L'intégrale du vendredi 10 octobre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 32 %Défensif 43 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:11OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous de la rencontre d'Emmanuel Macron avec les chefs de parti ?
- 8:51OuverteRéponse directe
Pour vous, un gouvernement de gauche est-il la condition ?
- 9:52OuverteRéponse directe
Vous pourriez trouver des compromis avec LR ?
- 11:27RelanceRéponse partielle
Pour vous, c'est le qui avant le quoi ?
- 12:44OuverteRéponse partielle
Sébastien Lecornu a raison sur la majorité absolue contre la dissolution ?
- 14:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'une suspension de la réforme des retraites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:02PrésentateurFait
« Nous continuerons de porter le combat contre la peine de mort jusqu'à l'abolition universelle, a déclaré Emmanuel Macron. »
- 3:11PrésentateurFait
« Le gouvernement israélien approuve l'accord de libération des otages. »
- 3:26PrésentateurFait
« La libération des otages devrait mettre fin à la guerre, a déclaré le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Sarr. »
- 3:57IntervenantFait
« Je tiens ici à féliciter le président Trump pour son engagement personnel, l'émir du Qatar et le Premier ministre Cher Mohamed et son équipe de négociations, le président Sisi et le président Erdogan pour leur contribution cruciale à cet accord. »
- 8:21IntervenantPromesse
« Il faut un Premier ministre de gauche qui sait et qui saura qu'il n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale et qui est prêt à des compromis. »
- 8:34IntervenantPromesse
« Soit on montre que ce Front républicain que nous avons formé peut fonctionner avec un gouvernement de gauche qui passe un accord de non-censure avec ceux qui ont fait ce Front républicain. »
- 9:20IntervenantFait
« Les temps ont changé pour le socle commun. »
- 10:11IntervenantFait
« Pour moi, les LR sont quand même passés de l'autre côté de la barrière avec ce qui s'est passé ces deux derniers jours. »
- 12:19IntervenantFait
« La suspension de la réforme de retraite, Olivier Faure l'a dit. »
- 12:26IntervenantFait
« Le changement de trajectoire budgétaire, ce n'est pas un petit sujet. »
- 15:41PrésentateurChiffre
« Le coût de ce changement s'élèverait à pas moins de 3 milliards d'euros en 2027, a dit Sébastien Lecornu. »
- 15:52PrésentateurChiffre
« La Cour des comptes avait travaillé sur une suspension à 63 ans. Au moment où vous vous rappelez de l'ouverture du conclave, la Cour parlait d'un coût de 13 milliards d'euros par an pour les finances publiques en 2035. »
- 18:19PrésentateurChiffre
« On disait 13 milliards d'euros par an en 2035. »
- 18:34IntervenantChiffre
« La modification de la trajectoire, c'est 10 milliards d'euros. »
- 35:57IntervenantFait
« La pression qu'il a exercée sur Netanyahou, elle aurait pu être exercée plus tôt. »
- 36:07IntervenantFait
« il a obtenu quelque chose qui est sans précédent, en tout cas dans la première étape, c'est un long processus, la paix. »
- 36:33IntervenantFait
« La pression qu'il a exercée sur Netanyahou, elle aurait pu être exercée plus tôt. »
- 36:51IntervenantFait
« il a les moyens d'abord d'envoyer plus d'armes à l'Ukraine, de faire pression sur Poutine »
- 37:24IntervenantFait
« Trump, fort de ce succès, dira maintenant la prochaine étape, c'est l'Ukraine, c'est Poutine. »
- 37:45IntervenantFait
« Le problème, c'est qu'il est, comme vous le disiez, imprévisible »
- 38:07IntervenantFait
« c'est quelqu'un qui, quelquefois, flanche ou ne va pas jusqu'au bout des pressions potentielles qu'il peut exercer. »
- 38:41IntervenantFait
« il est fragile dans ça, il a l'impression d'être entouré d'ennemis, de conspirations et de gens qui veulent le détruire. »
- 39:00IntervenantFait
« c'est absolument sans précédent et si la chose se produisait, ce serait un incroyable abus de pouvoir. »
- 39:16IntervenantFait
« un tribunal fédéral de l'Illinois a décidé que l'intervention des troupes fédérales à Chicago était absolument bloquée par le juge qui estimait qu'elle n'était absolument pas nécessaire. »
- 40:16IntervenantFait
« la polarisation extrême du jeu politique, il a contribué à ça et continue de le faire »
- 41:04IntervenantFait
« Ah, vous, je vous aime bien parce que vous avez de bons gènes. »
- 45:23IntervenantFait
« on voit qu'il y a un certain nombre de décisions prises par Trump par exemple contre les libertés universitaires contre ce qu'on appelle libertés académiques qui sont remises en cause par les tribunaux »
- 1:05:59PrésentateurChiffre
« Michel Barani avait gagné 3 mois François Bayrou 8 ou 9 mois »
- 1:06:58PrésentateurFait
« il y a zéro débat c'est lui qui nomme et ça on est d'accord »
- 1:07:25PrésentateurFait
« qu'il y a une urgence de construire un budget »
- 1:08:11IntervenantFait
« d'essayer peut-être de rebâtir une sorte de socle central avec ou sans les socialistes »
- 1:08:43IntervenantFait
« Évidemment qu'il faut partager le pouvoir et ne pas donner le sentiment de s'acharner à vouloir garder la main sur tout »
- 1:10:18PrésentateurFait
« Oui c'est ce qu'on propose Gabriel Attal d'avoir un négociateur »
- 1:11:32PrésentateurFait
« il faut un gouvernement sans ambition présidentielle »
- 1:12:10PrésentateurFait
« tous les bruits qui nous reviennent depuis ce matin c'est que ça serait M. Lecornu qui pourrait être renommé »
- 1:14:07PrésentateurChiffre
« le socle commun c'est 211 députés l'ancien socle commun il faut 289 pour ajouter les socialistes »
- 1:14:32PrésentateurFait
« est-ce qu'on taxe les riches est-ce qu'on ne les taxe pas »
- 1:16:57IntervenantChiffre
« à 40% de déficit l'état de la jeunesse de France l'état des mamans de France l'état des prisons de France l'état de l'hôpital de France »
- 1:19:49PrésentateurFait
« Borloo c'est le Grenelle à l'environnement »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Intervenant20 %
- Intervenant 26 %
- Invité6 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Tous très heureuses de vous retrouver en ce vendredi 10 octobre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Emmanuel Macron qui recevra à 14h30 les chefs de partis hors LFI et hors RN. Connaîtra-t-on ce soir le nom du Premier ministre ? Un profil de gauche, de la société civile ou un quatrième du socle commun depuis la dissolution ? Quel sera le choix d'Emmanuel Macron ? Et à ce choix, de la dernière chance. On va en parler avec nos éditorialistes Arnaud Benedetti et Bérangère Bond dans une heure.
Les socialistes peuvent-ils de nouveau accepter de travailler avec un Premier ministre qui n'est pas issu de leur camp ? Un compromis est-il possible sur le budget, sur la réforme des retraites ? On pose la question dans quelques instants au sénateur socialiste de l'Oise, Alexandre Ouizy. Donald Trump va-t-il réussir à mettre fin à la guerre à Gaza ? Celui qui a adopté un langage et des postures guerrières est-il finalement un artisan de la paix ? Dans une demi-heure, nous recevrons l'un des éminents spécialistes des Etats-Unis de l'Inacorne, politologue.
Et puis à la une de nos régions, on ira en Normandie qui fête le millénaire de Guillaume le Conquérant, l'occasion de promouvoir et de mesurer l'empreinte normande à travers l'Europe. On sera en duplex avec Harvey Morin, le président de la région Normandie. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour Quentin. Bonjour Auriane, je suis ravi de vous retrouver comme tous les vendredis. Ragi également à la une de ce vendredi 10 octobre. Robert Basinter est entré au Panthéon. Voilà, c'est une cérémonie émouvante qui s'est tenue hier soir à Paris, 44 ans après la loi de l'abolition de la peine de mort.
L'ancien ministre de la Justice est entré hier au Panthéon. Nous continuerons de porter le combat contre la peine de mort jusqu'à l'abolition universelle, a déclaré Emmanuel Macron. Écoutez le président de la République hier.
Robert Basinter entre au Panthéon avec les principes de l'état de droit, une certaine idée de l'homme, inséparable de l'idéal républicain.
Quentin aura-t-on un premier ministre d'ici ce soir ? C'est toute la question, Auriane. Effectivement, alors que l'Elysée a annoncé ce matin de nouvelles consultations avec toutes les formations politiques hors RN et hors LFI cet après-midi à l'Elysée, Emmanuel Macron qui devrait, pourrait mettre fin au suspense ce soir avec peut-être, a priori, la nomination d'un nouveau Premier ministre. L'alerte de la Cour des comptes sur le budget. Petit avertissement sur ce que pourra faire le prochain Premier ministre.
Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a prévenu que le projet de loi de finances déposé par le gouvernement ne pourrait pas être différent de celui sur lequel le Haut Conseil des finances publiques a rendu un avis hier au cœur du sujet. La hauteur de l'effort présenté dans ce projet de loi de finances et cette question, quel déficit visera le prochain locataire de Matignon ? Le gouvernement israélien approuve l'accord de libération des otages.
Effectivement, le gouvernement de Benyamin Netanyahou a approuvé cette nuit la première phase de l'accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages 24 heures après des négociations fructueuses entre Israël et le Hamas en Égypte. La libération des otages devrait mettre fin à la guerre, a déclaré le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Sarr. On attend maintenant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, puis l'armée israélienne se retirera d'une partie de la zone où elle est déployée à Gaza. Emmanuel Macron, qui recevait hier de nombreux représentants internationaux, il a plaidé en faveur de l'unité de Gaza et de la Cisjordanie.
Écoutez le président de la République à propos de l'accord signé en Égypte.
Cette nuit, un accord historique a été conclu à Charmelsher. Et je tiens ici à féliciter le président Trump pour son engagement personnel, l'émir du Qatar et le Premier ministre Cher Mohamed et son équipe de négociations, le président Sisi et le président Erdogan pour leur contribution cruciale à cet accord.
Une nouvelle attaque russe cette nuit à Kiev. Oui, la capitale ukrainienne a une nouvelle fois été la cible d'une attaque russe d'ampleur dans la nuit de jeudi à vendredi qui a provoqué même une coupure de courant dans tout le secteur est de la ville. Les attaques quotidiennes de la Russie sur les villes ukrainiennes. L'objectif de la Russie est de semer le chaos, de faire pression psychologiquement sur les gens, a dénoncé mercredi Volodymyr Zelensky. Merci Quentin. Bonjour Alexandre Ouizi. Merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur socialiste de l'Oise. On va évidemment longuement revenir sur la crise politique.
Mais d'abord, on va regarder trois unes de la presse régionale qu'on a sélectionnées. On les regarde ensemble. D'abord, c'est la une de la Voix du Nord. Une voix porteuse des idéaux de la France. C'est cette photo de Robert Badinter et les mots d'Emmanuel Macron hier soir lors de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter. La deuxième une, c'est celle du bien public. Un espoir historique pour le Proche-Orient. Israël et le Hamas qui ont signé hier la première phase d'un accord sur le cessez-le-feu à Gaza. Une libération d'otages après de fortes pressions de Donald Trump. Et puis la dernière une, c'est celle de la République du Centre.
Entre autres sujets, médecins à la campagne, opération Reconquête. Consulter un généraliste dans un délai bref ou prendre rendez-vous chez un spécialiste devient de plus en plus compliqué. D'autant plus dans les zones rurales qui souffrent du manque de professionnels de santé. Quelle une avez-vous envie de commenter ? Les trois unes sont extrêmement importantes et revêtent des enjeux particulièrement centraux pour notre pays. C'est vrai que moi j'étais hier à la cérémonie d'hommage à Robert Badinter.
Et en tant que socialiste aussi, évidemment je trouve que c'était un hommage absolument sublime, magnifique, qui a retracé la vie et les combats de Robert Badinter contre la peine de mort en France, puis pour l'abolition universelle de la peine de mort. Contre aussi ce qui a été moins été dit hier, vous savez, ces juridictions d'exception, notamment le cours de sûreté de l'État qu'il a contribué à supprimer pour aussi l'abrogation de la dépénalisation de l'homosexualité qui était ce vestige honteux de Vichy qui était encore dans nos lois en 1982. Donc j'ai trouvé que c'était une très belle cérémonie. Avec des mots justes Emmanuel Macron ?
Des mots très justes du président de la République je dois dire. J'ai trouvé que le discours aussi revenait sur le combat contre l'antisémitisme dans notre pays qui est toujours vivace et en comparant les années 20 qui étaient les années de naissance de Robert Badinter et nos années 20 qui sont aussi des années de résurgence de l'antisémitisme dans notre pays. Donc j'ai trouvé que c'était en effet vraiment une très belle cérémonie. Emmanuel Macron qui a promis de porter le combat pour l'abolition universelle de la peine de mort et de prolonger ainsi le combat de Robert Badinter. C'est vrai que c'est la position du Quai d'Orsay depuis toujours et de la diplomatie, enfin depuis toujours.
En tout cas depuis l'abolition, le Quai d'Orsay et Emmanuel Macron le prolonge, est en effet engagé dans ce combat diplomatique de la France pour l'abolition universelle de la peine de mort. Un mot puisque hier la tombe de Robert Badinter au cimetière a été profanée. Qu'est-ce que vous avez ressenti en apprenant ça ? Beaucoup de dégoût, beaucoup de dégoût. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise en fait ? Ça démontre la modernité de son combat, c'est-à-dire qu'il y a toujours des gens pour rejeter ce combat qu'on pense humaniste et partagé.
C'est sûr que, enfin moi j'ai un père qui a milité dans les combats abolitionnistes et qui me disait toujours avec beaucoup de fierté la peine de mort est morte de sa belle mort, mais ça n'a pas été pavé de rose. Et d'ailleurs c'est un débat qui est toujours vivace dans la société. Si on va au bout de la vérité, en effet, c'est quelque chose qui est toujours sulfureux. Et donc je ne sais pas d'ailleurs les raisons. Est-ce que c'est pour la peine de mort ? Je ne sais pas si aujourd'hui les raisons sont connues, je ne crois pas, à ma connaissance, ou si c'est par anti-sémitisme, on ne sait pas les raisons de tout ça.
Toujours est-il qu'évidemment il y a quelque chose de répugnant le jour où la nation rend hommage à Robert Badinter à venir profaner, évidemment ça tombe. On va parler de la crise politique et on a appris ce matin qu'Emmanuel Macron avait lancé dans la nuit une invitation au chef de parti qu'il va donc recevoir à 14h30 hors LFI et ORN. Alors il l'a lancé à 2h du matin. Oui, j'ai le droit de dormir, c'est pour ça que vous l'avez assez gentil. Donc il est reçu à 14h30, sauf le RN, sauf la France insoumise. On imagine que le Parti Socialiste va y aller. Qu'attendez-vous de cette rencontre ?
Ce qu'on attend, c'est ce que nous disons quand même maintenant depuis un certain nombre de temps, c'est de dire que maintenant il faut changer de moment. Il faut un Premier ministre de gauche qui sait et qui saura qu'il n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale et qui est prêt à des compromis, et d'abord avec des compromis avec ceux avec lesquels le Front républicain s'est formé. à la vérité, où en est-on ? Soit on montre que ce Front républicain que nous avons formé peut fonctionner avec un gouvernement de gauche qui passe un accord de non-censure avec ceux qui ont fait ce Front républicain. Pour vous c'est la condition, un gouvernement de gauche ?
Soit je finis, soit on donne raison à Marine Le Pen à dire que tout ça ne vaut rien, que donc, vous voyez ce que je veux dire ? Et dans ce cas-là, c'est pavé la route de Marine Le Pen vers l'Elysée. Et évidemment, nous demandons à un Premier ministre de gauche, enfin quand même, même vous vous le disiez avec une certaine ironie dans la voix tout à l'heure en disant, ou un quatrième Premier ministre du socle commun. Ça semble inimaginable, incompréhensible. J'ajoute que les temps ont changé pour le socle commun.
Quand je vois, pardon, le vice-président des Républicains dire hier soir qu'il préfère voter, que lui, voterait RN contre la candidate socialiste en Tarn-et-Garonne s'il était habitant de la circonscription, enfin, comment les macronistes peuvent accepter ça ? Ils partagent cette idée-là ? Non, ils ne la partagent pas. Et d'ailleurs, évidemment, il y a des Républicains au Sénat, moi que je crois, qui sont choqués ici par la ligne de Bruno Retailleau. Et donc, vous voyez bien que ce socle commun, en fait, il n'a plus les valeurs communes qu'il pouvait, a priori, l'habiter. On voit qu'elles se délitent.
Et c'est-à-dire que vous, vous pourriez trouver des compromis avec le LR où vous dites, vu leur position de ces derniers jours, c'est plus possible ? Moi, je dis que les compromis, il faut d'abord les chercher avec ceux qui ont fait Front Républicain. Je l'ai toujours dit comme ça. Après, si les LR trouvent que ce qu'on fait est bien, tant mieux. Parce qu'en fait, on est dans cette situation. Mais il y a quand même quelque chose qui a changé. Pour moi, les LR sont quand même passés de l'autre côté de la barrière avec ce qui s'est passé ces deux derniers jours. Et je crois que c'est un fait politique majeur qui a été trop peu souligné.
La déclaration de Bruno Retailleau, puis celle de son vice-président hier, de point, ça fait une ligne. Donc je pense que maintenant aussi, moi, j'aimerais savoir si, ici au Sénat, ailleurs dans le pays, il y a des Républicains qui vont prendre la parole pour dire qu'ils n'acceptent pas ce qui est en train de se passer au sein de leur parti. Cette espèce de renversement d'alliance à mot couvert qui est en train d'avoir lieu. Parce que je crois que c'est important aussi pour la suite. Qu'est-ce qui se dessine pour la suite ?
Est-ce que cette union des droites dont les Zémouréens rêvent, dont les Marayons Maréchal rêvent, etc., est-ce qu'ils vont y céder, bradant l'héritage gaulliste, bradant l'héritage chiracien, ou est-ce que ce ne sera pas le cas ? Et on voit que la pente est en train de glisser sévèrement et que la dérive est en cours. Est-ce que cet après-midi, il pourrait sortir un accord sur le fond ? Est-ce que vous pensez que les socialistes, les écologistes et les communistes pourraient se mettre d'accord avec le socle commun sur un budget, sur la réforme des retraites ? On en parlera plus tard. Écoutez, moi je pense que d'abord, là, la question et l'urgence, c'est la nomination d'un Premier ministre.
Donc pour vous, c'est le qui avant le quoi ? Non, pas du tout. C'est-à-dire que si c'est un Premier ministre qui n'est pas de gauche, ce ne sera pas la même chose ? Ce n'est pas le qui avant le quoi. Nous en discuterons en bureau national. Permettez que là, pour l'instant, nous, ce que nous revendiquons, c'est le changement. D'accord ? Donc nous, on essaie de faire concilier deux exigences, la stabilité du pays et le changement. Pour le changement, il faut un Premier ministre de gauche. Pour la stabilité, il faut trouver l'accord de non-censure avec ceux qui ont fait Front Républicain. Donc c'est ça que nous appelons…
Il peut très bien avoir un budget de compromis, pas forcément porté par un Premier ministre de gauche, si vous tombez d'accord sur le budget. Écoutez, nous, en tout cas, on y regardera. On y regardera et c'est une décision qu'on ne devra pas ensemble. Parce que si vous voulez, la surdité d'Emmanuel Macron à l'aspiration au changement du pays, ce n'est pas non plus un petit sujet. Donc on y regardera ensemble, collectivement, entre socialistes en bureau national. Ce qui est sûr, c'est que, malgré tout, il y avait eu quelques changements qui étaient importants. La suspension de la réforme de retraite, Olivier Faure l'a dit. Est-ce que c'est un enfumage ou est-ce qu'ils y sont prêts ?
Le changement de trajectoire budgétaire, ce n'est pas un petit sujet. Ça permet d'éviter beaucoup du musée des horreurs qui avait été présenté par François Béroux, puisque ça permet de ralentir le rythme de consolidation, d'éviter la crise pour les entreprises, d'éviter la crise aussi d'une augmentation du chômage par une consolidation trop brutale. Donc tout ça, nous y regardons. Mais est-ce que Sébastien Lecornu a raison quand il dit qu'à l'issue de ses consultations, il a trouvé qu'il y avait une majorité absolue contre la dissolution ? En fait, moi, je trouve que la formule est rapide. Si c'est pour faire le plan Béroux, il y aura dissolution. C'est évident.
C'est-à-dire qu'en fait, il y a une majorité de gens qui sont prêts à travailler, mais nous, nous avons toujours dit le fonds… Mais ça, ça se jouera au Parlement. Vous avez le termoscopi ici, le président de la Cour des comptes, ce matin, il dit dans les délais impartis, c'est impossible de présenter un autre budget que celui qui a été présenté hier au Conseil des finances publiques. La copie de base, elle ne peut pas être différente. Non, mais que la copie de base, elle soit… Que le texte présenté, ce soit une chose. Après, vous savez bien, vous connaissez le processus parlementaire. Il y a des amendements gouvernementaux, puis il y a des amendements tout court.
Les amendements gouvernementaux ne sont soumis à aucun gage, il n'y a aucun problème constitutionnel. Donc, en fait, la question, c'est l'accord politique. Et donc, la question, ce n'est pas ce qui a été déposé et analysé par le Haut Conseil des finances publiques. C'est l'accord politique que nous pourrions conduire si nous étions au gouvernement sur le budget. C'est ça qui compte. Et donc, ça, ça se construit, en revanche, dans le temps qui vient et jusque dans la discussion parlementaire, peut-être. Mais moi, je crois que, pour le coup, il ne peut pas y avoir rien dans une déclaration de politique générale de qui que ce soit. C'est-à-dire que si nous sommes…
Il faut que nous montrions aussi ce que nous voulons faire. Enfin, vous voyez ce que je veux dire. On ne va pas s'en tenir à une copie déposée en urgence parce qu'il faut tenir des délais constitutionnels alors qu'il y a une crise ouverte dans le pays depuis une semaine. Il faut aller au fond des dossiers. L'autre clé du débat, c'est la réforme des retraites. La gauche demande une suspension de la réforme Borne qui n'y est elle-même pas opposée, mais sans l'accord d'une partie de son camp et encore moins de la droite. C'est votre éclairage. Quentin, Quentin, qu'est-ce qu'une suspension de la réforme des retraites signifierait exactement ?
Déjà rappeler que la réforme portée par Elisabeth Borne a repoussé l'âge de départ à la retraite depuis le 1er septembre 2023. L'âge légal de départ en France est passé de 62 à 64 ans, mais pas pour tout le monde, uniquement pour les personnes nées à partir de 1968. La réforme était progressive pour ne pas être un coup près pour les personnes se rapprochant de la fin de leur carrière professionnelle. Ainsi, pour les personnes nées avant 1968, la réforme se faisait par étapes. Les salariés nés en 1962 doivent aller jusqu'à 62 ans et 6 mois pour partir avec un taux plein. Ceux nés en 63 jusqu'à 62 ans et 9 mois. Ceux nés à partir de 64, l'âge serait de 63 ans.
S'il devait y avoir une suspension de la réforme Borne, on s'arrêterait a priori à cette étape. « Suspendre », ça voudrait dire que les personnes nées à partir du 1er janvier 1964 partiraient à 63 ans, expliquait une experte mercredi dans Les Echos. Selon le syndicat de la CFDT, pas moins de 600 000 personnes seraient concernées et pourraient ainsi partir plus tôt. Attention, on a bien dit, cela ne signifie pas un retour en arrière et un retour à l'âge de 62 ans. On s'arrêterait simplement là où la réforme en était. Alors, combien coûterait une telle suspension ? Le coût de ce changement s'élèverait à pas moins de 3 milliards d'euros en 2027, a dit Sébastien Lecornu.
La Cour des comptes avait travaillé sur une suspension à 63 ans. Au moment où vous vous rappelez de l'ouverture du conclave, la Cour parlait d'un coût de 13 milliards d'euros par an pour les finances publiques en 2035, avec en fait une double dégradation, selon la Cour des comptes, sur le régime des retraites à hauteur de 5,8 milliards d'euros, et également une perte additionnelle de recettes publiques de 7,2 milliards en raison des carrières plus courtes qui provoquaient donc des recettes fiscales plus faibles.
À plus court terme, un arrêt de la réforme coûterait entre 500 et 600 millions d'euros dès la première année, a dit cette semaine le sénateur Alain Millon, interrogé par PublicSénat.fr. Alexandre Rousille, on a lu les inquiétudes de la droite, de l'échiquier politique sur les conséquences sur les finances publiques de cette suspension de la réforme des retraites. Est-ce que vous reconnaissez que cette suspension a des conséquences très lourdes pour les caisses de la Sécurité sociale ? Écoutez, en fait, déjà revenons à la réforme borne. Pourquoi nous nous la contestons ?
Nous la contestons parce qu'elle est profondément injuste, elle fait peser sur tous ceux qui ont commencé à bosser tôt, l'effort sur les retraites. Moi, par exemple, qui ai fait des études jusqu'à 24-25 ans, 25 plus 42, ça fait 67. Donc, je ne suis absolument pas concerné. Tous les cadres, tous ceux qui ont fait des études supérieures, ils ne sont pas concernés. Et on faisait porter tout l'effort, tout l'effort sur ceux qui ont commencé à bosser tôt avec la mesure d'âge. Donc, nous, nous y sommes opposés. Je note quand même au passage que nous demandons notre position à nous, c'est l'abrogation de la réforme borne. Vous voyez, nous, on veut revenir à 62 ans.
Mais parce qu'on est prêt à faire un compromis politique, je veux dire, la suspension, c'est déjà pour nous un compromis politique. Donc, c'est déjà… J'aimerais quand même que les gens le comprennent bien. Ce n'est pas notre position. Vous nuancez déjà votre position en disant suspension et pas abrogation. Exactement. C'est-à-dire que lorsque nous avons, en janvier dernier, discuté ce point, la suspension, c'était déjà un point milieu. Donc, si vous voulez, c'est le premier point. On reporte à 2027 le débat de fonds sur ce qu'il faudrait faire avec la retraite. Mais ça me semble… En fait, si vous voulez, il y a quoi ? Il y a le problème d'une réparation démocratique de ce qui s'est passé.
Il y a des milliers de gens, des centaines de milliers, des millions de gens qui ont posé des journées de grève et qui ont vu une réforme s'imposer dans la brutalité d'un 49-3. Ce débat, je discutais avec Frédéric Dhabi de ça. Il était étonné de me dire que c'est une des seules réformes pour laquelle, au cours du temps, la colère ne faiblit pas. L'opposition ne faiblit pas. Parce qu'aussi, les conditions d'adoption ont compté. Donc, ça, c'est les raisons politiques. Vous êtes un parti de gouvernement. Est-ce que vous pouvez financer une telle suspension et, à terme, une abrogation ? On disait 13 milliards d'euros par an en 2035. Mais attendez, 13 milliards.
Après, la question, ce n'est pas est-ce que le régime de réforme des retraites, il ne faut pas travailler avec les partenaires sociaux, avoir sa pérennité à long terme avec une autre potentielle réforme des retraites. Mais 3 milliards d'euros en 2027, rendez-vous compte, on vient de dire déjà que la trajectoire a été modifiée. La modification de la trajectoire, c'est 10 milliards d'euros. Donc, il y a la place, évidemment, évidemment qu'il y a la place pour cette réparation démocratique et la suspension. C'est un choix politique. Et je reprends les mots du président du groupe socialiste, Boris Vallo. Il faut que les macronistes comprennent qu'évidemment, un compromis, ça va leur faire mal.
Il faut qu'ils renoncent à une partie de leur politique économique. Vous avez le scalp d'une mesure. Non, mais ce n'est pas le scalp. Ce n'est pas une question de scalp. C'est une question que, s'ils croient qu'il y a des accords de non-censure qui sont possibles d'un côté ou de l'autre sans qu'il y ait un changement de politique économique, ils se fourvoient complètement. Évidemment qu'il faut un changement de politique économique et évidemment que la réforme des retraites, qui a été l'un des plus grands mouvements sociaux de ce pays depuis très longtemps, elle rentre dans l'équation. Merci, Quentin. On continue. Évidemment, on va voir l'actualité dans nos régions.
C'est avec nos partenaires de la presse régionale. On va à Montluçon, dans l'Allier, où on retrouve Julien Pépineau, responsable de l'agence de la montagne à Montluçon. Julien, on va parler d'un autre sujet avec vous. Cette semaine, il y a le sommet de l'élevage de Cournon d'Auvergne. Il s'achève aujourd'hui. Et c'est un peu comme le Salon de l'agriculture. C'est un événement qui attire beaucoup de politiques.
Oui, effectivement,
puisque c'est devenu le deuxième événement pour la profession, qui attire donc son lot de personnalités politiques. Ma question, du coup, est comment trouver le bon équilibre entre préoccupation des agriculteurs qui ressortent lors de ces rendez-vous et puis une actualité nationale qui est celle qu'on connaît et qui est forcément sujet à de nombreuses questions.
Et Julien, justement, vous avez une question.
Oui, tout à fait. C'est comment trouver l'équilibre entre l'actualité nationale riche et donc aussi les questions des agriculteurs qui surgissent lors de cette occasion.
Oui, peut-être. Pour répondre à Julien, évidemment qu'on a un sujet. C'est-à-dire que quand vous n'avez pas de gouvernement, quand vous avez un ministre de l'agriculture démissionnaire, quand le système est largement bloqué, c'est difficile d'apporter les réponses.
Moi, ce que je peux dire, mais c'est une réponse évidemment de portée générale sur ce que nous nous portons, c'est qu'on peut et on doit demander de la qualité à nos agriculteurs et notamment sur l'élevage, sur les conditions de l'alimentation, mais qu'en revanche, on ne peut le faire qu'en n'acceptant pas des accords commerciaux internationaux qui les mettent en concurrence avec des gens qui ont des pratiques que nous ne tolérons pas nous-mêmes. Donc, à la vérité, et ça renvoie à ce qui a pu se passer sur les quotas de bœuf, pour le CETA, enfin, ce qui a pu se passer sur tout un tas de choses que nous avons acceptées.
À la vérité, c'est que si nous demandons aux agriculteurs de faire de la qualité, nous ne pourrons pas les mettre en concurrence avec des pays qui n'en font pas. Ça, c'est le fondement, nous, de ce que nous pensons sur les questions agricoles. Mais par exemple, sur le Mercosur, Emmanuel Macron, il est opposé au traité tel qu'il est prévu à l'heure actuelle. Pourtant, il risque de rentrer en vigueur. C'est-à-dire que la France, elle perd cette bataille. Mais attendons de vous... Enfin, s'il est vraiment... Alors déjà, il n'était pas opposé. Je vous rappelle le débat que nous avons eu dans l'hémicycle sur ce qu'a pu être le CETA, etc., entre les uns et les autres.
Mais surtout, sur le Mercosur, s'il est opposé, qu'il fasse ratifier le Parlement, que le Parlement est contre. Mais la Commission européenne a scinté un texte en deux pour pouvoir échapper justement à cette ratification par les parlements. Et vous avez raison. Il y a une bataille qui se met au niveau national et il y a une bataille qui se met au niveau européen. Il y a deux batailles qui se met en même temps. Un dernier mot, juste sur la crise politique. Est-ce que vous attendez une prise de parole d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il doit s'exprimer ? C'est évident, quand même.
Je veux dire, la Constitution fait du Président de la République, c'est l'article 6 de notre Constitution, le garant des institutions. Les institutions sont en train de dysfonctionner gravement. Il en est le garant. Donc, évidemment, et c'est même honnêtement assez étrange qu'une crise ouverte depuis 70 heures, 72 heures maintenant, le Président ne se soit pas encore exprimé. Donc, évidemment, qu'il faut que le Président de la République s'exprime. Merci, Julien. Merci d'avoir été avec nous. La une de la montagne, c'est le sommet de l'élevage. Le cheval prend les rênes. C'est à la une de votre journal. Alexandre Douyzy, ce 10 octobre, c'est la journée mondiale de la santé mentale.
Et ce qui était, il y a encore peu de temps, un tabou, les de moins en moins le burn-out chez les élus locaux. Et c'est l'une des premières à avoir brisé ce tabou de la santé mentale des élus. C'est la mère d'Aubervilliers, Karine Franclé. Elle s'était mise en retrait pendant plusieurs mois après un burn-out. On l'écoute. Je pense que c'était en juin 2024 où un matin, je n'étais plus capable de marcher. Je n'arrivais plus. Je n'arrivais plus à me lever. Tout paraissait insurmontable. Que ce soit les petites choses du quotidien. Il y a des mois où je n'arrivais plus à venir à la mairie. C'était trop. Puis j'étais dans le déni. J'étais toujours dans le même mécanisme. C'est un coup de mou.
Je suis fatiguée. Ça va passer. Quand on se repose un petit peu, ça repart. Ça part parti. Cette interview, elle est retrouvée dans le reportage de Jérôme Rabier-Mer au bord de la crise de nerfs. Il est diffusé cet après-midi à 16h30 sur notre antenne. On va justement poursuivre sur ce sujet. On va en Gironde. Bonjour Stéphane Delpera. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire de Saint-Médard-en-Jal. C'est dans la métropole bordelaise. On vient d'entendre la maire d'Aubervilliers raconter ce qu'elle a vécu, raconter son burn-out. Est-ce que c'est un sentiment que vous avez aussi vécu, vous, ou des maires qui vous entourent en Gironde ?
Il y a un sentiment de lassitude. C'est évident. On a plus de 1500 démissions de maires depuis les dernières élections. On a des agressions en forte progression, plus 30% l'an dernier, 3000 agressions. Et on sent bien que la colère qui existe dans le pays, le malaise qui existe dans le pays, eh bien, il se tourne aussi en partie vers les maires. Il y a également le phénomène des réseaux sociaux. De plus en plus de maires sont prises à partie en permanence, insultées, calomniées, menacées.
Et donc, il est évident que si on ajoute à cela une situation nationale très compliquée, sans visibilité, une réduction forte des moyens des collectivités territoriales suite aux réformes de ces dernières années, la complexité, la lourdeur des procédures auxquelles nous sommes tous les jours confrontés, l'impatience de nos concitoyens, eh bien oui, c'est certain qu'il y a une certaine lassitude. Les études ont montré que 60% des maires actuellement en fonction avaient songé un moment ou un autre à démissionner. Donc, on voit bien que la situation s'est quand même sérieusement aggravée.
– Je vais faire, je vous redonne la parole évidemment Stéphane Delpera, mais réagir Alexandre Wisi à ce que vous venez de dire. Ces difficultés croissantes pour les élus locaux, Stéphane Delpera le disait, il y a la question des réseaux sociaux qui aggravent la question de la santé mentale des élus, puis il y a la crise politique, il y a le manque de moyens, il y a les exigences des habitants. – Oui, c'est vrai que moi je me balade évidemment, j'ai près de 700 communes dans l'Oise, donc je vois les élus locaux et quand même aussi beaucoup les élus des petites communes. En fait, si vous voulez, qu'est-ce que c'est qu'un maire d'une petite commune ?
C'est quelques adjoints, une secrétaire de mairie et la préfecture qui vous envoie des listes de course à l'infini à faire. Donc d'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'il y a peu d'actifs dans les conseils municipaux, il y a beaucoup de jeunes retraités qui continuent leur engagement comme cela parce que c'est une telle charge qui vient en plus que c'est très difficile à concilier avec la vie. Donc ça, on le voit, on le voit très nettement. Donc je pense qu'il y a plein de choses à faire du point de vue de la santé des élus. Il y a aussi peut-être du côté de l'État une forme de débureaucratisation. Je donne un exemple juste pour plaisanter mais qui pour moi est significatif.
Lors des dernières élections sénatoriales, les petites communes doivent élire un grand électeur ou parfois trois grands électeurs. Pour élire un grand électeur, il y a eu un document de 120 pages qui a été envoyé par la préfecture alors qu'en fait, qu'est-ce que c'est ? C'est un conseil qui se réunit, il lève la main, il dit tu peux y aller, tu ne peux pas. C'est ça la réalité et vous aviez 90 pages de documents pour vous expliquer comment vous envoyez un grand électeur pour voter au sénatorial. C'est un micro-exemple mais c'est un exemple qui est révélateur aussi de l'impression de il faut bien faire.
En même temps, pour bien faire, c'est compliqué parce qu'il y a une surabondance aussi qui arrive à tout niveau. Il y a des demandes de subventions à faire avec un nombre très éclaté d'acteurs donc la région, le département, l'État. Bref, c'est compliqué d'être un élu local aujourd'hui et puis il y a en effet ce qui remonte beaucoup aussi chez nous c'est parfois la virulence de certains, le fait d'interpeller avec violence des élus sur les réseaux sociaux alors qu'on peut aller voir le maire en mairie, c'est quand même toujours plus sympathique. Donc vous voyez, il y a tout ça en effet qui rentre en compte et c'est vrai qu'on le ressent.
Après, il y a quand même beaucoup de gens vaillants et qui adorent leur mandat. Je ne veux quand même pas non plus noircir le tableau et Stéphane, j'en suis sûr en éteint. Voilà, donc je veux dire, il y a aussi cette joie de l'exercice du mandat, de faire des choses, d'ouvrir une école, de refaire une classe, voilà, il y a tout ça aussi qui est en ligne de compte. Il ne faut pas non plus être dans le visérabilisme. Et les maires, ils agissent aussi pour la santé mentale de leurs habitants. C'est votre cas Stéphane Delpera. Vous, en tant que maire, comment vous prenez en compte la santé mentale de vos habitants et quelles actions vous menez pour l'améliorer ?
C'est un problème de santé publique majeur aujourd'hui. En effet, je rejoins Alexandre. On a, nous, élus, beaucoup de satisfaction, donc on n'est pas les plus à plaindre. Mais en revanche, je pense aux maires solos, aux horaires décalés, je pense aux aides-soignantes, aux infirmières, je pense à tous ceux qui travaillent dans des conditions difficiles aujourd'hui dans leurs entreprises, dans les services publics, les policiers qui sont souvent agressés. Bref, il est évident que nous devons prendre en charge cette question. Il y a malheureusement une explosion des tentatives de suicide chez les jeunes. et notamment les jeunes femmes.
Moi, j'ai discuté avec l'hôpital de Bordeaux avec lequel nous avons un partenariat. Il y a eu 37% de hausse des demandes d'hospitalisation depuis le Covid. Donc nous, on a pris le problème à bras-le-corps. On a un partenariat avec Cynthia Fleury qui est une spécialiste de ces questions sur le prendre soin. On a créé un centre municipal de santé avec des médecins salariés de la ville, une psychologue, une infirmière psychiatrique en soins avancés, un partenariat avec l'hôpital Charles Perrins où nous accueillons des psychiatres et des infirmiers. Et puis, un climat de soins dans la ville, c'est aussi une ambiance.
Notre société, elle est sous tension, elle est brutalisée en permanence par le système économique qui impose une pression forte aux salariés dans les entreprises, dans les services publics où les moyens se réduisent. Et puis, une espèce de manque de perspective, d'avenir, de confiance qui fait que les gens sont stressés, en colère et ont tendance à multiplier les agressions entre eux. Et donc, il faut vraiment que nous, élus locaux, nous arrivions à faire baisser la tension. Nous sommes en première ligne mais il faut que l'État nous accompagne.
Il y a beaucoup d'annonces de com' autour des journées mondiales, des grandes causes nationales mais la réalité, c'est que les moyens de l'État ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui et que malheureusement, si on entend ce que dit l'ancien gouvernement des missionnaires sur ces questions, on n'est pas sortis de l'auberge.
Alexandrine ? Non, mais moi, je m'inscris exactement en ce qui vient d'être dit. Si vous voulez, dans l'Oise, nous avons à Clermont-de-L'Oise un grand CHI, donc en effet, un hôpital qui traite des questions psychiatriques et ce que décrit Stéphane est très juste, c'est-à-dire qu'il y a quand même globalement une augmentation de la pression, une fatigue d'être soit liée à une culture d'entreprise qui se durcit. Donc ça, tout ça, on le constate aussi et je vois que le fait que les élus locaux s'en saisissent me semble en effet tout à fait déterminant et je savais que Stéphane faisait tout ça et je trouve que c'est extrêmement, extrêmement important.
Merci Stéphane d'Alpera, merci pour votre témoignage maire PS de Saint-Médard-Angeal en Gironde. Merci d'avoir été avec nous. Merci Alexandre Bouilly pour cette première demi-heure. Quentin, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale ? Voilà, tout à fait. On fera par exemple un premier bilan des vendanges, j'en irai du côté du Cher pour voir comment ça s'est passé. Très bien, à tout à l'heure Quentin et tout de suite, on va parler d'un autre sujet. On va parler un petit peu de ce qui se passe à l'international, de Donald Trump, des États-Unis et vous verrez le parallèle entre ce qui s'y passe et ce qui se passe chez nous.
On reçoit le politologue Denis Lacorne tout de suite. Bonjour Denis Lacorne. Bonjour. Merci d'être avec nous, merci d'avoir accepté d'être l'invité de cet entretien. Vous êtes politologue, directeur de recherche aux séries, auteur de ce livre de la race en Amérique. C'est publié aux éditions Gallimard. Vous êtes un éminent spécialiste des États-Unis, Denis Lacorne. Un petit mot d'abord sur l'actualité. Aujourd'hui, c'est jour de remise du prix Nobel de la paix. Est-ce que Donald Trump mérite ce prix Nobel ?
Je crois que c'est trop tôt pour se prononcer. D'abord, le prix Nobel est en général accordé pour des activités qui ont lieu un an avant. En 2024, Trump n'avait pas fait grand-chose. On peut peut-être l'obtiendra-t-il l'année prochaine. Mais je crois qu'il y a plusieurs raisons pour lesquelles on peut être réticent à lui donner le prix Nobel. Et la principale, je crois, c'est qu'il est bon pour négocier la paix à l'extérieur. On le voit avec ce qui se passe aujourd'hui en Israël et à Gaza. Mais à l'intérieur, il ne faut jamais l'oublier, à l'intérieur, il traite ses adversaires comme des ennemis. Il envoie des troupes fédérales dans les villes démocrates.
Il menace de mettre en prison le gouverneur de l'Illinois et le maire de Chicago. Donc à l'intérieur, il est tout sauf pacifique et il semble abuser de son pouvoir, se comporter de façon autoritaire. Et le Nobel est donné, c'est global, c'est une réflexion globale sur qui est la personne, ce que fait la personne. Et quelqu'un qui est bon pour la paix à l'extérieur mais qui essaye de terroriser ses adversaires à l'intérieur, il y a un problème.
Oui, on va revenir sur ces contradictions mais Donald Trump, puisque c'est aussi l'actualité, il a réussi à obtenir un accord historique entre Israël et le Hamas qui pourrait du coup mettre fin à la guerre à Gaza. Alors c'est vrai qu'on avait un peu le sentiment que Donald Trump, il avait plutôt un langage guerrier, des postures guerrières. Est-ce qu'au fond, il est un artisan de la paix ?
Oui, en l'occurrence et je crois qu'il a réussi à démontrer que si on met la pression sur ceux qui sont réticents à signer, je pense à Netanyahou, il y a eu un moment décisif je crois et ça a été le Qatar, au moment où Israël a bombardé, essayé de tuer les négociateurs du Hamas au Qatar, là c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et là Trump s'est révélé comme capable de dire non, on ne peut pas faire ça jusqu'à obliger Netanyahou à faire des excuses publiques du siège du bureau ovale de la Maison Blanche, il a pris le téléphone devant Trump, il a téléphoné à l'émir du Qatar pour lui dire mes excuses et ça c'est sans précédent et ça montre qu'il est, s'il veut s'y mettre, s'il veut faire une certaine pression, ça peut marcher, laquelle pression n'a jamais été exercée sur Poutine par exemple.
– Mais pourquoi il est en capacité d'exercer de telles pressions ? Est-ce que c'est parce qu'il dirige les Etats-Unis qu'il reste une grande puissance ou est-ce qu'il y a aussi la personnalité de Trump, le fait qu'il est imprévisible, le fait qu'il fait un peu fi des usages diplomatiques, c'est aussi ça qui marche ?
– Oui, alors il y a sa personnalité, il y a ses intérêts économiques, lui et son gendre investissent beaucoup au Qatar, il y a aussi le fait quand même que d'une certaine façon, Israël est vassalisé par les Etats-Unis, c'est-à-dire sans les armes américaines, sans l'aide américaine, Israël ne pourrait pas être où il est aujourd'hui et l'emporter sur la base. – Donc c'est plus le poids
des Etats-Unis que Donald Trump lui-même ?
– Il est imprévisible, c'est vrai, mais je crois qu'il est aussi véritablement intéressé par le Moyen-Proche-Orient et il y a là une continuité, c'est-à-dire qu'il ne faut jamais oublier que les accords d'Abraham, c'est lui qui a signé ça ou qui a contribué à cela lors de son premier mandat présidentiel. Donc il y a un véritable intérêt pour Israël, le Proche et le Moyen-Orient, intérêt qui est soutenu par les sionistes chrétiens aux Etats-Unis qui sont très proches de Trump et qui ont un rôle qui stimule Trump.
– Mais c'est quoi ? C'est un intérêt d'être celui qui restera dans l'histoire comme celui qui a mis fin à cette guerre ?
– Oui, bien sûr, il est très soucieux de son image et si son image est celle d'un peacemaker, de quelqu'un qui est capable de changer les choses, alors on peut lui reprocher d'avoir trop tardé. La pression qu'il a exercée sur Netanyahou, elle aurait pu être exercée plus tôt. Mais en même temps, il n'est jamais trop tard pour bien faire et là, chapeau, il a quand même, il a obtenu quelque chose qui est sans précédent, en tout cas dans la première étape, c'est un long processus, la paix. Là, on en est, on cesse le feu et à la libération prochaine, espérons des otages, mais ensuite, il y a d'autres étapes et là, les choses ne sont pas encore totalement claires.
Le maintien de la paix dans la durée, c'est quelque chose de compliqué et là, il faut attendre, il faut voir ce qui se passe. – Oui, c'est-à-dire
qu'on n'est pas encore à la fin de la guerre ?
– Non, et c'est pour ça qu'il y a le prix Nobel, ce qui n'est pas impossible, je crois qu'il vaudrait mieux attendre l'année prochaine parce que là, on pourra le juger sur pièce, savoir jusqu'où est allée sa pression ou son implication pour la paix en Israël.
– Est-ce qu'il est aussi celui qui peut mettre fin à la guerre en Ukraine ?
– Oui, mais il a, bien sûr, il a les moyens d'abord d'envoyer plus d'armes à l'Ukraine, de faire pression sur Poutine et on peut penser qu'il y aurait peut-être un effet de… On peut penser que si les choses vont bien, si la paix est définitive en Israël, la paix entre Israël et le Hamas, si la paix… On peut penser que Trump, fort de ce succès, dira maintenant la prochaine étape, c'est l'Ukraine, c'est Poutine. – Il peut y avoir un effet d'entraînement sur les autres conflits. Et il peut aussi, il sait que s'il exerce une pression forte sur la personne avec qui il négocie, ça a des succès, ça a des résultats. Et cette pression, il ne l'a pas encore exercée, je crois, sur Poutine.
– Mais il peut être celui qui réussit à mettre la pression sur Poutine ?
– Le problème, c'est qu'il est, comme vous le disiez, imprévisible, donc on peut l'espérer, mais jusqu'à présent, la pression sur Poutine, on ne l'a pas vue. Lors de la réunion de l'Alaska, qu'est-ce qui s'est passé en Alaska ? En Alaska, il avait été question d'imposer un cessez-le-feu et finalement, résultat des courses, après sa réunion avec Poutine, il n'était plus question de cesser le feu. Donc, c'est quelqu'un qui, quelquefois, flanche ou ne va pas jusqu'au bout des pressions potentielles qu'il peut exercer.
– Vous parliez tout à l'heure des contradictions, contradictions entre celui qu'il est sur la scène internationale, on vient de parler, l'artisan de la paix, et celui qu'il est sur le plan intérieur, très virulent, avec ses opposants en plan emprisonné, le maire de Chicago et le gouverneur de l'Illinois. Comment on explique cette contradiction ?
– C'est quelqu'un qui est, dans le fond, comme disent les Américains, insecure, il est fragile dans ça, il a l'impression d'être entouré d'ennemis, de conspirations et de gens qui veulent le détruire. Et il surréagit, bien sûr, à ses adversaires, mais ça devient absurde lorsque, à partir du moment où vous dites je vais mettre en prison le maire de la ville de Chicago ou le gouverneur de l'État d'Illinois, c'est absolument sans précédent et si la chose se produisait, ce serait un incroyable abus de pouvoir. Alors, il se trouve que les tribunaux réagissent maintenant.
On a appris hier soir, je crois, ou ce matin, qu'un tribunal fédéral de l'Illinois a décidé que l'intervention des troupes fédérales à Chicago était absolument bloquée par le juge qui estimait qu'elle n'était absolument pas nécessaire. Elle n'était pas nécessaire parce qu'il n'y a pas de rébellion dans l'Illinois comme le prétend. Alors, il y a évidemment une criminalité élevée mais ce n'est pas les troupes fédérales qui vont régler le problème de la criminalité et ça relève de la police interne. Et puis, il y a aussi une violation du fédéralisme parce que non seulement il a... Les troupes fédérales, il faut s'entendre, il s'agit de la fédéralisation des gardes nationaux.
C'est un peu l'équivalent des gendarmes qui sont fédéralisés, c'est-à-dire c'est le fédéral qui décide de les déplacer plutôt que le gouverneur de l'État. Et il a envoyé, Trump a envoyé des troupes du Texas dans l'Illinois et pour les gens de l'Illinois c'est une violation de leur souveraineté d'État. C'est tout à fait scandaleux que les gens du Texas viennent à Chicago pour mettre fin à une rébellion qui n'existe pas.
Est-ce que Donald Trump c'est un amplificateur des fractures de l'Amérique aujourd'hui ?
Oui, la polarisation extrême du jeu politique, il a contribué à ça et continue de le faire puisque maintenant il attaque constamment des gens qui autrefois ont des procureurs ou des juges qui l'ont contesté ou qui l'ont même condamné dans certains cas. Eh bien, ces gens-là ils lancent le FBI pour faire des poursuites contre eux ou le ministère de la Justice qui est totalement politisé. Donc c'est quelqu'un qui accroît les fractures. Oui. Et qui accroît aussi les fractures raciales.
C'est-à-dire que ce qui est inquiétant c'est par exemple lorsque Trump visite le Minnesota qui est un État où il n'y a pratiquement pas de Noirs ou d'Hispanic que dit-il dans une petite ville du nord du Minnesota ? Il dit « Ah, vous, je vous aime bien parce que vous avez de bons gènes. » Laissant entendre que ceux qui ne sont pas des Blancs d'origine du nord de l'Europe ont plutôt de mauvais gènes. Et c'est ça le problème.
Si vous regardez un autre exemple si vous regardez les 98 postes les plus importants dans l'administration fédérale c'est-à-dire des postes qui sont approuvés par le Sénat aux États-Unis qui demandent l'approbation du Sénat donc 98 postes clés sur ces 98 postes il n'y a que deux Noirs. Il n'y en a jamais eu aussi peu dans le sommet de la hiérarchie fédérale et même sous Bush Bush-fils Obama, Biden, etc. on a là une réduction drastique à tel point que certains critiques de Trump disent quoi ? Ils disent attention on s'avance vers une reségrégation des États-Unis il y a là quelque chose Donc il ravive
les tensions raciales Donald Trump ?
Pardon ?
Il ravive ces tensions ?
Oui d'une certaine façon oui et un autre exemple c'est que par exemple le chef le commandant-chef des armées et d'autre part l'un des acteurs clés de la réserve fédérale sont des Noirs qui ont été vidés par Trump pour des raisons qui ne sont pas particulièrement claires qui d'ailleurs font des procès à Trump et qui sont des Noirs remplacés par des Blancs donc c'est quelqu'un qui n'a aucune sympathie pour comme on dit aux États-Unis les gens de couleur
Dans votre livre il y a une expression intéressante vous parlez d'une majorité de minorités
Alors ça c'est la hantise des Trumpistes qu'est-ce qui se passe eux résonnent sur qu'est-ce qui se passe dans l'Amérique des années 2030 2050 et leur hantise c'est que la majorité des Blancs d'origine européenne deviennent une minorité dans un pays qui serait une majorité de minorités la majorité de minorités ça veut dire où les minorités ethno-raciales seraient plus nombreuses mais c'est une inquiétude qui est à mon avis infondée parce que d'abord la majorité reste blanche et d'autre part si on se projette en 2050 et bien en 2050 ça sera un pays beaucoup plus complexe où les métisses où le mélange des ethnies et des races sera tel qu'on ne saura plus très bien compter qui est blanc qui n'est pas blanc mais c'est vrai que dans un pays très très racialisé aux États-Unis on ne peut pas penser le métissage on pense il y a les blancs il y a les noirs et on n'arrive pas à comprendre que les choses d'un point de vue démographique peuvent évoluer d'où ce paradoxe par exemple les hispaniques que sont-ils sont-ils des blancs sont-ils des noirs dans les recensements américains on est obligé de choisir sa race que disent les hispaniques ils nous disent 50% des cas on est des blancs et donc il y a cette chose contradictoire où on parle d'hispaniques blancs d'hispaniques non blancs et vous voyez il y a une espèce d'arithmétique raciale qui perd sa signification puisqu'on ne sait pas ce qu'on additionne et il se trouve que certains groupes les hispaniques ne sont pas considérés comme des races par les autorités de recensement c'est des ethnies les mexicains étaient une race en 1930 ils ne le sont plus aujourd'hui les juifs ont voulu en faire une race ils ont refusé ils ne sont pas une race dans les formulaires de recensement donc il y a ce sont des catégories qui évoluent et ce qu'il y a d'intéressant c'est qu'il y a des résistances il y a des groupes qui disent non nous on ne veut pas être classés comme une race parce qu'aux Etats-Unis si vous êtes classés comme des non-blancs ça veut dire que vous allez être victimisés ça veut dire que vous allez être probablement infériorisés donc c'est pas une bonne chose
sur la démocratie est-ce que la démocratie américaine elle est malade aujourd'hui ?
oui elle est à la fois très très malade on le voit avec les violences dans les propos en tout cas ou les incivilités mais en même temps elle résiste c'est-à-dire que ce qu'il y a d'intéressant alors il y a toujours un décalage entre le temps judiciaire et le temps politique mais si vous regardez le fonctionnement des tribunaux de tous les ordres des cours de district des cours fédérales des cours suprêmes on a maintenant on voit qu'il y a un certain nombre de décisions prises par Trump par exemple contre les libertés universitaires contre ce qu'on appelle libertés académiques qui sont remises en cause par les tribunaux la décision de déployer des troupes fédérales est remise en cause dans la région de Chicago sera peut-être remise en cause à Portland dans l'Oregon donc il y a une série d'actions qui laissent entendre qu'il y a encore aux Etats-Unis aujourd'hui ce qu'on appelle les poids et les contrepoids le checks and balances et ça fonctionne toujours mais avec ce décalage toujours entre le judiciaire et le politique donc on a l'impression que Trump l'emporte chaque fois qu'il prend une décision un peu folle et en réalité il sera à un certain moment bloqué
et la démocratie française
la démocratie française c'est une autre forme de paralysie je crois que si je compare les deux systèmes l'un a un système présidentiel donc proche du système français qui pousse à la polarisation à deux parties les trois les troisième parties n'ont jamais réussi aux Etats-Unis avec quelques exceptions
ça veut dire que le bipartisme américain protège de la crise qu'on connaît aujourd'hui
en France ?
il renforce la polarisation entre deux blocs mais au moins il n'y a pas trois blocs et le drame français c'est un peu la quadrature du siècle lorsque vous avez trois blocs dans un système qui favorise aussi le bipolarisme le système présidentiel c'est très très difficile de trouver une majorité le système américain est beaucoup moins parlementariste que le système français et en même temps le système américain est fragile parce qu'il y a tout le temps des élections tous les deux ans imaginez des législatives tous les deux ans c'est ce qui se passe aux Etats-Unis à la chambre des représentants ça veut dire que c'est une campagne permanente voilà c'est une campagne permanente et avec la hantise de ne pas être réélu et la hantise si vous êtes un républicain que disons que Trump s'il n'aime pas vos idées mettons que vous êtes un républicain modéré et bien dans les primaires vous serez détruit par l'argent de ceux qui soutiennent Trump ou par les candidats soutenus par Trump
donc ça renforce quoi ? ça renforce la démagogie ?
ça renforce l'extrémisme à l'intérieur du parti républicain les modérés dans le parti républicain on pouvait penser que Trump les excès de Trump à l'interne seraient bloqués ou ralentis par la présence de modérés dans le parti républicain ces modérés on ne les voit plus ils n'existent presque plus il y en a quelques-uns encore mais dont la voix est très très très faible et donc c'est ça le problème on a une polarisation qui favorise les extrêmes en tout cas dans le parti républicain chez les démocrates c'est pas encore clair c'est aussi le drame des démocrates ils n'ont pas encore un vrai leader et donc on ne sait pas encore qui va
et donc ce qui conduit aujourd'hui une des raisons de la crise aujourd'hui en France c'est la fin du clivage droite-gauche ?
c'est ça je crois que on n'est pas habitué on l'était à la quatrième république mais le fait qu'il y a trois blocs à peu près identiques en force électorale paralyse dans le fond le parlement parce qu'il n'y a pas de majorité claire alors que lorsqu'on a deux blocs c'est relativement plus facile alors on peut avoir un système de cohabitation comme à l'époque de Chirac mais les choses sont plus claires trois blocs ça rend compliqué et les jeux d'alliances sont très difficiles à mettre en place aux Etats-Unis il y a eu des tentatives de troisième partie Ross Perot par exemple mais Perot n'a jamais fait plus que jusqu'à 19% des voix quand même et Clinton n'aurait pas été élu si Perot n'avait pas été là donc ça a aussi un petit effet
est-ce que vous diriez que la France est en voie de trumpisation ?
Oui hélas parce que d'abord les incivilités le langage violent utilisé par les politiques aux Etats-Unis ce langage violent on le voit aussi ça devient un peu à la mode en France et puis surtout je crois ce qui est en train d'arriver aussi en France c'est l'utilisation systématique des réseaux sociaux la force de Trump surtout auprès des jeunes des jeunes blancs c'est l'utilisation des réseaux sociaux avec un certain virilisme qui plaît à des jeunes blancs aux Etats-Unis qui n'ont pas fait énormément d'études et là ça crée des tensions nouvelles aux Etats-Unis il ne faut jamais oublier que lorsque Trump est élu en 2024 qui annonce le discours de Trump ?
le patron du MMA aux Etats-Unis donc ça montre un certain virilisme mais ça c'est on a sous-estimé Trump trop longtemps parce qu'on a sous-estimé le poids des réseaux sociaux et on l'a bien vu avec la mort l'assassinat de Kirk Kirk était presque inconnu beaucoup de gens ont écrit sur la droite américaine sur la religion aux Etats-Unis sans mentionner Kirk mais Kirk était très populaire dans les réseaux sociaux et voilà quelqu'un qui n'est même pas religieux lui-même qui politise la religion à des fins politiques et qui réussit à mettre 100 000 personnes dans un stade pour faire passer son message
Merci Denis Lacorne merci beaucoup d'avoir été l'invité de cet entretien de la race en Amérique c'est aux éditions Gallimard c'est votre livre merci d'avoir été avec nous c'est l'heure maintenant de l'actualité dans nos régions c'est l'heure de notre reportage en région direction la Bretagne on va vous parler d'un procédé innovant voire révolutionnaire qui transforme les déchets de moules en ressources énergétiques ce système permet de valoriser les petites moules non commercialisables on regarde ce reportage il est signé Philippe Berthoud pour nos partenaires de TVRN
après 7 ans de recherche et mis au point au sein du groupement de producteurs cultimaires le prototype innovant de fermentation des moules est désormais opérationnel le procédé est intégré dans un conteneur maritime d'où il ressort deux produits après chauffage de la matière à 55 degrés durant 3 jours
des coquilles de moules dépourvues de chair qui vont être épandues en tant qu'épandage agricole pour notamment lutter contre l'acidité des sols et on obtient également un hydrolysa issu de la fermentation de la chair de moule qui va être méthanisé et transformé en biogaz en biométhane
avant d'être acheminé vers un méthaniseur le liquide est chauffé à 70 degrés pour raison d'hygiène
donc ça fonctionne depuis déjà quelques mois et donc on est sur
une innovation qui est complémentaire avec les déchets agricoles
cette méthanisation permet de régler le problème de la gestion
des moules sous taille non commercialisables représentant tout de même 40% des récoltes sur une saison et qui jusque-là étaient rejetés en bord de côte sur les zones de marnage
on a déjà rencontré des problèmes en baie du Mont-Saint-Michel avec un arrêté où temporairement il a été impossible de rejeter sur l'estrand donc on voit bien qu'on tend de plus en plus vers ça donc il faut être en capacité d'apporter une solution à la filière
ce prototype qui aujourd'hui traite une tonne et demie de moules par jour est donc promis un bel avenir commercial à destination de tous les producteurs conchilicoles le coût global du projet s'élève à 800 000 euros financé par la région Bretagne et des fonds européens
et on poursuit notre tour des régions vacants bonjour Hervé Morin merci beaucoup d'être avec nous vous êtes le président de la région Normandie Hervé Morin événement aujourd'hui dans votre région on va parler du millénaire de la naissance de Guillaume le conquérant et à cette occasion vous bâtissez dès maintenant un projet européen inédit qu'est-ce qui va se passer ?
dès maintenant ça fait déjà deux ans qu'on y est juste voilà en 2027 c'est le millénaire de la naissance de Guillaume le conquérant et on a décidé avec cette Normandie désormais réunifiée qui peut porter la fierté de l'histoire et du patrimoine normand de faire un immense événement alors au début on s'était dit on va faire un événement régional et puis en allant en Irlande j'ai découvert qu'au bout du compte non seulement la Normandie parlait au monde entier compte tenu de notre histoire mais que tout le monde avait parfaitement conscience de son passé normand là où les Normands ont eu une influence considérable je pense bien entendu au Royaume-Uni puisque notre duc est devenu leur roi mais aussi en Irlande où un dénommé Strongbow a conquis l'Irlande un siècle plus tard et puis bien entendu dans le sud de l'Italie puisque l'ensemble du patrimoine notamment par exemple en Sicile est un patrimoine lié au roi normand puisque pendant un siècle et demi globalement les rois normands ont dominé cette partie de l'Italie c'est-à-dire du sud avec les cinq régions les Pouilles la Basilicate la Calabre et bien sûr la Sicile et on y a associé
Est-ce que vous attendiez à une telle résonance quand vous avez commencé à lancer ce projet est-ce que vous attendiez à une telle résonance au niveau européen ?
Très franchement non mais on a un enthousiasme incroyable les Siciliens nous disent vous savez on a eu dans notre histoire 150 ans de prospérité c'est quand les rois normands ont dirigé notre île le patrimoine si vous allez à Palerme en vacances le palais où est le gouvernement que tout le monde visite s'appelle le palais des normands la fête nationale de Sicile c'est la fête des normands quand vous visitez la cathédrale de Montréal cette magnifique cathédrale c'est une cathédrale qui est liée à l'histoire normande et quand vous allez dans le sud de l'Irlande ils vous disent mais tous nos châteaux tous nos patrimoines il est lié à l'histoire normande et donc on a ensuite eu des appels c'est extraordinaire on s'était limité à ça après les galois nous ont dit mais nous aussi notre histoire elle est liée à la Normandie les écossais donc le gouvernement écossais nous a appelé on veut aussi participer le gouvernement des Flandres la région des Flandres en disant mais vous n'oubliez pas que Mathilde la femme de Guillaume elle est de chez nous donc nous aussi on veut participer et puis on a proposé bien entendu à ceux qui nous ont envahis à qui on doit tout en quelque sorte le Danemark et la Norvège qui nous ont envoyé les Vikings de participer aussi donc on a aujourd'hui une proposition culturelle patrimoniale artistique et touristique absolument gigantesque avec une programmation qui va être absolument énorme qui va être une des grandes propositions culturelles et donc touristiques en 2027 pour tous ces pays
il y a évidemment l'aspect européen mais il y a aussi des projets régionaux
Ah oui alors là en Normandie on s'est submergé dans les propositions on a fait un premier appel à projets on a eu 450 propositions et puis ma petite équipe qu'on a constitué pour le millénaire nous dit qu'il y a au moins encore 300 projets qui sont dans les armoires donc on va avoir 700 à 800 événements en Normandie portés par des communes des associations des musées et donc on va avoir un magnifique événement en Normandie aussi bien sûr
Un dernier mot à propos de la tapisserie de Bayeux dont le transfert a fait beaucoup parler ces derniers jours on en est où ?
La tapisserie est en boîte elle a été sortie du musée puisque la région le département et la ville ont reconstruit le musée là on a deux ans de travaux elle a été déplacée le camion qui avait mis des espèces de capteurs pour voir s'il y avait des vibrations alors qu'il y a beaucoup de pavés dans la ville de Bayeux a indiqué qu'à aucun moment les vibrations n'avaient été au-delà des seuils autorisés par les conservateurs et donc après il appartiendra au gouvernement mais vous savez c'est on ne comprend pas ça mais les Anglais il y a une date qu'ils connaissent tous nous on connaît tous 1789 il y a une date que tous les Britanniques connaissent c'est 1066 c'est-à-dire la bataille d'Azine le début de l'histoire de la monarchie anglaise est là et donc pour les Anglais on leur prête la tapisserie de Bayeux exposée au British Museum pendant six mois c'est un événement gigantesque c'est le début de leur histoire c'est le début de l'histoire de la nation britannique et donc c'est un c'est un beau geste et en contrepartie nous allons avoir dans les musées de Brun ou de Caen ou dans les deux un autre trésor extraordinaire qui n'est jamais sorti d'Angleterre qui s'appelle le trésor de Sutton Hall et qui lui va faire partie des grands événements de 2027
Merci Hervé Morin merci beaucoup d'avoir été avec nous président de la région Normandie pour nous parler de ce millénaire
Je vous en appuie beaucoup sur l'histoire de la Normandie
Ah ben là énormément merci on suivra vos événements jusqu'en 2027 millénaire de Guillaume le Conquérant Merci Hervé Morin d'avoir été avec nous Quentin on regarde ce qu'est à la une de nos journaux régionaux alors on commence par de l'actualité internationale ce matin à la une de nos titres régionaux c'est l'accord signé entre le Hamas et Israël Oui parce qu'en fait de nombreux titres de presse régionale reviennent ce matin sur cet accord signé entre Israël et le Hamas un accord porteur d'espoir c'est ce qu'on lit ce matin à la une de l'Alsace à Mulhouse le bien public autre titre du groupe de presse Ebra à Dijon qui parle d'un espoir historique le télégramme à Brest qui parle de pas vers la paix l'accord signé hier a provoqué des scènes de liesse à Ranounes dans la bande de Gaza mais aussi à Tel Aviv en Israël la première phase de l'accord c'est le cessez-le-feu puis l'armée israélienne doit se retirer d'une partie du territoire enclavée les otages doivent être libérés par le Hamas un porte-parole du gouvernement israélien qui dit que tous nos otages je cite seront libérés 72 heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu ce qui nous amène à lundi beaucoup d'espoir donc se tournent vers lundi Oriane autre sujet Robert Balenter est entré hier au Panthéon la Voix du Nord revient sur cette cérémonie voilà le journal de Lille qui titre avec cette citation d'Emmanuel Macron une voix porteuse des idéaux de la France une voix singulière et forte a-t-il dit également hier la cérémonie était très solennelle un hommage le jour de l'anniversaire de l'abolition de la peine de mort de 1981 le journaliste qui raconte dans la Voix du Nord dans la fraîcheur d'une belle soirée d'octobre le sénéotaf s'est lentement avancé vers le Panthéon sous les applaudissements sont fait effectivement un des objets symboliques qui rentrent au Panthéon la robe d'avocat de Robert Badinter aussi une biographie de Condorcet ou encore un ouvrage de Victor Hugo La dépêche titre ce matin sur le procès jubilard qui se tient en ce moment à Albi voilà l'accusé à la barre Cédric Jubilard doit s'exprimer aujourd'hui La dépêche qui écrit qu'il va devoir raconter expliquer ou continuer de s'enfermer dans son propre mystère on lit ce matin que depuis l'ouverture du procès le 22 septembre dernier à Albi Cédric Jubilard affiche un comportement qui intrigue autant qu'il questionne à première vue il apparaît maîtrisé parfois désinvolte mais son corps trahit une tension constante dès le premier jour il confiait la disparition de ma femme me touche tout en avouant ne pas aimer parler de ce qui le touche c'est à lire dans la dépêche Allez on en vient au sujet plus léger c'est vendredi Quentin vers un magnifique millésime de 1025 dans le Cher chez vous Voilà tout à fait c'est à lire dans le Berry républicain où on parle d'une vendange avec un rendement en baisse mais dont les premiers jus laissent augurer de magnifiques profils avis aux amateurs de Sancerre ou de Mentou Salon on pourrait avoir un ménésime de 1025 brillant voire exceptionnel se réjouit la presse ce matin à consommer avec modération bien sûr on viendra le déguster chez vous du coup on termine comme tous les vendredis par une idée de sortie voilà et si nous partions en soirée techno c'est à lire ce matin dans l'Union à Reims ces soirées se démocratisent elles connaissent même un succès fulgurant dit le journal prolifération de collectifs techno émergence d'une scène féminine viralité sur TikTok de certains extrêmes ludicaux tout cela a participé à développer l'essor de ces soirées d'où cette question que je vous adresse est-ce que vous aimez la musique techno ?
non c'est pas ma préférée vous êtes plutôt électro ouais c'est content merci beaucoup pour cette revue de presse à la semaine prochaine on revient à l'actualité politique place au débat des éditorialistes aura-t-on un premier ministre d'ici ce soir Emmanuel Macron reçoit à 14h30 les chefs de parti Aurel FI et RN parviendront-ils à se mettre d'accord on voit ça avec Audra Vétal c'est le point qu'il veut retenir de son ultime salve de consultation pour Sébastien Lecornu un chemin est possible entre les forces politiques pour éviter une nouvelle dissolution mais ce chemin s'annonce signeux premier obstacle l'épineuse réforme des retraites la gauche et les syndicats appellent toujours à sa suspension voire plus à son abrogation dans le prochain budget cette réforme des retraites est une faute grave c'est un problème démocratique et social il n'y aura pas de stabilité politique sans abrogation de la réforme des retraites oui mais voilà cette réforme est un marqueur fort pour le centre et la droite suffisant pour aller jusqu'à la censure si la réforme est remise en cause
ça n'a pas été acté mais globalement il y a eu un fort mouvement de parlementaires qui ont dit que l'abandon de la réforme des retraites poserait un problème parce que c'est aussi un de nos marqueurs politiques c'est un problème
qui ne dirait pas jusqu'à la censure
ou qui pourrait aller jusqu'à la censure on verra on verra on verra autre point d'achoppement
il faut déterminer le visage du prochain premier ministre certains penchent pour un chef de l'exécutif technique d'autres regardent du côté du bloc central sans LR avec non censure des socialistes à gauche les chefs de partis hors LFI avancent une solution beaucoup plus simple on a assez perdu de temps ces gens doivent rendre le pouvoir à ceux qui ont gagné les élections c'est à dire à la gauche et aux écologistes L'équation aux multiples inconnus pourrait être résolue aujourd'hui cet après-midi à l'Elysée Emmanuel Macron recevra tous les chefs de partis or RN et LFI et on va y revenir avec nos éditorialistes bonjour Béron Germont merci d'être là et bonjour Arnaud Bénédetti merci également d'être avec nous alors on a appris tôt ce matin qu'Emmanuel Macron allait donc recevoir les chefs de partis or LFI et or RN à 14h30 un président de la République qui reçoit des chefs de partis juste avant de nommer un premier ministre est-ce qu'on a déjà vu ça Arnaud ?
Ah là il faut que je fasse appel à ma mémoire de toute façon comme on vit une situation totalement inédite tout est inédit depuis le début dans ce que l'on appelle une séquence comme celle-ci ça veut dire que de toute façon maintenant ça se joue et c'est normal constitutionnellement au niveau du président de la République c'est lui qui désigne le premier ministre que va-t-il leur dire c'est la question moi personnellement je trouve que depuis le début dans cette affaire enfin je ne suis pas le seul d'ailleurs c'est que l'enchaînement des faits montre qu'il y a une sorte de perte de contrôle si vous voulez c'est-à-dire que de tout le monde
de toutes les forces politiques de tous les acteurs politiques et on l'a vu dimanche ce qu'on a vécu dimanche dernier est tout à fait exceptionnel dans la vie non seulement de la Ve République
mais dans la vie de la République puisque je crois qu'on a eu le gouvernement le plus court de l'histoire politique française toute République confondue 12 heures peut-être qu'on en a eu encore plus court dans des périodes révolutionnaires c'est probable oui ça a pu se faire mais quand même 14 heures reconnaissons quand même que c'est quasiment un record c'est évident donc c'est ça le problème c'est que depuis quelques jours depuis dimanche et même avant en fin de compte même j'allais dire presque depuis 2024 on a l'impression qu'il faut toujours gagner du temps mais que le temps se raccourcit c'est-à-dire qu'il fallait gagner quelques mois il fallait d'abord gagner quelques mois Michel Barani avait gagné 3 mois François Bayrou 8 ou 9 mois et là maintenant on est sur une durée encore plus courte c'est-à-dire que c'est gagner des heures et des heures on le voit bien d'ailleurs l'indice qui s'est passé est très intéressant on a un premier ministre démissionnaire qui remissionnait
quelques heures plus tard pour nous dire que dans 48 heures il rendrait une copie finalement il n'a pas rendu de copie de fait parce que l'interview qu'il donne le mercredi chez vos confrères
de France Télévisions ne nous en dit pas plus que ce qu'on pouvait attendre lundi ou mardi donc on est quand même dans un très grand brouillard après le président de la république essaie peut-être de reprendre la main il essaie de vouloir reprendre la main c'est ça que ça signifie de recevoir les faits ce qu'on cherche à faire avec ce rendez-vous Bérangère selon vous Emmanuel Macron cet après-midi Arnaud l'a dit il a gardé la main et moi il me semble peut-être qu'une des choses qui n'a pas été modifiée changée tentée c'est de déplacer un peu le rôle du président de la république institutionnellement parlant il y a zéro débat c'est lui qui nomme et ça on est d'accord mais moi ce que j'entends notamment dans la bouche de certains constitutionnalistes c'est qu'il y a une urgence de construire un budget donc ça il va bien falloir et on en parlera mais c'est pas forcément de la technique c'est pas uniquement de la technique c'est aussi de la politique donc il y a un moment il faudra que le parlement puisse travailler et donc ça suppose peut-être c'est ce que disent certains constitutionnalistes que le président de la république accepte de se mettre en retrait encore une fois non pas pour ne pas nommer le premier ministre mais nomme quelqu'un et s'engage à se mettre en retrait et effectivement ce lien direct avec les partis c'est parfaitement son droit mais dans le contexte d'absence de majorité qu'on connaît depuis deux ans et encore plus là depuis la dissolution ça ressemble à une voie sans issue Moi je pense que ce qu'il voulait on voit bien ce qu'il va essayer de tenter il va vouloir à la fois prendre à témoin l'opinion en disant aux partis qui sont les partis
qui peuvent éventuellement participer à une coalition de prendre leurs responsabilités mais à mon avis ce qui se joue fondamentalement aujourd'hui c'est d'essayer peut-être
de rebâtir une sorte de socle central avec ou sans les socialistes ou en tout cas à minima en essayant de négocier un accord de non-censure des socialistes ce qui peut permettre en la matière une adoption éventuelle d'un budget mais enfin je veux dire après il y a la dynamique du débat parlementaire qui fait que tout peut bouger très rapidement Et une des questions c'est quel rôle va jouer Emmanuel Macron acceptera-t-il de déléguer le pouvoir ? C'est en tout cas ce que lui demande une partie de son camp et notamment Gabriel Attal on l'écoute il était ce matin sur France 2
Évidemment qu'il faut partager le pouvoir et ne pas donner le sentiment de s'acharner à vouloir garder la main sur tout parce que je pense que c'est ce qui explique aussi la difficulté d'un certain nombre de partis politiques de l'opposition ou de l'ancienne opposition à se mettre autour de la table pour parler du fond
Il y a une responsabilité d'Emmanuel Macron dans sa manière de gérer le pouvoir Dans sa façon de conserver effectivement la main sur tout encore une fois avec des partis à qui il faut surtout demander de s'entendre dans le régime qui est le nôtre parlementaire avec une assemblée Est-ce que c'est possible si Emmanuel Macron ne veut pas toucher à son héritage ? Est-ce que du coup ça ne bloque pas les compromis ?
Moi je pense que Gabriel Attal a raison sur le fond sans doute dans la volonté dans le fait de dire il faut que le président se mette un peu en retrait Maintenant là où c'est suspect dans son cas comme dans celui d'Edouard Philippe c'est que leurs ambitions ils doivent leur regretter mais c'est comme ça je ne veux pas leur faire de procès d'intention mais le fait est que leur prise de position et leur prise de distance l'un et l'autre vis-à-vis du président de la République sont forcément suspectes à un an et demi d'une présidentielle donc c'est un peu ça qui est compliqué mais en soi il me semble effectivement que c'est la seule solution qu'Emmanuel Macron rende vraiment les clés au parti alors est-ce que c'est avec un préfigurateur ce fameux préfigurateur négociateur ou autre dont on vante les mérites en Allemagne en Belgique etc.
pour aider à la maillotique Oui c'est ce qu'on propose Gabriel Attal d'avoir un négociateur mais en tout cas que le président effectivement se mette en retour Oui mais c'est ce qu'il a fait d'une certaine manière en renommant pendant 48 heures Sébastien 48 heures Oui je suis d'accord c'est vrai que c'est très court Oui mais c'est très court mais ça ne peut être que court compte tenu en effet si vous voulez du calendrier parlementaire et de la nécessité d'adopter un budget on est quand même dans une séquence extrêmement resserrée il y a quand même à un moment donné si vous voulez des échéances qui sont totalement incompressibles sur le plan parlementaire et sur le plan constitutionnel donc c'est une énorme difficulté pour lui après bon moi je pense que fondamentalement aujourd'hui le problème c'est que Bérangère a dit quelque chose de très juste c'est à dire qu'en fait tout le monde a en tête l'élection présidentielle dans 18 mois pas seulement M.
Attal et M.
Philippe c'est très clair je veux dire ils ont cassé le morceau dès le début de la semaine mais les autres forces politiques aussi même du côté du parti socialiste même du côté de la gauche tous les calculs se font si vous voulez en fonction de ces anticipations en plus il y a les élections un autre paramètre c'est quand même qu'il y a des élections municipales je le rappelle dans 6 mois d'où le conseil de Sébastien Lecornu mercredi soir de dire pour moi il faut un gouvernement sans ambition présidentielle ça veut dire que vous mettez un gouvernement sans ambition présidentielle ça veut dire aller chercher un technocrate c'est le seul moyen enfin un haut fonctionnaire celui-là en principe il n'a pas d'ambition présidentielle enfin quoi que l'appétit vient en mangeant il faut se méfier en politique ça peut arriver on en a vu d'autres mais donc je ne vois pas d'autres solutions si vous prenez un politique un politique de toute façon naturellement il a des ambitions présidentielles ou autres donc ça va être extrêmement difficile si vous voulez de stabiliser dans ce cas-là si on prend la grille de lecture de M.
Lecornu une coalition quelle qu'elle soit la réalité c'est que en tout cas tous les bruits qui nous reviennent depuis ce matin c'est que ça serait M. Lecornu qui pourrait être renommé ce qui sera là aussi assez peu audible après ce qu'on a entendu mercredi et bien justement on va voir ce qu'en pense deux responsables politiques de cette possible renomination de Sébastien Lecornu un dans le camp présidentiel c'est Hervé Marseille le patron des sénateurs centristes et l'autre c'est Marine Tondelier la patronne des Verts
c'est pas la personne de Sébastien Lecornu qui mérite considération ça ne serait pas un bon signal ça ne serait pas un bon signal il faut quelqu'un qui repart d'une feuille blanche qui ait de l'autonomie qui ait la capacité de rassembler et de trouver les bons compromis on doit pouvoir dans l'intérêt du pays trouver des compromis
Lecornu c'était le premier ministre du socle commun socle commun qui n'a plus rien en socle et qui n'est plus commun gouvernement d'ailleurs qui a implosé de l'intérieur par Bruno Retailleau qui sera présent en tout cas qui a invité à la réunion tout à l'heure donc je pense que la fable de ce socle de stabilité de cette plateforme de stabilité comme l'apprend encore M. Lecornu au JT plus personne n'y croit
Hier à votre place Maude Bréjean qui est une députée du parti présidentiel ensemble pour la République Renaissance disait il faut un gouvernement le plus neutre possible des techniciens des apolitiques est-ce que ce serait l'hypothèse de l'apaisement ?
Écoutez vraiment ils sont prêts à tout vous raconter pour ne pas nous laisser gouverner ça s'appelle de l'obstruction à ce stade c'est du déni de démocratie un gouvernement non ça n'est pas neutre c'est arrivé dans certains pays un gouvernement
un gouvernement technique c'est déjà arrivé
un gouvernement tous les jours ça prend des mesures très politiques pour le climat pour l'emploi pour le pouvoir d'achat d'abord sur Sébastien Lecornu vous entendez et Hervé Marseille et Marine Tondelier pour qui Sébastien Lecornu c'est pas forcément la bonne solution non mais c'est la tentation d'Emmanuel Macron mais ils n'en ont pas vraiment d'autres il y a aussi une question d'arithmétique et de pouvoir rassembler quand on calcule la façon dont les choses pourraient se s'organiser le socle commun c'est 211 députés l'ancien socle commun il faut 289 pour ajouter les socialistes vous êtes à 277 on y est presque là où un premier ministre de gauche va faire fuir la droite il y a quand même là il y a une réalité arithmétique moi ce qu'il faut dire aussi c'est que profil technique ça veut dire quoi quand on aura quand on sait qu'il y a un budget à faire qu'il va falloir parler de la taxe d'Huckman est-ce qu'on taxe les riches est-ce qu'on ne les taxe pas est-ce qu'on revient sur la réforme des retraites est-ce qu'on n'y revient pas et ça c'est pas technique c'est éminemment politique et donc c'est un vœu pieux et sans doute que c'est très respectable de dire bah oui on va extraire on va déconnecter tout ça de 2027 mais dans les fait c'est un peu irréaliste Non mais il est clair pour revenir sur la potentielle nomination de Sébastien Lecornu c'est vrai que ça voudrait dire que le président de la République ne veut pas lâcher la main d'ailleurs ils le disent l'un comme l'autre Madame Tondelier comme M.
Marseille donc je ne suis pas sûr qu'en effet ça soit une solution qui soit susceptible d'apaiser les convolutions que l'on connaît aujourd'hui après moi je rejoins tout à fait ce qui vient d'être dit c'est-à-dire qu'un gouvernement technique c'est un habillage d'une certaine manière communiquant pour ne pas dire que finalement un gouvernement de toute façon par essence il est politique et qui va devoir en tout cas prendre des décisions qui seront des décisions qui impacteront les politiques publiques et qui seront marquées quand même du saut d'un certain nombre de valeurs et de conceptions qui peuvent être parfois diamétralement opposées entre les différentes forces politiques qui s'affrontent à l'Assemblée nationale donc aujourd'hui la situation n'est pas loin sans faux ça chacun s'accordera à le reconnaître stabilisé et donc tout est possible à ce stade mais là à l'heure où l'on parle on ne voit pas pour l'instant en tout cas de perspectives et de solutions qui soient pérennes pour durer sauf à un moment donné qu'il y ait une des forces d'appoint soit les socialistes soit les LR qui fassent des concessions telles que ça apparaîtra d'ailleurs pour une partie de leur électorat comme des reniements parce que le problème c'est que pour faire des concessions il faut à un moment donné certes être en capacité de faire ces concessions mais sans que ça apparaisse à vos segments électoraux comme des trahisons ou des reniements et on voit bien que du côté de LR il y a des lignes rouges on voit bien que du côté des socialistes il y a des lignes rouges donc l'équation reste pour l'instant apparemment insoluble Pour terminer sur qui pourrait être Premier ministre il y a l'hypothèse Sébastien Lecornu il y a aussi un nom qui circule c'est celui de Jean-Louis Borloo l'intéressé a répondu hier et il était au micro de Basile Bayer
Je n'ai reçu de coup de fil de personne et le petit jeu coup de fil pas de fil franchement honnêtement à 40% de déficit l'état de la jeunesse de France l'état des mamans de France l'état des prisons de France l'état de l'hôpital de France épargnez-moi le petit jeu de coup de fil
quelqu'un de responsable si un jour quelqu'un m'appelle je répondrai de manière responsable à cette personne point final Oui non ?
Alors Jean-Louis Borloo c'est un c'est un pur politique qui respire la politique c'est toute sa vie en même temps c'est vrai qu'il dit et son nom revient tout le temps en fait il n'est pas forcément à l'origine de ça mais c'est vrai que c'est une solution qui d'ailleurs on l'a entendu hier rassemble plutôt l'assentiment de pas mal de gens finalement c'est pas un repoussoir comme d'autres maintenant tant qu'il ne le dira pas clairement quand on l'entend parler de déficit il se place dans le débat politique donc il dit il dit l'inverse de tout ce qui dégage les mots disent l'inverse on n'est pas dans le premier ministre neutre donc d'abord on ne serait pas dans le premier ministre neutre et puis voilà mais effectivement on peut entendre il a 74 ans je crois il a une liberté de parole énorme il a une liberté de voyager de faire ce qu'il veut il a une vie privée il y a beaucoup je ne suis pas sûre qu'il soit prêt à lâcher tout ça et vous n'avez pas cité le nom de Laurent Berger qui circule aussi mais pour moi c'est un peu la même chose c'est à la fois ils disent l'ancien traiteur général de la CFDT oui voilà non non ce ne sera pas ça et en même temps tout le monde sait à la CFDT comme ailleurs qu'il a des envies un jour ou l'autre personne ne sait si ça se transformera mais tant qu'il l'un et l'autre ne diront pas clairement vraiment et se débrouilleront pour qu'on les croire leurs noms circuleront et ce type de profil ça pourrait être une solution des personnes qui ne sont pas dans le chien il n'a pas dit non quand même Borloo c'est ce que je note il ne dit pas non il dit je prendrai si on m'appelle je prends le téléphone mais après je veux dire ils sont suffisamment avisés Berger comme Borloo pour savoir que les conditions vraisemblablement de l'exercice n'apparaissent pas forcément réunies c'est ce qui à mon sens aujourd'hui fait qu'ils sont sur la réserve et on peut les comprendre donc ça me paraît assez naturel après est-ce que ça serait un bon profil Borloo il est malin c'est évident chacun s'accorde à lui reconnaître cette qualité là mais le problème c'est qu'aujourd'hui il ne suffit pas d'être malin pour résoudre ce problème c'est bien la difficulté encore une fois Borloo il a un profil il a un gros avantage je pense c'est qu'il n'a pas un profil allergisant pour quiconque ça c'est très important en effet quand on se retrouve dans une situation où l'inextricable semble la règle mais est-ce que c'est suffisant encore une fois vous savez la politique c'est parfois aussi de la physique c'est la physique des forces quand vous voyez la physique des forces à l'Assemblée nationale on voit bien que depuis un an on n'y arrive pas mais c'est vrai que Borloo moi à l'époque du Grenelle à l'environnement je couvrais ces sujets-là Borloo c'est le Grenelle à l'environnement c'était un truc inimaginable il me l'a mis autour d'une table des chasseurs des écolos des gens qui presque le lobby des pesticides enfin tout le monde et il allait physiquement il ramenait les pizzas le dimanche soir chez Greenpeace et autres vraiment il a une technique une façon de faire un truc très particulier qui après tout pourrait se tenter mais bon pour les raisons qu'on a dites il y a aussi une question qui se pose c'est quelle va être l'attitude des LR qui jusqu'à maintenant était dans le gouvernement dans ce qu'on a appelé le socle commun est-ce qu'ils vont rester dans ce socle ou est-ce qu'ils vont pencher plus vers le Rassemblement National Jordan Bardella leur temps la main alors c'est une des clés effectivement ce qui est en train ce qui pourrait se passer effectivement à droite cette fameuse union des droites ce qui est intéressant c'est de regarder ce qui se passe au sein du RN parce que là aussi il y a deux approches qui ne sont pas tout à fait identiques et l'hypothèse de ce rapprochement des droites c'est vraiment la patte Bardella qui a l'air d'être en train quand même effectivement de se mettre en place alors ça va ça va obliger les républicains à se positionner et là aussi tout le monde n'est pas sur la même ligne mais c'est clair que c'est une option qui pour le coup amènerait à redéfinir les équilibres et s'approcher d'une majorité Il peut y avoir un changement de pied dans la ligne des républicains Arnaud ?
Alors je pense qu'on voit bien que les républicains sont sous la pression du rassemblement national ils ont quand même une grande partie de leur électorat qui depuis des années et des années a filé vers le rassemblement national d'ailleurs vous regardez le vote des députés LR
qui ont voté contre ou qui se sont abstenus au moment du vote de confiance qu'avait demandé François Béroud le groupe se fracture et la plupart des députés qui ne votent pas la confiance ou qui votent contre la confiance sont des députés qui dans leur circonscription ont un rassemblement
national extrêmement fort qui peut les mettre en difficulté et qui voire peut les battre sur le terrain donc il y a cet aspect là qui joue ensuite on voit bien que ça bouge quand même très clairement on voit les déclarations vous avez des déclarations d'un certain nombre de responsables politiques LR les mots qu'ils utilisent vis-à-vis du rassemblement national ne sont plus les mots qu'on entendait il y a encore 4 ans 5 ans et je ne parle même pas 10 ans c'est à dire qu'on voit bien qu'ils sont pour certains d'entre eux prêts à franchir ce rubicon il suffit d'écouter les mots de madame Prima il y a quelques jours porte-parole démissionnaire du gouvernement alors après elle a rétroupé d'aller mais ça veut dire quand même quelque chose donc en effet je crois que le problème des LR c'est qu'ils veulent exister qu'ils veulent vivre qu'ils veulent rester indépendants et qu'ils veulent évidemment ils pensent pouvoir encore avoir un avenir c'est toute l'idée en tout cas de Wauquiez et de Rotaillot même s'ils ont des oppositions par ailleurs quelles conséquences du coup cette semaine ces dernières heures peut avoir sur l'image qu'ont les français de la politique on a entendu les politiques eux-mêmes Gabriel Attal Edouard Philippe parlait de spectacle affligeant de jeu politique affligeant il y a une étude Arnaud Harris Interactive parue ces derniers jours qui montre que la confiance s'érode entre les citoyens et les politiques et particulièrement les parlementaires c'est une étude qui a été menée avec les cours des hautes études internationales et politiques c'est intéressant parce qu'en fait cette étude elle ne fait que
confirmer ce que l'on sait déjà un long processus d'érosion de la confiance des français à la fois dans le politique à la fois dans les institutions
mais ce qu'on voit clairement c'est que les français ont le sentiment à tort ou à raison majorité que la 5ème république n'est plus en mesure aujourd'hui si vous voulez de déverrouiller
la situation politique de crise dans laquelle on se retrouve moi personnellement je ne pense pas je pense que la 5ème république a beaucoup d'outils pour qu'on puisse
franchir la crise et je ne crois pas que ce soit une crise institutionnelle mais enfin bon en tout cas ce sentiment est très intéressant c'est pas une crise de régime c'est une crise politique c'est à dire qu'en fait c'est l'usage que l'on fait des institutions qui fait que les institutions se retournent contre la classe politique et contre les gouvernements et contre les français in fine et ce que montre ce sondage c'est qu'en fait oui aujourd'hui une majorité de français sont favorables quand même à un retour aux urnes clairement ça c'est un mais beaucoup d'autres sondages l'ont démontré et que quand on regarde les niveaux institutionnels et de direction politique encore une fois c'est pas une surprise ce sont les collectivités de proximité c'est à dire les mairies éventuellement les conseils régionaux qui aujourd'hui ont plutôt la confiance relative d'ailleurs parfois des français bien plus que le parlement et bien plus que le président de la république effectivement les français favorables à un retour aux urnes il va y avoir d'autres choix que la dissolution Emmanuel Macron ils sont de moins en moins nombreux les choix les choix possibles c'est clair que on discutait juste avant avec Arnaud on a le sentiment depuis toutes ces dernières semaines derniers mois avec cette succession de premiers ministres que le président et que tout le monde gagne du temps mais qu'en fait on recule pour mieux sauter ça va être long jusqu'à la présidentielle de 2027 il y a un président de la république et je pense que je ne suis pas sûre que la destitution ce que prônent notamment les insoumis soit une solution ou la démission soit une solution parce que précisément et même dans la proposition d'Edouard Philippe qu'Emmanuel Macron démissionne elle provoque une présidentielle anticipée il y a quelque chose d'assez dangereux dans le fait de mettre en péril d'ailleurs une fonction qu'il brigue lui-même ensuite alors il y a dans le cas d'Edouard Philippe là aussi un intérêt on le disait tout à l'heure mais un intérêt aussi alors c'est un peu technique mais à ne pas dissoudre ce que l'Assemblée ne soit pas dissoute pour qu'ensuite puisqu'il l'empêcherait lui éventuellement élu président de dissoudre à nouveau pour espérer avoir une majorité donc il y a aussi un jeu parce qu'il se retrouverait en première ligne Emmanuel Macron un mot juste très court parce que dans cette étude il y a un chiffre il y a 39% des français qui disent qu'il faut limiter le pouvoir du président de la république ça c'est lié à Emmanuel Macron ?
Ah oui certainement enfin c'est lié en tout cas comme c'est un sondage qui vient d'être réalisé c'est lié vraisemblable à la perception qu'ils ont aujourd'hui du fait que le président de la république d'ailleurs quel que soit le nom qui soit qui soit responsable de la présidence je veux dire aujourd'hui est un facteur de blocage mais il est d'autant plus dans cette situation actuelle sur la moi sur la je ne suis pas tout à fait d'accord avec Bérangère sur le fait que on a un précédent quand même sur la cinquième république d'un président qui a démissionné c'est le général de Gaulle ça n'a pas fragilisé pour autant les institutions en l'occurrence donc l'argument qui consiste à dire oui ça fragiliserait le futur président alors c'est vrai que l'époque n'est plus la même je suis tout à fait d'accord avec vous ça c'est un facteur qu'il faut prendre en compte et on suivra bien évidemment ce qu'il va se passer dans les prochaines heures allez on termine par une idée de sortie pour ce week-end un peu de légèreté un peu autre chose vous connaissez tous le festival de BD d'Angoulême et bien à moins de 100 kilomètres se tient ce week-end le festival de BD en Périgord c'est à Bassillac au Béroche en Dordogne une cinquantaine d'auteurs qui sont attendus c'est la 36ème édition tout de même la BD est un média qui rencontre beaucoup de succès avec un nombre d'auteurs populaires relativement importants c'est ce que dit le président du festival parmi les auteurs attendus Étienne Davodeau Jean-David Morvan David Prudhomme l'un de nos objectifs est de lutter contre le désenchantement du monde on va dire que c'est un beau programme c'est joli pour ce week-end merci beaucoup merci à tous les deux d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis excellent week-end Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour chez vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat