Nicolas Dupont-Aignan sur France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Jean-Michel Blanquer a annoncé 1800 suppressions de postes à l'Éducation nationale. Que pensez-vous de cette mesure ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Vous évoquez le traitement des enseignants. Blanquer justifie ces suppressions par la nécessité de mieux payer les enseignants. Qu'en pensez-vous ?
- 2:53OuverteRéponse partielle
Approuvez-vous l'accent mis par Blanquer sur les savoirs fondamentaux et le dédoublement des classes en primaire ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a déclaré : "Si vous êtes prêt et motivé, dans l'hôtellerie, le café, la restauration, il n'y a pas un endroit aux yeux qui cherchent des gens." Que pensez-vous de cette phrase ?
- 6:21OuverteRéponse directe
Sur le fond, il faut encourager les filières professionnelles négligées ?
- 7:21OuverteRéponse directe
Du travail chez vous, dans l'Essonne, il y en a qui n'est pas pourvu. Pourquoi selon vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:54Invité politiqueFait
« 'abord Jean-Michel Blanquer ment aux Français. »
- 0:58Invité politiqueFait
« Il dit le budget augmente mais l'inflation va être supérieure à l'augmentation du budget. »
- 1:05Invité politiqueChiffre
« Le budget augmente d'1,7%. Mais vous savez que l'inflation est de 2%. »
- 2:48Invité politiqueFait
« Les professeurs français sont les plus mal payés d'Europe. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« Emmanuel Macron a donné 10 milliards d'euros à quelques milliers de privilégiés et a sacrifié les retraités et les classes populaires. »
- 21:58Invité politiqueFait
« C'est le seul qui a eu le courage de dire à un moment, je ferme ma frontière. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan61 %
- Présentateur10 %
- Invité9 %
- ?7 %
- Présentateur 26 %
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Bienvenue
au téléspectateur de France Info, canal 27 qui nous rejoignent en ce moment même pour l'invité politique jusqu'à 9h.
L
'invité ce matin est député de l'Essonne et président de Debout la France.
C
'est Renaud Dely qui vous pose la première question. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Renaud Dely. Alors c'est l'annonce de la matinée. Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'il allait y avoir des suppressions de postes dans l'éducation nationale, 1800 exactement cette année. Je vous propose de l'écouter. C'était chez nos confrères de France Inter.
Alors
d'abord on peut parler en termes budgétaires. et rappelez qu'il va y avoir une des plus fortes augmentations de l'État pour l'éducation nationale.
C
'est plus 1,7%. C'est-à-dire plus de 800 millions d'euros de plus dans le budget. Et en même temps nous faisons le choix d'avoir effectivement des suppressions de postes uniquement dans le second degré et sur les postes administratifs puisque cela nous permet tout simplement de dégager des marges de manœuvre pour faire de vrais choix politiques.
1800 postes sur environ 800 000 étudiants et en l'occurrence il y
a
aussi des administratifs dans ces postes. Nicolas Dupont-Aignan.
D
'abord Jean-Michel Blanquer ment
aux
Français. Il dit le budget augmente mais l'inflation va être supérieure à l'augmentation du budget. Cela veut dire... Le budget augmente d'1,7%. Mais
vous savez que l'inflation
est de 2%.
Ce
sera de 2% et a été de 2% cette année. Donc ça veut dire que le budget de l'éducation nationale baisse. Et comme le budget de l'éducation nationale baisse en euros réels, et bien il supprime des postes. C'est complètement absurde. Contradictoire d'ailleurs avec tous les engagements d'Emmanuel Macron. Je ne suis pas pour une multiplication des postes. Je pense qu'il faut arrêter ce yo-yo. Baisse de postes sous Nicolas Sarkozy. Augmentation sous François Hollande. Maintenant à nouveau baisse. Je pense que l'enjeu c'est la formation des maîtres.
Il
y a un nombre considérable de contractuels. Les carrières de professeurs n'arrivent plus à faire recette. Et donc l'enjeu c'est de revaloriser le traitement des professeurs. L'enjeu c'est de reconsidérer les carrières de professeurs.
Si on
veut élever le niveau de l'école, il faut absolument avoir un grand plan de formation de
nos maîtres et de nos maîtresses. Vous
évoquez le traitement des enseignants. Justement Jean-Michel Blanquer justifie ces suppressions de postes par la nécessité de mettre l'accent sur le pouvoir d'achat des enseignants. Moins d'enseignants, mieux payés.
Oui mais tout ça,
si vous voulez, franchement, c'est ce qui ne va pas avec la politique. D'ailleurs, ce n
'est
pas que de ce gouvernement. Je ne comprends pas toujours les ministres pourquoi ils ne disent pas la vérité. Parce qu'il y
a
des points qui sont positifs dans son action. Il n
'y a
pas besoin de mentir aux Français une nouvelle fois. Il n
'y
a pas véritablement d'augmentation. Il y a l'obligation de faire une heure supplémentaire. Il y aura exonération de cotisations sociales mais pas de fiscalité. Donc en vérité, tout ça, ce sont des rustines. Ce n
'est
pas à
la
hauteur de l'enjeu du pays. L'enjeu du pays, c'est de rattraper le retard sur les autres nations. Vous savez que les professeurs français sont les plus mal payés d'Europe. Et il y a urgence
à investir dans l'éducation nationale. Vous
approuvez dans l'action de Jean-Michel Blanquer, l'accent mis sur les savoirs fondamentaux,
le dédoublement des classes
en primaire, en zone prioritaire.
Il y a eu un
changement
d
'orientation, oui, au-delà de ça. Cette idée que le savoir est la base de l'enseignement et qu'il fallait arrêter avec le pédagogisme.
La gauche explique
à longueur d'année que c'est un ministre de l'éducation de droite. Ce n
'est
pas la question de la droite ou de la gauche. Moi, je crois en l'école républicaine. Et à la présidentielle,
j
'avais proposé un vrai projet pour retrouver l'esprit de
l
'école républicaine, c'est-à-dire exigence, savoir, mérite, effort, récompense, aide aux plus défavorisés. Bon, on en est très loin. Là, on voit bien que le gouvernement est aux abois et que maintenant, il va taper dans le budget du ministère de l'Éducation nationale. C'est la conséquence de choix fiscaux absolument scandaleux où Emmanuel Macron a donné 10 milliards d'euros à quelques milliers de privilégiés et a sacrifié les retraités et les classes populaires. Et
il n'arrive
plus à boucler son budget. Sur l'éducation,
c
'est frappant quand même, Nicolas Dupont-Aignan. J'ai regardé attentivement votre programme, effectivement, pour la présidentielle de 2017. Le dédoublement des classes en
zone sensible.
Je l
'ai
approuvé tout à
l'heure.
L'aide personnalisée aux devoirs, le coup de pouce au pouvoir d'achat, la priorité mise justement, enfin le redéploiement d
'un
centre d'effectifs, c'est du Blanquer. La
Marseillais, c'est des savoirs
fondamentaux. Mais je vous ai dit il
y a
un instant qu'il y avait des points positifs. Beaucoup. Il aurait pu être votre ministre de l'Éducation. Oh là là, je n'ai pas cette... Je n'en suis pas là.
Je suppose que vous étiez chez vous dans l'Essonne pour les journées du patrimoine. Vous n'étiez donc pas à l'Elysée. Vous n'avez donc pas assisté à la scène qu'on va vous diffuser ou rediffuser maintenant. Rencontre entre le président Emmanuel Macron et un jeune visiteur, chômeur, qui se plaint de ne pas trouver du travail. Écoutez.
Si
vous êtes prêt et motivé, dans l'hôtellerie, le café, la restauration,
dans
le bâtiment, il n'y
a
pas un endroit aux yeux qui cherchent des gens. L'hôtel, café, restaurant, je traverse la rue, je vous en trouve simplement des gens qui sont prêts à travailler avec les contraintes du métier.
Du
travail, je traverse la rue et je vous en trouve. Il a raison de parler comme ça ?
Non. Moi, je n'aime pas cette façon du président de la République d'apostrofer toujours des gens en situation de faiblesse.
Ce
n
'est
pas l'idée que je me fais. D'abord, des relations humaines,
quelle
que soit notre position. Emmanuel Macron est faible vis-à-vis des puissants, des riches et toujours arrogant vis-à-vis des plus modestes. Je n'aime pas cette conception de la présidence de la République. Bien sûr qu'il y a des postes non pourvus. Mais s'il y avait 6 millions
d
'emplois non pourvus pour les 6 millions de chômeurs, ça se saurait. Donc, c'est un peu facile
de
faire du buzz comme cela. C'est médiocre. Ce n
'est
pas à la hauteur de la fonction.
Vous
imaginez le général de Gaulle ou même François Mitterrand faire le clown en écrasant quelqu'un qui est en situation de difficulté et qui ne peut pas répondre. Il fait le clown pour vous, Emmanuel Macron ? Oui, c'est du buzz. Je crois qu'en fait, on est à la fin de cette première période d'Emmanuel Macron, ce règne du fric et de la frime.
De
la com pour la com. Alors, je sais que ça intéresse beaucoup. Vous voyez, il y a eu le buzz autour de ça. On en a parlé partout. Il y a des gens hier soir en dînant qui se
sont
dit « il a raison ». Il y en a d'autres qui ont dit « il a tort ».
Ce
n
'est
pas ma conception de la politique parce que ce qu'on attend du président de la République, pardonnez-moi, c'est des solutions. C'est de traiter les problèmes du chômage. C'est de traiter les problèmes de la fiscalité. C'est de traiter le problème de l'immigration. C'est de traiter le problème de la sécurité. Et donc, on peut multiplier les petites phrases.
Je
peux réagir ce matin pendant des
heures là-dessus. Ça n'a aucun intérêt. Sur
le fond, Nicolas Dupont-Aignan, je vous propose d'écouter un patron qui réagit au propos d'Emmanuel Macron.
C
'est Michel-Édouard Leclerc.
Il
a complètement raison. Nous n'arrivons pas à embaucher suffisamment pour accompagner notre développement. Sur les métiers de bouche, on est obligé de faire des concours de boucher, concours de boulanger, investir en médiatisation pour dire la noblesse de ces métiers et dire aux parents « Vos gosses, ils auront plus d'avenir dans ces métiers-là que d'aller dans des start-up où ils seront payés au lance-pierre
». Sur
le fond, il faut encourager ces filières-là qui ont été trop
longtemps négligées ? Bien évidemment
qu'il faut les encourager. Mais M. Leclerc, s'il payait mieux ses salariés, ça se saurait aussi. Donc c'est facile de donner des leçons à la terre entière. Moi, vous savez, j'ai dans ma ville, et tous les Français le savent, des gens de 50 ans, 45 ans qui ne trouvent plus de boulot. C'est-à-dire qu'à 30 ans, on est trop jeunes, à 49, on est trop vieux. M. Macron et M. Leclerc ne parlent pas des travailleurs détachés, 500 000 qui viennent de Pologne, d'Espagne, de Portugal.
Du travail chez vous, Nicolas Dupont-Aignan. Il y en a
chez vous, par exemple,
aujourd'hui,
qui n
'est
pas pourvu.
Et
qui ne payent pas de charges sociales en France. On ne parle pas des services informatiques qui sont délocalisés en Inde. On ne parle pas des centres trop téléphoniques, des centres d'appels qui sont délocalisés au Maroc. Donc c'est tellement facile. Mais moi, bien évidemment qu'il y
a
des emplois non pourvus. Bien évidemment qu'il faut jouer sur l'adaptation des salariés à l'offre de travail. Mais encore une fois,
l
'enjeu majeur, c'est de créer des millions d'emplois qui ne sont pas là. Et c'est trop facile de se moquer de la misère humaine.
On poursuit cet entretien dans une minute avec vous, Nicolas Dupont-Aignan, si vous voulez bien. Le temps du tour de l'actualité à 8h41 avec Boris Allier.
Uber à la conquête de trois villes du sud de la France. Près de 600 chauffeurs formés par la plateforme se lancent à Aix-en-Provence, Avignon et Toulon. Des tests ont été effectués cet été. Cela porte à 15. Le nombre de villes françaises où opère l'entreprise américaine. Des employés d'un abattoir des Pyrénées-Atlantiques devant la justice. Il y a deux ans et demi, l'association L214 avait diffusé des images insoutenables filmées dans l'entreprise de Molléon. Avec des animaux mal étourdis, le tribunal correctionnel de Pau juge ses salariés pour mauvais traitements infligés à des animaux domestiques. Hong Kong pense ses plaies. Le territoire a été balayé par le typhon Mangkut.
Plus de 300 personnes sont blessées et les dégâts sont importants. La tempête pénètre désormais à l'intérieur des terres en Chine. Plus de 3 millions d'habitants ont été évacués. Et puis les Marseillais ont enflammé le Vélodrome hier face à
Saint
-Guingan. Victoire 4 à 0 pour le compte de la cinquième journée de Ligue 1. L'OM s'installe donc sur la deuxième marche derrière le Paris Saint-Germain.
Toujours avec Nicolas Dupont-Aignan, vous le savez sans doute, la majorité envisage de réformer les droits de succession en France pour davantage taxer les grosses successions. Est-ce que sur ce point précis, vous applaudissez
? Tout
dépend. J'avais proposé pendant la présidentielle, moi, d'exonérer les petites successions. Elles le
sont déjà
? Non. Jusqu
'à un million... Il y a un abonnement de 100
000 euros. Oui, il y a beaucoup de Français qui
ont
économisé toute leur vie, qui ont un petit pavillon et qui aimeraient le léguer à leurs enfants. J'avais proposé notamment de faciliter les donations. En fait, le gouvernement veut accabler les retraités après les avoir réduits leur pouvoir d'achat. Maintenant, il veut s'attaquer aux droits de succession. Si ce ne sont que les très très grosses successions, pourquoi pas ? Mais on voit très bien que derrière cela,
il
y a l'idée toujours de casser l'effort d'épargne de ceux qui ont pu économiser.
Où est-ce que vous mettez la barre
entre une petite et une grosse ? Où est-ce qu'il faut
taxer ? Vous
savez, chacun met la barre où il veut.
C'est pour ça que je vous pose la question. Moi, j
'avais proposé d'exonérer jusqu'à un million d'euros toutes les successions
de France. Ce sont des très très
grosses successions. Au-dessus d'un million, elles étaient taxées. Mais en dessous, je voulais libérer complètement le patrimoine et surtout permettre aux gens qui ont un bien de le donner à leurs enfants pour les aider à démarrer dans la vie, pour arrêter de les raqueter sur tous les points. Vous savez, la question majeure, on parlait de l'emploi tout à l'heure, c'est de savoir comment on va relocaliser des activités, baisser les charges sur les entrepreneurs, sur les entreprises. Ce qui est fascinant et effrayant avec Emmanuel Macron, c'est qu'il a augmenté depuis qu'il est arrivé les charges sur les PME.
Il a baissé l'impôt sur les très riches, même l'excit taxe qu'avait mis Sarkozy pour empêcher l'évasion fiscale va être supprimé et remplacé par un petit dispositif anodin. Donc,
il
a baissé
pour
10 milliards d'euros l'impôt des très riches et
là, très
au-dessus d'un million d'euros, l'impôt des très riches et il a augmenté les taxes sur les PME. C'est allurissant. Mais précisément,
alourdir les taxes sur les grosses successions
et non pas les exonérer jusqu
'à un million d'euros. C'est une façon de restaurer l'égalité des chances, non ? Mais ça fait partie
de
la
com. C'est
lui... C'est pas un choix politique fort. Non, parce que c'est lui
qui
a donné 10 milliards d'euros à quelques milliers de privilégiés. Alors, comme ça commence à se voir,
comme
les Français ont compris qu'il avait supprimé l'impôt sur la fortune financière, comme les Français sont aperçus qu'il avait supprimé l'impôt sur le capital
et
qu'on s'aperçoit que ce sont les très très riches qui en ont profité, qu'il
n'y a
pas de ruissellement sur l'économie française, qu'il n
'y a
pas de création d'emplois, que la croissance ralentit. Alors, il sort ça de son chapeau en disant de grosses successions, mais pour l'instant, il n
'y a
rien de fait. Encore une fois, je m'élève contre cette politique de l'annonce. Ce que je veux, c'est qu'on favorise par des baisses fiscales ceux qui investissent en France, ceux qui produisent sur le sol national. Et c'est comme ça qu'on pourra donner du boulot à ce jeune homme qui était dans la cour de l'Elysée hier. L'affaire
Benalla,
Renaud Delis.
Oui, l'affaire Benalla qui revient devant la commission d'enquête du Sénat, et en l'occurrence Alexandre Benalla, l'ancien garde du corps d'Emmanuel Macron, il sera entendu mercredi matin par la commission d'enquête du Sénat. Et je vous propose d'écouter la façon dont Christophe Castaner a mis la pression, en quelque sorte, sur le Sénat.
Si
certains pensent qu'ils peuvent s'arroger un pouvoir de destitution du président de la République,
ils
sont eux-mêmes des menaces pour la République. Ça n'est pas, par exemple, être d'un nouveau monde ou d'un ancien monde, répartition dans laquelle je ne me reconnais pas, que de penser que la Constitution française doit être respectée.
Cette
audition, c'est une menace pour la Constitution ? Non, mais je pense que M. Castaner doit prendre du repos.
C
'est un coup de fatigue pour vous ? Oui,
je
pense que là, enfin, tous les Français vont hurler
de rire. Mais plus sérieusement...
Non,
mais
sérieusement, non,
mais attendez.
On est où ? Soyons
sérieux. On est au
cirque
? Justement. On
est au cirque, attendez. Est-ce que cette
audition, elle fait partie
d'un
cirque médiatique et politique, ou est-ce que sur le fond, elle va participer de la manifestation de la vérité, alors qu
'on
sait que les sénateurs ne pourront pas interroger Alexandre Benalla sur les
faits survenus le
1er mai ? Attendez, enfin, les Français sont lucides. Là, M. Castaner a besoin de prendre une semaine de repos. Parce que, en vérité, en quoi l'audition de M. Benalla, pour savoir comment a fonctionné M. Benalla, comment fonctionne Élisée, comment un jeune homme de 26 ans peut être milieu lieutenant-colonel, avoir un appartement de fonction, une voiture avec gyrofares, aller casser des manifestants, place de la contre-escarpe, a pu se produire dans une République ? Donc, M. Macron donne des leçons à M. Orban, et M. Castaner s'indigne que des sénateurs écoutent M. Benalla. C'est vrai que ce sera plus difficile pour M.
Benalla que d'organiser à TF1 une intervention pré-enregistrée où les questions ont été préparées à l'avance. Mais il faut
rappeler
qu'il
y a
une procédure judiciaire en cours et qu'il est d'ores et déjà mis
en examen et qu'il n'est
pas le seul.
Mais bien sûr. Mais d'ailleurs, c'est panique à bord. Mme Belloube, garde des Sceaux, devient l'avocat de la petite frappe M. Benalla. M. Castaner imagine que les sénateurs vont destituer le président de la République. Enfin, on est dans la farce. Cette farce a assez duré, encore une fois. Moi, je trouve que cette présidence est en train de tourner vinaigre. Et encore une fois, j'aimerais que l'on parle des choses sérieuses. Il y a des problèmes majeurs. On voit ce qui se passe aux États-Unis, ce qui se passe en Chine. On voit le continent européen diviser. On voit les flux migratoires s'accentuer. Et puis, on est là dans une espèce de feuilleton de mauvais goût. Ça
ne
m'intéresse pas.
En
fait, cette histoire, maintenant, est finie. Les Français ont compris que c'était l'ancien monde. On
va en savoir plus.
Ça vous intéresse ou pas ? Il faut arrêter la commission d'enquête ?
C'est fini, on laisse faire la justice ? Non, c'est important que la
commission d'enquête aille au bout. Mais on ne
va
pas parler pendant chaque émission de Benalla.
On
va avoir le résultat de la commission d'enquête. Je fais confiance aux sénateurs. Et les ministres devraient respecter le Sénat de la République. Pourquoi est-ce que vous dites que cette présidence est en train de tourner vinaigre ? Tout simplement parce qu'on ne peut pas éternellement mentir aux gens, dire tout et le contraire de tout, faire semblant. Et il
y a
un moment, ça se voit. Il y a eu un mirage.
C
'était une sorte d'oasis qui allait arriver. Et puis, les Français découvrent que c'était un imposteur. Et maintenant, moi, ce qui ne
m
'intéresse, ce
n'est
pas de critiquer. Parce que la plupart des Français ont compris qu
'il
n
'y a
qu'à avoir les sondages. Ce
n
'est même pas ça le problème. Le problème, c'est de reconstruire.
Qu
'est-ce qu'on propose ? Avec qui ? Quel destin pour la France ? Quelle solution pour les Français ? C'est ce qu'on fait à Debout la France. On a un congrès le 23, la semaine prochaine, dimanche. On va travailler tout le week-end sur des solutions.
Parce
que les Français attendent une opposition sérieuse, claire, nette. Et encore une fois, qu'on change la manière de procéder. Ou
alors la
politique n'est que du showbiz. Et moi, ça ne m'intéresse pas.
Nicolas Dupont-Aignan, hier, c'est Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement National, qui faisait sa rentrée à Fréjus. Pourquoi vous n'étiez pas avec elle
?
Tout simplement parce que c'était le meeting du Rassemblement
National.
Vous n'êtes plus alliés,
c'est terminé, c'était le bon temps de la présidentielle.
Vous confondez
une
alliance de second tour. J'avais fait barrage à Emmanuel Macron. Que je sache, les Républicains... Il
n'y a qu'un seul tour en l'occurrence aux Européennes, donc il faut s'allier avant. C'est une alliance de circonstance
entre deux tours.
Vous voulez dire que c'était une alliance de circonstance ? Non, c
'était une alliance sur l'essentiel. Les Républicains,
les
Républicains, qui ont soutenu Emmanuel Macron au second tour,
ne
vont pas au meeting, n'en marchent.
Vous, il y avait un deal
avec Marine Le
Pen,
à vous Matignon, à elle, l'Élysée, si elle était élue. Il n
'y a
pas eu d'accord
de justice
avec les Républicains
et Emmanuel Macron. Vous présentez,
d'ailleurs, il y en a une partie qui sont déjà
au gouvernement. Laurent Bouquet n
'avait pas signé pour
aller à Matignon. Les
Républicains, qui ont soutenu Emmanuel Macron, ont gardé leur indépendance. J'ai dit à Villepin... J
'ai
l'impression que vous avez honte de
l'accord que
vous aviez conclu avec Marine Le Pen. Pas du tout. Simplement, vous l'avez interprété de manière à fusionner les deux. Nous n'avons jamais fusionné, et je l'ai dit à Villepin, au second tour, devant les milliers de militants du Front National. J'ai dit, je fais barrage à Emmanuel Macron. Nous avons un programme sérieux avec Marine Le Pen que j'avais influencé, amendé. Et
je
garderai toujours mon indépendance. J'ai un parti politique, des soutiens. Les sondages nous donnent entre 6 et 8% des voix
européennes. 6% dans
la dernière enquête pour France Info. Il
y a
7, 8, 6, qu'importe. Et nous avons une autonomie, heureusement.
Qu
'est-ce que ça voudrait dire
? Donc
il n
'y aura
pas d'alliance.
Le dossier est
terminé pour les européennes,
en tout cas. Je n'en
sais rien. Mon parti a un congrès, et j'ai dit, il y a quelques semaines, que l'Union, ce n'était pas l'Union pour l'Union. L'Union, c'est sur un programme.
Donc la porte n'est pas fermée. J'ai le courage
de dire ça, parce que moi j'ai eu le courage de faire l'Union au second tour. Mais l'Union, ce n
'est
pas le soutien aveugle.
L
'Union, c'est sur des propositions sérieuses. L'Union, c'est avec des personnalités crédibles et intègres. Donc non, la porte n
'est
pas fermée, d'un mot. Nous présenterons, je présenterai pour être clair, au congrès, dimanche,
et
si vous nous faites le plaisir de venir, un vrai programme sérieux pour l'Europe.
Nous
en débattrons tout le week-end. Et je vous ferai part de ma position dimanche après-midi dans mon discours de rentrée.
Nicolas Dupont-Aignan, invité de France Info. Pour quelques minutes encore, il
est
8h51. L'actualité de ce lundi matin, Boris Allier.
Des créations de postes dans le primaire et l'augmentation du pouvoir d'achat des professeurs. Voilà, selon Jean-Michel Blanquer, l'objectif des suppressions de postes au sein de l'éducation nationale. 1800 en moins l'année prochaine, annonce le ministre. 1400 dans les collèges et lycées, le reste dans les services administratifs. Gare au faux site administratif. Environ 1 million de personnes se font avoir chaque année par ces arnaques en ligne pour un préjudice d'au moins 150 millions d'euros. Le gouvernement lance donc une campagne de sensibilisation avec la répression des fraudes. Quatre ans après l'assassinat de la milliardaire monégasque Hélène Pastor, le procès s'ouvre aujourd'hui.
Dix accusés comparaissent devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Parmi eux, le gendre de cet héritier, le polonais Janowski, l'homme d'affaires et ancien consul, est soupçonné d'avoir commandité le meurtre. Et puis la France ne brille pas qu'au football. Les Français reprennent le titre de champions du monde de pétanque. Ils se sont imposés face au Maroc hier en finale des championnats du monde organisés au Québec.
Toujours avec le président de Debout la France et député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan. Question de Renaud Dely. Nous évoquions à l'instant les Européennes et Marine Le Pen. Précisément hier à Fréjus, Marine Le Pen, elle a infléchi son discours sur l'Europe. On l'écoute.
Notre
objectif dans cette élection est double. En France, dépasser la liste mondialiste d'Emmanuel Macron et comme en 2014, sortir en tête de cette élection.
En
Europe, constituer avec nos alliés et les autres groupes anti-européistes une majorité pour rompre avec la déliquescente Union européenne et s'acheminer vers une coopération des nations respectueuses de leur diversité et de leur identité propre.
Alors, il n'y a plus de sortie de l'Union européenne, il
n
'y a plus de sortie de l'euro. Il s'agit de bâtir une autre Europe. C'est l'objectif de Marine Le Pen. Elle a même conclu son discours après le « Vive la France » par un « Vive l'Europe ». Vous aussi, vous dites « Vive l'Europe », Nicolas Dupoignan, vous êtes d'accord avec elle ? Écoutez, je partage
le diagnostic. Mais une fois qu'on a dit ça, il faut des solutions.
Et
moi, je ne vais pas me laisser enfermer
dans
ce que j'appelle être la caricature que veut imprimer sur cette élection Emmanuel Macron, progressiste d'un côté, nationaliste de l'autre.
Et
je veux insister là-dessus, parce qu'on est en train de nous préparer une élection européenne qui serait de l'ordre de la bande dessinée. Il y aurait d'un côté le gentil Macron, avec le gentil Juncker, chef du paradis fiscal, la gentille Merkel qui a créé un chaos migratoire en Europe. Et puis de l'autre, il y aurait les méchants nationalistes. Vous,
vous
n'êtes
pas du côté
des méchants nationalistes, si on vous écoute. Non, ce n
'est
pas ça que je veux dire. Je veux dire que je refuse cette lecture simpliste, complètement simpliste. Emmanuel Macron et l'Europe d'aujourd'hui, et l'Europe de la régression sociale, et des ghettos migratoires, je ne l'accepte pas. Pour autant, je pense que ça ne suffit pas
de
dire Salvini, bravo, Orban, bravo. Ce qui est fascinant et effrayant aujourd'hui, c'est que la France est absente dans la reconstruction de l'Europe. Ce qui m'intéresse, et c'est ce qu
'on
va faire à notre congrès dimanche prochain, c'est de faire des propositions. Justement, vendredi. Des propositions très concrètes. Nicolas Dupognon.
Contre
les paradis fiscaux,
pour
rétablir la justice fiscale en Europe, pour éviter les flux migratoires, pour avoir des champions numériques en
Europe. Nicolas
Dupognon.
Je pense que les Français, Renaud Délit, sont un peu plus intelligents que simplement de les entraîner vers une
sorte de... Ce n'était pas la question de Renaud Délit. Ce n'était pas la question de Renaud Délit. Très précisément, vous
dites dire bravo Orban, ça ne suffit pas, ce que vous venez de dire un instant. Exactement. Et vendredi, vous avez longuement loué la politique exceptionnelle de Victor Orban. Oui, chez lui. Donc qu
'est
-ce qu'elle a d'exceptionnelle, cette politique de Victor Orban
? Très
simplement, c'est le seul qui a eu le courage de dire à un moment, je ferme ma frontière. C'est le seul qui a eu le courage à un moment de dire, je refuse la répartition autoritaire des migrants qui sert d'appel d'air à toute l'Afrique. Pour autant, je dis que oui, c'est exceptionnel parce qu'il a eu le courage de le faire. Est-ce que
tout est bon chez Victor Orban, Nicolas Dupognon, pour vous ? Est-ce que tout
est bon ? Non, la question est importante.
Mais attendez, je
vais finir. Est-ce que vous applaudissez
à tout ce qu'il fait ? Non, parce que justement, c'est ce que je dis à l'instant,
pour
moi, il n'y
a
qu'un modèle, modèle français. On ne
va
pas copier tout à l'étranger. Et justement, ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est que la France soit absente dans la reconstruction de l'Europe. On voit bien que l'Europe de Macron-Merkel, elle est en train de mourir. On voit bien que les Français, les autres peuples n'en veulent plus. Simplement, on ne
va
pas laisser uniquement Orban, la Pologne, l'Italie, décider de la future Europe. Et c'est là où j'estime que les Français ont le droit d'avoir un autre choix. Et ce qui m'intéresse, c'est de proposer des solutions. Et après, il y aura des négociations. Mais il est évident, vous le voyez tous, que l'Europe d'aujourd'hui, elle est en ébullition.
Et si les négociations
n'aboutissent pas, on quitte l'Europe, on ne quitte pas l'Europe ? Moi, je suis convaincu
qu
'il y a une alliance possible avec les autres nations d'Europe, avec les autres peuples, sur une renégociation des traités. Je l
'avais expliqué pendant la présidentielle,
il
y aura une
majorité.
C'est tout l
'enjeu des élections européennes. Est-ce qu'on quitte l'Europe si
ça ne marche pas ? S'il n
'y
a
pas
cette majorité,
est-ce qu'au final, le bout du bout ? Mais
l'Europe,
on
ne la quitte pas. On est l'Europe.
On
n
'a
pas à la
quitter. On est l'Europe. Moi, j
'ai toujours été pour une transformation de l'intérieur, avec fermeté, comme le général de Gaulle l'avait fait. Et
comme l'a dit Marine Le Pen hier, c'est exactement ce que dit Marine Le Pen hier. Eh bien, je m'en réjouis, je vois
qu'elle évolue
vers ma thèse. Vous avez dit avant les vacances qu'elle travaille, on se retrouvera peut-être après ? Vous trouvez qu'elle a bien travaillé pendant ses vacances ? Mais je n
'ai
pas encore vu
le programme, il
n
'y avait pas de programme à Fréjus, donc j'attends. En tout cas, moi, je lui enverrai un programme, comme je l'enverrai aussi à M. Wauquiez. Car l'enjeu,
vous
le savez bien pour l'avenir, c'est de reconstituer un pôle d'alternance sérieux, solide,
avec
une partie des Républicains, avec Debout la France, avec des partis comme le CNI, le parti chrétien-démocrate, avec ceux et le Rassemblement National qui le souhaitera. C'est-à-dire un vrai pôle d'alternance pour
éviter l'union
des patriotes et des Républicains
qui
pensent qu'il
y a
un autre destin pour le pays. Et ça, ça se fera pas à partir d'anathème, ça se fera pas à partir de grands slogans, ça se fera de manière, j'allais dire, paisible, sérieuse, petit à petit, pas à pas. Et cette lettre, vous nous l'avez annoncée il
y a
quelques instants, vous l'envoyez aussi à Laurent Wauquiez,
pas de jaloux, si il répond à ce que vous demandez dedans, vous pourriez faire alliance aux Européens. J'ai peut-être des défauts,
mais je suis opiniâtre. C'est ce que j'ai dit au mois de juin. J'ai dit, moi je travaille,
je
suis un peu une tortue par rapport au Lièvre, il y
a
une fable de La Fontaine, je travaille, j'écris, je réfléchis, pas tout seul, avec toutes mes équipes. Et nous allons proposer un manifeste pour l'Europe, l'Europe des nations, mais concret, où les Français vont pouvoir se retrouver.
Et
puis,
M.
Wauquiez, Mme Le Pen, les Républicains, les membres du Rassemblement National, choisiront leur destin.
Merci Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonnet, venu ce matin sur France Info.
A
tout de suite.
Merci. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan