Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 31 janvier 2023 15 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Instant Porcher | "L'opinion, il s'en moque" - Comment Macron veut mettre les Français à genoux

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:05OuverteRéponse partielle

    Comment expliques-tu que, malgré l'offensive du gouvernement dans les médias, les Français sont de plus en plus contre la réforme ?

  • 3:59OuverteRéponse directe

    On dirait que le gouvernement ne prend pas vraiment au sérieux cette opposition populaire.

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que tu en penses ? Si ça ne passe pas, c'est la fin du quinquennat, aurait raconté un des chefs à BFM.

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que la réforme, pour toi, elle va passer ?

  • 8:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que les Français sont habitués à ne pas être entendus ? Est-ce qu'il y a une forme de résignation qu'on rencontre souvent, là ?

  • 10:07OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui explique cette hausse des radiations ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:01PrésentateurChiffre
    « 72% des Français rejettent le projet de réforme des retraites. »
  • 1:15PrésentateurChiffre
    « 40% se disent très opposés en hausse de 18 points par rapport à il y a 15 jours. »
  • 1:25PrésentateurChiffre
    « 59% sont opposés au projet. »
  • 1:37PrésentateurChiffre
    « 64% des Français soutiennent la mobilisation. »
  • 1:54PrésentateurFait
    « le dispositif pour la réforme est de la faire passer par projet de loi de finances de la sécurité sociale rectificatif. »
  • 2:11InvitéFait
    « Là, je pense qu'on est sur quelque chose de très concret. »
  • 2:31InvitéFait
    « Là, les gens, ils ont un travail, ils travaillent, ils y vont tous les jours, et là, on leur dit qu'on va les faire travailler plus longtemps. »
  • 4:57InvitéFait
    « l'opinion, je pense que Macron, il s'en moque. »
  • 5:02InvitéFait
    « Ce qu'il veut Macron, c'est de laisser quelque chose dans l'histoire, dans l'histoire des droites. »
  • 5:22InvitéFait
    « Juppé a reculé sur les retraites. Tout le monde a reculé sur les retraites. »
  • 5:32InvitéFait
    « Et je vais mettre à quatre pattes les syndicats et la population. »
  • 5:59InvitéFait
    « Ceux qui font grève perdent des jours de salaire. Ceux qui ne peuvent pas faire grève pour x et y raisons sont impactés par les grèves, même si souvent, ils ne font pas grève, mais ils soutiennent le mouvement. »
  • 6:07InvitéChiffre
    « Parce que là, vous avez quand même trois Français sur quatre qui soutiennent le mouvement. »
  • 6:40InvitéFait
    « la situation économique n'est pas la même et que les gens ne peuvent pas se permettre de perdre 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 jours parce que le pouvoir d'achat est déjà impacté par l'inflation. »
  • 7:02InvitéFait
    « C'est quand le patronat commence à dire « il faut arrêter ». »
  • 7:20InvitéFait
    « le patronat a changé constamment d'avis sur les retraites. »
  • 7:30InvitéFait
    « Là, il est pour parce que maintenant qu'ils ont eu toutes leurs aides, etc., finalement, les plus forts sont remis sur pied comme jamais. »
  • 8:30PrésentateurChiffre
    « il y a 71% des Français qui pensent que la réforme sera votée et appliquée. »
  • 10:12PrésentateurChiffre
    « baisse de 3,8% de demandeurs d'emploi ce trimestre, soit 112 100 personnes et baisse de 9,4% sur un an. »
  • 10:34PrésentateurChiffre
    « le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A, B et C diminue de 0,8% sur ce trimestre, soit 39 600 personnes et de 5,2% sur un an. »
  • 11:22InvitéFait
    « Il y a eu énormément de radiations, énormément comme on n'a jamais vu. »
  • 11:30InvitéFait
    « la réforme de l'assurance chômage et les radiations font que les gens sont obligés d'aller travailler et prennent des boulots très précaires. »
  • 11:41InvitéFait
    « Le chômage ne baisse que de manière homéopathique mais comme on fait en sorte que la catégorie A soit celle qui soit mise le plus en avant et qu'on fait en sorte que le statut de chômeur soit de plus en plus difficile à obtenir et qu'on vous radie dès qu'il y a un petit problème, vous allez avoir à une finée un très beau chiffre et c'est l'objectif de Macron. »

Temps de parole

  • Invité63 %
  • Présentateur37 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ce qu'il veut Macron, c'est de laisser quelque chose dans l'histoire des droites. Vous savez, Margaret Thatcher, elle a tué les mineurs. Elle les a mis à quatre pattes. Tout le monde a dit qu'il n'y arrivera jamais. Elle les a mis à quatre pattes. Et c'est ce qui reste. Et Macron, c'est ça. Je veux être celui qui a réformé le marché du travail, l'assurance chômage et les retraites. Et il peut d'autant plus tenir que, sur sa vie personnelle, il n'y a aucun impact. Ce qui n'est pas le cas de la majorité des Français.

0:22
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas Porchet, chaque semaine pour décrypter l'actualité. Car les discours sont politiques et les comprendre est une véritable arme démocratique. Je vous rappelle que le média ne dépend que de votre soutien, vos abonnements et vos dons. Rendez-vous sur soutenez.lemediatv.fr pour nous soutenir. Ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous. Au programme aujourd'hui, l'opposition à la réforme des retraites s'intensifie dans les sondages, tandis que le pouvoir n'en démord pas.

Et on s'intéresse aux joyeux chiffres du chômage en baisse qui cachent une réalité toute autre. C'est l'Instant Porchet. 72% des Français rejettent le projet de réforme des retraites. C'est ce qu'on apprend par le nouveau sondage, l'opinion en direct de l'Institut Elab pour BFM TV dévoilée ce mercredi dernier. C'est 6 points de plus qu'il y a une semaine, 13 de plus qu'il y a deux semaines. Dans le détail, 40% se disent très opposés en hausse de 18 points par rapport à il y a 15 jours. Emmanuel Macron pouvait compter sur le soutien des retraités, mais même eux ne sont plus en majorité à soutenir la réforme. 59% sont opposés au projet. C'est 13 de plus en une semaine.

Le mot qui revient le plus pour qualifier la réforme des retraites, c'est « injuste ». Côté grève et manifestation, 64% des Français soutiennent la mobilisation, toujours selon le sondage. Pourtant, le gouvernement n'en démord pas. Et l'élément de langage de la majorité, c'est « la contestation est légitime, il faut continuer à convaincre que c'est une réforme nécessaire, il faut continuer à dialoguer, à expliquer, à faire preuve de pédagogie ». Bref, pas de recul à l'horizon, surtout quand on sait que le dispositif pour la réforme est de la faire passer par projet de loi de finances de la sécurité sociale rectificatif.

Donc, au bout de 50 jours, débat ou pas, accord ou pas, la réforme passera au niveau parlementaire. Thomas, comment expliques-tu que, malgré l'offensive du gouvernement dans les médias, les Français sont de plus en plus contre la réforme ?

2:11
Invité

Là, je pense qu'on est sur quelque chose de très concret. Autant quand on dit « on va réformer le marché du travail, ça va créer des emplois », pour les gens, c'est abstrait. Quand on dit « on va faire le CICE, ça va créer des emplois », ça reste abstrait. Ou même, dans des propositions parfois de gauche, on dit « on va investir tant de milliards dans la transition écologique, on va faire tant de… » C'est très bien, mais ça reste de la prospective. C'est abstrait pour les gens. Là, c'est très concret. Là, les gens, ils ont un travail, ils travaillent, ils y vont tous les jours, et là, on leur dit qu'on va les faire travailler plus longtemps.

Et donc là, ils arrivent à se projeter sur la capacité qu'ils ont, ou pas, à faire ce travail deux ans de plus. Donc, c'est très concret. Donc là, il n'y a pas à leur expliquer, avec 3000 projections du corps, etc., ce qu'il faudrait ou ce qu'il ne faudrait pas faire. Ils le subissent dans leur corps. Donc, ils savent. Ils savent, en fait, ce qu'ils ressentent. Et donc, je pense que la majorité des Français, ils le disent en y étant opposés, se disent qu'ils ne pourront pas faire le même travail jusqu'à 64 ans. Et c'est tout. Et c'est réglé. Et qu'ils ne se voient pas le faire.

Et quand on s'interroge, je veux dire, toi comme moi, tu es plus jeune que moi, mais moi, quand je m'interroge aujourd'hui, j'ai 46 ans, est-ce que je ferai le même cours qu'aujourd'hui à 63 ou 64 ans ? Je ne suis pas sûr. Est-ce que mes élèves ont intérêt à avoir quelqu'un de 64 ans devant eux ? Je n'en suis pas si sûr. Je pense qu'il vaut mieux peut-être qu'ils aient un jeune, qu'il y ait des nouvelles techniques, des nouvelles façons de faire de l'économie, etc. Donc, je n'arrive même pas, moi, alors que j'ai un métier simple. J'ai un métier souvent où les gens vont au-delà de l'âge de la retraite, où ils veulent continuer, soit en écrivant des livres. Moi, je m'interroge.

Donc, j'imagine ce que ça doit être pour des gens qui ont un travail extrêmement physique, ceux-là, ils perçoivent tout de suite qu'ils ne veulent pas bosser deux ans de plus et ne rien gagner en réalité. Donc, ils sont contre la réforme des retraites. Donc là, on est dans du concret.

3:45
Présentateur

Pendant que la colère gronde, il y a Emmanuel Macron qui invite Pharrell Williams à l'Élysée, mardi dernier, Marlène Schiappa qui a fait une cérémonie de vœux avec de l'ambiance et des jeux, bon, pas vraiment communs pour une secrétaire d'État. Bref, on n'est pas du tout en communication de crise là. On dirait que le gouvernement ne prend pas vraiment au sérieux cette opposition populaire.

4:03
Invité

Voilà, il y a une forme, il y a typiquement une forme de mépris. Quand vous avez quand même, vous invitez un chanteur multimillionnaire, Pharrell Williams, qui doit être là pour la Fashion Week à Paris, et que vous l'invitez, que vous l'invitez à l'Élysée parce qu'il doit vous parler du digital et des jeunes, alors que le pays subit la hausse des prix avec l'inflation, qu'il y a quand même une opposition très forte à un projet qui est porté par le gouvernement, vous montrez une forme de déconnexion. Enfin, est-ce que c'est le moment de faire ça ? Donc là, on voit bien qu'il y a cette partie du gouvernement, en fait, qui s'en fout, quoi. C'est ça que ça veut dire.

Vous pouvez faire grève, vous pouvez être contre, je m'en fous, je la passerai. C'est ça dont on a l'impression. Il y a une forme de mépris. Et je pense que ça devrait motiver les gens à aller dans la rue et à garder la pression qu'il faut mettre sur le gouvernement.

4:43
Présentateur

Pourtant, on apprend par BFM que des élus de la majorité leur ont confié être plutôt inquiets par rapport à cette forte opposition populaire. Si ça ne passe pas, c'est la fin du quinquennat, aurait raconté un des chefs à BFM avec cette crainte d'avoir perdu la bataille de l'opinion. Qu'est-ce que tu en penses ?

4:57
Invité

Mais en fait, l'opinion, je pense que Macron, il s'en moque. Il s'en moque parce que là, il ne va pas se faire réélire. Ce qu'il veut Macron, c'est de laisser quelque chose dans l'histoire, dans l'histoire des droites. Vous savez, Margaret Thatcher, elle a tué les mineurs. Elle les a mis à quatre pattes. Tout le monde a dit qu'elle n'y arrivera jamais. Elle les a mis à quatre pattes. Et c'est ce qui reste aujourd'hui. C'est qu'elle a mis à quatre pattes les mineurs. Et Macron, c'est ça. Il dit, voilà, je veux être celui qui a réformé le marché du travail, l'assure en chômage et les retraites. Juppé a reculé sur les retraites. Tout le monde a reculé sur les retraites.

Tout le monde est passé sur la ligne de travers, comme Touraine n'a pas voulu augmenter l'âge de départ. Alors, moi, je vais être celui qui va le faire. Et je vais mettre à quatre pattes les syndicats et la population. De toute façon, il n'y a pas d'enjeu électoral, mais je vais montrer à tous ceux qui sont autour de moi qu'ils veulent lui prendre sa place, en fait. Et qu'ici, ils ne montrent pas cette autorité, ils vont tout de suite arriver pour lui prendre sa place, qui sont des gens propres à la majorité, Philippe, même Castex ou d'autres. Là, il veut leur montrer que lui, il va tenir. Et il peut d'autant plus tenir que, sur sa vie personnelle, il n'y a aucun impact.

Ce qui n'est pas le cas de la majorité des Français. Ceux qui font grève perdent des jours de salaire. Ceux qui ne peuvent pas faire grève pour x et y raisons sont impactés par les grèves, même si souvent, ils ne font pas grève, mais ils soutiennent le mouvement. Parce que là, vous avez quand même trois Français sur quatre qui soutiennent le mouvement. Mais on a toujours un impact. Lui, il n'a aucun impact. Donc, il peut tenir.

6:13
Présentateur

Comme je disais, par rapport au PLFSS rectificatif, au niveau du Parlement, même si au sein de la majorité ou encore de LR, toutes les voix ne sont pas acquises, en tout cas, ça passera. Je parle vraiment au niveau parlementaire. Je ne sais pas ce que le pouvoir fera s'il y a une révolution dans les rues ou une grève générale. Toi, Thomas, comment tu vois la suite ? Est-ce que la réforme, pour toi, elle va passer ?

6:31
Invité

Il y a des chances qu'elle passe. Il y a des chances qu'elle passe parce qu'on aura du mal à bloquer le pays un mois, comme en 95. Pourquoi ? Et ça, Macron, il le sait très bien. C'est dans son calcul parce que la situation économique n'est pas la même et que les gens ne peuvent pas se permettre de perdre 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 jours parce que le pouvoir d'achat est déjà impacté par l'inflation. Après, ce qui peut faire reculer Macron, c'est quoi ? Les histoires de majorité qui se fissurent, etc. Ça, les politiques, ils savent se négocier quand il s'agit de servir leurs intérêts.

Mais il y a quelque chose d'autre qui pourrait vraiment le faire reculer et qui a fait reculer, en fait, le gouvernement en 95. C'est quand le patronat commence à dire « il faut arrêter ». Et le patronat, au bout d'un moment, il se dit alors... Au début, quand vous avez des jours de grève, vous impactez souvent les entreprises les plus faibles, les artisans, etc., les commerçants sont impactés. Et au bout d'un moment, quand ça dure trop longtemps, c'est le patronat qui dit « on arrête, là. Le jeu n'en vaut pas la chandelle ». Et vraiment, il faut rappeler que le patronat a changé constamment d'avis sur les retraites.

C'est-à-dire qu'après le Covid, ils ne voulaient surtout pas de la réforme des retraites parce qu'ils savaient que c'était le moment de la reprise et qu'il ne fallait pas impacter les entreprises. Là, il est pour parce que maintenant qu'ils ont eu toutes leurs aides, etc., finalement, les plus forts sont remis sur pied comme jamais. On le voit bien avec les dividendes. Il reste que les artisans. Mais ça, ils s'en foutent, les boulangers et tout, qui sont bouffés par leurs factures. Les représentants des grandes entreprises s'en moquent. Mais c'est le patronat qui pourrait faire reculer. Donc, plus, en fait, vous avez, comme les samedis, des gilets jaunes, finalement.

Ce n'était pas des jours de grève, c'était des samedis. Plus vous avez des mobilisations, plus vous avez des salariés qui font remonter, qui ne sont pas contents avec cette réforme des retraites. Plus, finalement, vous avez des débordements un peu, des ajouts de collectifs qui s'ajoutent à ce que font les syndicats. Ce qui fait que les contours de la mobilisation sont de plus en plus, finalement, incertains, vaporeux. On ne sait pas qu'est-ce qu'il y a. Plus vous avez une chance, en fait, que ça inquiète en haut lieu. Que ça inquiète le patronat et qu'à un moment, Macron recule.

Mais pour qu'il recule, quand même, il en faudra beaucoup parce que je pense que son objectif, c'est de faire cette réforme, même contre tous, pour montrer qu'il a mis à genoux l'équivalent des miniers comme Thatcher et rentré dans l'histoire des droites comme un grand réformateur.

8:29
Présentateur

On apprend toujours par ce sondage qu'il y a 71% des Français qui pensent que la réforme sera votée et appliquée. Cette résignation, encore amplement majoritaire, décroche cependant de 4 points à 15 jours. Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que les Français sont habitués à ne pas être entendus ? Est-ce qu'il y a une forme de résignation qu'on rencontre souvent, là ?

8:46
Invité

Oui, oui. Et puis, il y a eu tellement de réformes, en fait, que les gens ne savent plus trop où est-ce que ça en est. En fait, si vous avez une réforme, une fois comme ça, et qu'il y a des mobilisations, c'était un peu le cas en 1995. Vous gagnez, vous perdez. Bon, là, il y a eu un tas de réformes depuis ces dix dernières années. Enfin, il y a eu 2016, la loi El Khomri sur le travail. Après, il y a eu Superloi, Travail de Macron. Il y a eu le CICE aussi. Il y a eu la réforme de l'assurance chômage. Donc, ça part dans tous les sens. Donc, les gens se sont habitués à ce type de réformes qu'ils ont perdues les unes après les autres.

Dans les mouvements, même s'il y a eu des gros mouvements pour la loi Travail, on les a perdues. Qu'il y a une partie, effectivement, qui est résignée. Enfin, qui n'est pas résignée, qui est contre, mais qui accepte la possibilité de perdre, ce qui était moins le cas. En fait, moi, je vois en 95, c'était jusqu'au bout. Là, je pense que les gens, parce que la situation économique est aussi plus difficile, ils sont contre, ils sont très bien conscients que finalement, cette réforme ne va pas jouer en leur faveur. Mais je comprends ce sondage qui montre que, voilà, une grosse partie pense que le gouvernement va tenir.

Dans tous les cas, quels que soient les sondages, quelle que soit la détermination du gouvernement, il faut en face que l'on montre que nous aussi, il y a une forme de détermination.

9:56
Présentateur

Thomas, tu l'avais dit, Emmanuel Macron va présenter de très beaux chiffres du chômage qui baissent, et le présentera comme une réussite et comme le président du PN emploi gagné. Encore une fois, regardez ça, comment les titres où la majorité se félicitent du chômage qui baisse avec ce chiffre annoncé mercredi dernier, baisse de 3,8% de demandeurs d'emploi ce trimestre, soit 112 100 personnes et baisse de 9,4% sur un an. Bon, ça, ça concerne la catégorie A, donc des gens inscrits à Pôle emploi et qui remplissent les conditions pour être au chômage.

Par contre, quand on regarde les catégories B et C, donc les emplois partiels, le nombre de personnes augmentent respectivement de 5,2% et de 2,3% sur le trimestre. Au total, le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A, B et C diminue de 0,8% sur ce trimestre, soit 39 600 personnes et de 5,2% sur un an. Et surtout, ce qu'on ne dit pas, c'est que les radiations de Pôle emploi ont atteint un record comme nous raconte le Monde. Je les cite, sur le dernier trimestre de 2022, elles représentent 9,7% des sorties. Surtout, elles sont en hausse de 10,4% par rapport au troisième trimestre et le seul mois de novembre a vu s'établir un nouveau record avec 58 100 personnes.

Qu'est-ce qui explique ça ? Une hausse des contrôles mais aussi un accès durci au chômage avec les réformes. On en a assez parlé ici. Thomas, je t'ai un peu devancé mais est-ce qu'on doit se réjouir comme la majorité le fait de ces chiffres partiels de la baisse du chômage ?

11:16
Invité

Non, parce qu'en fait les chiffres ne baissent quasiment pas en réalité. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu l'as dit. Il y a eu énormément de radiations, énormément comme on n'a jamais vu. Et puis, il y a aussi un jeu de vase communiquant parce que la réforme de l'assurance chômage et les radiations font que les gens sont obligés d'aller travailler et prennent des boulots très précaires. Et donc, vous avez la catégorie A qui diminue, celle que Macron met en avant mais les autres catégories qui augmentent. Donc, c'est un jeu de vase communiquant, c'est un jeu d'écriture.

Le chômage ne baisse que de manière homéopathique mais comme on fait en sorte que la catégorie A soit celle qui soit mise le plus en avant et qu'on fait en sorte que le statut de chômeur soit de plus en plus difficile à obtenir et qu'on vous radie dès qu'il y a un petit problème, vous allez avoir à une finée un très beau chiffre et c'est l'objectif de Macron. Et ça va dans l'ensemble, ça va avec les retraites, etc. L'objectif, c'est de montrer qu'on est un réformateur et d'avoir des beaux chiffres à la fin.

12:09
Présentateur

Est-ce que tu peux nous mettre cette actu en lien avec la réforme de l'assurance chômage puis avec celle des retraites ?

12:16
Invité

C'est le projet de Macron. C'est-à-dire, Macron, il doit être le grand réformateur. Alors, il réforme l'assurance chômage ce qui lui permet d'avoir un très beau chiffre du chômage et il montrera ce chiffre à la fin. La réforme des retraites, c'est quand même la chose la plus difficile, c'est la chose que personne ne veut. Il faut qu'il mette à quatre pattes le peuple français pour lui montrer qu'il a été au bout pour son bien et que c'est un dirigeant qui ne cède pas, qui ose le thatcher que la France n'a pas eu. Non mais c'est vraiment ça, c'est le thatcher que la France n'a pas eu pour dire qu'il a fait cette réforme-là et puis à la fin, il va réduire un petit peu les déficits.

Donc, il va nous rendre finalement à la fin un quinquennat où il dira j'ai réduit le déficit, j'ai un taux de chômage qui est beaucoup plus faible comme on n'a jamais vu depuis tant d'années, j'ai réformé les retraites, le marché du travail et l'assurance chômage et voilà, je suis le meilleur. Mais derrière, il y aura quoi ?

Vous aurez des pensions de retraite qui vont diminuer, vous allez avoir des gens qui vont devoir travailler plus longtemps pour avoir la même retraite que dans le contrat initial, ce qui mine finalement le consentement aux politiques publiques parce qu'on vous dit qu'il y a un contrat et puis à la fin, qui ne rentreront pas dans les chiffres du chômage mais la réalité, concrètement, dans la vraie vie des gens, il y aura une vie qui sera beaucoup plus dure et des inégalités qui seront plus élevées. C'est le projet, c'est le projet de Macron.

13:31
Présentateur

Sachez chez vous que cela fait déjà 4 mois que nous tenons le défi d'être diffusés en 24-7 sur YouTube et Dailymotion. Nous avons coutume de dire ils ont des milliards mais nous sommes des millions. Qui dit information indépendante dit besoin de vous. Le média, votre média ne dépend que de votre soutien, vos abonnements et vos dons. Pour être pérenne, d'être venu dans la durée, pour faire vivre toute l'équipe que vous ne voyez pas et qui travaille d'arrache-pied pour vous offrir de l'info indépendante, nous avons absolument besoin de vos abonnements à partir de 5 euros par mois ou encore de dons réguliers pour ceux qui le peuvent. Rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr pour nous soutenir.

Ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous. Chaque geste compte, alors vos j'aime, partage et pub autour de vous c'est également indispensable. Nous sommes ravis de décripter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et vous pousser en l'air sous la vidéo. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.