Jean-François Copé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse partielle
Vous vous préparez à cette éventualité d'arriver éventuellement dans trois semaines à Matignon ?
- 1:22RelanceÉludée
Vous ne pensez pas que les électeurs ont le droit de savoir qui sera Premier ministre en cas de victoire de l'un ou l'autre temps ?
- 3:27OuverteRéponse directe
C'est bien vous qui irait cet après-midi à l'Elysée, en tant que chef de l'UMP, reçu par François Hollande ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous l'intention de dire au président Hollande ?
- 5:26RelanceRéponse directe
Vous pensez que François Hollande ne devrait pas appliquer ses promesses ?
- 7:12OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous, Jean-François Copé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:27Invité politiqueFait
« C'est le seul projet politique qui permet, me semble-t-il, d'apporter des réponses fortes face aux grands défis européens que doit affronter la France dans les mois et les années qui viennent. »
- 2:52Invité politiqueChiffre
« L'écart a été infiniment moins important que certains ne le prédisaient, entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. »
- 5:05Invité politiqueChiffre
« Nous n'avons pas le premier euro pour le payer. »
- 5:13Invité politiqueChiffre
« Nous n'avons pas le premier euro pour les payer. »
- 7:42Invité politiqueFait
« S'il s'agit d'éviter les augmentations abusives de loyers, là, je vous dis, c'est le bon sens même. »
- 7:45Invité politiqueFait
« S'il s'agit, en revanche, de s'acheminer vers un blocage complet des loyers, le risque, c'est qu'il n'y ait plus de propriétaires pour louer leur logement. »
Temps de parole
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Bonjour Jean-François Copé, député maire de Meaux, secrétaire général de l'UMP et, ai-je envie d'ajouter, probable futur Premier ministre en cas de victoire de la droite aux législatives. Vous vous préparez à cette éventualité d'arriver éventuellement dans trois semaines à Matignon ?
La seule chose à laquelle je travaille aujourd'hui, c'est cette campagne législative qui m'amène bien sûr à être dans ma circonscription de mots, mais aussi aux côtés de mes amis dans toute la France. J'étais la semaine dernière dans l'Aude, dans l'Hérault, en Haute-Garonne, à Toulouse, je vais être cette semaine dans le Gard, dans le Vaucluse, en Indre-et-Loire, et viendra ensuite, le soir du deuxième tour, lorsque nous saurons les uns et les autres ce que les Français auront choisi, de passer à l'étape suivante.
Mais je crois que les choses se doivent faire l'une après l'autre, et que le choix d'un Premier ministre, dans une hypothèse où notre famille politique aurait la majorité à l'Assemblée Nationale, se ferait de toute façon sur la base de deux critères. Premier d'entre eux, c'est le choix du Président de la République, comme le veut la tradition et la Constitution. Il a généralement fait d'abord appel au chef du parti majoritaire. Et puis deuxièmement, il faut qu'il y ait un consensus dans notre famille politique. Donc, comme vous pouvez l'imaginer, tout ça n'a d'intérêt à être discuté qu'au moment où cela se présente.
Vous ne pensez pas que les électeurs ont le droit de savoir qui sera Premier ministre en cas de victoire de l'un ou l'autre temps ?
Oui, mais je vous l'ai dit, il y a plusieurs critères qui jouent.
Et donc, ce qui est sûr, c'est que les électeurs, ils le savent, en tout cas s'ils ne le savent pas complètement, je le leur dis de manière très formelle et très solennelle ce matin, nous sommes une équipe, nous avons un esprit collectif, on l'a montré depuis le début de cette campagne, il y a parmi nous des gens qui ont l'expérience et la maturité de fonctions ministérielles importantes, d'autres qui sont plus jeunes mais qui sont déjà très engagés, à travers leur parcours de parlementaires ou de jeunes élus, tout cela, cela fait une dynamique et s'ajoute à ça un projet politique, celui sur lequel on a fait campagne depuis de nombreux mois.
Qui est le projet de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. Qui est le projet de Nicolas Sarkozy et qui, au-delà de ça, maintenant se prolonge à travers la campagne législative et que je pourrais résumer de la manière suivante, c'est le seul projet politique qui permet, me semble-t-il, d'apporter des réponses fortes face aux grands défis européens que doit affronter la France dans les mois et les années qui viennent. Mais qui a été battu par les urnes, dans les urnes, il y a un mois. C'est exact, il a été, comme vous le dites, battu par les urnes. Dans les urnes. Voilà, dans les urnes, les urnes ne battent pas. Non.
Mais, en revanche, vous conviendrez avec moi que si François Hollande a gagné, d'ailleurs je crois qu'il faut savoir toujours reconnaître les choses, l'écart a été infiniment moins important que certains ne le prédisaient, entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. C'est donc que les choses méritent d'être prolongées, poursuivies dans un débat démocratique où il m'arrive d'être effectivement très mobilisé pour dire aux Français la chose suivante, c'est qu'il nous faut à tout prix éviter ce qui, dans le projet de François Hollande, me paraît irréparable. Il y a des mesures quand on augmente telle ou telle allocation, telle ou telle chose, c'est du débat. On peut être pour ou contre.
Mais, en revanche, il y a dans le projet de M. Hollande des choses qui, à mon sens, seraient irréparables.
On va en reparler, donc on ne saura pas qui irait à Matignon en trois semaines dans l'hypothèse d'une victoire de l'UMP. En revanche, c'est bien vous qui irait cet après-midi à l'Elysée, en tant que chef de l'UMP, reçu par François Hollande, c'est pas Alain Juppé ou François Fillon, c'est bien vous. Jean-François Copé, rendez-vous à 15h dans le cadre de la préparation du prochain G20. Qu'avez-vous l'intention de dire au président Hollande ?
Écoutez, je vais effectivement rencontrer à sa demande le président François Hollande, et ce sera l'occasion pour moi de lui dire d'abord que je suis sensible au fait qu'il fasse le choix de recevoir l'ensemble des responsables de partis politiques, y compris de l'opposition, parce que je pense qu'il est grand temps maintenant que chacun s'exprime. Nous sommes aujourd'hui dans l'opposition présidentielle, en attendant les résultats des législatives. Et je lui dirais que je souhaite vraiment que nous soyons capables de dépasser, de transgresser, si je puis dire, les clivages partisans sur les grandes questions internationales. Lesquelles ?
Je pense que François Sarkozy a engagé dans le cadre du G20 des positions très fortes, notamment sur la coordination des politiques économiques entre les grands pays pour lutter contre la crise. Et je dirais à François Hollande combien je souhaite vraiment ardemment que la France n'est pas une politique économique qui soit en contradiction totale avec ce que font les autres grands pays en termes de réduction des déficits publics, en termes de compétitivité de leurs économies. Je pense que là-dessus, nous devons faire très attention. Pourquoi je vous dis ça ?
Parce que les annonces qui commencent à être faites, même si elles sont en période à nouveau électorale et qu'on entretient le flou, mais je m'inquiète beaucoup. Je vois tous les jours de nouvelles annonces qui ouvrent de plus en plus la boîte de Pandore du retour à la retraite à 60 ans. Nous n'avons pas le premier euro pour le payer. Je vois qu'on commence à annoncer des embauches dans l'administration. Nous n'avons pas le premier euro pour les payer. Tout ça, c'était dans le projet de François Hollande ? Sans doute, mais enfin, nous sommes confrontés à une réalité.
J'ai entendu les promesses de campagne de François Hollande jeudi, pas plus hier qu'aujourd'hui, nous n'avons les moyens de le payer. Vous pensez que François Hollande ne devrait pas appliquer ses promesses ? Le deuxième message, M. Cohen, que je voudrais dire au Président de la République, c'est que je suis très préoccupé de l'avenir du lien entre la France et l'Allemagne.
Je m'inquiète de ce que, jour après jour, François Hollande donne le sentiment, mais peut-être que je me trompe, peut-être qu'il me démentira, d'avoir une position qui est plus celle de porte-parole des pays du sud de l'Europe, je pense évidemment à la Grèce en particulier, que de conforter le lien entre la France et l'Allemagne sur les efforts nécessaires pour nos pays respectifs. C'est l'avenir de nos enfants qui est en jeu, c'est l'avenir de l'Europe.
Vous vous souvenez des débuts du quinquennat de Nicolas Sarkozy ? Il voulait constituer un axe Paris-Londres et les relations, au début en tout cas, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'étaient pas franchement brillantes ? Écoutez, cinq années ont passé,
cinq années de crise extrêmement dures. Si l'Europe a tenu, c'est en grande partie, grâce à la relation étroite entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Je dis, attention, c'est un des fondamentaux de l'Europe que d'avoir ce lien. Or, je vois tous les jours François Hollande s'en dissocier. Nous parlons aussi d'environnement, comme vous le savez.
C'est un sujet qui me tient beaucoup à cœur, puisque nous allons parler, dans le cadre d'un sommet Rio plus 20, c'est un terme un peu ésotérique, pour parler, bien entendu, du risque du réchauffement climatique et surtout de l'Organisation mondiale de l'environnement, qui est un sujet absolument majeur, initié par Jacques Chérat, qui est prolongé par Nicolas Sarkozy.
Dans l'actualité de ce matin, il y a aussi la ministre du Logement, Cécile Duflo, qui détaille dans Libération, enfin qui détaille, qui laisse entrevoir un calendrier et quelques méthodes sur le décret qui doit permettre de bloquer ou de limiter le prix des loyers à la relocation dans les zones les plus sensibles. Qu'en pensez-vous, Jean-François Copé ?
D'abord, je crois qu'il faut alerter les Français sur le fait que se multiplient en ce moment des promesses un petit peu électoralistes, et dont l'imprécision, quand même, devient préoccupante. Là aussi, c'était dans le programme de François Hollande. Oui, mais j'ai compris que tout était dans le programme de François Hollande, mais je veux appeler votre attention sur le fait que, là encore, attention au contenu de ces mesures. Elles sont tellement floues qu'on ne sait pas ce dont il s'agit. S'il s'agit d'éviter les augmentations abusives de loyers, là, je vous dis, c'est le bon sens même.
S'il s'agit, en revanche, de s'acheminer vers un blocage complet des loyers, le risque, c'est qu'il n'y ait plus de propriétaires pour louer leur logement. Donc, compte tenu de la pénurie...
Vous pensez que des propriétaires qui encassent des loyers très importants peuvent renoncer à toucher ces loyers sous prétexte qu'ils ne peuvent plus du tout les augmenter ?
Je pense qu'à partir du moment où on rentre dans un processus de blocage complet des loyers, compte tenu de l'évolution des prix du marché de l'immobilier, il y a des risques, dans certaines régions, de pénurie de logements locatifs accessibles. Donc, moi, je mets en garde. Encore une fois, s'il s'agit d'empêcher les augmentations aberrantes, je suis évidemment du côté de ceux qui le proposent. Comme ce qu'avait proposé Nicolas Sarkozy à la fin de sa campagne, c'est-à-dire un plafonnement des loyers sur le modèle allemand. J'allais vous le dire, nous avons exactement été dans cette philosophie. Mais là encore, je mets en garde sur le côté très flou de cette proposition.
Donc, attention à ce que les choses maintenant soient précisées. Vous savez, de manière générale, moi je suis l'élu d'une ville qui est marquée par le fait qu'une partie de mes administrés sont dans une situation très modeste. Et je vois bien combien les questions aujourd'hui de pouvoir d'achat sont majeures. Je dis aussi que le rendez-vous qui est noté est un rendez-vous de générosité. De générosité. Et il faut faire très attention à ce que cette générosité qui est légitimement attendue fasse bien la part des choses entre ce qui relève de la main fraternelle que la puissance publique doit tendre vers celles et ceux qui ont des épreuves.
Des épreuves de revenus, des épreuves de maladie, des épreuves par rapport au chômage. Générosité, ça veut dire solidarité ? Mais bien sûr. Sauf que cette générosité qui, à mes yeux, est vraiment la marque de fabrique du modèle français à laquelle moi je suis à titre personnel, dans les fonctions d'élus qui sont les miennes profondément attachées, fasse la part des choses avec ce qui pourrait relever de ce que les Français, en revanche, ne veulent pas. C'est-à-dire une logique d'assistanat, c'est-à-dire en clair, donner, donner, donner à tout et à tout le monde, n'importe comment, sans qu'à aucun moment on ne mesure la part de responsabilité qui doit relever de chacun.
Jean-François Copé, invité de France Inter jusqu'à 9h-5. On vous retrouve dans quelques minutes après la rue de presse, ce sera dans un instant.
Jean-françois Cope