L'Iran cible la France
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avec un rapport de coûts complexe et impossible à gérer sur ce type de base. - A.Casse: Quelles vont être les conséquences de cette attaque?
Un groupe armé pro-iranien menace de s'en prendre aux intérêts français dans la région. Comment les protéger et quelles menaces chez nous en France? - Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
A 42 ans, l'adjudant-chef A.Frion est décédé après une frappe de drones. 6 autres soldats français ont été blessés.
Tous se trouvaient dans cette base militaire dans la région d'Erbil, au Kurdistan irakien, ici en proie aux flammes après l'attaque de cette nuit. Alors qu'il recevait à l'Elysée le président ukrainien cet après-midi, E.Macron a rappelé la raison de l'engagement de ces militaires dans la région. - E.Macron: Nos soldats ont été frappés alors que, comme nous le faisons depuis plusieurs années, ils luttaient dans le cadre d'une coalition internationale contre les résurgences du terrorisme dans la région et au service de la souveraineté irakienne.
C'est inacceptable. - L'attaque n'a pas été revendiquée, mais selon l'armée française, c'est un drone Shahed qui a frappé. Dans la nuit, le groupe Ashab al-Kahf réagissait à l'envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale.
La France prise à partie après avoir déployé ces derniers jours une armada à proximité du Moyen-Orient. Le porte-avions Charles-de-Gaulle avec son escorte: 8 frégates et 2 porte-hélicoptères amphibies. Une stratégie visant à rassurer des pays avec lesquels Paris a passé des accords de défense. - J.-N.Barrot: La France veut être présente en Méditerranée orientale aux côtés de nos partenaires, y compris des pays européens comme Chypre, mais aussi aux côtés des pays du Golfe, aux Emirats, au Qatar.
On est très reconnaissants pour l'action de la France en soutien à la défense de ces pays injustement attaqués par l'Iran alors qu'ils n'y étaient pour rien. - Protéger ses alliés sans entrer directement en guerre, équilibre précaire pour parvenir à la désescalade. Lundi, E.Macron envisage un envoi dans le détroit d'Ormuz une fois le calme revenu. - E.Macron: L'objectif serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de manière pacifique, pouvoir escorter des tankers, des porte-conteneurs et rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Ormuz pour alimenter les marchés mondiaux, et la route des porte-conteneurs pour alimenter des pays de la région qui, aujourd'hui, manquent de certaines denrées ou éléments. - En plus d'une présence militaire, le chef de l'Etat veut peser sur la diplomatie.
Il s'entretient avec D.Trump et B.Nétanyahou quelques jours après le début de la guerre.
En vain. Israël poursuit sa riposte contre le Hezbollah avec une opération terrestre dans le sud du pays et des frappes soutenues sur la capitale libanaise. - L'ennemi israélien répète chaque jour qu'il vise des infrastructures.
C'est ça, les infrastructures? J'ai perdu mes 4 filles. - L'appel du président français, ignoré par le gouvernement israélien, qui ne semble pas prêt à s'arrêter là. - Ce n'est que le début.
Le gouvernement libanais et l'état du Liban paieront un prix de plus en plus élevé. Nous causons des dommages aux infrastructures utilisées par les terroristes du Hezbollah pour leurs activités et leurs tirs de roquettes dirigés contre Israël. Le gouvernement libanais, qui a trompé l'opinion publique et n'a pas respecté son engagement de désarmer le Hezbollah, en paiera le prix fort. - Au 11e jour des opérations israéliennes au Liban, le bilan s'élève à 773 morts et plus de 800 000 déplacés.
Hier, le premier vol humanitaire français est arrivé à Beyrouth avec 60 tonnes d'aide. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: On me pose toujours la question: "Qu'est-ce que c'est, défensif et offensif?" Défensif, vous attendez d'être attaqué.
Offensif, vous allez attaquer. Aujourd'hui, par exemple aux Emirats arabes unis, nous avons 12 Rafale. Ils surveillent le ciel.
Ils ne vont pas attaquer en Iran. C'est la différence entre offensif et défensif. Sur ce qui se passe en Irak, je voudrais rappeler que nous sommes dans un pays hôte.
Nous devons coordonner les choses avec lui. D'où E.Macron qui, à la fin, disait: "Je vais appeler le Premier ministre irakien." C'est avec lui qu'il faut régler les choses et la France n'est pas seule.
Elle n'a pas la puissance américaine, qui, elle, s'en fout. Nous, on travaille avec les pays de la région. - A.Casse: Ce qui est difficile à comprendre, c'est que nous ne sommes pas en guerre, mais que cette milice pro-Iran est en guerre contre nous. - Gal D.Trinquand: Je reprends les points vus tout à l'heure.
Le Premier ministre irakien va peut-être dire qu'ils vont neutraliser le truc ou nous demander de les aider. On a des avions en Jordanie qui peuvent frapper. - A.Casse: J'aimerais qu'on définisse la position de la France.
On n'est pas engagés dans cette guerre, mais peut-on dire qu'on est impliqués? Il y a un décalage entre les images, l'armada française, le fait de dire que c'est une opération dans le détroit d'Ormuz et cette phrase "nous ne sommes pas en guerre". Il y a comme un "et en même temps".
On peut le voir comme ça? - A.Pirot: Est-ce que c'est problématique, au fond?
Nous pouvons dire que nous assurons une protection de nos intérêts, qu'ils soient militaires...
Nos partenaires continuent les accords de défense, mais jamais ils n'ont exprimé que nous devons, dès lors, participer aux bombardements sur l'Iran et sur un certain nombre de belligérants dans la région. La différence est assez claire. Le problème qui pourrait se poser, c'est cette milice, ne tenant pas compte d'un certain nombre de demandes faites par le gouvernement irakien, si elle continue à attaquer un certain nombre d'intérêts français. - A.Casse: Il se passerait quoi? - A.Pirot: Il faudra revoir la position.
Est-ce qu'il faudra voir avec le gouvernement irakien un certain nombre de frappes? - A.Casse: Vous dites qu'il faut d'abord passer par le gouvernement irakien. - A.Pirot: Il faut prendre en compte la réalité du moment.
L'Iran est dans une logique d'appliquer des nuisances sur tous les plans, économiques, politiques et militaires. Cette frappe organisée par un proxy est dans cette logique. Elle est malheureusement arrivée à son but: nous confronter à la photo d'un soldat décédé dans une opération où nous avons juré depuis le départ que nous étions sur une mission défensive.
Ca sème le doute dans les opinions. C'est le cas également aux Etats-Unis. Les soldats qui ont trouvé la mort, on voit leur visage s'afficher sur les chaînes américaines.
Ca pose la question des buts de cette guerre qui ne sont pas encore clairement exprimés aujourd'hui par la partie américaine. - A.Casse: On a l'impression que les buts ne sont pas clairs côté américain, mais que la riposte iranienne l'est.
Hier, le Guide suprême en appelait aux combattants dans d'autres pays. Vous voyez le lien? - P.Allémonière: Message ou pas, à un moment donné, ces milices allaient se mettre en marche.
Les frappes de ces milices sur les bases américaines se sont multipliées ces 2 dernières années. L'attitude hostile vis-à-vis des Etats-Unis de la part de ces milices est connue. Chaque fois, les Américains ripostent en allant taper des bases de ces milices.
Est-ce que la France veut s'engager dans une riposte de cet ordre? Je crois que ce serait une décision du chef de l'Etat. Ca ne semble pas, aujourd'hui, à l'ordre du jour.
Si un pays est meurtri par la mort d'un soldat ou parce qu'on enlève certains de ses ressortissants, il y a différentes façons de réagir. Il y a la façon "je monte au créneau et j'assume que je veux faire une opération offensive"et il y a des façons plus discrètes de faire passer des messages aux milices. Ca, la France, de par le passé, a su faire passer des messages très précis aux groupes armés d'une façon discrète, par des opérations clandestines d'élimination de certains chefs.
Nous n'en sommes pas là, aujourd'hui, mais ça s'est déjà passé en Irak, en Afghanistan et dans d'autres pays. - A.Casse: Est-ce qu'on peut entrer en guerre sans le dire? - P.Allémonière: C'est autre chose.
Une mission clandestine n'est pas une entrée en guerre. Soyons précis. C'est un message envoyé aux milices en question.
Aujourd'hui, le message du Guide suprême iranien est très clair. Nous n'avons pas vu les Houthis. Pour l'instant, ils n'ont pas bougé.
Le jour où ils bougeront, ce sera autre chose. - L.Menget: On attendra le plus longtemps possible avant de dire qu'on entre en guerre.
On ne le fera que si les intérêts français sont absolument menacés dans la région. Ce qui est compliqué, c'est que l'Iran est rentré...
L'Iran, d'un point de vue militaire, a perdu la guerre. En revanche, l'Iran est entré en guérilla dans le sens ancien du terme, c'est-à-dire utiliser tous les moyens possibles, des moyens de terrorisme, légers et dans la durée...
L'Iran, en activant certaines milices irakiennes et peut-être, plus tard, les Houthis, entre dans une logique de lenteur. Etant écrasé militairement, mais son pouvoir ayant survécu, il a le temps. La stratégie iranienne...
Il n'y a pas un avion iranien qui décolle. Ils n'en ont plus. Il y a le détroit d'Ormuz d'un côté, qui est très important.
Puis, ils peuvent multiplier ce type d'opérations pendant des mois ou des années. C'est pas parce qu'il y a une attaque contre une base français la nuit dernière qu'il y en aura une la nuit prochaine. Peut-être qu'il n'y en aura plus pendant des semaines et, à un moment donné, quand on s'y attendra le moins, il y en aura une nouvelle.
Les Américains et les Israéliens n'ont pas bien anticipé