Faut-il rétablir un service national obligatoire en France ? | Controverse
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour. -BONJOUR. -Bienvenue. -LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVE.
Moi, je suis Clément, c'est moi qui vais présenter et animer le débat. -Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants. -Voilà, les deux députés qui vont être ici. -J'irai pas faire la guerre pour un dirigeant que j'ai même pas choisi. -J'y vais tout de suite.
Générique -Bonjour à tous et bienvenue dans "Controverse", l'émission qui va peut-être vous faire changer d'avis, en partenariat avec l'INSEEC MSc, l'Ipsos BVA et Opinion Square. Le principe est simple, une question, deux débatteurs et un public qu'il va falloir convaincre. Alors, la question, je vous la présente.
Faut-il rétablir un service national obligatoire en France ? Il a été supprimé par Jacques Chirac, mais avec la guerre qui revient aux portes de l'Europe, le débat ressurgit. Un débat qui sera porté, aujourd'hui, par nos deux invités, Christophe Blanchet.
Bonjour et bienvenue sur ce plateau. Vous êtes député MoDem du Calvados. Et vous avez pour ambition de rétablir un service national obligatoire.
Vous avez fait une proposition de loi pour cela et vous allez nous expliquer en détail en quoi est-ce que cela consiste. Face à vous Aurélien Saintoul, bonjour. Bienvenue, vous êtes député de La France Insoumise, élu des Hauts-de-Seine.
Le service militaire obligatoire, c'est pas trop votre truc. Et vous avez une autre proposition que vous soumettrez à notre public. Le public, justement, il est composé d'étudiants de l'INSEEC.
Alors, vous les voyez, ils sont là en visio, ils vont suivre à distance ce débat, ils vont vous écouter attentivement et ils vont voter pour donner leur opinion au début, au milieu et à la fin de l'émission. On verra si vous arrivez à les faire changer d'avis. On vous salue à distance et on vous souhaite une bonne émission.
Des étudiants de l'INSEEC, il y en a aussi à nos côtés sur ce plateau. Merci à vous d'être là, d'être présents. Votre mission va être de challenger nos deux débatteurs, de les pousser un peu dans leur retranchement en exprimant vos convictions et vos arguments.
Enfin, à nos côtés, Christelle Craplet. Bonjour. -Bonjour. -D'Ipsos BVA.
On compte sur vous pour nous révéler ce que pensent les Français de cette question du jour. Voilà. C'est parti pour "Controverse".
Jingle Et on commence par le premier vote. Comment se positionnent les étudiants de l'INSEEC avant que le débat ait lieu ? Je vous redonne la question : faut-il rétablir un service national obligatoire en France ?
Verdict, eh bien, vous êtes 46 % pour un rétablissement du service national obligatoire, 18 % contre et 36 % qui n'ont pas encore d'avis sur le sujet. Je pense qu'Aurélien Saintoul, Christophe Blanchet, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Il y a beaucoup d'indécis.
Vous allez présenter vos arguments et il va falloir les convaincre pour votre camp plutôt que pour l'autre. Vous avez chacun cinq minutes pour convaincre notre public. Cinq minutes, donc, pour donner votre position.
Christophe Blanchet, vous allez commencer. Pourquoi voulez-vous rétablir un service national obligatoire ? Il y a un compte à rebours qui va s'afficher sur votre écran.
Vous avez cinq minutes. C'est parti ! -D'abord, merci.
Bonjour à toutes et tous. Bonjour, chers collègues. J'ai déposé une proposition de loi il y a un peu plus d'un an sur le fait de rétablir un service militaire obligatoire mais sélectif, comme il se fait dans beaucoup de pays de l'Est.
D'abord, revenons, si vous me permettez, un peu sur l'historique. Le service national a été suspendu par le président Jacques Chirac en 1997. Parce que les temps avaient changé, que le temps de la guerre froide avait diminué, s'était estompé et qu'il fallait retrouver une autre vision de la défense nationale globale en France qui n'avait pas besoin d'autant de conscriptions, autant de militaires, de jeunes qui allaient faire leur service militaire.
Les temps ont ainsi évolué, partant sur une armée professionnelle qui, aujourd'hui, est composée d'hommes et femmes qui s'engagent pour nous défendre et qu'il faut toujours soutenir et respecter, évidemment. Mais les temps changent depuis 1997. Dernièrement, nous n'avons jamais été autant menacés.
Il y a dans le monde 60 conflits armés. 60 conflits armés dans le monde. Le monde est instable.
Le monde...
Beaucoup de pays se réarment. Et face à cela, que devons-nous faire ? Nous, Français, et nous, notre pays ?
Nous sommes menacés tous les jours. Le pays est menacé tous les jours. Nous subissons des attaques tous les jours.
Tous les jours, nous avons des incursions auprès de satellites. Tous les jours, nous avons, dans les airs, des aviateurs qui frôlent quelques missions. Sur terre aussi, sur la mer aussi, sur le continent français qui est composé de 13 fuseaux horaires, il faut le savoir, nous sommes le premier pays au monde à en avoir autant, devant la Chine et les Etats-Unis.
Nous sommes partout, nous avons des intérêts partout. Nous sommes menacés sous les mers, avec les câbles sous-marins qui, des fois, sont rompus. Donc face à ces menaces, qui sont multiples, et la dernière des menaces est celle que vous subissez aussi, indirectement, lorsque vous avez une fausse information, que vous avez une manipulation d'information, lorsque vous avez une cyberattaque, des phishings, etc.
Ce sont des attaques souvent diligentées par des états forts, structurés, qui nous attaquent aussi, qui mettent en péril notre cohésion. Face à cela, qu'est-ce qu'on fait ? On reste passif ou on se construit.
Alors, il y a deux sujets de réponse. Evidemment, c'était comment on remettait à niveau les moyens de nos armées pour qu'elles puissent nous défendre. C'est ce qui est fait depuis neuf ans, à travers l'augmentation du budget des armées, conséquent, à travers la remise à niveau de ces armées pour qu'elles répondent aux aspirations, aux menaces qui nous font face, aujourd'hui.
Mais aujourd'hui, on a besoin aussi d'avoir les forces morales de la nation. Les forces morales, c'est vous tous, c'est nous, c'est chaque citoyen. Comment on participe chacun, à notre niveau, à la défense de notre pays ?
Ce qui est le plus important. Que serait-on si on n'avait pas une défense pour nous protéger ? Pas grand-chose.
C'est le général de Gaulle qui disait que la défense, c'est la première raison d'être de l'Etat. Il n'y peut se substituer sans se détruire lui-même. Il n'y a rien qui est supérieur à la défense nationale.
Rien ne peut exister si on n'a pas une défense pour nous assurer. Et vous, comme moi, comme nous tous, nous faisons partie intégrante de cette défense nationale. Sauf que ça a été un petit peu oublié depuis ces dernières années.
Il n'y a pas eu d'éducation à cela depuis très longtemps. Ce que je propose, à travers ma proposition de loi, c'est, effectivement, comme cela existe, par exemple en Suède, chaque jeune entre 18 et 25 ans doit obligatoirement candidater pour faire son service militaire, son service national. Et ce sont les forces armées, élargies aux forces de la garde nationale, qui sélectionnent les profils qui les intéressent, qui vont être pertinents pour les accompagner dans l'idée de la défense nationale, et qui vont être utiles.
Et je crois qu'il faut savoir aussi vous faire confiance. Parce que vous avez aussi énormément à nous apporter avec vous, cette génération qui manipule beaucoup mieux que moi ou que certains, l'outil informatique, l'outil numérique. Et vous avez aussi cette capacité à vouloir vous engager.
Je crois que personne ne peut le contester, la jeunesse veut s'engager. Moi, j'aimerais qu'il y ait ce côté où on s'engage pour la nation, pour la défense de chacun et chacune, pour l'intérêt général. On se défend nous-mêmes.
Et participer à cela, je pense que c'est possible, aujourd'hui. Je crois qu'il y a une attente et il y a une nécessité, vu les menaces que nous subissons aujourd'hui. Ca se passe bien dans les pays qui l'ont mis en exploitation.
Ca met du temps. C'est un coût raisonnable, mais que je répondrai à ça. -Il vous reste 25 secondes, exactement. -Et donc, moi, je crois en ce dispositif, évidemment, d'accompagnement.
Evidemment qu'il suscite des polémiques, et c'est entendable, parce que depuis 1997, on n'a pas parlé de ça. Aujourd'hui, il est temps, il est nécessaire, et surtout il est utile, et vital pour notre nation de nous retrouver, à un moment, et de permettre à des jeunes d'accomplir cette tâche de défendre le pays et notre pays, tout simplement. Je vous remercie.
Applaudissements Applaudissements -Vous avez respecté à la seconde près les temps impartis. J'espère que vous allez faire de même, Aurélien Saintoul. Comme Christophe Blanchet, vous avez cinq minutes pour dire pourquoi vous êtes contre ce service obligatoire et puis aussi pour expliquer votre proposition.
Le chrono va s'afficher. C'est parti. -Bonjour à toutes et tous et merci d'organiser cette discussion qui nous permet de revenir sur ce sujet important.
D'abord, dans un premier temps, je veux dire qu'il y aura des convergences, nécessairement, avec ce que vient de dire mon collègue. En revanche, moi je défends le contre. Pourquoi ?
Parce que je suis contre l'idée du rétablissement. L'idée de rétablir quelque chose qui a été suspendu me paraît à minima anachronique, insuffisant et doit être précisé. Pourquoi ?
D'abord parce que le premier des défauts du service national obligatoire antérieur, c'est qu'il n'était pas mixte. Donc, on ne peut pas arriver simplement et dire qu'on rétablit quelque chose qui était ancien et qui excluait la moitié de la jeunesse d'une obligation ou d'une participation active à la vie civique. Donc, si un dispositif devait être créé, il faudrait s'assurer qu'il est mixte.
Le deuxième point, c'est qu'il me semble indispensable de s'interroger sur le caractère éventuellement inégalitaire de la sélection. Le modèle de ce que vient de décrire Christophe Blanchet, c'est quand même un modèle dans lequel on est obligé de candidater, mais où on est sélectionné. Alors, peut-être que la sélection ne tombera que sur des gens volontaires, mais après tout on va se retrouver vraisemblablement dans des situations qu'on a connues antérieurement où on a des exemptés, des gens qui, en réalité, ne sont pas volontaires mais qui vont être sélectionnés et puis d'autres qui étaient vraiment volontaires et qui ne vont pas être retenus.
Et ça, c'est quand même, dans l'histoire de la conscription, un sujet majeur parce que tout le XIXe siècle, par exemple, a vu ce sujet abordé. On organisait des tirages au sort pour éviter de passer sous les drapeaux. Alors, toutes ces inégalités-là, elles me posent un grave problème.
Il y a un troisième point qui est peut-être de dire qu'il faut prendre le problème dans un autre sens qui est celui de l'autonomie de la jeunesse, de se poser d'abord cette question de qu'est-ce qu'on fait pour s'assurer de l'autonomie de la jeunesse. Même si je ne veux pas faire de mauvais procès à mon collègue, sa proposition elle intervient dans un contexte où, depuis des années, on nous explique que les jeunes ont besoin de s'engager et on a inventé un format pour ça, le SNU, le Service National Universel, qui s'adressait à des jeunes de 16 ans. Et, en fait, il était vide et il répondait à une espèce de préjugé, vous me passerez le qualificatif, mais de préjugé un peu petit bourgeois d'Emmanuel Macron lui-même qui, pendant la campagne présidentielle, en 2016 s'était inventé l'idée qu'il fallait faire goûter un peu aux armées à toute la jeunesse et qu'à 16 ans on apprenait à faire son lit au carré, on se levait à 6 h 00, on saluait le drapeau et que l'affaire était réglée.
C'est donc cet imaginaire-là avec lequel, moi, je suis en totale opposition. Je pense qu'il faut proposer à la jeunesse autre chose. Celles et ceux qui ont participé au SNU, en réalité, moi j'en ai rencontré, étaient des jeunes filles et des jeunes garçons pleins d'allant, de bonne volonté et d'envie de bien faire.
Mais en réalité, ce dispositif-là ne servait à rien. Alors, aujourd'hui, nous, ce que nous proposons au sein de La France Insoumise, c'est un modèle qui est de...
On a pris l'expression "de conscription citoyenne" pour qu'on comprenne que la société entière allait être engagée là-dedans, mais qui réponde plus largement aux besoins de la société. Alors oui, il y aura un volet, disons, d'instruction de défense qui sera partagé par tous les jeunes de ce pays. Et puis, il y aura quand même l'essentiel des activités qui seront des activités utiles à l'Etat, à la société, qui seront des activités civiles parce que notre objectif, c'est, d'une certaine façon aussi, de changer la posture ou de s'assurer que les citoyens sont pleinement citoyens et pas simplement des consommateurs du service public.
Ils en deviennent des acteurs et ils le contrôlent. Il y a un service dans lequel, particulièrement, ce sera important, c'est d'imaginer la jeunesse qui sera présente dans tous les services publics. Je le disais, c'est les services qui permettent d'atténuer les effets du réchauffement climatique, de préparer la population et d'accompagner la population dans la bifurcation écologique que nous, on défend.
Et puis il y a d'autres services auxquels on peut penser, d'éducation, mais aussi des services de police par exemple, parce que nous pensons qu'il y a un besoin, effectivement, de contrôle de la police par la société, par la population, et réciproquement d'une meilleure compréhension, probablement, des enjeux de police par les citoyens eux-mêmes. C'est ça notre modèle, nous, d'inclusion. Et je crois qu'un des éléments très importants, c'est de se rendre compte que dans la jeunesse, aujourd'hui, on a grosso modo 20 % des moins de 25 ans qui recherchent un emploi.
Nous, nous avons une proposition très forte qui est de dire : "Il faut que s'il doit y avoir un dispositif, il soit pensé d'abord et en fonction des besoins de la jeunesse d'autonomie." Nous avons une proposition d'allocation d'autonomie pour la jeunesse, mais, évidemment, ça vient s'ajouter à cette idée que s'il y a conscription, elle doit être rémunérée au SMIC, bien fléchée, et pas rétablir un ancien service avec de la corvée de patate et de la caserne. -Le temps est imparti est terminé.
Applaudissements -Félicitations, M. Saintoul, vous avez respecté les cinq minutes. Alors, on y voit un peu plus clair sur les arguments, les idées, les positions de nos deux débatteurs.
Vous allez pouvoir en débattre en face à face dans un instant, mais avant, on va voir ce que pensent les Français de notre question du jour. Jingle Je me tourne vers vous, Christelle Craplet. Vous êtes notre spécialiste opinion.
Je rappelle que vous travaillez pour l'Institut de sondage Ipsos BVA. La première question : est-ce que la guerre et les conflits dans le monde sont un sujet qui préoccupe les Français ? -Oui, bien sûr.
C'est un sujet qui les préoccupe. Alors, ce n'est pas leur priorité numéro un, parce qu'en ce moment, ils sont très focalisés sur des enjeux du quotidien : pouvoir d'achat, santé, sécurité. Mais quand on les interroge sur leurs préoccupations, les crises internationales, c'est assez bas dans le classement.
C'est en septième place dans notre dernier baromètre. Mais quand on focalise plus spécifiquement sur le sujet de la guerre, on voit quand même une vraie inquiétude, notamment sur les répercussions que ça pourrait avoir en France. Et c'est quatre Français sur dix qui pensent qu'aujourd'hui, il y a un risque fort que la France puisse être dans un conflit armé dans un futur proche. -Et dans ce contexte, que pense-t-il du rétablissement d'un service obligatoire ? -Alors, globalement, ils sont majoritairement favorables au rétablissement d'un service militaire.
Il faut savoir, après, quelle est la distinction entre volontaire ou obligatoire. On a réalisé une première enquête en novembre 2025 où on leur demandait s'ils étaient favorables à un service militaire volontaire. Et là, c'était 62 % qui nous disaient oui.
On avait un quart, à peu près, qui était contre et les autres, qui n'avaient pas d'opinion. Et si je remonte un peu plus loin, on avait fait une autre enquête en mars 2025, où, cette fois-ci, on essayait d'interroger la notion d'obligation d'un tel service militaire. Et là, on voyait une large majorité de Français qui étaient pour, et même 53 % qui étaient favorables à ce que ce soit obligatoire.
Donc globalement, une idée qui fait quand même son chemin dans l'esprit des Français. -Est-ce que tout le monde partage cette position ? Qu'est-ce que les jeunes pensent du sujet, notamment ? -Alors, derrière ce 53 %, où les Français sont favorables à un service militaire obligatoire, on a d'assez nettes divergences de perceptions selon l'âge des répondants.
Chez les 60 ans et plus, c'est globalement une très large majorité qui est pour, 63 %. C'est beaucoup plus mesuré chez les plus jeunes, les principaux concernés. Ils sont que 41 % à nous dire qu'ils seraient favorables à un service militaire obligatoire.
On a peut-être aussi d'autres différences selon sa sympathie politique. On est plus favorable à cette idée quand on est sympathisant de droite, plus divisé quand on est sympathisant de gauche. -Merci beaucoup, Christelle Craplet.
Alors, on voit que cette question du service national, elle crispe un peu les jeunes au niveau national, mais pour l'instant en tout cas, ce n'est pas le cas avec les étudiants de l'INSEEC sur le premier vote. On va voir si tout cela évolue puisqu'ils vont revoter. Mais avant cela, il va y avoir l'heure du face-à-face, le débat.
Vous avez 15 minutes pour défendre vos positions. Je guider un peu ce débat autour de quelques grandes questions que soulève notre sujet. La première, elle porte un peu sur le diagnostic de la situation actuelle.
Est-ce que notre armée, aujourd'hui, est capable de faire face, seule, à un retour de la guerre ? Ou est-ce qu'elle a besoin de s'appuyer sur la nation pour mobiliser à la fois davantage de personnes et davantage de compétences ? On va commencer par vous, Aurélien Saintoul. -La question, il faut la remettre dans le contexte global des choix stratégiques qui ont été faits dans le pays depuis plusieurs décennies.
Le premier et le plus structurant, c'est de savoir que nous avons décidé de nous doter d'une arme nucléaire. Donc, quand on réfléchit aux enjeux de sécurité et de défense pour la France, la première chose est de se dire qu'en théorie, nous avons fait le choix de sanctuariser notre territoire, nos intérêts vitaux, en tout cas c'est ce que dit la doctrine, grâce à l'arme nucléaire, et jusqu'à présent, elle n'a pas été prise en défaut. Donc ça, c'est un point sur lequel je pense qu'il est important de s'entendre.
Parce qu'on ne peut pas dire qu'on a des besoins de préparation à une guerre...
Aujourd'hui les militaires disent : "hypothèse d'engagement majeur", donc une guerre type Ukraine, non, il n'y a pas de risque d'invasion de la France, en réalité, ce n'est pas, à brève ou moyenne échéance, réellement crédible. -La dissuasion nucléaire, pour vous, répond à toutes les menaces, aujourd'hui ? -Je dis qu'elle continue à avoir un effet structurant sur le modèle qui fait que vous n'avez pas besoin de 800 000 jeunes pour vous défendre si jamais vous deviez, demain, être envahi.
C'est important d'avoir ça à l'esprit. Le deuxième point, c'est qu'en revanche, oui, il y a aujourd'hui des transformations, des mutations de la conflictualité dans le monde, c'est-à-dire que oui, il y a différentes façons de subir des agressions, de plein de façons différentes. Ca peut être des agressions économiques, ça peut être des agressions informationnelles.
Et là, la société entière est concernée, mais il n'y a pas que la conscription qui peut permettre de répondre à ça. Moi, un sujet de préoccupation, Christophe Blanchet parlait tout à l'heure de force morale, qui est un peu un élément de langage qui a émergé autour d'Emmanuel Macron ou que Emmanuel Macron a promu ces dernières années en disant qu'on a besoin de force morale pour faire face à l'épreuve. Mais en réalité, pour faire face à l'épreuve, il faut une société extrêmement soudée.
Et aujourd'hui, qu'est-ce qui met le plus en danger la cohésion de la société ? C'est l'éclatement des inégalités, dans ce pays, la façon dont certaines personnes désertent l'impôt et refusent de payer leurs impôts, cette façon de casser progressivement le service public, et tout ce qui fait qu'en réalité, la société mérite qu'on la défende, d'une certaine façon. Ca, petit à petit, c'est usé.
Donc, encore une fois, je vois bien les problèmes. Je crois que la société a complètement son mot à dire et que les citoyens doivent être pleinement en contrôle. Mais... je ne pense pas que le simple rétablissement apporte des réponses. -Christophe Blanchet, votre réponse.
Je rappelle la question : "Notre armée, aujourd'hui, est-elle capable de faire face, seule, à un éventuel retour de la guerre ? -De quelle guerre on parle ? M.
Saintoul a évoqué plusieurs conflits sur lesquels on est d'accord. Les conflits, aujourd'hui, sont multiples. Armés, informationnels, cyber et autres.
Pour votre bonne information, je vous invite à lire, on n'aura pas le temps maintenant, mais la revue stratégique que je vous ai amenée, c'est un petit document qui fait ça. M. Saintoul peut confirmer que c'est un document officiel fait par l'Etat et sans connivence ou collusion partisane.
On est bien d'accord, je pense, au minimum ? Ca fait état de la situation actuelle et des menaces que nous allons avoir en France et pas dans 10, 20 ans, dans 5, 6 ans. Donc, le sujet que l'on doit avoir, c'est comment chacun d'entre nous participe à cette prise de conscience et, à son humble niveau, participe au fait d'accompagner cette défense nationale.
Alors, il ne s'agit pas, évidemment, de prendre une arme. On a des professionnels pour cela, nos militaires. Ils sont formés, ils sont accompagnés.
Ils ont signé leur contrat qu'ils étaient prêts à mourir pour la France. -Alors, il s'agit de faire quoi ? -Et nous, c'est qu'on accompagne ces forces militaires à travers, notamment, l'augmentation des réserves.
Et comment on augmente l'augmentation des personnes dans les réserves ? C'est à travers... le fait d'inciter des jeunes à faire le service national obligatoire mais sélectif que je propose, parce que ça met un pied dans la connaissance du monde qui nous environne, et surtout, ça vous permet, vous, de nous apporter ce sur quoi on est peut-être en défaut.
Mais cette cohésion nationale...
M. Saintoul me reprend sur les mots "force morale". Alors, je pourrais dire "chaîne d'union" ou "patriotique". -J'ai une question à vous poser à tous les deux, là-dessus, mais j'aimerais quand même vous entendre, parce que votre proposition, elle vient alors qu'on vient de lancer un service militaire volontaire.
On va peut-être rappeler en quoi ça consiste. C'est un engagement de dix mois, payé 800 euros brut, qui doit répondre aux besoins de l'armée et qui va monter en puissance. On est autour de 3 000 candidats engagés cette année et l'objectif, c'est d'atteindre 42 500 en 2035.
Ca ne suffit pas ? -Je pense que ce que je vais dire va déplaire à certains et plaire à d'autres. On se réjouit d'avoir 3 000 jeunes, entre 18 et 25 ans, qui se disent : "On veut faire notre service national volontaire".
Moi, je suis un peu dubitatif, 18-25 ans, c'est 5 millions de jeunes. D'avoir 3 000 jeunes qui se sentent la fibre patriotique de défendre de la nation sur 5 millions, je pense qu'on a loupé quelque chose à un moment. Je pense que c'est bien, mais qu'on a loupé le fait d'éduquer notre jeunesse, de vous éduquer, de vous accompagner pour comprendre ce qu'est la défense nationale.
Moi, ce que je vous propose, c'est autre chose. Entre 18 et 25 ans, vous avez l'obligation de candidater. Pour répondre à M.
Saintoul, il y a la mixité, car ma proposition de loi prévoit la mixité totale. C'est aussi bien les hommes que les femmes, car on est dans un pays où chacun est souverain et il y a l'égalité homme-femme. Les hommes et les femmes peuvent candidater. -Une question sur ce qu'on appelle le lien entre l'armée et la nation.
Est-ce que ce lien a besoin d'être renforcé ou pas, aujourd'hui ? Aurélien Saintoul, vous en pensez quoi ? Ca a été un peu abordé déjà. -Ca ne pourrait pas être une mauvaise chose. -Parce que M.
Blanchet disait, on a un peu oublié ce que c'est que notre armée depuis la suspension du service militaire. -Je crois que votre experte opinion pourrait confirmer que moins la population connaît l'armée, plus elle en a une image positive. C'est une corrélation qui a été montrée ces dernières années par des chercheuses comme Bénédicte Chéron. -Christelle. -Elle a une bonne image.
Je n'ai pas forcément tous les éléments sur la corrélation, mais c'est vrai que globalement, les Français ont une bonne image de l'armée. -Ce que nous défendons dans le modèle de conscription citoyenne qui inclut une partie d'activité de défense pour celles et ceux qui seraient volontaires, nous pensons que cette mesure-là, elle est dans la tradition, disons, de Jean Jaurès, qui dit que le citoyen doit avoir une connaissance et un contrôle direct sur les armées. Ce n'est pas une institution parmi les autres.
Au temps de Jaurès, c'était d'autant plus important que les armées pouvaient être carrément utilisées pour la répression des mouvements sociaux. Aujourd'hui, heureusement, on n'en est plus là et je crois qu'aucun militaire n'accepterait ce genre de choses. Mais pour comprendre les enjeux des militaires, on peut se retrouver là-dessus. -Il y aura une dimension militaire pour toute la classe d'âge qui devra faire sa conscription citoyenne ou pas ? -Pour la classe d'âge, il y aura, le modèle est à affiner, mais il y aura un temps d'instruction civique, mais pas d'instruction au maniement des armes, nécessairement.
En revanche, il y aura des missions d'ordre de défense pour celles et ceux qui seraient volontaires, dans la limite de ce que, évidemment, les armées pourraient définir comme besoin. -Christophe Blanchet, votre réponse par rapport aux arguments d'Aurélien Saintoul, vous convergez finalement, là-dessus ? -Moi, je crois que la défense d'un pays, ça se...
Ca ne se négocie pas. Et on doit tous être impliqués pour défendre notre pays. C'est notre pays, c'est la France.
Et je ne dis pas ça en disant, comme vous avez dit madame, souvent c'est ceux qui sont favorables, de plus de 60 ans, et parlent d'un temps que les moins de 20 ans n'ont pas connu aujourd'hui. Il ne faut pas dire que c'était mieux avant. Et je me bats là-dessus.
Avant, c'était comme ça. Mon objectif à travers cette proposition, c'est de construire le mieux après avec vous, en vous faisant comprendre que la France, c'est nous tous. On est tous unis dans cette chaîne d'union, pour pas parler de force morale, mais cette chaîne d'union, c'est nous tous.
Chacun met sa pierre à l'édifice. On a un dessin fait dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale, en 14-18. Ce dessin représente deux poilus qui parlent dans la tranchée.
Et le premier dit à l'autre : "Pourvu qu'ils tiennent". L'autre se retourne et dit : "Mais qui ça ?" Le premier dit : "Les civils." C'est ça, la chaîne d'union.
C'est que nos militaires engagés ne peuvent pas aboutir leur mission s'ils n'ont pas la conviction que nous sommes tous derrière eux. Et si en plus, à côté de ça, on peut être avec eux pour les accompagner, les aider, sécuriser notre nation, alors, je peux vous assurer que ça, c'est la meilleure arme de dissuasion que l'on peut avoir vis-à-vis de nos compétiteurs qui attendent de voir nos faiblesses arriver et de voir nos divergences passer le pas pour être encore plus menaçants envers nous. C'est ça qui est marqué dans la revue stratégique. -On a bien compris vos deux points de vue, à la fois sur la dimension militaire et la dimension obligatoire ou non de ce service national.
Mais historiquement, ce n'était pas que ça. C'était aussi un creuset républicain car ça concernait toute une classe d'âge sans distinction de classe sociale, d'origine, d'appartenance religieuse. Alors, est-ce qu'il faut rétablir cette dimension-là à travers un service national obligatoire, mais pas forcément militaire, en fait ?
C'est ma question. Aurélien Saintoul. -Je crois que si on a besoin de ça pour s'assurer que les citoyens vivent bien ensemble, c'est qu'on a déjà échoué avant.
Donc c'est sous cet angle-là. Moi, je ne veux pas dire qu'on a besoin de ça pour que les gens vivent bien ensemble et soient heureux. -Donc ça ne va pas être un objectif de cette conscription citoyenne que vous portez ? -Ca ne peut pas être un premier objectif.
Bien sûr qu'il faudra le faire. Je dirais même qu'une des principales préoccupations dans la mise en oeuvre d'un tel dispositif, ça doit être la lutte contre les discriminations. Parce que, oui, dans la société, dans les armées comme dans d'autres services de l'Etat, on est traversé par les discriminations en tout genre, que ce soit religieux, d'orientation sexuelle, que ce soit lié au racisme, etc.
Et chaque fois que vous vous adressez à la totalité de la population ou d'une classe d'âge, il faut avoir des dispositifs extrêmement vigilants et actifs pour éviter ça. Pour le coup, notre proposition de conscription est pensée pour permettre d'être vigilant vis-à-vis de celles et ceux qui y seraient impliqués, mais aussi, elle répond aux besoins que le service public, l'ensemble des services publics, y compris la défense, soit à l'image de la société. Je pense que c'est important. -Christophe Blanchet, votre proposition va concerner combien de jeunes a priori ?
Pas toute une classe d'âge, on est d'accord ? -Ce n'est pas toute une classe d'âge parce que... -Ca va être combien ? 50 000 ? -50 000.
Moi j'ai établi sur 8 % d'une classe d'âge. En prenant exemple très clairement de ce qui se passe dans les pays qui l'ont appliqué depuis ces dernières années. -Il n'y aura pas la dimension de creuset républicain ?
Je ne vais pas donner votre âge, mais vous avez fait votre service militaire chez les parachutistes. On a même la preuve en images. Vous avez vécu ça.
Qu'est-ce que vous en avez tiré ? Est-ce que vous avez ressenti cette dimension-là où on mélange un peu tout le monde et tout le monde est embarqué dans la même histoire et ça crée une cohésion nationale ? -Dans votre question, il y a deux sujets.
Je vais rejoindre M. Saintoul. L'objet du service national, ce n'est pas de réparer le creuset républicain.
C'est deux sujets différents. Je parle de défense de la nation, défense du pays. Si effectivement, on n'a pas réussi à faire un meilleur consensus républicain, c'est qu'on a échoué sur d'autres mesures avant, notamment éducatives.
C'est pour ça que j'ai fait voter une loi sur l'éducation et la défense nationale de la 5e jusqu'à la terminale. C'est pour aussi réparer tout cela. Là, défense nationale.
Est-ce que...
Je ne veux pas revenir sur "c'était mieux avant". C'est sympa de m'avoir trouvé la photo, avec mon packtage. J'étais plus jeune et un peu moins lourd, sauf avec mon packtage qui pesait 25 kilos à l'époque.
Mais ce que je veux dire, c'est qu'évidemment, ce sont des souvenirs. Evidemment, quand on se retrouve pendant les classes avec une chambrée, avec des camarades qui viennent, qu'on ne connaît pas parce que c'est du concret, ce n'est pas du virtuel sur les réseaux sociaux, c'est des cultures qui se rencontrent, mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est la défense nationale.
Faire corps, d'où vous veniez, on est tous français et on défend notre pays. -Si je devais résumer un peu vos deux positions, vous, Christophe Blanchet, vous voulez former de futurs potentiels soldats et vous, Aurélien Saintoul, peut-être davantage de futurs citoyens ? -Oui, je pense que ça peut être une formulation utile, en tout cas pour bien préciser le distinguo entre nos positions.
Il y a un point sur lequel je voudrais quand même insister, qui est la question de la bifurcation écologique et de la planification écologique. Le genre de transformation de la société qu'on doit engager ne pourra pas se faire sans l'implication de la société, et des plus jeunes. C'est un axe très important pour nous dans notre proposition de se dire qu'on doit avoir une société capable de prendre soin d'elle-même, de transformer l'ensemble des usages.
On dit souvent que les jeunes ont envie de s'engager, j'y crois, mais pas que pour la gloire. Je pense qu'il faudrait aussi mettre sur la table des moyens et dire qu'il y aura une activité utile à la société et donc elle sera rémunérée. Et en même temps, pouvoir se donner des objectifs de planification.
Par exemple, il y a besoin de sauver les forêts de ce pays. Ca ne se fera pas sans que des personnes travaillent. Et donc, ce travail-là, c'est l'ensemble de la collectivité qui doit le planifier.
Et donc, les jeunes en particulier y participeront. -La divergence, citoyens-soldats. Moi, ce ne sont pas des soldats.
Ce sont des personnes armées. Armées intellectuellement, armées potentiellement avec leur arme qu'est le téléphone. Un téléphone est une arme aujourd'hui, quand on voit ce que ça peut faire.
Donc c'est cela. Et si celles et ceux qui veulent porter une arme veulent aller un peu plus vers le côté militaire, il faudra le mettre juste dans l'acte de candidature. "Je veux un peu plus".
Moi, je parle de service national, pas service militaire. Service national, ça veut dire qu'on peut aussi incorporer les armées, mais la gendarmerie, la police, la police nationale, la police municipale même, vous voyez, j'ouvre à cela. La douane, tout cela, ça fait partie du continuum de sécurité globale sur lequel chacun et chacune, on peut intervenir pour soulager celles et ceux qui seraient en première ligne.
Le but n'est pas d'être en première ligne, mais d'être assez fort ensemble en seconde ligne en défendant la nation. C'est le plus important : défendre notre pays ensemble. -On a terminé ce face-à-face.
Vous avez de quoi faire votre opinion pour voter à nouveau. Donc on va passer au second vote. Jingle Et je rappelle que ce sont les étudiants de l'INSEEC qui suivent ce débat et cette émission à distance, en visio, qui participent à ce vote.
Alors, le scrutin est ouvert. Lors du premier vote en début d'émission, il y avait, je le rappelle, 46 % pour un service national obligatoire, donc pour la proposition de Christophe Blanchet. 18 % qui était contre.
Sans forcément connaître la proposition de M. Saintoul. Maintenant, vous avez défendu votre position.
Et il y avait des indécis, 36 % sans avis. Alors ce débat entre Christophe Blanchet et Aurélien Saintoul a-t-il bougé les lignes ? Est-ce que certains étudiants ont changé leur vote ?
Le scrutin est clos, on va voir s'afficher le résultat. Alors, en faveur du service national obligatoire ? On est à 52 %, donc ça a progressé.
Ceux qui sont contre, 41 %. Donc il y a beaucoup moins d'indécis. Ils ne sont plus que 7 %.
Donc 41 % qui ont rejoint les rangs d'Aurélien Saintoul. Vous partiez de 18. Belle remontée !
Mais la proposition de Christophe Blanchet reste encore majoritaire, on va peut-être se rendre du côté de l'INSEEC parce qu'on est en liaison vidéo avec un étudiant qui a changé d'avis entre son premier et son second vote. Issa, bonjour. Expliquez-nous, qu'est-ce que vous aviez voté au tout début de l'émission ?
Qu'est-ce que vous avez voté là ? Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? *-Alors moi, mon premier vote, c'était non, parce qu'en fait, je n'avais pas connaissance des guerres qui étaient si proches de chez nous. *Et notamment aussi le fait que ça a plusieurs facettes, comme ça peut être des cyberattaques et notamment ça peut être aussi des guerres physiques. *Et à la suite, du député qui m'a convaincu, notamment par ses explications, j'ai décidé de voter oui. *Et je pense que ça peut être une très bonne idée. *Mais je suis aussi en accord avec le deuxième député qui a voté non pour adapter le service militaire, c'est-à-dire ne pas le rétablir, mais bien en mettre un en place avec de nouvelles fonctionnalités et adapté aux enjeux actuels. -En fait, vous faites un peu la synthèse des deux.
Merci beaucoup, Issa, pour votre réaction. -Il faut qu'il fasse de la politique. -En fait, vos deux arguments ont porté, finalement.
Alors, on l'a vu, les votes ont pas mal évolué depuis le début de l'émission, mais rien n'est joué, car là, vous allez passer sur le grill. Le principe est simple. On a sur ce plateau deux groupes d'étudiants.
Il y en a dix qui sont pour un service militaire obligatoire, et dix qui sont contre. Et ils vont vous challenger l'un et l'autre avec leurs mots, leurs convictions et leurs ressentis également. M.
Blanchet, vous d'abord. Qui veut ouvrir les débats ? -Alors, je suis Ahmed.
Moi, je suis contre parce que je pense qu'on ne peut pas construire un Etat en forçant ses jeunes. Si l'Etat veut notre engagement, qu'il le mérite, et en donnant des raisons d'y croire. Et franchement, 10 milliards pour former des gens en dix mois et qui ne seront pas des vrais soldats, c'est de la monnaie gaspillée au moment où ma génération a d'autres urgences.
Voilà. -Une question précise, très claire. Christophe Blanchet, c'est la dimension obligatoire qui, visiblement, ça coince.
Et pas que. Il y a aussi la question du financement. -Ahmed, plusieurs sujets.
On ne peut pas forcer des jeunes, il y a une trentaine d'années, on a forcé des jeunes à faire leur service national et ça ne les a pas pour autant neutralisés dans leur parcours et ça ne nous a pas empêchés de vivre notre vie. On a été forcés de le faire. Mais on avait cette éducation au sens de la nation, de la patrie, ce qu'est que la nation.
C'est ça qui... et je respecte votre condition car s'il n'y a pas eu l'éducation pour que vous compreniez ce cheminement, votre réaction est normale.
Mais l'intérêt supérieur de la nation, c'est la défense nationale. Il faut comprendre. C'est ça qui nous protège tous, qui vous protégera au quotidien.
Donc je respecte votre point de vue parce qu'il fait la suite d'un cheminement que vous avez eu dans votre parcours personnel, éducatif, qui n'accompagne pas à cette compréhension. Sur le volet financier, je reviens. Je ne sais pas où vous avez trouvé les 10 milliards.
En tout cas, pas chez moi. Parce que moi, mon dispositif pour 50 000 jeunes, pour neuf mois, c'est 700 millions d'euros. -Il faut les trouver.
Aujourd'hui, on les cherche. -L'intérêt supérieur de la nation qu'est la défense n'a pas de prix. Le coût de la vie, de notre protection n'a pas de prix.
On ne peut rien faire s'il n'y a pas une défense qui nous soutient et qui nous défend. Je respecte mais j'essaie de vous expliquer ce cheminement. Et je suis en désaccord avec vous. -Alors peut-être, vous voulez réagir ? -Alors un jeune formé en dix mois, contre son gré, quelle est vraiment sa valeur réelle face à un militaire professionnel ? -Très bien.
En quelques mots, parce qu'il faut écouter d'autres étudiants. -Moi, ce que je cherche, c'est de voir comment on récupère vos compétences. Et c'est ça le plus important.
Vous en avez à nous donner. Le service national que je propose, c'est faire état de ce que vous savez faire, ce que vous pouvez apporter à la nation. -Deuxième question avec cette étudiante.
Bonjour. -Bonjour à tous. Je suis Aïcha.
Et donc, j'ai entendu un peu vos échanges. Mais la question maintenant est comment vous allez financer tout ça ? Sachant que les Français, déjà, ont une certaine baisse du pouvoir d'achat.
Comment vous allez trouver les fonds nécessaires pour rendre un service militaire obligatoire pour autant de personnes ? -La défense, j'insiste, ça n'a pas de prix. Il faut bien comprendre, c'est essentiel.
Et tout le reste, évidemment, c'est du quotidien, il faut le vivre. Encore faut-il voter des budgets. Moi, je voterai un budget qui mettra cela en place.
Notre responsabilité de politique, c'est de faire des budgets équilibrés pour répartir la vie de chacun et chacune avec la particularité de chacun. Mais je finirai juste sur cette phrase. L'intérêt général, madame, ce n'est pas la somme des intérêts particuliers quand on parle de défense nationale.
Mais c'est l'intérêt général qui est supérieur au reste. -Une troisième question. Allez-y. -En Finlande, le service national obligatoire, c'est qu'il est pour les hommes et pour les femmes volontaires.
Est-ce qu'on pourra avoir la même chose pour la France dans les prochaines années ? -Vous avez évoqué la Finlande, moi je suis parti du modèle estonien sur lequel j'ai été aussi voir, sur le modèle suédois aussi. C'est intéressant parce que je me rappelle lorsqu'on a évoqué un autre sujet sur le SNU à l'époque qui a été un échec au final, il y avait la volonté de tous de dire il fallait que ce soit mixte.
Donc, je suis ouvert au débat. Moi, je pense que pour une question d'égalité, d'équité, et je crois qu'il y a autant de compétences chez les femmes que chez les hommes pour la défense nationale. -Christelle, oui. -Dans les 53 % dont je vous parlais, pour un service national obligatoire, on avait cette distinction.
Et on en avait 32 % qui valorisaient le fait que ce soit à la fois pour les hommes et les femmes, et 21 % seulement pour les hommes. Donc, plutôt une petite majorité qui tend à valoriser la mixité, avec quand même des femmes un petit peu plus partagées sur le sujet. -Merci Christelle, sur la mixité.
Moi j'ai une carte à vous montrer sur la dimension obligatoire du service national en Europe, car pas mal de pays l'ont mis en place, et notamment récemment, je crois qu'on est à dix pays en tout, on les voit s'afficher sur cette carte, dix pays qui ont mis en place un service national obligatoire. Une nouvelle question ? -Bonjour, merci à vous.
Moi, je m'appelle Justine. J'avais une question qui rejoint l'égalité au-delà de la mixité hommes-femmes, ça va plutôt être axé sur, vous voulez faire ça d'une valeur commune et universelle, mais quelles mesures vous allez mettre en place pour qu'elles soient pour tous les jeunes ? Et ici, je parle de toutes les classes sociales, on voit en France beaucoup d'inégalités.
Vous n'avez pas peur qu'il y ait des révoltes ? Une fille de ministre, au même titre qu'une fille d'ouvrier, va devoir réaliser ce service ? -Vous posez le sujet qui a mis fin au service national qu'on a connu en 1996.
C'était l'inégalité des chances pour ne pas le faire. On connait quelqu'un qui connait la bonne personne et on ne faisait pas son service. Je suis complètement contre et je me battrais pour ne pas qu'on ait cela.
Aujourd'hui, on a des systèmes numériques qu'on n'avait pas e 1996, On a les systèmes de l'intelligence artificielle. Comment font ces pays-là ? chaque jeune candidate, avec une lettre de motivation, tout est enregistré en numérique et c'est les armées qui disent, quel profil elles veulent.
Admettons une jeune fille super compétente en informatique. Elle n'est pas bonne en sport. Je schématise, n'y voyez aucune caricature, je ne veux pas créer de problème.
Mais cette personne, on la veut parce qu'on a une armée cyber. On a une jeune fille qui est super forte en sport, qui fait du fit sport et tout ça, du fit club, je ne sais plus comment ça s'appelle. On la veut parce qu'on a besoin de quelqu'un qui entraîne, qui participe, qui va en...
Ben voilà. Je fais confiance au numérique qui est d'une impartialité totale. -Dernière question et après, on va passer à vous, Aurélien Saintoul. -Bonjour, mon nom c'est Lamine Diarra.
Dans votre intervention, vous avez fait savoir que nous faisons face à de nouveaux enjeux en termes de guerre. Aujourd'hui, les guerres se tournent plus vers tout ce qui est cyber, tout ce qui est renseignement. Et moi, j'aimerais savoir, imposer un service à toute une génération qui va durer à peu près toute une année, est-ce que cela est pertinent face à un investissement à des compétences beaucoup plus spécialisées ? -Alors, je vous rappelle que je sélectionne 8 % d'une classe d'âge.
Une classe d'âge, c'est 700 000 jeunes. 8 % ça fait 50 000. Ce n'est pas tout le monde qui est imposé.
Imposé de se sentir volontaire, de sentir...
Il y a l'obligation de candidater. C'est comme ça qu'on a le sentiment d'appartenir. Et celles et ceux qui seraient pas retenus, d'ailleurs, je propose de permettre un dispositif à des jeunes de pouvoir le faire s'ils le veulent, avec l'augmentation des réserves.
Donc le sujet, c'est pas dire on prend tout le monde. On n'est pas en capacité, déjà, budgétairement. -Sur le type de menaces et les compétences nécessaires, c'est le sens de votre question, par rapport aux profils disponibles. -Parlons du cyber.
Aujourd'hui, c'est plus d'un million d'attaques cyber qu'on a en France. La plupart, vient de pays de l'Est et certains compétiteurs qui s'appellent la Russie. Ce sont des attaques cyber, des attaques aussi criminelles sur la monnaie, sur le numéraire.
Donc tout cela fait partie véritablement de nos attaques et sur lesquelles vous avez une compétence, où vous pouvez accompagner nos forces armées, nos forces de défense nationale pour apporter à la fois votre savoir-faire et surtout après, une fois récupéré, vous pouvez diffuser l'information pour faire véhiculer le fait que chacun peut participer à la défense. -Aurélien Saintoul vous allez passer sur le grill de nos étudiants qui sont de l'autre côté. Qui prend la parole en premier ?
Bonjour. -Bonjour, monsieur. Je m'appelle Edouahdi.
La question est...
Service militaire par rapport aux étrangers ? C'est que, puisque...
Ils vivent en France, ils travaillent en France, ils payent les impôts en France et qui représentent une part importante de la population. On ne peut pas nier ça. -Seront-ils concernés par la conscription citoyenne d'Aurélien Saintoul ? -Exactement.
Si oui, comment ? Et si non, comment justifier que son financement repose également sur leurs contributions ? -Voilà.
D'une manière générale, de toute façon, ce qui existait en matière de service national vaut, au moins pour la proposition, j'imagine, de Christophe Blanchet. La participation à une conscription est liée à la citoyenneté. Donc, aussi longtemps qu'il y a ce lien qui existe, la question que vous posez est très pertinente.
Est-ce que celles et ceux qui voudraient participer à une conscription et qui n'auraient pas la nationalité à ce moment-là, est-ce que ça devrait...
Est-ce que c'est un moyen d'acquérir la nationalité ? Probablement. Vous avez raison de poser cette question, car dans les armées aujourd'hui, il y a la possibilité d'acquérir la nationalité en s'engageant, en servant.
Donc ça, la question se pose. Après, il y a la question de celles et ceux qui n'ont plus l'âge, n'ont plus la possibilité et qui sont étrangers. Bon, nous, au sein de La France Insoumise, de toute façon, on défend la possibilité pour nombreux, d'acquérir la nationalité française.
Même sans avoir participé à une quelconque conscription. -Deuxième question. Allez-y. -Bonjour, je m'appelle Alixia.
Déjà, merci pour votre débat très constructif. Tout à l'heure, vous avez dit, M. Saintoul, que vous pensez que quand même notre arme nucléaire est très dissuasive.
A l'heure actuelle, en 2026, il y a quand même beaucoup de pays qui ont l'arme nucléaire. Avec des grosses têtes comme Poutine et Trump, pensez-vous vraiment que c'est suffisant et qu'il ne faut pas montrer davantage notre force en rétablissant le service national, comme beaucoup de pays le font, et du coup suivre également cette force européenne et montrer que la France fait partie des grosses têtes de l'Europe ? -L'idée d'un service qui servirait à une démonstration de force, pour le coup, je n'y crois pas trop, parce que ce qui est en cause, évidemment, c'est la défense du territoire.
J'ai parlé de dissuasion nucléaire mais il y a d'autres choses qui font qu'aujourd'hui, la France, dans son territoire, n'est pas directement menacée de façon conventionnelle. Oui, on a construit l'Union européenne, l'Europe, la réconciliation franco-allemande. On n'a pas de problème à nos frontières, d'une certaine façon.
Donc, l'idée de dire qu'on a un message, un signal à envoyer, je crois que le service national obligatoire n'est pas vraiment pertinent. Après, l'autre question que vous pouvez vous poser, c'est est-ce que ces personnes qui participeraient à un service national obligatoire, c'est plutôt une question à lui poser, mais est-ce qu'elles peuvent être projetées à l'étranger, à l'extérieur ? Dans le modèle que nous défendons de conscription, qui a donc un volet de défense, mais dont l'essentiel concerne plutôt des activités civiles, nous disons, en aucun cas, ces personnes ne pourraient être envoyées à l'étranger.
Je crois que Christophe est d'accord. -Christophe Blanchet, dans votre proposition ? -Tout à fait.
Les appelés n'ont pas vocation à partir sur un conflit extérieur. -Une troisième question. -Je m'appelle Dylan, merci pour votre intervention.
Vous prenez l'idée de la dissuasion nucléaire, mais à ce jour, le territoire français est attaqué quotidiennement et beaucoup de défense sont passées sous silence. Le brassage social que vous prenez, c'est une bonne idée, mais savez-vous taux de conversion de jeunes pour le maniement des armes qui vont être pour les forces de l'ordre ? Comment vous allez gérer tout ça ?
Et est-ce qu'il y a une sanction, des pénalités pour ceux qui vont refuser l'engagement ? -Ca rejoint la question de l'obligation tout à l'heure. Quand on vous dit que vous êtes obligé, moi je suis un insoumis.
Donc si vous me dites "obligé", partez à droite, je pars à gauche. On est tous construits comme ça. Donc ça tombe bien.
En revanche, je pense que cette notion d'obligation, d'abord, elle est importante parce qu'elle est la condition de l'égalité. Et ça a été redit, en fait. Ensuite, est-ce que la fille du ministre ou la fille de l'ouvrier auront les mêmes obligations, les mêmes choix ?
Donc, je crois que cette idée d'obligation, elle permet de garantir l'égalité. On avait une formule pour parler de ça. On parlait de l'impôt du temps.
Ben oui, on a des obligations en tant que citoyen. On paye des impôts. Personne ne se soustrait à ça.
Et si jamais on se fait prendre... -L'impôt du temps, je ne comprends pas bien l'idée. -On a dans la vie un moment où on est tous égaux face à ce qu'on doit à la société... -A l'Etat, à la nation. -On donne du temps à la société, à la nation, si vous voulez employer l'expression.
Et donc, de ce point de vue-là, oui, il y a forcément un besoin de garantir cette obligation. La contrepartie de l'obligation, si elle n'est pas respectée, il faut qu'il y ait des inconvénients. Il ne s'agit pas de jeter les gens en prison, etc.
Nous défendons par exemple la possibilité de l'objection de conscience. C'était un des arguments pour le SNU. Des jeunes gens de 16 ans se retrouvent dans un milieu militaire ou paramilitaire alors qu'ils n'ont pas une conscience totalement formée ou en tout cas la loi ne l'en reconnaît pas complètement, dans un milieu militaire sans avoir même la possibilité de dire non, et ne pas y aller. -Donc l'objection de conscience de votre côté ? -La logique de l'objection de conscience est possible, et la contrepartie, si ce n'est pas respecté, aujourd'hui il y a des obligations à remplir.
Vous ne pouvez pas être candidat au concours de la fonction publique ou à certaines fonctions. C'est ce qui se passe déjà si vous ne participez pas à ce qu'on appelait la JAPD à mon époque, la JDC. Et désormais la journée de défense... -La journée de mobilisation. -Voilà. -Juste avant d'avoir une nouvelle question, en un mot, les objecteurs de conscience, vous en faites quoi, Christophe Blanchet ? -Est-ce qu'il y a ici éventuellement un objecteur de conscience ? -C'est quelqu'un qui, par conviction, refuse de porter des armes.
Parce qu'il est pacifiste, on peut le dire comme ça ? -Non, bon. Il y en aura beaucoup moins qu'on ne pense.
Et je leur dirais : "Sortez votre téléphone et donnez-le-moi, parce que c'est une arme que vous n'imaginez pas à quel point elle peut tuer." Et qu'elle peut être dangereuse. -Donc c'est non, pas d'objecteur de conscience. -Si, mais...
Ah, pardon. -C'était juste pour avoir votre réponse. Question à Aurélien Saintoul. -Bonjour, je suis Maëlle.
Vous avez dit que le service national obligatoire ne doit pas avoir comme première vocation la cohésion nationale. Quel système pourrait être mis en place pour recréer cette cohésion ? Quel système pourrait avoir comme première vocation cette cohésion ? -Je vais vous dire un peu frontalement.
Nous, on appelle ça la VIe République. Un pays qui s'est renouvelé, qu'on dit la nouvelle France, et qui a besoin de se refonder institutionnellement dans l'ensemble de ses aspects. Et on appelle ça la VIe République.
Et pourquoi la cohésion est là ? Parce qu'en réalité, vous voyez bien que depuis des années, vous avez une partie de la société, le haut de la société et le bas de la société, passez-moi l'image, mais qui divergent énormément. Et donc des gens qui donnent des ordres, commandent, commandent les affaires politiques, économiques, etc., qui s'affranchissent de toute obligation à l'égard du collectif, et à l'inverse, vous avez tous ceux qui travaillent, qui, eux, portent l'ensemble de la société.
Pendant le Covid, on a parlé de la première ligne, etc. Une fois la pandémie finie, on a arrêté d'applaudir, on n'a plus rien dit, et on n'a rien fait pour garantir l'égalité réelle des citoyens. Moi, je défends le principe d'une égalité réelle des citoyens. -Mais qui ne passe pas par une conscription citoyenne. -L'ensemble des moyens de l'Etat doit être tourné vers le fait que toutes et tous, nous puissions vivre dans de bonnes conditions, que nos besoins soient satisfaits.
Nous avons un principe politique qui est simple, qui est un principe de contribution collective, à chacun selon sa capacité, pour que chacun bénéficie selon ses besoins. Et ça, évidemment, une conscription citoyenne participe évidemment à ce modèle. Mais c'est vrai partout ailleurs.
Quand nous disons que le repas doit être gratuit à la cantine et de bonne qualité, on participe évidemment à resserrer les liens dans la société. -Autre question. -Bonjour, Raphaël.
Est-ce que vous ne pensez pas que si un service militaire revenait en France, ça permettrait de rééduquer les jeunes sur la valeur, comme l'a dit M. Blanchet sur le nationalisme, savoir si on est toujours d'accord sur les projets de son pays, des choses comme ça ? -Moi, je ne crois pas qu'un service militaire spécifiquement doive d'abord rééduquer.
L'expression rééduquer me pose un peu problème parce que qui décidera qu'on doit rééduquer qui et de quelle façon ? En réalité, on joue à se faire peur très souvent. Vous êtes tous là, représentatifs assez largement de la société.
Vous avez envie de bien faire. Je crois qu'on n'a pas besoin de rééduquer les jeunes. Il faut qu'on trouve les modalités de vivre ensemble du mieux qu'on peut, qu'on se respecte les uns les autres, mais pas besoin de rééduquer.
Et s'il y avait besoin de rééduquer, ça voudrait dire qu'on n'a pas fait le boulot avant, dans l'éducation en général et l'instruction, et là, il n'y a pas de question. A-t-on vraiment mis les moyens à l'éducation nationale dernièrement ? Je crois que vous savez tous que ce n'est pas le cas.
On a des moyennes, par exemple, d'encadrement ou de rémunération des enseignants. Bon, je suis prof, alors oui, je plaide pour ma paroisse. Mais vous savez qu'en France, on paye moins les enseignants que dans la plupart des pays européens. -Merci beaucoup.
On va s'arrêter là. Je vous arrête. Désolé.
Mais on arrive au terme de cette émission. Le temps passe. On va passer à La dernière carte.
Jingle Donc là, vous avez 30 secondes chacun pour ramasser un peu tous vos arguments, pour convaincre dans cette dernière ligne droite. On commence avec vous, Aurélien Saintoul. 30 secondes. -Ce n'est pas une dernière carte, mais dernière cartouche.
Comme je vous le disais, je crois que nous sommes arrivés à un tournant dans notre histoire. Il y a dans ce pays une nouvelle France qui a succédé, pas remplacé, mais elle a succédé à la génération précédente. On est dans un pays entièrement bouleversé.
Et nous défendons l'idée d'un contrôle citoyen partout. Les citoyens doivent être maîtres dans l'entreprise, dans la cité, et sur les sujets importants, comme la planification écologique, ou leur défense. La conscription citoyenne, c'est une proposition de pouvoir aux citoyens sur ce sujet fondamental qu'est la guerre et la paix.
Et c'est une mesure aussi profondément soucieuse de la paix. -Christophe Blanchet. 30 secondes pour conclure. -Je vais raconter une histoire. -Courte ! -Ne me coupez pas.
Léon Gautier est un vétéran français qui a débarqué le 6 juin 1944 sur la plage de Colleville-Montgomery lors du grand débarquement qui a libéré la France et l'Europe. Il est décédé il y a trois ans, il avait 101 ans. Quand des jeunes lui posaient la question : "Pourquoi à 17 ans, vous avez traversé la Manche pour rejoindre le général de Gaulle avec l'espoir de libérer la France, pourquoi avoir fait ça ?" Il a dit : "J'ai fait tout ça parce que j'ai été éduqué à aimer la France." Eduquer à aimer la France n'est pas la vocation première du service national, mais ça peut participer, pas rééduquer, j'aime pas non plus ce mot-là, mais à donner les connaissances que chacun d'entre vous, d'entre nous, chacun des jeunes, fait partie de la France.
Et quand on aime la France, on la défend coûte que coûte, avec son humble niveau, certains avec une arme létale, d'autres avec un téléphone, d'autres avec ce que l'on peut y amener. Voilà ce que je veux proposer. -Voilà.
Cette fois, ça y est, on y est. C'est l'heure du vote final avec cette question. Vous l'avez bien en tête, je vous la redonne.
Faut-il rétablir un service national obligatoire en France ? Ce sont les étudiants de l'INSEEC qui suivent cette émission à distance depuis le début qui vont voter. Mais attention, les règles changent.
Les indécis doivent choisir oui, non, pour, contre. Il n'y a donc que deux options pour eux. Pour ou contre le service national obligatoire, le scrutin est ouvert.
Je rappelle, au premier vote, il y avait 48 % pour un service national obligatoire, 18 % contre, 36 % sans avis. Aurélien Saintoul a fait une belle remontée au vote intermédiaire qui a fait bouger les lignes, qu'en sera-t-il du vote final ? Le scrutin est clos et les résultats vont s'afficher sur votre écran.
Les résultats, les voilà ! Nous sommes à 64 % pour, 36 % contre. Donc c'est globalement la proposition de M.
Blanchet qu'il a emportée dans la dernière ligne droite, malgré la remontée de M. Saintoul. Mais je rappelle qu'il n'y a pas de gagnant, de perdant.
L'essentiel était d'échanger des idées, le plaisir de confronter ses points de vue. Peut-être une réaction, Aurélien Saintoul ? -Moi, ce qui, évidemment, biaise un petit peu le résultat final, c'est qu'on a tous les deux une proposition qui repose sur la participation des jeunes à la vie de la société. -Et qu'on a bien compris qu'il y avait des points de convergence. -Il y a une très grande disponibilité des jeunes pour ça.
Donc, je crois que c'est une très bonne situation dans laquelle on est et qu'en 2027, on arrivera à faire quelque chose de bien. -Christophe Blanchet ? -Il n'y a pas de perdant.
L'essentiel, c'est ce débat. L'essentiel, c'est d'ouvrir aussi ce débat-là autour de vous, pour comprendre les enjeux qu'il y a, en vous appuyant sur la revue stratégique. On est d'accord que c'est un document sur lequel on peut s'appuyer. -Plus de lecture pour nos étudiants. -Merci pour la qualité du débat.
Je remercie mon collègue. J'espère qu'on vous a insufflé le fait que la défense nationale, ça nous concerne tous. -Christelle, on a un vote qui ne va pas forcément dans le sens de l'enquête que vous aviez menée auprès des jeunes qui semblaient un peu réticents à la dimension obligatoire d'un service national. -Oui, finalement, on a peut-être ici des jeunes qui rejoignent plus l'ensemble des Français, même si, ce que ça montre, c'est que derrière, il y a la question des modalités, des moyens, et qu'au-delà du pour-contre, il y a sans doute aussi différentes perceptions qui peuvent s'exprimer. -Et c'est peut-être le débat qui permet de forger son point de vue. -Exactement, et on avait aussi des jeunes qui étaient aussi pour. -Merci à nos deux débatteurs d'avoir joué le jeu, à Christelle, pour vos éclairages, à nos étudiants de l'INSEEC, ceux qui ont défendu leurs idées sur ce plateau, et puis ceux qui ont participé à distance en votant tout au long de l'émission.
Enfin, merci particulièrement à Claire et Karine de l'INSEEC. "Controverse" s'arrête là pour aujourd'hui. Merci pour votre fidélité.
A bientôt pour une nouvelle émission. Générique de fin
Aurélien Saintoul