Nationalisation temporaire de STX France : "C'est une bonne décision", estime Delphine Batho (Nouvelle Gauche)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:54OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est la bonne décision ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Si Bruno Le Maire trouve un accord avec Ficantierry, seriez-vous d'accord pour que la nationalisation temporaire n'ait pas lieu ?
- 4:25OuverteRéponse partielle
Vous étiez à l'Assemblée cette semaine sur la moralisation de la vie publique. Que pensez-vous des révélations sur Muriel Pénicaud ?
- 6:10OuverteRéponse directe
Est-ce que vous déposeriez une proposition de loi pour réguler les stock options dans les grands groupes ?
- 6:43OuverteRéponse directe
Pensez-vous que Muriel Pénicaud devrait tirer les conséquences de cette affaire ?
- 9:26OuverteRéponse partielle
C'est quoi ce bisutage à l'Assemblée ? Ou c'est logique après un apprentissage difficile ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44InvitéFait
« Oui, c'est une bonne décision que je soutiens. »
- 1:01InvitéFait
« Je pense que c'est ce qu'il fallait faire par rapport au fait qu'on est dans un secteur qui, aujourd'hui, a des carnets de commandes qui sont pleins. »
- 1:55InvitéFait
« Par exemple, en ce qui concerne l'entreprise PSA, moi, je considère que l'automobile est un secteur stratégique. »
- 2:08InvitéFait
« L'État est intervenu dans une situation qui était critique pour sauver PSA et Peugeot en 2012. »
- 4:38PrésentateurChiffre
« Plus d'un million touchés au moment où un plan social était mis en place chez Danone, où elle était directrice des ressources humaines. »
- 14:33InvitéFait
« que des collaborateurs parlementaires ne puissent pas être payés par des lobbies. »
- 14:43InvitéFait
« Emmanuel Macron avait pris l'engagement dans la campagne électorale que ce serait interdit. »
- 15:12InvitéFait
« La hausse de la CSG sur les retraites, la baisse des APL. »
- 15:43InvitéFait
« beaucoup de décisions qui tombent là, qui n'étaient pas dans le discours de politique générale du Premier ministre. »
- 16:04InvitéFait
« ce qui structure ces décisions, c'est l'inégalité. D'un côté, on abandonne la taxe sur les transactions financières. De l'autre côté, on enlève 5 euros aux bénéficiaires de l'APL. »
Temps de parole
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- Invité 42 %
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Le 8h30 politique de France Info, c'est parti avec Jannick Halimi, du Parisien. Bonjour. Avec notre invité ce matin, bonjour Delphine Bateau. Bonjour. Députée Nouvelle-Gauche des Deux-Sèvres, vous avez porté la voix du groupe Nouvelle-Gauche, des élus du PS cette semaine à l'Assemblée, notamment sur la discussion sur la moralisation de la vie publique. Le gouvernement, c'est l'actualité de cette fin de semaine, a décidé de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire. Écoutez ce que disait le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, hier.
Je vous annonce que nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l'État sur STX. Cette décision a un seul objectif, défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de construction navale.
C'est une décision qui a surpris. Est-ce que c'est la bonne ?
Oui, c'est une bonne décision que je soutiens. Je pense que c'est ce qu'il fallait faire par rapport au fait qu'on est dans un secteur qui, aujourd'hui, a des carnets de commandes qui sont pleins, mais qui, à l'avenir, peut se retrouver ce qu'on appelle surcapacitaire, et donc avec une inquiétude sur les choix qui seraient faits par un actionnaire italien majoritaire dans une situation où les carnets de commandes seraient moins remplis qu'ils ne le sont aujourd'hui. Donc c'est un dispositif pour lequel, moi, je me suis toujours battue. J'ai toujours soutenu cette idée des nationalisations temporaires. Donc c'est une bonne décision.
Après, ça ne suffit pas à déterminer ce qui doit être aujourd'hui la politique industrielle de la France. Je suis inquiète de la session qui est annoncée d'un certain nombre de participations de l'État, si, en particulier, elle devait concerner le secteur de l'énergie ou si elle devait concerner le secteur de l'automobile. Par exemple, en ce qui concerne l'entreprise PSA, moi, je considère que l'automobile est un secteur stratégique. Aujourd'hui, on a des enjeux très importants sur le véhicule zéro émission écologique, sur le véhicule autonome. L'État est intervenu dans une situation qui était critique pour sauver PSA et Peugeot en 2012.
Ça a été une belle opération et je ne souhaite pas, aujourd'hui, que ce type de participation de l'État soit remise en cause.
Delphine Bateau, pour revenir sur le dossier STX, si Bruno Le Maire, qui va en Italie, trouve un accord avec Ficantierry, 50-50, avec les garanties que demande le gouvernement... C'est ce que demande la France depuis le début. Voilà, tout à fait. Puisque, en fait, est-ce que vous seriez d'accord pour que...
Y compris cette nationalisation temporaire, ce n'est pas quelque chose qui vient de sortir du chapeau là. C'est quelque chose qui avait été déjà envisagé et réfléchi. La question, c'est effectivement... Oui, Emmanuel Macron, dès qu'il avait été élu président. C'est vrai, c'est vrai. Mais donc, la question qui est posée, c'est celle, effectivement, de ne pas laisser la France être minoritaire dans la gouvernance. Très bien.
Donc, si cette nationalisation temporaire n'avait pas lieu parce qu'il y aurait un accord avec Ficantierry, vous seriez d'accord également.
Là, dans les 24 heures, parce que c'était ça.
Enfin, dans les 24 heures, dans les...
Ça paraît, ça paraît...
Non, non, pas dans les 24 heures, mais dans la mesure où il n'y a plus de délai sur le droit de préemption, le temps n'est plus compté. Enfin, n'est plus compté en termes d'heures ou en termes de jours. Encore une fois, si le droit de préemption n'était pas exercé parce qu'il y aurait un accord avec Ficantierry, on va dire, dans les semaines qui viennent, vous verriez ça d'un bon oeil.
Si c'est un accord qui permet de préserver les intérêts industriels de la France, oui. D'accord. Oui. D'accord. On sait très bien qu'un dispositif de nationalisation temporaire, c'est une arme, par exemple, dans le type de situation dans lequel on est aujourd'hui. Ça peut être aussi dans d'autres circonstances. Mais oui, c'est aussi un moyen de négociation.
D'accord. Vous imaginez ça, de la part d'Emmanuel Macron, tout de même, au nationalisation ?
Ça ne me surprend pas. Non, ça ne me surprend pas. Parce qu'il était déjà intervenu lorsqu'il était à Bercy, notamment dans des dossiers...
Vous n'allez pas refaire l'histoire de Flange ? Oui. Et des discussions internes au pouvoir, à l'époque. C'était plutôt Arnaud Montebourg qui était en première ligne sur Flange. Oui, mais on pourrait, peut-être, certains journalistes... Mais pourquoi ça n'est pas un livre sur ce qu'était la position d'Emmanuel Macron, à l'époque, et le rôle qu'il a joué, y compris pour encourager Arnaud Montebourg dans la piste qu'il poursuivait ?
Alors, laissons le temps à l'édition d'agir, comme l'on dit. Vous étiez à l'Assemblée hier et tout au long de la semaine pour évoquer ce projet de loi de restauration de la confiance dans la vie publique, dans ce contexte de discussion sur la morale politique, des révélations hier du journal L'Humanité sur des stock options qui auraient touché la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Plus d'un million touchés au moment où un plan social était mis en place chez Danone, où elle était directrice des ressources humaines. Voilà ce que ça a inspiré au député communiste Sébastien Jumel hier à l'Assemblée.
Est-ce qu'on autorise les licenciements pour les entreprises qui distribuent des stock options ? Est-ce qu'on autorise les licenciements abusifs, sans cause réelle et sérieuse, pour les entreprises qui distribuent des dividendes ? Et à cette question, la ministre m'a dit, bien entendu que non, le rapporteur non plus. On a une ministre du Travail qui est disqualifiée pour nous parler la semaine prochaine. Et ça, ce n'est pas de nature à rétablir la confiance entre les citoyens et la puissance publique.
Elle est disqualifiée, Muriel Pénicaud ?
C'est évident, on est dans un débat sur les fameuses ordonnances.
On rappelle que c'est légal.
Sur le code du travail. Cette affaire de stock options, elle renvoie quand même, parce qu'il faut toujours balayer devant sa porte, dans la façon dont c'est quand même un problème récurrent depuis des années et des années. Et à chaque fois qu'il y a eu la volonté, la tentative annoncée de prendre des lois...
Nicolas Sarkozy l'avait fait après la crise de 2008.
Il y a eu le même débat après 2012. Finalement, ça continue. Et tout continue comme avant. Et on découvre aujourd'hui ce que l'on sait. C'est-à-dire qu'un certain nombre d'entreprises gagnent de la valeur boursière et donc redistribuent cette valeur boursière sur le dos des salariés. C'est ça.
Est-ce que vous déposeriez une proposition de loi, peut-être d'ailleurs avec la France insoumise, pour corriger, réguler ce type de pratiques totalement légales, comme vous le dites, au sein notamment des grands groupes boursiers ?
Une proposition de loi, je ne sais pas, mais c'est évident que c'est choquant depuis des années et des années. Chaque fois qu'il y a un plan social avec en même temps envoyé une amélioration de la valeur boursière de l'entreprise, il y a cette situation qui est révoltante.
Mais politiquement, pour répéter la question de Nicolas Terre, est-ce que vous pensez que Muriel Pénicaud devrait tirer les leçons, les conséquences de cette affaire avec bien sûr tous les guillemets qui s'imposent en tant que ministre du Travail ?
Le problème qui est posé, c'est est-ce que cette situation que l'on découvre sur la façon dont les choses se sont passées quand elle était non pas une responsable politique, mais responsable des ressources humaines chez Danone, ça influe son point de vue sur, comme l'a très bien expliqué mon collègue, député de gauche...
Sébastien Jumel, communiste.
Oui, est-ce que ça influe les points de vue qu'elle défend dans le débat sur les ordonnances sur le Code du Travail ? Elle peut continuer à négocier avec les syndicats ? C'est compliqué à analyser.
Dans ce contexte ?
Oui, mais il y a quand même quelque chose de choquant. Excusez-moi, on a eu toute une campagne électorale pour nous expliquer qu'il y allait avoir une nouvelle méthode de réforme de la France qui serait qu'on prendrait des gens de droite, des gens de gauche, des gens du centre, des écologistes et qu'on les ferait travailler ensemble pour aboutir à des réformes de bon sens. Et là, une des premières réformes, présentée comme la plus importante, celle du Code du Travail, en fait on zappe complètement le Parlement, donc on zappe l'endroit où normalement est censé se faire cette construction démocratique pour être dans un projet de loi qui est en réalité à la main complète du seul gouvernement.
Donc il y a une discussion avec les organisations syndicales, pour l'instant on n'en connaît pas les conclusions. Et donc nous, on nous demande de voter à l'aveugle en fait par rapport à cette réforme.
Et on continue d'en parler après un point sur l'info à 8h40, Léo Chapuis.
La ministre du Travail est donc sous le feu des critiques de la gauche, Muriel Pénicaud, épinglée par le journal L'Humanité pour avoir fait une juteuse opération boursière au moment d'un plan social du temps où elle travaillait donc chez Danone en tant que DRH. Rien d'illégal mais ce n'est pas moral aux yeux de la gauche. Ça brûle toujours dans le département du Var. Les pompiers combattent une reprise du feu dans le nord du département à Artigues. 1700 hectares de forêt ont déjà flambé. Mais désormais ce matin, les flammes ne gagnent plus de terrain. La croissance de l'économie française se consolide. Plus 0,5% pour le troisième trimestre d'affilée.
Et puis en football, Bordeaux et Marseille prennent une option pour la qualification en Ligue Europas. Les deux clubs français se sont imposés hier soir. C'était face à des Belges pour l'OM, face à des Hongrois pour Bordeaux. Les matchs retour auront lieu la semaine prochaine.
Delphine Bateau, députée Nouvelle-Gauche des Deux-Sèvres et l'invité de France Info avec Jannick Halimi du Parisien. Les discussions à l'Assemblée depuis le début de la semaine sur la moralisation dans une ambiance qu'on avait rarement vue aussi chaotique, avec des expressions très dures parfois pour les responsables en marche qui ont présidé les séances. C'est quoi ? C'est du bisutage un petit peu ? Ou c'est logique après un apprentissage difficile de la vie parlementaire ?
Non, je récuse complètement ce terme. Le terme de quoi, pardon ? De bisutage. Bisutage, d'accord. Ce qui se passe est en réalité très affligeant et même catastrophique. On est dans un débat sur la moralisation de la vie publique, sur la confiance dans la démocratie. Et il y a des dysfonctionnements répétés du Parlement depuis le début de la semaine et encore cette nuit qui sont inacceptables. À cause de quoi ? Et la question qui est posée, parce que la majorité n'est pas dirigée. Par qui ? Le problème qui est posé, ce n'est pas de pointer du doigt des jeunes collègues, c'est-à-dire des nouveaux députés, qui n'ont pas nécessairement une longue expérience des débats parlementaires.
Ce n'est pas à eux qu'il faut faire porter le chapeau. Les chefs, ils sont où ? Ils sont où les chefs quand il y a des problèmes dans les discussions à l'Assemblée nationale ? Président du groupe majoritaire ? Pas là. Président de l'Assemblée nationale ? Pas là. Ministre des Relations avec le Parlement ? Pas là. Vous voyez, tous les groupes de l'opposition participent à ce débat sur la confiance dans la démocratie avec la volonté d'être constructifs, d'être ambitieux. Par exemple, nous, nous portons des amendements sur la question du poids des lobbies, sur l'appareil d'État, sur la question du poids des lobbies dans la démocratie.
Donc on entre dans cette discussion, vous voyez, de façon complètement constructive, avec la volonté de faire avancer. Donc il n'y a pas de volonté d'être dans une forme d'obstruction, de multiplier les incidents.
Vous êtes plutôt constructifs, effectivement.
Il suffit d'ouvrir à l'Assemblée.
Delphine Bateau, la réponse tenait du porte-parole du gouvernement et on continue ensuite.
Je crois qu'on peut prendre le risque de demander à une nouvelle génération d'assumer des responsabilités. Surtout que, est-ce que ça nous a fait dérailler ? Non. Ce qui donne une mauvaise image, c'est les vieux briscards, qui justement s'amusent de voir une femme sur le plateau de l'Assemblée nationale et la bouscule avec les bonnes vieilles ruses. Moi, j'assume ma part de fragilité.
Et j'assume aussi celle des parlementaires. Les anciens contre les modernes, selon Christophe Castaner.
Et les hommes contre les femmes aussi ?
Il y a du sexisme aussi ? D'abord, la place du ministre des Relations avec le Parlement. Par exemple, dans la nuit que nous venons de vivre, est davantage à l'Assemblée nationale que sur les plateaux de télévision. Il est porte-parole aussi du gouvernement. Oui, je ne lui reproche pas de s'exprimer. Mais cette nuit, c'était absolument incroyable. Ensuite, ce qui est dit est faux. C'est-à-dire que, je le redis, ce n'est pas normal de pointer du doigt, ce qui serait un problème d'absence de compétences, de collègues qui sont des nouveaux députés. Ce n'est pas ça le problème. C'est qu'il y a une sorte de flottement permanent.
Et le fait que ça ne déraille pas, je suis désolée, mais par exemple, hier, on a quand même eu un article très important. Sur la transparence des déclarations d'impôt, du paiement de l'impôt par les membres du gouvernement. Cet article, il n'a pas été voté. Il n'a pas été voté parce qu'on est dans cette espèce de flottement permanent et parce que les chefs ne sont pas là, ils sont aux abonnés. Vous pensez qu'on traverse une crise institutionnelle ? Vous iriez jusque-là ? Ça m'inquiète beaucoup pour l'image du Parlement.
La volonté de restaurer la confiance dans la démocratie, on a quand même eu une campagne électorale dans laquelle on a assisté à une espèce d'effondrement moral de la confiance dans les institutions pour des raisons légitimes, la multiplication des affaires, etc. Là, que le Parlement donne ce spectacle affligeant, oui, franchement, ça m'inquiète. Moi, je suis députée, j'ai la passion du Parlement, j'ai une vision exigeante et ambitieuse du rôle du Parlement dans une démocratie. Donc oui, ça ne peut pas continuer comme ça.
Mais vous avez alerté, par exemple, le président de l'Assemblée nationale ? Bien sûr.
Vous l'avez alerté de quelle façon ? Bien sûr, depuis le début de la semaine, depuis lundi soir. Depuis le début. Et depuis mardi matin, il a été alerté sur la façon dont les choses...
Il ne tient pas son rôle, François de Rugy ?
Non, je ne veux pas mettre en cause le président de l'Assemblée nationale. Mais quand il y a des problèmes dans le passé, ce n'est pas la première fois qu'il peut y avoir à un moment donné un problème, on a toujours eu des solutions. Et dans ces cas-là, on arrive à se remettre au travail. Là, franchement, en plus, il y a un côté absurde. Il y a un côté absurde parce que ce n'est pas lié à une volonté de blocage, d'obstruction. Pas du tout. Au contraire. Au contraire.
En parlant de crise, comment va le PS d'Elphine Bateau ?
Mal. Mal.
Et vous, ça va ? Mal.
Oui. Ce qu'on essaye de faire à l'Assemblée nationale, avec le groupe Nouvelle-Gauche, c'est d'être la gauche utile aux Français, tout de suite, maintenant. Vous voyez, par exemple, dans le débat dont on parlait, nous avons fait voter le fait, ce qui est quand même ahurissant que ça existait encore jusqu'ici, que des collaborateurs parlementaires ne puissent pas être payés par des lobbies. Et aujourd'hui, nous allons avoir un débat très important sur, vous savez, le cumul entre un mandat de député et la fonction de conseil.
Emmanuel Macron avait pris l'engagement dans la campagne électorale que ce serait interdit, et malheureusement, le projet de loi qui est en débat prévoit que ce soit toujours autorisé. Donc voilà le travail que nous faisons.
On reconstruit par la base.
Ce n'est pas par la base, mais par le travail concret, les idées nouvelles.
Est-ce que vous êtes une élue locale, bien sûr, des Deux-Sèvres, est-ce que vous sentez déjà une certaine grogne, un certain malaise, voire un mécontentement sur le terrain ?
Il y a un début d'inquiétude très important. Par rapport à quoi ? La hausse de la CSG sur les retraites, la baisse des APL, un ensemble de ce qui s'est passé dans la défense nationale. La réduction des crédits, le remplacement des crédits, la crise de la généralité, toute confiance aussi entre les chefs des armées, le chef de l'État et la défense nationale. On peut multiplier les exemples.
Il y a un retour sur terre, vous avez l'impression ? Après une période peut-être un petit peu d'euphorie ou d'état de grève ?
Oui, c'est un retour au réel. Et surtout, il y a quand même, sur le plan budgétaire, pardonnez-moi, mais beaucoup de décisions qui tombent là, qui n'étaient pas dans le discours de politique générale du Premier ministre. C'est-à-dire qu'on a eu, normalement, au travers du discours de politique générale du Premier ministre, un exposé de ce qu'allaient être les orientations du gouvernement. Et en fait, elles n'étaient pas dedans. Et semaine après semaine, sujet après sujet, on découvre un certain nombre de décisions, qui inquiètent, en particulier parce que ce qui structure ces décisions, c'est l'inégalité. D'un côté, on abandonne la taxe sur les transactions financières.
De l'autre côté, on enlève 5 euros aux bénéficiaires de l'APL. D'un côté, on va baisser l'impôt de solidarité sur la fortune pour les plus riches. Et de l'autre, on va augmenter la CSG des retraités. Donc c'est ce sentiment d'inégalité qui fait que, oui, il y a un début d'inquiétude dans le pays.
Delphine Bateau, vous avez été ministre de l'écologie. Que pensez-vous des premiers pas de Nicolas Hulot ? Il se débrouille très bien. Il se débrouille ?
Non, c'est mieux que ça. Je veux dire, il est solide. Et surtout, ce qui m'intéresse, c'est qu'il veut accomplir des changements structurants. Et vous pensez qu'il aura les moyens de le faire ?
Il se débrouille dans le brouillard un peu ? Parce qu'on ne parle pas beaucoup d'écologie quand même depuis trois mois.
Non, c'est quelqu'un qui vient de la société civile, qui n'a pas exercé jusqu'ici de responsabilité politique. Et je dis, dans le job de ministre, il est solide. Et il veut réussir des changements structurants par rapport à la sortie des énergies fossiles, de dire la réalité des choses sur le nucléaire, par rapport à la question de la santé environnementale. Donc, il faut l'aider. C'est un gage de crédibilité. Je parlais des lobbies tout à l'heure. Et ces lobbies sont très puissants. Donc, il n'a pas une tâche facile. Mais je pense que s'il a accepté cette responsabilité, c'est pour réussir des changements structurants.
Pas simplement, vous voyez, faire du greenwashing ou de la com sur l'écologie. C'est pour que, dans le concret des décisions de fond, les choses changent.
Voilà, doigts pointés, mais pouces levés pour Nicolas Hulot de la part de Delphine Bateau, députée des Deux-Sèvres, invitée de France Info ce matin. Merci à vous pour votre venue. Merci, Yannick Halimi, du Parisien.
Delphine Batho