où la nécessité de cette autorité éthique indépendante qui pourrait dire, là, je sanctionne, je prends des mesures si cette période n'est pas respectée pour éviter ces portes tournantes.
C'est la commission qui doit donner son aval.
La commission européenne, ça faisait partie des rares victoires qu'on avait eues au début du mandat. Elle avait mis sur sa feuille de route. Et puis, vous savez, la commission européenne, quand elle n'est pas très allée sur quelque chose, elle met la poussière sous le tapis. Elle l'oublie. C'est plus sa priorité.
Il y a une pression qui peut peut-être revenir sur elle.
Il faut que ce soit mis en œuvre d'ici la fin du mandat en 2024.
Une dernière chose avant le fil d'info. Est-ce que vous demandez, est-ce qu'il y a une enquête aussi en France ? Pour l'instant, c'est la justice belge qui enquête sur ce dossier.
Alors, je crois que la justice française a commencé à être impliquée, notamment à travers le Parlement à Strasbourg. Mais bien sûr, il faut qu'il y ait une enquête partout.
Dans les 27 pays ?
Je pense qu'il faut qu'il y ait une enquête dans les 27 États membres. L'ampleur de ce scandale, les effets que j'ai pu voir et dénoncer déjà depuis un mois, démontrent très clairement que ce n'est pas juste que quelques cas isolés. Il faut faire le jour sur l'ensemble du réseau. Et je souhaite qu'il y ait une collaboration entre toutes les forces de police des 27 États membres.
Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurent Sénéchal.
Toujours avec Manon Aubry, eurodéputée de la France Insoumise et coprésidente du groupe de la gauche au Parlement européen. Vous faites partie de ces élus UES et US de la France Insoumise qui ont exprimé leur malaise après les deux interviews d'Adrien Quatennens à la presse et l'autre à la télévision pour se défendre juste après sa condamnation pour violences conjugales. Mais aussi pour annoncer son retour en politique. Et la question est simple, Manon Aubry. Est-ce que pour vous, Adrien Quatennens, a encore sa place dans votre parti ?
Il y a une décision qui a été prise par le groupe à l'Assemblée nationale qui est une radiation du groupe pendant quatre mois. C'était une décision qui n'était pas facile parce qu'en réalité, il n'y a pas de manuel de sanctions politiques avec une équivalence. Et c'est la première fois d'ailleurs que ce type de décision est prise. Je constate que d'autres groupes politiques comme celui de Renaissance face à des hommes qui sont accusés de viol ne prennent aucune décision. Donc il a toujours sa place ? Ça c'est une chose. Mais depuis, il s'est passé de nouvelles choses.
Ce qui n'a pas été réglé par la sanction qui a été prise par mon groupe politique est la question de la prise de parole publique d'Adrien Quatennens. Et je l'ai dit, j'ai été très mal à l'aise. Très mal à l'aise en écoutant l'interview, la longue interview d'Adrien Quatennens sur BFM. Qu'est-ce qui vous a mis mal à l'aise ? Plusieurs choses. D'abord, le timing. Il vient d'être condamné pour violence conjugale. Ce n'est pas rien. Le jour même, prendre la parole et démarrer une forme d'opération, de blanchiment, ce jour-là, puisque à travers les mots qu'il utilise, il y a une forme de renversement de charge de l'accusation.
Il se victimise, lui, alors qu'il aurait dû, je crois, avoir une posture d'humilité et de mise en retrait. Et surtout, il présente cette affaire comme une affaire personnelle, comme une affaire intime. Il parle même de sentiments de toute puissance vis-à-vis de son ex-femme.
Il dit, j'avais besoin de me défendre.
Il dit, je ne suis pas un homme violent, j'avais besoin de me défendre. Bien sûr qu'il se défende et nous avons toujours défendu l'équité des partis. Mais quand il parle de toute puissance, moi, ça me met mal à l'aise, puisque c'est lui qui a accès aux médias. Et surtout, Adrien Quatennin, c'est un homme intelligent qui aurait dû réagir comme un responsable politique, analyser les rapports de domination. Et dans un mouvement féministe, c'est important que l'on puisse l'analyser de cette manière-là.
Et cette interview, elle change la donne, donc ?
Je pense que c'est un appel, en tout cas, que je lui lance s'il continue de cette manière-là à faire la démonstration qu'il n'a pas compris, en réalité, ce que sont les violences sexistes et sexuelles. Dans un mouvement féministe comme le nôtre, on les déconstruit, on les analyse.
Donc là, vous lui adressez un avertissement. Vous lui dites, si tu recommences, Adrien Quatennin, attention.
Je pense qu'en tout cas, ça mérite une discussion de notre côté et une décision claire sur la manière dont il peut prendre la parole en public. Bien sûr, il vient d'être radié du groupe, donc il ne porte plus, et je le dis pour vous les médias qui voudraient l'inviter, il ne porte plus la parole de la France Insoumise. Mais malgré tout, quel malaise il y a, je pense, à toutes ces femmes victimes de violences qui ont pu se reconnaître à travers le parcours de son ex-femme.
On a compris votre malaise, mais ce qu'on ne comprend pas, c'est quelles sont les conséquences, selon vous ? Il faut quoi ? Que la France Insoumise se réunisse à nouveau ? Et qu'elle statue à nouveau sur le sort d'Adrien Quatennin au sein du mouvement ?
De toute façon, ça a déjà été spécifié dans la décision du groupe. Ce n'est pas une réintégration sans condition. Il y a la condition d'une formation contre les violences sexistes et sexuelles. Je me dis qu'à la suite de cette interview, elle est d'autant plus nécessaire. Et c'est condition aussi d'une compatibilité du comportement d'Adrien Quatennin avec les valeurs qui sont les nôtres.
Pour l'instant, c'est mal parti.
Donc, pour l'instant, je trouve que ça n'en prend pas le bon chemin, mais charge à lui de faire un mande honorable sur le sujet. Et c'est pour ça aussi que j'ai souhaité réagir, parce que je pense exprimer un sentiment qui était très partagé dans les rangs insoumis, et particulièrement chez les femmes. Et c'est toujours aussi difficile... Et c'est difficile de dire que c'est toujours les femmes en plus qui montent au front sur ces sujets. Donc, voilà, j'espère que ça nous permettra d'apprendre collectivement, y compris du côté de la NUPES, pour ensemble, collectivement, travailler à des procédures, à des outils de lutte contre les violences.
On sent ce malaise. Je ne sais pas s'il se ressent à la radio, mais en tout cas sur ce plateau, on sent physiquement le malaise que vous exprimez. Mais la politique, c'est aussi des symboles. Il va y avoir des manifestations, probablement, surtout le premier semestre de 2023, autour de cette réforme des retraites. Aujourd'hui, vous voyez côte à côte, derrière une banderole, dans une manifestation avec Adrien Quatennens.
De nouveau, Adrien Quatennens a été radié de notre groupe pendant quatre mois. Donc, il est évidemment comme citoyen... Il revient en avril. Comme citoyen, il est libre de se rendre dans les manifestations au mois de janvier, que l'on appelle contre la mobilisation des retraites. Mais vous voyez faire cette commune, meeting commun, être côte à côte ? Mais pas dans les quatre prochains mois ? Non, absolument pas. Et c'est pour ça qu'il a été radié. Mais puisque vous me parlez de mobilisation, c'est aussi, ça a l'enjeu, c'est qu'on puisse mobiliser largement contre la réforme des retraites au mois de janvier.
Et je pense que le fait qu'on ait pu prendre une décision très claire sur le sujet d'Adrien Quatennens nous permet d'aller de l'avant. Et, je l'espère, nous permettra davantage de parler du sujet des retraites, parce que travailler jusqu'à 65 ans, aucun d'entre nous ne le souhaite.
Qui doit prendre la décision désormais du sort d'Adrien Quatennens ? Est-ce que c'est les députés entre eux ? Est-ce que c'est le mouvement dans son ensemble ? Est-ce que les militants doivent voter ?
Une décision a déjà été prise par le groupe, s'agissant de la sanction judiciaire qu'il a subie. Je crois que cette décision, quoi qu'on en pense, elle aurait pu être plus lourde. Moi, j'aurais plutôt plaidé pour une plaide plus lourde, mais elle a été prise démocratiquement par le groupe. Donc, charge maintenant au groupe de voir s'ils veulent la réexaminer. Mais je crois que s'agissant de sa sanction judiciaire, j'ai loin de moi l'idée de la remettre en cause. Maintenant, je vous l'ai dit, ce n'est pas une réintégration sans position. Je vous posais la question du vote, parce que c'est aussi l'autre question
qui se pose en ce moment à la France insoumise, qui est celle de la gouvernance, qui est de dire, est-ce que c'est un mouvement où tout se décide ? Vous évoquiez le huis clos tout à l'heure du Parlement européen. Est-ce que les décisions se prennent à huis clos entre dirigeants, ou est-ce qu'elles se prennent devant les militants, en les faisant participer aussi à des décisions qui auront une conséquence sur l'avenir du mouvement et sur sa place dans le débat public ?
Je comprends qu'il y ait beaucoup de frustration qui a été exprimée, y compris par certains de mes collègues députés ces derniers jours et ces dernières semaines. Il y a plusieurs choses. Il y a d'abord une feuille de route de la France insoumise dont l'objectif est d'augmenter l'implantation locale, de développer un grand plan de formation, d'acheter des locaux. Et je crois que... Mais sur la gouvernance, sur la direction de la France insoumise. Je le mentionne parce que c'est jamais mentionné dans les interviews. Ça prouve que c'est relativement consensuel et que ça répond à une attente de la part des militants. Sur la direction, ça concentre beaucoup de frustrations.
Je crois qu'il faut les entendre. Je pense que les choses ne sont pas définitivement figées non plus. Moi, j'avais plaidé et demandé à ce que, notamment la direction puisse élargir la représentation de son espace parlementaire. Et c'est d'ailleurs ce qui a été décidé. Il a été décidé, Mathilde Panot et moi, représentant pour le moment l'espace parlementaire, mais on a proposé que l'espace décide, puisse élargir, compléter sa représentation, pour utiliser les termes exacts. Et c'est le travail que nous devrons faire collectivement. Vous dites que le mouvement ne va pas s'ouvrir ? En tout cas, moi, je n'y suis pas hostile à ce que des personnes...
Vous dites que le mouvement ne va pas s'ouvrir pour comprendre...
Je pense que le mouvement peut continuer à s'ouvrir, mais qu'il faut garder l'impératif qui est le nôtre, qui est un impératif d'efficacité, de coordonner de l'action. Et c'est comme ça qu'a été aussi construite cette direction avec des nouvelles personnes qui en font partie.
Manon Aubry, merci beaucoup. Merci à vous. Eurodéputé France Insoumise, invité du 8.30 ce matin.
Manon Aubry