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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 27 février 2026 13 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

"L'importation (de miel) est une nécessité, au sein de la France et au sein de l'Union européenne, pour répondre à la demande des consommateurs", selon Famille Michaud Apiculteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 58 %Attaque 14 %Défensif 28 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:16PrésentateurChiffre
    « Ce traité prévoit à terme l'importation de 45 000 tonnes de miel par an. »
  • 2:30Invité politiqueChiffre
    « Il y a en moyenne d'annoncer, on reviendra sur ce sujet, 25 000 tonnes de miel produit versus 50 000 de consommation. »
  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « Ça représente 5 % et la première année, il est annoncé que ça serait 7 500 tonnes qui seraient soumis à ce quota. »
  • 3:37PrésentateurFait
    « Vous produisez également du sirop d'agave, d'érable. Vous êtes d'ailleurs leader en Europe sur ce qu'on appelle le sucran naturel. »
  • 4:49Invité politiquePromesse
    « Alors, oui, on se dirige vers un prix juste. »

Temps de parole

  • Invité politique65 %
  • Présentateur35 %

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0:00
Présentateur

Nous voici au cœur du Salon de l'Agriculture, alors pas de vaches cette année, mais des abeilles et donc du miel. Bonjour Marie Michaud. Bonjour. Directrice générale de l'entreprise qui porte votre nom, Famille Michaud Apiculteur. Ce sont plusieurs marques, dont l'une de miel évidemment, connue grâce à la gourde que vous avez inventée et qui permet de se servir sans s'en mettre partout. Merci d'abord de nous accueillir sur votre stand qui ressemble à une ruche où on peut goûter vos différents produits. Comment ça se passe ce salon un peu particulier cette année sans bovin ? Est-ce que vous constatez vous aussi qu'il y a moins de monde dans les allées ?

0:33
Invité politique

Alors merci pour votre question. Écoutez, nous on est très heureux d'être présents au Salon de l'Agriculture. Il y a une grande diversité des échanges, notamment alors avec les consommateurs où il y a la découverte de différents miels. On va découvrir le miel de l'Acacia, le miel de l'Avent de Provence jusqu'au miel de Tilleul de Picardie. On a aussi des échanges importants avec les institutionnels qui sont les décideurs politiques, les représentants de la filière et bien évidemment aussi nos partenaires de la grande distribution qui se mobilisent pour le monde apicole. Et nous, en termes de fréquentation, on n'a pas eu moins de monde, on a eu des échanges très qualitatifs.

1:04
Présentateur

Et on y reviendra justement sur votre relation avec la grande distribution. Votre entreprise est leader en Europe, 237 salariés près de Pau. Pourquoi vous venez ? Pourquoi vous avez besoin de cette visibilité ?

1:16
Invité politique

Écoutez déjà, nous c'est notre salon préféré, le Salon de l'Agriculture. On passe toujours un bon moment, on aura même l'intention de revenir l'année prochaine. Et puis nous, ça nous permet d'être aussi au contact des consommateurs, de leur faire découvrir aussi différents usages du miel. Le miel, ça ne s'utilise pas que le matin, même si c'est le gros acte de consommation. Ça s'utilise aussi en cuisinant avec des brochettes de poulet à base de châtaignier, au petit déjeuner avec des madènes au miel de montagne. Donc voilà, on fait découvrir différents usages. Et puis c'est hyper important de parler du monde apicole, parce qu'il y a plein d'idées reçues dans ce milieu qui est extraordinaire.

Donc voilà, on discute avec nos consommateurs et avec les institutionnels. Donc c'est chouette.

1:54
Présentateur

Et vous discutez évidemment des dossiers chauds du moment. Il y en a un qui revient à la une, puisque la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé à la mi-journée l'application provisoire de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, un accord qui met en colère les agriculteurs et particulièrement en France. Ce traité prévoit à terme l'importation de 45 000 tonnes de miel par an. Est-ce que vous redoutez son entrée en vigueur ?

2:19
Invité politique

Alors, premièrement, en France, si on doit faire un focus entre la production et la consommation, il y a en moyenne d'annoncer, on reviendra sur ce sujet, 25 000 tonnes de miel produit versus 50 000 de consommation. Au sein de l'Union européenne, vous allez avoir 280 000 tonnes de production versus 480 000 tonnes de consommation. l'Argentine importe du miel au sein de l'Union européenne. Ça représente 5 %. Et la première année, il est annoncé que ça serait 7 500 tonnes qui seraient soumis à ce quota, ce qui représenterait 2 %. Donc, ça ne va pas faire tomber la filière apicole française ni la filière apicole au sein de l'Union européenne.

Par contre, je serais très embêtée s'il y avait beaucoup de stocks de miel en France qui étaient invendus. Je serais aussi très embêtée s'il y avait beaucoup de stocks de miel au sein de l'Union européenne qui n'étaient pas vendus. Et je pense qu'il y a des filières qui sont très impactées par le Mercosur.

3:14
Présentateur

Donc, finalement, vous dites qu'on a besoin de ce miel d'importation en général et donc forcément d'Amérique du Sud.

3:24
Invité politique

Alors oui, l'importation est une nécessité au sein de la France et au sein de l'Union européenne. Tout à fait, pour répondre à la demande des consommateurs.

3:31
Présentateur

Vous êtes, famille Michaud apiculteur, le plus gros producteur et conditionneur de miel en France. Vous produisez également du sirop d'agave, d'érable. Vous êtes d'ailleurs leader en Europe sur ce qu'on appelle le sucran naturel. Les négociations commerciales se terminent dimanche soir. Négociations commerciales entre les entreprises de l'agroalimentaire comme vous et la grande distribution. Comment se passe-t-elle cette année ? Je vous pose la question parce qu'on parle souvent d'une guerre des prix, des grandes tensions entre les deux acteurs. Quel est votre ressenti là-dessus ?

4:04
Invité politique

Écoutez, moi, mon ressenti, c'est que ces négociations, elles sont quand même très longues. Elles durent quatre mois, c'est pratiquement un trimestre sur l'année. Il y a une date butoir en plus qui est au 1er mars. Ça ne se passe pas comme ça dans notre pays à l'international. C'est épuisant pour nos équipes. C'est épuisant aussi, je suppose, pour les acheteurs. Après, on a tous besoin des uns et des autres. Donc, on n'est pas les fournisseurs contre les distributeurs. L'objectif, c'est que l'on ait le prix juste pour l'amont, c'est-à-dire pour le monde agricole, pour le fournisseur, pour le distributeur et, in fine, pour que le consommateur ait un prix juste et un prix accessible.

4:44
Présentateur

Et sur le miel, sur ces négociations, est-ce qu'on se dirige vers un prix juste, comme vous dites ?

4:49
Invité politique

Alors, oui, on se dirige vers un prix juste. Fanny Michaud-Apriculteur a pris toutes ses responsabilités par rapport à l'inflation de la matière première. Le miel, les récoltes ont été très mauvaises en France cette année, en cours après le miel français. Elles ont été aussi mauvaises au sein de l'Union Européenne. Donc, une inflation du prix. On a pris notre part de responsabilité pour le consommateur. Et voilà. Donc, on a finalisé nos négociations. Donc, on est OK sur le sujet.

5:16
Présentateur

Il y aura des augmentations pour le consommateur ?

5:18
Invité politique

Alors, écoutez, les négociations sont terminées. Par contre, c'est le distributeur qui décide du prix en magasin. Donc, potentiellement, oui, il y aura une augmentation. Mais je ne sais pas à quel niveau. Dans tous les cas, tout le monde a pris ses responsabilités par rapport à ça.

5:31
Présentateur

On verra en tout cas en début de semaine prochaine, puisque ces négociations, je le rappelle, se terminent dimanche à minuit. Parlons à présent, si vous le voulez bien, santé des abeilles. J'ai envie de vous poser cette question parce que le sénateur Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l'acétamipride. Ce produit de la famille des néonicotinoïdes, les pesticides dits tueurs d'abeilles. Interdit en France depuis 2016, mais autorisé ailleurs en Europe. Ce même sénateur avait tenté, déjà, dans une première proposition de loi, de le réautoriser.

Il y a eu cet élan avec la pétition qui a recueilli plus de 2 millions de signatures, retoquée par le Conseil constitutionnel. Il revient donc à la charge. En tant que productrice de miel, quel regard vous vous portez là-dessus ?

6:14
Invité politique

Je pense qu'on s'accorde tous à dire qu'on est contre les pesticides. Après, moi, c'est ma position qui est personnelle. Moi, je suis pour l'équité. C'est-à-dire que s'il y a une réglementation qui est faite pour un pays au sein de l'Union Européenne et pas pour un autre, soit à l'appliquer pour tout le monde, soit à l'appliquer pour personne. Voilà ma position sur le sujet.

6:32
Présentateur

C'est un peu la même position, d'ailleurs, que la plupart, que de nombreuses filières en France, notamment la filière des noisettes dans le sud-ouest. Mais vous, en tant que productrice de miel, est-ce que vous craignez une baisse de la production si jamais l'acétamipride était à nouveau autorisée en France ?

6:50
Invité politique

Alors, le premier fléau au niveau de la production, ça reste la météo. Le miel est un produit météo dépendant. Pour avoir une bonne récolte, il faut un peu de pluie, un peu d'ensoleillement. Ça, c'est le premier point. Le deuxième, c'est le froulon asiatique. Je pense que vous en avez tous entendu parler. Et le troisième, c'est le varroa. Donc, bien évidemment, les pesticides peuvent avoir des conséquences, mais ça ne fait pas partie des trois points majeurs.

7:10
Présentateur

Et d'ailleurs, vous importez du miel, d'ailleurs, en Europe, d'ailleurs, dans le monde, qui utilise les pesticides et notamment l'acétamipride.

7:18
Invité politique

Alors, en fait, chez Fahim Michaud Apiculteur, nous, notre point de bataille, c'est vraiment la qualité des miels. Donc, on analyse tous les miels, qu'ils soient français, qu'ils soient espagnols, et qu'ils soient italiens, qu'ils soient argentins, pour qu'ils répondent à la directive de l'Union européenne. Donc, les principales frottes qu'il y a dans le miel, c'est l'origine florale. Est-ce qu'un miel d'acacia vient bien d'acacia ? Est-ce qu'un miel de France vient bien de France ? Est-ce qu'un miel d'Espagne vient bien d'Espagne ? Et aussi l'adultération. Et après, on a la spectrométrie de masse.

7:47
Présentateur

L'adultération ?

7:47
Invité politique

L'adultération, ce sont des ajouts de sucre à l'intérieur du miel qui, en fait, sont méconnaissables au goût auprès du consommateur parce que le miel, c'est un produit sucré. Donc, les ajouts de sucre ne sont masqués. Mais nous, le miel, on ne peut rien ajouter, rien enlever. C'est un produit 100% purée naturelle. Et chez Famille Michaux Apiculteur, on a un laboratoire accrédité COFRA qui est le plus haut niveau d'exigence qui va contrôler, en fait, l'ensemble de ces critères. Et ensuite, on a aussi la spectrométrie de masse qui nous permet de voir s'il y a un taux de pesticides qui est conforme ou pas à la réglementation. Et que le miel vienne de France, d'Italie, d'Espagne ou d'Argentine,

8:24
Présentateur

ces critères-là seront contrôlés. Donc, ça, c'est votre laboratoire. Mais comment on peut vous croire ? Parce que, finalement, vous êtes un petit peu jugé parti dans cette histoire. Comment on peut avoir confiance en vos résultats ?

8:36
Invité politique

En fait, le fait que ce laboratoire soit accrédité COFRA, justement, ils vont bien auditer et regarder si, justement, Famille Michaux Apiculteur ou pas a bien respecté le fait qu'un miel qui est non conforme ne soit pas conditionné chez Famille Michaux Apiculteur. Et nous, on se bat pour la qualité des miels. Et si on a un laboratoire qui est sur place sur notre site, c'est justement pour contrôler l'intégralité du miel et garantir à nos clients distributeurs et aux consommateurs un produit de qualité.

9:04
Présentateur

COFRA, ça veut dire quoi ? C'est un label ? C'est quoi ? C'est l'État qui le remet ? C'est quoi ?

9:10
Invité politique

En fait, c'est les analyses qui sont accréditées COFRA. Et c'est le plus haut niveau d'exigence qui fait foi, quand même, devant les tribunaux, si demain, il y a une incertitude sur l'analyse.

9:20
Présentateur

Vous avez commencé à le dire tout à l'heure sur l'importance du climat sur les abeilles et donc sur le miel. On connaît évidemment le changement climatique, la sécheresse, notamment dans le sud-ouest. Est-ce que ça, vous le voyez sur la production ? L'interprofession parle de 21 000 tonnes produites en 2024. C'est le dernier chiffre dont on dispose. Est-ce que vous constatez ou vous craignez une baisse de la production ?

9:45
Invité politique

Alors, le miel, avant tout, c'est un produit météo-dépendant. Et si on regarde un peu les bassins de production, le sud produisait beaucoup de miel par le passé. Là, avec la sécheresse que l'on a connue cet été, les nombreux feux, le miel de tournesol a connu une récolte catastrophique, alors que le nord de la France a connu des récoltes qui étaient un peu meilleures, notamment sur le tilleul. Aujourd'hui, on a un point qui est important, c'est que le déclaratif des volumes n'est pas obligatoire au sein de la filière apicole. C'est la seule filière dans le monde agricole qui n'a pas l'obligation de déclarer ses volumes de production. 68 000 apiculteurs en France.

Exactement, 68 000 apiculteurs en France. Et sur ces 68 000 apiculteurs, il y a 3% de professionnels et 97% d'amateurs qui n'ont pas l'obligation de déclarer leur volume de production. Donc, en fait, on a des chiffres chaque année qui sont annoncés, mais qui ne sont pas la réalité, puisque France Agrimaire, tous les ans, demande aux apiculteurs de déclarer leur volume. Il y en a seulement 3% qui répondent. Et la marge d'erreur, elle est aux alentours de 10 000 tonnes, ce qui est énorme, énorme.

10:52
Présentateur

Effectivement. Et comment vous faites pour vous organiser face à ça ? Parce qu'en plus, la consommation augmente. Donc, comment vous faites pour vous organiser ?

11:02
Invité politique

Alors, nous, j'ai fait des michos apiculteurs. On est le plus gros acheteur de miel français. On travaille des apiculteurs professionnels, 600 apiculteurs professionnels. Et on est partenaire. Donc, quand ils ont passé de mauvaises récoltes, on en parle, ils nous expliquent. Et quand les récoltes sont bonnes, écoutez, nous, on achète le miel pour pouvoir le rendre disponible aux consommateurs français. Par contre, il y a un point qui est important. C'est que moi, auprès des pouvoirs publics, et ça fait partie des combats de faillies michos apiculteurs, on insiste pour que la déclaration des volumes devienne obligatoire. Parce que nous, on souhaite pousser le miel français en magasin.

Mais si on n'a pas la visibilité du stock disponible sur le territoire, ça amène beaucoup de confusion. Et quand on signe un accord avec la grande distribution, on doit s'assurer du volume pendant un an.

11:42
Présentateur

C'est ce que vous avez dit à la ministre de l'Agriculture. J'imagine qu'elle est passée sur votre stand.

11:47
Invité politique

Oui, la ministre de l'Agriculture est au courant de tout ça. Donc voilà, ça fait partie de nos combats. On a trois combats chez faillies michos apiculteurs. C'est un, la déclaration des volumes obligatoires au sein du mandat picole. Deuxièmement, que l'analyse soit obligatoire, puisque ça fait partie des cinq produits de l'agroalimentaire les plus fraudés. Origine florale, origine géographique et adultération, on en a parlé. Et ensuite, déclaration des volumes, formation obligatoire et analyse.

12:14
Présentateur

Merci beaucoup Marie Michaud, directrice générale de l'entreprise qui porte donc votre nom, une entreprise centenaire je crois.

12:21
Invité politique

Oui tout à fait, cent ans, quatrième génération. Et un grand bonjour à toute mon équipe aussi.

12:25
Présentateur

famille Michaud, apiculteur installé près de Pau est donc présente cette année sur le salon de l'agriculture. Merci d'avoir été notre invitée sur France Info.

12:32
Invité politique

Merci beaucoup.