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interviewC dans l'air· 5 avril 2025 10 min

Soutien à Marine Le Pen : un meeting à haut risque ? - C dans l’air l’invité - 05.04.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

france.tv access ... - A.de Tarlé: A.Bouilhaguet, bonsoir.

Vous êtes éditorialiste politique à franceinfo télé. Ce n'est pas une manifestation mais un meeting demain à Paris en soutien à M.Le Pen.

Le fait que ce soit un meeting, cela veut-il dire que le RN ou M.Le Pen se dit qu'il y aura peut-être un peu moins de monde que ce qu'elle attendait? - A.Bouilhaguet: Le terme a évolué.

Dans la première séquence, c'était une mobilisation. J.Bardella appelait à une mobilisation populaire et pacifique.

Sauf qu'une mobilisation, ça peut avoir des échos, pas insurrectionnels, mais c'est quelque chose qui peut être de nature...

On a cette image des supporters de D.Trump qui partent à l'assaut du Capitole. Une fois la séquence d'attaque passée, ils ont essayé de revoir le vocabulaire.

Ca devient un meeting, quelque chose de beaucoup plus officiel avec des discours. M.Le Pen, ce sera à 15h30.

A ses côtés, J.Bardella et E.Ciotti.

Cela s'apparente plus à un jeu classique des institutions. - A.de Tarlé: Y aura-t-il beaucoup de monde?

On sait que le jugement en appel sera rendu à l'été 2026. Franchement, M.Le Pen ne peut pas se plaindre.

Ce sera 9 mois avant la présidentielle. Si elle est blanchie, elle aura tout le temps d'être candidate à la présidentielle. Il n'y a plus de problème de calendrier. - A.Bouilhaguet: Elle a quand même tapé comme un sourd sur la justice.

Aujourd'hui, elle a un appel. C'est une bonne chose de son point de vue. On va compter les gens.

Ils n'ont pas choisi l'esplanade des Invalides. Pour ceux qui habitent Paris, un grand espace très large... - A.de Tarlé: Ils ont pris une petite place pour que ça fasse de belles images sur les chaînes d'info. - A.Bouilhaguet: Quoi qu'il arrive, ça donnera un effet de masse.

Ca me rappelle ce qui s'était passé avec F.Fillon et son meeting place du Trocadéro. On avait le sentiment qu'il y avait une foule immense, que la foule s'était levée pour supporter F.Fillon, lui aussi mis en examen dans une affaire à un mois de la présidentielle.

On est plutôt dans cette scénographie. - A.de Tarlé: En début de semaine, le RN a tapé très fort sur la justice.

J.-P.Tanguy s'est exprimé au lendemain du jugement à l'Assemblée nationale. - J.-P.Tanguy: Que des juges exercent la vendetta du système contre son seul opposant, le RN, et contre sa principale incarnation, M.Le Pen...

Il y a des tyrannies qui enferment leurs opposants! Il y a désormais des juges tyrans qui exécutent l'Etat de droit en place publique! Voilà les magistrats qui refusent à M.Le Pen le droit effectif à l'appel, à la présomption d'innocence. - A.de Tarlé: Des juges tyrans...

N'y a-t-il pas une dérive trumpiste en début de semaine à critiquer la justice? - A.Bouilhaguet: Il y a eu 2 phénomènes.

D'abord, un parallèle avec 2 hommes. Le premier, c'est D.Trump.

C'est exactement les mêmes mots. C'est la "justice politique", dénoncer le fait que le système est en train de voler l'élection. Elle dit: "On veut nous voler la présidentielle après nous avoir volé les législatives." La 2e référence, c'est forcément celle liée à J.-M.Le Pen, son père.

Il y a 27 ans, il a été jugé pour la même affaire. Il y avait une inéligibilité de 2 ans pour J.-M.Le Pen.

Il avait eu le même réflexe: charger de manière très violente la justice. Quand on entend aujourd'hui M.Le Pen parler d'un système qui veut "nous abattre", dire que le système a sorti la "bombe nucléaire"...

On est vraiment dans cette sémantique. Pendant une semaine, le RN est revenu aux racines de ce qu'était le Front national, un ressort antisystème, chauffer l'électorat, le radicaliser pour essayer d'emporter la mise. - A.de Tarlé: Au risque de perdre toute cette politique de dédiabolisation des dernières années.

Quand on voit les soutiens du Kremlin, de Bolsonaro, de V.Orban, de D.Trump qui ont titré "Free M.Le Pen"... - A.Bouilhaguet: C'est là où M.Le Pen, c'est un peu comme un avion qui a fait un piqué dans des conditions un peu compliquées et qui est en train de se dire: "Maintenant, il faut remettre l'avion à plat, en vitesse de croisière." Elle sait très bien que chauffer à blanc les troupes, c'est excellent pour un premier tour.

On appelle à la mobilisation de son électorat. C'est parfait. En revanche, c'est catastrophique pour un second tour.

Au second tour, il faut élargir. Elle doit élargir vers la droite. Ca peut faire peur.

Elle est en train de remettre l'avion à l'équilibre pour essayer de dire: "J'ai gagné la première manche, mon coup de force médiatique fait que j'aurai un appel..." Ca s'est fini comme ça. "En même temps, je continue à me réinstitutionnaliser." Je pense que M.Le Pen, on ne sera pas sur le "quarteron de procureurs", sur "déni de démocratie".

Elle va y aller decrescendo pour essayer d'atterrir. En même temps, "Si on me cherche, on me trouve". - A.de Tarlé: Ce n'est pas facile.

Elle ne saura qu'à l'été 2026 si elle pourra concourir pour la future présidentielle. Elle devra faire campagne en disant: "S'il faut, tout s'arrête." - A.Bouilhaguet: On voit ce qui est en train de se dessiner avec J.Bardella, à ce titre.

J'ai toujours entendu M.Le Pen, et elle me l'avait confié il y a un an ou deux, dire que les hommes politiques préparent officiellement un héritier, une succession, et qu'ils mentent tous, sauf elle. "Si je ne suis plus la mieux placée et que J.Bardella est le mieux placé, je lui céderai ma place sans aucun problème.

Je suis capable de faire ça. Je suis une femme, j'ai moins d'ego." Elle a tenu ce discours il n'y a pas si longtemps.

On voit que de l'ego, finalement, elle en a un peu. Elle ne va pas se plomber comme J.Bardella.

Elle n'est pas prête à le dégainer. - A.de Tarlé: Il y a eu un sondage effectué au lendemain du jugement.

Si M.Le Pen devait être empêchée et que c'était J.Bardella qui se présentait, il est crédité du même score qu'elle: 35 % au premier tour.

Vous pensez que ça ne lui a pas fait plaisir? - A.Bouilhaguet: Non.

Ce n'est pas du tout prévu dans son emploi du temps. Elle, c'est la candidate. Elle le traite bien, J.Bardella.

Mais on sent qu'elle le remet à sa place, qui est d'être un second. Elle parlait du ticket, elle en parle moins. Elle parle du second. - A.de Tarlé: Un conseiller France Télévisions A reçu cette confession d'un conseiller du RN. - A.Bouilhaguet: Au sein du RN, M.Le Pen écrase le match.

Ce n'est pas un parti qui a une grande démocratie interne. On ne vote pas des motions, on ne remet pas en cause la parole du chef. M.Le Pen est de fait la patronne.

Tout le monde s'écrase. J.Bardella, c'est un peu plus compliqué.

Il y a pas mal de personnalités dans l'entourage de M.Le Pen qui ne le trouvent pas non plus excellent dans tout. Il a montré quelques faiblesses lors des dernières législatives ou sur la binationalité.

Il a eu du mal à gérer les choses. J.Bardella a une communication impeccable.

C'est le gendre idéal. Au moment où on l'a propulsé vers Matignon, il y a eu une petite musique: "A-t-il le costume?" - A.de Tarlé: Le nom de M.Maréchal-Le Pen, même si elle a supprimé le nom "Le Pen", rejaillit. - A.Bouilhaguet: Au RN, ce qui prime jusqu'à présent, c'est le nom, le patronyme, le nom Le Pen.

J.Bardella fait un peu tache dans le décor. M.Maréchal a volé au secours de sa tante après la décision de justice.

On peut se poser la question. Est-ce que ce sera de nature à l'emporter? Est-ce que M.Maréchal-Le Pen peut être un recours?

On entend un peu cette musique. - A.de Tarlé: Merci d'être venue nous décrypter cette séquence sur M.Le Pen et le RN.

Tout de suite, "C dans l'air" revient sur la déflagration économique mondiale avec les droits de douane