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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 décembre 2021 26 min

Préavis de grève levés à la SNCF, mesures sanitaires pour les nouvelles fêtes de Noël... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Baptiste Lemoyne

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne. Bonjour. La grève est finalement levée in extremis à la SNCF grâce à un accord qui a été conclu hier. Est-ce que vous saluez très franchement ce matin la responsabilité des syndicats qui y ont renoncé ?

0:13
Jean-baptiste Lemoyne

Écoutez, c'est heureux qu'on arrive à ce dénouement. Il y a eu des négociations qui sont poursuivies, il y a eu des gestes faits. Mais je dois dire que mettre de l'incertitude à quelques jours du départ en vacances, ce n'était pas forcément rendre service aux Français qui sont fatigués par 18 mois de crise sanitaire. Et donc voilà, aujourd'hui j'espère que tout le monde pourra partir dans les meilleures conditions. On sait qu'il y en a quelques milliers quand même qui hélas ne pourront pas voyager. Des gestes commerciaux ont été faits et c'est heureux là aussi.

0:43
Présentateur

Il y a un tout petit doute puisque les syndicats qui avaient déposé le préavis de grève disent qu'ils ont simplement suspendu le mouvement le temps de conclure les négociations pendant le week-end alors que le PDG des SNCF Voyageurs qui était avec nous tout à l'heure, M. Fanichet, dit que la grève est entièrement levée. Vous avez des infos pour savoir si ça va continuer ou pas ?

0:59
Jean-baptiste Lemoyne

Écoutez, je n'ai pas l'information précise. Ce que je veux dire, c'est que je souhaite qu'on puisse laisser tranquille les Français pendant ce moment de fête. C'est important, encore une fois. La communauté nationale, elle a beaucoup souffert. Cette cinquième vague de Covid, elle met aussi à l'épreuve des familles, des gens qui sont séparés, qui se sont moins revus. Donc voilà, de grâce, essayons de faire en sorte que les Français...

1:22
Invité

Mais ce message, vous l'adressez à qui vous l'adressez particulièrement à la direction de la SNCF pour qu'elle lâche du lest sur les primes, qu'elle donne encore plus aux revendications salariales des syndicats ou alors vous dites aux syndicats, c'est bon, on vous a donné un peu de primes, vous pouvez vous calmer.

1:36
Jean-baptiste Lemoyne

La vertu du dialogue social, c'est que toutes les parties puissent se mettre d'accord, tomber d'accord. Oui, mais le gouvernement dit quoi ? Je crois qu'il y a quand même un certain nombre de gestes en termes financiers, de primes, etc. qui ont été faits. Voilà. Maintenant, permettons aux Français de profiter de ce moment.

1:51
Présentateur

Bon, il y a des Français qui ont la chance de pouvoir partir en vacances dans les jours qui viennent. Certains en France, on va en parler avec vous dans une minute. Certains à l'étranger. Les règles changent quasiment chaque jour. Aujourd'hui, Jean-Baptiste Lemoyne, on va commencer par les dernières en date, celles qui concernent le Royaume-Uni. Saliha Braclia ?

2:06
Invité

Oui, à partir de demain minuit, les règles pour venir en France depuis le Royaume-Uni se durcissent. Il faudra désormais justifier d'un motif impérieux, présenter un double test, un de moins de 24 heures au départ et un à l'arrivée, donc s'engager à l'isolement obligatoire de 48 heures. Donc, isolement qui prendra fin s'il y a la présentation d'un test négatif. Ma question, c'est est-ce que le motif impérieux est nécessaire pour les Français qui viennent du Royaume-Uni ?

2:33
Jean-baptiste Lemoyne

Non. Les Français qui résident au Royaume-Uni, qui veulent visiter leurs proches ici en France, n'ont pas besoin de produire un motif impérieux. Ils sont en eux-mêmes, si je puis dire, un motif impérieux. Donc, tout Français établi au Royaume-Uni peut revenir à tout moment naturellement.

2:48
Présentateur

Ça ne s'applique qu'aux Britanniques, ce critère-là ?

2:50
Jean-baptiste Lemoyne

Oui, et nos compatriotes, ça s'applique également à leurs conjoints, à leurs enfants. Très important, parce que le conjoint peut être de nationalité britannique, mais on emporte naturellement toute la famille.

2:58
Présentateur

En revanche, ils ont bien le double test, les Français qui viennent là-bas et qui viennent passer les vacances chez eux.

3:03
Jean-baptiste Lemoyne

Bien sûr, bien sûr. La dimension sanitaire, elle doit être très présente, parce qu'on veut protéger chacune et chacun d'entre nous.

3:09
Présentateur

Pour dire les choses autrement, est-ce que vous déconseillez, malgré l'amitié qui lie nos deux peuples, aux Britanniques de venir passer des vacances en France ?

3:15
Jean-baptiste Lemoyne

De fait, les motifs impérieux vont empêcher les Britanniques de venir passer leurs vacances en France. Ça a un impact, par exemple, sur le tourisme de montagne, puisque les Britanniques représentent plus ou moins 15% de notre clientèle.

3:29
Présentateur

C'est un coup dur pour les stations, parce que les réservations tombent depuis hier, les annulations tombent depuis hier. Bien sûr, bien sûr.

3:37
Jean-baptiste Lemoyne

Ça, c'est sûr que ça n'a pas été de gaieté de cœur. Maintenant, les indicateurs de réservation pour les stations étaient très bien orientés, et quelque part, j'appelle aussi les Français qui n'avaient pas forcément tous trouvé de la place, parce que les réservations étaient justement très hautes, eh bien, peut-être à envisager à nouveau la montagne comme destination.

3:54
Présentateur

Je vous propose qu'on prenne les secteurs les uns après les autres. On va parler de la montagne, qui s'inquiète justement dans quelques minutes. On continue avec tout ce qui concerne les frontières. Là encore, autre nouveauté annoncée hier soir par Emmanuel Macron.

4:05
Invité

Oui, par le Président de la République lui-même, qui dit « Pas de test pour les voyageurs vaccinés au sein de l'Union Européenne. Pourtant, l'Italie, l'Irlande, le Portugal, la Grèce l'imposent aux Français qui veulent s'y rendre. Pourquoi on n'applique pas la réciprocité dans ces cas-là ? Pas de test pour les voyageurs vaccinés au sein de l'Union Européenne. »

4:23
Jean-baptiste Lemoyne

En plus du pass sanitaire. On a quand même... L'Union Européenne, c'est un espace de libre circulation. Et l'idéal, c'est quand même d'avoir des règles qui permettent de la faciliter. Et dès lors qu'on est vacciné, on considère qu'on se protège et on protège les autres. Et donc, faire en sorte qu'il y ait plus de souplesse pour les personnes vaccinées est assez logique.

4:43
Invité

Mais ce n'est pas le choix des autres pays. Je les ai cités, l'Italie, le Portugal, la Grèce. Eux, ils imposent des tests aux Français. Est-ce qu'ils se protègent plus que nous ?

4:51
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, je crois que quand on est vacciné, on est protégé, on se protège. En tous les cas, on est mieux protégé que si on ne l'est pas. Regardez toutes les statistiques sur les personnes qui sont en réanimation. On est mieux protégé.

4:59
Présentateur

Vous savez qu'on est dans une zone grise. C'est ni ce qu'on pensait au tout début.

5:03
Jean-baptiste Lemoyne

Le Premier ministre Olivier Véran, qui régulièrement visite les centres de réanimation, nous dit combien à chaque fois les statistiques sont éloquentes. C'est-à-dire que quand vous avez huit personnes, il y en a sept qui sont non-vaccinées. Vous avez raison.

5:15
Présentateur

Il y a très peu de doubles et encore moins de triples vaccinés dans les services de réanimation aujourd'hui. Parce que le vaccin, surtout grâce à la troisième dose, à la dose de rappel, permet d'éviter les formes les plus graves. En revanche, sur les contaminations, le vaccin 1, 2 ou 3 doses les freine simplement. C'est d'ailleurs pour ça que Salia a rappelé la liste des pays qui, en plus du pass sanitaire, c'est-à-dire en plus du vaccin, demandent des tests récents. C'est le retour du chacun pour soi en Europe, finalement. Ce que dit Emmanuel Macron hier soir, nous on ne le fait pas, d'autres pays le font. Alors, ça ne vous étonne pas plus que ça ?

5:47
Jean-baptiste Lemoyne

Ce que vous voyez, c'est qu'on est sur des compétences qui sont aussi beaucoup nationales, sur les politiques de santé. Et donc, voilà, chaque pays aussi prend des décisions au regard de sa situation. Bon, voilà, on essaye de se parler, de se coordonner, mais je dois dire qu'effectivement, ça reste imparfait.

6:05
Présentateur

Est-ce que vous déconseillez à tous les Français qui auraient envie d'aller faire du tourisme à l'étranger de le faire ? Je crois qu'il faut regarder... C'est ce que le Canada vient de dire. Le jour la plus radicale aujourd'hui, ne partez pas.

6:15
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, naturellement, vous savez, j'ai toujours été un apôtre, non seulement de l'été bleu-blanc-rouge, mais donc aussi de l'hiver bleu-blanc-rouge.

6:20
Présentateur

Et là, c'est l'inverse, il s'agit de dire ce que vous demandez aux Français.

6:24
Jean-baptiste Lemoyne

Non, mais c'est pour ça, je dis, vous pouvez profiter de ces moments pour redécouvrir la France sous toutes ses coutures. On en a beaucoup, et tous nos massifs, d'ailleurs, vous attendent des Vosges aux Pyrénées en passant par le massif central ou les Alpes. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut, dans ces cas-là, s'en remettre, je dirais, quelque part aux conseils. Les conseils aux voyageurs, c'est le site Internet du ministère de l'Europe des Affaires étrangères qui permet d'avoir une cartographie qui renvoie également sur le site du ministère de l'Intérieur où vous avez donc l'État sanitaire du monde. Et puis également, ayez le réflexe du conseil demandé aux agents de voyage.

Parce que les entreprises du voyage, ce sont des professionnels... Non, mais j'en parle parce que ce sont des professionnels qui ont beaucoup souffert, qui justement sont là pour faire du sur-mesure, qui sont là pour vous conseiller, pour vous accompagner. Et donc, quelque part, c'est aussi un acte patriotique d'avoir recours à leur service parce qu'ils ont été longtemps attravés et qu'eux apportent le bon conseil.

7:16
Présentateur

Jean-Baptiste Lemoyne, vous êtes aussi le ministre des Français de l'Étranger qui, pour beaucoup, s'interroge. On va en parler dans un instant. Vous êtes aussi le ministre des discothèques qui sont fermées en ce moment. On va voir à quelles conditions elles vont pouvoir rouvrir peut-être au mois de janvier. D'abord, le fil info à 8h40 avec Thomas Vénèche. Un pas de franchi vers l'ouverture de la vaccination à l'ensemble des enfants de 5 à 11 ans en France. Le comité d'éthique approuve sous réserve cet élargissement. La vaccination pour cette tranche d'âge n'est proposée jusqu'à présent qu'aux jeunes atteints de comorbidités.

Réduire le délai à 3-4 mois entre une dernière injection de vaccin anti-Covid et la dose de rappel. Faciliter l'accès aux autotests seulement disponibles en pharmacie. Quelques-uns des dossiers sur la table pour ce nouveau conseil de défense sanitaire. Il se réunit cet après-midi à partir de 16h. Un millier d'étudiants en santé signent sur franceinfo.fr une tribune pour dénoncer un système médical violent et qui protège les médecins agresseurs. Ce texte intervient dans le sillage de l'affaire Émile Daray. Ce gynécologue parisien de renom accusé de viol est démis de ses fonctions de chef de service.

Après l'agression de militants d'SOS Racisme lors du meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre dernier, deux suspects mis en examen. Parmi eux, le leader présumé du groupuscule d'ultra-droite, les Oaves Paris. Didier Deschamps n'a pas pensé une seconde quitter les Bleus malgré l'élimination de l'équipe de France de football. En huitième de finale de l'Euro, il se voit bien rester même dix ans de plus.

8:42
Jean-baptiste Lemoyne

France Info

8:42
Présentateur

Le 8.30 France Info

8:46
Invité

Toujours avec Jean-Baptiste Lemoyne, ministre chargé du tourisme, des Français de l'étranger, des petites et moyennes entreprises.

8:54
Présentateur

Ça fait long sur la carte de vie.

8:55
Invité

Ça fait beaucoup, oui. Ils sont 3 millions de Français de l'étranger. Est-ce que tous ceux qui veulent revenir en France pour les fêtes pourront le faire, qu'ils soient vaccinés ou pas ?

9:05
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, il y a des contraintes plus fortes pour celles et ceux qui résident dans les pays classés écarlates. Ça concerne, par exemple, l'Afrique du Sud, puisqu'on a détecté Omicron pour la première fois là-bas. Et à l'Afrique du Sud, reste écarlate. Ça veut dire qu'il y a beaucoup de contraintes pour revenir parce que vous avez une quatorzaine stricte de dix jours. Donc, c'est contraignant. De fait, ça empêche de venir juste pour les fêtes. Et c'est pour ça qu'on continue à être à leur côté à tous égards parce qu'ils ont été éloignés. Et donc, on a mis en place beaucoup d'aides, je dirais, de nature économique, sociale, éducative.

Parce qu'être français hors de France dans cette période, ça a été plus compliqué que d'ordinaire. On a mis en place 220 millions d'euros. C'est un plan d'accompagnement.

9:53
Invité

Est-ce que la France aide les Français de l'étranger à se faire vacciner dans les pays du monde ?

9:56
Jean-baptiste Lemoyne

Tout à fait. Alors, il y a des pays dans lesquels, comme en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, vous avez accès à la vaccination à travers la vaccination des autorités nationales.

10:04
Présentateur

Il y a des pays dans lesquels...

10:06
Jean-baptiste Lemoyne

C'est avec le vaccin local ou avec les vaccins français qui sont utilisés en France ? Le principe, c'est justement, là où il y a un vaccin qui est comparable à ceux qu'on utilise et que le système local le propose, vous pouvez y aller. Mais en revanche, on a fait une immense opération logistique qui se poursuit. On a envoyé des vaccins dans 64 pays pour pouvoir vacciner nos communautés, là où, justement, c'était plus compliqué. Et ça a été un gros, gros travail de surmesure.

10:32
Présentateur

Mais par exemple, un Français qui habite Moscou, qui a eu droit au vaccin russe, s'il met les pieds demain matin à Roissy, il se passe quoi ?

10:38
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, du coup, le vaccin russe n'est pas reconnu ni par l'OMS, ni par l'Europe. Donc, en fait, il est considéré comme non vacciné. Ça signifie qu'il doit se soumettre à des tests. Le pass sanitaire, c'est pas que le vaccin, c'est aussi des tests. Voilà.

10:54
Présentateur

Je disais tout à l'heure, vous êtes le ministre des discothèques. C'est le seul secteur qui est aujourd'hui entièrement fermé, suite à l'annonce il y a quelques jours par le Premier ministre. D'abord, jusqu'à quand, la fermeture ?

11:03
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, la fermeture a été décrétée pour un mois. Donc, ça nous conduit, justement, à début janvier. La mesure a été prise le 10 décembre. Et la contrepartie de cela, c'est que, naturellement, on met en place un système d'aide et d'accompagnement économique massif, avec la prise en charge de leur coût fixe à 100%, avec des exonérations de charges sur novembre et décembre, avec l'activité partielle. Bon, bref, tout simplement pour qu'ils puissent tenir le choc et puis reprendre quand les conditions sanitaires le permettront.

11:29
Invité

Pardon, ça veut dire qu'en fait, la durée de la fermeture d'un mois peut être prolongée ?

11:34
Jean-baptiste Lemoyne

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut regarder la situation sanitaire, ce qu'elle sera au début du mois de janvier, pour voir si les conditions se sont réunies.

11:42
Invité

Donc, ils ne sont même pas sûrs de pouvoir reprendre début janvier ?

11:44
Jean-baptiste Lemoyne

La décision a été prise pour un mois. Maintenant, j'espère que, parce que tout le monde fait des efforts, parce qu'on va continuer la course au rappel, à la vaccination, qu'on pourra desserrer les taux de cette cinquième vague, et puis aussi d'Omicron. Regardez, c'est aussi un peu ça l'inconnu, qu'elle va être la cinétique, la dynamique de ce variant. Donc, il est très compliqué d'être définitif.

12:04
Présentateur

Le virus, c'est l'inattendu permanent. Est-ce que vous ne pensez pas que tous ceux qui avaient envie d'aller passer une soirée pendant les fêtes en discothèque ou en boîte de nuit, vont le faire dans les bars, tout simplement ? Qui, eux, restent ouverts sans limitation ?

12:16
Jean-baptiste Lemoyne

Si ce n'est qu'on a interdit, par exemple, la danse dans les bars...

12:20
Présentateur

Comment vous interdisez la danse dans les bars ? Ça veut dire que, par exemple, on interdit la musique dans les bars ?

12:23
Jean-baptiste Lemoyne

Non, mais c'est-à-dire que... Enfin là, on appelle aussi à la responsabilité de chacun. Je veux dire, on est aujourd'hui dans une société où chacun détient, quelque part, une partie de la santé de l'autre par son comportement, par ses gestes, etc. Et donc, c'est vraiment un appel à la responsabilité générale. Y compris, on va retrouver nos anciens, nos parents, nos grands-parents, etc. Soyons très prudents. Pardon de le redire, on a l'impression. Mais on veut faire confiance à cette responsabilité individuelle. Et puis, voilà, on sera amené à la rencontre.

12:57
Invité

Jean-Baptiste Lemoyne, vous fermez les discothèques. Les bars restent ouverts, mais vous interdissez la danse, la musique. Est-ce que les clubs libertins, eux, peuvent rester ouverts ? Est-ce qu'ils sont ouverts ?

13:07
Jean-baptiste Lemoyne

Ah, là, vous me posez une colle.

13:09
Présentateur

On a cru, en préparant cet entretien, dire que oui, parce qu'ils sont considérés, pour la plupart d'entre eux, comme des débits de boissons. Mais bon... Ce qui, avouez-le, peut paraître étonnant. Non, mais de façon générale... De l'activité qu'on y pratique.

13:21
Jean-baptiste Lemoyne

De façon générale, il y a uniquement, effectivement, les discothèques qui ont été fermées. Et donc, on essaye de maintenir les activités par ailleurs. Regardez, c'est vrai que...

13:31
Invité

Non, mais parce que c'était l'incohérence de l'année dernière. Est-ce que cette incohérence persiste aujourd'hui ?

13:36
Présentateur

En termes de gestes barrières...

13:37
Invité

En termes de gestes barrières, on n'y est pas du tout.

13:39
Présentateur

Pour dire ça comme ça. C'est quoi, prochaine question, là ? Non, non, mais effectivement... Vous nous renseignez, vous nous dites après cet entretien, parce que ça pose quelques questions. On revient à la situation dans les stations de ski, pour ceux qui ont la chance d'y aller cette année. Et où, précisément, faudra-t-il présenter un pass sanitaire ?

13:56
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, le pass sanitaire, il est demandé comme partout en France, quand vous allez au restaurant, quand vous allez dans des lieux où il est demandé. Et par ailleurs, il est mis en place sur les remontées mécaniques. C'est-à-dire qu'il peut être contrôlé sur les remontées mécaniques, mais ça sera des contrôles qui vont être faits de façon aléatoire. On vous le demandera lorsque vous achetez votre forfait. Et puis après, il y aura des contrôles, encore une fois, aléatoires. Mais moi, je veux dire, ce qu'on voit, c'est qu'aujourd'hui, 90% des gens qui doivent être vaccinés le sont.

Et donc, tout ça va se faire en bon ordre, parce qu'il y a eu un gros travail fait avec les domaines skiables de France, avec également l'Association des élus de la montagne. Et donc, ils se sont préparés très sérieusement avec des protocoles. Leurs saisonniers aussi sont rentrés, pour ceux qui ne l'étaient pas, pour la plupart, dans le processus de vaccination. Donc, la saison, de ce point de vue-là, d'un point de vue logistique, elle peut bien commencer. Et vous avez vu, d'ailleurs, la neige est là depuis deux semaines, trois semaines.

14:50
Invité

Mais il manque quand même du personnel. Jean-Baptiste Lemoyne, plus de 2000 postes de saisonniers restent à pourvoir en Savoie et en Haute-Savoie, selon Pôle emploi. On fait comment ?

14:59
Jean-baptiste Lemoyne

Alors, on fait comment ? Par exemple, nos préfectures ont organisé, avec la remontée mécanique, un certain nombre de forums, pour pouvoir proposer ces emplois à des personnes qui n'en avaient pas. Mais c'est vrai que, de façon générale, on rencontre ce problème de tension dans l'emploi, dans les secteurs du tourisme. Et du coup, eh bien...

15:20
Invité

On veut dire quoi ? Qu'il faut augmenter les salaires, dans ces secteurs-là, en particulier ?

15:22
Jean-baptiste Lemoyne

Mais d'ailleurs, regardez, l'hôtellerie et la restauration, hier, a fait une proposition très concrète. a mis plus 16% sur la table.

15:29
Présentateur

Alors, techniquement, le patronat a mis 16% sur la table, mais par rapport à des salaires qui n'étaient pas pratiqués, puisqu'ils étaient en dessous du SMIC. Ça veut dire que les salaires, aujourd'hui, les augmentations, c'est 6%. Dans la proposition...

15:39
Jean-baptiste Lemoyne

Les 16% se transforment en 6. Non, mais dans la proposition qui est faite, si j'ai bien lu, aucun salaire ne sera... Enfin, tout salaire sera au moins supérieur de 5% au SMIC. Au SMIC. Voilà. Donc, il y a un rattrapage...

15:49
Présentateur

Aujourd'hui, le salaire minimum a été appliqué. Il y a un rattrapage qui se fait. Est-ce que ça vous semble suffisant, ce que met le patronat sur la table ? 5% qui ne correspond à rien, puisque personne dans la profession n'était payé en dessous du SMIC. Il s'agit simplement de grilles indiciaires qui n'étaient pas respectées. Est-ce que ça vous semble de nature à réduire la crise de la main-d'oeuvre qu'on voit aujourd'hui dans ce secteur ?

16:09
Jean-baptiste Lemoyne

Je vais vous dire, le sujet financier ne suffira pas à lui seul à régler le problème. Les organisations salariales vont maintenant étudier la proposition.

16:19
Invité

Les syndicats refusent de signer la proposition parce qu'ils veulent un engagement sur les conditions de travail.

16:24
Jean-baptiste Lemoyne

Mais c'est ce que j'allais dire. C'est qu'en fait, mais là, tout le monde est d'accord, employeurs comme représentants des salariés, c'est que la façon dont on travaille doit aussi tenir compte de l'évolution de la société, peut-être moins de coupures, peut-être une meilleure organisation sur les week-ends. Ce qui veut dire que les consommateurs aussi doivent se préparer peut-être. Quand j'en parle avec les présidents de l'UMIH, du GNI, etc., ils sont tous très conscients de ça et désireux de trouver des solutions. Mais la solution, elle n'est pas générale. L'équilibre, il dépend d'un établissement à l'autre. Vous trouvez votre propre équilibre avec vos collaborateurs.

16:59
Présentateur

Il n'y a pas de 50 solutions. Si on veut que les restaurateurs travaillent moins le week-end, il va falloir ouvrir moins le week-end. Donc, c'est aussi du point de vue des consommateurs. Il faut dire, attendez-vous à ce que certains restaurants...

17:10
Jean-baptiste Lemoyne

Vous avez des organisations différentes. Moi, j'ai parlé avec des restaurateurs qui me disent, bon, voilà, désormais, j'ai deux équipes. J'ai une équipe qui fait le déjeuner, une équipe qui fait le dîner, etc. Donc, c'est plus de monde et c'est aussi, effectivement, du coup, plus de charges. Mais voilà, chacun va trouver son propre équilibre. Mais la préoccupation, elle est commune à tous.

17:30
Présentateur

Le ministre chargé du tourisme, des Français de l'étranger et des PME, Jean-Baptiste Lemoyne, est l'invité de France Info jusqu'à 9h. Le Fil Info à 8h50 avec Thomas Bénèche. La crise des licences de pêche entre la France et le Royaume-Uni au cœur de cette rencontre aujourd'hui à l'Elysée. Les représentants des pêcheurs des Hauts-de-France, de Normandie, de Bretagne rencontrent le chef de l'État, la ministre de la Mer, pour évoquer ce dossier. Une soixantaine de licences manquent encore aux professionnels français pour pouvoir travailler dans les eaux britanniques après le Brexit.

Le comité d'éthique dit oui à l'ouverture de la vaccination contre le Covid-19 à l'ensemble des enfants de 5 à 11 ans, plus seulement donc à ceux atteints de comorbidités. Le comité d'éthique pose toutefois plusieurs conditions, dont celle de laisser le choix aux parents. Des trains vont encore manquer aujourd'hui sur les rails et sur l'axe sud-est. Plus précisément, un TGV sur deux en moyenne en circulation, malgré la levée d'un préavis de grève. Ce sera normal sur tous les axes dès demain. C'est ce qu'assure le PDG d'SNCF Voyageurs, invité ce matin de France Info. Il n'y a pas d'autre préavis de grève déposée, ajoute-t-il.

C'est le match à ne pas rater pour s'ouvrir les portes de la finale du Mondial féminin de handball. Les Françaises jouent en demi aujourd'hui face au Danemark. Coup d'envoi de cette rencontre à 17h30.

18:46
Invité

Mais toujours avec le ministre chargé du tourisme des Français de l'étranger, des petites et moyennes entreprises, Jean-Baptiste Lemoyne, est-ce que la France est toujours la première destination touristique du monde ?

19:04
Jean-baptiste Lemoyne

Elle l'est restée, y compris pendant la crise. C'est vrai qu'avant crise, nous recevions 90 millions de touristes internationaux. Pendant la crise, ça a été divisé par deux. Ça a été à 40 millions en 2020. Et là, nous espérons avoir été entre 45 et 50 millions de touristes internationaux en 2021. Ça remonte un tout petit peu. Ça remonte. Mais quelque part, je veux vous dire, cette crise, il faut aussi en tirer des leçons. Et la leçon, c'est que finalement, le socle domestique, le socle du tourisme national, a permis de résister, de faire face. Alors, pas partout, parce qu'il y a des territoires qui dépendent plus du tourisme international.

On pense à Paris, on pense à l'Ile-de-France, on pense à la Côte d'Azur. Mais les autres territoires, il y a eu une redécouverte de la France. Et je crois que c'est ça une bonne nouvelle pour nous.

19:47
Présentateur

Combien de temps, à votre avis, il faudra pour que ça redevienne comme avant ? Les compagnies aériennes souffrent aujourd'hui. Il n'est pas impossible qu'elles augmentent aussi leurs tarifs, que ça ait des conséquences sur le nombre de voyageurs sur la planète qui ont les moyens de voyager aujourd'hui. Est-ce qu'on reviendra au chiffre d'avant ? Je pense que... Et est-ce que c'est souhaitable ?

20:04
Jean-baptiste Lemoyne

Je pense que ça va redémarrer en 2023-2024, d'autant plus qu'on a la chance d'avoir des grands événements sportifs internationaux. La Coupe du monde de rugby, les Jeux olympiques, ça va être des coups de projecteur fantastiques sur la France. Et donc, ça va nous aider aussi à relancer la destination France. Et puis, par ailleurs, nous, on respecte le PMM Sabot. Le président de la République a souhaité qu'on puisse présenter un plan pour la destination France, donc 2 milliards d'euros, qui permettent de réarmer nos politiques touristiques, parce que l'État, depuis 10 ans, il s'était un peu désengagé.

20:35
Présentateur

Mais est-ce que c'est souhaitable ? C'était l'autre question quand vous voyez les dégâts que font parfois les locations Airbnb, à la fois sur les relations entre les différents habitants d'un immeuble, et puis sur les prix de l'immobilier aujourd'hui, et puis tout simplement sur le surtourisme dans certaines villes.

20:48
Jean-baptiste Lemoyne

Justement, je pense que la vertu de la crise, c'est peut-être qu'on va voyager différemment. Je pense qu'on va moins s'entasser dans des avions de plus en plus grands pour aller de plus en plus loin, et qu'il y aura une envie de tourisme en circuit court. Le bonheur, il est dans le prêt désormais.

21:02
Invité

Et vous disiez, vous parliez à l'instant de votre plan de 2 milliards d'euros pour réinvestir dans le tourisme, pour réinvestir dans le tourisme durable, notamment. Oui, tout à fait. C'est quoi le tourisme durable ?

21:10
Jean-baptiste Lemoyne

Notre objectif, c'est justement de devenir la première destination mondiale en termes de tourisme durable. C'est quoi ? Eh bien, ça veut dire, c'est réhabiliter des sentiers pour favoriser ce qu'on appelle le slow tourisme. C'est, comment dire, verdir, par exemple, tout ce qui est infrastructure de nautisme, les ports, etc. C'est faire en sorte que l'empreinte que l'on laisse dans nos activités touristiques soit la plus faible possible vis-à-vis de la planète.

21:33
Présentateur

Avant d'être ministre, Jean-Baptiste Lemoyne, vous étiez membre des Républicains en 2016. Vous souteniez Alain Juppé à la primaire de la droite, tout comme une certaine Valérie Pécresse qui vient de remporter la primaire des Républicains. Quelle est sa principale force ?

21:47
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, ce que je vois surtout, c'est une faiblesse. C'est pas ma question.

21:51
Présentateur

Quelle est sa force ?

21:52
Invité

Vous la connaissez bien.

21:54
Jean-baptiste Lemoyne

Oui, mais justement, moi, ce que je vois, c'est que Valérie Pécresse, aujourd'hui, elle est à la tête d'une famille qui se dit qu'ils ont envie de tenter un coup, là, mais qui est très divisée entre une ligne ciotti, une ligne plus centriste. Et donc, c'est un peu le zigzag permanent. C'est les semaines pairs, je donne des gages aux centristes. Les semaines impairs, je donne des gages, comment dire, à la droite dure. C'est dû en même temps, non ? Pardon ? C'est dû en même temps, ça s'appelle ? Non, parce que là, en même temps, c'est quoi ? Là, en même temps, c'est tout à fait autre chose.

C'est justement faire en sorte que des gens qui viennent d'horizons très différents, qui se reconnaissent dans un certain humanisme, qui viennent de droite, de gauche, du centre, de la société civile, puissent, comme dans un conseil municipal, se mettre d'accord sur un projet pour la France et travailler ensemble. Souvenez-vous, il y a 30 ans...

22:35
Invité

C'est ce que peuvent dire les Républicains. On a un socle commun, et puis, bon, voilà, on a quelques différences, mais...

22:39
Jean-baptiste Lemoyne

Le socle commun, il est quand même très réduit. Pardon, mais le mouvement central, il est bien derrière le président de la République, encore une fois, faire en sorte qu'un Jean-Yves Le Drian, social-démocrate, puisse travailler avec un Bruno Le Maire, issu de la droite, et qu'on puisse avoir une Barbara Pompili qui incarne l'écologie. Ben voilà, on a, pendant ces cinq années, été plus régalien sur les sujets de droite, que porte la droite, on a été plus sociaux que ce qu'a fait la gauche à l'époque, et plus écolos que les écolos quand ils étaient au gouvernement. Mais c'est vrai, c'est meilleur que tout le monde. Je pense qu'on est vraiment une majorité plus-plus.

23:19
Invité

Mais concernant Valérie Pécresse, est-ce que le fait qu'elle soit une femme vous rend la tâche un peu plus difficile ?

23:24
Jean-baptiste Lemoyne

C'est pas la seule femme, hein, en compétition. Regardez...

23:28
Invité

Il y a Marine Le Pen, mais on connaît déjà Valérie Pécresse.

23:32
Jean-baptiste Lemoyne

Il y a aussi Anne Hidalgo, vous voyez.

23:33
Présentateur

Vous avez oublié qu'il y avait aussi Anne Hidalgo.

23:35
Invité

Il y a aussi Anne Hidalgo.

23:36
Présentateur

Il y aura peut-être Christiane Taubira, qui va dévoiler ses intentions en fin de matinée, dire si elle y va ou non. Est-ce que c'est quelqu'un que politiquement vous respectez et quelqu'un que politiquement vous craignez ?

23:47
Jean-baptiste Lemoyne

Christiane Taubira ? Oui. Vous savez, moi, on voit que la gauche, elle est éclatée face au puzzle, et en réalité, elle est éclatée parce que d'un côté, on voit, à l'extrême droite, des gens qui fracturent la nation, mais le sujet de la nation fracture à gauche. Regardez Mélenchon, avec un certain nombre de dérives, voilà, un peu communautaristes, etc., face à une gauche républicaine. Donc, je pense que la gauche aura quand même beaucoup de mal à s'unir.

24:15
Présentateur

Est-ce que vous croyez à l'hypothèse d'une candidature qui pourrait unifier les gauches derrière Christiane Taubira ?

24:21
Jean-baptiste Lemoyne

Moi, j'ai l'impression qu'ils sont tous lancés quand même dans la course de petits chevaux et dans tout à l'égo. Regardez, d'ailleurs, certains citoyens ont lancé une primaire à gauche qui ne rencontrent pas l'écho. Voilà, donc... Mais bon, chacun ses sujets. Moi, mon sujet, c'est faire en sorte que, justement, inciter le président de la République à se représenter. On a lancé, avec, justement, les Français de l'étranger, de la majorité, une cinquantaine de comités partout dans le monde, de gens qui souhaitent... Justement, est-ce que c'est votre rôle ?

24:47
Invité

Vous êtes ministre. Est-ce que c'est votre rôle de faire ça ? Lancer des comités pour la réélection d'Emmanuel Macron, alors qu'il n'est pas officiellement candidat.

24:52
Jean-baptiste Lemoyne

Attendez, mais moi, je suis un militant dans l'âme.

24:55
Présentateur

Mais vous n'avez pas assez de travail avec le tourisme,

24:57
Jean-baptiste Lemoyne

les Français d'étranger, les PME, les boîtes de nuit, tout ce qu'on a rappelé là ? Mais attendez, heureusement, les journées, on les utilise à fond. Et on est avant tout aussi des militants. On est des militants de la France. Et donc, moi, je souhaite pour la France que le président de la République puisse repartir pour 5 ans, parce qu'on a fait beaucoup. Mais il n'y a pas un parti qui devrait être chargé de ça plutôt que des ministres ? Mais parce que moi, je suis membre du parti. Je suis membre de la République en marche.

25:21
Présentateur

Et vous faites ça à quel moment de vos journées ? Par exemple, c'est sur le week-end ?

25:23
Jean-baptiste Lemoyne

Ou c'est sur votre temps de travail de ministre ? Non, non, attendez. C'est H24, je veux dire, on n'arrête pas. Donc, comment vous faites ? Et donc, on peut tout à fait aussi prendre du temps pour aller à la rencontre des Français, tracter sur les marchés, dans mon département de Lyon.

25:36
Invité

Et donc, vous êtes plus ministre à ce moment-là ?

25:38
Jean-baptiste Lemoyne

Eh bien, c'est le militant Jean-Baptiste Lemoyne qui est en action. Et c'est le ministre qui était notre invité ce matin. Merci beaucoup, Jean-Baptiste Lemoyne. Bonne journée à vous.