La Masterclasse de Noémie Lvovsky - France Culture
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bonjour à toutes et à tous bienvenue à cette master class avec noémie lvovsky et bonjour à vous bien sûr noémie lvovsky bonjour durant l'heure qui vient vous allez nous racontez nous expliquer comment vous construisez votre oeuvre c'est à dire comment vous la fabrique et de l'idée jusqu'à sa réception critique et public en passant par votre méthode de travail votre oeuvre à vous c'est le cinéma scénariste réalisatrice ou actrices on vous doit des films comme petit la vie ne me fait pas peur les sentiments ou camille redouble des scénarios comme celui de la sentinelle d'arnaud desplechin ou ceux des films de valeria bruni tedeschi votre partenaire de cinéma depuis la fin des années 80 et des apparitions dans presque 45 films depuis la première en 2001 dans ma femme est une actrice d' yvan attal on a pu vous voir en sort en colère chez arnaud despléchin en mère intrusive chez riad sattouf ou en mère maquerelle chez bertrand bonello vous écrivez vous-même sur l'enfance et ses rêves qui passe les amitiés adolescentes et les parents fragile vous êtes fidèles et travailler toujours avec les mêmes des films à la vie avez vous choisi le cinéma parce qu'il ressemble à une famille c'est possible c'est difficile de répondre comme ça par oui ou par non pas ce que c'est il n'y a pas un bruit là bon rien n'a plus pardon mais je n'ai entendu aussi mais oui oui la réponse est oui pourquoi vous restez pourquoi vous êtes attachés à des rôles ou à des scénarios à des histoires qui ressemble à ce qu'on peut vivre en famille des histoires de groupe des histoires de parents un peu dépassée d histoire d'adolescente qui se retrouvent en groupe qu'est ce qui vous plaît aussi dans ces sujets de famille à les sujets et les rôles je crois que j'y pense bien après c'est pas c'est pas ça qui m'a attiré c'est pas dans ce sens là que que je vous répondais oui à propos d'une famille je crois que c'est plus de par exemple je me fais des familles je me dis que si je pouvais être la petite fille de deux renoir de jean renoir je serais très heureux et fiers si ou plutôt dans dix ans al'inverse j'aimerais que jean renoir sur mon grand-père j'aimerais que françois truffaut soit mon père j'aimerais que arnaud desplechin soit mon grand frère j'aimerais que riad sattouf soit mon petit frère voilà c'est mais c'est pas les rôles les rôles deviennent bien après le mét ans et les sujets aussi je crois que je crois peut-être pas beaucoup au sujet alors comment vous en êtes revenue au cinéma pourquoi avoir choisi le cinéma justement par cette ce goût de cette famille renoir desplechin que vous avez rencontrés très jeune est ce que c'est ça qui vous a conduit à choisir cette forme d'art je crois que très très tôt vraiment très tôt j'ai eu envie et besoin du spectacle et ensuite j'ai connu j'ai connu des films jeux comme fait connaissance avec des des cinéastes à travers leurs films et c'est devenu de la cinéphilie sans que je le sache ça c'était à l'adolescence mais j'ignorais tout de la fabrication d'un film j'ai par contre j'ai senti aussi assez tôt que ce que j'ai mais avant tout dans un film c'était celui qui était ou celle qui était derrière la caméra c'était la paire que la personne qui me parlait était était la personne derrière la caméra et mais sans savoir du tout ce que ça pouvait être que de réaliser un film et ensuite j'ai eu une chance inouïe une journée une journée qui a été décisive qui je crois plus de trente ans plus tard a bouleversé ma vie j'ai été figurante sur un court métrage de 2e année d'école et j'avais 16 ans et demi je crois et j'ai été faire de la figuration et là j'ai rencontré arnaud desplechin qui était chef opérateur sur ce court métrage d'eric rochant et j'ai vu un plateau pour la première fois et c'est là que vous avez compris que c'était ça que vous aviez envie de faire que c'était d'être derrière la caméra et d'être dans ce groupe là de diriger un film de diriger des acteurs de raconter quelque chose non à ce moment là je voyais toujours j'ai vu un réalisateur au travail pour la première fois mais je voyais pas vraiment ce qui ce qui faisait il disait moteur il disait actions sinon il allait parler comme ça en aparté à l'un ou à l'autre non je me suis pas dit je que je voulais réaliser c'était je n'avais pas accès à ça par contre je me suis dit que je voulais travailler dans le cinéma et ça aurait pu être ça pouvait être comme costumière comme script le script j'ai essayé pour arnaud desplechin pour la vie des morts et j'étais vraiment pas doué du tout ça pouvait être pour à n'importe quel poste voilà pourquoi ça n'a pas marché le script ah bah c'est pas je suis pas doué pour ça du tout vous avez fait des études de lettres vous êtes rentré après à la femis département scénario pourquoi avoir choisi le scénario c'était ce qui mettait le plus accessible serre que et aussi parce que j'avais envie d'écrire et j'étais depuis depuis des années à cette époque j'ai depuis des années j'étais très angoissée et en me disant que je l'étais fait pour aucun métier et aucun métier n'était fait pour moi j'aimais écrire mais je me sentais très impuissante à écrire et j'avais fait la liste de tous que j'étais incapable d'écrire dans le sens j'étais incapable d'écrire un roman incapable d'écrire pour les journaux incapable d'écrire de la poésie enfin j'avais fait ma liste tous ce que je n'étais pas capable d'écrire et dans cette liste n'y avait pas le scénario et j'ai eu un professeur très très important pour moi qui s'appelle jean douchet qui est un homme extraordinaire qui m'a beaucoup beaucoup appris et qui m'a donné l'information qui m'a dit que j'avais je sais plus j'avais 20 ans ou 21 ans et il m'a dit écoute il ya une classe de scénario qui va s'ouvrir pour la première fois en france il n'y avait pas de deux classes de scénarios et et voilà j'ai passé le concours de la famille c'était la première la première année de ce concours c'était une école qui prenait le relais de lydec et c'est comme ça que je suis rentrée en classe de scénario est ce que vous avez appris à écrire un scénario est ce qu'on apprend vraiment à écrire un scénario à l'école dont la la femis ou ailleurs est ce que ça ça prend vraiment d'écrire un scénario aujourd'hui je sais pas aujourd'hui je peux pas dire je souris à une jeune fille dans l'assistance qui a envie de devenir scénariste aujourd'hui je sais je sais pas si si comment sont les classes de scénario mais je vous parle de quand j'ai fait mes études c'était il ya plus de 30 ans en tout cas je les ai joués c'est ça je les ai fini à 30 ans et en france je sais pas je pense je m'imagine qu'aux états unis c'est très différent et vous par exemple quand vous êtes sortis de la femis vous a dit là je sais écrire des scénarios c'est parfait non non non non le l'apprentissage il est pas en tout cas pour moi il n'a pas été technique il a été d'être avec des gens qui avaient aussi envie d'écrire d'être avec des apprentis réalisateurs qui avaient envie qu'on écrive avec eux et pour eux et du coût de ce d'essayer de se fondre dans l'eure dans leur monde et décrire leur monde décrire leur vision du monde d'ailleurs j'ai buté à un moment à la fin de mes études parce qu'on me demandait d'écrire un long métrage comme ça sans que ce soit pour un cinéaste et j'en étais incapable il y avait trop de possibles je pouvais écrire tout et n'importe quoi si c'était pas pris dans le dans le désir et dans la vision de d'un cinéaste alors alors du coup j'ai écrit un court métrage qui était qui était pris dans mon propre désir et dans ma propre vision que j'ai réalisé et c'est comme ça que j'ai réalisé pour la première fois ces dix mois oui tu dis moi non oui qu'est-ce que vous racontiez dans ce premier court métrage une jeune fille très ambivalente comment vous avez trouvé le sujet vous avez dit tout à l'heure dans les milosky les sujets ça m'intéresse pas tout de suite j'y réfléchis après pour quelqu'un qui écrit des scénarios d'abord qui a appris d'abord à faire ça comment on peut se dire que le sujet nous intéresse après c'est vrai que je me suis dit je me suis formulées après aussi je sais pas parce que j'ai l'impression j'ai l'impression que je pars pas alors là je parle pas je ne parle que pour mon propre travail c'est à dire que je sais pas ça vienne master class avec vous on ne sait pas problème c'est pas une position de principe mais pour moi le un film est donc un scénario part pas d'une idée ni d'un sujet ni d'une idée ipap plus de d'un état alors ça peut être ça peut être je sais pas le bal ambivalence pour dis moi oui dis moi non le l'égarement mais pas le le thème de l'égarement l'état être égaré pour pour ou bee ware ou l'état delà de la jeunesse pour petit de l'adolescence pour petites et et pour la vie ne me fait pas peur enfin voila je pourrais parler de l'état de chaque film de l'état qui qui donne le premier élan et ensuite peut-être viennent les les sentiments et les émotions qui découle de cet état et par exemple pour les sentiments c'était et l état d'ivresse et celui de la gueule de bois pour camille c'était l'état de se sentir terriblement adultes et 2 d'avoir besoin de se retourner vers son passé et du coup d'être comme mis devant le lac estion de olala mais qu'est ce que j'ai fait de ma vie pour demain et tous les autres jours c'est l'état d'amour fou pour une mère voilà et puis après c'est cet état qui donne le premier mouvement le premier élan au film je me laisse devenir poreuse aux émotions et aux sentiments qui qui qui viennent et de ses émotions de ses sentiments viennent les personnages et ensuite le travail pour moi c'est de d2 de creuser les personnages jusqu'à ce qu'ils deviennent des vraies personnes des personnes avec qui j'ai l'impression d'avoir fait connaissance quand on a fini d'écrire des personnes qui deviennent presque aussi réelle que que vous que vous étes et puis ce sont les personnages qui m'amène aux situations et à l'histoire donc ça c'est tout le déroulé tout le processus est donc au sujet et même à l'histoire à une intrigue est ce que pour vous c'est important de penser une intrigue un début un élément déclencheur une périple des péripéties un élément de résolution et enfin une situation final je fais le grand déroulé de toute histoire est ce que pour vous ça c'est important d'avoir chaque étape là dans votre scénario ou dans votre film que vous réalisez ensuite ou vraiment ce qui vous intéresse beaucoup plus c'est les situations et voir comment cet état va prendre différents reliefs dans les différentes situations dans lesquelles voulais explorer à travers vos personnages alors les l'histoire elle me vient presque elle arrive presque en dernier puisque puisqu'elle arrive par les personnages et que j'essaye de d'épouser le d'épouser ce qui se passe pour les personnages j'ai l'impression de faire de faire des va-et-vient entre entre ce que je que je veux pour les personnages et m'effacer dernier derrière eux enfin il ya une petite anecdote qui pour moi raconte très bien ça quand claude berri produisait les sentiments et on avait une version d'un film que vous avez réalisé en un qui est sorti en 2003 oui avec isabelle carré et melvil poupaud jean pierre bacri et nathalie baye et on avait une version du scénario qu'on est parti lire ensemble claude berri et moi à la campagne il faisait les hommes je faisais les femmes et dans cette version le personnage cajou et nathalie baye mouret en fait elle passait par la baie vitrée elle avait trop bu elle s'était disputée avec son mari disputer très très très très fort elles se sentaient blessé traille y est et elle passe par la baie vitrée et elmer et en lisant claude berri me dis c'est pas elle qui meurt c'est toi qui veux qu'elle meure et c'était tellement vrai c'était tellement juste de me le dire comme ça sert qui me disaient pas il parlait il parlait de l'intérieur du film on n'avait pas tourné un seul plan il parlait pas de l'extérieur du film quelqu'un d'autre m'aurait dit oh là là c'est trop triste ou oh là là tu fait basculer un film qui a un potentiel de comédie vers un drame le drame pas du tout il parlait de l'intérieur et c'était vrai c'était moi qui voulais qu'elle meure je crois parce que je m'étais mis en tête que je ne savais pas faire mourir à un personnage ce qui est vrai en fait je crois que c'est peut-être que je me trompe mais je crois que je ne sais toujours pas faire mouiller à la mer 2 de camille ah oui mais elle meurt elle est déjà mort d'un caméra double elle est déjà morte elle avoue elle sait qu'elle meure et on revoit sa mort mais les benjamins étaient alors rumeur oui elle meurt pas et le trr la rumeur donc peut-être elle pourra mourir une troisième fois oui peut-être elle pourra revivre mais bon une mort comme ça tout cru je crois que je suis je ne sais pas encore le faire et j'ai dû me au moment de cette version du scénario de sentiments j'ai dû me mettre en tête quelque chose comme si un challenge il faut que je sois capable de faire mourir un personnage on a comme ça d on se fixe des espèces de challenge absurde et voilà et cette phrase de claude berri tu sais pas elle qui meurt c'est toi qui veux qu'elle meure elle raconte pour moi ces allers retours qu'il ya à l'écriture mais aussi à la réalisation et au montage entre vouloir quelque chose pour le film et s'effacer derrière le mouvement propre du film donc avec vous ce nom et milowski c'est vos films qui prennent le pouvoir sur vous oui oui oui est-ce que vous avez déjà été dépassée par un film tout le temps oh oui et comment vous en sortez chaque fois à chaque fois vraiment alors que au jour le jour quand on fabrique un film on a l'impression de faire des milliards d'effort de de construire de fabriquer date il s'agit aussi bien sûr de construire de fabriquer mais c'est quand même le le film qui à ce qui suit son mouvement propre alors pour être plus concrète par exemple quand on faisait camille redouble je voulais que ce soit une histoire de remariage je suis dans la dans la vie comme comme dans les films très très amoureuse des histoires de remariage et comme si un deuxième mariage avec la même personne permettait un seul vrai absolue mariage et et c'était sur le papier une histoire de remariage c'est à dire qu'à la fin camille et et et son ex se retrouvaient alors elle et elle est renvoyée dans son passé parce qu elles parce qu'elles se saoule à mort parce qu'elle est en train de divorcer et et et qu'il a rencontré quelqu'un d'autre et puis elle elle refait connaissance avec lui dans son passé et elle les reproché dans son présent elle le retrouve et là il se retrouvait et on tourne la scène et je la sentais pas la scène mais on était pris dans l'urgence du tournage donc il fallait voilà tout était mis en place le le décor l'équipe technique l'été là mon partenaire samir guesmi et moi on la joue et on sentait bien qu'il y avait quelque chose qui ne prenaient pas qu'ils prenaient pas mais bon on fait on fait le travail et puis au montage la scène si on l'apprenait isolément ça allait et elle ne s'inscrivait pas dans le film elle ne voulait le film ne voulait pas de cette scène donc vous l'avez garder mais coupée on l'a coupé complètement finalement on l'a coupé complètement mais ça voulait dire que le film suivait son mouvement parce que c'était la scène elle était écrite elle était sur le moment bon elle prenait pas mais finalement ce qu'on avait au montage ça allait on faisait l'asean était sale lt correct quoi et c'est le film qui n'en voulait pas et il se trouve que ça suivait un mouvement de ma vie que j'ignorais complètement quand j'ai commencé à écrire le film voilà c'est très mystérieux mais en tout cas ça raconte pour moi que qu'un film à son c'est comme un organisme c'est comme un organisme vivant j'ai l'impression qu'il a il à son cerveau il a ses poumons son coeur sa rate son fois ses jambes ses bras et puis à un moment on a un moment faut être faut à la fois le guide est tout le temps et en même temps le laissez vivre quelque chose comme ça et comment savez-vous noémie lvovsky que un film doit vivre sa propre vie et qu'à un moment donné vous ne pouvez plus leur toucher que ce soit au niveau de l'écriture par exemple vous dites là j'ai fini le scénario je ne pourrai rien apporté de plus à ce que je viens d'écrire ce soit au niveau de la réalisation là je ne pourrais pas monter plus je ne pourrais pas jouer plus je ne pourrais pas imaginer d'autres mises en scène ou même au niveau du jeu puisque vous êtes aussi actrice là je ne pourrais pas interpréter autrement cette scène alors quand je joue c'est ça peut être sans fin pour moi ça doit vraiment être sans fin je peux faire mille prise jeu j'adore la répétition et après quand je réalise c'est très différent c'est assez différent à chaque étape à l'écriture je crois que c'est quand on n'en peut plus et d'ailleurs je trouve que j'ai je [Musique] j'ai écrit certains films trop longtemps comme lesquelles par exemple demain et tous les autres jours je pense votre dernier film gt ça que j'ai que j'ai écrit trop longtemps oui celui là par exemple oublie moi mon premier film aussi c'est peut-être un film que j'ai écrit trop longtemps en tout cas je je m'arrête quand quand je suis épuisée quand j'en peux plus quand il ya plus du du tout même si ya pas de fin oui bon ça y en a une parce que j'ai je suis endurante donc il me faut beaucoup pour plus en pouvoir et puis ensuite sur le plateau au moment du tournage c'est très différent sert qu'on ait pris part par le temps et l'argent on est on est responsable comme garant d'un plan de travail d'un budget on peut aussi être pris par la lumière si on si on tourne à la lumière du jour et que la nuit tombe voilà mais bon disons principalement on est pris par le par le temps et par l'argent et au montage c'est un peu comme à l'écriture c'est quand quand il ya plus du canton quand on peut plus quand c'est arrivé à épuisement pour moi et puis quand il pour vraiment finir finir le film c'est quand on est on a passé les étapes définitive c'est-à-dire le mixage l'étalonnage et autrefois quand on tournait en pellicule la copie ce qu'on appelait la copie standard la copie qui mêlait l'image et le son sur la fin qui mettait l'image et le son sur la même bande et puis ce qu'on appelle aujourd'hui le dcp ça le support le support qui met ensemble l'image et le son est ce que plus rien n'est mis losc est ce que si chaque film a sa vie propre est ce que a contrario vous appliquez toujours une même méthode de travail c'est-à-dire dans l'écriture vous avez vos habitudes vous écrivez à de telles manières de telle heure à telle heure toujours avec florent c'est beau c'est ce que vous est ce que quand vous dirigez vous mettez toujours autant de temps avec souvent les mêmes acteurs est ce que vous avez toujours une méthode de travail similaire en fonction de projets différents non parce que ça dépend pas que de moi je crois que oui enfin ça que je rentre je retrouve les mêmes les même élan les mêmes désirs que que ceux de 10 à 30 ans ceux de mon premier court métrage serre que j'aime j'aime j'ai besoin d'écrire longtemps j'aime répéter avec les acteurs et voilà j'aime répéter beaucoup pour préparer beaucoup pour marc été arrêté ce travail de répétition de préparation quelques semaines avant le tournage et me dire que on va on va l'oublier ou faire semblant de l'oublier en tout cas il va faire un travail comme chez les vaches de rumination et puis et puis au moment du tournage ne chercher que le le le rythme l'énergie et ne plus en passer par les par les réflexions et les discussions tout ça mais ce n'est pas toujours possible parce que je sais pas parfois on n'a pas assez de temps de préparation parfois les acteurs sont pas libres pour répéter ou voilà il peut y avoir des tas de deux raisons pour lesquelles on peut on peut pas toujours travaillé comme ça mais et à l'écriture je peux pas parler de l'écriture de mes films sans parler de florence seyvos qui avait coécrit avec vous tous vos films elle depuis petit en fait avant j'ai fait obligé oublie moi et que j'ai que j'ai pas écrit avec elle que j'ai écrit avec sophie fillières et marcello denko emmanuel s'allonger qui a donné un coup de main et puis depuis petit jeu j'écris avec florence de façon différente à chaque film ça a été une rencontre une rencontre vraiment très importante aujourd'hui jeu voit à quel point les films ressemblent aussi beaucoup à florence elle est écrivain c'est une grande écrivain je vais rencontrer par un de ses livres fait emmanuelle bernheim qui est écrivain elle aussi m'a téléphoné un jour en me disant oh là là j'ai lu un livre merveilleux et je sentais dans son enthousiasme que c'était pas seulement un enthousiasme pour le livre que c'était aussi un enthousiasme pour le la découverte d'une nouvelle écrivains qu'elle voudrait qu'elle allait avoir envie de connaître toujours comme ça me fait ça moi c'est parfois avec des avec des jeunes cinéastes avec des premiers films le la sensation de s'est pas seulement que j'adore le film sait aussi que je suis émerveillé de découvrir un nouveau une nouvelle cinéaste et que c'est comme comme un nouvel ami quoi ça je vais attendre son prochain film donc j'entendais ça dans la voix d'emmanuel bernheim qui me parlait d un livre de florence qui s'appelle les apparitions moi j'ai lu les apparitions je les ai adorés et puis je l' ai relu et en le relisant je me suis dit mais elle et elle est la petite soeur de françois truffaut est là là elle a quelque chose en commun avec lui c'est truffaut c'est par lui vraiment pas par lui que j'ai c'est pas par lui que j'ai aimé le cinéma c'est avant de le connaître avant de connaître ses films parce que lui je ne vais pas connu malheureusement mais c'est par ces films que j'ai eu envie de faire du cinéma et est donc dans l'écriture de florence et vos jeux je retrouvais quelque chose de de la tempête sous un crâne de de dignité oui mais pas seulement enfin il ya quelque chose de dire le moins pour dire le plus est de toujours très très très mélancolique et très pudique avec une espèce de d'humour comme ça discret c'est pas du comique c'est vraiment de l'humour très fin et très vieux et c'est après s'être lecture de ce livre de florence que que je les appelais et que j'ai j'ai eu très très envie de travailler avec elle alors que je me disais que je j'aurais jamais je pensais que j'aurais jamais envie d'écrire avec un écrivain parce que je veux pas que l'écriture soit sacré pour un scénario l'écriture c'est pas c'est pas pour arriver à un scénario s'est déjà concevoir le film ça fait partie ça n'est qu'un moyen oui et puis ça fait partie de la réalisation déjà dès là mais je pense que même avant même les premières lignes avant même les les premières notes sur le papier le l'élan premier d'un film il se retrouve quand le film est finie même si le film est fini cinq ans plus tard on retrouve l'élan premier j'ai été très surprise au moment de mon dernier film demain et tous les autres jours parce que il a été très long à fabriquer et et son tournage a été interrompue il a été interrompu deux fois dont une fois définitivement on ne pouvais plus tourner avec la la comédienne principale une petite fille une petite fille qui avait une malformation du pied dont on ne s'était pas aperçu donc elle n'avait plus le droit de tourner et nous on avait tourné la moitié du film dans le désordre donc on avait les rushs de d'une moitié de films et j'étais sûr que ça allait complètement dénaturé alors ça fait un film très différent du film dont je rêvais mais quelque chose qui au montage m'est apparu c'est que le film garde est l'élan premier qui était une grande histoire d'amour d'une petite fille pour un grand amour d'une petite fille pour sa mère est donc là l'os du film où la sève la colonne vertébrale je sais pas comment appeler ça la sève et elle a alors qu'on avait tourné que la moitié on a évoqué noémie lvovsky le fait que vous êtes devenue actrice mais vous êtes devenue actrice on va dire un peu plus tard en fait beaucoup plus tard que quand vous avez commencé à écrire des films et en réaliser vous êtes devenue actrice en 2001 pour ma femme est une actrice dans le film d' yvan attal qu'est ce que ça fait de passer devant la caméra en général c'est plutôt le contraire qui se passe est plutôt des acteurs des actrices qui passe du côté de la réalisation avec vous c'est le contraire qu'est ce que ça fait c'est c'est un plaisir enfin le mot est très faible jouissance maintenant extraordinaire après c'est à la fois ce qui s'est passé la première fois que j'ai joué pour yvan attal c'était à la fois un hasard total parce que parce que j'ai pas du tout chercher et quand il vend s'est mis en tête de ce que j'allais jouer sa soeur je lui ai d'abord dit non je ne voyais pas pourquoi je voyais pas et puis je cherchais pourquoi ils projetaient ça sur moi et puis je me sentais pas je me sentais ni autorisé ni capable ni rien et je lui ai dit non pendant plusieurs mois et il était sûr et donc c'est à la fois le hasard du regard divan qui est tombé sur moi ce de cette façon là est à la fois j'ai pas hasard dans le sens où j'ai été rattrapé par par un de mes premiers désirs qui était de deux enfants qui étaient d'être clown ça c'est quand j'étais tout petit jusqu'à jusqu'à mes cinq enjeux je rêvais d'être clown et puis puis ça s'est pas fait parce que je voulais faire l'école du cirque mais on perd pas voulu et et puis ensuite d'être actrice d'être comédienne de travailler comme comédienne au théâtre j'avais complètement renoncé je voulais plus du tout je pensais que c'est salem rendre folle ce qui me reste de sa ou en tout cas ce qui m'est restée de ça pendant plusieurs années après avoir commencé à jouer c'est de ne pas vivre une vie d'actrice une vie d'actrice mme me faisait très peur fameux terrifié même où pourquoi parce que j'avais l'impression peut-être à tort que c'était un travail c'était un travail qui dépend des trop des autres et puis c'était aussi être dépendre et puis être prises dans le dans le désir de metteur en scène en ignorant tout et des raisons pour lesquelles on est on est désiré donc cette villa me faisait très peur et maintenant que vous tournez beaucoup vous vous n'avez plus peur de ce désir là vous savez toujours pourquoi vous êtes là et pourquoi vous devez jouer ça au nom je sais pas du tout pourquoi j'ai ça vous terrifie mme je dois jouer ça mais comme comme j'ai ce que je considère comme mon travail principal c'est-à-dire de d'écrire et de réaliser gg j'ai beaucoup moins peur d'une de la vie d'actrice j'ai l'impression d'avoir une vie de décès n'a plus rien et de le faire comme un travail en plus après le la contradiction joyeuse et que par exemple je gagne mieux ma vie comme actrice le comme réalisatrice et monteuse de films comme actrice voilà qu'on peut en réaliser oui qu'est-ce que ça vous a appris même pour vous dans le dans l'écriture ou dans la direction de travailler avec d'autres d'autres metteurs en scène d'autres réalisateurs est-ce que partir du moment où vous avez commencé à tourner pour les autres vous a dit mais moi je devrais peut-être faire comme ça aussi avec les acteurs et les actrices leur donner des ordres comme ça j'aurais peut-être écrire comme sa pensée le mouvement de cette manière je suis très très curieuse du de la façon de travailler de chacun des réalisateurs et des réalisatrices avec lesquels j'ai tourné pour lesquelles j'ai tourné je suis à la fois je suis très très curieuse très intéressés n'ont intéressé c'est pas le mot parce que c'est un mot trop comme ça à distance mais je me fonds en plus de deux épouses sur le moment leur leur façon de travailler et puis après quand je réalise mes propres films on est on est on est quand on réalise on est embarqué dans on est pris par sa propre nature c'est à dire que par exemple j'ai travaillé avec bertrand bonello sur l'apollonide et j'étais très curieuse du travail de bertrand qui est delà de la méthode si on peut dire de sa méthode qui est qui presque à l'opposé de la mienne c'est à dire que il est il y parle très peu et avec lui un sentiment n'est d'un mouvement qui nous indique par exemple il nous dit pour nous diriger et il nous dit ben voila tu vas aller de la halle à et sa façon de nous le dire le déplacement le décor tout le costume enfin fait naître le sentiment alors que moi j'ai l'impression de travailler presqu'à la halle inverse c'est à dire que je j'essaie de mettre les acteurs dans un état qui fera qui les fera se déplacer de là à là mais je commence jamais par le déplacement serre que je les laisse trouver leurs propres déplacements en espérant bien qui corresponde à celui que vous aviez ans qu'elle soit grave le mans surprise voilà je sais l'état dans lequel je les aurai aider à se mettre et les sentiments dans lesquels je les ai oui dans lesquels je les aurai aider à être qui les fera bouger de telle manière non vous n'êtes pas directive serre que tout n'est pas si d'une certaine façon aussi mais disons que c'est c'est ça se repère moi que de dire tu vas de la lah et léché bertrand s'était asséchée bertrand bonello ça m'impressionnait beaucoup parce que je alors on avait toujours les mêmes petites blagues sur le plateau je le disais oh là là mais moi j'ai juste envie de rentrer dans le clan très très vite et d'en repartir très vite alors que lui il a un rythme lent et puis et puis on entre dans le plan très lentement et on y reste plus longtemps et d'ailleurs c'est pas sûr qu'on en parle et il me disait ben oui mais c'est pour ça qu'on s'entend bien c'est parce que tu as envie d'entrer très vite et de repartir très vite et que moi c'est pas mon rythme que ça s'est réveillé que dans le plan s'est réveillé un des rôles qui a beaucoup marqué je pense le public c'est votre rôle de mère dans les beaux gosses de riad sattouf qui est sorti deux ans avant l'apollonide en 2009 qu'est ce que ce rôle a changé pour vous avant tout la rencontre avec ryad et avec vincent lacoste qu'on a retrouvé après dans camille redouble oui et dans beaucoup d'autres fils oui oui après dans un des vôtres en tout cas et avec et avec anthony sonigo ça la rencontre avec ces trois là voilà c'est le seul comme ça la première chose qui me et puis la rencontre avec riad sattouf elle et elle est bon c'est pas seulement une histoire d'amitié c'est aussi un il a une telle une telle intelligence une telle insolence qu'il était le liberté que voilà que j'ai essayé de j'essayais de me nourrir pour le film mais j'essaye encore aujourd'hui de man nourrir pour pour ma vie quoi il est il est piquant il a peur d'absolument rien ça aucune pensée aucune idée ne ne peux l'effrayer quoi il connaît j'ai besoin qu'il connaît dans dans dans sa chair dans son cerveau dans l'arbitraire absolu de la vie et il le connaît tellement bien qui peut même en rire de quelque chose comme ça de chez lui que je retrouve beaucoup dans dans un film de lui que j'adore qui est jacky au royaume des filles jacky au royaume des filles par exemple on a on a dit je trouve à tort on à dire c'est un monde inversé c'est un monde où ou où les hommes sont en burqa et les femmes dominent mais c'est pas un monde en verre inversée c'est pas c'est pas l'inversion c'est l'arbitraire total de 2 de la société humaine comme des humains entre eux quand vous jouez pour quelqu'un ou quand vous écrivez pour quelqu'un d'autre est ce que ça change votre rapport à l'écriture ou votre rapport même un film c'est à dire que un personnage dans votre film vous l'auriez vu de cette manière là et puis quand vous devez le jouer pour un autre ça change complètement ou par exemple vous écrivez un scénario avec valeria bruni tedeschi et ben il ne ressemble pas du tout à celui que vous auriez écris pour vous est ce que travailler avec les autres ça change votre écriture votre manière de jouer votre manière de diriger ça doit changer forcément forcément mais je saurais pas dire en quoi je serais pas repéré en quoi après oui un scénario de valeria bruni tedeschi que scénario que j'écris avec elle et avec agnès de sacy qui qui critique qui participa à tous les scénarios des films de valeria depuis le premier depuis le chameau il ressemble pas scénario que j'aurais écrit et pourtant j'ai l'impression de de déposer que j'aurais écrit avec florence par exemple mais j'ai l'impression de déposer une part de moi-même sur laquelle par exemple vous arrivez à dire ce qui a de vous dans les estivants ou dans le chameau ou dans dans un château en italie par exemple ce qui aurait deux mois qu'ils sont tous des films réalisés par valeria bruni tedeschi je le précise disons que valeria la besoin d'un matériau très crus qui est celui de sa vie ça c'est vraiment au départ après ça devient de la fiction et peut-être que parce qu'on se connaît très bien et depuis très longtemps j'arrive à repérer dans ce matériau très crue ce qu'il y a de plus romanesque alors que pour elle c'est tellement ça lui colle tellement à la peau qu'elle elle n'a pas le recul pour voir ce qui est le plus intéressant tout est intéressant et pourvoir pour voir ce qu'il ya de plus romanesque là dedans parce que rien n'est romanesque où tout est romanesque elle fait pas de hiérarchie voilà moi peut-être j'arrive un tout petit peu à lui dire à lui dire tu c'est une famille très riche c'est incroyablement romanesque c'est aussi vivre mais est-ce que vous donnez des conseils comme mons à cette scène elle elle marche pas mais si tu rajoutes cette réplique peut-être qu'on comprendra mieux ou non il faut supprimer ce moment là est ce que vous êtes vous pouvez donner des conseils de ce type là oui oui mais ça oui d'ailleurs ça n'a pas la forme de conseils mais de lui dans ce presque parfois moi de lui dire de lui dire ça je trouve qu'il faut couper ça je trouve qu'il faut garder mais la scène est beaucoup trop longue il faut la couper oui voilà tout le temps et agnès de sacy aussi mais est ce que ça marche de travailler en groupe à ce moment là est ce qu'à un moment donné valeria bruni tedeschi ou vous-même vous pouvez dire mais je ne suis pas d'accord avec avec ses ordres là comment vous vous en sortez dans ce moment là est ce que vous disputez est-ce que comment ça se finit ça prend des chemins ça prend des chemins dit d'abord différent à chaque film et puis à l'intérieur de chaque film différent à chaque étape par exemple je me souviens de au moment du château en italie on ça a été jusqu'à une dispute entre valeria et moi parce que je lui disais que cette famille à l'âge extrapolait j'étais plus du tout moi dans sa famille que je connais mais que je connais moins bien qu'elle évidemment et je lui disais m'enfin regarde c'est une famille très très très très riche italienne donc soit il ya la mafia soit il ya un paradis fiscal et valérien elle était furieuse c'était comme si moi je lui parlais pas de sa famille je vous aime et attends j'ai jamais dis ta famille et elle était mortifié on s'est pas vue pendant trois mois mais pendant ces trois mois elle a été se renseigner elle a été fait à se renseigner auprès de vos prêts de gens qui n'avaient rien à voir avec sa famille mais de ce qu'on voit là de ce qui pouvait se passer avec la mafia ou de ce qui pouvait se passer avec des évasions fiscales et ça a donné les scènes je sais pas si vous avez vu le film mais il ya des scènes comme ça où le frère et la soeur ou un fou rire chez un avocat et voilà ça c'est complètement fictionné et la mère dit bah voila je vais me retrouver en prison j'ai été dans un paradis fiscal il faut tout ramener je vais me retrouver en prison et vous m'apporterait d oran ces seuils mais en même temps ce qu'il ya de beau là dedans est ce qu'il y avait de beau dans ce dans ce désaccord qui a été jusqu'à ce qu'on on se voit pas pendant deux mois et on a arrêté de travailler ensemble du coup pendant deux mois sur son scénario donc elle a laissé son scénario en suspens non non non non mais sans moi et parce qu'il ya de beau là dedans c'est à la fois à quel point c'est pour elle les personnages et ce qu'ils arrivent sont des vraies personnes parce qu'on les a travaillé là je parle pas des sources d'inspiration je parle de on les a travaillés et voilà elle les connaît c'est vraiment leur faire injure à ces personnages et je pensais ça que de penser qu'ils peuvent être à continuer la mafia c'est donc elle est prête à se disputer avec son ami et collaboratrices et et en même temps quand même salati elle se dit mais il ya peut-être du romanesque là dedans il ya aussi quelque chose de très précieux c'est qu'on s'écoute et saas avec dans toutes les grandes collaborations dans toutes les les collaborations par mois je il ya des gens avec lesquels je je pourrais pas imaginer ne pas travailler note par exemple florence et volant c'est vrai j'aurais beaucoup de mal à imaginer ne pas travailler avec elle et et cdc des gens voilà florence je les écoute j'adore je n'écoute pas forcément tout de suite mais si je sais plus quoi penser c'est comme tolstoï vous savez tolstoï les les lego ses contemporains et voisins allé le voir et en gros lui disait pouvaient lui demander s'il fallait mettre de la tomate dans le bord ch ou si dieu existait et la réponse de tolstoï était forcément la bonne pour eux quand on est complètement perdu et qu'on sait pas quoi penser voilà mon tolstoï cetc florence et florence seyvos et vous être d'un style de valeria bruni tedeschi fois je suis de tolstoï de valère il ya j'ai un autre tolstoï qui arnaud desplechin j'en ai encore un autre qui est barbet schroeder voilà j'ai comme ça plusieurs tolstoï qu'en est il du regard des autres justement alors il y a toutes les personnes à qui vous travaillez qui sont aussi vos amis mais qu'est ce que vous pensez qu est ce que vous craignez aussi le regard kippel qu'ils peuvent porter sur vos oeuvres oui je sais pas si c'est de la crainte mais oui ya de la crainte pas bien sûr c'est le sait ce sont les regards les plus les plus importants pas je crois que comme ça les jeux pas faire de hiérarchie mais ma langue c'est très difficile pour moi de faire un film en pensant à ces futurs spectateurs parce que c'est abstrait c'est c'est comme une masse par contre et je peux pas donc je peux pas faire un film pour les spectateurs et je peux pas non plus faire un film pour moi même et en même temps il faut bien faire un film pour quelqu'un pour quelques-uns alors les premiers quelques-uns se sont peut-être le producteur et et tous les collaborateurs de travail les acteurs beaucoup mais aussi tous les gens qui participent à la fabrication d'un film et puis juste après où en même temps ce sont les les amis les plus proches alors dansant dans le sens de 2,2 voilà de l'importance de leurs regards oui il ya de la crainte mais c'est sûr vous avez pas peur d'être jugés vous avez peur qu'ils me qu'il ne vous retrouve pas dans un film qu est-ce qui qu'est ce qui vous importe le plus quand on regarde votre oeuvre que ce soit d'abord vos premiers collaborateurs vos premiers amis puis après ensuite quand même le public à qui vous vous offrez vos films qu'est ce qui vous touche le plus dans ce regard qu est ce qui vous importe le plus c'est ce que vous voulez que votre film soit compris que l'élan de départ qui vous anime et passe dans le public qu'est-ce qui vous emporte dans cette réception dans cette transmission peut-être a peut-être qui donne qui donne un spectacle qui donne du spectacle déjà c'est déjà pas mal un sorte de divertissement et du spectacle et puis après si si un film peut donner un spectacle qui aide à vivre alors là c'est merveilleux ça c'est noémie lvovsky pour vous un film ça doit aider à vivre en tout cas les les films que que j'aime et les films avec lesquels j'ai grandi m'ont aidé et m'aide à vivre oui donc truffaut renoir oui et pas est vraiment dans le dans tous les sens c'est à dire dans avec pour les pour les choses les plus les plus importantes je ne sais pas les plus existentielles par exemple si si si je vois un film de rohmer bas j'ai la foi ça dure pas longtemps mais c'est un état que je connais pas ou on peut quand vous dites là pour moi c'est pas la foi en la vie c'est la prétendue la croyance oui la foi en dieu alors que j'ai cherché beaucoup avoir la foi et puis je n'ai pas trouvé je la trouve val m'arrive en tout cas au moins une minute devant devant les films de rohmer donc ça va des choses comme ça l'est plus les plus vastes les plus existentielles aux choses les plus quotidiennes les plus triviales comme faire du café mais je ne bois pas de café du tout faire du thé mais je sais pas si je rêve d'une demande en mariage par exemple ça c'est pas trivial n'est pas une chose très quotidienne si je rêve d'une demande en mariage je rêve de la de la demande en mariage de jean pierre léaud à claude jade à la fin de baiser volé quand il quand il lui passe le l'anneau du louvre le bobo bouteille et juste avant ça oui c'est ça qui a l'air trivial c'est que il la regarde il la regarde avec un amour incroyable alors que plus tôt dans le film il lui a dit il lui a fait une espèce de deux tirs à 2 terriblement blessantes il lui a dit que pour que le véritable amour et f et d'admiration qu'il ne l'admirais pas et puis bon ça n'a pas marché avec avec delphine seyrig la femme dont il pensait bien là bas oui quel est l amour de sa vie et il se retrouve avec claude jade et le matin claude jade elle lui elle l'aide à lui apprend à bord et une biscotte sont la casse et voilà c'est ça qui était trivial donc à des bises mais oui c'est vrai que c'est un vrai conseil qui a dans cette scène mais oui et on voit dans les yeux de jean pierre léaud qui un monde s'ouvre à lui un monde d'amour pour cette femme s'ouvre à lui et il prend louvre louvre bouteille et il lui passe à l'annulaire et là on voit dans les yeux de claude jade qu'elle comprend pas très bien et puis quand même si elle comprend elle vient d'être demandée en mariage ça ça aide à vivre ça aide à vivre quotidiennement ou je ne sais pas le regard sur les sur les garçons par exemple ça je suis très très très reconnaissante au cinéaste qui nous qui m'ont au film et aux cinéastes qui ont donné à voir comme étant ultra sexy des sommes qui auraient été regardés comme des hommes de peu de virilité comme ça dans la vraie vie comme jean pierre léaud par exemple comme jean pierre léaud comme mathieu amalric comme comme river phoenix comme james dean comme montgomery clift enfin il y en a beaucoup jay-z vous pensez vraiment qu'en dehors des films n'est pas sexy ab je suis pas sûr que que en tout cas que le regard du monde sur lui s'il n'avait pas été filmée filmé par nicolas rey par d'autres aussi mais quand même beaucoup et très bien par un film et amoureusement ah non on aurait très bien pu dire j'imagine qu'il était tout petit puis qu'il avait l'air d'un enfant il était 0 sexy mais bien sûr et voilà je suis très très en tout cas sage certain regard de cinéaste sur sur certains acteurs on ouvert est autorisée mon regard sur certains garçons 2 dans la vie noémie lvovsky vous avez été vous avez eu plusieurs prix pour vos films par exemple le prix louis delluc pour les sentiments vous avez eu aussi vous avez été aussi nommé nominé plusieurs fois aux césar est ce que pour vous c'est important cette reconnaissance des critiques alors disons que la plus grande importance c2c de pouvoir faire le film suivant je crois qu'on a toujours peur qu'ils aient pas de films suivants soit parce qu'on a parce qu'on est plus financé soit parce qu'on n'est plus en capacité physique on a toujours cette crainte là surtout quand on tourne tous les trois ans quand tout va bien tous les quatre ans tous les cinq ans le temps et de notre vie est rythmée par parler par les tournages des films et alors il ya tout il ya toujours la crainte de dire mais en fait j'ai pas vu le temps passer mais là comme pour moi juste trois films sont passées mais en fait ça fait 15 ans donc peut-être peut-être j'ai plus la force physique ça demande quand même c'est ça qui vous c'est ça qui vous tient plus que la reconnaissance critique mon nom est aussi aussi la peur de plus de plus être financés et enfin de donc là ça c'est la première chose à laquelle je pense quand quentin mes films a de la chance et que et qu'il a soit un succès public soit un succès critique et voire les deux c'est arrivé quelquefois ça arrive rarement je me dis peut-être j'aurai moins de mal à faire le prochain après je me dis immédiatement oui mais peut-être j'aurais plus du tout d'inspiration et ça c'est mes pas là disons que c'est la chose la plus importante après il ya des vous parler du prix louis delluc le prix louis delluc où le prix jean vigo ce soit j'ai prise j'en ai cité 1 mais j'aurais pu aussi parler du festival international du film de locarno qui a récompensé camille redoublent plus aussi plusieurs nominations aux césars qui sont aussi une manière de témoigner d'une importance d'un film disons que ces prix là le prix jean vigo le prix louis delluc soc ce qui est très impressionnant et très voilà qui sait c'est assez dingue ces deux de se retrouver avec des cinéastes qu'on admire tant est qu'ils ont aussi été pris mais voilà ça c'est très très bouleversant parce qu en fait on reste toujours comme comme les étudiants en cinéma qu'on était donc on a des maîtres et quand tout à coup on et vous garde la liste du prix delluc vous avez aussi fait partie de jurys noémie lvovsky comment vous jugez d'un film qu'est ce que pour vous un bon film aulas est ce que c'est ce film qui vous donne des conseils pour beurrer les biscottes vous dit comment faire une demande en mariage ce serait un bon film ce serait un film qui qui transforme ma vie et qui la rend meilleur ouï dire que vous sortez de la salle en étant en étant changé heureuse non en étant changé et en étant changer en mieux il comment on évalue ça dans le sang oui on le sent on sent quand on est on est face à un film important qu'on par exemple je suis sûr que vous avez parmi les films qui ont été importants pour vous je suis sûr que vous vous souvenez dans quelle salle vous les avez vus et quelle lumière il y avait quand vous êtes sorti ce qui faisait nuit et ce qui faisait soleil et ce qui pleuvaient alors que l'on se souvient rarement de de la lumière qui avait par exemple quand on sort de chez pas de la bibliothèque ou de la boulangerie on se sent bien que l'on est on est autre enfin on et autres on est transformé donc même parfois vous pouvez être transformé par des films ou objectivement il ya des choses qui ne marchent pas par exemple sur des acteurs qui sont pas très bons une mise en scène qui est inégal ah oui oui bien sûr bien sûr mais je crois que par exemple ce qui compte avant tout c'est l'esprit d'un film et l'esprit d'un fils ou ces scellés l'esprit de chaque personne qui participe à la fabrication du film mais c'est avant tout l'esprit de son réalisateur alors de son réalisateur qui épouse le producteur même si ça se passe mal de son réalisateur qui épousent chacun de ces acteurs qui doit s'effacer devant son sujet enfin devant son wind comme on l'avait expliqué tout à l'heure et pourtant son esprit c'est à la fois j'ai tout alors oui je vous disais qu'un film avait son mouvement propre et était comme un organisme vivant et et en même temps bizarrement je crois qu'en fin qu'à filmer et le scanner de de celui qui le fait vraiment le scanner ça c'est pas seulement celui qui le fait tout nu c'est celui qui le fait tout nu et puis sous sa peau donc chacun de vos films à 1900 qui sait vous à des époques différentes oui je crois oui oui et je les revois pas mes films mais je pense que si je les revoyais il serait indissociable de de tel voilà de la période où je vivais avec mon compagnon de la période où on s'était séparé de du vivant de ma mère d'après la mort de ma mère de pourquoi vous ne regardez pas vos films au parce que non j'aurais peur d'être trop déprimé j'aurais peur de j'aurais peur de vouloir tout refaire de pas ne pas être dans l'élan du suivant c'est de la même façon je regarde pas les rushs pendant le tournage je vais regarder aller quoi vous vous regardez pas vous foncez dans le projet oui c'est à dire que je regarde les rushs au montage bien sûr mais pendant le tournage si je regardais les rushs le soir je serai pas dans le dans les landes deux de la journée de tournage du lendemain je voudrais refaire tout ce qu'on a fait déjà et voilà si je pense que si je revoyais mes films après je revois parfois des petits bouts comme ça et comme je suis un de vos films qui passent à la télé mais je revois un petit bout et puis après je zappe ou où je vais à la cuisine mais oui je crois que j'aurais jeu disons que ce qui peut me faire plaisir c'est en revoyant comme ça des bouts de mes films c'est de penser aux personnes avec lesquelles je les ai fait un an que je peux pas être attachés je crois c'est très très sentimental mais c'est comme ça je ne peux pas être attachés à un film si je ne suis pas attaché aux gens avec lesquels je les fais c'est pas possible donc pour vous nos amis lorsqu'il n'y a pas d'idée de progression d'un film à l'autre ou d'un film fait en réaction aux précédents vous n'êtes pas du tout vous ne l'ayez pas vos films dans une dans un même élan chaque film est différent chaque projet est différent et vous ne comparez pas les films entre eux alors avec les années je peux pas ne pas me rendre compte qu'il ya quand même des choses qui reviennent comme je l'aï dit au début par exemple les les amitiés adolescents tous les maires fragiles ou les rêves qui peuvent se perdre oui je crois par exemple mais j'ai mis j'ai mis des années des années le formuler et d'ailleurs je ne suis pas sûr que ce soit très intéressant pour moi de 2me le formuler mais peut-être que oui peut-être qu'il ya une hantise comme ça de de la perte et les films sont sont hantés par la perte du avec une énergie très différente je peux je pense que si je revoyais petit où la vie ne me fait pas peur aujourd'hui et que je revoyais camille redouble je pourrais me dire eh ben il ya quoi il n'ya pas loin de 20 ans qui sont passé 20 ans 15 ans qui sont passés par ce que c'est travailler par les mêmes par les mêmes obsessions sans doute pour le oui pour la perte pour la disparition pour le en même temps c'est pas les films ont l'énergie de de l'âge que j'ai au moment où je les fais dernière question noémie lvovsky justement en lien avec cette question de la perte et du cinéma qui enregistre quand même qui qui qui contrarie le temps qui passe est ce que pour vous la postérité est importante est ce que vous avez envie de laisser une trace alors je sais pas si je suis vivante dans 20 ans est-ce que je vous répondrais la même chose qu'aujourd'hui probablement pas mais non en tout cas je non je pense pas je ne pense pas à la postérité j'y pense pour d'autres merci pour d'autres signer pour d'autres cinéastes oui c'est très très important la postérité d'autres cinéastes est très très importante pour moi merci beaucoup noémie lvovsky merci à vous merci merci beaucoup merci [Applaudissements]
Alain Pompidou