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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 27 mai 2020 6 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Nicolas Poincaré : Situation préoccupante en Amérique Latine - 27/05

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 0 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteÉludée

    Le Brésil est particulièrement touché, avec un président contesté pour sa gestion de la crise.

  • 1:20OuverteÉludée

    Javier Bolsonaro se comporte comme Donald Trump aux Etats-Unis, mais pire.

  • 2:05OuverteÉludée

    Pourquoi un militaire comme ministre de la Santé au Brésil ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:48PrésentateurFait
    « Le président éructe contre les gouverneurs qui maintiennent le confinement. »
  • 0:54PrésentateurFait
    « Il les traite de bouse et de tas de fumier. »
  • 0:57PrésentateurFait
    « Il parle d'un connard de maire qui vient de signer une saloperie de décret de confinement. »
  • 1:52PrésentateurFait
    « Il a déjà renvoyé deux ministres de la Santé parce qu'il ne partageait pas ses vues sur la chloroquine. »
  • 2:05PrésentateurFait
    « Le gouvernement actuel du Brésil compte un nombre de généraux hallucinant. »
  • 2:12PrésentateurChiffre
    « Le Brésil est désormais le deuxième pays le plus touché du monde derrière les Etats-Unis en termes de nombre de cas. »
  • 2:18PrésentateurChiffre
    « Le sixième le plus touché en termes de nombre de décès. »
  • 2:39PrésentateurChiffre
    « On a compté 1000 morts hier pour le troisième jour consécutif, plus de 1000 morts en 24 heures. »
  • 4:50PrésentateurFait
    « Officiellement, le Venezuela dit n'avoir que 10 morts, alors que pour les ONG, c'est complètement absurde. »

Temps de parole

  • Présentateur81 %
  • Invité19 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Vous écoutez RMC, expliquez-nous. C'est Nicolas Poincaré qui est là pour nous expliquer. Nicolas, vous allez parler et nous parler. Nous suivons à la trace cette épidémie, cette pandémie. Et vous allez nous parler de l'Amérique latine. Parce que c'est devenu maintenant l'épicentre de cette pandémie.

0:21
Présentateur

Oui, et le Brésil est particulièrement touché. Avec en plus la particularité d'avoir un président qui est contesté pour sa gestion de la crise. Ou plutôt pour sa non-gestion. Puisque pendant des semaines, Ravier Bolsonaro a expliqué qu'il ne croyait pas en ce virus. Il dénonçait une hystérie autour de cette petite grippette. Une vidéo a été rendue publique il y a quelques jours. Et les télés brésiliennes continuent à la diffuser en boucle. On y voit une réunion ministérielle qui se tient le 22 avril. Le président éructe contre les gouverneurs qui maintiennent le confinement. Alors que lui voudrait que l'économie redémarre. Alors il les traite de bouse et de tas de fumier.

Il parle d'un connard de maire qui vient de signer une saloperie de décret de confinement. Autour de la table, il n'y a que des hommes, des ministres et des généraux qui rient très fort et qui répondent tous sur le même ton. Ces images n'auraient jamais dû sortir. Elles ont été diffusées par des juges qui enquêtaient sur autre chose. Qui enquêtaient sur des soupçons d'intervention de Bolsonaro pour protéger ses fils qui sont accusés de corruption.

1:20
Invité

Oui, en fait, Javier Bolsonaro se comporte comme Donald Trump aux Etats-Unis, mais pire.

1:26
Présentateur

Voilà, encore plus caricatural. Comme Donald Trump, il a d'abord nié la crise. Comme Donald Trump, il s'oppose au gouverneur sur la question du confinement. Comme Donald Trump, il croit beaucoup en la chloroquine. Il suggère pour guérir de prendre ce médicament, de pratiquer le jeûne et de s'en remettre à Dieu.

1:44
Invité

On ne mange plus, on s'en remet à Dieu et on prend un peu de chloroquine. Et comme ça, on est tranquille.

1:52
Présentateur

Alors, il a déjà renvoyé deux ministres de la Santé parce qu'il ne partageait pas ses vues sur la chloroquine. Il a fini par nommer un troisième ministre qui est un militaire obéissant, mais qui n'a aucune compétence en matière de santé.

2:03
Invité

C'est un militaire comme ministre de la Santé, pourquoi pas ?

2:05
Présentateur

D'ailleurs, le gouvernement actuel du Brésil compte un nombre de généraux hallucinant. Il n'y en a jamais eu autant depuis la dictature. Alors, résultat, le Brésil est désormais le deuxième pays le plus touché du monde derrière les Etats-Unis en termes de nombre de cas. Le sixième le plus touché en termes de nombre de décès. Mais surtout, alors que dans la plupart des pays, on voit que l'épidémie atteint un pic au bout d'une cinquantaine de jours environ. Puis, les courbes commencent à redescendre. Eh bien, au Brésil, on a passé cette limite des 50 jours et les courbes ne redescendent pas du tout. Au contraire, le nombre de nouvelles contaminations a même doublé ces derniers jours.

On a compté 1000 morts hier pour le troisième jour consécutif, plus de 1000 morts en 24 heures. Alors, bien sûr, ce n'est pas uniquement à cause de la politique populiste du président. Les causes sont nombreuses et comme souvent un petit peu mystérieuses. On peut noter aussi que là-bas, c'est l'hiver qui commence. Mais en tout cas, les chiffres sont très mauvais.

2:57
Invité

Oui, ils sont très mauvais à l'échelle du continent. L'Amérique du Sud, le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes en Amérique du Sud, a dépassé celui de l'Amérique du Nord et de l'Europe.

3:08
Présentateur

Voilà, aujourd'hui, outre le Brésil, sont le Chili et le Pérou, les pays les plus touchés au Pérou. On a encore eu 5000 nouveaux cas en 24 ans. Les hôpitaux de Lima, la capitale, ont prévenu qu'ils commençaient à ne plus accepter de nouveaux malades parce qu'ils n'ont plus de lits en réanimation, plus de respirateurs, plus d'oxygène, plus de protection pour les soignants. Bref, il manque de tout. Auparavant, c'était en Équateur qu'on a assisté à des scènes d'horreur. La ville de Guayaquil a recensé 1400 morts en quelques jours et les cadavres ont été abandonnés dans les rues. On a vu des corps être incinérés sur les trottoirs ou bien entassés dans les toilettes des hôpitaux.

On avait vu ça nulle part ailleurs dans le monde.

3:48
Invité

Oui, l'Amérique latine est aussi maintenant le continent le plus pauvre touché par le virus.

3:52
Présentateur

Oui, beaucoup plus pauvre naturellement que l'Europe et l'Amérique du Nord. Et ça change tout. Les populations sont frappées par la crise économique en même temps que par le virus. Parfois même avant l'Argentine, par exemple, connaît déjà une très grave crise avec des files d'attente qui s'allongent devant les soupes populaires alors que l'épidémie n'a pas encore vraiment touché l'Argentine. À Santiago du Chili, il y a des émeutes de chômeurs et de nouveaux pauvres qui affrontent tous les soirs la police en plein confinement. En Colombie, dans les grandes villes, les gens mettent un drapeau rouge à la fenêtre pour indiquer qu'ils ont faim. C'est un peu comme le... C'est un acte... Oui.

On met dans un drapeau rouge à la fenêtre pour indiquer qu'on a faim. Voilà. C'est à la fois un geste politique, un peu comme les gilets jaunes chez nous, mais aussi un geste très pratique pour dire ici, il y a une famille qui ne mange pas à sa faim. Si vous avez un petit peu de pommes de terre ou de pâtes, eh bien, on prend. Enfin, il y a un pays qui vit déjà dans une extrême pauvreté depuis des années, c'est le Venezuela. Et là, la majorité de la population ne mangeait déjà pas à sa faim avant l'épidémie. Eh bien, aujourd'hui, c'est pire.

Et le pays est aussi sans doute le plus grand menteur du monde en ce qui concerne les statistiques, puisque officiellement, le Venezuela dit n'avoir que 10 morts, alors que pour les ONG, c'est complètement absurde. L'université américaine John Hopkins, qui s'est fait sa réplication sur le fait de dénombrer les morts sur toute la planète, parle de 30 000 morts et non pas 10.

5:13
Invité

30 000 morts au Venezuela. On ne mange pas, on ne peut plus se chauffer, on n'a plus d'eau. C'est catastrophique la situation au Venezuela.

5:24
Présentateur

Avec des pétroliers iraniens qui viennent d'arriver d'Iran pour livrer du pétrole, alors que théoriquement, le Venezuela était un des plus grands producteurs de pétrole du monde, un pays qui marche à l'envers.