Laurent Jacobelli : "La submersion migratoire existe, quoi qu'en pense la gauche !" (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:35OuverteRéponse partielle
Que veut l'Europe selon vous ? L'Europe est tenue à l'écart des négociations avec la Russie. Que doit faire l'Europe ?
- 2:28RelanceRéponse directe
Est-ce que vous ne trouvez pas que Trump est en train de désinhiber le monde ? Désinhiber la Russie ? Désinhiber la Chine ?
- 3:08RelanceRéponse directe
L'Union européenne n'est plus dangereuse pour la France que les États-Unis, la Chine ou la Russie ?
- 3:56FerméeRéponse directe
Dites-moi, est-ce que vous vous méfiez des États-Unis ?
- 4:53RelanceRéponse directe
Est-ce qu'ils sont en train de tenter d'être adoubés par le pouvoir Trump ?
- 5:58FerméeRéponse directe
Est-ce que la France doit quitter l'OTAN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 18:13Invité politiqueChiffre
« Un demi-million de migrants légaux par an, c'est une submersion migratoire. »
- 18:15Invité politiqueChiffre
« Un million de clandestins en France, c'est une submersion migratoire. »
- 12:38Invité politiqueChiffre
« 40%, 1 milliard. »
- 12:54Invité politiqueChiffre
« C'est 1 milliard par an et c'est 400 milliards en 6 ans. »
- 12:59Invité politiqueChiffre
« C'est 15 milliards par an le déficit des retraites, par exemple. »
- 14:03PrésentateurFait
« Le retraité touche deux fois plus de pensions que de contributions versées. »
- 18:19Invité politiqueFait
« Nos caisses, notamment sociales, principalement ponctionnées par cette immigration, ça suffit. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Quand on voit des organismes, des comités qui ne servent à rien, sauf à recaser des copains qui n'ont pas réussi à être élus, eh bien oui, il faut se poser la question. »
- 15:56Invité politiqueFait
« Moi, je crois en la priorité nationale. »
- 16:50Invité politiqueFait
« Non. »
- 17:01Invité politiqueFait
« On a un CDD avec eux. On leur dit, vous pouvez travailler en France un certain nombre d'années. »
- 3:52Invité politiqueFait
« pas en passant par les fourches codines de Mme von der Leyen, dont, je le rappelle, le rôle international n'existe pas et qui n'a jamais été élu. »
- 6:58Invité politiqueFait
« Pourquoi pas ? Quand je vois les Polonais acheter Sud-Coréen ou Américain, alors que la France pourrait livrer un armement de qualité dont on sait qu'il serait finalement fiable et qu'il n'impliquerait pas d'autres relations, notamment géostratégiques. »
Temps de parole
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- Présentateur25 %
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Nous nous recevons ce matin Laurent Jacobelli, qui est député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National et vice-président du groupe RN à l'Assemblée. Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Nous allons commencer par la situation internationale, parce qu'elle est sérieuse. Réunion de dirigeants européens sur l'Ukraine à Paris aujourd'hui. Il y aura là... Tout le monde sera là, le Royaume-Uni, mais aussi l'Allemagne, mais aussi l'Italie, Madame Mélanie, mais aussi M. Sanchez, Espagnol, bon, le Polonais, Tusk, enfin tous les dirigeants européens. Dites-moi, que veut l'Europe selon vous ? L'Europe est tenue à l'écart des négociations avec la Russie.
Que doit faire l'Europe ?
Écoutez, on est à un point de bascule. Voilà. Certains envisagent l'escalade, comme le Royaume-Uni, en imaginant envoyer des troupes en Ukraine. D'autres imaginent la paix, mais quelle paix ? Est-ce que c'est une capitulation de l'Ukraine, auquel cas ce serait inacceptable, ou une paix négociée ? Vous disiez quel est le rôle de l'Europe, mais le rôle de l'Europe est compliqué à définir, puisque l'Europe n'a pas d'existence en tant qu'État, et donc n'est pas un négociateur. Quel est le rôle de la France ? J'aurais pu vous répondre. Quel est le rôle de la Pologne ? J'aurais pu vous répondre.
Le rôle de l'Europe, je ne sais pas, et c'est probablement parce que ce n'est pas un État qu'il est tenu à l'écart des conversations. En revanche, la France doit jouer un rôle. Cette France qui a toujours été indépendante des autres grandes puissances, qui a toujours eu un rôle singulier, notamment, c'était la politique gaullienne, d'avoir un rôle d'interlocuteur. Un rôle, mais c'est-à-dire s'inviter aux négociations entre M. Trump et M. Poutine ? Proposer, en tout cas, oui, bien sûr, de négocier, pas seulement avec M.
Poutine, mais bien évidemment aussi avec le président Zelensky, parce qu'on ne peut pas avoir une négociation avec un seul côté, parce qu'on ne va pas à ce moment-là vers une négociation de paix. Moi, ce que je regrette, c'est qu'en quelques semaines, Donald Trump ait semblé vouloir avancer plus vite que nous pendant des mois. Je pense qu'aujourd'hui, il faut réagir. Je pense que le mot paix n'est plus un gros mot, ni dans la bouche des Ukrainiens, ni même de ce que je crois comprendre, mais il faut toujours se méfier, dans la bouche des Russes. Et donc, allons vers la diplomatie. Ne parlons pas aujourd'hui d'être battant en guerre. C'est bien le problème. Une paix qui convient aux deux.
C'est pour ça qu'on ne peut pas négocier que avec M. Zelensky, comme semble le faire un certain nombre d'États européens, ni seulement avec la Russie, comme semble vouloir le faire Donald Trump. Donc, unissons nos forces, peut-être, parce que je pense que la diplomatie et la paix doivent être l'objectif. Pas le réarmement absolu de l'Ukraine, pas la guerre contre la Russie, mais la paix.
– Bien. Est-ce que vous ne trouvez pas que Trump est en train de désinhiber le monde ? Désinhiber la Russie ? Désinhiber la Chine ? Si la Chine mettait la main sur Taïwan aujourd'hui, qui bougerait ? Qui réagirait ?
– Mais vous avez raison. Je pense qu'aujourd'hui, il y a une forme d'impérialisme nouveau qui naît. L'impérialisme chinois, l'impérialisme russe, qui se réfère à... – L'impérialisme américain ? – L'impérialisme américain, vous avez raison de le dire. Et la réponse ne veut pas être un impérialisme européen. C'est-à-dire une Union européenne qui broie les nations et qui veut s'arroger les droits de la politique et le rôle de politique internationale. Ça ne marche pas. Certains pays ont des intérêts contradictoires.
– Alors l'Union européenne n'est plus dangereuse pour la France que les États-Unis, la Chine ou la Russie ? Non mais je vous pose la question. Je vous pose la question. – Vous changez d'en pensée. – Non, non, je vous pose la question.
– Non, je dis que ça ne peut pas être la solution d'avoir cette diplomatie imposée à 27. En revanche, que plusieurs États européens qui partagent la même vision, qui ont ce rôle de pays, on va dire, entre les grandes puissances... – Des États qui, politiquement, ne sont pas les mêmes. – Ne sont pas les mêmes. – Entre Mme Mélanie et M. Sanchez, il y a un monde. – Vous avez raison, un monde politique, mais puis il y a un intérêt diplomatique et géostratégique commun. Donc il faut évidemment s'associer plus fort, nous serons, en étant unis. Mais pas en passant par les fourches codines de Mme von der Leyen, dont, je le rappelle, le rôle international n'existe pas et qui n'a jamais été élu.
– Dites-moi, est-ce que vous vous méfiez des États-Unis ?
– Oui. – Oui ? – Bien sûr, parce que les États-Unis, leur seul intérêt, ce sont les États-Unis. Ceux qui croient que les États-Unis sont bienveillants. – Mais ce n'est pas nouveau, d'ailleurs, depuis Barack Obama et même avant. – Mais évidemment. Et d'ailleurs, moi, je vais vous dire, pour ça, je les admire, c'est-à-dire qu'un président américain défend toujours les intérêts de sa population et de son pays avant le reste. Donc ceux qui cèdent aux sirènes du trumpisme, ou d'une autre, comme avant Biden, d'ailleurs, se trompent. – Qui cède aux sirènes du trumpisme ? – Je vois qu'il y a la course pour aller serrer la main de Donald Trump. – C'est-à-dire ? – Pour plein de raisons.
Je crois qu'à droite, certains, chez Zemmour, par exemple, cherchent une comparaison. Je pense que ce n'est pas raisonnable. Il y a quelque chose d'intéressant dans le trumpisme. – Ils se couchent devant Trump, ils vont chercher un... – Vous avez l'accélérateur de conclusion en marche aujourd'hui, Jean-Jacques Bourdin.
– Mon cher Laurent Jacobelli, j'essaie d'aller chercher le fond de votre pensée. Est-ce qu'ils sont en train de tenter d'être adoubés par le pouvoir Trump ? – Oui, certains le cherchent apparemment.
Et en fait, il y a un aspect intéressant chez Trump, presque fascinant. C'est-à-dire que cet homme arrive au pouvoir et en deux semaines, il signe plus de décrets que tous ses prédécesseurs. et il montre que quand on a la volonté politique, on peut réaliser ce pourquoi on a été élu.
– Oui, il gouverne par décret, entre parenthèses, sans passer par le Parlement,
ce que vous ne feriez pas, j'imagine. – Je vous le confirme, et surtout avec une possibilité que certains décrets soient retoqués. – Et les juges sont déjà vendebous contre la plupart des décrets. – Je comprends que dans un monde où la parole politique n'a plus de poids, n'a plus de valeur, voir quelqu'un qui, à partir du moment où il s'assied à son bureau, essaye de mettre en place la politique pour laquelle il a été élu, puisse intéresser et fasciner. C'est un contre-exemple intéressant. En revanche, ne jamais oublier que Donald Trump n'est pas là pour faire un cadeau à la France ou à l'Europe ou à qui que ce soit, il est là pour les États-Unis d'Amérique.
Et essayer de croire qu'il va adouber, qu'il va vouloir l'intérêt des Français, c'est se tromper. Il veut l'intérêt des Américains et personne ne peut lui reprocher.
– Est-ce que la France doit quitter l'OTAN ?
– Non, bien sûr que non. La France doit…
– Marine Le Pen pensait qu'il fallait quitter le commandement intégré. – Ce n'est pas la même chose. – Je sais, c'est pour ça que je précise, pardon Laurent Jacobelli, je précise. Donc aujourd'hui, nous devons quitter le commandement intégré de l'OTAN.
– Absolument. – Et pas quitter l'OTAN. – Non, bien sûr, parce que l'OTAN est une protection, notamment pour un certain nombre de pays européens. – Vous pensez que les Américains vont encore nous protéger ? – Mais oui, je le crois, parce que c'est leur intérêt aussi. Les Américains ne peuvent pas ne pas avoir d'allié dans l'Europe de l'Ouest et dans l'Europe centrale. C'est impossible. Et l'OTAN est ce vecteur. Et puis les Américains, même s'ils sont prédominants dans l'OTAN, on ne va pas se cacher non plus, ne sont pas les seuls à pouvoir décider. Vous savez, les Américains, ils sont pragmatiques au fond.
Ils vendent des armes, notamment à des pays européens, qui préfèrent acheter américains d'ailleurs qu'acheter français.
– Est-ce que les pays européens, tiens, devraient s'obliger à acheter européens ?
– Ah oui, ça je crois que pour le coup, on parle souvent d'Europe, souvent elle est à côté de la plaque, mais là-dessus, oui. Moi quand je vois les Polonais…
– Voilà une décision que vous attendez d'aujourd'hui, pourquoi pas ?
– Pourquoi pas ? Quand je vois les Polonais acheter Sud-Coréen ou Américain, alors que la France pourrait livrer un armement de qualité dont on sait qu'il serait finalement fiable et qu'il n'impliquerait pas d'autres relations, notamment géostratégiques, voilà quelque chose sur lequel on pourrait travailler. Ça c'est concret, parce que quand on parle d'Europe de la défense, on parle de surendettement, on parle d'équiper, de créer une industrie dans des pays qui n'en ont pas, probablement au détriment de l'industrie française, ça ce sont des chimères. Mais l'Europe concrète, ça peut être celle qu'on vient d'évoquer.
– Liberté d'expression, le discours de M. Vance, je ne sais pas si De Gaulle aurait beaucoup apprécié ce discours, les leçons données par les Américains à l'Europe. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, sur la liberté d'expression ? Liberté d'expression à l'américaine, je précise.
– Je suis tiraillé, je vais être honnête avec vous, Jean-Jacques Bourdin, entre deux choses. – Je le sens. – Il dit des choses sur l'Union européenne qui ne sont pas complètement fausses, sur la perte de l'esprit démocratique en Union européenne, sur le fait que des commissaires que personne n'a élus dictent ce qui est bien et ce qui est mal et veulent l'imposer à des États qui, eux, ont des gouvernements légitimes. C'est toujours un peu gênant. Après, moi, je n'aime pas l'interventionnisme, qu'il soit américain, chinois, russe ou quoi que ce soit. Vous savez, c'est mon côté gaulliste.
Je pense que la France doit être indépendante et qu'elle doit avoir des bonnes relations avec tout le monde mais ne jamais se laisser dicter sa politique par d'autres. – Les États n'ont que des intérêts, disait De Gaulle. – Oui, les États ont des intérêts. Je pense qu'ils ont aussi une âme, parfois.
– Oui, oui, oui, oui. Bon, enfin, nous verrons bien si les États-Unis ont une âme. Dites-moi, Vence a soutenu publiquement l'AFD. Ça vous gêne, ça ? – C'est de l'interventionnisme. – Vence qui défend les héritiers du nazisme contre lequel sont venus mourir des milliers de jeunes américains. Est-ce que ça vous gêne ?
– Moi, ça me gêne autant que quand le chancelier ou la chancelière allemande soutient Emmanuel Macron pour les élections présidentielles. Je pense que, et je le répète, « L'interventionnisme n'est jamais bon signe ». Voilà. Je ne crois pas au désintérêt des nations. Et lorsqu'elles interviennent dans la vie de la nation voisine, c'est que derrière se cache quelque chose. Soit une volonté de fusion européenne, soit une volonté d'imposer commercialement des choses. Mais c'est jamais gratuit. Et donc, je pense qu'il faut se méfier de toutes ces interventions, qu'elles soient américaines, russes ou européennes.
– Jordan Bardella va aller aux États-Unis, là, pour participer à la convention des conservateurs américains. – Il va prêter allégeance au nouveau pouvoir.
– Ce serait mal connaître Jordan Bardella que tu imagines cela. En revanche, je pense que c'est important d'avoir des relations avec des mouvements politiques, des tendances partout dans le monde pour entretenir des liens, des liens qui, demain, feront que peut-être des ministres se connaîtront mieux d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique ou partout dans le monde. Mais il y a une différence entre participer à un événement, avoir des liens, lier une diplomatie du quotidien, j'allais dire, avec de futurs dirigeants, et puis être, comme vous l'avez dit, affilié ou inféodé à quelqu'un.
– Oui, il va rencontrer Javier Milley, le président argentin, là-bas. Dites-moi, est-ce qu'il faut suivre l'exemple argentin en France, c'est-à-dire s'abrer dans les dépenses publiques, supprimer de nombreux fonctionnaires ?
– Alors je pense qu'on n'est pas obligé de sortir la tronçonneuse comme il l'a fait. Je pense qu'il y a deux constats aujourd'hui. Il nous faut en France un service public fort, c'est le modèle français, c'est pour ça que les Français acceptent jusqu'à un certain point de payer des impôts. En revanche, aujourd'hui, cet État est devenu obèse. Voilà, il faut qu'il entame sa liposuction, il est temps. Quand on voit des organismes, des comités qui ne servent à rien, sauf à recaser des copains qui n'ont pas réussi à être élus, eh bien oui, il faut se poser la question.
Quand on voit les milliards dépensés dans l'immigration, bien sûr qu'il faut qu'on fasse des économies, mais pas à la SERP, pas contre notre modèle. Je pense qu'il faut un peu de sagesse. Ceux qui disent, il ne faut surtout pas toucher aux dépenses de l'État parce qu'on toucherait aux services publics se trompent, et ceux qui disent, il faut tout détruire se trompent aussi.
– Bien, mercredi, la Cour des comptes rendra son rapport, flash, sur le régime des retraites. Je voulais y revenir, régime déficitaire, je voudrais quand même le rappeler. – Vous avez raison. – Les défenses sociales augmentent ? – Elles augmentent ? – Oui. Peut-on se permettre en France de travailler moins ?
– Non. – Non. – Mais travailler plus, c'est aussi une chimère. Vous savez, pour reparler des dépenses sociales, et particulièrement des retraites, on ne règle pas le fond du problème en fait. On nous dit, il va falloir travailler plus longtemps, il va falloir cotiser plus, il va falloir ceci et cela. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, on a un problème dans les caisses de retraite ? C'est parce qu'il n'y a pas assez d'emplois en France, pas assez de productivité en France pour les emplois créés. Un emploi Uber participe à la richesse nationale, malheureusement beaucoup moins qu'un emploi industriel, et il n'y a pas assez de natalité. Réglons ces trois problèmes.
– Vous ne pourrez pas interdire les emplois Uber. – Non, mais je n'ai pas dit que je... – Laurent Jacobéli. – Non, mais vous dites un emploi Uber.
Les emplois Uber, ils se sont imposés, ils existent. – Jean-Jacques Bourdin, c'est très bien qu'il soit créé pour celui qui l'occupe. En termes de cotisation, et donc il faut retrouver des emplois à Ford.
– Non, mais il y a une question que je voulais vous poser sur la dette. 839 milliards d'euros de plus de dettes en 6 ans. 839 milliards d'euros. 52% de cette dette vient des retraites. – Bien sûr. – Pour financer le régime des retraites. Alors expliquez-moi comment faites-vous pour financer le régime des retraites sans travailler plus, sans augmenter le temps de travail, sans augmenter les cotisations. et sans réduire le montant des pensions.
– D'abord, Jean-Jacques Bourdin, il y a des économies à faire. Je vous parlais de l'immigration tout à l'heure. Est-ce que vous saviez que le minimum retraite en France, ce qu'on appelle l'ASPA, je ne voudrais pas être technique, c'est le minimum vieillesse qui est donné à un certain nombre de personnes. 40% est donné à des étrangers. 40%, 1 milliard. Ensuite, ces économies, on peut les trouver aussi dans le coût de l'immigration, je vous l'ai dit d'une manière générale. Et il faut créer un nouveau modèle.
– Un milliard sur 400 milliards. En 6 ans, c'est 400 milliards.
– C'est 1 milliard par an et c'est 400 milliards en 6 ans. – Ben oui, d'accord. – C'est comparable. – Oui. – C'est 15 milliards par an le déficit des retraites, par exemple. C'est ce que disent un certain nombre d'études. Si vous mettez en place un système...
– Plus la dette, 15 milliards, c'est le déficit des retraites, plus ce que coûte ce déficit des retraites pour notre dette. – Vous avez raison.
Est-ce qu'on règle le problème durablement en préservant notre système ou est-ce qu'on casse tout sans être sûr de ce qui va se passer après ? – On met un peu de capitalisation ? – Je ne crois pas. Je crois qu'il faut... – Vous êtes contre la capitalisation ? – Je ne suis contre rien. Je suis pour qu'on étudie tout. Je ne crois pas que ce soit la solution, Jean-Jacques Bourdin. – Bon, d'accord. – Moi, je crois dans notre modèle. – Parce que certains proposent. – Oui, j'entends bien. Je crois dans notre modèle. Je pense simplement que notre modèle repose sur un triptyque important des emplois productifs, de la création d'emplois et la natalité. On perd aujourd'hui sur ces trois tableaux.
Si on veut régler le problème durablement, il faut travailler sur les problèmes de fond. Sinon, Jean-Jacques Bourdin, on se reverra tous les ans et on dira tous les ans, il y a un problème dans les caisses de retraite, il faut travailler plus, il faut cotiser plus et il faut avoir des pensions plus faibles.
– Vous savez quel est le problème ? C'est que le retraité touche deux fois plus de pensions que de contributions versées. – Eh oui, deux fois plus. – On est d'accord. – Alors ça veut dire quoi ? Par exemple, faut-il supprimer l'abattement fiscal de 10% sur les retraites ?
– Jean-Jacques Bourdin, est-ce que vous croyez que nos retraités sont tous riches, heureux du montant qu'ils touchent ?
– Mais ceux qui ne paient pas d'impôts ne seraient pas touchés. On est bien d'accord, Laurent Jacobelli.
– On est bien d'accord. Mais pourquoi aller imaginer diminuer le train de vie de nos retraités et qui déjà pour la plupart ont des problèmes pour se soigner ? Vous savez, on dit souvent, les retraités français sont des gens extrêmement riches et extrêmement heureux. Mais vous savez probablement qu'aujourd'hui, avec l'ensemble des déremboursements, plus on vieillit, plus on a besoin de soins, et plus les dépenses de soins de nos retraités augmentent. Et donc on ne peut pas les traiter comme s'ils étaient exactement des salariés.
– Et comment faites-vous alors que les cotisations ne représentent que deux tiers des pensions versées ? Comment faites-vous ?
– Mais je viens de vous le dire, je peux vous le redire. – Un tiers, ce sont des impôts et la dette. – Ce que vous êtes en train de décrire, c'est qu'on est un pays, plus généralement, qui est entre deux modèles. Voilà. On a la pire des situations aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on a un modèle qu'on veut américaniser, c'est-à-dire qu'on explique aux gens, eh bien aujourd'hui, notre modèle social n'est plus tenable, donc il va falloir privatiser la retraite. Mais en même temps, si je puis dire, on a des cotisations parmi les plus élevées au monde qui correspondent à un modèle social typiquement français. On ne peut pas avoir les deux. Il y a un moment où il faut le choix.
Il faut le choix de la cohérence. Alors nous, on préfère un modèle social fort, avec effectivement des cotisations plus fortes qu'ailleurs, mais avec un État qui crée, qui élargit l'assiette de cotisation. Ce qui veut dire plus d'emplois, et je le répète, plus d'enfants. Il faut une politique volontariste.
Plus d'emplois, ça veut dire naturaliser les étrangers en situation régulière qui travaillent depuis un certain temps en France, notamment les médecins ou les aides-soignants.
Plus d'emplois pour les Français, ce serait bien déjà, Jean-Jacques Bourdin. Moi, je crois en la priorité nationale. Je pense qu'il faut libérer nos entreprises d'un certain nombre de normes. Il faut libérer nos entreprises d'un certain nombre de taxes. J'étais dans une pépinière dans ma circonscription en Moselle à Florange, une pépinière d'entreprise. Je peux vous assurer que quand vous créez votre boîte et que les premières lettres que vous recevez, c'est pour vous imposer une norme absurde et vous prendre votre argent pour tout un tas de taxes improbables, eh bien, ça dissuade. Ça dissuade de créer des entreprises et ça dissuade d'embaucher. Mais je vous repose la question.
Il y a 5 millions de chômeurs en France, Jean-Jacques Bourdin. Mais je sais. Si on avait le taux d'employabilité... Je termine ma phrase. Si on avait le taux d'employabilité de l'Allemagne, il n'y aurait aucun problème pour le financement des retraites. Si on pose le problème comme ça, on voit que c'est plutôt sur la création d'emplois qu'il faut travailler plutôt que le serrage de ceinture des Français.
Est-ce que vous êtes favorable à donner la nationalité française aux médecins étrangers ? Non. Qui exercent depuis un moment en France et dont on a besoin ? Jean-Jacques Bourdin.
Oui ou non ? Non. On a besoin, dans certains domaines très particuliers, de personnes qui viennent de l'étranger, nous appartient leur savoir et leur expérience. C'est le cas de médecins. Eh bien, on a un CDD avec eux. On leur dit, vous pouvez travailler en France un certain nombre d'années. C'est ce qu'ils font.
Ils travaillent légalement.
Tout le monde.
Mal payé, mais ils travaillent légalement.
Alors, je ne suis pas pour qu'ils soient mal payés. Je ne suis pas pour qu'ils soient mal payés. Ils sont mal payés. Parce que je suis contre l'esclavagisme, moi, parce que souvent l'immigration, ceux qui disent l'immigration de travail, etc., ils voient bien un intérêt derrière qui est un intérêt financier. En revanche, quand ce contrat se termine, il peut faire la demande de nationalité française et il doit y avoir un certain nombre de conditions, mais ou retourner dans son pays, ou en général, d'ailleurs, on a aussi besoin de médecins.
Vous ne voterez pas la censure, mercredi ? C'est peu probable, en effet. La censure déposée par le Parti Socialiste. Vous ne voterez pas sur les questions de valeur, suite aux propos de François Bayrou, sur le sentiment de submersion migratoire. Mais vous censurerez bientôt ce gouvernement ?
Nous nous réservons le droit de le faire, si un certain nombre de mesures, prises par M. Bayrou et ou ses ministres, nous apparaissent contraires à l'intérêt général. On peut parler de sécurité, on peut parler d'immigration, on peut parler fiscalité, et si nous avions voulu le censurer il y a une semaine, nous l'aurions fait. On ne va pas le censurer aujourd'hui, sur la question de la submersion migratoire, par des gens de gauche, qui effectivement ont ouvert les portes et les fenêtres à toute l'immigration du monde, légale et illégale, parce qu'il y a effectivement une submersion migratoire. Un demi-million de migrants légaux par an, c'est une submersion migratoire.
Un million de clandestins en France, c'est une submersion migratoire. Nos caisses, notamment sociales, principalement ponctionnées par cette immigration, ça suffit. Donc oui, nous n'allons pas apporter de l'eau au moulin des socialistes, de LFI ou des écologistes en la matière. Mais pour autant, nous sommes vigilants, nous ne sommes pas soutiens du gouvernement, nous ne sommes pas dans la majorité. Si demain, il y a quelque chose qui nous heurte, qui nous paraît contraire à l'intérêt des Français, nous votons les Français.
– Vous pourriez travailler avec Bruno Retailleau, sans problème. Vous avez presque les mêmes idées, Laurent Jacobelli. – En tout cas, il y a les mêmes paroles.
Je ne sais pas ce qu'il a au fond de sa tête. Moi, je ne lui fais pas un procès en insincérité.
– Il est devenu un danger politique pour Marine Le Pen. – Non, il n'y a pas de danger.
Je vais vous dire un truc. Plus on parle comme nous, plus on fait notre pub. Maintenant, est-ce que Bruno Retailleau est sincère ? Moi, si j'avais voulu vraiment... – Vous ne pensez sincère ? Alors, je vous pose la question. – Il a une certaine permanence dans le discours. Il faut lui reconnaître ça, même avant qu'il soit ministre. – Il a commencé même avant vous.
Il a commencé avant Bardella, c'est ce qu'il rappelait. Et il a commencé avant que Marine Le Pen ne se lance en politique.
– Alors, je lui lance un défi sur votre loi. – Alors, allez-y, allez-y, allez-y. – S'il est sincère, pourquoi est-ce qu'il continue à travailler avec des gens qui veulent régulariser les clandestins, avec des gens qui veulent plus d'immigration, avec des gens qui nous disent que l'immigration est une chance ? Ça pose question pour quelqu'un qui veut limiter l'immigration. Est-ce qu'il est sincère quand il travaille avec des gens qui veulent légaliser le cannabis alors que lui déclare vouloir faire la chasse aux narcotrafiquants ? C'est simple. Soit il travaille avec des socialistes, avec des gens de la majorité qui veulent plus d'immigration et plus de drogue, alors il est insincère.
Soit il est sincère, et bien qu'il nous rejoigne.
– Donc, pour vous, vous avez des doutes sur sa sincérité ?
– Je vais vous dire, quand on veut lutter contre l'immigration et contre l'insécurité, travailler avec les socialistes, oui. – J'ai vu ce que disait Jean-Philippe Tanguy,
il est contre le droit à l'avortement, le mariage pour tous, le droit des femmes. C'est ce que disait Tanguy hier.
– Écoutez, je ne sais pas si M. Retailleau est contre tout ça, mais là, la question, c'est pas le problème. Les convictions intimes, moi, ne me choquent pas, c'est pas les miennes. Et c'est pas ce que dit la loi aujourd'hui, c'est très bien. Maintenant, M. Retailleau se positionne plutôt sur des questions migratoires et des questions sécuritaires, et je le répète, je ne suis pas sûr que travailler avec M. Réves-Samen… – Il monte dans les sondages, quand même. – Travailler avec M. Lombard soit la meilleure des choses pour le faire. – Mais il monte dans les sondages, vous avez vu. – C'est bien pour lui.
Moi, j'ai vu un autre sondage qui disait que parmi l'électorat de droite et du centre-droit, les deux personnalités les plus populaires s'appelaient Jordan Bardella et Marine Le Pen. Et ça, moi, ça me donne un espoir. Un espoir que tous ceux qui aiment sincèrement ce pays, que tous ceux qui pensent que l'immigration n'est pas une chance, que la première des libertés, c'est la sécurité, et qu'il y a un modèle social irrité du gaullisme qu'il faut maintenir, et bien nous rejoignent demain.
– Richard Ferrand est le candidat d'Emmanuel Macron pour la présidence du Conseil constitutionnel.
Vous vous opposez à ce choix ? – Alors d'abord, c'est un choix étrange. Ça ressemble quand même à du recasage de copains. Quelles sont les qualifications de M. Ferrand pour obtenir ce poste, si ce n'est d'être un très proche d'Emmanuel Macron ? Maintenant, nous, on est pragmatique. Il va y avoir une audition, on va l'écouter. Alors on ne va pas dire qu'il part très favori pour nous, c'est sûr. – Commission des lois, Sénat, Assemblée. – Absolument, et on va voir ce qu'il nous propose.
Pour l'indépendance de l'institution qu'il est censé diriger demain, pour les actions d'avenir qu'il doit faire, et pour la garantie qu'il donnera aux Français que cette institution ne sera pas demain un frein à leur choix, et bien on va l'écouter et puis on décidera après. – Alors vous n'avez pas décidé encore ? – Non, non. – Vous allez voir, vous allez être pragmatique. – Oui, il y a un a priori défavorable, je ne vais pas vous le cacher. Maintenant, on va l'écouter. Nous, on est pragmatique, vous savez, à chaque fois qu'on vote une loi, à chaque fois qu'on entend quelqu'un, on se pose la question à la fin, est-ce que c'est l'intérêt des Français ?
On essaye d'oublier le côté purement partisan qu'il peut y avoir, évidemment.
– Alors, puisque vous essayez d'oublier le côté partisan, Jean-Luc Mélenchon estime que François Bayrou ment à propos de Bétarame. Vous aussi ?
– Je pense qu'il a été au mieux très maladroit lorsqu'il a répondu au sein de l'hémicycle à des questions. Est-ce qu'il a menti ? Est-ce qu'il a oublié ? Moi, je ne sais pas, je ne suis pas dans son cerveau. En tout cas, c'est gênant en revanche. Je crois qu'il faut agir avec beaucoup de mesures et penser aux victimes, principalement. Parce que ce qui s'est passé là-bas est assez effroyable. – Il est allé les rencontrer ? – Il est allé les rencontrer. Je crois que l'organisation des victimes est plutôt rassurée par ce qu'il leur a dit et par la justice qui va s'accélérer pour défendre leurs droits.
Je pense que la vraie question, c'est la protection des mineurs, notamment face aux prédacteurs sexuels, quels qu'ils soient. Il y a deux choses. Soit M. Bayrou est sincère et c'est tant mieux, soit il a participé à une forme d'omerta sciemment sur le sujet. Et là, ce serait grave. Pour l'instant, je ne le sais pas. J'attends de voir et nous déciderons en fonction de ce que nous découvrirons.
– Merci Laurent Jacobelli. – Merci pour votre invitation. – Merci d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio. – Sous-titrage ST' 501
Laurent Jacobelli