Karim Bouamrane : "Le NFP est mort ? La fin de la récré a été sifflée par Mélenchon"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:43OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez, Karim Bouamran ?
- 2:44OuverteRéponse partielle
François Bayrou, c'est un bon choix ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Mais alors, quelle est la proposition selon vous ?
- 5:50RelanceRéponse directe
C'est-à-dire réunion des formations politiques, monsieur Brouillard.
- 6:01FerméeRéponse directe
Et LFI aussi ?
- 7:30OuverteRéponse directe
Donc, vous, vous êtes membre du Parti Socialiste.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54Invité politiqueFait
« J'avais dit, il faut une personne de compromis. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Je m'étais fait défoncer, clouer au pilori, notamment pour une bonne partie de la gauche, en me qualifiant de socio-traître. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« On a perdu 3 mois. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Le président de la République a repris mot pour mot mes propositions, à savoir une première ministre ou un premier ministre qui soit dans la capacité de faire un accord de Yalta avec toutes les formations politiques. »
- 8:33Invité politiqueChiffre
« Dans le projet de loi de finances, il y avait une épure budgétaire de moins 11 milliards pour les collectivités territoriales. »
- 9:05Invité politiqueChiffre
« Une ville comme la mienne, à Saint-Ouen, c'est potentiellement moins 4 millions de budget sur 130 millions de budget. »
- 14:31Invité politiqueFait
« aujourd'hui, au moment où je vous parle, vendredi 13 décembre, on n'est pas dans la même situation que fin août 2024. »
- 14:43Invité politiqueFait
« Les conséquences de la dissolution au niveau du produit intérieur brut, au niveau de la croissance, sont dévastatrices. »
- 17:34Invité politiqueFait
« Je sais ce que c'est de ne pas avoir un logement de qualité quand j'étais enfant, c'était le cas. »
Temps de parole
- Karim Bouamrane81 %
- Présentateur19 %
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Sud Radio, l'invité politique, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité, il est 8h35, l'heure a son importance, vous allez comprendre pourquoi. Notre invité, Karim Bouamran, qui est maire de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, bonjour. Bonjour Jean-Jacques Bourdin. Et vous avez lancé votre mouvement, vous êtes au Parti Socialiste, mais vous avez lancé votre mouvement, la France humaine est forte. Bien, il est 8h36 maintenant. Et dans le bureau d'Emmanuel Macron, un homme est face à lui. Et cet homme, c'est François Bayrou. François Bayrou, mais pourquoi est-il dans le bureau d'Emmanuel Macron ce matin ? Pour être nommé Premier ministre ?
Ou parce qu'Emmanuel Macron est en train de lui expliquer qu'il ne le nommera pas ? Qu'est-ce que vous en pensez, Karim Bouamran ?
Je pense que c'est du 50-50 là. C'est du 50-50, oui. Mais quand on prend un peu de hauteur, c'est vrai que l'histoire peut apparaître un peu surréaliste quand même. On est dans l'histoire, mettre des horloges, on change de ministre, censure. Alors, vous l'évoquiez, vous imaginez la peau du petit patron, du maire, de la Française et des Français qui ont du mal à boucler leur fin de mois, de l'enseignant, de l'enseignant. C'est très, très, très kafkaïen quand même cette histoire. Oui. Donc là, c'est pour ça que dès le début, moi j'en ai appelé à la responsabilité collective.
J'ai une réflexion, je me faisais une réflexion. On ne choisit pas le meilleur pour ce poste. Non, non, non. On choisit celui qui a le moins d'opposants.
Mais, non, je suis complètement d'accord avec vous. Le sujet, c'est vraiment une question de posture. Quand est-ce qu'on va arrêter les postures ? Moi, ça me saoule, ces postures. C'est vrai que dès le début, souvenez-vous, j'ai eu la chance d'être invité dans vos plateaux, il y a 3-4 mois, j'avais dit, il faut une personne de compromis.
On avait parlé de vous, d'ailleurs, l'été dernier, pour être Premier ministre.
Exactement, parce que j'étais une des personnes qui pouvaient porter le compromis. Je m'étais fait défoncer, clouer au pilori, notamment pour une bonne partie de la gauche, en me qualifiant de socio-traître. Comme disait Fidel Castro, condamnez-moi, l'histoire m'acquittera. Là, l'histoire m'a acquitté parce qu'une bonne partie des gens de la gauche reprenaient la notion de compromis, pas de compromission. Sauf que là, on a perdu 3 mois. On a perdu 3 mois. Là, l'heure est grave. Lorsqu'on parle de gouvernement d'intérêt général, national, peu importe.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est aujourd'hui, qu'un budget soit voté, qu'on apporte de la stabilité aux Françaises et aux Français, et qu'on arrête cette pantalonnade qui est à deux doigts de plonger le pays au fond de l'abîme. Ça, il y en a marre. C'est la raison pour laquelle j'ai été sorti sur des propositions. On aura l'occasion d'en revenir.
Oui, bien sûr, on va revenir dessus. Donc, on ne choisit pas le meilleur pour ce poste. On choisit celui qui a le moins d'opposants. Là, François Bayrou parait quand même en première position. François Bayrou, c'est un bon choix ?
Bon, personnellement, je ne le connais pas. Je pense que, comme on dit dans la cybersécurité, 80% des menaces, ça vient de l'interne. François Bayrou a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'opposants, notamment du côté de LR, au regard de sa prise d'opposition à l'époque de l'élection de François Hollande, où il avait fait la bascule en appelant à voter François Hollande.
C'est Nicolas Sarkozy qui n'en veut pas, quoi.
Exactement, c'est Nicolas Sarkozy qui n'en veut pas, totalement. Maintenant, la question, c'est... On revient sur la même chose. Si François Bayrou arrive à apporter de l'apaisement et se dise, OK, ce gouvernement va nous donner la possibilité de tenir jusqu'en 2027, aujourd'hui, j'achète. parce que je n'y crois plus. Il faut arrêter de mentir aux Français. Mais vous ne croyez plus à quoi ? Je ne crois plus au fait qu'on va arriver à un compromis avec toutes les formations politiques. Ah bon ? Absolument.
Moi, je me suis réjoui que le président de la République a repris mot pour mot mes propositions, à savoir une première ministre ou un premier ministre qui soit dans la capacité de faire un accord de Yalta avec toutes les formations politiques en partant sur le minimum, minimum de décisions, c'est-à-dire un budget, des mesures sociales, une trajectoire de désentraînement budgétaire pour assurer les marchés et rassurer, rassurer les investisseurs pour avoir une trajectoire calendaire jusqu'en 2027 pour éviter la dissolution. Le problème qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, on nous parle de Bayrou.
Très bien, que ce soit Bayrou, que ce soit Bernard Cazeneuve, que ce soit, on nous a parlé de Roland Lescure. Très bien, ce qu'il faudrait aujourd'hui, c'est un gouvernement porté par des femmes et des hommes détaché des contingences politiques, politiciennes à court et moyen terme. Parce que qu'est-ce qui va se passer, M. Bourdin ? C'est très simple. Si vous mettez un gouvernement, on va dire, centre-droit, dans 3-4 mois, il va être censuré. C'est ce que je disais dans une des antennes frangines. Dans Barnier, c'était un CDD 3 mois. C'était couru d'avance. Si vous mettez un centre-gauche, alors tout le monde dit dans mon camp, il faut un Premier ministre de gauche.
Très bien, mais j'adorerais ! Oui, il faudra un Premier ministre de gauche. Oui, il faudra un gouvernement de gauche. Mais ça ne fonctionne pas pour la bonne et simple raison que mettez-vous à la place des LR, des Ensembles ou du RN. Si vous mettez un Premier ministre de centre-gauche, nous, on sera tous contents, on sera au gouvernement. Et deux mois après, on se fait censurer. Ils vont nous faire exactement la même chose qu'ils ont fait à Barnier. Donc la question maintenant, c'est aujourd'hui, c'est comment on arrive au regard de la situation à une proposition qui nous apporte stabilité et sérénité.
Mais alors, quelle est la proposition selon vous ?
Alors moi, la proposition, elle est très simple. Elle est très simple. Un, le Premier ministre ou la Première ministre, avant toute chose, on va voir ce qu'il va ressortir du rendez-vous avec Emmanuel Macron, mais en tout cas, la personne qui sera nommée Premier ministre, la première mission à laquelle elle doit s'acquitter, c'est réunir toutes les formations politiques du Bloc républicain. En leur expliquant, écoutez-moi bien les amis, on a beaucoup de divergences, on a même 100% de divergences. La preuve, vous venez tous avec des postulats de base. Oui, je veux, mais ça, ça, ça, avec 25 milliards de conditions. Ça ne fonctionne pas. C'est ce qu'on appelle la quadrature du cercle.
C'est-à-dire réunion des formations politiques, monsieur Brouillard. Des écologistes jusqu'à LR. Absolument. Parce que le RN n'est pas républicain ? Pour moi, le RN, c'est la ligne rouge. On exclut le RN. Bien. On exclut le RN. Et LFI aussi ? LFI s'exclut tout seul. C'est une autre ligne rouge pour vous ? Ils sont exclus. Est-ce que c'est pour vous une autre ligne rouge ?
C'est pas moi qui ai mis la ligne rouge pour Jean-Luc Mélenchon, c'est lui qui l'a mise. Il a expliqué qu'il voulait la démission de Macron pour anticiper une élection présidentielle pour qu'il puisse se présenter. À partir du moment où il a évoqué cette ligne rouge, pour moi, je ne suis pas du tout sur cette ligne. Je ne suis pas sur la ligne de faire démissionner le président. Moi, je suis un républicain. Le président de la République a été élu, qui poursuit son mandat. Maintenant, la question, c'est comment on arrive à la stabilité ? Donc, on réunit. On réunit. Vous avez LR, vous avez le PC, vous avez ELV, vous avez le PS, vous avez Ensemble, vous avez Horizon.
Les amis, on n'est pas d'accord. Est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur le fait qu'on ne soit pas d'accord ? Premier accord. Deuxième accord, est-ce qu'on peut se mettre d'accord que ce qui est au-dessus de tous nos désaccords, c'est l'intérêt suprême de la République et de la Nation ? Parce qu'il faut faire tourner un pays. Dans ces cas-là, qu'on se mette d'accord au minimum minimum sur un vote d'un budget, il n'y a pas de 49-3. Et on apporte de la stabilité jusqu'en 2027. Et, pour faire plaisir à certaines et certains, M. Bourdin, on va mettre un petit peu de proportionnel.
Et la petite proportionnelle, pour ceux qui ont peur pour leur circonscription, parce qu'ils sont adossés à la LFI, vous allez pouvoir vous émanciper. Et là, on apporte de la stabilité. Mais, et dernières conditions, et je terminerai là-dessus, pardonnez-moi, j'ai été un petit peu long dans mon explication, dans le gouvernement, ce sont des profils comme vous, M. Bourdin. Ce sont des personnes qui ne sont pas dépendantes d'un agenda politique, politicien, électoral, à court et moyen terme. Voilà ce que je propose. C'est très concret.
Donc, vous, vous êtes membre du Parti Socialiste. Si François Bayrou est fier de l'être, si François Bayrou est désigné Premier ministre par Emmanuel Macron, est-ce que le PS doit le censurer ? Ou s'engager à ne pas le censurer ?
Si, d'emblée, la posture du Parti Socialiste ou de tous les membres du NFP ou du Bloc républicain, c'est avoir un débat qui s'articulerait autour de la censure, ça serait, encore une fois, se perdre dans des postures politiciennes. Encore une fois, on a changé de paradigme.
On ne dit pas, on ne dit pas, on ne fait pas d'a priori. François Bayrou, Premier ministre, on ne dit pas tout de suite, on va le censurer.
Si on fait ça, ça serait la quintessence de la débilité et de l'irresponsabilité. Aujourd'hui, vous avez vu la situation dans laquelle on se trouve. Vous parlez avec les représentants des entrepreneurs, des entreprises, vous parlez avec les représentants des maires, les représentants des médecins, des enseignants. Ils se disent, mais où est-ce qu'on va ? Je vous donne un exemple très concret, mais vraiment très concret. Dans le projet de loi de finances, il y avait une épure budgétaire de moins 11 milliards pour les collectivités territoriales. Vous connaissez très bien comment ça se passe, vous êtes dans le réel, vous connaissez parfaitement les villes et les maires.
Bon, les budgets se votent la semaine prochaine, début janvier. Vous avez le trois quarts des collectivités territoriales qui ne savent même pas comment ils vont pouvoir boucler leur budget entre les fonds de soutien, le FCTVA, la TVA, les fonds verts. On est complètement perdus. Une ville comme la mienne, à Saint-Ouen, c'est potentiellement moins 4 millions de budget sur 130 millions de budget. Oui.
Karim Boimran, ni 49-3, ni censure, pas de dissolution avant l'élection présidentielle. Est-ce ce qui a été négocié dans la réunion de mardi ?
Je n'ai aucun retour sur ce qui a été négocié mardi. Ce que j'ai ressenti depuis dix jours, c'est beaucoup de, on va dire, non pas de contradictions, mais on ne sait pas trop sur quel pied danser. Pareil. Je suis PS. Je suis PS. J'y viens. J'adore mon parti. Je suis amoureux de mon parti. Et je suis fier de mon parti. Sauf que, pareil, moi j'aime bien, c'est pour ça que j'aime bien être chez vous. Moi j'aime bien quand on dit des choses. Oui. Sans ambiguïté. Si mon premier secrétaire, M. Fort, Olivier Fort, camarade Olivier, part sur une trajectoire qui est la suivante. Je veux, je veux être le premier ministre. Et je veux porter une partie dans mon gouvernement, les écologistes, le PC, etc.
Mais voilà mes conditions. Et voilà pourquoi cette proposition apporterait sérénité, apaisement pour le pays. Très bien. Là, on entame un débat. Sauf que là, on ne comprend rien. Au départ, c'est bloc républicain, pas républicain. On revient avec une liste de conditions. Vous savez, au bout d'un moment, quand vous venez avec 25, 50 conditions, c'est que vous ne voulez pas trouver de deal. Mais qu'on dise les choses. Qu'on dise les choses. On ne comprend rien. On a les changements de posture d'une partie du NFP, ELV, qui disent, au départ, on est prêt à négocier avec le bloc républicain, hors LR. Mais en fin de compte, on veut... Mais le NFP est mort. Franchement, Karim Boimran.
Le NFP est mort. C'est quoi le NFP ? Le NFP, c'est une belle coalition de circonstances qui nous donne la possibilité de gagner contre le RN. Le NFP a été, on va dire, la fin de la récré du NFP a été sifflée par Jean-Luc Mélenchon, qui, et M. Bompard, qui, dès le départ, avait dit, il n'y aura pas de primaire, il n'y a qu'un seul candidat pour nous à gauche, c'est celui de Jean-Luc Mélenchon. Donc à partir du moment où on impose un candidat, c'est la fin de la récré. – Le NFP est mort. – Pas mort. – Disparait. – Il a été acté comme mort. – Sa disparition a été actée. – Mort clinique à partir du moment où Jean-Luc Mélenchon l'a décidé.
– Est-ce que, soyons concrets, si... – Justement, je sais, j'aime bien. Est-ce qu'il faut garder Bruno Rotaillot à l'intérieur ?
– Franchement, M. Bourdain, ça, c'est pas à moi de décider. – Non, mais ce que vous en pensez. – S'il y a une personne sur le plan politique que je combats au niveau de ses valeurs, au niveau de sa prise de position, au niveau de ce qu'il incarne, c'est bien M. Rotaillot, avec sa énième loi sur l'immigration, avec ses déclarations qui ne sont pas dans l'apaisement, dans la sérénité, mais dans la fragmentation, dans le clivage. Et je pense qu'aujourd'hui, on l'a vu avec la Concorde Nationale, provoquée lors des Jeux Olympiques, ça serait bien qu'on change de paradigme au niveau politique.
Moi, j'en ai marre, c'est ce que je disais encore hier dans mon conseil municipal, j'en ai marre des postures où on cherche à monter les uns contre les autres, ceux qui vivent en région contre ceux qui vivent en métropole, ceux qui sont riches contre ceux qui sont pauvres, les blancs contre les noirs, les croyants contre les non-croyants.
– Il y a un besoin de sécurité. Vous, vous êtes maire à Saint-Ouen, vous imaginez bien que vous êtes confronté à tout cela. Il y a un vrai besoin de sécurité.
– Ah là, c'est un autre sujet, ça. Donc, le régalien, bien sûr qu'il faut du régalien, de la sécurité, bien sûr qu'il faut de la sécurité, de l'autorité, bien sûr qu'il faut de l'autorité, du civisme, du respect des institutions, la réappropriation de l'espace public, montrer qu'il n'y a rien qui est au-dessus de la République. – La sécurité, M. Bourdin, c'est une valeur de gauche. Toutes les personnes qui sont autour de cette table…
– Mais la gauche l'a oublié longtemps.
– Oui, par idéologie, par fausse interprétation idéologique, par pudibonderie, par parfois dérive gauchisante et par déconnexion avec le réel. Quand vous êtes maire, que ce soit d'un village ou que ce soit d'une ville comme Saint-Ouen, le fait de se sentir en sécurité, quelle que soit son origine sociale, quelle que soit son orientation sexuelle, son âge, c'est une priorité, non pas uniquement constitutionnelle, mais une priorité citoyenne et républicaine.
– Le PS menace d'exclure tous ses membres qui entreraient dans un gouvernement qui ne serait pas de gauche. Vous comprenez cette position extrême ?
– C'est pareil, c'est… Pourquoi on s'énerve comme ça ? Mais pourquoi on est dans le… On ne sait même pas qui est-ce qui va être nommé. On se fend d'un tweet comme cela, combinatoire. Attention, on est encore dans cette espèce de tribunal des consciences. Est-ce qu'un socialiste a sa place dans un gouvernement de droite ? Non. Est-ce qu'un socialiste, ça il serait de droite, est-ce qu'un socialiste doit être dans une logique de se compromettre dans un gouvernement qui prendra des mesures antisociales ? Non. Est-ce qu'un socialiste aujourd'hui a un rôle d'apaisement, d'apporter de la sérénité et de contribuer au sens de la responsabilité ?
– C'est un gouvernement de compromis, oui.
– Mais bien sûr. Mais bien sûr. Mais pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, au moment où je vous parle, vendredi 13 décembre, on n'est pas dans la même situation que fin août 2024. Les conséquences de la dissolution au niveau du produit intérieur brut, au niveau de la croissance, sont dévastatrices. Dévastatrices. Aujourd'hui, on est dans le flou. Le flou, non pas artistique, le flou économique, politique, géopolitique.
– Sur la réforme des retraites, est-ce qu'il faut abrouger absolument ou est-ce qu'une conférence sociale serait une bonne solution ?
– Une conférence sociale serait une bonne solution. Aujourd'hui, est-ce qu'on a la même ensemble, en marche, ex-en marche, ceux qui ont mis en avant cette réforme, en font comme une condition incontournable, indispensable, étant donné que c'est la marque de leur mandat. Le parti socialiste, mon parti, on a des éléments, on va dire, dits incompressibles. On se met autour de la table et on discute. On discute aussi avec les syndicats. Et on apporte de l'apaisement. On n'est pas dans une logique de, nous, la ligne rouge. Il n'y a que des lignes rouges. Il n'y a que des lignes rouges.
Donc, il y a eu des lignes rouges, ça ne devient non pas des lignes, ça devient des barbelés, ça devient un blocage. Et les victimes collatérales, ce sont les Françaises et les Français.
– Oui. Vous pourriez être candidat à l'élection présidentielle un jour, Karim Bouhman ?
– Je pense que quand on est responsable politique comme moi, ce sont des options qui sont dans le scope. Mais aujourd'hui, la personne qui vient chez Jean-Jacques Bourdin et qui dit « je suis candidat à l'élection présidentielle », comme ce fut le cas de certains, je dis « mais ils sont complètement à côté du film ». Aujourd'hui, mon enjeu, c'est, un, bien gérer mon mandat de maire, contribuer à la sortie de crise sans fausse modestie, mais avec l'humidité qui s'impose, et mettre toute mon énergie pour qu'arriver à un moment dans lequel nous nous trouvons, nous puissions éviter l'abîme et apporter de l'espoir et de l'espérance et faire cause commune.
– Vous servez le public aujourd'hui, Karim Bouhman, vous étiez dans le privé auparavant. – Vous pouvez juger des deux, en quelque sorte. Aujourd'hui, quel est le service que vous rendez à la population ? Qu'est-ce que vous cherchez ? Vous êtes maire de Saint-Ouen, c'est une ville, 60 000 habitants. Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, un département qui est en plein développement. On le dit parce que la Seine-Saint-Denis est stigmatisée à tort. Un département en plein développement. Qu'est-ce que vous apportez, qu'est-ce que vous voulez apporter à la population ?
– C'est une bonne question, ça. Qu'est-ce qui vous guide ? – Oui, qu'est-ce qui me guide, le driver, le sens. Moi, le premier élément, c'est très concret. J'aime bien revenir au basique de la politique, l'intérêt général, surtout quand on est élu. Déjà, contribuer à améliorer la vie des gens concrètement. Vous devez dire, ouais, d'accord, mais c'est ça. Déjà, on revient au basique. Deux, redonner de la fierté aux gens. Redonner de l'espoir aux gens. Nous, on est la génération intermédiaire. Je me dis, quand nos gamines et nos gamins nous croisent, se disent, bah tiens, j'ai de l'espoir, je suis fier d'être dans mon territoire, je suis fier d'être française et français.
Je suis fier de me dire, je peux être l'architecte de ma propre vie, c'est-à-dire choisir ma vie et pas la subir. Je suis fier de me dire, grâce à la puissance publique, je peux me soigner, je peux bénéficier d'une éducation de qualité. Je peux avoir un logement de qualité. Moi, je sais ce que c'est de ne pas avoir un logement de qualité quand j'étais enfant, c'était le cas. Je sais ce que c'est pouvoir bénéficier d'une éducation républicaine. Je sais ce que c'est pouvoir bénéficier d'une puissance publique qui nous apporte de la culture, des infrastructures sportives, et puis avoir écrit une histoire commune. Moi, c'est ça qui m'intéresse, c'est de me dire, bah tiens, un profil comme M.
Bourdin ou Karim Bouamran ou Chloé ou le petit Moussa, on arrive à faire cause commune et se retrouver autour de projets communs. Voilà ce qui me guide et rend les gens heureux.
J'ai une question qui va peut-être choquer. Est-ce qu'un Français d'origine maghrébine, comme vous, pourrait devenir président de la République ?
Non, c'est pas une question choquante, et je vous remercie de me poser la question. Je pense que oui, oui, oui. On me posait la question à l'époque, quand j'étais en 2017, on me posait la question, est-ce qu'un Français d'origine maghrébine, de confession musulmane, noir en plus, de couleur noire, avec une tête de cubain ou de dominicain ou de caraïbien, peut devenir maire de Saint-Ouen ? Vous savez, les Françaises et les Français sont quasiment le peuple les plus intelligents de la Terre, je le dis sans fausses idées patriotiques.
Oui, oui, oui, parce qu'à partir du moment où vous avez un projet clair, une vision claire, vous êtes alignés et vous contribuez, vous donnez de l'espoir et de l'espérance, la France... Vous avez été vous-même victime de racisme ? Pas ! Alors, est-ce que j'ai été victime en frontale ? Non, mais c'était plus du racisme sournois, mais comme du racisme pour mes amis qui viennent des Cévennes ou qui viennent de Bretagne ou qui viennent du Pays Basque, ou cette espèce d'arrogance, de mépris de classe, de mépris territorial, ce côté parfois des... On va dire la discrimination et le racisme sournois de classe. Il est plus fort que le racisme phénotype ou de religion.
C'est cette espèce, tu n'es pas du serail, où vous êtes obligés de travailler 4-5 fois... Tu sais, ça ? Encore ? Je le sens.
Même au sein du Parti Socialiste, dans la classe politique, il n'est pas du serail, il vient du privé, il est d'origine maghrébine, il est maire d'une ville de banlieue. D'origine maghrébine, pas trop.
En revanche, c'est... Maire d'une ville de banlieue ? Oui. Surtout d'un territoire péri, comme c'est le cas pour mes amis qui sont maires d'un petit village ou maires d'une ville de région. On ressent exactement le même sentiment de discrimination. Mais c'est ce qui fait notre force. On a une résilience, on a une détermination, et c'est ce qui fait de nous qu'on est amoureux de la République, et c'est ce qui fait de nous qu'on a une vision, non pas qui dérange, mais qui apporte de la fraîcheur et qui est alignée avec le réel. Parce que nous, on est dans le réel.
Lorsqu'on vient ici dans les studios, on discute, que ce soit avec Juliette, ou que ce soit avec ceux de l'accueil, ou que ce soit avec le chauffeur de taxi, on est dans le réel. On peut être en accord, en désaccord, mais on est dans le réel. On n'est pas déconnecté, on n'est pas en vase clos. Et ça, je pense qu'aujourd'hui, la classe politique française, comme la classe culturelle française, comme la classe dirigeante française, a besoin de ce coup de jus, ce coup de juice, comme dirait les anglo-saxons. Merci Karim Boimran d'être venu nous voir ce matin
sur l'antenne de Sud Radio. Il est 8h56. Patrick Roger, juste après les infos de 9h.