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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 27 mai 2019 5 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieInstitutions & électionsSolidarités & famille

EUROPÉENNES : LE CHAOS QUI VIENT

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « C’est le plus faible taux d’abstention depuis 25 ans. Il faut remonter à 1994 pour trouver une participation supérieure. »
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    « La liste Bardella est en tête dans 76 départements. Contre seulement 20 pour la liste Loiseau. »
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    « La République en marche a subi un double transfert de voix. »
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    « La percée des verts, elle, traduit un changement profond dans l’opinion. »
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    « Avec 27 % des suffrages chez les moins de 35 ans, la liste Jadot arrive en tête dans cette tranche d’âge. »
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    « La dégradation peut être touchée du doigt. De la fonte des glaciers aux maladies respiratoires en passant par les ravages des pesticides, la catastrophe s’étale sous nos yeux. »
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    « Un bon tiers des électeurs a voté pour des petites listes sans se soucier d’une quelconque équation politique. »
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    « Le traité de Lisbonne prévoit que le président de la Commission européenne est élu par le Parlement européen sur proposition du Conseil européen. »

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C’est le plus faible taux d’abstention depuis 25 ans. Il faut remonter à 1994 pour trouver une participation supérieure. Preuve que l’appétence des Français pour la politique n’a pas disparu.

Il faut en remercier les Gilets jaunes, qui, en six mois de mobilisation, ont contraint les uns et les autres, à réfléchir sur le modèle de société que nous voulons construire et partager. Il faut encore en remercier Emmanuel Macron qui, en jetant à la rivière ses engagements sur l’environnement, a précipité vers les urnes une partie de la jeunesse, consciente de la catastrophe en cours. Emmanuel Macron, justement, avait fait le pari d’écraser le Rassemblement national.

Il n’a fait que le remettre en selle en drainant vers lui une bonne part de ceux qui souhaitaient la défaite du parti présidentiel. À force de répéter moi ou le chaos, certains ont préféré le chaos. Le Rassemblement National a juste un point d’avance, voudront se rassurer les belles âmes.

C’est à voir. La liste Bardella est en tête dans 76 départements. Contre seulement 20 pour la liste Loiseau.

Même si LaREM reconduit, peu ou prou, son score de 2017, cela reste un échec par rapport à l’objectif affiché. Emmanuel Macron n’est pas le meilleur rempart contre l’extrême droite. Il en est le fourrier.

Par sa politique sociale et par sa volonté d’installer un tête-à-tête permanent avec Marine Le Pen pour se perpétuer au pouvoir. En réalité, La République en marche a subi un double transfert de voix. Elle a capté une partie de l’électorat LR, mais a perdu une frange de cette gauche, écolo, plutôt aisée, qui s’était ralliée à elle.

Le parti présidentiel paye là ses renoncements sur la transition énergétique, et surtout, le départ de Nicolas Hulot. La percée des verts, elle, traduit un changement profond dans l’opinion. La préoccupation environnementale n’est plus cette vision pessimiste de l’avenir que professait seulement des esprits avertis.

Le succès des marches mensuelles pour le climat l’atteste, c’est désormais une inquiétude de tous les instants, partagée par la plupart des Français. La temporalité a changé. Car les manifestations du désastre se lisent au quotidien : air, eau, climat.

La dégradation peut être touchée du doigt. De la fonte des glaciers aux maladies respiratoires en passant par les ravages des pesticides, la catastrophe s’étale sous nos yeux. Les jeunes, parce qu’ils espèrent vivre au moins aussi longtemps que leurs aînés, ne s’y sont pas trompés.

Avec 27 % des suffrages chez les moins de 35 ans, la liste Jadot arrive en tête dans cette tranche d’âge. Quant aux républicains, c’est l’éternelle histoire de l’omelette mangée par les deux bouts. Une enquête IPSOS réalisée hier soir nous apprend qu’un quart des électeurs de François Fillon en 2017 a préféré Nathalie Loiseau à François-Xavier Bellamy.

Enfin, il y a ce qu’il faut bien appeler la contre-performance de la France insoumise. Des 19,6 % de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ou des 11 % aux législatives, la formation est tombée à 6,31 %. Non pas que ses militants, sa tête de liste ou son chef aient démérité.

Mais voilà, il y avait une démonstration trop difficile à faire. Dénoncer les institutions, les traités et la politique de l’Union Européenne, tout en soulignant la nécessité d’envoyer des députés insoumis à Strasbourg. Qu’allaient-ils donc changer, puisque tout était à refonder ?

C’était mission impossible. Ce manque de lisibilité des enjeux européens a d’ailleurs fait des ravages. Un bon tiers des électeurs a voté pour des petites listes sans se soucier d’une quelconque équation politique.

Avec des résultats surprenants. Ainsi le score du parti animaliste, qui avec 490 000 voix, fait presque autant que le parti communiste. 70 000 voix de différence entre les deux.

À l’aune de l’histoire du mouvement communiste, voilà qui donne à réfléchir. Reste maintenant à désigner le président de la commission européenne. La femme ou l’homme qui va influer sur le destin d’un demi-milliard d’individus.

Petit rappel : le traité de Lisbonne prévoit que le président de la Commission européenne est élu par le Parlement européen sur proposition du Conseil européen, c’est-à-dire les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne. Le Conseil désigne son candidat "en tenant compte du résultat des élections au Parlement européen", précise le traité. Les 20 et 21 juin, les chefs d’État et de gouvernement se réuniront pour proposer un nom.

Ce candidat devra ensuite recueillir les voix de la majorité des députés européens, 376, lors d’un vote prévu à la mi-juillet. Et le jeu est particulièrement ouvert. Les deux blocs qui vertébraient le Parlement européen - le PPE et le PSE, la droite et les sociaux-démocrates pour aller vite - ont perdu hier soir la majorité.

Tout va se jouer désormais sur la question des alliances. Il faudra se montrer très attentif aux choix des uns et des autres. Une première occasion de vérifier la sincérité des professions de foi.

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