La prise de parole de Jordan Bardella au Salon de l'agriculture
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Qui se lance ? D'abord un mot général. J'allais dire généralement, c'est BFM qui se lance. Voilà, c'est moi. Un mot général sur votre visite depuis ce matin. Très important, qu'est-ce qu'il vous fait ? Écoutez, ce qui me frappe, c'est que depuis le début de l'année 2024, l'année dernière, rien n'a fondamentalement changé dans les inquiétudes et les revendications qui sont celles de nos agriculteurs. L'agriculture est aujourd'hui à la croisée des chemins. Et le grand choix aujourd'hui qui se pose à la France, c'est est-ce que nous resterons une nation souveraine sur le plan alimentaire dans la décennie qui vient ? Ou alors est-ce que nos exploitations agricoles disparaîtront ?
Le choix qu'a fait Emmanuel Macron et qui est aussi le choix qui a été fait au niveau européen, c'est de plonger l'agriculture française dans une politique économique qui traite à la décroissance et qui vise à multiplier par une surchauffe réglementaire les normes environnementales, les accords de libre-échange et une fiscalité qui étouffe et qui écrase aujourd'hui le métier d'agriculteur. Nos agriculteurs ne veulent pas vivre d'aide, ils veulent pouvoir vivre de leur travail. Et je crois que sur ce sujet, rien n'a fondamentalement changé depuis l'année dernière. Donc c'est vrai qu'en façade, ça peut sembler plus calme.
Mais je pense qu'il faut se réjouir qu'on puisse avoir des débats et qu'on puisse aborder le sujet de l'agriculture de manière apaisée. Mais je peux vous dire que la colère est très forte dans le monde agricole et que les annonces qui ont été faites par le gouvernement sont très largement insuffisantes. Et moi, je suis venu spécifiquement appeler à la mobilisation d'abord contre le Mercosur, qui est un énième accord de libre-échange en partie avec l'Amérique latine qui va entraîner une concurrence déloyale terrible pour nos agriculteurs.
Et évidemment, je suis en campagne contre le Green Deal et contre le Pacte Vert parce que je pense que toutes les grandes puissances qui, aujourd'hui, réussissent dans la mondialisation, à commencer par ce que prévoit de mettre en œuvre le président américain, c'est un soutien à leur marché intérieur, c'est la défense de leurs intérêts. Or, nous qui avons déjà l'agriculture la plus propre au monde, on s'impose des normes et des règlements qui ne sont pas appliqués aux produits qui rentrent sur notre territoire. Donc si on veut sauver l'agriculture française, il faut mener la bataille contre le Pacte Vert et contre le Green Deal qui est inspiré de l'écologie punitive.
Est-ce que vous avez les moyens de faire abroger le Green Deal au Parlement européen ? Vous avez les moyens de mettre fin au Green Deal véritablement ?
Aujourd'hui, la balle est entre les mains des Républicains. Moi, je suis à la tête du 3e groupe du Parlement européen. J'ai proposé à toutes les forces patriotes du Parlement européen, à commencer par le groupe EECR et ESN, que nous nous mettions autour d'une table pour exiger l'abrogation de ce pacte de décroissance qui pèse aujourd'hui sur les entreprises européennes, évidemment sur nos agriculteurs, mais aussi sur notre industrie automobile, mais aussi sur notre énergie nucléaire. Le PPE, je le souhaite, devrait pouvoir s'y associer.
Donc si aujourd'hui, l'agriculture française est plongée dans la décroissance, en raison de ce pacte vert et de la stratégie de la ferme à la fourchette qui en découle, la déclinaison agricole du Green Deal, c'est en grande partie de la responsabilité désormais du PPE. Donc moi, je les appelle à être courageux et à rompre la situation de presque d'otage dans laquelle ils se trouvent depuis très longtemps avec la gauche et avec les macronistes au Parlement européen.
— M. Bardellac, vous revenez de Washington. Vous avez tenté de participer à la conférence des conservateurs américains. Est-ce que vous regrettez, finalement, d'avoir voulu vous participer à une conférence où il y avait des figures radicales conservatrices ?
— Non, je ne regrette rien. Et je me réjouis que tous les partis patriotes, non seulement d'Europe, mais du monde, puissent se retrouver, puissent travailler, avancer ensemble. Parce que je crois qu'il y a dans ces différents partis politiques de par le monde et désormais dans de plus en plus de gouvernements, au-delà des singularités qui sont propres à nos intérêts et à nos nations, une volonté de défendre l'intérêt de nos pays d'abord. Et ce vent de liberté qui souffle aujourd'hui sur toutes les démocraties occidentales, Trump l'incarne aux États-Unis, nous l'incarnons en France, nous l'incarnons avec nos alliés en Europe.
Maintenant, il est certain que le geste de Steve Bannon était une provocation qui, moi, ne me fait pas rire. Donc je n'ai pas souhaité m'exprimer après ce geste sur la scène de la CIPAC. Mais ce qui n'en tâche pas, d'ailleurs, ce qui... Non, mais je ne vais pas répondre à Steve Bannon. Je n'ai pas de déclaration à faire sur les commentaires de quelqu'un qui s'amuse de lever le bras dans un discours. Oui, enfin, il n'avait pas fait ce geste. Il y a... Vous l'avez trouvé, ce geste ? Voilà, vous avez votre réponse.
Non, mais madame, si on ne discute qu'avec des gens
qu'on considérait être comme nos amis et nos semblables, alors à ce moment-là, on ne discute avec personne. Nous avons évidemment des différences avec l'ensemble des partis patriotes du monde, avec le parti républicain américain sur la manière d'aborder la politique, sur les intérêts à défendre dans nos pays respectifs. Mais nous sommes de facto les interlocuteurs privilégiés de ce nouveau monde qui est en train de se mettre en place aujourd'hui autour de nous. Et donc ce voyage, ça a aussi été l'occasion, d'abord, de nous faire connaître auprès des médias américains.
Et j'ai eu l'occasion de m'entretenir et de réaliser des entretiens avec beaucoup de vos confrères et beaucoup de chaînes de télévision là-bas. Mais aussi avec des cadres du parti des Républicains, des élus du parti des Républicains. Et je crois que Steve Bannon... Enfin, je ne crois pas que Steve Bannon représente Donald Trump ou représente le parti américain. Mais m'exprimer sur une tribune quelques heures après que l'un des intervenants ait usé de ce geste, ça me pose un problème de conscience personnelle.
Est-ce que vous inviteriez Elon Musk à un meeting du RN, par exemple ? Vous l'avez fait l'AFD.
Ce n'est pas prévu, mais je ne m'interdis pas d'avoir des relations avec, encore une fois, tous les partis patriots du monde. Et c'est aussi d'ailleurs l'objet de ce déplacement à Washington et des nombreuses rencontres que nous avons pu avoir en marge de la CIPAC. Moi, je souhaite préparer notre accession au pouvoir.
Et préparer notre accession au pouvoir, ça veut dire non seulement crédibiliser l'offre politique et celle du Rassemblement national en France, ça nous le faisons depuis plus de 10 ans, mais ça veut aussi dire être en capacité de remettre sur pied une diplomatie française libre et indépendante qui s'est aujourd'hui totalement effondrée sous le poids des décisions d'Emmanuel Macron.
Quand je vois aujourd'hui qu'un conflit aux portes de l'Europe va très certainement se régler entre le président des États-Unis et le président russe, alors même que c'est notre sécurité et nos intérêts qui sont en compte, ça veut bien dire qu'aujourd'hui, la voix de la France n'est plus audible sur la scène européenne.
Et quand on voit que le ministre des Affaires étrangères qui refuse de s'adresser au gouvernement de la Fédération de Russie dans le cadre de potentielles négociations de paix, mais qui se roulent par terre devant le nouveau régime syrien qui a à sa tête les héritiers de Daesh et d'Al-Qaïda, ben oui, ça me pose un problème et je pense que ça abîme l'image de la France et l'image de la diplomatie française.
– Vous ne pouvez pas d'inviter potentiellement quelqu'un qui lui-même a exécuté un salut nazi sur une scène, sur une autre scène, Elon Musk ? Vous dites que vous ne l'excluez pas.
– Ça n'est pas prévu, ça n'est pas prévu. – Le président français…
– Vous avez fait une bonne chance à l'AFD ?
– C'est un jour d'élection dans un pays voisin, donc j'éviterai évidemment de m'exprimer, mais je souhaite que le peuple allemand reprenne le contrôle de son destin et je crois que le phénomène migratoire aujourd'hui et ce qu'il peut induire, on l'a encore vu ces dernières heures à Mulhouse, mais aussi ces derniers jours en Allemagne, remet en cause aujourd'hui les grands équilibres des sociétés européennes, à commencer par la sécurité de nos compatriotes. – Quelle conclusion vous tirez de ce qui s'est passé à Mulhouse justement ? – Je termine et qu'il faut évidemment que tous les peuples en prennent conscience et c'est ce que je souhaite aussi au peuple allemand. – Sur la vignée simplement…
– Conclusion sur cette attaque terroriste qui a eu lieu ces dernières heures, qu'est-ce que vous en tirez, qu'est-ce qu'il faut en tirer ? – Que le ministre de l'Intérieur qui est chargé de la sécurité des Français doit maintenant agir ou partir, parce qu'en réalité depuis maintenant plusieurs semaines et depuis plusieurs mois, sans doute pour peut-être faire plaisir aux électeurs du Rassemblement national et aux électeurs de droite, multiplier les déclarations, sauf que les mêmes faits se répètent, les mêmes drames, la même barbarie se répètent avec à chaque fois les mêmes personnalités, les mêmes profils et aucune mesure de fond n'est prise.
Ça fait plusieurs semaines voire plusieurs mois qu'on parle d'un bras de fer diplomatique avec l'Algérie, compte tenu de ce qu'il s'est passé ces dernières heures, du fait que nous avons là un islamiste étranger condamné pour apologie de terrorisme qui ne devrait pas être sur le sol français, à qui l'Algérie a refusé l'entrée sur son sol à dix reprises, mais dans le quart d'heure, aucun visa français ne devrait être délivré à l'Algérie. On devrait immédiatement suspendre les aides financières qui sont données, l'aide au développement qui est donnée à l'Algérie. On devrait empêcher les dirigeants algériens de venir se faire soigner sur le sol français.
Je suis un peu, si vous voulez, dans l'incompréhension comme des millions de Français que la France soit humiliée, maltraitée par des puissances hostiles sans déclencher la moindre réaction du gouvernement français, du ministre de l'Intérieur et du président de la République.
Est-ce qu'il faut réintégrer l'AFD dans votre groupe politique au Parlement européen ?
Aujourd'hui, ce n'est pas prévu. Vous savez qu'on siège dans deux groupes qui sont distincts au sein du Parlement européen. Maintenant, encore une fois, cette vague patriote, cette contestation des politiques d'immigration, qui est l'un des sujets majeurs à la fois de la progression du groupe des patriotes dans l'Union européenne, évidemment, de l'AFD en Allemagne. C'est un fait qui est un fait politique. Maintenant, on ne s'interdit pas de discuter avec des forces politiques. Moi, je discute bien au sein du Parlement européen avec des partis qui sont membres de CR. Donc, je veux dire, ce qu'on fait aujourd'hui ne préjuge pas de ce qui sera demain.
Et c'est bien normal parce qu'il n'y a jamais rien de figé en politique.
– Mais Victor Orban veut réintégrer ce groupe dans votre groupe ?
– Non, Victor Orban revendique d'avoir des discussions avec des partis politiques qui sont à l'extérieur de notre groupe aujourd'hui, qui est le troisième du Parlement européen. Mais mon ambition, ce n'est pas de rester le deuxième groupe du Parlement européen, c'est de devenir le deuxième et peut-être un jour le premier. Parce que ce qu'on fait au Parlement européen ne sera qu'une force d'appui pour le changement de fonctionnement de l'Union européenne qu'on souhaite demain mettre en place au sein du Conseil.
– Quelle est-ce que vous pensez de la visite du président Macron ? On se souvient qu'année dernière, ça avait été cassé l'astrophie, qu'il y avait eu beaucoup de violences. Cette année, a priori, ça s'est mieux passé pour lui pendant 12 heures, même si évidemment il y a eu l'attentat de Milous qui l'a écourtée. Qu'est-ce que vous avez pensé de cette visite ?
– Moi, je pense que le calme inhérent à la visite d'Emmanuel Macron vient du fait qu'il y a une réalité politique qui se traduit par le fait qu'il n'a plus le pouvoir aujourd'hui. Et donc probablement, cette nouvelle donne politique aide à des déplacements plus calmes du président de la République. Je vais vous dire, moi, je ne suis pas pour les violences, je ne suis pas pour le désordre. La fonction du président de la République, elle doit être respectée. Mais il faut que ce respect soit réciproque. Et il y a des déclarations en France. Le problème, c'est qu'ils font le contraire au Parlement européen.
Et donc si, évidemment, Emmanuel Macron souhaite véritablement et sincèrement protéger l'agriculture française, alors à ce moment-là, il doit s'opposer au Mercosur, faire la chaise vide. – C'est pas au Mercosur. – Mais, pardon.
– Il dit que c'est un problème avec les Allemands qui ne sont pas sûrs. Et l'Espagne, par exemple, lui, il dit que la France est là.
– Oui, mais le simple fait, si vous voulez, que la présidente de la Commission européenne s'en aille, le jour où la France n'avait pas de gouvernement en Amérique latine pour sceller l'accord du Mercosur, sans que cela ne sous-tende à une réaction immédiate de la France, veut dire quelque chose. Et veut dire qu'en fait, Emmanuel Macron n'arrive plus à défendre les intérêts de la France sur la scène européenne et que ce seul sujet du Mercosur devrait entraîner à minima la chaise vide ou au mieux la menace de la France de ne plus verser sa cotisation au budget de l'Union européenne.
Parce que je pense qu'on ne transige pas avec la défense de notre agriculture et qu'en réalité, ces accords de libre-échange sont faits pour permettre à l'Allemagne d'exporter des Mercedes avec notre agriculture considérée comme une variable d'ajustement. – Ça ne sert à rien pour vous que le président de la République a eu de main à la Maison-Blanche à Washington ou est-ce que ça a un intérêt pour tenter de peser dans ces négociations avec, d'un côté, la Russie et de l'autre, Donald Trump ?
– Le problème, c'est que le président de la République, Emmanuel Macron, n'est plus perçu comme le représentant de la diplomatie française héritée du général de Gaulle, autonome, indépendante et équidistance de tous les grands conflits mondiaux. Il est perçu comme le collaborateur de la République française. Et tant que le président de la République française, deuxième économie de la zone euro et de l'Union européenne, sera considérée comme le collaborateur de la présidente de la Commission européenne, alors la voix de la France et la voix de la diplomatie française ne sera ni entendue, ni écoutée, ni même respectée de par le monde. – Ça ne sert à rien.
– C'est quand même un enjeu important, au jour le jour presque, sur les agriculteurs, un enjeu ?
– Quand on sera tous morts, on sera effectivement très neutres en carbone. Le problème, c'est qu'on n'aura plus d'agriculture, on n'aura plus d'industrie automobile et on n'aura plus d'entreprise. Et c'est ce que je ne souhaite pas, hors Emmanuel Macron, par ce Green Deal notamment, et par les politiques qu'il soutient à Bruxelles, a entraîné la France sur le chemin d'une économie de consommation et sur le chemin de la décroissance. Nous sommes aujourd'hui une des économies dans le monde qui, en termes d'émissions de CO2, est parmi les plus propres au monde. 0,6% d'émissions de CO2.
Et je trouve qu'il y a quand même un paradoxe à avoir les règles environnementales les plus dures et les plus drastiques pour un pays qui est parmi les plus propres au monde. Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. Je dis que grâce au nucléaire notamment, qui est l'une des énergies les plus décarbonées que nous ayons, nous devons pouvoir permettre à la France de redevenir une économie de production, une économie de croissance, réindustrialiser le pays. Mais ce n'est pas, si vous voulez, en rendant infernale aujourd'hui la vie de nos chefs d'entreprise et la vie de nos agriculteurs, qu'on remettra la France sur le chemin de la croissance.
Il n'y a plus un seul dirigeant d'entreprise aujourd'hui dans notre pays qui ne considère pas qu'investir, travailler et consacrer du temps à l'économie française. Ce n'est pas en train de devenir un enfer à la fois fiscal et normatif. Et je considère que ce pacte vert est un pacte qui est excessivement contraignant et qui fait peser aujourd'hui sur notre agriculture, notamment le risque de sa disparition. Voyez bien que...
Non, je ne crois pas du tout.
En revanche, les États-Unis et la Chine à E2, c'est 40% des émissions de CO2. La France, c'est 0,6% des émissions de CO2. Donc l'écologie que je défends, elle est raisonnable, elle est pratiquable, mais elle ne s'appuie pas, si vous voulez, sur un délire qui consiste à mettre la clé sous la porte, à en finir avec notre industrie, notre agriculture et nos entreprises. Or, toutes les mesures qui ont été mises en œuvre dans le cadre d'une Green Deal ont toutes été faites, et c'est une faute très lourde d'Emmanuel Macron, sans la moindre étude d'impact.
Quand vous voyez qu'on veut aujourd'hui interdire les moteurs thermiques, la vente de moteurs thermiques à l'horizon 2035, alors que vous avez déjà beaucoup de nos compatriotes qui n'arrivent plus à s'acheter un véhicule, qui n'arrivent plus à mettre du carburant dans la voiture, qui n'arrivent plus à accéder à certains centres urbains, eh bien non seulement ça a des conséquences sur le pouvoir d'achat des Français, mais ça a des conséquences aussi sur notre industrie, qui est totalement désorganisée. Donc l'écologie, oui, bien sûr, mais pas au prix de la mort de l'économie française et de la mort de notre industrie.
Je ne souhaite pas que la France devienne demain un pays dépendant des importations. Or, c'est le chemin qu'on est en train de prendre, et je suis venu ici non seulement tirer la sonnette d'alarme sur l'agriculture, mais apporter mon soutien aux agriculteurs français, parce que je pense qu'ils sont une part de nous-mêmes, une part de notre identité, et que sans nos agriculteurs, la France ne serait pas totalement la France.
Est-ce que c'est une purge politique, selon vous ? Ou alors l'application de la loi, comme l'a dit hier Emmanuel Macron ?
Non, c'est une décision politique. Et je pense que le silence du président de la République dans la fermeture de la première chaîne de la TNT est une faute, c'est une faute politique. La liberté d'expression est en train de reculer, aujourd'hui en France, comme partout en Europe. Et à partir du moment où la moindre chaîne tente une forme de rééquilibrage, elle subit une forme d'ostracisation.
Donc la fermeture de C8 est évidemment une décision politique qui aura des conséquences, non seulement sur le niveau de la liberté d'expression dans notre pays, mais également sur l'emploi, puisqu'il y a derrière plusieurs dizaines de personnes qui sont menacées d'être jetées sur le carreau en raison de cette décision qui est encore une fois une décision politique.
Merci à tous. Il a dit hier que c'était une décision pas politique, justement.
Merci.
La prise en train de la loi a été rapide.
Vous avez une... C'est la liberté d'expression, selon la Cour européenne des droits de l'homme. C'est aussi la possibilité de dire ce qui heurte, choque et parfois blesse. Et je considère que quand on ferme une chaîne de télévision, qui plus est la première chaîne de la TNT, alors effectivement, il y a de quoi s'inquiéter pour le recul de la liberté d'expression dans notre pays. Mais ce n'est pas que C8. Il y a un climat aujourd'hui. Quand on voit qu'il y a un enseignant sur deux qui s'auto-censure dans les classes de nos écoles, la liberté d'expression recule dans notre pays.
Quand la gauche fait en sorte d'interdire les publicités d'un livre dans des espaces publics, au motif que c'est un livre écrit par le président du Rassemblement national, il y a une dérive liée à la liberté d'expression dans notre pays. Donc on a le sentiment qu'il y a certaines opinions qui sont tolérées et que d'autres opinions sont un peu moins tolérées. Et le seul souci, c'est que les idées qui sont aujourd'hui dominantes dans l'espace médiatique ne sont pas les idées qui sont majoritaires dans le pays. Donc je trouve normal qu'il y ait une forme, en tout cas à titre personnel, qu'il y ait une forme de rééquilibrage aujourd'hui dans le débat public.
Mais donc c'est quoi la liste en fait de ce qu'on peut faire
et ce qu'on peut ne pas faire ?
On est revenu en 1984 d'Orwell avec un ministère de la vérité qui dit ce qu'on a le droit de dire et de ne pas dire. Je pense que c'est une pente très dangereuse. Et que de considérer que sur un plateau de télévision, quand des invités se mettent des nouilles dans le slip, on doit fermer cette chaîne, je pense que c'est un peu léger, si je peux me permettre.
Merci à tous. Merci qui a maintenu son discours à Washington.
Des relations parfaitement respectueuses. Nous siégeons aujourd'hui avec la Lega dans notre groupe au Parlement européen qui est l'alliée de Mme Mélanie. Mais elle fait partie de ces gouvernements patriotes qui sont le visage de cette Europe des Nations que nous appelons de nos voeux. Et j'espère que nous aurons l'occasion demain de travailler au pouvoir avec Mme Mélanie et M. Salvini.
Vous avez maintenu son discours à Washington ?
Ça, c'est sa décision. Il s'est passé quand même quelques heures entre le geste de M. Bannon et le discours de Mme Mélanie. Il se trouve que moi, j'intervenais quasi dans la foulée à quelques heures d'intervalle et que ça me posait un problème de conscience personnelle. Mais c'est important de dire que ça ne doit pas entacher la légitimité de l'ensemble des partis patriotes avec lesquels nous allons continuer à discuter et avec lesquels nous entendons travailler demain. Merci à vous. Merci. Merci. Est-ce que vous partagez le constat du livre ? On va juste... On va juste... On va juste essayer.
Jordan Bardella