Dépénalisation des usages de drogues : Rencontre au Sénat avec Anne Souyris
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:19Invité politiqueFait
« La prison n'a jamais été une solution. En fait, il faut être clair, euh mettre en prison un usager de drogue, c'est euh le conduire un peu plus rapidement ou à l'overdose ou à la mort par d'autres biais ou en tout cas de toute façon à la désinsertion sociale. »
- 3:04Invité politiqueChiffre
« En France 80 % des infractions liées au stupéfiant, ce sont des infractions liées à l'usage simple. »
- 3:48Invité politiqueChiffre
« La France est le pays le plus répressif d'Europe et a le plus grand nombre de consommateurs. »
- 4:32Invité politiqueFait
« On est passé à 2 % de contamination parce que les personnes font attention à parce que elles n'ont pas envie de mourir. »
- 5:15Invité politiqueChiffre
« Là où on a le plus grand nombre de consommateurs drogs, c'est quand même l'alcool hein. et avec le plus grand nombre de morts. »
Temps de parole
- Anne Souyris97 %
- non_speech3 %
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[Musique]
La prison n'a jamais été une solution. En fait, il faut être clair, euh mettre en prison un usager de drogue, c'est euh le conduire un peu plus rapidement ou à l'overdose ou à la mort par d'autres biais ou en tout cas de toute façon à la désinsertion sociale qui en général est pas un facteur non plus d'arrêt de la drogue du tout. Donc donc voilà et il y a certains pays et d'ailleurs presque tous les pays européens commencent à aller dans cette voie làà qui commencent à aller vers la dépénalisation de l'usage de drogue. He j'insiste sur l'usage parce que c'est une autre question.
Après, on pourrait la traiter mais en tout cas sur l'usage simple, ça veut dire les personnes simplement qui utilisent des drogues de dire que la solution n'est pas de les mettre en prison, ne pas de les réprimer mais de les accompagner et dans l'usage dans leur usage à eux pour faire en sorte que justement on soit dans la prévention, la prévention de des dommages, des risques, des risques sociaux, des risques psychologiques, du fait aussi que ils puissent se retrouver parfois avec leur famille.
Euh moi j'ai j'ai rencontré beaucoup de gens à l'époque à Éol par exemple, mais aussi dans d'autres zones parisiennes où ils étaient dehors où des femmes se retrouvaient complètement enfin on auquel on avait enlevé leurs enfants et euh si on les avait mis dans une logique d'accompagnement et euh et d'attention, elles auraient pu retrouver à un moment donné leur enfant ou la garde de leur enfant ou en tout cas le droit de visite minimale qui était quand même un sens de la vie. Je je raconte ça parce que en fait on se rend pas compte que à force de simplement réprimer, on coupe juste tout espoir et toute possibilité de d'autres choses que de la drogue pour oublier qu'on ne peut pas vivre.
Donc et ça vit et donc voilà. Et donc la la question de la dépénalisation c'est quoi ? c'est de se dire que sur le modèle portugais hein qui que j'ai que j'ai choisi pour comme modèle parce que c'est le seul modèle où ils ont en tout cas européen vraiment national où vraiment il y a une loi qui encadre complètement le processus de la personne qui prend des drogues que ça soit de manière récréative ou que ça soit de manière plus maladive hein d'abus des drogues ou en tout cas de qui devient un problème de santé et qui accompagne de manière différente tout à fait d'un bout à l'autre la personne à ce moment-là. Et ça ça a donné ça a fait ses preuves.
C'est un système qui a fait ses preuves depuis plusieurs années he depuis 20 ans et qui a montré qu'on pouvait dans un pays vraiment diminuer drastiquement le nombre d'usagers de drogue, avoir le le moins grand nombre d'overdoses aussi d'Europe et de pouvoir aussi de d'avoir beaucoup moins de gens en prison hein. Enfin, on parle tout le temps de narcotrafic et du fait de dire bah tout les les cours de justice sont complètement débordé, les policiers sont débordés. Oui, en France 80 % des infractions liées au stupéfiant, ce sont des infractions liées à l'usage simple.
Ça veut dire que les policiers 80 % de leur temps, c'est pour de l' de leur temps sur la drogue, c'est pour de l' c'est contre l'usage simple. Donc ça veut dire que en fait c'est la fête pour les mafieux et pour les mais bien sûr et pour les trafiquants parce que eux ils ont enfin c'est eux c'est place net pour eux en fait hein. C'est c'est vraiment enfin quand on s'occupe à 80 % du temps de personnes qui elles sont juste dans un désarroi total et ben les autres ils peuvent continuer. Voilà et c'est la même chose pour la justice et et dans les prisons. N'en parlons pas parce que là c'est le règne de la vente de drogue. Donc enfin et surtout pas de réduction de risque.
Donc on a tout faux pour essayer de faire en sorte de contrer unage de drogue qui a un qui devientageable et un problème de santé publique. La seule chose à faire c'est de responsabiliser l'usager de l'accompagner de le responsabiliser.
ce qu'on a vu pendant aussi le sida, le VIH des années 90 hein, à époque où il y avait pas de réduction des risques préalablement et où quand il y avait à un moment donné presque la moitié des personnes usageires de drogue qui étaient injecteurs qui étaient qui se sont retrouvé en situation où ils étaient atteints du VIH contaminé du jour où il y a eu l'échange de seringue du jour où on a pu avoir vraiment des programmes intelligents avec qui a impliqué leur responsabilisation et bien on est passé à 2 % de contamination parce que les personnes font attention à parce que elles n'ont pas envie de mourir. Et donc c'est ça aussi qu'il faut faire.
Donc moi et dans un cadre de santé publique et de dignité humaine et dans un cadre de lutte contre le trafic, je pense que ce cette loi est une nécessité qui est une nécessité aujourd'hui. B la France est le pays le plus répressif d'Europe et a le plus grand nombre de consommateurs. Donc il faut quand même se poser des questions. Par ailleurs là où on a le plus grand nombre de consommateurs drogs, c'est quand même l'alcool hein. et avec le plus grand nombre de morts. Voilà. Et là peut-être là aussi on aurait des choses à faire en terme de prévention he pardon d'élargir.
Et donc il devrait y avoir vraiment une réflexion de prévention large importante que et et pour ça il faut dépénaliser l'ensemble pour pouvoir arriver à avoir une action coordonnée sur l'ensemble des drogues parce qu'en fait évidemment on peut être on est en général touché hein les c'est des polyconsommateurs he tout le monde est police enfin tout le monde est consomm bah oui exactement donc il faut arriver c'était l'objectif de la MCK quand elle avait était euh ensuite d'avant, c'était Hamilton, je crois. Oui.
Et donc qui avait été construite dans une idée vraiment d'intégration de l'ensemble des drogues et toxicomanie, que ça soit aussi le tabac, tout pour que on puisse aussi s'adresser, là on parle de prévention aussi des aux jeunes parce que tant que il y a une pénalisation, on peut pas parler librement en fait au ni aux jeunes ni aux vieux d'ailleurs parce qu'ils savent qu'ils sont sur le coupt de la loi s'ils disent quelque chose. Effectivement, ce que vous amenez, c'est complètement une vision de la notion de régulation.
C'est-à-dire que sociétalement parlant, il est temps que cet objet soit un objet social dont on parle, dont la société euh s'y consacre en sortant des tabous, en sortant effectivement des logiques de répression qui empêchent complètement le fait de sortir du tabou. Vous, je vous rejoins complètement sur le fait que on a beaucoup parlé de la société dictogène. On pourrait parler aujourd'hui de la société traumatogène parce que ce que traverse la société est aussi le lit pour que les consommations s'amplifient.
Et on le sait que plus on va aller vers des phénomènes de stigmatisation, de violence, euh plus potentiellement ces publicslà vont continuer d'être consommateur, ce que vous ameniez tout à fait et ne vont pas oser se rendre dans nos dispositifs. Alors même si aujourd'hui nos dispositifs que ça pas car rude dédié à la dictologie prévoit effectivement un anonymat mais il ne reste que franchir la part vous parliz des femmes et des mères c'est un véritable enjeu. On a en moyenne 20 % de femmes dans nos établissements de soins.
C'est pas parce que les femmes consomment moins que les hommes, c'est simplement parce que oser franchir la porte quand vous êtes une femme et d'être identifié comme consommatrice, quelle que soit la substance là pour le coup, bah c'est un stigm de plus. On le sait, on a du mal, on a à Paris un dispositif qui est dédié aux femmes qui est l'espace femme. Et évidemment que ça vient répondre à un besoin d'un public qui n'oserait pas se rendre dans d'autres dispositifs, mais on voit bien à quel point on on est encore très menacé.
Et puis là ces derniers temps, dès que vous commencez à envisager une implantation, une ouverture d'établissement, euh bah tout de suite on a une image de bah pas pas dans mon jardin, pas à côté de moi, pas à côté de pas à côté de mon alors qu'une alors qu'une une implantation d'un nouveau au contraire d'un nouvel espace comme une HSA et ben ça au contraire ça régule et ça c'est de la sécurité pour tout le monde à santé et sécurité. Exactement.
[Musique]
Anne Souyris