Compte rendu du Conseil des ministres du 16 décembre 2020.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 15:00RelanceRéponse directe
La vaccination pourrait commencer d'ici la fin de l'année. Est-ce qu'il y a la volonté d'accélérer la stratégie vaccinale ?
- 18:00OuverteRéponse partielle
Le président du Conseil scientifique dit "Restons extrêmement prudents encore 3 à 6 mois". Partagez-vous cet horizon ?
- 21:00OuverteRéponse directe
L'OMS recommande de porter le masque même en famille pour les fêtes. Le gouvernement reprend-il ce conseil ?
- 24:00OuverteÉludée
Facebook annonce une campagne d'influence en ligne en Afrique par des éléments affiliés à l'armée française. La France a-t-elle lancé une telle campagne ?
- 27:00OuverteRéponse directe
Sur le Brexit, la France n'acceptera pas n'importe quel accord. Avez-vous des informations sur l'imminence d'un accord ?
- 30:00RelanceRéponse directe
Le Conseil scientifique suggère l'auto-confinement des élèves avant les fêtes. Les enseignants disent que l'école est un lieu de contamination. Le protocole sera-t-il renforcé en janvier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Gabriel AttalChiffre
« Nous sommes à un plateau entre 10 000, 15 000 contaminations par jour depuis maintenant plusieurs jours. »
- 4:00Gabriel AttalChiffre
« On aura 55 000km sécurisés en 2022, soit une augmentation d'un tiers par rapport à 2017. »
- 5:00Gabriel AttalChiffre
« En 2022, la quasi-totalité des Français bénéficieront d'un bac pour le recyclage des emballages et près de 2 tiers des bouteilles plastiques seront recyclées. »
- 10:00Gabriel AttalFait
« Ces rénovations seront rapides. Le programme sera engagé dès l'année 2021. »
- 11:00Gabriel AttalChiffre
« Ce sont 20 000 emplois qui seront créés dans le secteur du bâtiment dans les 3 prochaines années. »
- 17:00Gabriel AttalChiffre
« Nous allons porter l'aide publique au développement à 0,55% du revenu national brut dès 2022. »
- 39:00Gabriel AttalChiffre
« D'ici à la fin de l'année prochaine, un véhicule sur 4 de la police aura été renouvelé. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
-G. Attal : Bien. Bonjour à toutes et à tous.
Ce Conseil des ministres intervenait au lendemain d'une étape, une nouvelle étape importante dans notre lutte contre le virus. Une nouvelle étape du déconfinement avec la fin des attestations en journée et la mise en place d'un couvre-feu à partir de 20h. Vous le savez, cette 2e étape a dû être adaptée car la circulation du virus, le nombre de contaminations chaque jour ne diminue plus, et nous sommes à un plateau entre 10 000, 15 000 contaminations par jour depuis maintenant plusieurs jours.
Si nous n'avons pas atteint l'objectif de 5 000 contaminations par jour, le président a toutefois rappelé un motif d'espoir. Les décisions que nous avons prises, le confinement adapté, l'esprit de responsabilité des Français ont permis de faire reculer l'épidémie dans notre pays, alors que le virus sévit fortement en Europe, que certains pays, qu'un certain nombre de nos voisins, sont contraints de reconfiner ces jours-ci, de refermer un certain nombre d'établissements comme les commerces. Nous avons pu avancer hier toujours avec prudence, avec mesure et vigilance, et franchir donc cette nouvelle étape.
D'autres étapes nous attendent. D'abord, vous le savez, un point le 7 janvier avec cette fameuse clause de revoyure pour les institutions culturelles notamment, puis pour les restaurants autour du 20 janvier. Comme pour les précédentes étapes, les futures étapes dépendront évidemment de la circulation du virus dans les prochaines semaines.
Plus nous respecterons les gestes barrières pendant les fêtes, plus vite nous pourrons continuer à alléger les restrictions. Ce Conseil des ministres a également été l'occasion de revenir sur les opérations de test massif lancées dans 2 des 4 métropoles pilotes, mais aussi sur la préparation de la campagne vaccinale. Après le Royaume-Uni, les Etats-Unis ont autorisé à leur tour le vaccin Pfizer.
Et l'Europe devrait rendre sa décision le 21 décembre. Puis dans les jours qui suivent, les agences françaises, qui je le rappelle sont indépendantes, finaliseront leurs recommandations. Au-delà du contexte sanitaire, et après la mobilisation internationale pour les 5 ans de l'accord de Paris sur le climat, mais aussi après les échanges lundi avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat, le président de la République a rappelé notre ambition pour la planète.
Ce Conseil des ministres a d'ailleurs permis à la ministre de la Transition écologique de revenir sur l'ensemble des actions en faveur de l'environnement menées par le gouvernement depuis le début du quinquennat. Nous sommes ainsi revenus sur plusieurs actions concrètes. Je pense au verdissement de notre parc automobile avec 750 000 primes à la conversion depuis le début du mandat qui ont été distribuées.
Nous en aurons distribué un million d'ici à 2022. Je pense aussi au triplement engagé du nombre de bornes de recharge électrique dans notre pays. Je pense à notre engagement en faveur de la qualité de l'air avec la possibilité pour les collectivités de mettre en place des zones dites à faibles émissions opérationnelles dans les zones les plus polluées.
Je pense au plan vélo qui continue à se déployer, notamment en développant les pistes cyclables. On aura 55 000km sécurisés en 2022, soit une augmentation d'un tiers par rapport à 2017, mais aussi au plus d'un million de Français qui ont pu faire réparer leurs vélos grâce à la prime de 50E qui a été décidée au printemps. Enfin, et c'est un engagement très concret du gouvernement.
La ministre est revenue sur l'interdiction du plastique à usage unique et la lutte contre le gaspillage. En 2022, la quasi-totalité des Français bénéficieront d'un bac pour le recyclage des emballages et près de 2 tiers des bouteilles plastiques seront recyclées. Ces mesures sont une incarnation de notre vision de l'écologie.
Entre ceux qui préconisent de fermer les yeux, et ceux qui préconisent de taxer et punir, nous assumons une écologie du mieux qui cherche à améliorer la vie des Français en les accompagnant. Une écologie du concret qui se bat pour des projets au lieu de s'arcbouter sur des postures. Ce sont ces actes, ce sont ces projets qui font de ce gouvernement le gouvernement le plus engagé en faveur de l'écologie depuis le début de la Ve République, avec des décisions historiques comme l'interdiction de tout nouveau permis d'exploitation pétrolier sur notre sol, comme la fermeture de toutes les centrales à charbon à horizon 2022, et évidemment avec le plan de relance qui est un investissement inédit, exceptionnel, de 30 milliards d'euros en faveur de l'écologie.
A ce propos, le Conseil des ministres a été l'occasion d'une communication des ministres sur la rénovation énergétique des bâtiments, donc vous savez qu'elle est un élément très important du plan de relance et je vais y revenir. Les ministres ont communiqué à la suite des décisions qui ont été annoncées en début de semaine. Nous le savons, les bâtiments représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre dans notre pays, et nous allons ainsi lancer la rénovation thermique de 4 214 bâtiments publics pour un investissement total de 2,7 milliards d'euros dont un quart des projets pour l'université.
Ces rénovations seront utiles. Les projets ont été sélectionnés en fonction de leur performance énergétique. Ils viennent du terrain, des départements, des communes.
L'essentiel sont des petits projets, des projets à taille humaine. Ils sont équitablement répartis sur l'ensemble du territoire. Ces rénovations seront rapides.
Le programme sera engagé dès l'année 2021 et la capacité à commencer rapidement les travaux a aussi été un critère de sélection. Ces rénovations seront justes. Nous assumons de donner plus à ceux qui ont moins.
Je pense notamment aux territoires ultramarins. Elles auront un impact sur la vie des jeunes puisque 50% des projets concernent des établissements scolaires ou universitaires. Ce sont pour les jeunes de meilleures conditions d'études.
Ce sont de meilleures conditions de logement. Cela répond aussi à l'aspiration des jeunes au développement durable et à la réduction de la consommation d'énergie. Ces rénovations enfin, elles feront vivre les PME, les TPE et l'emploi grâce à France relance et grâce à cette action en faveur de la rénovation énergétique de nos bâtiments : ce sont 20 000 emplois qui seront créés dans le secteur du bâtiment dans les 3 prochaines années.
Ce sera donc un des éléments majeurs du retour de la croissance dans notre pays dès 2021. Le Conseil des ministres de ce matin avait un ordre du jour très dense des textes qui montrent l'engagement du gouvernement pour parer à toutes les situations et anticiper tous les scénarios face à la crise. Ainsi ce Conseil a été l'occasion d'examiner plusieurs tests pour adapter nos quotidiens et notre économie à la situation sanitaire et aux gestes barrières.
Vous savez que régulièrement à l'occasion de ces comptes rendus du Conseil des ministres, j'ai eu l'occasion de vous présenter des ordonnances, des textes réglementaires ou législatifs qui permettent d'adapter le fonctionnement d'un certain nombre de secteurs publics à la crise de la COVID. Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance a ainsi présenté un texte sur le fonctionnement des instances de gouvernance des entreprises, le garde des Sceaux a présenté un texte pour permettre à la justice de continuer à fonctionner malgré les restrictions sanitaires. La ministre de la Transition écologique a présenté une ordonnance pour assurer la stabilité de la régulation des aéroports pendant cette période de crise.
Puisque vous savez que le secteur aérien est particulièrement impacté. La ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion a présenté de son côté une ordonnance pour permettre, compte tenu de la situation sanitaire, d'allonger certains CDD et de favoriser les prêts de main-d'oeuvre. Et de poursuivre cette action en direction de l'adaptation de notre marché du travail en donnant plus de souplesse aux employeurs dans leur organisation des congés payés.
Enfin, une ordonnance a été présentée pour prolonger un certain nombre de dispositifs de soutien en faveur de la culture et des sports, notamment pour permettre aux gérants de certaines institutions ou de salles de proposer à leurs clients des avoirs plutôt que des remboursements immédiats. Ensuite et toujours dans cet esprit d'anticipation, nous avons examiné ce matin plusieurs textes pour préparer la fin de la période de transition du Brexit. Vous le savez, les négociations avec le Royaume-Uni n'ont pas encore abouti, et notre ligne n'a pas changé.
Nous souhaitons un accord mais pas n'importe lequel. Les intérêts de la France et de l'Europe doivent être défendus, protégés et un accord, s'il devait arriver, devra évidemment les refléter. En attendant l'issue des discussions, nous nous préparons à toutes les éventualités, et c'est l'objet des 3 textes qui ont été discutés.
Le Premier ministre a ainsi présenté une ordonnance permettant la poursuite de la fourniture au Royaume-Uni de produits liés à la défense et aux matériels spatiaux. Quant au ministre de l'Economie des Finances et de la Relance, il a présenté 2 ordonnances pour garantir le fonctionnement des entreprises et protéger les assurés français. Ce Conseil des ministres a également permis de présenter un texte important pour nos relations internationales pour le rôle que doit tenir la France dans le monde.
Le président de la République l'a d'ailleurs réaffirmé à l'occasion de ce Conseil avec force. La France ne se replie pas sur elle-même y compris dans des temps de bouleversements mondiaux, comme nous les connaissons aujourd'hui. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a ainsi présenté ce projet de loi de programmation relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales.
Ce projet de loi, c'est la France qui tient son rang résolu à venir en aide aux nations qui en ont le plus besoin. Ainsi nous fixons comme objectifs principaux : la lutte contre la pauvreté et la préservation des biens publics mondiaux comme le climat, la santé, la biodiversité, l'éducation ou l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous avons un cadre d'action, c'est le multilatéralisme, et avec des partenariats renouvelés avec les Etats comme avec les ONG, notamment en Afrique, nous avançons.
Nous avons une méthode rénovée, un meilleur pilotage de notre politique de développement afin d'obtenir des résultats directs, perceptibles sur le terrain. Nous avons des moyens renforcés enfin, puisque conformément à l'engagement du président de la République, nous allons porter l'aide publique au développement à 0,55% du revenu national brut dès 2022. C'est un enjeu majeur de solidarité.
Trois autres textes enfin ont été portés à notre attention. Les ministres de l'Intérieur et des outre-mer ont présenté une ordonnance réorganisant la partie du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'agit d'une modification de ce code à droit constant pour le rendre plus clair, plus complet et plus accessible.
Je précise donc que cette ordonnance n'apporte pas de modifications à nos règles d'asile et de séjour. Ensuite, le Premier ministre a présenté un décret portant dissolution de l'Institut national des hautes études et de la Sécurité et de la Justice : INHESJ. Il ne s'agit évidemment en aucun cas de se priver de l'expertise et des travaux de l'INHESJ, mais d'en assurer un pilotage plus optimal et une meilleure organisation notamment au sein du nouvel Institut des hautes études du ministère de l'Intérieur.
Enfin, la ministre du Travail a présenté le décret qui va permettre une augmentation du SMIC de 0,99 % au 1er janvier 2021? conformément aux préconisations du groupe d'experts en la matière. C'est l'occasion de rappeler que notre politique constante depuis 2017 vise à renforcer le pouvoir d'achat de nos concitoyens qui travaillent au SMIC.
Je rappelle la prime d'activité qui a été élargie et renforcée. Je rappelle un certain nombre de mesures qui ont été prises pour valoriser financièrement le travail pour nos concitoyens qui sont au SMIC, ou légèrement au-dessus du SMIC. Cela fait pour une personne au SMIC un gain mensuel de 136 à 236 euros par mois.
Lorsque nous cumulons l'ensemble de ces mesures, c'est une augmentation historique et il n'y avait jamais eu depuis 60 ans une telle augmentation aussi rapide de la rémunération au niveau du SMIC. Voilà ce que je pouvais vous indiquer sur ce Conseil des ministres à titre liminaire, et je me tiens évidemment à votre disposition pour les questions. J'en profite pour saluer ceux qui sont au fond de notre salle et qui sont en nombre : des stagiaires de 3e qui sont avec nous aujourd'hui, ce qui me permet de rappeler que dans ce moment difficile, y compris pour trouver des stages, évidemment les institutions publiques, la présidence de la République et les ministères prennent toute leur part dans la mobilisation qui doit être collective pour permettre aux jeunes d'accéder à des stages de qualité.
Oui ? -Bonjour. Marie Chantrait pour TF1/LCI.
Vous avez déclaré ce matin que la vaccination pourrait peut-être commencer d'ici la fin de l'année. Il était question de démarrer en janvier. Est-ce qu'il y a la volonté aujourd'hui de la part du gouvernement et des 27, puisque cela va se faire de manière coordonnée, d'accélérer sur la stratégie vaccinale ?
Il y a besoin d'aller plus vite. Quand on voit les images aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, et voilà, que cette stratégie s'accélère. Merci beaucoup. -Là-dessus, il n'y a pas eu de nouveauté dans mes déclarations puisque vous vous souvenez que le président de la République, quand il s'était adressé aux Français, avait lui-même donné comme horizon fin décembre, début janvier.
Et ce que nous avons toujours dit, c'est que nous démarrerions la campagne vaccinale dès lors que les processus de validation scientifique indépendants seraient arrivés à leur terme et auraient validé la mise en circulation d'un vaccin. C'est peut-être une différence que nous avons avec d'autres pays et nous l'assumons. C'est ce que nous portons en Europe.
C'est le souhait de mener à leur terme l'ensemble des expertises scientifiques sans passer par des procédures accélérées puisque c'est là un gage de confiance pour nos concitoyens. Vous avez vu que l'Agence européenne du médicament a communiqué sur une décision qui sera rendue le 21 décembre. Et dans la foulée, dans les jours qui suivront, les autorités de santé nationales rendront leurs avis.
Et puis nous pourrons démarrer une vaccination. Je n'ai pas d'annonce de date à vous faire aujourd'hui. Je rappelle que le Premier ministre s'exprimera d'ailleurs cet après-midi à l'Assemblée nationale, et demain au Sénat, sur ce sujet de la vaccination.
Mais évidemment, dès lors que les validations scientifiques auront été données, évidemment, nous irons vite pour démarrer cette campagne de vaccination. Monsieur Bect ? -Bonjour.
Hadrien Bect, Europe 1. Ce matin, dans Le Parisien, le président du Conseil scientifique dit : "Restons extrêmement prudents encore 3 à 6 mois." Est-ce que c'est une borne temporelle, un horizon temporel que vous partagez ? -Evidemment, nous écoutons avec beaucoup d'intérêt les projections, les estimations qui sont faites par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy.
Le président de la République dans une précédente intervention et allocution devant les Français avait lui-même fixé comme horizon important celui de l'été prochain. Mais évidemment, nous avançons avec beaucoup de prudence. Cette épidémie nous a montré qu'elle était souvent imprévisible.
Nous continuons à découvrir des éléments sur ce virus, sur sa circulation, sur les différentes vagues qui peuvent surgir dans cette épidémie, et donc il faut être à la fois confiants, sereins, mais prudents dans les projections que nous faisons pour notre part. Et c'est tout l'enjeu du Conseil scientifique que de lui-même, sur la base d'expertises scientifiques, et de l'expérience de ses membres, que de donner des perspectives aux Français. -Bonjour.
Julien Chavanne, RFI. L'OMS recommande de porter le masque même en famille à l'occasion de ces fêtes. Est-ce que vous reprenez clairement ce conseil et vous dites aux Français : "Portez le masque lors des repas de famille pour les fêtes" ? -G.
Attal : C'est un conseil de l'OMS qui a été diffusé ce matin et qui est convergent avec les recommandations que nous avons portées puisqu'il y a eu un avis du Conseil scientifique. Il y a eu un avis du Haut Conseil à la santé publique sur la question des fêtes de fin d'année. Pour schématiser les choses et le dire de manière claire : Si vous passez votre réveillon de Noël avec des personnes qui sont extérieures à votre foyer habituel, évidemment que les gestes barrières doivent être respectés le plus scrupuleusement possible et cela implique évidemment le port du masque, notamment quand vous êtes en présence de personnes vulnérables ou âgées.
Donc c'est convergent avec ce que nous portons, et ce que les autorités scientifiques françaises ont émis comme recommandation. -J'ai une autre question sur le terrain diplomatique international. Les parties prenantes à l'accord sur le nucléaire iranien sont réunies à Vienne aujourd'hui.
Est-ce que le président ou le ministre des Affaires étrangères vous ont fait part de ce qu'ils attendaient de cette réunion, avec le retour des Etats-Unis, en tout cas de Joe Biden dans le jeu ? -G. Attal : Ce n'est pas un sujet qui a été discuté ce matin en Conseil des ministres.
Mais je m'engage à revenir vers vous dans la journée avec davantage de précisions sur ce sujet. -Bonjour. Rym Momtaz de Politico.
Facebook a annoncé que les éléments affiliés avec l'armée française étaient engagés dans une campagne d'influence en ligne en Afrique face à une campagne d'influence russe. Est-ce que la France a bien lancé une telle campagne d'influence ? Premièrement et deuxièmement, est-ce que si c'est le cas ou pas, est-ce qu'il y a une enquête interne en France pour essayer de voir si les comptes qui sont pointés sont en lien ou pas avec l'armée ou l'Etat français ? -G.
Attal : Je n'ai pas d'informations sur ce sujet, mais là aussi, je m'engage à revenir vers vous, ou à ce que le ministre ou la ministre compétent revienne vers vous sur ce sujet. -Bonjour, Elizabeth Pineau de l'agence Reuters. Sur le Brexit, vous avez dit que la France n'accepterait pas n'importe quel accord.
Avez-vous des informations concernant l'imminence d'un accord ? Merci. -Ecoutez, les discussions et négociations ont été prolongées.
On approche du moment de vérité. Le président de la République s'est entretenu encore très récemment avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Les discussions se poursuivent.
Moi, je ne veux pas donner d'indications qui pourraient influer sur ces discussions qui sont en cours. On a toujours été très clairs sur le fait que nous souhaitions un accord mais pas n'importe quel accord. Qu'un certain nombre de lignes rouges ont été fixées, soit au niveau européen pour la défense des intérêts européens, soit au niveau français sur le sujet notamment de la pêche, par exemple.
Donc vous savez qu'il est extrêmement important dans ce contexte-là. -Bonjour. Maxence Lambrecq, France Inter.
Pour revenir sur l'avis du Conseil scientifique qui a suggéré l'auto-confinement des élèves de la maternelle au lycée juste avant les fêtes, avec une tolérance qui sera accordée pour demain et vendredi, l'absence des enfants. Des syndicalistes enseignants disent : "Donc l'école est un lieu de contamination. "Donc le protocole doit être renforcé "en janvier, à la rentrée, puisque d'une certaine manière "le Conseil scientifique reconnaît que l'école est un lieu de contamination." -Je vous remercie de me poser cette question, parce que beaucoup de choses ont été dites et écrites depuis la publication de cet avis du Conseil scientifique et il faut être clair.
Il faut être clair pour les enseignants, pour la communauté éducative. Il faut être clair pour les parents et pour les familles qui légitimement s'interrogent et se posent des questions sur la fin de cette semaine. Le Conseil scientifique a été saisi pour remettre un avis sur la question des fêtes de fin d'année.
Ce n'est pas un avis sur l'école. Et en aucun cas, il n'est dit dans l'avis du Conseil scientifique que l'école est un lieu à risque particulièrement de contamination. Au contraire, des précédents avis du Conseil scientifique ont validé notre choix d'avoir ouvert les établissements scolaires.
Et je vous renvoie au point qui sont faits tous les jeudis. Il y en aura demain, et il y en a eu la semaine dernière par le ministère de l'Education nationale sur le nombre de contaminations détectées dans le cadre scolaire qui est extrêmement faible. Jeudi dernier, je crois que sur les 7 jours précédents, chiffres à vérifier, ils ont été rendus publics.
Je crois que c'est 0,04% de contaminations qui ont été détectées dans les établissements scolaires. Donc l'avis du Conseil scientifique ne dit pas du tout qu'il y a un risque à envoyer ses enfants à l'école. Et c'est très important de le signaler et d'être clair sur ce point.
De même qu'il ne recommande pas de ne pas scolariser ses enfants jeudi et vendredi. Qu'est-ce qu'il dit cet avis ? Il dit qu'en prévision des fêtes de fin d'année, il est recommandé de réduire le plus possible ses contacts sociaux, c'est-à-dire d'avoir au-delà des activités qui sont essentielles, une limitation des contacts sociaux dans un contexte où nous sommes sortis du confinement, et où nous sommes maintenant avec un couvre-feu, et il n'y a plus d'attestations en journée.
Vous savez qu'il y a beaucoup de Français qui s'attachent à respecter scrupuleusement les avis, les recommandations. C'est d'ailleurs l'essentiel des Français qui du coup se posent des questions très concrètes. Si je veux aller au bout de cette recommandation et pratiquer en cadre familial un isolement le plus complet possible, est-ce que je serais pénalisé ou mes enfants seront pénalisés s'ils ne vont pas à l'école jeudi et vendredi ?
Et c'est là où le Conseil scientifique recommande, et nous avons repris cette recommandation, de tolérer les absences d'élèves jeudi ou vendredi pour ces motifs, qu'ils ne soient pas pénalisés. J'espère avoir clarifié ce point. Il y a une relance. -Et donc le renforcement du protocole à l'école est exclu à la rentrée de janvier ? -G.
Attal : A ce stade, il n'y a pas de renforcement annoncé. Je rappelle qu'il a été renforcé dans le cadre des dernières semaines, des derniers mois, avec un renforcement sur l'aération, sur le non-brassage des élèves, sur un certain nombre de directives qui sont données pour les repas, pour les cours, notamment les cours d'éducation physique et sportive. Mais à ce stade, je n'ai pas d'informations sur un nouveau renforcement. -A la rentrée en janvier, le 19 janvier, l'Assemblée étudiera comme premier texte un projet de l'organique révisant les règles de l'élection présidentielle.
On se demande ce qui se cache derrière ce projet de l'organique. Est-ce que c'est juste des histoires de comptes de campagne qui démarreront plus tard avec le report des élections régionales ? Est-ce que ce texte a déjà été adopté en Conseil des ministres aujourd'hui ?
Si ce n'est pas le cas, j'imagine que ce sera lundi prochain. De quoi s'agit-il ? -Il n'a pas été adopté en Conseil des ministres aujourd'hui.
Donc nous aurons cette discussion quand il le sera. -Bonjour. Loïc Signor, CNews.
Après les propos du président de la République sur les violences policières, de nombreuses manifestations ont lieu de la part des forces de l'ordre par différents moyens d'action, et certains menacent de faire la politique de la chaise vide lors du Beauvau de la sécurité, notamment le syndicat Unsa-Police. Le président leur a écrit pour dire qu'il allait s'engager personnellement. Qu'est-ce que ça veut dire ?
En a-t-il parlé ce matin en Conseil des ministres ? Et comment éviter un échec de ce Beauvau de la sécurité ? -Vous avez rappelé l'interview du président de la République donnée au média Brut.
Vous avez fait référence à ce terme de violences policières. Il me semble important de le faire ici. Je le fais dès que j'en ai l'occasion.
De rappeler le contexte dans lequel ont été tenus ces propos, puisqu'ils sont régulièrement, on le voit, instrumentalisés. Le président de la République les a employés pour précisément les déconstruire et pour casser cette idée véhiculée politiquement par certains qu'il y aurait une violence systémique organisée dans notre police. Il n'en est évidemment rien.
Ca a pu être dit, répété, mais vous le savez qu'il n'en est rien. A partir de là évidemment, nous suivons les déclarations qui peuvent être faites. Moi, je rappelle l'engagement extrêmement fort qui a été annoncé par le président de la République avec ce Beauvau de la sécurité qui démarrera dès le début d'année, et qui s'attachera à répondre à l'ensemble des difficultés qui ont été évoquées, mises en avant ces derniers mois pour notre police.
On a commencé à agir très fortement dès 2017 pour soutenir notre police dans ses moyens, et dans sa capacité à agir partout en France, en recrutant 10 000 policiers supplémentaires, en modernisant le parc automobile de la police. Je rappelle que d'ici à la fin de l'année prochaine, un véhicule sur 4 de la police aura été renouvelé, en payant les heures supplémentaires qui étaient stockées depuis des années, en augmentant le budget de la sécurité globalement de plus d'un milliard d'euros. Il y a un investissement massif et cet investissement doit se poursuivre.
On doit aussi s'attacher à un certain nombre d'enjeux comme celui de la formation. Et c'est tout l'enjeu de ce Beauvau. Vous avez évoqué un terme qui est celui de politique de la chaise vide.
Je vais vous dire mon avis. La chaise vide n'a jamais permis de faire progresser les choses. Donc évidemment notre souhait, c'est que la participation soit la plus large possible à ces travaux.
Mais je n'ai pas de doute qu'elle le sera, puisque quand nous échangeons avec des policiers sur le terrain, ce qui nous arrive régulièrement à l'occasion de déplacements, il y a une attente très forte autour de ces chantiers, autour de progrès très concrets pour le quotidien et l'exercice de nos forces de l'ordre. Oui ? -Bonjour.
Il y a eu ce matin un Conseil de défense COVID et il y a eu donc ces informations sur un avancement des autorisations des 1ers vaccins. Est-ce que le calendrier qui avait été fixé, un million de personnes vaccinées en janvier, 14 millions en février, tient toujours ? Question corollaire : en 2013, on a rendu le vaccin de l'hépatite B obligatoire pour les personnels soignants en EHPAD et en hôpital.
Pourquoi est-ce que ce n'est pas le cas pour le COVID ? -G. Attal : Vous comprendrez que je ne vais pas faire ici une conférence de presse sur la vaccination alors que le 1er ministre s'exprimera devant la représentation nationale sur ce sujet dès cet après-midi, et qu'il aura l'occasion de répondre à ces questions.
Mais je peux vous dire que notre stratégie vaccinale et le calendrier qui a été annoncé restent évidemment d'actualité et que nous allons le poursuivre. Pour ce qui est de l'obligation, le président de la République a eu l'occasion de s'exprimer très directement là aussi aux Français sur cette question. Nous faisons le pari pour l'efficacité de la confiance et de la transparence.
C'est pour nous le meilleur moyen de parvenir à une efficacité autour de cette campagne vaccinale, et ce sont les 2 valeurs qui nous guident. -Je parlais du personnel soignant, vous savez que parmi les infirmiers, infirmières, parmi tous les aides-soignants, il y a également une forte proportion de gens qui ne voudraient pas se faire vacciner. Il y a un autre type de responsabilité.
Est-ce qu'il n'y a pas une stratégie différente à avoir ? -C'est un sujet, vous le savez, une population, les soignants qui ne sont pas concernés par la toute 1re phase de la vaccination de janvier, hormis les soignants qui sont vulnérables dans les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes. Je ne vais pas revenir ici sur ce sujet-là.
Mais si ce n'est pour vous dire que la confiance par la transparence, cela vaut évidemment pour tout le monde, et c'est notre stratégie globale autour du vaccin. S'il n'y a pas d'autres questions. Marie Chantrait. -Une dernière juste sur cette clause de revoyure à 3 semaines pour l'ouverture des lieux de culture.
Donc on est autour du 7 janvier, est-ce que vous n'avez pas peur d'un effet déceptif ? Qu'il n'y ait pas ce temps nécessaire après les fêtes que vous avez toujours mis en avant, que vous annonciez le 7 janvier que la réouverture ne soit pas possible de ces théâtres, de ces musées, de ces cinémas. Et qu'à nouveau, vous créiez une déception chez tous ces professionnels qui montent au créneau.
On les a vus dans la rue hier. On a vu les acteurs accuser le président je cite "de se foutre de la culture". Voilà.
Qu'est-ce qu'il en est ? -Ce qu'il en est d'abord sur le fond, c'est que les lieux de culture sont malheureusement, je dis malheureusement parce que tout le monde le déplore. Personne ne se lève le matin en étant heureux de fermer des cinémas, des théâtres, des musées.
On se lève le matin après avoir rêvé de pouvoir les rouvrir. On rêve tous de pouvoir les rouvrir. Et quand je dis tous, c'est la quasi-totalité des pays européens, parce que quand vous regardez aujourd'hui autour de nous, chez nos voisins, c'est la même situation.
Ce sont les mêmes débats et la même déception évidemment. En revanche, là où nous nous distinguons, c'est par l'accompagnement financier massif que nous mettons en place pour soutenir le secteur culturel pour qu'il continue à vivre avec un plan de 7 milliards d'euros, avec un milliard d'euros dédié à la prolongation des droits des intermittents du spectacle pendant 1 an, avec une compensation des pertes de billetterie pour les établissements culturels, avec là encore des fonds qui viennent d'être débloqués parce que c'est vrai que peut être qu'un certain nombre d'acteurs s'étaient préparés, et sûrement d'ailleurs, à pouvoir rouvrir le 15 décembre. Il l'espérait.
Ce qui veut dire de l'affichage, ce qui veut dire un certain nombre de frais. Nous allons les compenser et les rembourser. , Nous faisons un accompagnement millimétré au cas par cas précisément pour permettre à nos acteurs culturels de continuer à vivre, et ça, je crois que ça nous distingue de beaucoup de pays et c'est une fierté.
Ca ne masquera évidemment jamais la déception des acteurs de ne pas pouvoir rouvrir parce qu'au-delà d'un exercice professionnel, c'est une passion pour eux aussi. Et c'est une passion par ailleurs pour les Français qui dans ces moments difficiles évidemment ont besoin de culture et ont besoin de pouvoir s'évader. Donc il y a vraiment une convergence sur le fait que nous souhaitons tous pouvoir les rouvrir.
Mais il y a une prudence qui est nécessaire. Moi, je veux rappeler que cette étape du 15 décembre lorsqu'elle a été annoncée par le président de la République, elle était évidemment conditionnée à ce que nous ayons une maîtrise de la circulation du virus qui passe notamment par une limitation des cas par jour à 5 000 cas par jour. Aujourd'hui, nous sommes un plateau entre 10 000 et 15 000 cas selon les jours.
Et je suis absolument convaincu que si nous avions fait le choix de franchir cette 2e étape, quand bien même les conditions n'étaient pas réunies en matière sanitaire pour le faire, nous serions en train d'avoir un débat et vous seriez en train de m'interroger légitimement pour me demander si nous n'avions pas fait prendre à notre pays des risques inconsidérés en ne tenant pas les objectifs de maîtrise de l'épidémie que nous avions nous mêmes fixés. Donc c'est difficile. On en est parfaitement conscients.
La ministre de la Culture échange de manière continue et régulière. Ces derniers jours, se sont tenues beaucoup de réunions avec les acteurs de la culture pour préparer les prochaines échéances. J'entends ce que vous dites et la question que vous posez.
Je pense qu'il y a... besoin, là encore, de visibilité et de point de rendez-vous.
Je pense que ce qu'il y a de plus déceptif, c'est de ne pas avoir de perspective. Et c'est tout l'enjeu de la stratégie par étapes qui a été annoncée par le président de la République, évidemment conditionnée à des conditions sanitaires. C'est tout l'enjeu que de donner cette visibilité avec des règles du jeu, entre guillemets, qui sont claires pour tout le monde, pour qu'on puisse se projeter.
Et je pense que c'est aussi un enjeu. Au-delà de la visibilité donnée aux acteurs, c'est aussi un enjeu pour nous toutes et nous tous et pour tous les Français. Quand on se mobilise en respectant les gestes barrières, en faisant en sorte de casser les chaînes de contamination, on le fait aussi pour arriver à un objectif de maîtrise de l'épidémie qui nous permettra de revivre le plus normalement possible, et qui permettra à un certain nombre d'acteurs de rouvrir. -Bonjour.
Julie Marie-Leconte, France Info. Visiblement, hier, lors de son déjeuner avec les présidents de groupe de l'Assemblée, Emmanuel Macron a regretté d'avoir distingué les activités ou les biens essentiels et non essentiels. Est-ce qu'il a répété, lors du Conseil des ministres, que c'était une faute politique initiale ? -Gabriel Attal : Je n'étais pas à ce déjeuner, mais je n'ai que peu de doute que le président ait pu le dire puisque nous le disons maintenant depuis plusieurs semaines.
Le 1er ministre l'a dit, j'ai eu l'occasion de le dire, de dire que moi-même, j'avais employé ce terme qui a sans doute été utilisé au départ parce qu'il est un terme plus ou moins juridique consacré, mais qui a pu donner le sentiment, évidemment, à certains secteurs qu'ils n'étaient pas essentiels, alors que ça n'était pas le cas. Et assez vite, il a été changé, vous vous en souvenez, en produits de première nécessité. -J.
Marie-Leconte : Mais en fait le débat est politiquement le même et c'est ce qui nourrit la colère des acteurs de la culture. -G. Attal : J'entends ce que vous dites.
Simplement, je pense qu'au-delà des termes, les actes, ce qui est mis en oeuvre est le plus important. Surtout quand on reconnaît qu'un terme a pu ne pas être approprié. Imaginez l'inverse : des termes qui ne font pas débat, parfaitement appropriés, mais derrière, l'absence d'acte pour permettre à des acteurs de survivre.
Parce qu'ils vont survivre, parce qu'ils vont vivre grâce à notre mobilisation. Je pense que là, la situation serait plus compliquée. Encore une fois, on a été clairs sur cette question-là et donc il n'y a pas, évidemment, de doute à avoir sur ce sujet. -J.
Marie-Leconte : "Ils vont survivre, ils vont vivre" ? C'est une conviction chez vous ? -G.
Attal : Bien sûr que c'est une conviction. C'est une conviction parce que nous donnons les moyens. Nous leur donnons les moyens.
Roselyne Bachelot, elle est mobilisée 24h/24 sur ce sujet-là, elle multiplie les réunions avec les acteurs pour recenser à chaque fois les besoins qui sont les leurs, les difficultés qui sont les leurs, et pour avoir un soutien, à chaque fois, adapté aux difficultés qui sont constatées. Merci beaucoup. Je vous dis à la semaine prochaine.
Nous nous retrouverons un lundi, exceptionnellement, plutôt qu'un mercredi.
Gabriel Attal