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interviewSud Radio — L'invité politique (sur Site radio)· 7 mai 2026 18 minContradictoire

L'invité politique Sud Radio - Avec Robert Ménard, maire de Béziers et auteur de "Lettre à Clara" (Éditions Télémaque)

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Invité

Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili, votre invité politique ce matin, c'est Robert Ménard, le maire de Béziers. Puis je le rappelle, tiens, au passage aussi, auteur de la lettre à Clara aux éditions Télémac.

0:18
Présentateur

Bonjour Robert Ménard. Bonjour. Sommes-nous chez Ubu Roy ? Vous comparaîtrez donc le 30 septembre prochain devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir refusé, c'était en 2023, de marier un Algérien sous OQTF à une ressortissante française. Que dites-vous ce matin ? Il y a une date de tribunal, de procès maintenant. Est-ce que ce pays marche à l'envers ? Il marche sur la tête.

0:42
Robert Ménard

Enfin, écoutez, je suis maire. Normalement, je fais ce qu'un maire fait et je marie des gens tout le temps. Là, je me retrouve face à quelqu'un qui, un, est connu défavorablement des services de police. Vous savez, comme on dit, en l'occurrence, il a été condamné à la prison avec sursis pour vol avec violence en réunion. Il est en situation illégale. Il fait l'objet d'une OQTF, ce que vous voulez dire, ça s'appelle une obligation de quitter le territoire. Il y a le mot obligation. Ce n'est pas moi qui la délivre. C'est l'État, c'est les services. Le club que vous deviez marier n'aurait pas dû être là. Je n'aurais pas dû l'avoir en face de moi.

Et c'est moi qui ne vais pas payer les pots cassés parce que l'État n'est pas capable de le mettre dehors comme il s'est engagé. Vous savez, la semaine précédente, j'ai appelé tout le monde jusqu'au ministre. Ils m'ont dit, vous n'allez quand même pas me mettre dans une situation en m'obligeant à marier quelqu'un parce que vous n'êtes pas foutu de le mettre dehors alors que vous avez décidé de le mettre dehors. Et en plus de vous à moi, tout le monde le sait. Quand vous êtes OQTF, quand vous êtes marié à une Française, pour te mettre dehors après, tu peux t'y prendre longtemps à l'avance. Et c'est moi qui risque d'être condamné. Vous risquez d'être inéligible à la fin.

C'est 5 ans de prison, je risque, 70 000 euros d'amende et une inéligibilité. Attendez, vous comprenez pourquoi aucun maire aujourd'hui n'ose se dire, je ne fais pas ça parce que la facture à payer est tellement élevée. J'ai été élu il y a deux mois à Béziers et dans trois mois, je pourrais me retrouver plus maire de Béziers parce que j'ai fait quelque chose qui est de bon sens. Tout le monde, tout le monde est chez moi, il y a eu des sondages et tout. En France, évidemment qu'il n'a pas marié quelqu'un qui devrait être expulsé de ce pays.

2:32
Présentateur

Robert Ménard, nous avons tous en mémoire ce débat télévisé, c'était sur TF1. Vous étiez avec le chef de l'État Emmanuel Macron qui vous a dit, le droit est mal fait. Vous avez raison, Robert Ménard, c'est le bon sens, c'est ce qu'il a dit, le Président. Ça n'a pas été suivi des faits. Qu'est-ce que vous lui dites ce matin à Emmanuel Macron ?

2:52
Robert Ménard

Je lui dis, le premier mot qu'il a choisi, il a dit que c'est ubuesque cette situation. Quand je l'ai interpellé ce jour-là, il y a une proposition de loi qui a été votée déjà au Sénat qui dit, on ne peut pas, en gros, je vous fais court, on ne peut pas obliger un maire à marier quelqu'un qui est en situation illégale. C'est exactement ce qui m'arrive. Il dit ça, le garde des Sceaux dit la même chose de l'époque, le ministre de l'Intérieur, il y a une paquette parlementaire, mais qu'est-ce qu'ils attendent ? Qu'est-ce qu'ils attendent pour faire passer ?

Je lui dis, vous avez pris un engagement vis-à-vis de moi, moral, en disant, il n'est pas possible, c'est ubuesque, c'est pas normal, il faut changer les règles du jeu. Vous les changez. Au-delà de moi, c'est la démonstration parfaite de l'impuissance de l'État. Le chef d'État, c'est pareil, il est chef de l'État. Il n'est pas chef d'État de l'Istantide, il est chef de l'État de la France. Le chef de l'État ne peut pas changer une règle aussi simple qui consisterait à dire quelqu'un qui est en situation illégale, le maire n'est pas obligé de le marier.

3:54
Présentateur

Encore un mot là-dessus, vous pensez qu'un magistrat peut vous condamner ?

3:59
Robert Ménard

Je pense absolument, et je pense que je vais être condamné, bien sûr. Vous pensez que vous êtes condamné ? Oui, parce que la loi, elle dit ça. La loi, je suis dans une situation illégale. Moralement, je pense que ça ne fait pas l'ombre d'un doute. La logique, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Le maire, il devrait pouvoir dire non, et la loi m'interdit de le dire. Alors, de temps en temps, écoutez, moi j'ai été, combien ? 20 ans, patron de représentation entière, 20 ans, où je suis allé défendre des gens qui faisaient des choses contre leur loi parce qu'ils pensaient qu'entre la morale et la loi, il n'y avait pas tout à fait la même chose. Oui, je risque d'être condamné.

Je suis sidéré, au-delà que je n'ai pas envie que ça m'arrive, sidéré de ce que ça veut dire pour ce pays, pour mon pays.

4:39
Présentateur

Robert Ménard, vous parlez du pays, vous avez vu l'ambiance. Elisabeth Lévy l'évoquait à l'instant sur Sud Radio. Le maire, la France insoumise de Saint-Denis, Bali, Bakayoko, qui refuse donc de raccrocher, il avait enlevé le portrait d'Emmanuel Macron dans son bureau, il considère que ça a de marché légal, il dit que la République n'est pas en capacité de corriger les inégalités. Vous êtes maire, est-ce que ça vous choque, ça ?

5:03
Robert Ménard

Attendez, vous ne croyez qu'une seconde, ça m'a traversé l'esprit d'enlever le portrait de M. Macron pour qui je n'ai jamais voté. Mais enfin, si on en est là, si on n'est même pas capable de se donner des symboles communs, vous pouvez demain aussi, je ne sais pas, enlever le drapeau bleu-blanc-rouge en disant que la République n'a pas fait ce qu'elle devait faire pour vos concitoyens. Mais il faut être fou furieux. Mais enfin, attendez, moi je vais vous dire, je suis aussi sévère avec de l'autre côté de l'échiquier politique où on enlève le drapeau européen. Enfin, il faut oublier deux minutes. Vous parlez de Jordan Bardella ?

Oui, et d'un certain nombre de maires près de chez moi, d'un certain nombre de maires du Rassemblement National. Attendez, vous pouvez, et moi je suis le premier à critiquer la bureaucratie, on fait vite, la brugolocratie, les règles kafkaïennes de Bruxelles. Mais enfin, attendez, vendredi, c'est le 8 mai, la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Je serai au pied, comme tout un tas de maires, au pied du monument aux morts pour rendre hommage à ceux qui sont morts pour les libertés. Mais qu'est-ce que ça a donné le 8 mai ? Et la victoire du 8 mai ? En partie, la reconstruction de l'Europe. Et l'Europe, c'est quoi ?

C'est d'abord, attendez, ne l'oublions pas, depuis, on n'a jamais fait la guerre avec l'Allemagne, avec qui on s'était battu trois fois en 80 ans. C'est quand même formidable. Et le type, il t'enlève le drapeau européen. Non, et puis je ne sais pas, moi.

6:21
Présentateur

M. Bali Bagayoko, votre confrère qui est maire, lui aussi, comme vous, il fait quoi ? Il fait de la politique ? Il prépare la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?

6:27
Robert Ménard

Il n'y a pas l'ombre d'un doute qui prépare cette campagne.

6:30
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a été élu président l'an prochain, ça peut arriver, non ? Oui, bien sûr. Vous garderez le portrait, si vous êtes encore maire, d'ailleurs.

6:38
Robert Ménard

Oui, d'abord, si je suis encore maire, s'il garde des éjections, il y a deux conditions. Vous décrocherez le portrait ? Mais bien sûr que non. Enfin, attendez, ça ne m'effleure pas, ça. Je dis, vous ne vivez pas avec des symboles, vous pouvez aussi quoi ? Flétrir, je pourrais être pacifiste et dire, je vais détruire les monuments aux morts. Enfin, ça n'a pas de sens. On a des choses en commun qui devraient être plus fortes que la politique. Qui devraient être plus fortes que la politique. La politique, vous savez, moi, je suis d'une génération où on pensait que tout était politique. Et donc, sous prétexte que tout était politique, tout était contestable tout le temps.

Et non, moi, je pense qu'il y a des choses qui font qu'on est dans le même pays. Moi, je n'ai pas beaucoup de points communs avec le maire de Saint-Denis. Mais enfin, je le respecte. Il a été élu. Si je le voyais, s'il passait chez moi, je le recevrais à l'hôtel de ville, normalement.

7:24
Présentateur

Tiens, à côté de Saint-Denis, il y a Saint-Ouen. Autre maire, Karim Bouhamran, parti socialiste, qui lui est en croisade, si je puis dire, contre, vous savez, l'enseigne Master Poulet. Vous connaissez l'histoire. Ah oui, je connais. Est-ce qu'au fond, il a raison de vouloir interdire ce commerce qui, légalement, est installé ? Parce que là aussi, il y a un problème de légalité.

7:46
Robert Ménard

Je pense qu'il a raison de lutter contre le communautarisme. Moi, je ne veux pas... C'est du communautarisme pour vous. Attendez, vous plaisantez. Je ne veux pas... Alors, pardon, j'espère que ce n'est pas un de vos annonceurs, parce que je vais être vite, tout de suite désagréable. Je ne veux pas de quick chez moi. Je viens de leur refuser de s'installer chez moi parce qu'ils ne servent que des repas halal. Moi, je n'ai rien contre les repas halal. Attendez, les repas halal, les repas cachers, tu manges comme tu veux. Moi, je suis végétarien. Chacun a les choix religieux, philosophiques qu'il veut.

Mais je ne veux pas me retrouver dans un restaurant où je n'ai d'autres choix, d'autres choix que des repas halal. Je suis la seule ville de France à avoir pris... Tant qu'il a raison. Oui, mais chez moi, ça ne se poserait même pas. Puisque chez moi, avant d'ouvrir un commerce, vous avez besoin de l'autorisation de la mairie. On est la seule ville à l'avoir fait. Moi, j'ai refusé, là, en l'espace de deux ans, 35 commerces en particulier, où je leur ai dit non, vous n'ouvrirez pas, parce que je ne veux plus de commerce communautaire. Je n'en veux pas.

8:49
Présentateur

Et puis, Robert Ménard, il y a l'autre modèle, les banquets du canon français. Ça fait vraiment débat depuis plusieurs jours, accusé par Shems et Dinafiz. C'est le recteur de la mosquée de Paris. Donc, il accuse d'exclure une partie de la population avec, dit-il, 4000 convives autour d'un cochon à la broche. Est-ce que ce n'est plus possible, aujourd'hui, d'organiser de telles fêtes dans la France ?

9:11
Robert Ménard

S'il n'aime pas le cochon, s'il n'aime pas la charcuterie, je n'aime ni le cochon ni la charcuterie, mais il retourne, je ne sais pas, il va vivre en Algérie. Tiens, prenons un exemple, puisqu'il en est une espèce de porte-parole officieux. Mais vous rigolez. Moi, je les ai reçus deux fois, le canon français. Je ne sais pas si vous êtes allés l'un et l'autre voir au canon français. C'est formidable. Il y avait 1800 personnes, chaque fois, c'était plein, dans les arènes de Béziers, avec une ambiance incroyable. Ça veut dire de la musique française, oui, à certains mots, les bérets et tout. Mais attendez...

9:42
Présentateur

Certains disent qu'il y a des saluts nazis dans certaines...

9:44
Robert Ménard

Enfin, attendez, j'ai vu des photos où un mec lève le bras gauche, en plus, bonjour pour le salut nazi. Enfin, attendez, moi, c'était juste, je l'ai vu, j'y suis allé deux fois et je les recevrai à nouveau. C'est juste une ambiance bon enfant. Attendez, mais en France, oui, on mange du cochon. Quel problème ça porte ?

10:01
Présentateur

Mais, Robert Ménard, pourquoi ça devient une polémique ? Parce que, regardez, au Sénat, Laurent Nouniaz a dû répondre à un élu socialiste, Jean-Luc Fiché, un sénateur, qui lui parlait de troubles à l'ordre public, de demandes d'interdiction par les préfets de ce type de manifestation. Pourquoi ça tourne comme ça, la polémique ?

10:14
Robert Ménard

Mais parce qu'un certain nombre d'hommes et de femmes politiques utilisent ce communautarisme comme un rabatteur de voix. Ils pensent que s'ils disent ça, ils vont se faire... Ils vont avoir un vote musulman qui va aller chez eux. C'est un truc, comment vous dire, d'une médiocrité incroyable, c'est de la chasse au suffrage. C'est la seule chose qui les intéresse. Dieu merci, regardez chez moi. Dieu sait, vous entendez ce que je dis sur ce vote communautaire. Chez moi, aux dernières élections municipales, la France Insoumise, ils ont fait moins de 4%. Dans une ville, chez moi, où il y a 70%, 70% des élèves des écoliers, des écoles publiques, sont d'origine immigrée et la plupart musulmans.

Ça veut dire que tu peux parler à ça, tu peux défendre. Moi, je défends la pratique de l'islam, je vais à la rupture du jeûne et tout. Mais tu n'es pas obligé de flatter les islamistes dans le sens du poids. Parce qu'il est là le problème pour vous.

11:09
Présentateur

Robert Ménard, ça vient de tomber, 127 interpellations, on parlait de l'ambiance dans ce pays, 127 interpellations dans l'agglomération parisienne, 11 blessés dont un grave, 23 policiers blessés légèrement. Il y a déjà des images qui tournent de voitures caillassées, déchauffourées aux Champs-Elysées, des troncadés rouges jusqu'à 3h du matin. Ça, c'est l'after, l'après-victoire du Paris-Saint-Germain face au Bayern. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Ça tourne toujours à la casse.

11:34
Robert Ménard

Que ces gros connards nous pourrissent la fête. Et pourrissent la fête des gens qui regardent les matchs. Moi, j'ai regardé, évidemment, la deuxième mi-temps à la télé. Je me suis régalé. J'applaudis, je suis tellement content. Et je comprends que c'est à Budapest, non ? Si je ne dis pas de bêtises, la finale, il me semble. J'adorerais voir une finale comme ça. Et pourtant, moi, je suis du sud, d'un pays de rugby et pas de foot. Mais enfin, on peut être content sans casser. Qu'est-ce que ça veut dire ?

12:03
Présentateur

Pourquoi ça tourne comme ça à chaque fois ?

12:04
Robert Ménard

Parce qu'abord, ils ont un poids chiche à la place du cerveau. Attendez, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ils ont un poids chiche et puis ils pensent que tout leur est permis. Tu fais la fête, tu casses. Tu n'es pas content, tu casses. Mais je veux dire, qu'on les sanctionne une bonne fois pour toutes. Il faut arrêter, il faut arrêter. Ça va finir par ne pas nous faire aimer le football. Qu'est-ce qu'il faut ?

12:22
Présentateur

Il faut une réponse musclée, policière ?

12:25
Robert Ménard

Il faut aller plus fort dans la rue ? Je suis pour une réponse... Je suis toujours un peu simpliste, j'en conviens. Vous savez, le problème de la justice en France, il est double. Un, c'est trop long, entre le moment où tu fais une connerie et le moment où tu es sanctionné. Et surtout, le type qui prend 15 jours de prison parce qu'il fait un truc comme ça, il fait les 15 jours de prison. Il fait les 15 jours de prison. Tout de suite, vous n'allez qu'à voir que ça va en calmer un certain nombre. Mais ceci dit, pour faire les 15 jours de prison, il faut des prisons encore, des places de prison. Et je vous rappelle que M. Macron, en 2017, il avait promis d'en construire 15 000 places.

Il doit quoi ? À être 5 000. Allez, 5 000, je suis généreux.

13:02
Présentateur

Robert Ménard, un dernier mot. 2027, votre réflexion sur la présidentielle, est-ce qu'elle a évolué ? Vous aviez dit, c'était ici, quand nous avons reçu pour votre livre, évoqué par Patrick Roger, Lettre à Clara, dans lequel vous adressez à votre fille, qui votait les filles. 2027, j'y réfléchis comme tout le monde.

13:19
Robert Ménard

Alors, vous voyez, j'y réfléchis en disant, comment tu peux être le plus utile à ce pays ? Comment tu peux être toi-même ? Ou est-ce qu'il faut soutenir quelqu'un ? Moi, je n'ai pas un égo tel, je pourrais, si j'étais convaincu vraiment par quelqu'un que je n'avais pas d'autre, je l'aiderais à gagner. Moi, je veux juste que mon pays gagne. Moi, j'aime beaucoup Bruno Retailleau et tout, je discute avec lui, je crois qu'il y a encore des choses. Il y a son parti, enfin, on ne va pas ici épiloguer sur les LR, c'est trop facile de se moquer d'eux et tout ça. Même lui, je lui ai dit un certain nombre de choses et tout. Moi, je suis prêt à aider quelqu'un s'il faut, je suis prêt.

Ah, attends, non, mais je vois votre tête, je sais ce que c'est les journalistes un tout petit peu. Oui, moi, je pourrais me poser cette question-là en même temps, en même temps. Écoutez, vous imaginez chef de l'État demain matin, je suppose que vous douteriez de vous. Je doute pareil de moi, enfin, sauf peut-être, je me trompe, peut-être vous dites, je pourrais être chef de l'État sans aucun problème. Moi, je me dis, il faut une connaissance des choses, une certitude de soi et tout, difficile à avoir. Mes amis me répondent, justement, on a peut-être besoin de quelqu'un qui ne soit pas si sûr que soit de lui et qui ne pense pas qu'il a réponse à tout, vous voyez ?

Donc, je fais une pirouette, là, j'en conviens largement.

14:31
Présentateur

Et Marine Le Pen, vous aviez été si proche d'elle, à un moment, je crois que c'est peut-être terminé, cette histoire. Mais non, mais c'était la voir concourir.

14:39
Robert Ménard

Mais attendez, bien sûr, je trouve qu'elle a de vraies qualités, je serais scandalisé qu'elle ne puisse pas se présenter. Je l'ai dit et je le redis. Marine Le Pen, moi, écoutez, je l'ai soutenue en lui disant que, et je le disais publiquement, donc je ne lui disais pas en tête à tête, on se connaît. Je lui disais, Marine, sur les histoires économiques, sociales, allez, je choisis un mot gentil, tu dis, vous dites de grosses bêtises. Ça vaut pour Jordan Bardella, ça aussi ? Ah, bien sûr, ça vaut pour ça.

Et je lui disais, à l'époque, elle acceptait que je puisse dire, tu as raison sur un certain nombre de choses, par exemple, sur l'immigration, même si je n'ai pas les mêmes réponses, mais enfin, c'est un vrai problème, sur la sécurité. Mais je pouvais lui dire, tu as raison là-dessus, mais sur les questions économiques et sociales, je crois que la France, ce ne serait pas une bonne chose pour elle, que ce soit toi à la tête du pays. Aujourd'hui, il n'accepte plus rien. C'est-à-dire, M. Bardella, tu lui dis, attendez, il est jeune. Dire qu'il est jeune, ça saute aux yeux, quand même. Il n'a pas de niveau ? Il n'a pas d'expérience. Enfin, quelle expérience il a ?

Il a travaillé une fois dans sa vie. Tu peux dire ça sans dire qu'il n'a pas le niveau. Ce n'est pas la même chose. C'est dire, peut-être que, Jordan, tu manques un tout petit peu d'expérience. Peut-être que tu as besoin d'être encore trois cicatrices avant de diriger ce pays. Est-ce que je suis persuadé que face à tous les chefs de l'État, tu ferais le poids ? Je ne sais pas. Je pose cette question. Tu dis ça, c'est un crime de l'aise-majesté. Mais qu'ils aillent se faire voir. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Non, mais je ne devrais pas dire ça, mais c'est ma façon de parler. Vous avez compris.

Si tu ne peux même pas dire à vous, si je ne peux pas vous dire, monsieur, vous êtes un très bon journaliste, mais il y a ça, ça et ça, du coup, vous n'allez plus me parler. Vous n'allez plus m'adresser la parole. Eux, ils sont comme ça. Ou tu es avec eux, ou tu es contre eux. Et non, la vie, ce n'est pas comme ça. Il faudra que M. Bardella comprenne que c'est un peu plus compliqué que ça. Merci, Robert Ménard.

16:34
Invité

Merci, Robert Ménard. Donc, on va suivre ça, alors, sur, évidemment, le procès possible. Mais il peut y avoir, d'un mot, en fait, parce que vous l'avez évoqué avec Jean-François, la question prioritaire de constitutionnalité qui, avant, vous évite ce procès ou pas ? Qui le retarde.

16:50
Robert Ménard

Qui le retarde ou qui l'annule. Mais on va le faire. Mais je crains que, dans l'état d'esprit actuel, le 30, vous me retrouviez au tribunal correctionnel à Montpellier.

17:01
Invité

Oui, d'accord. Même s'il y a la question prioritaire. On va le faire, bien sûr. Vous allez la déposer. Allez, qu'est-ce que vous en pensez ? Tiens, j'aimerais vous entendre, en fait, à ce sujet. Est-ce que c'est normal que Robert Ménard, qu'un maire, soit poursuivi parce qu'il n'a pas voulu prononcer de mariage avec une personne qui est sous OQTF ? Vous pouvez en parler. Et puis, est-ce que vous êtes choqué aussi par Bali Bakayoko, qui a décroché le portrait d'Emmanuel Macron dans sa mairie ? Ou alors, est-ce que, finalement, d'ailleurs, il a exploité un flou dans les règles ? Là aussi, 0826 300 300.

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