Le RN et les municipales, le soutien européen à l'Ukraine, le porte-avions Charles-de-Gaulle... Le "8h30 franceinfo" de Thierry Mariani
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France Info. Bonjour Thierry Mariani. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. On va revenir sur votre campagne municipale à Paris. L'hypothèse d'un empêchement de Marine Le Pen pour la prochaine présidentielle. Ce mini-remaniement gouvernemental aussi annoncé hier soir. Mais d'abord, cette actualité internationale ces dernières heures. Un drone qui a été neutralisé à proximité du porte-avions Charles de Gaulle qui se dirigeait vers son escale en Suède à Malmö. Un drone probablement russe, dit le ministre de la Défense suédois. Tandis que dans le même temps, un navire russe a été identifié dans la zone. Alors c'est potentiellement un signal d'alerte.
Si c'est bien un drone russe qui a tenté de s'approcher du Charles de Gaulle, comment doit-on réagir ?
Vous n'en savez rien et vous l'avez même dit vous-même sur cette antenne ce matin. Je me suis levé en écoutant en France Info le général Patrick Dutertre. C'est un militaire qui fait son boulot et qui dit ce qu'il pense. Dutertre. Dutertre, pardon, excusez-moi. Dutertre. Qui a dit très clairement, oui c'est une affirmation des Suédois, mais on sait très bien que les Suédois ont une hostilité réciproque. D'ailleurs, vis-à-vis des Russes et qu'ils ne se font pas de cadeaux dans la communication. Mais ce général a dit très clairement, on n'en sait rien. Point final. Aujourd'hui, il y a des milliers de drones.
Dans le même temps, je vous répondrai Thierry Mariani qu'une personne qui s'exprime, c'est le ministre de la Défense suédois. Alors on peut avoir des réserves, etc. Je les ai prises, mais il dit que c'est peut-être, probablement un élément russe. Ma question est de dire, si on le sait, si c'est le cas ou si ça n'est pas le cas, ça pour l'instant on ne peut pas le dire, mais si c'était le cas, comment réagit-t-on ? Il y a eu déjà d'autres actes.
Si c'était le cas, c'est évidemment un acte hostile. Si c'était le cas, c'est évidemment condamnable. Voilà, mais ensuite, je répète que dans cette période, la première victime, c'est la vérité. On est en période de propagande des deux côtés où chacun accuse toujours l'autre de faire certaines choses. Je suis député européen, je me souviens, souvenez-vous, il y a 3-4 mois, il y avait des drones qui survolaient tous les aéroports. Et je me souviens de mes confrères lituaniens qui étaient montés au créneau en disant « Oh mon Dieu, les Russes, etc. » Après, on a découvert, excusez-moi, que c'était les trafiquants de cigarettes qui passaient des cigarettes du Belarus, etc. à un autre pays.
Donc, est-ce que la Russie a des actes hostiles, hybrides, etc.? Bien évidemment. Mais je dis simplement qu'il faut arrêter, chaque fois qu'on n'a pas de preuve, de dire que c'est forcément les Russes. Les Russes en font certainement un certain nombre, mais la première des choses, c'est de vérifier les déclarations. Si maintenant, chaque fois qu'un ministre dit quelque chose, c'est une vérité, qu'il soit suédois ou français...
Ce sont les autorités suédoises. Mais vous remarquerez d'ailleurs...
Oui, d'accord, enfin, excusez-moi, chaque fois qu'un ministre français dit quelque chose, ce n'est pas forcément la vérité.
Vous remarquerez qu'en tout cas, on a demandé un expert ce matin sur France Info
et vous l'avez souligné vous-même. Et je vous ai écouté, et de temps en temps, ça me rassure, il y a des militaires... D'ailleurs, il a fait très bien la part des choses, voilà. Aujourd'hui, vous le savez, il y a des drones partout. Mon fils m'a demandé un drone à Noël, voilà, donc c'est évident. Le drone s'est approché, si j'ai bien compris, à 10 kilomètres, donc on n'est quand même pas... Donc, si c'est le russe, c'est un acte hostile, mais avant d'accuser qui que ce soit, essayons d'avoir un peu des éléments.
Ça veut dire que dans ce contexte où on voit effectivement de plus en plus d'incursions de drones, que ce soit des menaces réelles ou finalement peut-être pas tant que cela, il ne faut pas sur-réagir dans ce contexte-là. C'est ce que vous nous dites ce matin, il faut rester prudent. Ce n'est pas forcément le signe automatique d'opérations de guerre hybride, comme on le dit.
J'ai 67 ans et je n'ai jamais vu une telle propagande dans tous les États. Dans tous les États, puisque l'avantage d'être député européen, c'est qu'on peut comparer, etc. Il y a une guerre aussi en Europe, c'est pour ça. Oui, bien sûr qu'il y a une guerre et puis, je veux dire, la Russie mène des actions hostiles contre nous et nous menons des actions hostiles aussi contre la Russie.
Elles sont du même ordre ? Elles sont totalement... Quelles actions hostiles contre la Russie, par exemple ?
Moi, je ne sais pas ce qu'on fait contre la Russie. Je sais simplement qu'on a pris des sanctions.
Vous accusez la France d'avoir des actes hostiles envers la Russie. Quels sont les actes hostiles envers la Russie ?
Je n'accuse pas la France. La France doit se défendre quand elle est attaquée. Mais arrêtons de croire qu'on est des anges et qu'ailleurs, c'est l'enfer. C'est évident.
Bien sûr, mais reposons-nous sur des faits. Si la France mène des actes hostiles contre la Russie, quels sont-ils ? Mais je dis que...
Attendez, je vais vous prendre un exemple très précis. Très, très, très précis. Voilà. Pendant il y a trois ans ou quatre ans, on a expliqué que le Nord Stream était saboté par les Russes. Voilà. Der Spiegel, ce n'est pas un torchon. Der Spiegel, c'est un journal de référence en Allemagne. Cette semaine, il a publié encore une enquête en disant encore des éléments supplémentaires qui tendent à prouver que les services ukrainiens sont impliqués dans le sabotage. Qui en a parlé en France ? Vous en avez parlé ?
C'était dans la presse française. Ça a été relayé au moment où il y a eu des doutes et des enquêtes qui ont été établies.
Oui, mais il y a des choses qui sont relayées de manière très discrète. Voilà. Alors, écoutez, moi, je ne suis pas là pour parler de la Russie. Je suis là théoriquement pour parler de ma campagne municipale. Bien sûr, évidemment. Je suis français. C'est tout acte contre la France est condamnable. Voilà, point. Je ne suis pas l'avocat d'un autre pays. Mais je dis simplement qu'aujourd'hui, il n'y a plus aucune mesure dans l'information. Il n'y a plus aucune mesure en étant propagande permanente. Voilà. Et que chaque information est à prendre avec des pincettes.
Thierry Mariani, vous l'avez évoqué dans un contexte de guerre en Ukraine. Vous êtes parlementaire européen du Rassemblement national. Et donc, vous avez récemment pris position contre le texte visant à accorder un nouveau prêt financier pour aider l'Ukraine. Un prêt qui, en principe, devrait comprendre prioritairement l'achat d'armement européen. Pourquoi est-ce que vous avez refusé de voter cette aide ? Est-ce que ça ne revient pas à lâcher l'Ukraine en race campagne au bout de quatre ans de guerre ?
Vous êtes journaliste. Vous savez ce que chaque mot veut dire. Est-ce que c'est un prêt ? Non, c'est un don. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Sur le papier, c'est un prêt. Vous savez, quand vous empruntez pour prêter à quelqu'un à qui les banques ne font pas crédit, ça veut dire qu'en général, cet emprunteur est dans une situation de quasi-faillite. Nous avons emprunté 90 milliards pour prêter à l'Ukraine. À quelles conditions l'Ukraine nous le remboursera ? C'est intéressant de lire les conditions.
Une fois la guerre terminée.
Non, il peut y avoir les avoirs russes aussi qui peuvent servir de garantie. Non, pas du tout. Le texte, excusez-moi, je suis député européen, je regarde les textes. C'est l'Ukraine commencera à nous rembourser quand la Russie commencera à lui rembourser des réparations de guerre. Vous n'y croyez pas ? Excusez-moi pour ceux qui ont un peu de culture historique. On attend toujours les réparations de l'Allemagne après la Première Guerre mondiale. Et je pense que l'Ukraine a autant de chances de recevoir les réparations de guerre de la Russie que le Père Noël d'exister.
Donc si on vous suit, comme on ne sera pas remboursé, on arrête d'aider l'Ukraine financièrement ?
Ça veut dire que je dis très simplement, depuis des mois, aux Français, vous allez payer une note faramineuse, comme tous les Européens, de cette guerre. Est-ce que ce n'est pas le prix de la sécurité, Thierry Mariani, d'empêcher l'Ukraine de tomber ? Non, je suis désolé. Je finis de vous répondre. Allez-y, allez-y. Je dis simplement, très solennellement à tous les Français, que lundi, vous venez de vous endetter de 18 milliards de plus, parce que n'oubliez jamais comment est financée l'Union Européenne. C'est des cotes parts. Quand on dépense 100, l'Allemagne en paye 22, la France 19, l'Italie 16.
Et donc, ça veut dire en clair que, comme on paye 19% des dépenses, les Français ont prêté à l'Ukraine, indirectement, via l'Union Européenne, 15 à 16 milliards, qui ne seront jamais remboursés. Et c'est mes enfants qui vont les payer. Voilà, c'est tout.
Thierry Mariani, si vous refusez cette forme d'aide financière de prêt à l'Ukraine, que vous contestez, comment est-ce qu'on fait pour continuer à aider l'Ukraine, dans un contexte où, on le sait, l'aide américaine s'amenuise ?
Alors, elle ne s'amenuise pas, elle a disparu. C'est vrai, c'est même pire que tout, elle a disparu. C'est-à-dire que, tout à l'heure, vous disiez, même pour acheter des armes européennes, je suis désolé, les 90 milliards, c'est 60 milliards pour les armes, 30 milliards pour fonctionner l'État. Parce qu'on paye tout, désormais, en Ukraine, même les hôpitaux, même les écoles, même les fonctionnaires sont payés par les Européens, et donc 18% par les Français.
Voilà, qu'est-ce qu'on fait pour continuer ? Vous dites que les prêts, les financements qu'on envoie à l'Ukraine financent l'intégralité du pays ? Bien sûr, c'est payé en faillite. L'intégralité de la structure.
Lisez simplement, en plus, je le dis à tous vos auditeurs, lisez les comptes rendus de la Cour des comptes de l'Union Européenne, qui sont dans toutes les langues. Voilà, aujourd'hui, l'Ukraine est en faillite, malheureusement. Aujourd'hui, elle ne tient que par l'aide européenne. C'est un choix. Donc, si on ferme le robinet, plus rien ne marche. Bien sûr, si on ferme le robinet, l'Ukraine ne peut pas continuer la guerre. Et c'est ce qu'on doit faire, alors ? Je dis simplement, la question, c'est est-ce qu'il y a une vraie menace ? Et est-ce que, de toute façon, à la sortie, ça ne finira pas, malheureusement, par un constat où on devra arrêter ? Voilà, c'est tout.
Il y a une incohérence, si vous me permettez. Depuis le début, par propagande, j'entends dire partout, c'est notre démocratie, c'est notre sécurité, c'est une guerre de survie.
Si vous me laissez parler, je vous répondrai.
C'est une guerre de survie, etc. On a l'impression que cette guerre, elle est existentielle. Si jamais l'Ukraine l'a perdée, dans ce cas-là, la France disparaît. Mais dans ce cas-là, il faut s'engager, si c'est ça. Et est-ce que ce n'est pas tout simplement, j'allais dire, malheureusement, un conflit dramatique ? Des hommes meurent, des femmes, des deux pays. Mais simplement, excusez-moi, qui peut croire une seconde que demain, les chars russes, qui depuis quatre ans ont pris simplement... Est-ce qu'il faut attendre que les chars russes arrivent pour agir ? Non, il faut simplement garder une certaine lucidité. Je ne pense pas que la France soit menacée d'être envahie par la Russie.
C'est la logique d'alliance, Thierry Mariani ?
On n'a pas de traité d'alliance avec l'Ukraine, je suis désolé.
On n'a peut-être pas de traité d'alliance, mais on a une alliance morale peut-être avec certains pays.
Les alliances morales, c'est un nouveau concept. Vous allez expliquer à vos enfants qu'ils vont mourir pour une alliance morale. Et puis surtout, je suis désolé, je vous rappelle qu'on veut faire rentrer l'Ukraine à vitesse accélérée dans l'Union européenne. C'est l'État quasiment le plus corrompu. On sait très bien qu'ils sont ruinés. Et ça veut dire que pour l'Union européenne, le coût est estimé à 500 milliards. Ce sera la fin de l'Union européenne, probablement, à mon avis. Je sais que certains sont un peu trop choqués. C'est en tout cas pour nos agriculteurs une politique agricole commune qui sera complètement ruinée. Mais ça veut dire qu'il faut faire quoi ?
Ça veut dire que l'Ukraine doit accepter des concessions territoriales pour accélérer la paix ? C'est quoi votre position si vous dites qu'on ne peut plus aider ? La France n'a plus les moyens d'aider l'Ukraine. Si on vous écoute bien, c'est quand même ce que vous dites aujourd'hui, qu'on n'a pas les moyens financièrement. Ça veut dire qu'est-ce qu'on fait ? On laisse l'Ukraine et la Russie en guerre ? Et on dit à l'Ukraine de céder sur certaines concessions territoriales ?
On essaie de tout faire pour négocier la paix. On essaie, excusez-moi, d'avoir une attitude réaliste. Qui peut croire sincèrement qu'il n'y aura pas des conditions territoriales à la fin ? Je vous rappelle que même M. Macron, il change tellement de déclarations souvent, au début de l'année 2025, il avait dit qu'il faudra que l'Ukraine soit réaliste à un moment. Et puis, on peut continuer en disant qu'il faut que cette guerre continue, continue. À la sortie, on sait tous très bien qu'il y aura un accord de paix, heureusement. Le plus tôt possible sera le mieux, pour nos finances et surtout pour les vies humaines.
Et d'autre part, il est quasiment inévitable qu'il y ait des concessions de la part de l'Ukraine.
Est-ce que c'est une bonne chose que le président français Emmanuel Macron veuille renouer le dialogue avec Vladimir Poutine ?
Quand on veut la paix, il faut toujours renouer le dialogue. Oui, bien sûr. Mais attendez, c'est une bonne chose d'avoir un dialogue avec tous les pays, y compris avec ceux où on n'a pas des sentiments d'affection développés. Oui, si on veut la paix, il faut renouer le dialogue. C'est le béaba de la diplomatie.
Emmanuel Macron était dans le dialogue avec Vladimir Poutine. Il était même critiqué au début de la guerre en Ukraine parce qu'il était l'un des seuls leaders occidentaux à continuer à parler directement avec le Kremlin. Ça n'a pas fonctionné. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de renouer des liens ?
Et vous voulez qu'on fasse quoi ? Qu'on continue la guerre jusqu'au dernier ukrainien ?
Jusqu'au dernier milliard des Français ? Est-ce que vous pensez qu'il y a moyen de renouer des liens qui pourraient avoir un effet ?
Heureusement, chaque guerre finit un jour. Heureusement. Et à ce moment-là, on dira, merde, si on l'avait finie plus tôt, c'était mieux.
Mais il y a des guerres qui recommandent aussi.
C'est tellement rare que si M. Macron veut renouer le dialogue, bravo, parce que c'est peut-être comme ça qu'on arrivera à la paix.
Le 8.30 France Info, William Gécosta, Mathilde Sirot. Merci d'être avec nous sur France Info, toujours ce matin avec Thierry Mariani. Vous êtes, on le rappelle, eurodéputé RN et candidat à la mairie de Paris. On va en parler évidemment de cette campagne. Mais tout d'abord, un mot sur ce remaniement gouvernemental annoncé hier. place donc au gouvernement le Cornu 3. Et parmi les principaux changements, on peut citer le départ de Rachida Dati du ministère de la Culture, remplacé par Catherine Pégard. Elle est votre concurrente dans cette campagne municipale à Paris. Est-ce que vous dites qu'il était temps qu'elle parte du gouvernement ou ça ne change rien pour vous ?
Elle est restée ministre jusqu'à J-18 jours. Ce n'est pas sérieux. Ce n'est pas sérieux. Ça veut dire que l'essentiel de la campagne, elle aura bénéficié de son statut de ministre, des moyens logistiques que cela donne, même si elle explique qu'elle ne va pas les utiliser. J'ai jamais vu ça. Mais avec Macron, tout est possible. J-18 jours, elle continue à faire la campagne. Elle continue à être ministre. Elle démissionne juste à la fin. Je pense qu'en plus, d'après ce que j'ai compris, elle démissionne parce que quand même le gouvernement a trouvé que ça faisait un peu gros de continuer.
Ce n'est pas dans l'usage traditionnel, on va dire, des élections de rester ministre jusqu'au bout dans de telles conditions.
Sur le contexte global, national, pour le RN dans ces élections municipales, on remarque qu'à chaque élection, notamment ces élections locales, reviennent à chaque fois ce que Jordan Bardella, le chef de votre parti, appelle des brebis galeuses, à savoir des candidats qui sont rattrapés rattrapés par des propos sur les réseaux sociaux, bien souvent, des propos qui peuvent avoir des consonances antisémites, racistes ou homophobes. Comment est-ce que vous l'expliquez, Thierry Mariani ? Pourquoi vous n'arrivez pas à faire vraiment le ménage au sein de votre appareil militant ? Qu'est-ce qui se passe pour qu'à chaque fois, on repère ce genre de profil sulfurant ?
D'abord, je pense qu'on les repère parce que vous cherchez plus chez les uns que chez les autres. Et je pense qu'une partie de la presse s'occupe surtout du RN.
En tout cas, quand elle cherche, elle y trouve, généralement.
Oui, mais je veux dire, vous avez un parti où aujourd'hui, vous avez des gens qui sont indirectement responsables d'un meurtre, par exemple. Et on nous parle de quelqu'un qui a fait un tweet il y a 15 ans ou 17 ans. Donc, il y a quand même, par moment, il faut regarder où sont les vrais problèmes.
C'est pas un problème, ces tweets qui reviennent. C'est pas un problème pour vous, vous dites.
Je dis que vous avez une amnésie sélective au niveau des médias. Vous pardonnez toujours tout à la gauche ou à l'extrême gauche et jamais rien à ceux qui sont de l'autre côté. Je condamne très clairement tout ce qui est tweets, antisémites, homophobes, etc. J'ai 600 candidats sur les différentes listes à Paris. 600 candidats puisque, comme vous le savez, il y a 18 élections d'arrondissement, 17, pardon, et l'élection centrale. On les a tous passés au peigne fin, etc. Est-ce que vous allez peut-être en trouver un qui a fait je ne sais quoi il y a 15 ans ? Je le regrette si vous le trouvez et je préférais mon mea culpa.
Je constate d'ailleurs que, par ce moment, certains candidats qu'on a refusés, on va les retrouver sur une autre liste. Laquelle ? Comment ?
Laquelle, par exemple ?
Écoutez, cherchez ceux qui utilisent l'intelligence artificielle plutôt que le profil des candidats. Et donc, aujourd'hui, ce parti, depuis que Marine Le Pen l'a repris et depuis que Jordan Bardella le dirige, je crois que c'est le parti qui est le plus intransigeant sur ses candidats.
Peut-être à cause des scandales systématiques à chaque élection, même la dernière fois quand il y a eu la dissolution.
Mais les scandales systématiques, vous les dénoncez. Aujourd'hui, il y a quand même un député, par exemple, le monsieur Raphaël Arnaud.
Thierry Mariani, mais ça n'empêche pas qu'il y a aussi des problèmes dans les rangs du Rassemblement national. Il n'est pas question de dire que ce qui se passe du côté de la France insoumise n'est pas grave et on l'a largement couvert. C'est pas grave ? Mais au dernier... Évidemment, c'est grave ici, mais on ne revient pas là-dessus. Je viens simplement vous dire qu'au dernier scrutin qui était la dissolution de l'Assemblée nationale, le Rassemblement national avait dit être prêt, avoir à scanner, être prêt à toute dissolution.
Et on s'est rendu compte qu'encore une fois, il y a eu des candidats qu'il a fallu débrancher avant le scrutin car ils avaient eu des déclarations qui n'étaient pas bonnes. Donc systématiquement, il y a eu quand même des brebis galleuses, pour reprendre l'expression de Mathilde. Alors, vous avez fait le ménage, mais peut-être parce qu'il fallait le faire.
Si on a fait le ménage, c'est qu'il fallait le faire. Voilà, je constate que, par exemple, à gauche, on ne fait pas le ménage. À gauche, M. Attal continue à vouloir s'allier. Il y a des députés aujourd'hui de macronistes qui sont élus grâce à la France insoumise. M. Raphaël Arnaud, député d'Avignon, c'est mon département d'origine, a quand même été condamné définitivement en décembre 2025 pour violence en Réunion. Je me souviens d'une époque où à LFI, parce qu'un député avait mis une gifle à sa compagne, ce qui est totalement inadmissible, mais immédiatement, ça avait été un débat. Il avait dû se mettre en retrait. Aujourd'hui, il y en a un qui est condamné pour violence en Réunion.
Tout le monde trouve ça normal. Aujourd'hui, on a ce même député qui a des assistants...
Vous dites que Raphaël Arnaud ne devrait pas continuer de siéger à l'Assemblée nationale ?
Écoutez, je pense que s'il y avait un député du Rassemblement national qui était condamné pour violence en Réunion, violence en Réunion, mais là, vous me massacreriez tous les deux sur le plateau ? Et par contre, quand c'est... Alors non, déjà, et puis demain, la question sera posée à l'invité. Vous me massacrez personne, verbalement, verbalement. Vous avez très bien compris. Vous ne me feriez aucun cadeau. Et je trouve que vous êtes, par moment, beaucoup plus sympathique qu'avec certains. C'est sans doute faux. Oui, il y a des brebis, je ne sais pas, des brebis galeuses. Il y en a qui ont fait des déclarations inadmissibles. Point. On a fait le ménage.
Bon, est-ce que vous en trouverez encore un autre ? Oui, même dans ma propre liste sur 600, peut-être que vous allez en trouver un ou deux. On a tout fait. Mais bon, je ne vais pas embaucher des détectives pour savoir ce qu'ils ont fait il y a 20 ans. Mais je pense que c'est le parti qui fait le plus d'efforts. Alors, excusez-moi, même chez les macronistes, là, je regardais quand même des décorations qui ont été remises à certains anciens ministres qui ont eu des condamnations et tout. Ça passe crème, quoi. Je veux dire, vous avez une candidate à Paris. Madame Miralès, excusez-moi. Enfin, je ne veux pas une dame qui a été ministre. Voilà.
Mais ça ne mérite peut-être pas qu'on se lance dans une liste si on n'est pas sûr de nos informations.
Mais regardez, même à Paris, vous avez deux candidats, eux, contre moi, qui passent en procès dans quelques mois. Et là, vous ne dites pas... Et qui sont présumés innocentes.
Oui, madame Dati.
Et c'est pour ça que je ne les avais pas cités. Voilà. Et là, ça ne choque personne, quoi. Donc, excusez-moi, il y a un moment où, regardez un peu aussi ce qui se passe chez les autres. Je dis, grâce à Jordan, grâce à Marine, aujourd'hui, il y a une volonté d'être exemplaire dans ce parti. Ce serait bien, par exemple, vous exigiez la même obligation chez les autres partis et en priorité à l'FI.
Thierry Mariani, ce n'est pas vous faire offense que de vous dire qu'il y a peu de chances que vous deveniez maire de Paris lors du deuxième tour de cette élection. Qu'est-ce qui se passerait pour vous au deuxième tour en fonction des qualifications ? Est-ce que vous donneriez, par exemple, une consigne de vote ? Beaucoup s'interrogent sur l'attitude que doit adopter le Rassemblement national au second tour.
Écoutez, on donne les consignes à partir du moment où on sait qui est candidat au deuxième tour. À Paris, comme dans plein de villes, on peut avoir 4, 5, 6 listes, peut-être. Si c'est Rachida Dati contre Emmanuel Benoît ? Mais je n'en sais rien, on verra. Attendez, pour moi, Rachida Dati, c'est une macroniste. Voilà. Alors, vous allez me dire, au deuxième tour, il y aura peut-être une macroniste contre un socialiste. On ne sait pas ce que va faire LFI. Je n'en sais rien.
Moi, je dis à nos électeurs, simplement, la seule liste d'opposition qui dit très clairement qu'on ne fera pas de compromission, ni avec Macron, ni avec cette fausse droite qui soutient aujourd'hui le gouvernement du Premier ministre, c'est la liste que je représente avec le Rassemblement national, avec le parti de M. Ciotti, avec Marion Maréchal qui nous soutiennent. Et donc, on verra après ce qu'on fait, mais le vote de conviction, parce que maintenant, tout le monde parle de vote utile. Soyons sérieux, le vote utile, c'est au deuxième tour. Vous le savez, au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine. Choisissez pour une fois vos convictions et c'est la liste que je représente.
Pourquoi votre campagne, Thierry Mariani, ne décolle pas ? Est-ce que c'est la faute à la sociologie parisienne en général ou est-ce que, finalement, c'est l'émergence de Sarah Knafo du côté de Reconquête qui vous a fait un peu trop d'ombre ?
Il y a plein de critères qui font qu'elle ne démarre pas, mais vous savez, moi, des fois, je lis les bonnes feuilles. Je pense que vous connaissez comme moi, Arrêt sur Images, qui est le site lancé par M. Schenermann, qui n'est pas jusqu'à présent dans notre formation, qui comparaît les temps de parole et la visibilité donnée par certains médias aux différents candidats. Je suis le candidat qui est le plus invisibilisé à cette heure-ci. Vous êtes avec nous ce matin ?
Oui, une demi-heure, Thierry Mariani.
Et c'est la deuxième fois que vous m'invitez. Je disais tout à l'heure que vous êtes une exception. Mais à cette heure-ci, par exemple, je n'ai jamais eu d'interview dans le Figaro.
C'est ce qui explique qu'elle a deux fois votre score aujourd'hui dans les sondages à peu près.
C'est pas ce qui explique, mais vous savez très bien que le premier pouvoir de la presse, c'est de parler d'un sujet ou de l'éviter, de mettre quelqu'un en avant ou pas. Je constate que la campagne de certaines candidates, c'est exactement la même rampe de lancement. D'ailleurs, c'est dit dans cette fameuse lettre qu'Emmanuel Macron. Des couvertures partout, une visibilité partout. On nous explique qu'elle est présente sur tous les plateaux, tous les médias. On nous explique que c'est avec l'intelligence artificielle. Moi, je fais ma campagne, comme d'habitude, avec ce que j'entends dans les rues.
Sur votre programme, Thierry Mariani, vous voulez être maire de Paris. On le sait, l'une des particularités de cette ville, de cette capitale, c'est que c'est une ville cosmopolite. Est-ce que, d'ailleurs, vous connaissez la proportion de Parisiens qui ne sont pas nés en France ? Un sur quatre. Est-ce que c'est un problème pour vous ?
Vous voudriez me faire un compliment. Je réponds aux questions que vous me posez. C'est normal que vous le sachiez. Voilà, un sur quatre. Vous voyez, je réponds à vos questions. Est-ce que, pardon ?
Est-ce que c'est un problème pour vous ou pas ? On sait que votre problème est axé sur la sécurité et l'immigration.
Je vais vous dire, attendez, mon père était italien. Mon fils a une double nationalité. Je me moque de savoir où ils sont nés. Ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'ils sont devenus aujourd'hui ? Quelles sont les valeurs qu'ils partagent ? On peut être né en Asie, en Afrique, n'importe où, et se sentir profondément français. C'est ça, la réalité, aujourd'hui. Que un sur quatre soit né à l'étranger, écoutez, ce qui compte, c'est que les quatre sur quatre se sentent parisiens et français. Voilà, ne faisons pas de mauvais procès.
Sur l'immigration, vous dites que, dans votre programme, que vous voulez fermer toutes les structures municipales d'accueil pour les migrants. Alors, ce n'est pas pour autant qu'il n'y aura pas forcément d'immigration clandestine à Paris. Ça veut dire quoi ? On les laisse dans la rue ?
Ça veut dire que, excusez-moi, la politique migratoire, c'est de la compétence de l'État, d'abord, OK ? Ce n'est pas à la mairie de remplacer les carences de l'État. Ça veut dire que, vous savez, qu'on se place aussi dans une optique qu'en 2027, Marine Le Pen ou Jordan Bardella peuvent être élus présidents de la République. C'est qu'on veut une lutte ferme contre l'immigration. La générosité, ce n'est pas de leur donner, excusez-moi, un sandwich quand ils sont dans la rue. La générosité, c'est de leur dire simplement, honnêtement, vous ne trouverez pas votre place en France si vous n'êtes pas en règle. Vous avez vocation à retourner chez vous.
Dernière question avant de ce qu'il y a, Thierry, le 7 juillet, Marine Le Pen sera fixée sur son sort. On saura si elle pourra ou non se présenter à l'élection présidentielle. Pour vous, qu'est-ce que ça change si c'est Marine Le Pen ou Jordan Bardella, candidat du RN pour 2027 ?
Ce n'est pas Marine Le Pen, c'est une profonde injustice. Parce que je rappelle qu'elle est mise en cause dans une affaire où il y a un désaccord administratif et de l'utilisation de l'argent pour un parti politique. Alors que les deux candidates présumées innocentes, par exemple de la mairie de Paris, sont pour usage et corruption et bénéfice personnel de l'argent qui est éventuellement détourné. Donc ce serait une profonde injustice. Ça me chagrinerait parce que c'est une femme que j'aime beaucoup et qui s'est beaucoup investie. Mais Jordan Bardella sera là, donc on attend ce que fera la justice. Quoi qu'il arrive, Jordan ou Marine, on sera là et on défendra les Français.
Merci beaucoup Thierry Mariani d'avoir été avec nous, eurodéputé RN, candidat à la mairie de Paris. Merci d'avoir été avec nous pendant une demi-heure. Dans un instant, l'info revient sur France Info et on se retrouve après pour les informer. Merci.
Thierry Mariani