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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 14 septembre 2024 65 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeSolidarités & familleEurope & international

Tuée d’une balle perdue… Dans sa chambre #cdanslair Archives 2023

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 35 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Christophe Barbier, cette histoire-là, de cette jeune fille tuée alors qu'elle révisait, bouleverse la France.

  • 3:25OuverteRéponse directe

    En tout cas, elle était dans sa chambre. Et depuis quelques jours, on entend des reportages à Marseille des habitants du quartier qui disent...

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Violette Lazare, je disais ce que c'est nouveau. Et on parle de Marseille. En même temps, vous avez enquêté depuis de nombreuses années sur ces sujets-là. Et pas simplement à Marseille.

  • 8:22OuverteRéponse directe

    Son témoignage, je le disais, est bouleversant. La maman de Chokaina, 24 ans, raconte comment sa fille étudiante en droit a été frappée en pleine tête d'une rafale de Kalachnikov alors qu'elle révisait, on l'a dit, dans sa chambre, ne plus se sentir à l'abri des règlements de compte. Même à son domicile, l'affaire ébranle les Marseillais et Marseille qui a connu 90 fusillades depuis le début de l'année.

  • 11:52OuverteRéponse directe

    Comment reprendre le contrôle ? Emmanuel Macron avait pourtant misé sur un nouveau départ pour la ville il y a deux ans. 5 milliards d'euros, 330 policiers recrutés, forcés de constater que le chantier est loin d'être terminé.

  • 13:01OuverteRéponse directe

    Driss Aït-Yussef, pendant ce reportage, vous me disiez qu'on a quand même franchi un cap avec l'affaire de cette étudiante.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:50PrésentateurChiffre
    « À Marseille, depuis le début de l'année, on dénombre déjà 90 fusillades, 109 blessés et 44 morts. »
  • 10:03PrésentateurFait
    « Mardi, le ministre de l'Intérieur se rend sur place quelques semaines après avoir annoncé l'envoi d'effectifs supplémentaires. »
  • 10:20InvitéFait
    « Je pense à Jiptis, je pense à la paternelle, je pense aux campagnes nuls et peut-être, l'enquête nous le dira, que les trafiquants cherchent d'autres endroits à s'implanter. »
  • 13:40PrésentateurFait
    « Calibre de 7,62, on a bien vu quand ça passe, quand ça pénètre, vous la prenez en pleine tête, vous êtes complètement défiguré. »
  • 13:55PrésentateurFait
    « Ce sont évidemment souvent soit des guetteurs ou des jeunes qui sont attroupés dans un hall d'immeuble justement parce que l'objectif, ce n'est pas toujours de reprendre le point de deal, ce n'est pas l'appropriation et c'est quelquefois l'intimidation. »
  • 18:44PrésentateurFait
    « Par exemple, pour la cocaïne, personne ne gère la production de la matière base en Amérique du Sud, l'acheminement, le fait de raffiner cette matière base et ensuite la distribution au consommateur final. »
  • 24:26Locuteur non identifiéChiffre
    « 35% de saisis en plus dit le ministre de l'Intérieur en termes d'armes depuis qu'il a déclenché son offensive. »
  • 26:35PrésentateurChiffre
    « Le prix a été divisé par 10 ? Oui, vous avez une Kalashnikov entre 300 et 350 euros parce que vous avez un stock d'armes disponible aujourd'hui mais qui est extrêmement conséquent. »
  • 27:29PrésentateurFait
    « Sur les durées de garde à vue, sur les jugements également, sur les procès, les procès sont organisés avec des magistrats spécialisés et non pas des jurés populaires. »
  • 28:43PrésentateurFait
    « Il y a un débat en France il y a ce discours-là qui est un discours de fermeté et puis il y a d'autres forces politiques qui considèrent qu'on n'y arrivera pas et qu'il faut aller vers une dépénalisation. »
  • 31:25PrésentateurFait
    « Les Pays-Bas ont dépénalisé le cannabis. Les Pays-Bas aujourd'hui sont avec la Belgique les deux pays d'Europe qui sont sous la coupe de ce qu'on appelle la mochromafia avec des personnalités menacées ministres familles royales journalistes tués repentis tués enfin on est quand même à un niveau de violence qu'on n'a absolument pas nous en France. »
  • 30:53PrésentateurFait
    « ils restent tous le même constat. Ils sont unanimes là-dessus. C'est-à-dire que c'est un pas vers pour eux c'est vraiment le pas à ne pas faire. »
  • 31:21PrésentateurFait
    « Ce n'est pas un moyen de tarir un trafic. Non. Ils prennent tous l'exemple des Pays-Bas. Les Pays-Bas ont dépénalisé le cannabis. Les Pays-Bas aujourd'hui sont avec la Belgique les deux pays d'Europe qui sont sous la coupe de ce qu'on appelle la mochromafia avec des personnalités menacées ministres familles royales journalistes tués repentis tués enfin on est quand même à un niveau de violence qu'on n'a absolument pas nous en France »
  • 32:00PrésentateurFait
    « Oui vous avez je crois un pays d'Amérique latine qui a effectivement dépénalisé les conséquences sont désastreuses et là effectivement quand vous regardez effectivement sur les Pays-Bas on est passé sur un autre trafic qui est le trafic de cocaïne on a même le plus gros trafiquant des Pays-Bas qui s'amusait à échanger de la cocaïne contre du cannabis donc c'est juste pour vous donner un petit peu le schéma on sait que après sur les problématiques sanitaires si vous le faites il faut maîtriser la production la distribution ce qui est extrêmement compliqué et que par ailleurs vous allez toujours avoir un public qui va être obligé de se réorienter effectivement pour faire un business donc ça pour moi ça ne produit aucun effet »
  • 32:39Locuteur non identifiéFait
    « c'est les deux arguments que met en avant Gérald Darmanin contre la dépénalisation c'est de dire les trafiquants ne deviendront pas des tenanciers des shops légaux qui payent leurs ursafs et leur téléa ils resteront des trafiquants ils iront vers des drogues plus dures et puis il met en avant aussi un argument plus sanitaire c'est que si l'état organisait une vente légale de cannabis ça serait forcément un cannabis doux avec des taux de THC assez faibles et ce cannabis qui circule en ce moment qui s'est beaucoup développé c'est un produit beaucoup plus fort et donc on ne ramènerait pas vers le cannabis légal des drogués qui auraient besoin d'un cannabis plus fort »
  • 33:39Locuteur non identifiéFait
    « mais le président a usé d'un mot pour rassembler un peu tous ces faits divers que Jérôme Fourquet lui avait soufflé c'est la décivilisation cette espèce d'attaque sauvage longue dans la rue sans motivation concrète visible connu ça donne l'impression oui qu'on est revenu à un certain âge de barbarie et évidemment ça saisit les opinions et ça donne aussi l'impression qu'on est à l'abri de nulle part ni dans sa chambre quand on est une étudiante modèle ni dans la rue quand on est une passante innocente personne n'est en sécurité nulle part alors il faut essayer de résister à l'idée de ce fantasme du retour à un âge de pierre ou à ce qu'étaient les bandits de grand chemin quand on n'avait même pas d'éclairage dans les rues des villes de France et encore moins dans les forêts il faut essayer de regarder cas par cas tous les problèmes que ça pose on sait qu'on a vis-à-vis de certains migrants traumatisés par leur parcours de leur pays d'origine jusqu'ici livrés à eux-mêmes dans la rue souvent quand ils arrivent dans des pays européens on a un problème psychiatrique qui s'ajoute évidemment parfois à des problèmes de drogue qui sont parfois drogués et puis à une violence inhérente à ce qu'est la vie de la rue c'est ça qu'il faut traiter en ne donnant pas l'impression que c'est l'espèce humaine qui est en train de régresser et que face à une barbarie on a développé une autre barbarie qui serait l'autodéfense et ça c'est un débat qui va montrer c'est le risque c'est l'autodéfense c'est se protéger soi-même à un modèle far west et se faire justice soi-même quand on est victime ou quand un proche est victime »
  • 34:58PrésentateurFait
    « parce que la population attend ça sur le terrain que ces personnes là ceux dont on parlait depuis le début de l'émission soient sorties de ces quartiers là beaucoup d'élus le disent et on l'a encore vu deux familles à Besançon deux familles sur le trafic de drogue souvent sur les troubles ces quelques individus mais qui font régner une sorte de terreur et qui se protègent aussi parfois en usant des armes de droit des appels etc parfois aussi en ayant recours à la corruption ça a existé il y a eu des affaires aussi donc il faut faire attention à cela on a vu des élus d'une ville de nord de Paris être accusés d'être en fait le relais des familles à la fois à moitié terrorisées puis à moitié embarquées dans une forme de corruption c'est très inquiétant aussi »
  • 36:55InvitéFait
    « Condamnation égale expulsion ça ne me gêne pas »
  • 37:13InvitéFait
    « Objet fermeté systématique envers les délinquants auteurs de violences urbaines nous vous demandons de mobiliser tous les outils prévus par la loi pour expulser les délinquants des logements sociaux qu'ils occupent expulser les délinquants et leurs familles »
  • 37:32InvitéFait
    « c'est le condamné qui a une responsabilité vis-à-vis de ses frères et sœurs si vous voulez que je vous dise ce que je pense quand on a des frères et des sœurs dont on doit s'occuper on a une responsabilité de rester dans le cadre de la loi et non pas d'aller piller brûler des magasins »
  • 37:55InvitéFait
    « expulsion de son logement social d'un émeutier ce jour le préfet a fait procéder à l'expulsion locative de l'ensemble des occupants du logement social où il résidait »
  • 38:14InvitéFait
    « si un homme est condamné il doit bien sûr purger sa peine mais sa famille elle est innocente et or elle se voit là punie pour des faits qu'elle n'a pas commis c'est une dérive grave c'est le retour aux punitions collectives ces ruptures avec un principe fondamental l'individualisation des peines et ça participe d'un climat assez détestable de mise en scène de surenchère répressive qui ne participe pas à apaiser le climat dans le pays »
  • 38:51InvitéFait
    « la maman qui a deux boulots qui court de Paris à on va dire à Créteil pour aller courir gauche à droite pour amener le minimum de confort pour la maison elle n'a pas le temps dans les maisons ça se passe bien déjà on voit qu'il y a la promiscuité il manque des pièces les enfants ils ne peuvent pas rester chez eux ils sont tout le temps dehors donc dans ce cas l'Etat ne peut pas dire aux parents de venir payer ce que les enfants ils ont fait parce qu'eux-mêmes qu'est-ce qu'ils ont fait pour nos enfants »
  • 41:06Locuteur non identifiéFait
    « c'est que l'état de droit c'est compliqué c'est que quand vous respectez toutes les règles que vous considérez que certaines choses doivent être décidées par la justice et pas par un coup de menton d'un ministre ou d'un préfet ça prend du temps ça mobilise des fonctionnaires et pendant ce temps là les délinquants avancent ils disparaissent ils changent ils rusent ils font des appels et que finalement la guerre d'usure ils peuvent la gagner quand on voit le nombre de gens qui peuvent être concernés puis le résultat le temps que ça prend avec pendant ce temps là une population de ces quartiers qui est toujours ennuyée on se dit qu'il faut changer de méthode mais changer de méthode pour passer à l'arbitraire c'est une défaite pour la démocratie l'état de droit c'est la grandeur de la démocratie donc il faut réussir à rester dans l'état de droit tout en allant beaucoup plus vite en étant beaucoup plus efficace ça doit être possible ça doit être possible il faut réfléchir à quel texte de loi on peut faire voter »
  • 41:51Locuteur non identifiéFait
    « ça fait longtemps qu'on réfléchit oui mais il y a eu cet été après les émeutes des flagrants délits il y a eu des comparutions rapides il y a eu un taux très élevé de condamnations la justice a su faire preuve de rapidité pourquoi derrière l'administration sur la base de ces condamnations ne pourrait pas dire on va instruire votre dossier aussi par rapport à votre bail les troubles à l'ordre public les nuisances sont constatées on va regarder s'il n'y a pas en plus un défaut de paiement et l'expulsion va être très rapide voilà l'expulsion qui souvent oblige le préfet c'est là qu'il intervient à mobiliser les forces de l'ordre parce que les expulsés l'exécution du droit qui légitime l'état de droit parce qu'un état de droit qui arrive après la bataille et finalement il est rejeté par la population la population va dire la prochaine fois je sais pour qui je vais voter je vais voter pour des gens qui me proposeront des solutions brutales exorbitantes du droit que vous nous proposez mais qui me rendront au service parce que la population attend ça sur le terrain que ces personnes là ceux dont on parlait depuis le début de l'émission soient sorties de ces quartiers là beaucoup d'élus le disent et on l'a encore vu deux familles à Besançon deux familles sur le trafic de drogue souvent sur les troubles ces quelques individus mais qui font régner une sorte de terreur et qui se protègent aussi parfois en usant des armes de droit des appels etc parfois aussi en ayant recours à la corruption ça a existé il y a eu des affaires aussi donc il faut faire attention à cela on a vu des élus d'une ville de nord de Paris être accusés d'être en fait le relais des familles à la fois à moitié terrorisées puis à moitié embarquées dans une forme de corruption c'est très inquiétant aussi »
  • 47:21Locuteur non identifiéFait
    « le président du Sénat va présenter par l'entremise d'une de ses proches une proposition de loi au début du mois d'octobre pour donner au maire un plus grand contrôle sur l'attribution des logements sociaux l'attribution et la désattribution on va voir si le gouvernement se rallie à cette proposition de loi qui vient de la droite mais ça pourrait changer la donne parce que là vous n'auriez pas besoin d'une décision judiciaire elle est automatique ce que ça fait partie des outils qui vont se considérer comme utiles pour lutter contre les trafics qui gangrènent certains quartiers on voyait encore ce reportage où les gens ne pouvaient pas rentrer chez eux est-ce qu'à votre avis ça fait partie des outils qui sont utiles qui peuvent faire bouger les choses s'ils sont appliqués oui parce que je pense qu'on va lutter contre le sentiment d'impunité des voisins qui voient le voisin le gamin en train de dealer en train de foutre le bordel et puis rien faire avec l'idée que le choix du gouvernement au moment des émeutes alors c'est pas exactement le même sujet mais c'était aussi l'idée de surveiller vos enfants est-ce que c'est aussi le message que peut-être le ministre de l'Intérieur envoie aux parents la responsabilisation des parents c'est un des chantiers du gouvernement après c'est très compliqué c'est très compliqué parce que quand on dit parents on pense à un père une mère qui ont des autorités sur des jeunes enfants quand vous vous retrouvez avec une mère célibataire qui a des grands adolescents qui peut être elle la titulaire du bail et voir son appartement utilisé par ses enfants pour des bases de trafic est-ce que la punir sera vraiment très utile là on rejoint une forme d'injustice sociale ajoutée à la délinquance il faut que ce soit répétitif il faut que ça puisse être appliqué exactement si vous faites une fois une soirée chez vous on ne va pas vous expulser si vous faites tous les soirs la fête pendant 6 mois là effectivement on peut demander une résiliation alors en tout cas c'est une histoire qui a bouleversé les américains trois ados morts dans une voiture avant la remise de leur diplôme ça s'est passé dans le Tennessee ils avaient pris une drogue 50 fois plus puissante que l'héroïne le fentanyl le sujet est tellement pris au sérieux que les états unis ont organisé récemment une réunion avec 90 pays pour lutter contre ce fléau »
  • 49:06PrésentateurFait
    « le sujet est tellement pris au sérieux que les états unis ont organisé récemment une réunion avec 90 pays pour lutter contre ce fléau »
  • 49:34InvitéFait
    « une drogue de synthèse bon marché 50 fois plus puissante que l'héroïne qui tue une personne toutes les 7 minutes dans le pays c'est la première cause d'overdoses outre-Atlantique »
  • 1:00:46Locuteur non identifiéFait
    « c'était beaucoup la république tchèque qui servait de plateforme après la chute de l'empire soviétique maintenant on voit avec en effet l'Ukraine qu'il y a une plateforme qui a un grand marché des armes et puis le numérique aussi a apporté une facilité à savoir où et comment on pouvait le deep net permet aussi y compris pour faire du trafic »
  • 1:00:23PrésentateurFait
    « c'est une arme extrêmement puissante »
  • 1:00:46Locuteur non identifiéFait
    « c'était beaucoup la république tchèque qui servait de plateforme »
  • 1:00:52Locuteur non identifiéFait
    « qu'il y a une plateforme qui a un grand marché des armes »
  • 1:01:10Locuteur non identifiéFait
    « un phénomène de société que le confinement n'avait pas gêné »
  • 1:01:51Locuteur non identifiéFait
    « ils le sont un peu s'ils n'avaient pas l'économie de la drogue »
  • 1:02:10PrésentateurFait
    « ils ne gagnent pas grand-chose »
  • 1:03:10Locuteur non identifiéFait
    « on délègue à la police et à la justice cette responsabilité »
  • 1:03:55PrésentateurFait
    « vous avez des mamans qui commencent à s'élever notamment à Nîmes »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Locuteur non identifié17 %
  • Invité6 %
  • Invité 22 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Une jeune fille de 24 ans, tuée d'une balle en pleine tête chez elle, à Marseille, dans sa chambre au troisième étage, alors qu'elle révisait ses cours de droit. Une balle perdue d'une rafale de Kalachnikov en bas dans sa rue. Depuis dimanche, les larmes de sa mère et la révolte des habitants du quartier laissent place à l'incompréhension. La pression sur le ministre de l'Intérieur est de plus en plus forte. En août dernier, à Nîmes, déjà faillait 10 ans, avait été une victime collatérale d'un règlement de compte.

Des petits trafiquants surarmés, une extrême violence qui s'exerce en plein jour, y compris, vous le verrez dans cette émission, dans des villes jusque-là épargnées. Comment vont réagir les habitants de Marseille s'ils ne sont plus à l'abri chez eux ? Quelle peut être la réponse politique face à la flambée de violence des dealers ? Y a-t-il des outils que peut utiliser le ministre de l'Intérieur pour lutter contre les trafiquants ? Tuée d'une balle perdue dans sa chambre, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur. Avec nous ce soir, Driss Aït Youssef.

Vous êtes docteur en droit public, spécialiste des questions de sécurité globale. Clotilde Violette Lazard est avec nous ce soir. Vous êtes journaliste au service Enquête à l'Obs. Vous enquêtez depuis de nombreuses années sur les violences liées au trafic, notamment à Marseille. Et vous nous expliquerez ce soir que, je le disais à l'instant, que d'autres villes sont désormais concernées. Enfin, Clotilde Champerach, vous êtes économiste et criminologue au CNAM, au Conservatoire National des Arts et Métiers, au Pôle Sécurité, Défense et Renseignement. Citons votre livre « Géopolitique des mafias » aux éditions du Cavalier Bleu. Bonsoir à tous les quatre.

Merci de participer à ce « C'est dans l'air » en direct. Les faits divers se succèdent. Et puis, il y en a qui touchent plus les Français, qui prennent davantage, on va le dire comme ça, dans les médias. Christophe Barbier. Cette histoire-là, de cette jeune fille tuée alors qu'elle révisait, bouleverse la France.

1:59
Locuteur non identifié

Ah oui, je pense qu'elle a une force supérieure à tous les autres tragiques faits divers de victimes collatérales que vous avez décrites. Pour deux raisons. D'abord, c'est le drame humain le plus absolu, cette mère qui perd son enfant, sur laquelle il y avait tant d'espoir. Et puis, je crois que c'est aussi un symbole sociologique. C'est que cette jeune fille représentait le meilleur de ces quartiers, de ces banlieues, de cette France, qui est dans une situation économique et sociale difficile, et qui a encore confiance dans l'école républicaine, dans les études pour s'en sortir.

Elle incarnait l'ascension sociale possible qui ferait passer de la génération de sa mère à elle, un sceau à sa famille. Et elle était engagée dans ses études pour ça. Et c'est cette trajectoire-là qui est brisée par le pire de la banlieue. C'est-à-dire des criminels qui, non seulement, ont organisé un trafic illégal, un trafic de stupéfiants, mais y ajoutent une sorte de mainmise criminelle, mafieuse, sur un quartier où ils sont les maîtres, en fait. Et une troisième couche d'horreur, ils tirent au hasard, sans doute, sur des façades avec des armes de guerre. On ne sait trop pourquoi, soit pour faire régner un climat de terreur, soit parce qu'ils étaient dans une espèce de course-poursuite.

Donc on est à l'étage supérieur, une forme de crime qui nous déborde, qui déborde les forces de l'ordre républicaines. Donc vous avez d'un côté l'échec de la République qui n'aura pas su protéger cette jeune fille et la mener vers son rêve d'ascension, et de l'autre l'échec de la République qui ne sait pas mettre hors d'état de nuire ces individus qui, pour l'instant, n'ont pas été arrêtés.

3:19
Présentateur

Avec cet élément qui est nouveau, alors peut-être que vous allez nous raconter ce qui se passe sur le terrain depuis des années, peut-être que je me trompe que ce n'est pas nouveau. En tout cas, elle était dans sa chambre. Et depuis quelques jours, on entend des reportages à Marseille des habitants du quartier qui disent « J'ai dû déménager la chambre de mon fils, je préfère moi prendre une balle que ce soit lui, puisqu'au fond, ces cloisons ne nous protègent pas des tirs de Kalachnikov. » Oui, c'est ça.

En plus, quelquefois, de l'habitat insalubre, c'est que les habitants de ces quartiers se passent régulièrement le message ne pas sortir le soir, raser les murs, éviter de passer à côté d'une bande de jeunes pour éviter effectivement d'être pris pour cible. Et là, on voit bien que cette jeune fille est prise à parfum. Elle est tuée dans son domicile, là où le domicile est une sphère privée. Et donc là, c'est évidemment l'étage supérieur dans l'inquiétude des habitants, avec en face une réponse étatique qui ne correspond pas à leurs attentes, qui est au moins d'assurer la sécurité des habitants lorsqu'ils sont chez eux. Oui. Violette Lazare, je disais ce que c'est nouveau.

Et on parle de Marseille. En même temps, vous avez enquêté depuis de nombreuses années sur ces sujets-là. Et pas simplement à Marseille. Et cette histoire-là vous a fait penser à ce qui s'est passé pour une dame à Besançon qui était chez elle et qui a failli prendre une balle. Oui. Alors, on ne va pas dire que ça a toujours été comme ça. Ce n'est pas vrai. Le niveau de violence augmente, la circulation des armes augmente. Donc, c'est en augmentation et ce qui s'est passé le montre.

Après, ce que je constate aussi, moi, en me rendant quand même assez souvent sur le terrain, et puis je vais à Marseille sur ces sujets-là depuis, je pense que mon premier reportage était il y a 15 ou 17 ans, à peu près, je pense que c'était il y a 15 ans, et on disait déjà qu'on est à un niveau de violence inégalé. Mais en fait, ça augmente, ça augmente. Ça ne veut pas dire que je ne relativise pas du tout ce qui se passe aujourd'hui. Et au niveau des victimes, ce qu'on appelle les victimes collatérales, bon, c'est un terme qui est assez... Enfin, je ne sais pas si ça correspond vraiment, mais en tout cas, bon, c'est des victimes de cette guerre pour le trafic de drogue.

Moi, j'étais à Besançon, c'était au mois de février de l'année dernière, parce que comme ça, on ne dirait pas que Besançon, c'est une ville qui est gangrénée par le trafic de stupes. Mais si, Besançon est une ville qui est gangrénée par le trafic de stupes. Il y a une cité à côté de Besançon, une cité, un quartier qui s'appelle Planoise, qui est une cité qui est très calme, comme ça, en apparence. Mais il y a deux familles, il y a deux points de deal et il y a une guerre entre ces deux familles qui fait qu'il y a un nombre de morts hallucinant et dans des conditions... avec une violence, mais... Des exécutions à genoux dans les bois, c'est ce que vous racontez.

Des exécutions à genoux dans les bois, dans la forêt, enfin, je veux dire, c'est des trucs qu'on voit dans les séries, qu'on se dit, ça se passe en Amérique du Sud, à la limite, mais ça ne se passe pas à Besançon, ça ne se passe pas dans la forêt qui est à côté de Planoise.

Et à Planoise, quand je suis allée en reportage, du coup, dans la cité, enfin, dans le quartier, on me dit, oui, il y a eu une dame, il y a eu une fusillade, en fait, en bas d'un immeuble, à un endroit où il y avait des points de deal, il y a une dame qui était aux toilettes à ce moment-là, elle a entendu des tirs, elle ne s'est pas vraiment rendu compte de ce qui se passait et, en fait, il y a une balle qui s'est fichée au-dessus de sa tête, dans son mur, qui a été constatée après par les enquêteurs parce qu'elle était assez âgée, elle ne s'en est pas rendue compte.

Et donc, en fait, quand on entend ça, ce qui s'est passé à Marseille, c'est choquant, c'est révoltant, mais quand on travaille sur ce sujet-là, c'est, malheureusement, c'est absolument pas étonnant. Et ce qu'on m'expliquait, à la fois les policiers et les magistrats, c'est qu'en fait, les kalachnikovs circulent, elles sont utilisées par des hommes qui sont de plus en plus jeunes, 14, 15, 16 ans, et en fait, tirer avec une kalachnikov, malheureusement, ça s'apprend, en fait, on ne tire pas avec une kalachnikov comme ça. Et donc, il y a un mouvement qui fait qu'au lieu de tirer sur les personnes sur lesquelles ils veulent tirer, ça rafale.

Et donc, en fait, il y a des balles qui partent dans les fenêtres des gens, il y a des balles qui partent dans les façades, et il se passe, parce que la conséquence, c'est ce qui s'est passé là, à Marseille. Et Clotilde Champérache, les Français ont entendu la détresse de sa maman, évidemment, à cette jeune étudiante de 24 ans, qui l'a trouvée défigurée dans une mare de sang, dans sa chambre, encore une fois, alors qu'elle était en train de réviser son droit. Et elle disait, qu'elle était plus protégée dans son quartier. Alors, actuellement, en Europe, on assiste effectivement à une explosion de la violence liée à ces trafics de stupéfiants.

Il n'y a pas que la France qui est touchée, pas que Marseille. Effectivement, on a aussi une montée en puissance de la consommation de ces stupéfiants, ce qui va alimenter cette violence, parce qu'autant en amont, là où on va commercer, en gros, les stupéfiants, on a une paix criminelle qui est assez impressionnante, c'est-à-dire qui négocie entre eux. Ils coopèrent pour acheminer des quantités massives de drogue, mais ensuite, c'est au niveau de la distribution de détails aux consommateurs final que là, c'est des petites bandes et non pas des grandes organisations criminelles qui gèrent les choses. Ces petites bandes, elles contrôlent un territoire et remettent en cause.

Parfois même, le démantèlement d'un point de deal va favoriser des règlements de compte parce qu'on va essayer de le reconstruire ailleurs, empiéter sur le territoire d'un autre. Et ça, ça va favoriser une montée en puissance de cette violence. Et ça, nous allons y revenir naturellement au cours de cette émission. Son témoignage, je le disais, est bouleversant. La maman de Chokaina, 24 ans, raconte comment sa fille étudiante en droit a été frappée en pleine tête d'une rafale de Kalachnikov alors qu'elle révisait, on l'a dit, dans sa chambre, ne plus se sentir à l'abri des règlements de compte.

Même à son domicile, l'affaire ébranle les Marseillais et Marseille qui a connu 90 fusillades depuis le début de l'année. Aubry Perrault et Nicolas Baudry-Dasson.

8:42
Invité

Les mots d'une mère

9:07
Présentateur

encore choquée. Sa fille Sokaina avait 24 ans et l'avenir devant elle. Dimanche soir, cette étudiante en droit révisait dans sa chambre, dans le 10e arrondissement de Marseille, lorsqu'elle reçoit une balle dans la tête. La jeune femme a été victime d'une rafale de Kalachnikov tirée dans la rue par deux hommes à scooter, probablement des trafiquants de drogue.

9:31
Invité

J'arrive, je me dis ça, tirer de partout. Mais pour quelle raison ? Deux morceaux de chit ? Vous rendez compte, c'est un peu chit ? 20 ans. Mais moi, je suis le frère, je fais une révolution.

9:42
Présentateur

Une victime collatérale des violences liées au trafic de stupéfiants, une de plus. À Marseille, depuis le début de l'année, on dénombre déjà 90 fusillades, 109 blessés et 44 morts. Mardi, le ministre de l'Intérieur se rend sur place quelques semaines après avoir annoncé l'envoi d'effectifs supplémentaires.

10:06
Invité

Incontestablement, manifestement, il s'agit d'une victime collatérale, de règlement de compte ou de reconquête ou de conquête de points d'île dans un quartier qui n'est pas le plus criminogène de la ville et dont on voit que sans doute c'est l'effet du travail très important que fait la police d'éradication de points d'île. Je pense à Jiptis, je pense à la paternelle, je pense aux campagnes nuls et peut-être, l'enquête nous le dira, que les trafiquants cherchent d'autres endroits à s'implanter.

10:34
Présentateur

Car dans la deuxième ville de France, le trafic se répand partout. Les quartiers nord, connus bien au-delà de la cité fosséenne, ne sont plus les seuls à faire les gros titres. Avec ces dernières semaines des morts jusque dans le dixième et le deuxième arrondissement, la procureure de Marseille parle désormais de narcomicide, contraction de narcotrafic et d'homicide. Les victimes sont vraiment simplement des gens qui sont sur des points de stupéfiants et qui ne sont pas visés pour leur participation spécifique au trafic. Mais parce qu'ils sont là, simplement. Des morts au hasard. Les habitants au cœur des cités marseillaises décrivent aussi une angoisse permanente.

Les trafiquants de drogue auraient imposé un mode de vie. Contrôle à l'entrée du quartier avec des barrages filtrants et en bas des immeubles pour entrer et sortir de chez soi.

11:27
Locuteur

Bonjour.

11:28
Invité

Je viens.

11:29
Présentateur

Cette locataire se dit épuisée. Sa voix a été remplacée.

11:35
Invité

On frappe à la porte

11:36
Présentateur

et ils nous répondent. On arrive et on attend. Ça m'est arrivé d'attendre une demi-heure. On ne peut pas avoir de discussion avec eux. Si on les dénonce ou si on leur dit quelque chose, ils nous frappent. C'est ce qu'ils disent. C'est eux qui gèrent les HLM. Comment reprendre le contrôle ? Emmanuel Macron avait pourtant misé sur un nouveau départ pour la ville il y a deux ans. 5 milliards d'euros, 330 policiers recrutés, forcés de constater que le chantier est loin d'être terminé. Le président pointe, lui, les consommateurs de drogue.

12:08
Invité

Mais on ne peut pas déplorer les enfants qui sont tués dans les quartiers. L'économie et la violence qui va avec les stups et glorifier la consommation récréative des stupéfiants. S'il y a plus de commerce, c'est qu'il y a plus de clients.

12:22
Présentateur

Mais pour le maire de Marseille, le problème dépasse désormais largement les frontières de sa ville.

12:28
Invité

Il faut remonter les réseaux mafieux parce que les chefs ne sont pas à Marseille. À Marseille, on pourra s'amuser tous les jours à couper une tentacule de la puèvre. Il faut lui couper la tête. La tête, elle n'est plus à Marseille. Il faut aller les chercher là où ils sont et les traquer là où ils sont.

12:44
Présentateur

Le week-end prochain, Emmanuel Macron doit assister à la messe du pape donnée au vélo de Rome. Il se murmure déjà que le président pourrait rester un peu plus longtemps pour tenter de redonner de la crédibilité à son plan Marseille en grand. Driss Aït-Yussef, pendant ce reportage, vous me disiez qu'on a quand même franchi un cap avec l'affaire de cette étudiante. Oui, parce que c'est vrai que quand on prenait il y a 10 ou 15 ans, on se souvient, on a tous à peu près en mémoire l'assassinat de Francis le Belge à Paris. C'était un assassinat avec un 11-43, donc un pistolet automatique qui n'est pas un fusil mitrailleur.

C'était un assassinat plutôt bien organisé avec des rivaux mais plutôt bien formés, des gens expérimentés. Aujourd'hui, on a la plupart des règlements de compte, on l'a dit, on le verra plus tard, ce sont des jeunes qui manipulent des armes de guerre qui sont... AK-47 est une arme de guerre extrêmement efficace mais elle est réputée être imprécise avec des calibres de 7,62. Calibre de 7,62, on a bien vu quand ça passe, quand ça pénètre, vous la prenez en pleine tête, vous êtes complètement défiguré. Ensuite, la cible, ce n'est plus effectivement la tête de réseau qui se cache en Asie ou qui se cache en Espagne ou au Maghreb.

Ce sont évidemment souvent soit des guetteurs ou des jeunes qui sont attroupés dans un hall d'immeuble justement parce que l'objectif, ce n'est pas toujours de reprendre le point de deal, ce n'est pas l'appropriation et c'est quelquefois l'intimidation. Et l'intimidation, c'est aussi d'exploser le point de deal pour effectivement mobiliser les policiers pour la surveillance, etc., de sorte à récupérer ce point de deal par le transfert de clients. Donc, les modes opératoires, ils ont également évolué. C'est terminé où on allait chercher la tête qui est aujourd'hui même plus en France.

Là, on ne sait même pas s'ils allaient jeter d'un règlement de compte ou ils étaient juste venus pour tirer la calachnicove. Intimidation. Tout à fait, mais c'est ce qui s'est passé à Nîmes. On ne sait pas si l'individu qui a sorti sa calachnicove et qui a tiré sur le véhicule ayant touché et tué le petit Fayette de 10 ans, on ne sait pas si évidemment il était arrivé pour un règlement de compte. Ils sont beaucoup moins préparés qu'ils ne l'étaient auparavant. Ils sont beaucoup moins préparés et moins formés. Benoît Payan, maire de Marseille, qu'on a entendu à l'instant, dit qu'il faut couper la tête des réseaux, elle n'est plus à Marseille. Il reste quand même du monde à Marseille.

On les connaît, il y a deux clans qui se font face, ils ont des noms Yoda contre des aides mafias et qui se font que c'est libre à une guerre dans les rues de Marseille. Oui, mais si vous voulez, ça c'est ce qu'on voit, c'est le côté immergé de l'iceberg. Oui, il y a des points de deal, oui, il y a des acheteurs, des vendeurs, les guetteurs, etc. Ok, mais ces points de deal, ils rapportent énormément d'argent. On n'est pas capable aujourd'hui de l'évaluer. Les sommes, elles donneraient le tournis à n'importe qui. Du coup, on n'est même pas capable. Cet argent, il va bien quelque part. Il ne reste pas en France, il va à l'étranger. L'argent, il est blanchi à l'étranger.

Les têtes de réseau, ça fait bien longtemps qu'elles ne sont plus à Marseille dans leur cité et elles ne sont même pas dans des villas sur la Côte d'Azur. On le sait, elles sont au Maroc, elles sont en Algérie et elles sont à Dubaï. Quand il dit ça, Benoît Payan, il dit, ok, la technique du harcèlement, harceler les réseaux, qui est la politique de Darmanin, en tout cas, une des branches les plus importantes de la politique de Darmanin, c'est bien, mais on harcèle un réseau, on harcèle un point de deal, il est démantelé pendant 10 jours. Mais 10 jours après, il revient.

Et on ne peut pas mettre des policiers 24h sur 24 pour dire, ce point de deal, il ne va jamais réapparaître, ce n'est pas possible. Donc ce qu'il faut, c'est quoi ? C'est aussi, alors ce... Voilà. À mon avis, quand on voit le reportage, pardonnez-moi, je vous coupe, mais quand on voit le reportage des gens qui ne peuvent pas rentrer chez eux parce qu'en bas, dans leur hall d'immeuble, il y a un point de deal et qu'ils attendent 30 minutes pour rentrer chez eux, je pense qu'ils ont envie d'avoir arrivé de temps en temps des gens, des policiers. Là-dessus, on est tous d'accord là-dessus, mais quelle est la meilleure technique de le démanteler, ce point de deal ?

Est-ce que ce n'est pas d'aller chercher les têtes de réseau qui blanchissent l'argent et qui le réinvestissent ensuite dans l'économie légale, qui sont basés à Dubaï ? Est-ce qu'il ne faudrait pas aussi une meilleure coopération policière, judiciaire avec ces pays-là, que les chefs de réseau soient arrêtés, neutralisés, extradés ? On essaie de le faire ou pas ? C'est aussi une manière de faire fermer ce point de deal. Je ne dis pas du tout que ce point de deal, il ne faut rien faire. Mais là, pour le coup, faire ça, c'est énormément d'énergie, énormément de troupes, d'effectifs, et les effectifs de la police y sont limités, pour un résultat qui, en fait, n'est pas probant.

Vous connaissez parfaitement ce sujet, je le précise, ça fait 20 ans que vous enquêtez dans ces quartiers et vous les connaissez bien. Yolande vous pose cette question. On a l'impression qu'on a fermé les yeux durant des années et que la situation est désormais ingérable. Qui pourra regagner les territoires perdus ? Est-ce qu'il y a une part de vérité dans cette question sur le fait que la situation est ingérable ? Ingérable, je ne sais pas. En tout cas, quel est ce sentiment ? Pour travailler sur ces sujets-là, souvent, oui, je le comprends. Non, je ne pense pas qu'elles soient ingérables. Je pense qu'il y a des leviers.

Je pense qu'il y en a beaucoup de leviers, qu'il y en a certains qui sont mis en œuvre et pas forcément tous. Je ne dis pas non plus que c'est facile. Je sais ce que je constate, en tout cas. Après, la guerre, elle n'est pas gagnée, conformément à ce que disent certains responsables politiques, mais elle n'est pas perdue non plus. Clotilde Schoeperach, sur cet aspect-là et sur ce qui est parfois difficile à entendre et à comprendre, ces gamins qui ont des Kalachnikovs, je dis des gamins, parce que souvent, ils sont d'honneurs, qui ont des Kalachnikovs, donc ils achètent des Kalachnikovs.

Elles circulent librement dans ces quartiers et qui font la loi dans les quartiers, comme on l'a très bien vu dans ce reportage, avec des forces de police qui courent après les points de deal, visiblement. C'est le résumé que vous nous faisiez à l'instant. Ça semble compliqué. C'est surtout voir les choses par le petit bout de la lorgnette et oublier le schéma global. Parfois, ces gamins à la Kalachnikovs, ils ne sont même pas encore véritablement affiliés à une organisation criminelle. C'est de la prestation de service avec l'espoir de monter en grade dans la sphère illégale parce qu'on y associe un gain facile, une carrière parfois flamboyante.

Même, on sait qu'on peut mourir très jeune, mais au moins, on a l'impression qu'on aura vécu. Mais si on regarde le trafic de stupéfiants et là aussi, il y a peut-être une incompréhension de comment ça fonctionne réellement. Aucune organisation criminelle à l'heure actuelle gère de A à Z le trafic de stupéfiants. Par exemple, pour la cocaïne, personne ne gère la production de la matière base en Amérique du Sud, l'acheminement, le fait de raffiner cette matière base et ensuite la distribution au consommateur final. Donc, il y a plein d'organisations criminelles qui participent à ce trafic.

les plus importantes, celles qui réalisent le plus de marge et qui sont les plus puissantes, elles ne sont pas à Marseille. Elles ne sont pas présentes là. Elles gèrent le trafic de gros sans violence ou quasiment pas de violence. parce que, justement, elles coopèrent, elles achètent des tonnes de drogue, elles les font parvenir dans les ports et ensuite, dans les ports, il y a cette distribution de la drogue qui va irriguer tout un territoire et c'est là qu'on va voir qu'il n'y a pas que Marseille, qu'à Besançon aussi on se drogue, on se drogue partout, on se drogue même dans les petites villes.

Et c'est au niveau de ces petits groupes de distributeurs finaux de la drogue qu'il y a cette violence, qu'il y a ces luttes de territoire, le caractère bravache aussi parce qu'on aimerait bien ressembler au chef mafieux qui, lui, a véritablement le pouvoir. Donc, il y a une flambée de violence qui, paradoxalement, est une volonté d'attirer l'attention de groupes criminels plus établis qui, eux, rationalisent leur usage de la violence parce qu'ils savent que ça attire la répression des forces de l'ordre. De fait, ce n'est pas eux qu'on regarde, c'est les petits.

On arrive malgré tout à démanteler sur le terrain certains réseaux, même si on n'arrive pas à attraper les têtes de réseaux comme le réclame le maire de Marseille. Est-ce que le travail qui est fait, qui est quand même un travail laborieux de l'apport des forces de l'ordre de se dire bon, on va essayer de démanteler ce point de deal, etc., est-ce qu'à un moment donné, ça gêne le trafic malgré tout ? Ça le déplace. Mais c'est sans arrêt. C'est un travail permanent des forces de l'ordre de traquer ces réseaux, de procéder à des arrestations. Là-dessus, on ne peut pas dire qu'ils ne font rien. Au contraire.

Et puis, il y a même une politique du chiffre qui leur impose de démanteler des points de deal. Sauf qu'on peut annoncer fièrement qu'on a démantelé 40 points de deal. S'ils ont été recréés un peu plus loin, le résultat net, il est inexistant. Ce qu'il faut faire, c'est toucher le trafic à son origine. C'est plutôt dans les ports qu'il faut louter que sur des petits points de deal. Et on ne le fait pas, ça ? Alors, il y a un arbitrage qui est fait en permanence entre l'efficience économique et la sécurité. On choisit l'efficience économique. Dans les ports européens, on inspecte 2% des marchandises entre. Donc, les trafics... Parce que ça prend du temps ? Parce que c'est coûteux ?

Ça ralentit ? Parce qu'il y a une masse de marchandises qui inondent ces ports au quotidien. Parce que c'est un argument économique aussi. Le port de Rotterdam, il vous dit, nous, on fonctionne 365 jours sur 365, 24 heures sur 24. On prend en charge un conteneur toutes les 6 secondes. Donc, on ne va pas avoir envie de regarder dedans. Avec ce qui vient d'être exprimé à l'instant, on se met à la place du ministre de l'Intérieur, Christophe Barbier. Alors, il a un peu infléchi son discours. Il est passé de les dealers ne dormiront plus la nuit à un autre discours en disant, en gros, qu'il y a beaucoup d'autres réponses qu'il faut apporter au trafic de drogue.

Ce n'est pas simplement le travail du ministère de l'Intérieur. Il a pris conscience de l'ampleur du problème, sans doute.

21:46
Locuteur non identifié

Oui, il a pris conscience de l'ampleur du problème, mais il avait quand même promis des résultats rapides. Résultat, il y a sur une partie de son action, mais c'est un peu comme s'il tapait sur une boule de mercure. Elle explose, puis après, elle se reforme. On voit bien qu'à d'autres niveaux, il faut des actions d'une autre nature que celle de la police. On voit bien qu'il y a une nature diplomatique. Extrader quelqu'un de Dubaï ou obtenir que dans le port de Rotterdam, ce ne soient plus les mêmes contrôles, ça veut dire changer des législations européennes, ça veut dire changer des conventions internationales.

De la même manière, si on veut s'en prendre à des points de trafic lourd, quand on voit par où transitent ces quantités de drogue qui viennent, par exemple, d'Amérique du Sud, parfois par sous-marin, parfois par avion. On a vu il y a quelques années un avion qui avait été un gros porteur, qui avait été brûlé dans le désert après avoir livré sa cargaison de drogue. Ce n'est plus de l'ordre de la police, c'est de l'ordre de l'action militaire, internationale. Alors, sur le terrain, on a un ministre qui nous déclare la guerre à la drogue, il dit nous sommes en train de livrer la bataille à Stalingrad. Heureusement qu'il dit ça. Bien sûr, heureusement qu'il dit ça.

Mais non, quand on fait la guerre, on fait une guerre totale, on ne fait pas simplement des opérations comme il le fait là, provisoires, éphémères, efficaces, mais qui ne sont pas durables. Alors, il y a l'action invisible financière sur le blanchiment, où là peut-être on peut espérer que sans bruit, sans médiatisation, ça va porter des coups plus terribles au trafic. Mais pour l'instant, on n'en voit pas les résultats. Comme en plus, il appuie son calcul politique personnel sur ce dossier-là, ça colore son action. J'allais dire d'une forme d'insincérité, non, c'est sans doute excessif, mais d'une forme de mise en scène de ce qu'il fait, qui trouble un peu.

23:16
Présentateur

Est-ce que le fait que ce soit, pardonnez-moi, des victimes, comme on dit, il paraît que c'est vous-même qui m'avez dit ça, des victimes innocentes, c'est ce que dit la mafia, sur cette jeune fille dans sa chambre qui était en train de réviser ses leçons, est-ce que le fait que ce soit ce genre de victimes désormais, est-ce que ça accentue encore la pression sur le ministre de l'Intérieur ?

23:32
Locuteur non identifié

Bien sûr, sans tomber dans le cynisme, une partie des gens, quand ils voient Yoda et DZ Mafia s'entretuer, bon, c'est détruant au moins, il n'y a pas tellement d'émotions. Même quand c'est des très jeunes, on a du mal à émouvoir les gens et il y a des très jeunes. En revanche, quand ce sont des victimes innocentes, là, l'opinion dit ça suffit. Il faut intervenir pour qu'il n'y ait plus de tirs la nuit, le jour, dans ces quartiers. Évidemment, c'est extrêmement compliqué pour la police. Une élue locale de Marseille dit qu'il faut nous envoyer l'armée. Ça avait fait beaucoup rire, ça avait soulevé beaucoup de critiques.

Puis les années passent et on se dit, bon, moi j'attends les programmes de 2027 où vous verrez certains partis très sécuritaires proposer ce type d'action pour en finir avec les trafics en drogue.

24:13
Présentateur

En finir avec les trafics en drogue, vous n'avez pas parlé de la lutte pour le trafic d'armes parce que s'il y avait peut-être moins d'armes dans ces quartiers-là, est-ce que les choses seraient un peu différentes ? Est-ce que ça, ça fait partie aussi des axes sur lesquels...

24:25
Locuteur non identifié

35% de saisis en plus dit le ministre de l'Intérieur en termes d'armes depuis qu'il a déclenché son offensive. Mais si on saisit plus, c'est qu'il y en a beaucoup plus en circulation et d'un calibre sans doute supérieur à ce qu'on connaissait il y a 20 ans.

24:35
Présentateur

Vous vous savez tout à l'heure que les prix des armes ont baissé. Oui, les prix des armes ont baissé. Ça fait évidemment partie du programme de lutte contre le trafic de drogue. Les armes en font partie mais depuis des années, il n'y a pas eu de résultats extrêmement probants. Mais c'est vrai que la question que vous posiez à savoir est-ce que l'État globalement a failli ? Est-ce que l'État a perdu la guerre ? En réalité, ça dépend de la promesse qui a été faite. Et quand le ministre de l'Intérieur, lorsqu'il est nommé ministre de l'Intérieur, explique à tous les Français qu'à lui seul, il va régler la problématique de la sécurité et de la délinquance en France, il a tout de suite échoué.

C'est-à-dire qu'en fait, c'est une question et il l'a reconnue pour la première fois à Nîmes. Lorsqu'il se déplace cet été à Nîmes, il dit ça va être un travail de longue haleine. Il faut comprendre quoi ? Il faut comprendre avec la dynamique. Il comprend bien avec la prison de Nîmes qui est surpeuplée à 200%. Il comprend bien avec le système scolaire qui est complètement obsolète. Il comprend bien qu'avec toutes ces difficultés, à lui seul, ministre de l'Intérieur. Et tous les élus locaux qui réclament des policiers, tous les élus locaux réclament des policiers. Il n'y a pas un règlement de compte en France sans que le lendemain, l'élu local ne réclame plus de présence policière.

Ils ne les obtiennent pas tous. Alors lorsqu'ils s'obtiennent, ce sont des CRS. Ce qu'il faut, par exemple à Marseille, il vous manque environ 70 enquêteurs parce que plus vous avez des règlements de compte et plus on va surcharger les enquêteurs de la police judiciaire pour élucider ces crimes. Et au-delà de tout ça, on a parlé de la justice judiciaire, de l'administration pénitentiaire, de la formation professionnelle. On a aussi parlé de l'éducation. Il y a un vaste projet qui consiste à remettre à niveau les établissements, mais pas que. Au niveau européen, on a parlé des ports.

Anvers, Rotterdam, le Havre, ce sont aussi des ports qui sont pris d'assaut par les cartels et donc il faut aussi qu'il y ait une réponse européenne. Europol, on n'en parle pas suffisamment ou Eurojust, fait du très bon boulot. Fait du très bon boulot en termes de démantèlement, de trafic, de lutte contre les flux financiers, etc. Mais pas que. La lutte contre la prolifération des armes. Vous avez l'Ukraine. L'Ukraine aujourd'hui, c'est un vaste vivier. Pourquoi la Kalashnikov a diminué ? Pourquoi le prix de la Kalashnikov ? Le prix a été divisé par 10 ?

Oui, vous avez une Kalashnikov entre 300 et 350 euros parce que vous avez un stock d'armes disponible aujourd'hui mais qui est extrêmement conséquent. Donc ça, ça doit aussi se travailler au niveau européen. La réponse sur toutes ces problématiques, elle n'est pas uniquement franco-française mais elle est plus européenne voire internationale.

26:53
Locuteur non identifié

Est-ce à dire qu'il faut des lois d'exception pour la drogue et tout doucement considérer la drogue comme le terrorisme ? On a mis de la coopération internationale, on a fait des lois d'exception. C'est envisagé, je crois, pour les écoutes téléphoniques dans le cadre de la lutte contre la drogue. Est-ce que demain, ça doit être étendu par exemple aux gardes à vue ou au mode d'intervention des forces de l'ordre ? Est-ce qu'on doit faire monter la lutte contre le trafic de drogue au niveau de ce qui a été la lutte antiterroriste ?

27:14
Présentateur

Que pensez-vous ? Si je peux juste dire deux, trois petites choses. Pour les trafics de drogue à un niveau international, en termes judiciaires, c'est les mêmes lois qui s'appliquent qu'en termes de terrorisme. Sur les durées de garde à vue, sur les jugements également, sur les procès, les procès sont organisés avec des magistrats spécialisés et non pas des jurés populaires. Donc il y a déjà, pour les trafics de drogue mais qui sont à un niveau international, des procédures judiciaires qui sont adaptées. D'accord. C'est déjà le cas, en partie. Que pensez-vous ?

Une entraide, pardon, très très importante, une entraide entre les différents pays, notamment on l'a vu avec ces messageries cryptées qui ont été effectivement avec certains pays européens qui se sont alliés pour craquer effectivement ces téléphones un peu cryptés et qui a permis effectivement beaucoup d'arrestations de manière simultanée dans différents pays européens avec beaucoup de saisies. Ce que dit le président de la République c'est que ça ne changera rien au fond, parce qu'il sous-entend.

Ce qu'il faut c'est changer aussi les usages et il cible les consommateurs en disant tant qu'on considérera que ce n'est pas si grave de fumer de la drogue parce que c'est un usage récréatif on n'arrivera pas à tarir les réseaux. Il a tort de prendre le sujet par ce bout-là en ciblant aussi les consommateurs en disant au fond qu'ils se rendent complices de ce qui est en train de se passer dans des villes comme Marseille ou comme Besançon comme on a parlé depuis le début de l'émission. Vous avez les trois moteurs. Vous avez la drogue, vous avez le vendeur et vous avez l'acheteur. Donc il faut agir sur les trois.

Et si vous éliminez un des trois voire deux sur les trois vous avez réglé le problème. Donc on ne peut pas on a mis ce qu'on appelle les AFD les amendes forfaitaires délectuelles ça marche très très bien il faut travailler sur le taux de recouvrement le gouvernement a prévu d'équiper les forces de police de terminaux et de reçus pour pouvoir effectivement encaisser plus rapidement l'argent etc. Donc c'est quelque chose qui évidemment sur lequel il faut aller mais il ne faut pas oublier qu'on a aussi une problématique sanitaire. Donc vous avez aujourd'hui beaucoup de consommateurs qui ont aussi des problèmes psychologiques. Donc il faut aussi un accompagnement sanitaire.

Et ça je pense qu'il ne faut pas le négliger non plus. Clotilde Champérasche ? Oui il faut avant d'accabler aussi le consommateur qui bien sûr a des torts il faut comprendre ce qui fait basculer dans la drogue. Déjà il y a la spécificité un stupéfiant c'est un produit qui crée une addiction. Donc parfois la première consommation ce n'est pas pensée comme un acte de bascule et après on rentre dans ce phénomène-là. Il y a une offre qui est absolument renouvelée en permanence aussi par les trafiquants stupéfiants.

On parle beaucoup de cannabis on parle beaucoup de cocaïne mais il y a aussi tous les produits de synthèse qui vont être proposés et concrets qui sont moins chers et qui permettent d'attirer une nouvelle clientèle. Et puis il y a aussi comprendre pourquoi on se drogue. Souvent on dit c'est la drogue du divertissement la cocaïne aujourd'hui pour les enquêteurs c'est plus seulement une drogue du divertissement c'est une drogue qui permet de tenir le coup dans certaines professions. La restauration les marins pêcheurs c'est pas pour le fan qu'ils consomment de ces drogues c'est pour encaisser Vous les excusez du coup ?

Je ne les excuse pas mais il y a une logique à ça et on ne va pas traiter de la même façon quelqu'un qui va prendre pour s'amuser pour se défoncer à une soirée de la drogue et quelqu'un qui dit sinon je ne tire pas le coup au travail. Est-ce que le sujet n'est pas le même ? Est-ce que le sujet n'est pas que ça alimente des trafics et que ça peut se terminer avec des rafales de kalachnikov ? Ça alimente des trafics mais la communication vis-à-vis des consommateurs n'est pas la même. Il y a un débat en France il y a ce discours-là qui est un discours de fermeté et puis il y a d'autres forces politiques qui considèrent qu'on n'y arrivera pas et qu'il faut aller vers une dépénalisation.

Est-ce qu'on a un retour sur ce qu'ont fait les pays qui ont choisi la dépénalisation ? Est-ce que ça a permis d'enrayer la progression du trafic ? Oui ou non ? Alors moi personnellement je n'ai pas fait d'études là-dessus. Je ne vais pas dire que je suis une spécialiste mais j'échange avec beaucoup de magistrats policiers spécialisés dans ce domaine et ils restent tous le même constat. Ils sont unanimes là-dessus. C'est-à-dire que c'est un pas vers pour eux c'est vraiment le pas à ne pas faire. C'est-à-dire que déjà qu'ils ont bien compris qu'ils ne maîtrisaient plus grand-chose mais si on commence à dépénaliser un petit peu ça va aller de pire en pire.

Ce n'est pas un moyen de tarir un trafic. Non. Ils prennent tous l'exemple des Pays-Bas. Les Pays-Bas ont dépénalisé le cannabis. Les Pays-Bas aujourd'hui sont avec la Belgique les deux pays d'Europe qui sont sous la coupe de ce qu'on appelle la mochromafia avec des personnalités menacées ministres familles royales journalistes tués repentis tués enfin on est quand même à un niveau de violence qu'on n'a absolument pas nous en France et c'est vrai que tous les interlocuteurs qui travaillent sur ces sujets-là au niveau sécurité avec qui je peux échanger sont là-dessus unanimes. vous disiez c'est catastrophique.

Oui vous avez je crois un pays d'Amérique latine qui a effectivement dépénalisé les conséquences sont désastreuses et là effectivement quand vous regardez effectivement sur les Pays-Bas on est passé sur un autre trafic qui est le trafic de cocaïne on a même le plus gros trafiquant des Pays-Bas qui s'amusait à échanger de la cocaïne contre du cannabis donc c'est juste pour vous donner un petit peu le schéma on sait que après sur les problématiques sanitaires si vous le faites il faut maîtriser la production la distribution ce qui est extrêmement compliqué et que par ailleurs vous allez toujours avoir un public qui va être obligé de se réorienter effectivement pour faire un business donc ça pour moi ça ne produit aucun effet

32:39
Locuteur non identifié

c'est les deux arguments que met en avant Gérald Darmanin contre la dépénalisation c'est de dire les trafiquants ne deviendront pas des tenanciers des shops légaux qui payent leurs ursafs et leur téléa ils resteront des trafiquants ils iront vers des drogues plus dures et puis il met en avant aussi un argument plus sanitaire c'est que si l'état organisait une vente légale de cannabis ça serait forcément un cannabis doux avec des taux de THC assez faibles et ce cannabis qui circule en ce moment qui s'est beaucoup développé c'est un produit beaucoup plus fort et donc on ne ramènerait pas vers le cannabis légal des drogués qui auraient besoin d'un cannabis plus fort

33:13
Présentateur

alors parfois il y a des faits divers qui s'entrechoquent ça tombe le même jour c'est comme ça cette femme à Nice qui a été rouée de coups par un homme qui était visiblement fragile psychologiquement ça nous fait penser à d'autres faits divers récents avec des personnes vous parliez de la consommation de drogue qui se fait aussi chez des personnes qui sont fragiles psychologiquement c'est compliqué à gérer ces affaires n'ont à la fois rien à voir elles font la une de l'actualité et elles donnent ce sentiment qu'il y aura une recrudescence d'une ultra-violence

33:39
Locuteur non identifié

mais le président a usé d'un mot pour rassembler un peu tous ces faits divers que Jérôme Fourquet lui avait soufflé c'est la décivilisation cette espèce d'attaque sauvage longue dans la rue sans motivation concrète visible connu ça donne l'impression oui qu'on est revenu à un certain âge de barbarie et évidemment ça saisit les opinions et ça donne aussi l'impression qu'on est à l'abri de nulle part ni dans sa chambre quand on est une étudiante modèle ni dans la rue quand on est une passante innocente personne n'est en sécurité nulle part alors il faut essayer de résister à l'idée de ce fantasme du retour à un âge de pierre ou à ce qu'étaient les bandits de grand chemin quand on n'avait même pas d'éclairage dans les rues des villes de France et encore moins dans les forêts il faut essayer de regarder cas par cas tous les problèmes que ça pose on sait qu'on a vis-à-vis de certains migrants traumatisés par leur parcours de leur pays d'origine jusqu'ici livrés à eux-mêmes dans la rue souvent quand ils arrivent dans des pays européens on a un problème psychiatrique qui s'ajoute évidemment parfois à des problèmes de drogue qui sont parfois drogués et puis à une violence inhérente à ce qu'est la vie de la rue c'est ça qu'il faut traiter en ne donnant pas l'impression que c'est l'espèce humaine qui est en train de régresser et que face à une barbarie on a développé une autre barbarie qui serait l'autodéfense et ça c'est un débat qui va montrer c'est le risque c'est l'autodéfense c'est se protéger soi-même à un modèle far west et se faire justice soi-même quand on est victime ou quand un proche est victime

34:59
Présentateur

Vous voulez dire un mot rapidement sur cette espèce-là ?

En réalité il n'y a pas qu'une forme de violence il y a un déploiement de violences très différentes qu'on a tendance à amalgamer et puis il y a des cas qui vont plus susciter l'émotion Là quand c'est quelqu'un qui a un trouble psychiatrique qui attaque ça a toujours existé ces attaques-là Par contre des jeunes qui prennent une kalachnikov et qui tirent comme des fous eux ils ont une désinhibition par rapport à la violence qui n'est pas liée à un trouble psychiatrique mais qui est je fais ce que je veux c'est moi le caïd du quartier et ça c'est extrêmement problématique parce que c'est une sécession criminelle d'une certaine façon c'est dire je ne fais plus partie de cette société ou alors je la méprise tellement que la violence c'est ma façon de m'exprimer et c'est comme ça que je m'affirmerai et je peux moi-même être victime de la violence mais c'est le plus fort qui va gagner et là effectivement on est dans des logiques de décivilisation parce que

35:50
Locuteur non identifié

il n'y a plus de contrat social

35:51
Présentateur

voilà oui et c'est aussi le rapport à la vie ces jeunes qui tirent effectivement à 18 ans et qui pour un certain nombre d'entre eux se filmer on a vu Mathéo à Marseille qui se filmer et qui prenait un malin plaisir à se filmer en rigolant enfin il y a quelque chose de tragique là-dedans c'est aussi d'une partie de cette jeunesse une partie je dis bien le rapport effectivement à la vie on dit souvent c'est GTA c'est un jeu vidéo c'est les films sur Netflix etc au fait ils se projettent vraiment dans une histoire et qui étant complètement déconnectés de la réalité ils sont dans un monde qui est complètement parallèle il faut trouver les outils pour leur parler et les mots pour leur parler c'est en tout cas la réponse politique du gouvernement repose sur ces sujets-là sur un discours de fermeté envers les trafiquants les délinquants et aussi les auteurs de violences urbaines la nouvelle arme du gouvernement expulsée des logements sociaux ceux qui font l'objet d'une condamnation mais dans les faits l'application vous allez le voir d'une telle mesure n'est pas aussi simple Théo Manval Nicolas Bidard et Juliette Coulet

36:51
Invité

Condamnation égale expulsion ça ne me gêne pas

36:56
Présentateur

C'est la mesure martelée par le gouvernement depuis la rentrée pour afficher sa fermeté après les émeutes du début de l'été expulser des HLM les émeutiers condamnés une circulaire a même été envoyée par Gérald Darmanin au préfet

37:10
Invité

Objet fermeté systématique envers les délinquants auteurs de violences urbaines nous vous demandons de mobiliser tous les outils prévus par la loi pour expulser les délinquants des logements sociaux qu'ils occupent expulser les délinquants

37:24
Présentateur

et leurs familles avertissement répété par la secrétaire d'état à la ville sur les plateaux télé

37:30
Invité

c'est le condamné qui a une responsabilité vis-à-vis de ses frères et sœurs si vous voulez que je vous dise ce que je pense quand on a des frères et des sœurs dont on doit s'occuper on a une responsabilité de rester dans le cadre de la loi et non pas d'aller piller brûler des magasins

37:43
Présentateur

quelques jours plus tôt le préfet du Val-d'Oise se vantait dans ce tweet d'avoir mené la première expulsion d'un homme de 28 ans condamné pour des pillages

37:52
Invité

expulsion de son logement social d'un émeutier ce jour le préfet a fait procéder à l'expulsion locative de l'ensemble des occupants du logement social où il résidait

38:02
Présentateur

faire payer les parents et la fratrie d'un délinquant l'idée indigne bien sûr l'opposition à gauche les élus LFI du Val-d'Oise dénoncent à l'Assemblée une dérive autoritaire

38:14
Invité

si un homme est condamné il doit bien sûr purger sa peine mais sa famille elle est innocente et or elle se voit là punie pour des faits qu'elle n'a pas commis c'est une dérive grave c'est le retour aux punitions collectives ces ruptures avec un principe fondamental l'individualisation des peines et ça participe d'un climat assez détestable de mise en scène de surenchère répressive qui ne participe pas à apaiser le climat dans le pays

38:40
Présentateur

dans les quartiers aussi ces annonces ont du mal à passer nous avions rencontré en juillet dernier ces mères de famille engagées à Corbeil-Essonne pour renouer le dialogue avec les jeunes et tenter d'apaiser la situation

38:51
Invité

la maman qui a deux boulots qui court de Paris à on va dire à Créteil pour aller courir gauche à droite pour amener le minimum de confort pour la maison elle n'a pas le temps dans les maisons ça se passe bien déjà on voit qu'il y a la promiscuité il manque des pièces les enfants ils ne peuvent pas rester chez eux ils sont tout le temps dehors donc dans ce cas l'Etat ne peut pas dire aux parents de venir payer ce que les enfants ils ont fait parce qu'eux-mêmes qu'est-ce qu'ils ont fait pour nos enfants

39:16
Présentateur

en réalité surtout le lien entre émeute et expulsion ne peut pas être automatique dans l'affaire du Val d'Oise le préfet a d'ailleurs dû reconnaître que l'expulsion annoncée en grande pompe était en fait liée à une autre infraction datant d'avant les pillages la loi est claire un habitant ne peut être expulsé que pour un délit commis en lien avec son logement impayé ou trouble du voisinage un travail de bien plus longue haleine donc que mène depuis plusieurs années Florence Portelli maire les républicains de la commune de Taverny un logement social oui ça se mérite à partir du moment où c'est de l'argent public où c'est une aide où c'est un coup de pouce vous êtes redevable à la société dans sa mairie depuis deux ans une cellule est chargée de collecter les preuves à faire valoir en justice pour pouvoir évincer vraiment ceux qui pourrissent la vie des autres donc là on est sur un individu où il y a eu en quelques mois nuisance sonore occupation des parties communes tapage nocturne et jet de détritus quand vous avez des infractions pas une, deux mais répétées quotidiennement avec des gens qui terrorisent le quartier et bien on recense toutes les infractions commises et une fois qu'il y a un vrai dossier bien étayé donc ça prend beaucoup de temps et bien ça passe évidemment devant le juge il faut dit-elle un à deux ans pour obtenir une expulsion sans compter les convocations en amont des familles pour tenter de redresser la barre alors le discours émeutier expulsé du ministre de l'intérieur mais tape pas du point sur la table parce que ça ils tapent du point ils font du cirque mais c'est pas taper du point sur la table taper du point sur la table c'est ce que je fais avec mes services là c'est vraiment de la com de dire ça comme ça c'est pas bien d'ailleurs parce que c'est prendre les gens pour des imbéciles à Tavernil en passé seuls deux dossiers d'expulsion ont abouti huit sont encore en cours de constitution Christophe Barbier votre réaction à ce reportage

41:06
Locuteur non identifié

c'est que l'état de droit c'est compliqué c'est que quand vous respectez toutes les règles que vous considérez que certaines choses doivent être décidées par la justice et pas par un coup de menton d'un ministre ou d'un préfet ça prend du temps ça mobilise des fonctionnaires et pendant ce temps là les délinquants avancent ils disparaissent ils changent ils rusent ils font des appels et que finalement la guerre d'usure ils peuvent la gagner quand on voit le nombre de gens qui peuvent être concernés puis le résultat le temps que ça prend avec pendant ce temps là une population de ces quartiers qui est toujours ennuyée on se dit qu'il faut changer de méthode mais changer de méthode pour passer à l'arbitraire c'est une défaite pour la démocratie l'état de droit c'est la grandeur de la démocratie donc il faut réussir à rester dans l'état de droit tout en allant beaucoup plus vite en étant beaucoup plus efficace ça doit être possible ça doit être possible il faut réfléchir à quel texte de loi on peut faire voter ça fait longtemps qu'on réfléchit oui mais il y a eu cet été après les émeutes des flagrants délits il y a eu des comparutions rapides il y a eu un taux très élevé de condamnations la justice a su faire preuve de rapidité pourquoi derrière l'administration sur la base de ces condamnations ne pourrait pas dire on va instruire votre dossier aussi par rapport à votre bail les troubles à l'ordre public les nuisances sont constatées on va regarder s'il n'y a pas en plus un défaut de paiement et l'expulsion va être très rapide voilà l'expulsion qui souvent oblige le préfet c'est là qu'il intervient à mobiliser les forces de l'ordre parce que les expulsés l'exécution du droit qui légitime l'état de droit parce qu'un état de droit qui arrive après la bataille et finalement il est rejeté par la population la population va dire la prochaine fois je sais pour qui je vais voter je vais voter pour des gens qui me proposeront des solutions brutales exorbitantes du droit que vous nous proposez mais qui me rendront au service

42:37
Présentateur

parce que la population attend ça sur le terrain que ces personnes là ceux dont on parlait depuis le début de l'émission

42:44
Locuteur non identifié

soient sorties de ces quartiers là beaucoup d'élus le disent et on l'a encore vu deux familles à Besançon deux familles sur le trafic de drogue souvent sur les troubles ces quelques individus mais qui font régner une sorte de terreur et qui se protègent aussi parfois en usant des armes de droit des appels etc parfois aussi en ayant recours à la corruption ça a existé il y a eu des affaires aussi donc il faut faire attention à cela on a vu des élus d'une ville de nord de Paris être accusés d'être en fait le relais des familles à la fois à moitié terrorisées puis à moitié embarquées dans une forme de corruption c'est très inquiétant aussi il va être l'azard

43:23
Présentateur

non juste oui l'état de droit c'est compliqué mais bon l'état de droit il est fait enfin je veux dire il est fait il est défini il est le même pour tout le monde c'est à dire que oui je parlais des deux familles à Besançon mais il s'agit en l'occurrence de fratrie il y a plusieurs frères des deux côtés ils sont poursuivis par la justice ils sont bien en examen ils sont parfois condamnés ils sont parfois condamnés et qu'est-ce qui se passe quand ils sont condamnés ils sont en fuite je veux dire la réponse c'est celle-là il n'y a pas pour moi en tout cas il n'y a pas d'autres réponses à apporter il y a deux sujets qui sont différents pourquoi leurs parents pourquoi leurs sœurs pourquoi elles seraient concernées d'une quelconque manière par le trafic l'état de droit c'est répondre justement à ce trafic mais c'est deux sujets qui sont complètement différents et puis c'est ce qu'on voyait bien dans le reportage elle collectait je ne sais pas comment elle s'appelait cette dame qui collectait des preuves des infractions des dégradations etc ça c'est un sujet qui est très important mais qui n'a rien à voir pour moi avec le trafic de drogue ils ont peur de la justice ils ont peur de la justice ils ont peur de la sanction de la condamnation déjà il faut qu'il y en ait une oui voilà c'est ça quand les enquêtes aboutissent quand les preuves sont là quand ils sont arrêtés et jugés par le tribunal oui évidemment que ça leur fait peur le problème c'est le manque de moyens de la justice le manque de moyens de la police voilà qui fait que les enquêtes il y en a beaucoup qui n'arrivent pas qui n'arrivent pas à leur terme mais j'essaie de se sèche si on remet les choses à l'endroit sur les expulsions il y a de la jurisprudence donc il y a de la jurisprudence en 2017 en 2018 où vous avez des familles en réalité vous avez une dizaine de motifs d'expulsion mais prononcée par un tribunal judiciaire c'est pas le préfet qui se réveille un matin qui dit toi tu sors en fait ça marche pas comme ça on saisit le tribunal c'est pour ça qu'elle disait qu'elle avait besoin de collecter des preuves parce que ça répond à une certaine jurisprudence en termes de critères il faut que ce soit répétitif il faut que ce soit nuisible etc vous saisissez le tribunal judiciaire puis le tribunal judiciaire prononce vous pouvez faire appel de la décision au tribunal judiciaire de la résiliation judiciaire du bagne vous pouvez prononcer une expulsion que lorsque vous avez une décision la décision elle doit concerner un trouble direct à la jouissance c'est-à-dire que c'est la loi du 6 juillet 89 qui impose à la fois au propriétaire de mettre à disposition une habitation calme et l'occupant qui est responsable lui et des occupants qui est responsable de la jouissance paisible de l'appartement c'est le docteur en droit public là qui nous explique et lorsqu'on a une expulsion c'est parce que vous avez des occupants qui deal en bas de l'immeuble et donc ils deal en bas de l'immeuble et ils ont des produits stupéfiants et de l'argent lors d'une perquisition c'est trouvé dans l'appartement ça emmerde les habitants ça emmerde les voisins etc donc là le maire est parfaitement fondé à dire il y a un trouble à la jouissance d'accord donc on peut les expulser on peut les expulser parce que le trafic il a duré longtemps il y a eu une enquête et donc pas de problème le tribunal il y a de jurisprudence dehors dans le cadre des émeutes qu'on a connues récemment bon c'est pas la même chose c'est-à-dire que si vous avez un gamin qui va commettre qui va casser qui va prendre une paire de baskets à 10 km de son appartement il n'y a pas de lien entre le casse et le lien direct avec le bail donc on ne peut pas précisément dans le sujet que nous abordons ce soir dans le cadre des trafics avec des personnes qui sont souvent très identifiées des membres du quartier là la mesure d'expulsion pourrait être appliquée s'il y a une condenation s'il fait du trafic dans son immeuble c'est exactement s'il fait du trafic chez le voisin ça ne compte pas ça dépend chez le voisin c'est la relation avec le trouble dans l'immeuble et le voisinage s'il habite de l'autre côté de Marseille parce que généralement ce qu'on vous dit c'est que les gamins sont recrutés par TikTok ou par Snapchat ils viennent d'un peu partout en France et puis ils font les guetteurs ou les dealers en bas si effectivement ils dealent en bas de son immeuble et qu'il est condamné de manière définitive alors là oui vous avez un motif sérieux pour demander la résiliation mais ça se fait ça au quotidien ça se fait ah mais oui ça se fait vous avez de la jurisprudence là dessus bien sûr absolument

47:21
Locuteur non identifié

le président du Sénat va présenter par l'entremise d'une de ses proches une proposition de loi au début du mois d'octobre pour donner au maire un plus grand contrôle sur l'attribution des logements sociaux l'attribution et la désattribution on va voir si le gouvernement se rallie à cette proposition de loi qui vient de la droite mais ça pourrait changer la donne

47:39
Présentateur

parce que là vous n'auriez pas besoin d'une décision judiciaire elle est automatique ce que ça fait partie des outils qui vont se considérer comme utiles pour lutter contre les trafics qui gangrènent certains quartiers on voyait encore ce reportage où les gens ne pouvaient pas rentrer chez eux est-ce qu'à votre avis ça fait partie des outils qui sont utiles qui peuvent faire bouger les choses s'ils sont appliqués oui parce que je pense qu'on va lutter contre le sentiment d'impunité des voisins qui voient le voisin le gamin en train de dealer en train de foutre le bordel et puis rien faire avec l'idée que le choix du gouvernement au moment des émeutes alors c'est pas exactement le même sujet mais c'était aussi l'idée de surveiller vos enfants est-ce que c'est aussi le message que peut-être le ministre de l'Intérieur envoie aux parents

48:17
Locuteur non identifié

la responsabilisation des parents c'est un des chantiers du gouvernement après c'est très compliqué c'est très compliqué parce que quand on dit parents on pense à un père une mère qui ont des autorités sur des jeunes enfants quand vous vous retrouvez avec une mère célibataire qui a des grands adolescents qui peut être elle la titulaire du bail et voir son appartement utilisé par ses enfants pour des bases de trafic est-ce que la punir sera vraiment très utile là on rejoint une forme d'injustice sociale ajoutée à la délinquance

48:45
Présentateur

il faut que ce soit répétitif il faut que ça puisse être appliqué exactement si vous faites une fois une soirée chez vous on ne va pas vous expulser si vous faites tous les soirs la fête pendant 6 mois là effectivement on peut demander une résiliation alors en tout cas c'est une histoire qui a bouleversé les américains trois ados morts dans une voiture avant la remise de leur diplôme ça s'est passé dans le Tennessee ils avaient pris une drogue 50 fois plus puissante que l'héroïne le fentanyl le sujet est tellement pris au sérieux que les états unis ont organisé récemment une réunion avec 90 pays pour lutter contre ce fléau Juliette Perrault et Christophe Roquet

49:18
Invité

dans les rues de Baltimore au nord-est des Etats-Unis les ravages du fentanyl une drogue de synthèse bon marché 50 fois plus puissante que l'héroïne qui tue une personne toutes les 7 minutes dans le pays c'est la première cause d'overdoses outre-Atlantique

49:38
Présentateur

moi avant je prenais 8 grammes par jour je dépensais jusqu'à 500 dollars pour ça

49:45
Invité

mais j'ai dû réduire car ça devenait complètement fou comment vous faisiez pour payer 500 dollars ? je vais me prostituer vous pensez que vous allez vous en sortir ?

non de petits comprimés très addictifs à l'origine le fentanyl est un puissant antidouleur prescrit aux malades du cancer mais dans les années 2000 il devient accessible à tous les américains souffrant de douleurs chroniques très vite l'usage du médicament est détourné en poudre ou sous forme liquide le fentanyl est fumé ou injecté pour provoquer un sentiment de bien-être et d'euphorie les Etats-Unis sont dépassés en 10 ans les décès liés à la consommation de fentanyl ont explosé aujourd'hui on dénombre 3000 morts tous les 15 jours l'équivalent d'un 11 septembre toutes les deux semaines car une petite quantité de fentanyl suffit pour donner la mort les jeunes sont particulièrement concernés Emilio avait 19 ans lorsqu'il est décédé il avait mal aux dents et quelqu'un de son travail lui a donné un antalgique moi je n'y connaissais rien

51:00
Présentateur

aux drogues aux pilules et à tout ça

51:01
Invité

mais en réalité c'était un faux antalgique entièrement composé de fentanyl

51:08
Présentateur

et il en est mort

51:09
Invité

un sujet de santé publique évoqué jusque dans les séries télévisées américaines Euphoria raconte l'histoire d'une adolescente rongée par l'anxiété et qui plonge dans la drogue notamment le fentanyl face à ce fléau les Etats-Unis se mettent en ordre de bataille et renforcent les contrôles aux frontières le fentanyl est distribué en grande partie par des réseaux criminels mexicains qui acquièrent des composants chimiques en Chine au centre de tripostale de l'aéroport de New York on passe les colis au rayon X à la recherche de cette drogue de synthèse ce n'est pas une tâche facile

51:48
Présentateur

d'intercepter une drogue comme le fentanyl ce n'est pas comme avec l'héroïne ou la cocaïne où l'on a affaire à des livraisons de 5, 10, 15 ou 20 kilos

51:57
Invité

une de nos trouvailles

51:59
Présentateur

les plus étonnantes c'était une carte de vœux musicale vous savez celles qui ont un petit mécanisme qui joue de la musique quand on les ouvre

52:05
Locuteur non identifié

on a trouvé tout juste

52:07
Présentateur

2, 3 ou 4 grammes de fentanyl dissimulé à l'intérieur de l'enveloppe dans cette partie-là

52:12
Invité

de la carte un sujet qui préoccupe la Maison Blanche Joe Biden y a même consacré quelques mots dans son dernier discours sur l'état de l'Union Lançons une grande campagne pour arrêter la production la vente et le trafic de fentanyl avec davantage de machines de détection de drogue pour inspecter les marchandises stopper les pilules et la poudre à la frontière Mais qu'en est-il en France ? Sommes-nous à l'abri de la drogue du zombie ? Pour le moment, oui affirme l'OFDT l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives

52:45
Présentateur

L'ensemble des informations disponibles en France à propos du fentanyl et de ses dérivés font état d'une diffusion marginale dans la population qui contraste avec celle observée haute-Atlantique

52:55
Invité

Mais les autorités savent que tout peut aller très vite En mars dernier Gabriel Attal alors ministre des Comptes publics affirme avoir retenu la leçon d'un déplacement aux Etats-Unis Pour éviter que le fentanyl déferle sur la France il annonce vouloir s'attaquer aux précurseurs chimiques ces produits légaux qui une fois assemblés permettent de fabriquer la drogue de synthèse Très concrètement cette disposition va nous permettre de les saisir le temps de procéder à une analyse et également d'obliger les importateurs à faire une déclaration de l'usage de ces substances Donc c'est une disposition importante et je vous invite à la voter

53:30
Présentateur

Je vous remercie

53:32
Invité

La mesure est adoptée à l'unanimité à l'Assemblée rarement de convergence politique pour éviter à tout prix que la France subisse à son tour les ravages du fentanyl

53:42
Présentateur

Tout à l'heure en milieu d'émission vous me disiez il faut qu'il y ait une collaboration internationale on voit que sur ce sujet là précisément elle a lieu avec des autorités françaises qui ont pris le sujet très vite à bras le corps Il y a des alertes qui sont données qui parfois sont plus entendues que d'autres mais c'est vrai aussi qu'il y a l'historique des drogues la cocaïne au départ c'est le marché américain qui est visé par proximité avec la matière première qui vient d'Amérique du Sud et puis saturation du marché américain les narcotrafiquants vont chercher d'autres marchés et se tournent vers l'Europe alors que l'Europe s'est longtemps crue un peu à l'abri de ces phénomènes là là il est possible aussi qu'avec saturation du marché on se tourne vers d'autres consommateurs ceci étant c'est plus large que la question du fentanyl tous ces nouveaux produits de synthèse sont extrêmement faciles à produire ils ne sont pas dépendants d'une source d'approvisionnement spécifique la coca en Amérique du Sud le pavot en Afghanistan là concrètement on peut faire une drogue de synthèse chez soi dans son garage avec justement ces fameux précurseurs chimiques qu'on peut tracer mais il faut aussi une expertise douanière des contrôles massifs et puis il y a une partie des précurseurs chimiques qu'on peut importer légalement et détourner de l'usage il y a tous ces médicaments qui détournaient de leur usage surconsommés ne sont plus des médicaments mais des drogues cette question d'Yannick en Gironde désormais en France chaque bourgade a ses consommateurs et ses fournisseurs de drogue comment s'en sortir ?

je vois que votre silence en dit long je pense que c'est pardonnez-moi Drisset tu sais ce qui est intéressant dans cette question c'est aussi la première partie c'est que c'est pas simplement dans quelques quartiers de la capitale c'est pas simplement dans quelques grandes métropoles ou aux Etats-Unis peut-être pour le coup on peut revenir à ce que je disais au début parce qu'après je me dis il ne faut pas stigmatiser Besançon c'est-à-dire qu'on parle de Besançon parce que c'était étonnant parce qu'on ne s'attend pas forcément à ce qu'il y ait un trafic de drogue mais c'est toutes les villes moyennes c'est en France enfin je veux dire il n'y a plus une ville moyenne qui échappe au trafic de drogue et derrière il y a de la violence et alors après voilà selon la formule consacrée le trafic de drogue est mère de toutes les criminalités c'est-à-dire que derrière il y a la violence il y a les règlements de comptes la corruption le blanchiment enfin voilà le problème c'est que du trafic de drogue dérive toutes les autres infractions quasiment toutes les autres infractions enfin je ne vais pas citer des villes parce que mais allez-y bien sûr parce que vous avez enquêté sur ces sujets non mais partout il y a Nantes il y a Rennes alors il y a Besançon comme je disais il y a Nîmes en fait honnêtement il faudrait plutôt citer les villes où il n'y a pas enfin ça serait plutôt ça qui serait intéressant et on n'en trouverait pas beaucoup quand vous y allez sur le terrain avec des populations qui sont un peu démunies de se dire y compris chez nous avec des forces de l'ordre qui sont du coup sous-équipées parce que pas préparées à gérer ce genre de trafic les mots sont toujours les mêmes c'est à dire qu'on n'aurait jamais pensé voir ça chez nous enfin voilà une exécution de cette nature de cette violence dans la rue en bas de chez nous on n'aurait jamais pensé enfin voilà c'est à chaque fois les mêmes mots qui reviennent c'est à dire je me sens pas chez moi j'ai l'impression que c'est un film et je dis pas ça pour faire du c'est pas du buzz quoi c'est vraiment ce que les gens disent quand on y va c'est toujours les mêmes mots qui reviennent et pourquoi ?

parce que ça dégage un... un... un... un... un fric je cherche un fric ça tout le monde comprends mais c'est comme ça qu'ils parlent donc voilà un fric de dingue et donc évidemment c'est une manne financière et ça déclenche et parce qu'ils sont plus tranquilles entre guillemets dans des villes moyennes qui sont peut-être sous-équipées en effectifs de police d'enquêteurs ou pas parce que pourquoi s'installent-ils dans des villes où ils n'allaient pas précédemment ? non pas forcément je crois que c'est vraiment le trafic de drogue qui s'étend la consommation qui s'étend là c'est quand même de l'argent aussi c'est de l'argent facile c'est une...

mais c'est aussi enfin voilà c'est aussi une pauvreté sociale c'est aussi une désinsertion des jeunes c'est aussi il y a énormément de facteurs vous disiez ?

des quantités disponibles aussi et les quantités disponibles il y a toujours plus de cocaïne parce que la coca est abondamment cultivée il n'y a pas de recul de ces plantations-là il y a de nouveaux produits qui sont ces fameux produits de synthèse qui sont faciles à produire le cannabis on élabore des mutations génétiques pour que la teneur en THC soit plus élevée enfin il y a une offre permanente qui se renouvelle des quantités qui inondent les marchés littéralement mais jusqu'à présent ça n'allait pas dans ces villes moyennes si si dites-vous Drissette Youssef on n'en parlait pas c'est ça ?

oui mais en fait c'est pas la même ampleur c'est-à-dire que c'est pas dans toutes les petites villes où vous avez le même point de deal qui ramène 50 à 70 000 euros c'est-à-dire que vous avez dans les petites bourgades le consommateur qui va pour financer sa consommation vendre donc c'est plus l'Auclif la grande brigade très spécialisée qui est une brigade nationale voire internationale c'est plutôt la section de recherche de la gendarmerie qui va enquêter sur le type qui a un emploi mais qui pourra rondir ses fins de mois pour financer sa consommation donc voilà pourquoi on dit qu'effectivement même dans les petites bourgades vous avez toujours un consommateur qui va aussi jouer le petit dealer d'accord mais il n'y a pas derrière les règlements de compte ah mais c'est pas tout à fait mais c'est pas du tout la même ampleur c'est pas tout à fait organisé comme ça l'est on va prendre en Seine-Saint-Denis on va prendre à Nantes on va prendre à Nîmes on va prendre à Marseille on va prendre à Avignon le réseau n'est pas du tout le même la drogue arrive jusqu'à dans ses bourgades il y a toujours un dealer qui est derrière mais vous êtes un peu plus en casque encore une fois avec l'idée que derrière la drogue il y a aussi la violence et une forme d'insécurité ressentie par les français

59:08
Locuteur non identifié

qui ont travaillé sur le malaise social qui fait que des jeunes ou des moins jeunes au lieu de faire du sport ou d'aller au théâtre ou de rester entre amis de manière conviviale vont se dire tiens j'essaye la drogue qui les tente dans quelles circonstances et pourquoi ils tombent dans l'addiction là il y a un traitement médical et social à faire dans ces endroits où l'ennui peut-être est une raison également le vertige face à une vie qui n'est pas satisfaisante pousse à la drogue si on veut s'attaquer à l'offre si on veut faire une crise de l'offre une crise de production de la drogue il faudra des actions extrêmement violentes et d'ordre militaire on a été présent militairement pendant près de 20 ans en Afghanistan est-ce qu'on a détruit les champs de pavots est-ce qu'on a tari cette source d'approvisionnement il y a eu des quasi-guerres civiles dans certains pays d'Amérique latine pour des raisons politiques est-ce que ça a amené à la destruction des plantations de coca non donc si on veut en passer à ce mode là au niveau international il faut savoir vers quoi on se dirige c'est vraiment vers une guerre une guerre au producteur

1:00:03
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions une question de Robert dans la Creuse comment expliquer la mort de cette jeune fille dans sa chambre au troisième étage Drissier Tusef donc une rafale en bas de la rue mal gérée oui tout à fait et puis avec effectivement un calibre de 7,62 on a dit que la kalachnikov AK-47 c'est une arme extrêmement puissante elle a perforé et on voit bien qu'entre elle a perforé le mur ah oui alors on dit que c'est une planche de bois donc c'est ça et puis elle a pénétré directement dans la chambre mais c'est pour vous dire la puissance de cette arme une question de Maglon dans L'Hérault les armes de guerre utilisées ont-elles pu entrer facilement en France d'où viennent-elles ?

1:00:46
Locuteur non identifié

c'était beaucoup la république tchèque qui servait de plateforme après la chute de l'empire soviétique maintenant on voit avec en effet l'Ukraine qu'il y a une plateforme qui a un grand marché des armes et puis le numérique aussi a apporté une facilité à savoir où et comment on pouvait le deep net permet aussi

1:01:02
Présentateur

y compris pour faire du trafic on en a assez peu parlé jusque là mais il y a aussi des livraisons pour vendre l'Ubercheat est devenu

1:01:09
Locuteur non identifié

un phénomène de société que le confinement n'avait pas gêné

1:01:12
Présentateur

y compris dans les zones portueurs et les armes peuvent être démontées donc difficile à identifier on apporte des pièces détachées séparément éventuellement dans des portes-containers différents et c'est assemblé sur place et c'est quasiment indétectable après pour le prix de l'arme elle ne doit pas venir de très très loin non plus parce que si vous avez un transport qui coûte aussi cher puisque l'arme n'a pas d'idéologie donc c'est les mêmes qui circulent indéfiniment qui sont parfois bidouillés là aussi du coup la précision du tir alors en tout cas cette question de Léa à Paris les parents des dealers qui gagnent énormément d'argent ne se posent-ils pas de questions ?

1:01:49
Locuteur non identifié

si sans doute mais d'abord il y a une partie de ses parents qui seraient dans la misère et ils le sont un peu s'ils n'avaient pas l'économie de la drogue donc imaginez la tentation le dilemme cornélien qu'il y a pour ces familles où c'est la pauvreté dans la légalité où une certaine aisance et ils ne roulent pas en cadillac en étant complices ou au moins en fermant les yeux sur le trafic de drogue qu'est-ce qu'on leur dit ces familles-là ?

1:02:10
Présentateur

surtout que tous ne gagnent pas des soins certains s'enrichissent énormément mais le petit dealer de rue lui il ne gagne pas grand-chose c'est une économie de subsistance pour la plupart ils ne gagnent pas grand-chose ? mais non quand vous êtes en bas de l'échelle criminelle vous ne gagnez pas grand-chose ils risquaient leur vie pour pas grand-chose et vous risquez d'être arrêté quand ils sont payés parce que c'est eux qui sont les plus quand ils sont payés dites-vous

1:02:31
Invité

et quand ils sont payés

1:02:32
Présentateur

parce que quelques fois ils ne sont pas payés ils sont séquestrés

1:02:35
Invité

pourquoi vous dites ça ?

1:02:36
Présentateur

parce que ça arrive vous avez un certain nombre de rapports qui disent qu'effectivement vous avez là en ce moment même à Marseille un individu qui a essayé de dealer qui a été séquestré pendant quelques jours qui a essayé de dealer parce qu'il ne faisait pas partie du réseau donc il a été séquestré vous voulez au chalumeau vous avez également des étrangers des sans-papiers qui font les guetters et qui ne sont pas payés bien sûr une question d'Henri dans la Drôme les citoyens doivent-ils se faire justice eux-mêmes si l'État ne joue pas son rôle ? vous en parliez tout à l'heure

1:02:58
Locuteur non identifié

cette tentation de l'organisation en milice et en autodéfense elle commence à pointer dans notre vie

1:03:04
Présentateur

on l'a souvent évoqué souvent redouté ça ne s'est jamais reproduit

1:03:07
Locuteur non identifié

non parce qu'il y a une force républicaine du contrat social qui fait qu'on délègue à la police et à la justice cette responsabilité avec le droit d'utiliser la violence et la force cette responsabilité de protéger les citoyens et de rendre la justice quand il y a des crimes mais encore faut-il que la République soit au rendez-vous

1:03:22
Présentateur

Violette Lazare dans vos reportages vous avez entendu des gens tentés par cette idée-là jamais je n'ai entendu ça et ce n'est même pas une crainte de la part des services de sécurité une question d'Yannick Angiron dans les cités c'est invivable mais l'omerta règne les policiers ne sont pas assez nombreux et la justice est absente comment avancer ?

1:03:41
Locuteur

il y a beaucoup de questions

1:03:41
Présentateur

c'est un travail de longue haleine c'est toutes les composantes de l'État que ce soit la police que ce soit la justice que ce soit l'éducation avec une responsabilité des parents c'est-à-dire qu'il faut tous converger vers un objectif mais de plus en plus vous avez des mamans qui commencent à s'élever notamment à Nîmes pour effectivement exiger de l'État une réponse notamment sur le plan éducatif pour les gamins ne restent pas sur la voie publique et qu'ils soient pris en charge donc ça c'est une manière pour les femmes très courageuses de briser l'omerta il y a juste un mot qui est intéressant le mot omerta on ne l'a pas prononcé depuis le début mais on ne peut pas demander à des gens qui vivent dans une cité qui les croissent tous les jours C'est la fin de cette émission il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne bonsoir Anne-Elisabeth

1:04:22
Invité

Bonsoir Caroline aujourd'hui à l'âge de 13 ans un enfant a déjà en moyenne 1300 photos et vidéos de lui en ligne c'est considérable mais c'est rien à côté des enfants d'influenceurs surexposés par leurs parents dès leur naissance leur joie, leur peine chacun de leurs faits et gestes est partagé avec de lourdes conséquences mentales on vous parle d'une enquête édifiante dans un instant dans C'est à vous

1:04:44
Présentateur

Bonne émission à vous demain vous retrouvez Axelle de Tarlet pour un nouveau C'est dans l'air bonne soirée

1:04:48
Invité

T'exé dans l'air avec Magiline Piscine Magiline Piscine basse consommation