Ils ont détruit nos vies, ils pleurent sur des vitrines
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:13OuverteRéponse partielle
On peut vraiment chiffrer la casse matérielle comme ça ?
- 8:14OuverteRéponse directe
Une fortune pour équilibrer les retraites ?
- 12:53OuverteRéponse directe
Comment on éteint une colère sociale ?
- 14:07OuverteRéponse directe
Sortir ça après dix ans de mépris, c'est pas un peu culotté ?
- 16:30RelanceRéponse directe
Tu es président de la France et tu dis aux Français de ne pas descendre dans la rue ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Il y a eu des cadeaux fiscaux qui ont été faits à des gens qui n'en avaient pas besoin. »
- 0:04Invité politiqueFait
« Les plus riches, les grandes entreprises. »
- 0:08Invité politiqueFait
« L'économie a fonctionné pour une minorité ces dernières années, et pas pour la majorité. »
- 1:45Locuteur 4Chiffre
« Ça avait coûté 900 millions d'euros. »
- 1:48Locuteur 4Chiffre
« En 2023, une semaine d'émeute, ça coûtait 1 milliard d'euros. »
- 7:30PrésentateurFait
« 32% du budget de l'éducation nationale est finalement alloué aux retraites. »
- 18:58Invité politiqueChiffre
« Quelqu'un qui n'a pas été augmenté depuis le Covid a perdu deux mois de salaire. »
- 20:51Invité politiqueFait
« Les 1% se sont enrichis plus vite que le reste de la population. »
Temps de parole
- Invité politique67 %
- Présentateur22 %
- Locuteur 43 %
- Locuteur 13 %
- Locuteur 23 %
- ?2 %
≈ 20 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il y
a
eu des cadeaux fiscaux qui ont été faits à des gens qui n'en avaient pas besoin. Les plus riches, les grandes entreprises. Donc l'économie a fonctionné pour une minorité ces dernières années, et pas pour la majorité. Une fois qu'on a fait ce constat-là, et que ça a duré depuis 30 ans, la vraie question qu'on doit se poser, c'est comment les gens ont pu être aussi calmes aussi longtemps ? La violence économique est la première violence. Et il n
'y a
pas de violence dans la rue sans violence économique.
Bonjour tout le monde et bienvenue dans l'Instant Porcher, saison 6. Une fois n'est pas coutume, on est là avec Thomas et on est ravis pour détricoter tous les discours qu'on entend autour de nous. Et il
y
en a du travail. On est à quelques mois maintenant de l'élection présidentielle et c'est difficile de faire le tri, mais on sera là tous les lundis pour vous accompagner dans ce flot d'informations et parfois de bêtises. Vous le savez, Le Média est un média libre et indépendant et ne vit que grâce à vous. Pour assurer notre survie jusqu'en 2027, on a besoin de vous à partir de 3 euros par mois sur capsurdica.lemédiatv.fr. Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Content de retrouver le public du Média là ?
Très content, très heureux.
C'est parti. Cette rentrée est très, très chargée. Ça fuse de partout, mais pas de panique. On est là pour vous aider. On va vous débunker trois petits sujets aujourd'hui où l'on entend un peu tout et son contraire, enfin surtout le contraire. Tout d'abord, malgré les centaines de milliers de manifestants dans la rue avec des revendications claires et répétées depuis des années, devinez ce qu'on retient du 17 octobre.
La
casse. Alors non, pas la casse des services publics, du dos des ouvriers tués par le capitalisme ou des bouches ou oeils arrachés des enfants devant leur lycée. Non, la casse de vitrine et de bâtiment. C'est Noël chez CNews.
Les coûts sont énormes. Mais il
y a
d'abord un premier type de coût que tout le monde comprend,
c
'est évidemment le coût direct de ces pillages, de ces saccages. Bien entendu, si on se réfère par exemple à l'épisode des Gilets jaunes, ça avait coûté 900 millions d'euros. C'était en 2018-2019. Si on regarde plus récemment, en 2023, une semaine d'émeute, ça coûtait 1 milliard d'euros. Et là, quand on voit ce qui s'est passé, effectivement, on peut estimer que d'ores et déjà, le coût direct est autour des 1,5 milliard d'euros. Donc c'est déjà énorme,
on
dépasse dans tous les compteurs. Alors évidemment, certains se disent, oui, mais ce sont les assurances qui vont rembourser. Alors ils ne vont pas déjà pas rembourser tout et
puis
ne l'oubliez pas. C'est qu'ensuite, il y
a
des impacts, notamment sur les cotisations d'assurance. C'est reporté. Donc à la fin, c'est toujours les Français qui payent. Thomas, est-ce
qu'on peut vraiment chiffrer la casse matérielle comme ça ?
Non,
on ne
peut
pas la chiffrer sur une année. Là, on est parti, on voit bien qu'il y
a
un effet film d'horreur. C'est-à
-dire
qu'on part de quelques dizaines de millions, puis on arrive à plusieurs dizaines de milliards. Marc Toitier nous dit que
c
'est une horreur économique. On n'en sait rien. En fait, quand on regarde les anciennes grèves, on se rend compte qu'effectivement, il y
a
un impact sur le trimestre où il y
a
eu des grèves
qui
se situent entre 0,1 et 0,2 points de PIB, qui est un impact réel. Mais il y
a
un effet de rattrapage après. Si vous vouliez acheter, par exemple, des meubles et qu'il
y a
une grève, vous allez l'acheter le mois d'après. Alors il y a effectivement toutes les pertes qui ne sont pas compensables. Si vous allez au restaurant, vous n'allez pas consommer deux fois plus de steak un mois après. Mais globalement, on se rend compte que sur une année, les pertes sont quasi nulles. Et l'impact en termes de hausse d'impôt qui devrait financer ces pertes n'existe pas. Donc il y a une volonté très clairement d'affoler les gens avec des chiffres énormes pour leur dire voilà, c'est catastrophique. Donc il faut augmenter la répression face à ces mouvements de grève et face à ces casseurs.
Oui, on entend là, il essaie de faire peur parce qu
'il
dit, les Français qui, à la fin,
c
'est les Français qui vont payer, les assurances ne pourront pas tout rembourser, etc.
Oui, en fait,
il
y
a
trois... Alors ce qui est dingue, c'est que ce discours qui a été tenu par Marc Toiti sur CNews a été tenu quasiment par tout le monde,
y
compris sur le service public. C'est d'abord les dégâts matériels évalués, les pertes pour les commerçants. Et on veut bien le comprendre qu'individuellement, pour un commerçant, c'est très difficile. Ensuite, il y a les pertes dues à la hausse des franchises des assurances. Alors ce qui est marrant, c'est que sur BFM TV, on a invité le patron des assurances à ça, comme si le mec, c'était quelqu'un qui aidait les gens. Alors qu'en fait, non, il va augmenter les franchises, il va perdre son métier d'assureur. Quelque part, on ne
peut
pas dire que c'est quelqu'un qui aide les commerçants. Donc on mesure après la hausse des franchises et l'impact d'assurances. Et après, l'impact sur les spreads, c
'est
-à
-dire
les taux d'intérêt qui augmenteraient en milliards dans le budget de l'État. Donc on fait trois impacts comme ça, alors qu'en réalité, il y a un impact, effectivement, de perte d'activité. Très clair, on est d'accord. Mais souvent, un effet de rattrapage qui est après. Et ça, ça s'est vu dans toutes les grèves des Gilets jaunes, les grèves de 95, où quand même, il n
'y
a pas eu de transport pendant un mois.
Et
à
l
'époque, il
n
'y avait pas Internet, etc. Donc quand il n
'y
avait pas de transport, on ne pouvait pas aller travailler au travail, c'était mort. Donc on a vu que sur toutes ces grèves-là, il y a eu un effet de rattrapage et que l'impact est nul ou très proche de zéro.
Et
puis
ce n
'est
pas comme si c'était le but de démobilisation,
en
fait, de montrer que si le peuple s'arrête, le pays s'arrête aussi.
C'est ça.
C
'est que derrière, effectivement, il faut comprendre pourquoi aussi les gens manifestent.
C
'est-à-dire que les gens manifestent pour une meilleure répartition des richesses. La cause de ça, il faut regarder aussi la cause. Pourquoi les gens manifestent
? Ils
manifestent parce qu'il y
a
eu une mauvaise répartition des richesses. Parce qu'ils estiment qu
'il
n
'y a
pas eu suffisamment de budget dans l'éducation nationale. Parce qu'il
y
a eu des politiques qui ont créé une forme de colère chez une partie de la population. Donc ça, c'est les causes des manifestations. Deuxièmement, il faut regarder aussi que dans les manifestations, toutes les avancées sociales se sont faites après des manifestations. Parfois très violentes, comme mai 68. Et que s'il y avait une meilleure... Enfin, si on attendait très sagement que tout ça ruisselle, que l'économie des plus riches ruisselle sur les plus pauvres, il n'y aurait pas de manifestation. Comme ça ne se passe pas, les gens ont besoin de manifester pour qu'il
y ait
une meilleure répartition des richesses. Et ça aussi, il faut le regarder.
Oui,
parce que si on recule la focale de la casse, combien ça coûte aux Français, machin, les Français, déjà, paient la politique énormément de l'offre et de l'austérité des néolibéraux depuis bien longtemps. On ne peut pas avancer sur un plateau. Oui, les Français, ils vont payer quelques millions de casses, alors qu'ils payent déjà les dégâts du capitalisme depuis des dizaines d'années, en fait.
Complètement. Déjà, il y
a
eu une case du service public qui a été organisée, organisée depuis une trentaine d'années, nettement accélérée sous le quinquennat de Macron, puisque la dépense publique n
'a
pas suivi les besoins. Et on voit bien de quoi on parle. On parle d'économie sur les dépenses de santé, alors que la population vieillit et qui aura de plus en plus de traitements lourds à faire sur des personnes âgées. Donc, on voit très bien qu
'on
fait une économie sérieuse sur des gens qui peuvent être victimes de maladies. Il y a eu des économies dans l'éducation nationale qui sont fortes, très, très fortes, notamment sur les salaires des enseignants. Les salaires des enseignants ont fortement baissé, ce qui fait qu'il y
a
eu très peu d'attractivité, que parfois, il
y a
des concours où
il
y a eu 75 % de moins de candidats,
ce
qui a entraîné des pénuries de professeurs et ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre d'élèves qui n'arrivent pas à avoir des professeurs en face. Donc, il y
a
eu une case qui a été organisée. Et de l'autre côté, il y a eu des cadeaux fiscaux qui ont été faits à des gens qui n'en avaient pas besoin, les plus riches, les grandes entreprises,
et
qui n'ont pas à respecter non plus les règles morales qui consistaient à faire en sorte de moins licencier, d'investir, etc. Donc, l'économie a fonctionné pour une minorité ces dernières années et pas pour la majorité. Donc,
on
ne peut pas, une fois qu'on a fait ce constat-là et que ça a duré depuis 30 ans, la vraie question qu'on doit se poser, c'est comment les gens ont pu être aussi calmes aussi longtemps ? C'est ça, la vraie question. Ça devait exploser. Ça explose aujourd'hui. On a déjà eu des signes d'explosion au moment des Gilets jaunes et au moment de la grève,
de
la réforme des retraites ou de l'explosion des banlieues après le meurtre de Naël. Mais là, on savait, avec une telle politique économique,
qu
'on était dans une cocotte minute et que ça devait exploser à un moment.
Parce que sur les plateaux, on aime beaucoup parler de violence. Mais en fait, si on parlait d'une vraie violence, c'est la violence économique.
La violence économique est la première violence. Et il n
'y a
pas de violence dans la rue sans violence économique.
On va parler d'un autre sujet de l'actualité. Une fois n'est pas coutume le coût des retraites. Bercy a dévoilé que 32% du budget de l'éducation nationale est finalement alloué aux retraites. Écoutez.
En fait, c'est des chiffres connus. Mais alors, surtout, on en parle le moins possible. Il n
'y a
pas de clé rond pour ces chiffres-là. Parce qu'évidemment, il y a une fortune dépensée par l'État pour équilibrer les retraites. La nouveauté, c'est que pour la première fois en annexe du budget, c'est écrit noir sur blanc. Ça n'avait jamais été le cas. En tête de gondole, l'éducation nationale. 32 euros sur 100 euros de budget, c'est uniquement
pour
payer les retraites des retraités de l'éducation nationale. Ça veut dire que quand on vous dit l'éducation nationale, c
'est
un budget de 61 milliards. Oui, pour l'éducation. Vous rajoutez 29 milliards avec les retraites. Et le budget de 61 milliards, c'est son vrai montant. C'est 90 milliards.
Alors,
Thomas, une fortune pour équilibrer les retraites.
Alors, ce qui est moi, ce qui m'étonne toujours, c'est que des gens découvrent des choses qui existent depuis longtemps. Dans le secteur privé, quand vous achetez n'importe quel produit qui vient du secteur privé. Vous savez que quand vous achetez un produit, il y a une part de ce produit qui va financer les retraites du secteur privé. Le taux de cotisation dans le secteur privé des retraites,
c
'est grosso modo 30%. Quasiment la même chose. Parce que là, il nous dit que dans le budget d'éducation nationale, il y a 32% qui va aux retraites.
Le
taux de cotisation dans le privé, c'est 30%. Quasiment la même chose.
D
'accord ? Ça,
c
'est la première chose qu'il faut dire. Sauf que le mécanisme n'est pas le même. Dans le secteur public, vous n'avez pas de cotisation patronale. Donc, en fait, vous avez une subvention qui va payer les retraites après. Et donc, qui va être comptabilisée dans ce budget qu'ils nous disent. L'État pourrait fixer des cotisations patronales et il n'y
aurait
plus ce problème de budget. Mais c'est la même caisse. C'est soit l'État qui paye des cotisations, soit il donne une subvention ex poste après coup. Il a choisi de faire comme ça. Donc, c'est un exercice comptable. Mais en réalité, les taux de cotisation sont quasiment les mêmes.
C
'est 30% dans le privé. Là, c'est 32% du budget qui part. C'est quasiment la même chose. C'est comme ça depuis toujours. Et là, les gens, en pleine grève, grève des étudiants, qui revendiquent des moyens. On n
'a
jamais vu des étudiants avec des pancartes disant je ne veux plus payer la retraite du prof de ma mère. On n
'a
jamais vu ça. Qui demandent des moyens. On vous ressort ça pour vous dire regardez, c'est le système des retraites français qui ponctionne des moyens aux étudiants, qui fait qu'ils sont en colère. Donc, la vraie opposition, ce n
'est
pas les étudiants contre l'austérité. C'est les étudiants contre les vieux retraités. Donc là, il y a vraiment une manipulation pour faire en sorte que le clivage ne soit plus le même et que le clivage s'adresse aux vieux. On a vu la même chose pour la retraite par répartition.
C
'est toujours le même système. Et donc, ce chiffre sort, est utilisé par les éditorialistes alors qu'il existe depuis toujours et que c'est juste un jeu d'écriture comptable qui fait qu'aujourd'hui, c'est une partie des subventions qui sont dans le budget qui payent les retraites des fonctionnaires et pas des cotisations patronales. Mais l'ensemble de l'enveloppe qui est mis est quasiment la même dans le privé et dans le public. Ça, il faut le dire. Maintenant, si vous voulez baisser une partie
de
ce budget, vous augmentez le nombre de fonctionnaires et très clairement, la subvention va diminuer. Or, les tendances que nous avons eues, c'était de ne
pas
remplacer un fonctionnaire sur deux qui parle à la retraite, de remplacer des fonctionnaires par des contractuels qui n
'ont
pas le même système de retraite. C'était l'ubérisation de la fonction publique qui a eu lieu. Donc, la réalité du débat, ce n'est pas d'opposer des... D'ailleurs, les lycéens ne sont pas dupes à ne pas opposer les lycéens aux profs retraités. C'est de faire en sorte, justement, que l'éducation nationale ait plus de moyens,
que
les profs soient mieux payés pour que ce soit beaucoup plus attractif. Parce que là, il faut le dire aussi, la baisse des salaires des profs n'a pas aidé les retraites des profs. Ça, il faut le dire aussi. Donc, c'est ça, le vrai clivage. C'est les lycéens contre l'austérité et pas les lycéens contre les vieux. Et ça, c'est une manipulation des libéraux.
Mais tu l'as dit, les lycéens, les étudiants et même les gens qu'on a vus, par exemple, dans la rue le 17 octobre, ils ne sont pas dupes du tout. C'est-à-dire que leur pancarte, à chaque fois, c'est taxer les riches, c'est l'argent, on sait où il est. Il n
'y
a plus de leur sur où est l'inégalité aujourd'hui. On a l'impression qu'à chaque fois, on nous met les retraites, le chômage, les malades comme un fardeau pour l'économie. Mais ce n
'est
pas du tout le cas. Même, il y a les valeurs humaines, etc. Mais même quand on regarde juste d'un point de vue économique, ce n
'est
pas du tout vrai.
Non, je pense que les gens ne sont plus dupes. Ils ont très bien compris. Mais après, ce qui est marrant quand même, c'est qu'il y
a
une partie de la population qui reste sensible à des informations qui circulent et qui circulent en boucle. On l'a vu quand il y
a
eu cette grande grève contre la loi Borne sur les retraites. 80% des Français étaient pour maintenir le système par répartition et voulaient que la retraite reste à 62 ans, y compris des salariés du privé. Donc ceux qui payent les retraites, puisque c'est ce qu
'on
nous dit, les Nicolas qui payent, ils étaient pour. Et ça, je pense que pour les libéraux,
ça
a été insupportable. Ils se sont dit qu'il faut absolument rentrer différemment dans le débat des retraites. Et le meilleur débat, et c
'est
le débat qui monte, qui est soutenu par des gens comme Antoine Fouché ou comme d'autres, c'était d'opposer les actifs
aux
retraités en disant que c'était intenable, en disant que grosso modo la France préférait les vieux que les jeunes. Alors que c'est beaucoup plus compliqué que ça. C'est beaucoup plus compliqué que ça, on le sait. Et là, c'est le même phénomène qui est à l'oeuvre pour les lycéens. Les lycéens manifestent parce qu'ils ont pas assez de budget. Ah, mais c'est de la faute des retraités de l'éducation nationale. Faut pas être duple là-dessus. Non, non, non. Ça fait longtemps que dans les budgets, il y
a
une subvention qui va aux retraités de la fonction publique. C'est un jeu d'écriture.
Ils
pourraient le mettre en charge patronale. L'État, mais il le fait comme ça. C'est juste une comptabilité différente. Ça existe depuis longtemps. C'est ressorti aujourd'hui parce qu'il faut éteindre le débat
des étudiants
et nouer le poisson et aller sur d'autres débats.
Alors comment on éteint une colère sociale ? Thomas Emmanuel Macron a trouvé sa solution avec son gouvernement. Il verrouille tout. Répression policière avec, je le disais, des mutilés à vie, des mineurs. Répression judiciaire.
On
voit des peines d'une sévérité qu'on n'a jamais vue, même de la privation de droits civiques pour une suspicion de vol ou de casse. Et maintenant, interdiction de manifester qui se multiplie dans tout le pays. Mais attention, le président de la République a sa solution.
Nous
sommes à six mois de notre élection présidentielle.
À
six mois.
Et
donc tous ceux qui aujourd'hui vous expliquent que l'urgence est d'aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre, n'ont qu'un but. Abîmer la République
et
voler le débat.
Les
choix d'avenir que vous aurez, que nous aurons à faire dans six mois,
ils
sont essentiels.
Et
la France est une grande force démocratique. Elle mérite ces débats. Ils doivent se faire dans les réunions publiques. Ils doivent se faire avec les partis et non pas dans la rue par la violence.
Ils
doivent se faire
dans
les journaux, sur les plateaux de télévision, dans les rassemblements pacifiques où l'on parle et l'on s'explique, dans le respect. Jamais dans le désordre
et
dans la casse.
Sortir ça après dix ans de mépris, est-ce que c'est pas un peu culotté
?
Macron, il a toujours les mêmes ficelles et je suis étonné que ça passe encore. Voilà, c'est pas passé pour le coup. Mais qu
'est
-ce qu'il a fait après le mouvement des Gilets jaunes ? Il a dit je vais vous faire un grand débat des cahiers de doléances. Vous allez dire quel est le problème. On va prendre en compte tout ça et on va changer les choses. Donc il a fait sa tournée. Il a fait un grand débat. Les gens ont parlé, ils se sont exprimés. Ils ont écrit des choses et rien n'a été fait.
Vu et
s'en tape.
Vu et s'en tape, voilà. J'écoute mais je fais rien. La Convention citoyenne pour le climat, il prend 150 personnes. Il leur dit vous pouvez parler, je reprendrai tout, vous inquiétez pas. Ils font 149 propositions, ils reprendent quasiment rien. Donc vous pouvez parler, je vous écoute pas. On le sait, on l'avait déjà dit ici d'ailleurs.
Donc ce qu'ils proposent, ça a déjà été fait. Ça a déjà été fait. Là il dit voilà, je
vous propose de remplir un formulaire en ligne, me dire ce qu'il y a de mal et puis on va se réunir avec le ministre, on en tiendra compte. Mais personne n
'est
dupe, tout le monde sait que ça ne fonctionnera pas. Parce que le débat, il est cadré budgétairement. C'est comme quand ils ont dit on va mettre les syndicats autour d'une table pour qu'ils décident des retraites. Mais on va le faire avec telles conditions budgétaires, sans bouger.
Et
là c'est plus un débat qu'il y
a,
c'est un débat qui est cadré. Et là ils proposent la même chose. Donc on sait qu'il ne
va
y avoir aucune efficacité.
C
'est cause toujours, tu m'intéresses avec Macron. Et quand on regarde la colère des étudiants, des élèves,
elle
est parfaitement légitime. Parce que toutes les études montrent que le système scolaire reproduit des inégalités. Que dans les quartiers difficiles, où vous avez des taux de pauvreté qui sont trois fois plus élevés que la moyenne nationale, des taux de chômage trois fois plus élevés que la moyenne nationale, vous avez une majorité de jeunes dans ces quartiers difficiles. Le seul ascenseur social, c'est l'école, on l'a souvent dit.
Et
on retire des moyens à
l
'école et au périscolaire. Donc on retire des chances à ces jeunes-là qui sont beaucoup plus pauvres. Et donc l'école n'a pas rempli sa mission. Et donc les jeunes manifestent juste pour avoir plus d'égalité. C'est hallucinant. Et vous leur répondez, remplissez un formulaire, votre colère, on l'entend. Alors qu'il
y
a plein d'études qui l'ont déjà montré. Comme s'il débarquait, il ne connaissait pas du tout son pays. Et vous remplissez un formulaire et tout ira bien. Et le débat ne se fait pas dans la rue. Le débat se fait dans les journaux, dans les médias. Alors que la
plupart... Sur les plateaux télé, c'est quand même long de
dire ça.
Oui, c'est quand même, oui. Parce qu'on sait très bien que les débats sur les plateaux télé sont largement biaisés. Et encore une fois, on met en avant les gens qui vont tenir un discours qui va être plutôt en faveur de la situation actuelle. Donc du patronat et du gouvernement.
Tu es président de la France et tu dis aux Français de ne pas descendre dans la rue. C'est quand même aussi insulter son histoire.
Oui, et puis tu n'écoutes pas surtout les revendications des gens. C'est ça qui est hallucinant. C'est-à
-dire
qu'un moment en démocratie, c'est aussi au peuple d'avoir le dernier mot. Et là, on dit toujours, oh ben non, on va vous faire un formulaire, on va faire un grand débat. On vous écoute, on vous écoute, mais rien n'est pris comme décision. En fait, on vous écoute pour vous calmer. Mais rien ne s'est repris. Et là, l'histoire du formulaire n'est pas du tout à la hauteur.
Parce
que derrière, on sait très bien qu
'il
ne
veut
pas mettre d'argent. La vraie réponse, c'est d'augmenter significativement le budget. Et notamment des lycées les plus pauvres. C'est ça, la vraie question. On sait où il se situe.
Puis
de répartir les richesses.
De répartir les richesses. De taxer les super profits.
De revenir peut-être sur ce qu'a fait Blanquer.
Qui
a quand même tout réformé. Notamment Parcoursup. On sait qu'en termes d'efficacité. Et là, tout le monde s'en plaint. Quelle que soit la classe sociale. Peut-être revenir là-dessus. De dire, bon, ce système n
'a
pas fonctionné. On l'a testé. Non, rien. Circuler, il
n'y a
rien à voir. Tout ce qu'on a fait était super.
Ce
que je vous propose, c'est de vous écouter. Mais vous savez que je ne ferai rien. Et au revoir et calmez-vous. Non, c'est plus tenable, ça.
Et puis, ce qui est intéressant dans ces lycéens. Enfin, il y a deux choses. La première chose, c'est que j'ai l'impression qu'il
y
a quelque chose qui fait trembler l'élite économique. C'est que les quartiers les plus pauvres se soulèvent. Et les quartiers les plus riches se soulèvent aussi en étant solidaires des quartiers les plus pauvres. En disant, j'ai vu des pancartes, on est privilégiés, on veut partager. C'est la jeunesse qui apprend cette leçon-là au reste de la population. Donc, c'est quand même assez dingue. Et puis, la deuxième chose, c'est que les lycéens, ils manifestent pour leur lycée. Déjà, ils manifestent pour et pas contre quelque chose. Mais ils manifestent pour plus de moyens, pour leur lycée, etc. Mais dans leurs revendications, quand on parle avec eux, ils manifestent aussi pour leurs parents.
Qu'ils ont vu détruits par la violence économique dont on disait il y a quelques minutes. Donc, il y a quand même
plein
de données économiques qui s'ajoutent les unes aux autres et qui alimentent la colère, qui font la colère, j
'ai
l'impression.
Oui,
effectivement, là, tu le dis et tu l'as suivi. Tu l'as bien suivi. Il y a une colère contre le système de manière générale. Mais on s'en rend tous compte, ça. N'importe quelle personne qui vit dans la vraie vie se rend compte que les prix ont augmenté, se rend compte que les prix des loyaux ont augmenté, se rend compte que l'accès au logement est très difficile, que les salaires d'entrée, même après cinq ans d'études, ne sont pas... Enfin, que le contrat n'a pas été respecté. Le contrat de départ qu'on a dit aux gens, faites des études, travaillez, vous pourrez bien vivre. Plus vous travaillez, plus vous aurez des marges de manœuvre pour mieux vivre. Ce contrat n'a pas été respecté.
Les gens ont plus travaillé, ils sont beaucoup plus pauvres. Les gens qui sont dans le secteur privé n'ont pas été augmentés au niveau de l'inflation. Ils le voient tous. Ils le voient tous. Quelqu'un qui n'a pas été augmenté... Je vous le rappelle, ça,
c
'est intéressant. Quelqu'un qui n'a pas été augmenté depuis le Covid a perdu deux mois de salaire. Deux mois de salaire. Vous vous rendez compte ce que c'est deux mois de salaire ? C'est énorme. Les prix de
l
'immobilier augmentent à côté. Le prix de la feta au supermarché augmente. Tout augmente. C'est vrai, tout augmente et les salaires n'augmentent pas. Donc, les gens ont compris ça. Et après, c'est vrai, ce qui est nouveau, c
'est
cette convergence des luttes entre même les très grandes écoles, des écoles comme Sciences Po qui font grève,
des
écoles
comme HEC,
Henri IV, qui fait grève. Donc, des écoles de privilégiés, d'élites qui font grève. Des grandes écoles comme l'école des polytechniques, des mines où de plus en plus d'étudiants refusent aujourd'hui de participer au système. Donc, cette espèce de simulacre de méritocratie qu'on a vu pendant des années avec des boursiers, avec de la discrimination positive est en train de craquer. Même les élites savent. Ils savent très bien que ce sont des élites et ils savent très bien qu'ils sont privilégiés par un système qui les avantage depuis le début. Et ils n'en veulent plus. Vous voyez ? Donc là, il y
a
une vraie convergence et je pense que c
'est
ça qui embête le gouvernement et une grosse partie même des élites, on va dire, qui ont réussi dans les années des grands patrons, etc. Parce qu'ils se disent, pour la première fois, il n
'y a
pas cette division qui nous permet de régner.
Il y a
cette convergence entre plus privilégiés et plus pauvres. Et ça, ça les embête vraiment.
Et tu disais, les prix qui augmentent, etc., tout le monde le voit. Mais ce qui est important de faire comprendre, c'est que ce n
'est
pas une fatalité. C'est-à-dire qu'il
n
'y
a
pas des pauvres et des riches parce que c'est comme ça.
Ça,
c'est organisé, c'est choisi, c'est encouragé. Enfin, c
'est
la politique libérale qui fait qu'il
y
a des pauvres et des riches et qui fait que tout le monde est en train de galérer de plus en plus, les 99 %, là.
Ah ben, bien sûr. Je veux dire...
Ce sont des choix politiques. C'est
important de le rappeler.
Il y a
des aides sociales parce qu'il n'y a pas assez de salaire élevé, parce qu'il y a des entreprises qui refusent d'employer aider jeunes ou refusent d'employer des seniors et ainsi de
suite. Pendant que leur dividende
augmente. Oui, oui. Il y a un système qui crée de la pauvreté. Et ce système, nous l'avons vu, ces dernières années, la pauvreté a augmenté fortement
et
les dividendes et les plus riches se sont enrichis fortement.
Ces
30 dernières années, des travaux de Thomas Piketty l'ont montré et rejoint par d'autres. Les 1% se sont enrichis plus vite que le reste de la population. Donc là, ça veut bien dire une chose. Ça veut dire qu'il
y a
un système qui a mieux fonctionné pour une partie de la population que pour les autres. Et plus personne n'est dupe aujourd'hui. Tout le monde le voit. Je pense que ça s
'est
accéléré sous Macron parce qu'il y a eu des réformes libérales qui n'avaient jamais été faites en France. Et 10 ans après,
on
en mesure aujourd'hui les effets
et
les gens le voient. Et c'est pour ça qu
'ils
sont révoltés. L'argent n'a pas disparu. On sait où il est. Exactement. L'argent n
'a
pas disparu. Il a été moins bien réparti.
Et les gens veulent aller le chercher. Voilà, c'est ça qu'on va suivre aussi ces prochaines semaines. Merci beaucoup,
Thomas. Merci, Lisa.
Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. Ça y est, on est parti pour cette saison présentielle. Et ça ne sera pas de tout repos. Mais évidemment, on sera là. Et j'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite et historique à chaque fois qu'on le dise de pire en pire. Deux petits messages avant de se quitter. Un, signer notre pétition pour demander l'amnistie des lycéens sur amnistie-lycéen.fr. Deux, nous avons besoin de vous pour survivre jusqu'en 2027 à partir de 3 euros par mois sur capsurdica.lemédiatv.fr. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine.
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