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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 février 2019 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Gérard Larcher : "Emmanuel Macron essaye de faire du 'en même temps', moi j'ai envie de faire du 'partagé'"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Comment la France doit réagir dans ce dossier Air France-KLM, Gérard Larcher ?

  • 3:15OuverteRéponse partielle

    Est-ce que le gouvernement français dans ce dossier a fait preuve d'improvisation ou de légèreté ?

  • 3:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que la France doit soutenir l'aspiration démocratique de la jeunesse algérienne ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est terminé pour vous, l'affaire Benalla ?

  • 6:38RelanceÉludée

    Un conseiller simple, Gérard Larcher, est-ce que vous êtes favorable à ce que la justice soit saisie suite à ce rapport ?

  • 6:48OuverteRéponse directe

    Et est-ce que la justice pourrait être saisie aussi du cas d'Alexis Coller ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « L'État néerlandais a porté cette nuit sa participation au sein de Air France-KLM à 14%, soit autant que la participation de l'État français. »
  • 0:19Invité politiqueFait
    « Personne n'avait été mis au courant. Emmanuel Macron exige des explications. »
  • 0:25InvitéFait
    « Le gouvernement français n'a pas été informé de cette décision et de sa mise en œuvre. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « Bruno Le Maire rappelait ce matin qu'il a rencontré son homologue il y a encore quelques jours et qu'il ne lui en a rien dit. »
  • 3:22InvitéFait
    « Le propre de ce site, c'est qu'il était caché. »
  • 3:36Invité politiqueFait
    « Les manifestations se succèdent contre la perspective d'un cinquième mandat du président Bouteflika. »
  • 4:42InvitéFait
    « Il y aura des observateurs, mais je crois que le meilleur service à rendre aux Algériens et à l'Algérie, c'est de laisser le débat qui se conduit actuellement en Algérie se dérouler. »
  • 5:38InvitéFait
    « Ce rapport est un motif qui est à l'honneur du Sénat et de la démocratie parlementaire. »
  • 5:43InvitéChiffre
    « Voté à l'unanimité moins trois abstentions. »
  • 9:53InvitéFait
    « On a sur les quatre planètes, trois alignés sur le Président de la République, le gouvernement, l'Assemblée nationale, le Sénat qui procède d'un autre temps du suffrage universel indirect. »
  • 11:03InvitéFait
    « C'est le Sénat. Il l'avait dit en 2017. »
  • 13:40InvitéChiffre
    « Actuellement, c'est 10% du corps électoral. 4 millions. »
  • 13:49InvitéFait
    « 2 millions de Français ? »
  • 17:23InvitéFait
    « Le gouvernement néerlandais a finalement porté à 14% sa part dans l'Air France-KLM. »
  • 17:28InvitéChiffre
    « Celle de la France, je vous le rappelle, est de 14,3%. »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Gérard Larcher11 %
  • Invité 29 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 34 %

2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Notre invité jusqu'à 9h, c'est le Président du Sénat, Gérard Larcher, et je suis avec Renaud Delis pour l'interroger.

0:10
Gérard Larcher

Bonjour Gérard Larcher. Bonjour. L'État néerlandais a porté cette nuit sa participation au sein de Air France-KLM à 14%, soit autant que la participation de l'État français. Personne n'avait été mis au courant. Emmanuel Macron exige des explications.

0:24
Invité

Il a raison. Le gouvernement français n'a pas été informé de cette décision et de sa mise en œuvre. J'en prends note. Il appartient maintenant au gouvernement néerlandais de clarifier ses intentions dans cette affaire. Et c'est pourquoi le ministre de l'Économie et des Finances a invité son homologue néerlandais à venir à Paris pour pouvoir les expliquer. Vous dites qu'il a raison d'exiger des explications. Pourquoi une telle humiliation ? Ce n'est pas une humiliation et attention à pas non plus surréagir. Mais je crois que ce n'est pas des méthodes entre deux gouvernements de l'Union européenne. On peut comprendre le désir du gouvernement néerlandais d'entrer à la même hauteur que nous.

Mais il faut essayer aussi de partager pourquoi. KLM est aussi la partie qui a dégagé l'essentiel des dividendes du groupe. Et que les néerlandais veuillent participer autour de la table. C'est légitime. Mais je crois que ça traduit un peu l'état de turbulence que traverse l'Europe. Après Siemens-Alstom. Après les interrogations aussi sur la maîtrise notamment autour du 5G. Sujet essentiel de maîtrise de la communication. Il y a en même temps des choses positives. Il y a deux semaines, au niveau du Parlement européen, on se met d'accord sur la préservation des actifs stratégiques. Donc je crois qu'aujourd'hui, ça traduit la turbulence qui traverse l'Europe.

1:51
Gérard Larcher

Bruno Le Maire rappelait ce matin qu'il a rencontré son homologue il y a encore quelques jours et qu'il ne lui en a rien dit.

1:57
Invité

C'est là où je dis que la méthode des néerlandais est critiquable. En même temps, je ne connais pas un trader ou quelqu'un qui fait un raid en bourse l'annoncer quatre jours à l'avance. Oui mais là, ce n'est pas un trader. Là, c'est un État. Là, c'est un de nos partenaires en Europe. Mais là, c'est là où je dis qu'il y a turbulence et que je comprends la demande d'explication du président Macron. D'autant plus que M. Routte est un des plus libéraux en Europe.

2:22
Présentateur

On peut être libéral et chercher à préserver ses grandes entreprises. Comment la France doit réagir dans ce dossier, Gérard Larcher ?

2:27
Invité

Elle doit réagir, une fois les explications reçues, à préserver ce qui a été construit entre KLM et Air France.

2:37
Présentateur

Garder l'alliance même si elle a un peu de plomb dans l'aile aujourd'hui.

2:39
Invité

Conserver l'alliance entre Air France et KLM. Rien ne serait pire que de se replier les uns par rapport aux autres. Mais de rappeler qu'il y a des règles éthiques, déontologiques. Elle est menacée à vos yeux aujourd'hui, cette alliance Air France-KLM ? Écoutez, je reçois ce matin un des syndicats d'Air France. Ce n'était pas du tout prévu. Ils vont avoir des choses à vous raconter. J'aurais eu une vertu d'anticipation. Ce que je constate malgré tout, c'est qu'au moment où nous étions dans les turbulences en 2018, autour de la grande grève des pilotes, KLM signait un accord avec ses pilotes. Il y a aussi des méthodes de gouvernance qu'il faut partager.

3:15
Présentateur

Est-ce que le gouvernement français dans ce dossier a fait preuve d'improvisation ou de légèreté en ne voyant pas venir leur aide des Pays-Bas ?

3:21
Invité

Écoutez, le propre de ce site, c'est qu'il était caché. Voilà pourquoi je soutiens totalement l'exigence du président de la République sur les demandes d'explications. Et le Parlement pourra s'en s'y dire.

3:32
Gérard Larcher

Vous évoquez les zones de turbulence en Europe. Il y a une autre zone de turbulence au port de l'Europe. C'est de l'autre côté de la Méditerranée en ce moment, en Algérie. Les manifestations se succèdent contre la perspective d'un cinquième mandat du président Bouteflika. Est-ce que la France doit soutenir l'aspiration démocratique de la jeunesse algérienne ?

3:50
Invité

La place de la France n'est pas de s'immiscer dans les affaires algériennes. Naturellement, le devenir de l'Algérie, c'est pour nous essentiel. D'abord parce que nos rapports avec l'Algérie, marqués par l'histoire, par des relations économiques profondes, par la présence d'une communauté algérienne très importante en France, par le niveau de nos échanges, font que le devenir de l'Algérie est quelque chose sur lequel nous sommes extrêmement attentifs. Je dois vous dire que j'ai avec le président du Sénat, entre guillemets, algérien, des relations constantes et des relations fortes parce que le devenir de l'Algérie est essentiel. Les Algériens vont s'exprimer, sont en train de s'exprimer.

Respectons leur expression.

4:33
Présentateur

La France ne doit pas prendre partie dans ce dossier.

4:35
Invité

Elle n'a pas un rôle à jouer. La France ne me semble-t-il à prendre partie, mais à rappeler qu'il va falloir faire, y compris à la jeunesse algérienne, la place qu'elle est en droit d'exiger.

4:45
Gérard Larcher

Et elle n'a pas de doute à exprimer sur les élections et le processus électoral qui se dérouleront au mois d'avril.

4:50
Invité

Il y aura des observateurs, mais je crois que le meilleur service à rendre aux Algériens et à l'Algérie, c'est de laisser le débat qui se conduit actuellement en Algérie se dérouler, d'être attentif. N'oublions jamais qu'il faut regarder le dossier algérien avec le prisme de ce qui s'est passé dans les années noires autour du GIA, qui reste une marque très très profonde en Algérie.

5:15
Présentateur

L'affaire Benalla, Gérard Larcher, la semaine dernière, la commission d'enquête parlementaire du Sénat a rendu son rapport. Est-ce que c'est terminé pour vous ?

5:23
Invité

Je voudrais d'abord dire, parce que je l'ai lu, que ce dossier ne m'emparasse pas. Au contraire, ce rapport est un motif qui est à l'honneur du Sénat et de la démocratie parlementaire. Et je suis fier de mes collègues qui ont fait un rapport solide, fiable, voté à l'unanimité moins trois abstentions. Donc maintenant, on va se dérouler un processus normal d'instruction, d'abord par la direction générale des missions institutionnelles. La présidente de la délégation au contrôle, qui est une vice-présidente du Sénat, Madame Létard, aura à faire rapport devant le bureau.

Le bureau décidera, par un vote à main levée après un débat, si nous devons ou non transmettre ce rapport au procureur de la République. Quelle est la position du président du Sénat ? La position du président du Sénat, c'est que le droit soit dit, rien que le droit, et j'assumerai et je conduirai les décisions qui seront prises par le bureau.

6:26
Présentateur

Donc vous êtes prêt à saisir la justice, à autoriser le bureau du Sénat à le faire en tout cas ? Ce n'est pas à moi d'autoriser, c'est le bureau du Sénat qui m'autorise à le faire. Votre voix compte un peu quand même dans ce dossier. Un conseiller simple, Gérard Larcher, est-ce que vous êtes favorable à ce que la justice soit saisie suite à ce rapport ?

6:38
Invité

Je verrai la nature du rapport que je devrais recevoir avec Madame Létard d'ici deux semaines.

6:42
Gérard Larcher

Et est-ce que la justice pourrait être saisie aussi du cas d'Alexis Coller, le secrétaire général de l'Elysée ? Comme le préconisent les rapporteurs.

6:49
Invité

Nous verrons le rapport qui sera fait par l'administration, parce que nous ne sommes pas là pour juger. Mais la question vous est posée par ce rapport, Gérard Larcher. Mais il y a un article 40 du Code de procédure.

7:03
Présentateur

C'est dire à la justice, ce n'est pas juger, c'est dire à la justice, il nous semble qu'il y a un point sur lequel il faut travailler. Nous verrons le moment venu avec la décision du bureau. Votre décision n'est pas prise encore ? Bien sûr que non. Comment ? Vous, votre intime conviction, Gérard Larcher, il n'y en a pas pour l'instant, vous ne savez pas.

7:17
Invité

Je n'ai pas d'intime conviction en l'État, car mon rôle est de faire que le processus se déroule en disant le droit, rien que le droit.

7:24
Gérard Larcher

Donc s'il le souhaite, vous autoriserez le bureau du Sénat à saisir la justice. Si le rapport va dans ce sens-là.

7:29
Présentateur

On s'interrompt quelques instants, Gérard Larcher, si vous voulez bien. Le temps du rappel de l'actualité à 9h moins 20 avec David Doba sur France Info.

7:37
Invité

Pyongyang ne reprendra pas ses tests nucléaires. C'est Donald Trump qui l'affirme au terme de la conférence de Hanoi. Selon le président américain, les divergences avec la Corée du Nord pourront être surmontées avec le temps. Divergences qui portent notamment sur la levée des sanctions infligées au régime de Kim Jong-un. Il était italien, mais c'est un artiste européen, un artiste de l'humanité. Franck Riester est revenu sur France Info ce matin sur la guerre que se livrent la France et l'Italie autour de Léonard de Vinci. Le ministre de la Culture rencontre aujourd'hui, ça se passe à Milan, son homologue italien, en vue de la préparation d'une grande exposition au Louvre.

L'Italie s'était engagée à prêter certains des tableaux du maître avant finalement de revenir sur sa parole en novembre dernier. Elle n'a plus donné signe de vie depuis septembre 2018. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Colmar examine à huis clos aujourd'hui la demande de remise en liberté de Jean-Marc Riester. C'est le principal suspect dans l'affaire de la disparition de Sophie Le Tan. Et puis c'est la conséquence du regain de tensions entre l'Inde et le Pakistan. Des milliers de voyageurs bloqués à l'aéroport de Bangkok au lendemain de la fermeture de l'espace aérien pakistanais. Le trafic devrait revenir à la normale dans le courant de la journée.

8:47
Présentateur

Gérard Larcher, est-ce que le Sénat dit merci à Alexandre Benalla ?

8:50
Invité

Non, le Sénat a exercé pleinement les pouvoirs que l'article 24 de la Constitution lui donne. Le Sénat a respecté la Constitution, n'en déplaît sa madame la garde des Sceaux. Et le Sénat tout simplement fait fonctionner la démocratie parlementaire. Le Parlement, le Sénat, vote la loi et contrôle le gouvernement.

9:13
Présentateur

Et cette commission d'enquête parlementaire, en tout cas, elle a fait du bien au Sénat et on entend un peu moins les critiques sur l'utilité de votre institution.

9:22
Invité

Je pense que cette commission d'enquête, mais bien d'autres sujets, démontrent l'importance du bicamérisme. D'avoir une assemblée qui ne procède pas de l'élection présidentielle. Depuis la réforme du quinquennat, l'inversion du calendrier, en fait l'Assemblée nationale se situe quasi naturellement dans la majorité du président. On a sur les quatre planètes, trois alignés sur le Président de la République, le gouvernement, l'Assemblée nationale, le Sénat qui procède d'un autre temps du suffrage universel indirect. C'est un lieu où on ne dit jamais oui par discipline et jamais non par dogmatisme.

9:58
Gérard Larcher

Dans sa lettre aux Français ouvrant le grand débat national, début janvier, Emmanuel Macron avait évoqué l'hypothèse d'une réforme du Sénat.

10:05
Invité

Oui, il faudra pour cela... On ne change rien pour vous, il n'y a rien à changer, pas de réforme. Alors qu'il puisse réformer la Constitution, nous en sommes entretenus et je fais confiance au Président quand il m'a dit qu'il était persuadé de l'importance du bicamérisme. Pourquoi je ne lui ferais pas confiance ? Il me l'a dit au mois de janvier. Je lui ai dit que la manière dont avait été rédigée la lettre pouvait laisser interrogatif.

10:29
Présentateur

Mais si les Français réclament, Gérard Larcher, si les Français dans le grand débat réclament par exemple la suppression du Sénat, vous ferez quoi ? Il faudra modifier la Constitution. J'ai cru que vous allez dire, il me faudra passer dessus.

10:37
Invité

Mais je pense que mon devoir est de dire aux Français...

10:39
Présentateur

Vous ne serez pas le dernier président du Sénat.

10:41
Invité

Non, mon devoir est de dire aux Français une démocratie bicamérale, c'est une richesse, c'est une liberté. Qui avait dit dans le Parlement le premier que la taxe pluriannuelle, qu'il y avait une forme de rejet du consentement à l'impôt ? C'est le Sénat. Il l'avait dit en 2017. Pas en novembre 2018. Pas en décembre 2018.

11:08
Gérard Larcher

Il y a une question qui ressurgit dans le cadre des réformes institutionnelles éventuelles. Si ce serait un hypothétique retour en arrière sur la question du non-cumul entre les parlementaires et les fonctions exécutives de maires, de petites communes, est-ce que vous êtes favorable à un retour en arrière ? Et est-ce qu'on autorise de nouveau le cumul, notamment au nom du lien entre les élus et les territoires ?

11:28
Invité

La première des choses, puisque j'ai participé à un certain nombre de réunions, j'ai un observateur, Pascal Perrineau. Le premier des sujets, c'est pas du tout celui-là.

11:35
Présentateur

Il est l'un des cinq garants du grand débat national.

11:38
Invité

C'est, premier sujet, pouvoir d'achat, équité fiscale. Le besoin d'équité, moi je participe à des débats dans le fond de la salle, c'est pas trop facile de ne pas me faire repérer, mais c'est la question de l'équité fiscale. Et puis ensuite, il y a un deuxième sujet dont on ne parle pas assez, c'est la santé. Il y a une partie du territoire qui a le sentiment de l'abandon. Alors, vous me posiez... Le cumul des mandats, vous les revient en arrière ? Je pense... Qu'est-ce que traduit cette crise ? Le besoin de proximité. Qu'on ait été ou non sur des ronds-points, on a un besoin de proximité. L'élu local, le maire, est en train enfin de retrouver la vraie place.

Il est le ciment de la République. Le président de la République s'en est rendu compte, souvenez-vous. Allez. Moins de novembre, c'était balance ton maire. Février, c'est accroche-toi à ton maire. Et donc, le rôle de l'élu local est essentiel. Et avoir des parlementaires qui sont aussi enracinés dans le local, ça m'apparaît important. Donc vous dites vive le cumul. Je ne dis pas vive le cumul, je dis réfléchissons bien. Nous n'avons jamais été favorables à la déliaison totale. Il y a sans doute un certain nombre de choses qui étaient nécessaires. Mais pourquoi ne pas cumuler un exécutif local, peut-être jusqu'à une certaine taille.

Pas pour les grandes villes, pas pour les très grandes villes. Peut-être jusqu'à une certaine taille, mais je veux que le débat soit réouvert. Qu'on arrête de prendre des positions dogmatiques pour faire plaisir. Il y a un petit côté populiste dans la décision qui a été prise à l'époque par François Hollande.

13:06
Gérard Larcher

Une revendication forte des Gilets jaunes, c'est le fameux RIC, le référendum d'initiative citoyenne. Est-ce que vous y êtes favorable ? Je ne suis pas favorable au RIC.

13:13
Invité

Je suis favorable à ce que la procédure référendaire puisse être améliorée. Voilà pourquoi au Sénat, notre groupe de travail, sur le référendum d'initiative partagée, Celui qui existe déjà aujourd'hui, mais qui personne n'a jamais réussi à utiliser. Non, qu'il soit demain plus praticable et qu'il ait deux entrées, soit par la voie parlementaire, soit par la voie des citoyens eux-mêmes. Par exemple, pour les citoyens, oui.

13:35
Gérard Larcher

D'abaisser le seuil aujourd'hui, à combien de citoyens ? C'est 2 millions aujourd'hui ?

13:38
Invité

Actuellement, c'est 10% du corps électoral. 4 millions. Donc 10% du corps électoral et presque 200 parlementaires. Nous arbitrerons au mois de mars, mais la proposition qui est faite est au moins de l'ABC de moitié. 2 millions. 2 millions de Français ? C'est la proposition qui a été faite par notre rapporteur, sur la base, M. Pillet, qui rentre au Conseil constitutionnel, sur la base d'un rapport, d'ailleurs, qui avait été fait en 2017 au Sénat, par un sénateur qui s'appelle Philippe Bonnecarère, et qui est un sénateur centriste. Bon, 2 millions, donc pour vous, c'est le bon chiffre, à partir de 2 millions ? C'est, en tous les cas, un chiffre autour duquel la discussion est ouverte.

14:10
Gérard Larcher

Renaud Delis. Dans le cas du mouvement des Gilets jaunes, il y a eu des polémiques récurrentes autour du comportement des forces de l'ordre. Précisément hier, on va l'écouter, Emmanuel Macron a défendu le recours au fameux LBD, les lanceurs de balles de défense, qui ont fait de nombreux blessés parmi les manifestants.

14:26
Invité

La meilleure manière d'éviter ces utilisations et ces cas, c'est d'éviter d'avoir des gens qui considèrent que le samedi après-midi est fait pour casser les vitrines, casser les institutions, ou s'attaquer aux forces de l'ordre. Parce que, je vous le dis très simplement, je ne laisserai pas les forces de l'ordre sans aucun moyen ni d'assurer l'ordre public, ni de se défendre, face à des gens qui arrivent aujourd'hui armés et avec les pires intentions.

14:52
Gérard Larcher

Gérard Larcher, vous pensez que le gouvernement doit interdire, par exemple, un éventuel 16e samedi de mobilisation après-demain ? La première des choses, c'est que la violence doit s'arrêter.

15:01
Invité

On ne peut pas continuer ces samedis où les commerçants se barricade, où les forces de l'ordre sont totalement mobilisées. Je suis très attaché au droit de manifester, mais le droit de casser, non. Voilà pourquoi les forces de l'ordre doivent être dotées des moyens qui leur permettent de maîtriser. Mais je crois que, et c'est un point très très important, qu'on est dans un état de droit, on doit faire respecter le droit. Bien sûr, la police doit rendre des comptes, mais une manifestation, ça se déclare, un trajet, ça se déclare. Une manifestation, ça s'encadre. Et personnellement, je pense que la violence doit cesser. Et que c'est une responsabilité de l'État de la faire cesser.

La question portait sur les LBD, est-ce qu'il faut les interdire ou pas ? Un certain nombre d'enquêtes sont en cours, on va attendre les conclusions de l'enquête. Je me méfie des réactions. Le défenseur des droits, par exemple. Du Conseil de l'Europe et autres. Le défenseur des droits, c'est quelqu'un que vous connaissez bien. Vous avez le recevoir, justement. Vous avez le recevoir aujourd'hui ? Vous savez tous les gens qui sont dans l'actualité ?

16:10
Présentateur

Il va sans doute vous interroger là-dessus, Gérard Larcher. Qu'est-ce que vous allez lui dire ?

16:13
Invité

C'est moi qui vais l'interroger d'abord. Qu'est-ce que vous allez lui dire ? En tous les cas, il faut donner les moyens aux forces de police d'assurer la sécurité. Donc vous êtes favorable au maintien de l'usage du LBD, malgré ? Sous réserve des analyses qui sont en cours et des études qui sont en cours. Je suis contre la violence. Je suis pour l'état de droit. Je suis pour un état qui a la foi sur la liberté de manifester. Mais la violence, c'est quelque part une espèce de préemption du droit à manifester.

16:43
Présentateur

8h50, l'actualité de ce jeudi matin. Résumé en une minute par David Doba. Et on se retrouve juste après avec vous, Gérard Larcher.

16:50
Invité

France Info vous le dévoile ce matin. Votre pharmacien pourra peut-être prochainement vous délivrer en urgence des médicaments normalement prescrits sur ordonnance. Un projet de loi doit être déposé par un député à l'REM. Il sera débattu le mois prochain à l'Assemblée. Un texte similaire a déjà été retoqué. C'était à l'automne lors du vote de la loi de financement de la sécurité sociale. On prend les mêmes et on recommence. Mais ailleurs, cette fois-ci, finie la circulation différenciée en Ile-de-France et dans la métropole lilloise. La mesure concerne aujourd'hui le Rhône et l'Isère. A Lyon, les autoroutes et les boulevards périphériques ne sont pas concernés.

Le gouvernement néerlandais a finalement porté à 14% sa part dans l'Air France-KLM. Celle de la France, je vous le rappelle, est de 14,3%. Ce matin, Bruno Le Maire affirme qu'il faut trouver une porte de sortie avec les Pays-Bas. Mais selon lui, l'alliance est solide et il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour le groupe. Enfin une question. Faut-il féminiser les noms de métiers ? L'Académie française se penche aujourd'hui sur cette question. Préfète, informaticienne, auteur ou autrice ? Réponse ou élément de réponse normalement dans la journée.

17:56
Présentateur

Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher. Et toujours avec Renaud Delis. Est-ce qu'il faut renoncer, Gérard Larcher, aux 80 km heure sur les routes secondaires ?

18:04
Invité

En tous les cas, il faut cesser de raisonner nationalement. Cesser de gouverner verticalement. Et la décision sur les 80 km à l'heure, qui part, j'allais dire, d'une vraie volonté que je partage. Améliorer la sécurité routière. C'est typiquement la décision décalée. Tout dépend de l'état du réseau. Et nous voyons en janvier, puisque tout le monde se bat statistique contre statistique, que l'essentiel de l'accroissement de l'insécurité routière, elle est dans les agglomérations et sur les routes à deux fois deux voies. Donc, revenons au terrain. Là aussi, j'entends le président de la République dire pas tout à fait la même chose que le Premier ministre. Cherche pas à les opposer.

Si on revenait au territoire... Ça veut dire quoi ?

18:52
Gérard Larcher

Ça veut dire qu'on revient en arrière sur la région ou pas ?

18:55
Invité

Suivant l'état du département, nous mettons des portions de route à 80. Il y a même des endroits... Mais route par route, Gérard Larcher, ou département par département ? Ça va être compliqué de suivre. Vous savez, les présidents de conseils départementaux, ils connaissent leur réseau routier. Dans chaque département, il y a un vice-président en charge des infrastructures routières. Je pourrais vous dire combien ils connaissent leur réseau, et que la réponse, elle doit venir du terrain. Je crois que c'est un des enseignements du grand débat aujourd'hui. Les gens, ils ont besoin de proximité, moins de verticalité.

Si on partait du terrain, est-ce que ce pays ne serait pas mieux demain gouverné ? Voilà pourquoi j'appelle aussi à une réflexion sur une nouvelle génération de la décentralisation. Ça ne veut pas dire moins d'État, mais mieux d'État et plus de territoire.

19:38
Présentateur

Dans trois mois exactement, les élections européennes, Renaud Delis.

19:40
Gérard Larcher

Et pour ces élections européennes, les Républicains ont choisi une jeune tête de liste, un jeune philosophe, François-Xavier Bellamy. Ce choix n'a pas fait l'unanimité au départ au sein des Républicains. Vous n'étiez d'ailleurs pas un chaud partisan de cette candidature. François-Xavier Bellamy, que nous recevions il y a quelques jours, certifie qu'aujourd'hui, tout le parti le soutient, sans exception. On l'écoute.

19:59
Locuteur non identifié

Bien sûr, ma candidature n'était pas une évidence, et je le comprends parfaitement. Cela étant dit, je suis certain qu'on saura travailler avec tout le monde dans les mois qui viendront, parce que l'enjeu est tellement important. 38 personnes sur les 40 membres de la commission d'investiture ont voté en faveur de ma candidature. C'est donc que le parti, globalement, il suit cette candidature, et le choix qui a été fait. Et encore une fois, j'en suis très honoré. C'est une grande responsabilité pour moi. Je ne compte pas maintenant me défausser devant cette responsabilité que j'ai acceptée, et bien sûr, que je porterai jusqu'au bout.

20:24
Gérard Larcher

Vous répétez, Gérard Larcher, que François-Xavier Bellamy, je vous cite, ne coche pas toutes les cases pour être tête de liste. Qu'est-ce qui lui manque comme case ?

20:31
Invité

C'est ce que j'ai exprimé devant notre commission nationale d'investiture. Alors, pour que les choses soient claires, je soutiendrai la liste, je voterai pour la liste, et je m'exprimerai avec mes mots, parce que je crois profondément à la nécessité de l'Union Européenne. Et donc, aujourd'hui, il y a un trio, François-Xavier Bellamy, Agnès Évren, Arnaud Dangean, et bien je serai à leur côté. Vous le soutiendrez, mais avec des semelles de plomb. Pas du tout. Non, vous dites qu'il ne coche pas toutes les cases. Je ne peux pas dire que je le ferai avec des chaussures de sport, puisque moi je m'applique un principe de Churchill. Le sport, mais avec grande modération.

Mais je ne soutiendrai pas du bout des lèvres. Mais vous ferez campagne pour lui ? Parce que je pense que la vision de l'Europe... Aujourd'hui, il n'y a que, sur l'Europe, que deux sensibilités qui sont vraiment entendues. Tous les pro-européens ont le sentiment que c'est la République en marche et le modem qui l'incarnerait. Tous les méfiants de l'Europe, les anti-européens, pensent que c'est le Rassemblement National et debout la France. Nous, nous avons un projet pour l'Europe. Une Europe qui protège. Et notamment Arnaud Dangean, sur ces sujets-là, et particulièrement... Le député européen sortant et qui sera numéro 3 sur la liste.

Le président de la République lui avait même confié la rédaction du Livre Blanc. Une Europe qui affirme sa souveraineté face à la fin du multilatéralisme. Aujourd'hui, Trump, le Chinois, le Russe, sont en train de se partager le monde. Si demain, on a moins d'Europe,

22:01
Gérard Larcher

mais nous serons les victimes de ce partage du monde. Il faut plus d'Europe. Une Europe qui protège, qui affirme sa souveraineté. C'est exactement ce que dit Emmanuel Macron. Pas du tout, parce qu'il dit, il y a deux Europes.

22:10
Invité

Vous allez de l'Axe-Irakus-Akdangs à Tribor en montant les forces du mal. Europe centrale et orientale, et nous, les forces du bien. Non. L'Europe à 27, ensemble, autour des valeurs humanistes, autour des valeurs fondatrices. Moi, je suis membre à la fois des Républicains et du Parti populaire européen. Le Parti populaire européen fait de la démocratie, de l'humanisme, et l'a rappelé à Helsinki, ses valeurs fondatrices. Il faut maintenant qu'on arrive à faire comprendre notre langage. On a un peu une vision binaire en ce moment. Eh bien, on va essayer de passer du binaire au ternaire.

22:45
Présentateur

Gérard Larcher, on entend vos critiques, pas toujours très fortes, d'ailleurs, depuis le début du quinquennat. Qu'est-ce qui, fondamentalement, aujourd'hui, vous empêche d'être un marcheur ? Je n'ai pas du tout la même vision

22:55
Invité

de la place de mon pays en Europe. Premier sujet. Mais on entend aussi vos critiques sur votre propre parti. Je n'ai pas non plus une vision du libéralisme sans équilibre social. Je vais prendre un exemple qui nous ramène peut-être à Air France. Je ne vote pas, mais je partageais ceux qui ont eu beaucoup de réticences à envisager la privatisation d'aéroports de Paris. parce que je considère que c'est un actif stratégique et que l'expérience de Toulouse m'amène à m'interroger beaucoup. Vous savez, quand je vois la 400M militaire décoller sur une piste chinoise... Vous êtes plus social qu'Emmanuel Macron. Je pense que je suis très attentif à la question sociale.

Voilà pourquoi, par exemple, sur le dialogue social... Gérard Larcher, ce que vous nous dites, c'est que vous pourriez être une caution de gauche à Emmanuel Macron, en quelque sorte. De gauche. Il paraît que j'étais la caution de gauche quand j'étais au gouvernement avec Jean-Louis Borloo. Ni gauche, ni droite, je crois profondément. Une société de liberté a besoin d'un équilibre social. Il est trop libéral, il est trop à droite aujourd'hui, le Président ? Il n'est pas trop à droite. Je vois qu'il tente beaucoup d'électeurs de droite. Il essaye de faire du en même temps. Moi, j'ai envie de faire du partagé.

Et est-ce qu'aujourd'hui, à vos yeux, les Républicains sont assez sociaux, justement ? Sans doute, aujourd'hui, les Républicains se sont déplacés sur un certain nombre de valeurs plus à droite que moi, mais je suis membre des Républicains. J'entends y demeurer, y faire valoir mes choix, mes propositions. Je suis d'abord un homme qui croit que notre pays est composé de territoires. Vous savez, la commune, c'est la petite République dans la grande. Elle est 35 000 communes de France. Elles incarnent un pays. Et voilà pourquoi je suis aussi attaché à ce que demain, une des conséquences du débat, ça soit une nouvelle étape de la décentralisation. Et ce sera le mot de la fin.

24:43
Présentateur

Merci à vous, Gérard Larcher, président du Sénat. Vous étiez ce matin l'invité de France Info.