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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

"Vous dites n'importe quoi !" : échange tendu entre G.Le Bret et S.Agresti-Roubache sur Marseille

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

On évoquait le narcotrafic, la lumière de ce détenu qui est détenu pour narcotrafic de Vendin-Leviel était en liberté. Là, il y a la situation à Marseille. Sabrina Garcia-Hourbach, vous êtes avec nous.

Évidemment, vous êtes marseillaise, vous avez été ministre. Il y a des règlements de comptes tous les jours. Ma question est très simple.

Est-ce que Marseille est tombée ? Est-ce que Marseille est aux mains de la mafia et des gangs de narcotrafiquants ? Non, parce que si c'était le cas...

Mais pas loin ? Non, personne n'aurait pu manifester. Vous n'auriez eu personne et vous n'auriez pas encore des jambes debout pour se dresser contre ces assassins, ces criminels, contre la criminalité organisée, contre le narco.

Donc non. Mais 6 000 personnes, vous n'espériez pas un peu plus de monde ? Les gens n'ont pas peur ?

Ils ne sont pas juste terrorisés ? Je pense qu'il y a plusieurs choses. Moi, j'ai connu mes premières manifestations.

Vous rappelez-vous, je prends toujours cet exemple, mais il est tellement parlant. Ibrahim Ali, 95, on sort dehors, on va manifester parce que c'était un crime raciste. Ça a été jugé.

Et je pense, jusqu'à 40 ans, j'appartiens à cette génération qui sortait, qui n'avait pas les réseaux sociaux. N'oubliez pas le rôle des réseaux sociaux. Les gens, quand ils voient un tweet ou qu'ils envoient un message par Messenger, comme on dit, à la famille, ils ont l'impression d'avoir participé, d'avoir soutenu.

Non, je pense que l'engagement a changé de forme. Donc ne vous focalisez pas, je pense, que sur le nombre. Il y a plusieurs manières de s'engager et surtout maintenant avec tous les outils qu'on a.

Mais c'était une preuve de courage de manifester. Non, mais j'étais avec la famille dès le lendemain ou le surlendemain, quand ça s'est passé. J'étais devant, à leur côté.

Je voulais, comment dire, on ne les lâchera jamais. Parce que ce que vit cette famille, il n'y a tellement pas de mots pour le décrire qu'à part être à côté d'eux et dire comment je peux t'aider, qu'est-ce qu'il peut faire ? On parle de la famille Kessassi.

Maintenant, on va parler du narco. Je l'avais dit. Je pense quand même que nous, en France, on ne veut pas le dire, mais moi, je le dis, on a un pétard, pour ne pas dire autre chose, de sujet avec la consommation de drogue.

C'est tout. Quand vous voyez que la cocaïne devient numéro un devant le cannabis, il y a un sujet. Les gens ne se droguent pas parce qu'ils vont bien.

Les gens se droguent parce qu'ils vont mal. Les mêmes qui prennent aussi beaucoup de médocs. C'est exactement les mêmes mécanismes.

J'avais essayé de porter. J'avais porté. Et comme on dirait, je suis partie beaucoup trop tôt.

J'ai quitté mes fonctions. Je n'ai pas eu le temps de finir mon travail parce que ce sont des politiques au long cours. Moi, encore une fois, j'appartiens à une époque où on faisait de la prévention.

On nous apprenait, entre guillemets, vous vous rappelez de ce clip, la drogue, c'est de la merde. Vous voyez, on appartient tous. À un moment donné, on a oublié le mot prévention parce que dès que tu dis ça, tu es d'extrême gauche.

Ah non, non, non. La prévention, ça compte. Dès que tu parles de lutte contre les conduites addictives, pareil, on ne peut pas en parler.

Mais si, il faut en parler parce qu'encore une fois, ces gens, ces narcotrafiquants, ces criminels, c'est du business. Si vous touchez à leurs intérêts financiers, c'est là où vous les mettez en tension. D'où les places net XXL.

On savait qu'ils allaient avoir une réponse très forte de leur côté. Et vous savez, dans tous les combats, il y a un engagement et donc un prix à payer. Regardez Amine Kessassi et sa maman et sa famille et sa soeur.

J'en profite ce soir pour les embrasser. Mais la réalité, c'est que eux, nous, nous tous, c'est le seul sujet qui peut faire, selon moi, non seulement consensus. Et c'est un sujet d'union nationale et je parle de la lutte contre le narco.

Bien sûr. Gauthier Lebrecht. On ne peut pas nier qu'il y avait de la peur.

Évidemment, sinon la manifestation aurait été, à mon avis, plus importante. Donc, qu'il n'y ait pas de grande personnalité marseillaise, on a dit où sont les rappeurs marseillais, où est Joule, où est Soprano. On ne peut pas nier la peur.

À partir du moment, et d'ailleurs, on peut l'entendre que les gens ont peur, il y a le frère d'un militant qui est très courageux, qui a perdu son premier frère dans le coffre d'une voiture brûlée, qui s'est fait abattre, qui s'est fait assassiner. Évidemment qu'il y a de la peur. Alors, vous nous dites, Marseille n'est pas tombée, la ville n'est pas aux mains des narcotrafiquants.

Fort heureusement, il y a un maire, il y a un préfet, il y a une agglomération. Mais il y a un État fort ? Ça, c'est la question.

Est-ce qu'il y a un État fort ? Moi, l'État à Marseille ne me semble pas...

Parce que vous ne connaissez pas Marseille. Alors, j'y suis allé plein de fois. Vous n'y avez pas vécu, vous n'y êtes pas né.

Non, mais d'accord. Ne me faites pas l'enfance de me dire que je connais Marseille. Non, mais il y a des dizaines de milliards.

Il y a des dizaines de milliards qui ont été injectés dans cette ville, notamment par le Président de la République, qui a fait de cette...

Il y a des dizaines de milliards. Le plan Marseille-en-Grand, c'est 7 milliards. Non, mais il y en a eu plusieurs.

C'est le plan Marseille-en-Grand ? Non, mais il est allé plusieurs fois dans cette ville. D'accord.

Excusez-moi, il n'y a pas...

D'accord, voilà. Donc, juste termine une phrase. Et rien n'a changé, rien n'a bougé.

On a eu un record d'homicide l'année dernière, dans les règlements de compte. On a des jeunes filles qui meurent dans leur chambre en train d'étudier leurs leçons. Je pense à Sokaïna.

Et évidemment que les premières victimes, en plus, c'est les classes populaires, parce que c'est dans ces quartiers-là. Et que c'est...

C'est passé pour le savoir. Oui, mais je n'ai pas dit le contraire. Et que...

Donc, ce que je veux dire, c'est que c'est en plus une thématique de gauche, et on n'entend pas la gauche sur ce sujet aussi. Ah, de Sabrina. C'est de la gauche.

Je ne vous dis pas que...

Et ils ont voté contre la loi narco. Vous avez complètement raison. Alors, la solution, c'est quoi, Sabrina ?

Sabrina, c'est quoi la solution ? Attendez, on va juste laisser la parole, une demi-seconde sur les solutions. Non, mais après, vous savez, à force de faire tout le temps des raccourcis, de dire n'importe quoi, non, il n'y a pas eu des dizaines de milliards investis à Marseille.

Ce n'est pas vrai. Marseille a juste essayé, avec le plan Marseille-en-Grand, de rattraper un retard. Sur les écoles, vous connaissez mon école, vous êtes venus à Marseille.

Sur l'école, je parle là où j'étais quand j'étais petite. Les écoles, Marseille-en-Grand, c'est un milliard. Est-ce que c'était trop de mettre un milliard pour rénover...

Et personne n'a dit ça ? Vous savez fabriquer, Gauthier Le Bret, est-ce que vous savez fabriquer des...

Alors, je vous pose la question, je pose la question à tout le monde. Tu sais me faire des écoles en un an, sors-moi à 188 écoles. Si tu sais le faire, on te prend tout de suite sur Marseille-en-Grand et...

Écoutez, tout va bien à Marseille, tout va bien à Marseille, c'est formidable. C'est qui dit mon frère ? Il y a des morts en permanence dans cette ville, enfin, il y a des morts très régulièrement.

Parce qu'il y a des gens qui consomment de la drogue, qui viennent acheter dans nos quartiers de la drogue. Ça vous a échappé, ça aussi ? Non, ça ne vous a pas échappé.

Ce n'est pas le seul sujet, le consommateur. Ah, c'est quoi alors ? Non, mais ce n'est pas le seul sujet, je ne dis pas que ce n'est pas un sujet.

Alors, c'est lequel ? Le narcotrappique, les tueurs, ce n'est pas les consommateurs qui ont tué Médic et Sassi. D'accord.

Est-ce que vous connaissez l'histoire de Médic...

Est-ce que vous connaissez la famille qui est Sassi ? Est-ce que vous connaissez son histoire ? Mais si je connais l'histoire du...

C'est quoi ce sujet ? Non, s'il vous plaît, là, on ne va pas faire un duel. Est-ce que je veux...

Non, non, ce que je veux dire, c'est que les politiques publiques, et vous ne me ferez pas, franchement, ne m'offensez pas sur ça, les politiques publiques, c'est des années, c'est des politiques au long cours. Tant qu'on sera sur le temps court, on échouera, point. Il faut accepter que ce sont des politiques à 10, 15, 20 ans.

Il faut avoir de la vision, donner de la perspective. Et entre-temps, il y a des combats à mener, on les mène. On est...

Moi, en tout cas, je suis tout le temps sur le terrain. Vous savez, je ne suis plus ministre, plus rien. Le samedi, samedi, c'est moi qui représentais et le président de la République et le gouvernement.

Vous voyez, donc, moi, je m'engage. Et tout ce que je fais, je ne viens pas dire sur les plateaux. J'ai fait...

Toute la journée, je suis avec le collectif des familles à essayer d'aider, de reloger. Donc, ce que je veux dire, c'est que si on m'explique toute la journée que tout est pourri, tout est foutu, et que Marseille, c'est fini, et que la France est foutue, honnêtement, on n'y arrivera pas. On va quitter le plateau et partir.

Non, moi, j'ai de l'espoir. Moi, je pense qu'il faut continuer à se battre. Et au contraire, essayer de trouver...

Un sujet, c'est celui-là. La lutte contre le narco, vraiment. C'est le sujet sur lequel on devrait essayer de te l'ouïe.

Et Rachel. Et on avance. Et on écoutera la maman des gaz.

Moi, ce que je regrette vraiment, c'est que, malheureusement, il n'y a pas de consensus politique sur le narco. Pour l'instant, vous avez raison. Et même parmi les gens qui étaient...

Les élus qui étaient à la manifestation, qui étaient en tête de cortège, comme on dit, il y en a plein qui n'ont pas voté la loi narcotrafic, qui en réalité disent vouloir combattre le fléau. Mais sont ouverts à un débat sur la dépénalisation du cannabis. La France Insoumise, par exemple.

La France Insoumise, par exemple. Et d'autres. Écologistes.

Mais on est ouverts à un débat sur la légalisation du cannabis ou la dépénalisation. La Maroc. Et donc, en fait, sauf qu'il y a aussi le bal des tartuffes sur cette question-là.

Et il y a plein de gens qui s'affichent au moment de la mort dramatique de quelqu'un. Et derrière, en catimini, ils votent le contraire de ce qu'ils disent. Et c'est ça que les Français...

En fait, c'est pour ça qu'on n'avance pas. Et c'est ça que les Français veulent plus voir. Mais parce qu'il y a un agenda électoral, cette histoire de dépénalisation du cannabis, c'est la grande marotte des élections municipales, ou présidentielles, ou législatives.

Alors même qu'on a l'impression qu'on n'a pas un état des lieux construit pour pouvoir agir, et évidemment, sans responsabilité politique, c'est-à-dire sans le fait de faire un consensus. On n'analyse pas assez, à mon sens aujourd'hui, pour toute la trame entre narcotrafic, terrorisme, chute de l'école, ce qui se passe au niveau des clubs...

La responsabilité des parents, quand on parle de l'éducation...

Toute cette chaîne, toute cette chaîne, ce qui se passe au sein des clubs sportifs aussi, ce qui se...

Enfin, voilà. Moi, je suis quand même...

Exactement. Tout est...

Rapidement, Jean-Sébastien ? Oui, mais il y a eu cette déclaration que je trouvais incroyable, du candidat de la France Insoumise à Grenoble, qui dit « Nous ne ferons pas la chasse aux dealers ». Donc on voit bien qu'il y a une partie de la classe politique, effectivement, en France, qui vit très bien, pour des raisons électoralistes aussi, parce qu'il faut bien que ces quartiers-là vivent.

Ce qui est un raisonnement, on peut l'entendre, au sens où oui, ça représente des revenus pour les gens, mais c'est totalement absurde. Mais dans ce cas-là, on n'a qu'à dire qu'il y a des gens qui vivent des revenus de la prostitution, il y a des gens qui vivent du trafic humain, il y a des gens qui vivent du travail des enfants, mais dans ce cas-là, ils n'ont qu'à tolérer Chine, ou ils n'ont qu'à...

Enfin, tous les autres combats qu'ils mettent en permanence, ils n'ont qu'à en tirer les mêmes comptes. Je ne sais pas si ce qu'on...

Et encore, cette déclaration est une déclaration neutre, parce que normalement...

Ils veulent vivre avec. C'est souvent...

C'est parfois des députés de la France Insoumise qui, avec des fonds publics, achètent à des mineurs de la drogue. Et qui se font le porte-parole de ça. Quand ils ne sont pas dealers.

Quand ils ne sont pas dealers. Voilà. L'ancien dealer.

Vous l'avez encore une fois. Attendez, ça, c'est pas...

Vous avez raison, c'est un fait. Non, mais encore une fois, ils ont été élus. Vous avez raison, complètement raison.

Mais ils ont été élus. Ça renvoie, vous avez raison, à une responsabilité des Français. Mais il y a quand même à Marseille, peut-être quelque chose de spécifique, où la mairie, depuis des décennies, a laissé...

Parce que les écoles sont dans l'état dans lequel elles sont. Finalement, c'est pas si bien que ça, les amateurs. Allez, je voudrais juste qu'on dévoile.

Vous avez raison. Et s'il y a peut-être une leçon à retenir, c'est celle-là. C'est dur de mener des politiques publiques.

Et c'est dur de mettre les mains vraiment dans le cambouis, dans le mécano administratif. Il ne faut pas oublier qu'on est un pays suradministré qui nous a bien aidés pendant le Covid. Ça nous a bien arrangé d'être suradministrés pendant le Covid.

Et ça, quand on ne sait pas absolument...

On n'a pas réussi.