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interviewLe Média — Podcasts· 18 juin 2026 22 min

Révélations : Tondelier lance la purge contre les pro-Mélenchon et pro-Glucksmann

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour et bienvenue dans le récap. Un tout petit mot avant de commencer parce que l'heure est quand même grave. Le Média pourrait disparaître dans les semaines à venir. Pour nous sauver, nous avons besoin de 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet. Alors une première étape a déjà été franchie. Nous avons dépassé le cap des 3 000 nouveaux donateurs. Un immense merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent déjà. Mais la mobilisation doit continuer à l'approche de 2027. Le Média, la seule télé indé de France, doit continuer d'exister et de vous informer. Alors pour nous aider, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr.

Nous sommes le mercredi 17 juin et l'ambiance ressemble de plus en plus à un grand ménage de printemps chez les écolos. Sandrine Rousseau et Yannick Jadot seraient tous les deux dans le viseur de la patronne Marine Tondelier, manifestement agacés de ne pas voir tout le monde se ranger unanimement derrière sa candidature à la présidentielle. La politique est cruelle. On finit toujours par subir ce qu'ont commenté hier chez les autres.

1:08
Marine Tondelier

Je pense que c'est une peur.

1:09
Présentateur

Chez les écologistes, la biodiversité des idées a parfois ses limites. Depuis les municipales, le mot d'ordre semble être toujours le même. « Aucune tête ne doit dépasser ». A l'époque déjà, la direction du parti avait très mal digéré les rapprochements de certains et de certaines avec Elechi, alors que l'alliance avec le PS avait été décidée tout en haut de la pyramide. Avec le succès qu'on connaît, les opposants avaient alors publié une tribune pour se faire entendre, avant de recevoir un mail les menaçant de suspension du parti s'ils ne retiraient pas leur signature.

Une séquence qui n'avait pas manqué, évidemment, de faire jaser et d'alimenter les critiques envers la secrétaire nationale, régulièrement accusée de verrouiller son parti. Nouveau tour de vis à l'approche de la présidentielle. Et cette fois, le tout est emballé dans une motion, histoire de coller une jolie étiquette de démocratie interne à une nouvelle opération de mise au pas des ouailles et de tenter de s'éviter le procès en autoritarisme qu'on aime faire aux autres par ailleurs. Le principe de cette nouvelle disposition est très simple.

Tout adhérent qui voudrait se présenter contre le candidat, la candidate investie par le parti, ou soutenir un concurrent s'exposerait à une exclusion définitive. Alors évidemment, difficile de ne pas y voir un texte taillé sur mesure pour Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Le premier, tenant de l'aile droite du parti, refuse la primaire unitaire et multiplie les rapprochements avec Raphaël Glucksmann. Quant à la seconde, représentante elle de l'aile radicale, elle assure qu'elle soutiendra le candidat de gauche le mieux placé, y compris si c'est Jean-Luc Mélenchon. Bref, vous l'avez compris, chacun est prié de rentrer dans le rang ou bien de plier bagage.

Alors pour la forme, cette nouvelle disposition, elle sera soumise au vote des militants ce week-end, mais elle a d'ores et déjà été votée en bureau fédéral chez les écolos. Rien de très étonnant là-dedans parce qu'il est notoirement pro-Tondelier. Et du côté justement de l'entourage de Marine Tondelier, on assure pourtant qu'il ne s'agit évidemment pas d'une chasse aux sorcières. Cette motion répondrait au contraire aux demandes de plusieurs groupes locaux, échaudées par les dissidences observées lors des municipales et jugées trop faiblement sanctionnées par la suite.

Pas question, disent-ils, d'exclure qui que ce soit par principe, mais simplement de faire respecter les décisions prises collectivement au sein du parti. Un parti n'est pas une caserne, mais pas un self-service non plus, résume un proche de la patronne à nos confrères de Libé. Alors la formule est certes bien trouvée, mais certains y verront surtout la preuve qu'entre la caserne et le self-service, le curseur est bel et bien en train de bouger. Et pour enfoncer le clou de tout ça et de cette motion, une tribune des protons de Lié était en gestation depuis plus d'un mois. Ça, c'est une info exclusive du Média. Le texte que l'on s'est procuré aurait finalement été retiré.

Et à le lire, on comprend vite pourquoi. C'est tout bonnement une déclaration de guerre, le tableau des mauvais élèves rendu public. Personne n'est explicitement nommé, d'accord ? Mais les deux cibles sont parfaitement reconnaissables. Le texte commence par affirmer qu'il est normal et même sans qu'en interne du parti puissent exister des désaccords. C'est une citation, c'est bien de le rappeler. Mais une fois ce point évacué, on passe très vite au règlement de compte. Je cite encore le texte de la tribune, pour de vrai.

Sous les sunlights et dans les haut-parleurs de ces derniers jours, nous avons l'affichage de l'une de nos figures nationales, avec les leaders d'une construction politique autour d'un candidat déclaré de longue date, opposé au principe de la primaire et prenant l'exclusion d'une partie de la gauche de tout accord électoral. Alors ça, c'est Jadot qui fricote avec Glucksmann et qui s'est affiché samedi dernier à son meeting. Autant vous dire que ce n'est pas passé inaperçu. Et puis on passe très rapidement à Sandrine Rousseau, qui comme toujours, en prend largement pour son grade. Et je reprends la citation de la tribune.

La déclaration d'une autre de nos figures nationales qui, en réagissant à l'annonce, ô combien inattendue, de la candidature officielle d'un autre leader de la gauche, juge irresponsable la stratégie validée par le parti. Alors si vous n'avez pas compris, l'autre leader de la gauche ô combien inattendue, là, c'est Jean-Luc Mélenchon.

Et la liste des griefs ne s'arrête pas là, puisque la tribune reproche aussi à Sandrine Rousseau, je cite encore, « la publication sur les réseaux sociaux de passages tronqués et donc mensongers de déclarations de notre secrétaire nationale en omettant systématiquement les appels à l'union de la gauche et des écologistes, ainsi que, encore une citation, la publication de passages complets destinés à générer des réactions de soutien pour elle d'une partie de la gauche et à discréditer la candidate des écologistes et de la stratégie validée par le parti.

Plusieurs épisodes qui s'ajouteraient, toujours selon les termes de la tribune que je cite ici, à une longue litanie de la part des mêmes personnes de déclarations péremptoires et de petites phrases assassines, face caméra et micro largement ouverts, relayées avec délectation par les médias. Autant vous dire qu'ils en ont gros sur la patate. Alors les auteurs de ce texte se présentent eux-mêmes comme le socle de la pyramide des écologistes, investis d'un mandat électoral local, on n'en sait pas plus. Ils reprochent à Jadot et à Rousseau de nuire notablement à l'image du parti et de dilapider l'énergie des militants.

Ils écrivent encore « Un mandat électoral n'est pas une rente de situation permettant d'exprimer des positions publiques s'exonérant des lignes politiques ou stratégiques validées par le parti à qui elle ou il doit son mandat ». Autrement dit, la liberté d'expression s'arrête là où commence la ligne du parti. Mais attention, on peut quand même penser par soi-même, c'est pas interdit, mais en sourdine. En tout cas, au sein des instances déjà verrouillées par le parti.

Parce que sinon, ça met à mal l'image du parti qui serait donc, je cite encore, « abîmée par les sorties aussi régulières qu'intempestives de quelques-uns et de quelques-unes, vers qui les médias tendent leur micro parce qu'ils savent que viendra la petite phrase assassine qui fait les titres accrocheurs ». Mais vous ne méprenez pas, là, on parle encore de Jadot et de Rousseau, pas de Marine Tondelier. Si elle le fait, elle, c'est le privilège de la chef. Si vous voulez. Et la tribune assassine se termine ainsi. Énoncez vos choix et assumez-les en tirant la conclusion qui s'impose. Vous devez vous mettre en retrait du parti. Voilà, message bien envoyé.

Et du côté des principaux concernés, alors, qu'est-ce qu'on en pense ? Eh bien, chez Yannick Jadot, qui bénéficie encore d'un entourage plutôt bien intégré au sein du parti, c'est pas vraiment une surprise. On avait connaissance de ces manigances-là qui se trament en off depuis un moment. L'ex-candidat écolo à la présidentielle affiche un calme relatif. Dans l'opinion, il répond franchement, et non sans un peu d'égo.

Si la direction souhaite l'exclure, lui qui a, je cite, « obtenu le plus de voix dans l'histoire de l'écologie politique, en référence à ses 3 millions de voix aux élections européennes de 2019, alors qu'elle assume, mais j'ai bien peur que cela ne règle aucun problème de Marine Tondelier », conclut-il. Il estime que la direction du parti s'enferme dans une stratégie qui conduit à des échecs électoraux répétés et qui risque bien d'affaiblir durablement l'écologie politique.

À ses yeux, les écolos se perdent à force de ne pas trancher entre différentes orientations, entre notamment la ligne incarnée par Jean-Luc Mélenchon, avec toutes ses dérives et ses relents antisémites, précise-t-il, et une autre perspective, celle d'une sociale écologie pro-européenne et républicaine, dont on comprend évidemment qu'il l'associe à Raphaël Glucksmann, sans le nommer, puisqu'il n'est toujours pas officiellement candidat, comme chacun sait. Et là où il est relativement d'accord avec Sandrine Rousseau, c'est qu'il refuse de soutenir Tondelier par principe et qu'il préfère privilégier la candidature qu'il jugera la plus capable de rassembler et de gagner.

Là où ça se gâte niveau des similitudes, c'est que lui, il refuse d'office l'option Mélenchon, qu'il considère incompatible avec une partie de l'électorat et avec donc une stratégie gagnante. Chez Sandrine Rousseau, c'est plutôt l'inverse, on l'a bien compris. Son courant à elle, c'est plus Mélenchon que Glucksmann évidemment, mais jusqu'ici, elle plaidait surtout pour l'ouverture du dialogue en interne au sein de son parti.

9:55
Auditeur

Vous qui prenez l'union de la gauche, pourriez faire campagne en faveur de Jean-Luc Mélenchon parce que vous semblez être assez proche des idées qu'il développe.

10:02
Marine Tondelier

Moi je suis sur une gauche radicale en effet, et sur une écologie qui prend vraiment la mesure de l'impact d'une croissance libérale sur notre planète et sur notre capacité à vivre sur cette planète. Donc évidemment que philosophiquement, je me trouve plus proche des idées de LFI que par exemple de Raphaël Glucksmann. Ceci étant dit, moi je voudrais que ce soit une discussion que nous ayons à l'intérieur du parti Les Écologistes. C'est-à-dire que je voudrais que Les Écologistes, enfin, ait une discussion sur la stratégie pour 2027.

L'extrême droite est aux portes du pouvoir, et nous ne pouvons pas passer toute cette séquence sans jamais, jamais nous questionner, ni sur nos échecs, parce que nous n'avons jamais eu véritablement de débat sur les échecs électoraux successifs que nous avons, ni sur la stratégie pour 2027. Et je pense que là, la direction actuelle nous enferme dans une impasse totale dont il n'y a pas de sortie véritable pour le mouvement Les Écologistes. Et je vous dis, aujourd'hui, je suis extrêmement inquiète sur notre avenir.

11:04
Présentateur

Eh oui, mais Sandrine Rousseau n'est pas en odeur de sainteté au sein du dit parti, loin de là. Depuis longtemps, elle et son entourage ont été mis à l'écart, des instances et des débats internes au sein des écolos. Une réalité et la violence qui va avec, qu'elle avait déjà décrite dans notre émission, le fauteuil que je vous invite évidemment à voir et revoir sur Youtube notamment.

11:26
Marine Tondelier

La violence que j'ai subie à l'intérieur du parti est inadmissible, en réalité. Et que moi j'ai subie, c'est une chose. Parce que moi j'ai encore le socle qui me permet de tenir, la notoriété qui me permet de m'exprimer. Mais ce qu'ont subi certaines des personnes qui m'accompagnent dans le parti, c'est ultra trash. Et en fait, moi je pense par exemple à Harmonie Lecerc qui a été désignée pour être candidate aux législatives. Elle a fait la photo, elle a fait la profession de foi. Puis au dernier moment, on lui a dit, ah ben non, parce que t'es rousseauiste, donc ça va être quelqu'un d'autre. Enfin je veux dire, c'est dingue quoi. C'est dingue.

Donc non, c'est pas possible de fonctionner comme ça. Ça a permis à la direction actuelle du parti de faire une coalition. En disant, regardez comme elle est méchante, c'est la sorcière. Et donc, revenez avec nous, nous on est les gentils. Et en fait, ça a permis de souder un collectif uniquement de façade, parce que je pense que ce collectif n'est pas du tout un collectif. Mais ça a permis de faire une espèce de solidité de façade contre moi. Et ce que je représentais, et ce que mon courant représentait. Mais au détriment du fond.

12:39
Présentateur

Et voilà le climat au sein des écolos, derrière la veste verte, les sourires de façade et l'image d'unionniste invétérée de Marine Tondelier se cachent une réalité un peu moins reluisante. Auprès de l'AFP, des opposants s'en alertent d'ailleurs, sous couvert d'anonymat, et on peut les comprendre. À défaut de rassemblées autour de l'écologie, Marine Tondelier fait le choix d'épurer chez les écologistes, déplore un élu. Son autoritarisme n'a jamais eu d'égal dans le parti, dénonce un autre. Ça fait mal, et les témoignages comme ça, ils se multiplient dans les médias. Dans Politico, par exemple, on peut lire « Une écologiste abondée ».

Tout ce qu'elle essaie de faire, c'est d'imposer sa candidature à la présidentielle, non seulement en dépit des instances, mais surtout du bon sens. Et oui, c'est subtil, vous en conviendrez, mais dans les faits, les militants ont bien voté, à 80%, certes, pour une candidature de Marine Tondelier. à la primaire, mais pas à la présidentielle. Et oui, c'est ça la petite différence. Et vous voyez bien ce qui se profile. La primaire unitaire, voulue par Fort et Tondelier, entre autres, elle a complètement pris l'eau, faute d'accord notamment. C'est quasiment acté qu'elle ne verra jamais le jour. Tout le monde le sait, même si on continue un petit peu la comédie.

Alors maintenant qu'on a dit ça, il faut quand même décider ce qui se passe ensuite. Et quoi qu'il arrive, la patronne des écolos, elle compte bien être présente sur la ligne de départ en 2027. Pas question pour elle de revivre le scénario à la 2022, là, où une primaire interne chez les écolos avait départagé les différentes figures et courants du parti entre Piole, Rousseau et Jadot. Cette fois, Tondelier, elle compte bien faire directement valoir le plébiscite des militants à la primaire comme un blanc-seing pour la présidentielle. En gros, s'ils l'ont envoyée à la primaire, c'est qu'ils veulent d'elle comme candidate à la fin. Donc pas besoin de voter et de refaire tout le process.

Alors que dans les faits, quand même, le contexte, il a changé et la stratégie du parti, elle mériterait d'être discutée. Ça, c'est ce que demandaient, justement, Rousseau et Jadot, sans grand succès. Enfin bon, au final, tout porte à croire et on l'a bien compris qu'au bout du compte, c'est encore et toujours Tondelier qui fera la pluie et le beau temps au sein de son parti. Et avant de continuer avec le reste de l'actualité, petite info pour vous. Le 24 juin prochain, le média passera devant l'Arcom dans le cadre de sa candidature à la TNT francilienne.

Alors d'ici là, notre objectif est d'atteindre 5000 donateurs mensuels pour nous présenter avec la communauté la plus forte possible et être crédible auprès du régulateur. Alors si vous souhaitez défendre une information indépendante et nous aider à préparer les prochaines grandes échéances démocratiques, et bien rendez-vous sur capsurdicap.lemédiatv.fr Puis vous le savez, si vous aimez le récap, que vous avez envie qu'on discute ensemble, de choisir et de proposer des sujets, je vous attends sur le canal de discussion Instagram. Le lien pour le rejoindre est directement dans la barre d'infos YouTube.

Le tribunal de Paris a annoncé mardi 16 juin la relax de Nicolas Gé, le premier animateur à avoir été jugé depuis l'éclatement du scandale du périscolaire dans la capitale. Il était poursuivi pour harcèlement sexuel sur neuf fillettes de CM1 âgées de 10 ans au moment des faits et pour agression sexuelle sur trois d'entre elles. Pour les familles et les parents d'élèves, c'est évidemment l'incompréhension, mais surtout la colère qui prédomine à ce jour.

16:08
Invité

Nous sommes effarés par la conclusion du tribunal et par cette relax de l'animateur et surtout cette conclusion pour dire que les faits sont insuffisamment caractérisés, alors que neuf fillettes ont pourtant raconté les faits de harcèlement sexuel, les mots que cet animateur a employés et puis les gestes qu'il a eus, les gestes déplacés, les gestes à caractère sexuel, cette sexualisation qu'il a eue pour ses enfants. Et nous ne pouvons pas trouver les mots pour expliquer, ne serait-ce qu'aux enfants ou aux familles, comment la justice a pu en conclure qu'il n'y avait pas assez de faits caractérisés et surtout que cela ne méritait qu'une sanction administrative.

16:51
Présentateur

Le procureur a été à peine plus sévère lors de ses réquisitions, suggérant une peine de 18 mois de prison avec sursis. Le feuilleton est évidemment loin d'être terminé dans cet énorme dossier du périscolaire parisien. Depuis janvier 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles. Dans la matinée du mercredi 17 juin, à Paris, des militantes de Nous Toutes ont accroché sur le théâtre du gymnase Marie Belle des photos d'Edouard Berre et d'Athème Kellif avec l'inscription « agresseur » en plus de tags au sol. Ce mercredi marque en effet la première représentation de Cyrano de Bergerac dans laquelle jouent ces deux acteurs.

L'un est accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles, l'autre a été condamné pour violences conjugales et accusé de viol dont les faits sont prescrits. Marguerite, une militante de Nous Toutes Paris Nord, nous explique l'enjeu derrière cette action.

17:51
Invité

Ce matin, les militantes de Nous Toutes Paris Nord ont collé et tagué le théâtre du gymnase Marie Belle pour dénoncer deux agresseurs sexistes et sexuels que sont Edouard Berre et Atmen Kellif. Pour nous, c'était important de viser ces deux acteurs puisque dans le cas d'Edouard Berre, on a six femmes qui l'ont dénoncé pour harcèlement et agression sexuelle. Et dans le cas d'Atmen Kellif, il a été condamné pour violences conjugales. Et on est également en lien avec une victime d'Atmen Kellif qui a porté plainte pour viol. Cette plainte a abouti à un non-lieu pour cause de prescription.

Mais pour nous, c'était important de dénoncer ces deux acteurs qui se produisent sur scène tous les soirs et qui sont des agresseurs. Pour nous, c'était important de dénoncer également le théâtre puisque ça représente tout un système qui protège les agresseurs. On voit aujourd'hui que la justice, elle est défaillante. Il y a seulement 10% des victimes de violences sexistes et sexuelles qui portent plainte. Et parmi ces plaintes déposées, il y en a seulement 10% qui aboutissent à une condamnation. Donc ça fait au final 1% des viols qui sont condamnés. Et pour nous, c'est beaucoup trop peu. Et surtout, ce système, il profite à des puissants, il profite à des agresseurs.

Et évidemment, on pense fort à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles. C'est pour elles qu'on milite, c'est pour elles qu'on fait toutes ces actions et c'est pour elles qu'on veut faire bouger les choses.

18:59
Présentateur

Et la veille, dans la soirée du 16 juin, plusieurs organisations féministes, dont Nous Toutes ou encore Attaque, ont tenu un rassemblement devant le cirque d'hiver, là où Patrick Bruel devait entamer une tournée finalement annulée. Yuli Yamamoto, la porte-parole d'Attaque, explique pourquoi elle s'était rassemblée là. Des propos recueillis par mon confrère André Manivit.

19:21
Invité

Il y a à la fois une dimension symbolique, parce que Bruel, c'est tout un symbole de ce qui se passe aujourd'hui. Dix ans après MeToo, malheureusement, Bruel, c'est une affaire ordinaire. Toutes ces personnes publiques, on ne fait que compter le nombre de scandales. Pourquoi on compte ces scandales ? Parce que c'est la partie de l'iceberg. Derrière, c'est toute la société patriarcale, c'est toutes ces violences sexistes et sexuelles qui sont massives, qui sont systémiques. Donc non, ce n'est pas étonnant que Bruel soit là-dedans. Au contraire, cela révèle un symptôme de la société qui est vraiment, malheureusement, ce gros problème de violence structurelle.

L'autre élément, c'est purement pratico-pratique. Effectivement, il a renoncé, mais il n'a pas renoncé à sa tournée d'octobre. Donc il y a un enjeu à maintenir la pression, à se rendre compte qu'il faut qu'il abandonne, en fait, sa carrière est finie. Et que Bruel, c'est ça, c'est un symbole, c'est que l'ère des agresseurs est terminée maintenant.

20:12
Présentateur

Et on rappelle que l'artiste est visé par plusieurs plaintes pour viol, tentative de viol et agression sexuelle par plus d'une trentaine de femmes. La semaine dernière, le chanteur a été mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire. 49 personnes sont mortes après une intervention policière en 2025. C'est le triste recensement actualisé de nos confrères de Basta, un chiffre inférieur à 2024, avec 66 décès à l'époque, mais qui reste évidemment élevé. La police nationale est impliquée dans plus de 30 affaires, la gendarmerie dans une dizaine et la police municipale dans 5 décès. Dans plusieurs affaires, des zones d'ombre persistent sur les circonstances des décès.

Les tirs des forces de l'Ors restent évidemment la première cause de mort. Près de 40% des décès recensés sont liés à des tirs policiers ou de gendarmes. Au total, 19 personnes ont été tuées par arme à feu en 2025. 11 personnes sont mortes dans des accidents liés à une intervention ou à une poursuite policière, souvent après un refus d'obtempérer. Les 10 autres sont décédés pendant leur interpellation ou leur détention. Et comme le recensement de nos confrères continue, sachez que pour 2026, le bilan s'élève déjà à 20 morts. Merci d'avoir regardé cette nouvelle édition du Récap.

N'hésitez pas à nous laisser vos impressions en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télé. Et souvenez-vous, rendez-vous sur capsurdica.lemédiatv.fr pour devenir l'un de nos 10 000 donateurs mensuels et sauver notre chaîne avant le 31 juillet. Un grand merci d'avance et une très bonne soirée sur le média.