Bourdin Direct du 3 juin - 8h/9h
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 34 %Attaque 36 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
Bonjour Céline, quelles sont les dernières informations ?
- 1:32OuverteRéponse directe
Pourquoi l'Italie rouvre-t-elle ses frontières ?
- 1:58OuverteRéponse partielle
Va-t-on devoir travailler plus, gagner moins ou renoncer aux congés ?
- 2:18OuverteRéponse directe
Comment les artisans font-ils face à la crise ?
- 4:49RelanceRéponse directe
Pourquoi les manifestations deviennent-elles souvent violentes en France ?
- 8:35FerméeRéponse directe
Est-ce que vous mettriez un genou à terre devant les manifestants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12InvitéFait
« Premier pays européen confiné, l'Italie rouvre ses frontières aujourd'hui, espère ainsi relancer son secteur touristique dévasté par la crise du Covid-19. »
- 0:43InvitéChiffre
« L'Italie, où plus de 33 500 personnes sont décédées du Covid-19, rouvre ses frontières aux touristes européens aujourd'hui, un mois après la reprise progressive de l'activité dans le pays. »
- 1:58InvitéChiffre
« La France traverse la récession la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Le PIB devrait subir une chute historique de 11%. »
- 3:01PrésentateurChiffre
« Ça représente deux mois de chiffre d'affaires. Donc pour nous, c'est 162 000 euros. »
- 3:25InvitéFait
« Donner des congés qui seront transformés en chèques vacances pour les soignants, l'Assemblée nationale a voté hier soir cette proposition de loi de la République en marche. »
- 5:01InvitéFait
« Une nouvelle expertise médicale demandée par la famille d'Adama Traoré conclut que le plaquage par les forces de l'ordre a provoqué l'asphyxie du jeune homme. »
- 8:35PrésentateurFait
« Est-ce que vous mettriez un genou à terre devant les manifestants ? »
- 8:45InvitéFait
« Dans les conditions dans lesquelles j'ai vu certains chefs de police le faire aux États-Unis, je le ferai, mais je vous explique pourquoi. »
- 11:55InvitéFait
« Rien n'est comparable entre les États-Unis et la France. »
- 14:47InvitéChiffre
« 8 milliards d'euros, c'est ce qu'ont rapporté à la France les exportations d'armes l'année dernière, en 2019. »
- 16:42InvitéChiffre
« Le rapport a été remis au Parlement hier par le ministère de l'armée. Donc plus de 8,33 milliards sans vendre de Rafale. »
- 32:00InvitéFait
« Il n'y avait pas d'épidémie en Europe. »
- 32:12InvitéFait
« Nous avions tracé les contacts, c'est-à-dire ce que nous faisons de nouveau aujourd'hui. »
- 40:09InvitéPromesse
« Je prévois un très grand plan Marshall pour que nos commerces de proximité, nos restaurateurs restent dans Paris. »
- 40:56InvitéPromesse
« Je prévois un très grand plan d'investissement dans les écoles. »
Temps de parole
- Présentateur46 %
- Invité37 %
- Invité 28 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Mercredi 3 juin, l'info sur RMC. 3, Céline Calman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour.
Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Premier pays européen confiné, l'Italie rouvre ses frontières aujourd'hui, espère ainsi relancer son secteur touristique dévasté par la crise du Covid-19. Eux ne prendront pas de vacances, de nombreux artisans ont décidé de faire une croix sur leur congé. Cet été, seule manière pour relancer leur activité. 18 interpellations, gaz lacrymogènes, jets de projectiles, incident hier soir à Paris, en marge d'un rassemblement interdit contre les violences policières. 20 000 personnes y ont participé. Bienvenue à tous sur RMC.
L'Italie, où plus de 33 500 personnes sont décédées du Covid-19, rouvre ses frontières aux touristes européens aujourd'hui, un mois après la reprise progressive de l'activité dans le pays. Les mesures de confinement ont eu un effet dévastateur sur le secteur du tourisme italien. Nous retrouvons Benoît Ruse à Menton, où la frontière, à la frontière, où une longue file d'attente s'est formée. Deux poids, deux mesures ici à la frontière franco-italienne ce matin. D'un côté, des Français qui peuvent aller librement en Italie, aucun contrôle, ni même de quarantaine. Par contre, dans l'autre sens, c'est plus compliqué. Regardez sur ces images d'Audrey Lali.
Il y a une file d'attente de plus de 5 km pour entrer en France. Les gendarmes contrôlent absolument tout le monde. Et d'après les témoins que nous avons pu rencontrer, ça, c'est nouveau. Ça date d'il y a quelques heures. Les Italiens, pourquoi ils veulent rouvrir leurs frontières ? Eh bien, c'est tout simple, un motif économique. Plus de 5 millions de touristes français se rendent chaque année en Italie. Le tourisme pèse pour 13% du PIB italien.
Benoît Ruiz avec Audrey Lali à Menton pour RMC. La France devrait rouvrir ses frontières aux Italiens le 15 juin. Va-t-on bientôt tous devoir travailler plus, gagner moins ou faire une croix sur ses congés ? Hier, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a été très clair. La France traverse la récession la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Le PIB devrait subir une chute historique de 11%. Certains artisans sont conscients qu'ils n'ont pas d'autre choix que de travailler beaucoup plus. Les vacances, ça attendra. Le reportage de Thomas Chupin, près de Chartres, en Oréloir.
Et cela fait maintenant trois semaines que Gaël Baer a repris le travail. Donc là, c'est un chantier de rénovation où on va plus en remise à l'oeuvre.
Avec ses deux salariés, le peintre multiplie les chantiers autour de Chartres. Beaucoup de satisfaction parce que c'était extrêmement long, avec la boule au ventre de savoir si on allait pouvoir continuer ou si on allait arrêter notre entreprise.
Ces deux mois de confinement, deux mois d'arrêt lui ont fait perdre un cinquième de son chiffre d'affaires sur l'année. Alors cet été, pas de vacances. On a pris la décision un peu lourde avec ma femme de ne pas en prendre cette année parce qu'il faudra compenser quoi qu'il arrive. Là, ça bosse tout l'été. On ne rattrapera pas tout, mais si on pouvait au moins en rattraper la moitié pour l'été, ça serait super.
Son collègue David Chastagné s'occupe lui d'agencement de bureaux, de magasins. Il a lui aussi chiffré les conséquences du confinement.
Il prospère. Ça représente deux mois de chiffre d'affaires. Donc pour nous, c'est 162 000 euros. Et avec ses 12 salariés, il va donc travailler tout l'été ? Pour moi, zéro vacances. Et pour les effectifs, aujourd'hui, je leur ai demandé de ne prendre que 15 jours consécutifs. Très bien accepté. Ils jouent le jeu. Ils ont compris l'impact économique qu'il y a eu pour la structure.
Et cet été, l'objectif sera d'enchaîner les chantiers, mais aussi de chercher de nouveaux clients, de se diversifier aussi. Ils ont réussi à sauver leur entreprise en pleine crise sanitaire. Ils ne baisseront pas les bras face à la crise économique. Donner des congés qui seront transformés en chèques vacances pour les soignants, l'Assemblée nationale a voté hier soir cette proposition de loi de la République en marche. Un texte jugé hors sujet, même obscène par l'opposition de gauche. RMC 8h07, 18 personnes interpellées, gaz lacrymogènes, jet de projectiles incident.
Hier soir à Paris, en marge d'une manifestation interdite contre les violences policières, 20 000 personnes rassemblées à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, jeune homme décédé en 2016 après une interpellation. Paul Barcelone. Barricade des mobiliers urbains en feu périphérique brièvement envahie. Les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants. Des débordements venus entacher un rassemblement. Jusqu'alors très calme, regrette Laetitia Vallard, la porte-parole de la préfecture de police de Paris.
C'est au moment de la dispersion, comme souvent dans les manifestations, que quelques incidences sporadiques ont éclaté et sur lesquelles et les pompiers et les forces de l'ordre sont intervenues. Une manifestation interdite, notamment en raison de l'état d'urgence sanitaire. Pour Assa Traoré, la soeur aînée d'Adama Traoré, le préfet de police, Didier Lallement, est le seul responsable de ces violences. Quatre ans que tous nos rassemblements se passent pacifiquement. Aujourd'hui, le seul responsable, c'est M. Lallement, qui va donner cette interdiction et qui va mettre en face de certaines personnes les policiers. Donc c'est le seul responsable.
Le dispositif n'a pas été anticipé en rage de son côté Geoffroy Boulard, le maire Les Républicains du 17e arrondissement de Paris. Un arrondissement qui, ce matin, porte encore les stigmates d'une soirée de tension. Et une nouvelle expertise médicale demandée par la famille d'Adama Traoré conclut que le plaquage par les forces de l'ordre a provoqué l'asphyxie du jeune homme. Aux Etats-Unis, le mouvement contre le racisme et les violences policières se poursuit après la mort de George Floyd, couvre-feu décrété dans presque toutes les grandes villes américaines, dont New York. J'y vais pour gagner. Voilà ce que dit Agnès Buzyn ce matin dans Le Parisien.
La candidate La République En Marche sera votre invitée, Jean-Jacques, à 8h30 ce matin sur RMC et BFM TV. Les listes pour les élections municipales sont donc figées depuis hier soir. Agnès Buzyn, pour qui la victoire s'annonce mathématiquement compliquée. Reportage dans le 6e arrondissement de Paris avec celui qu'il a rallié, son nouveau directeur de communication, un certain Gaspard Gantzer. Pierre-Higbonneau. Directeur de la communication d'Agnès Buzyn, c'est le nouveau rôle de Gaspard Gantzer, pas toujours simple à endosser devant les Parisiens. Je suis candidat, je suis tête de liste dans le 6e arrondissement, là où il y a une élection municipale.
Et pour la liste de, on va dire, la majorité présidentielle. Le nom de la candidate n'est quasiment jamais prononcé, mais celui qui a conseillé François Hollande à l'Elysée assume. Je suis même extrêmement fier de faire campagne avec elle. Mais quand on est dans la conversation, comme ça, sur le terrain, on discute des enjeux micro-locaux, très liés au 6e arrondissement. Il faut dire que l'image de l'ex-ministre de la Santé a du plomb dans l'aile.
C'est trop tard. Elle ne porte aucun espoir, Buzyn. Que ce soit inexistante, cette femme, elle a été balancée là. Même elle, je suis sûre que le matin, elle se réveillait, elle se demandait pourquoi elle était là. J'en suis persuadée.
Agnès Buzyn pourra toujours compter sur le soutien de Nicole, électrice dans le 6e arrondissement. On lui fait pleine misère et ça me fait vraiment, ça m'énerve. C'est une fille formidable. D'abord, elle a toutes les qualités, toutes les compétences et qu'elle prend des coups et elle se relève. Elle reprend des coups et elle se relève. Se relever puis espérer passer devant les deux favorites
que sont Anne Hidalgo et Rachida Dati en seulement 25 jours.
Et puis on notera la fusion de dernière minute à Clermont-Ferrand, fusion entre la droite et la République en marche. Même chose à Bordeaux. Si je vous dis allergie, vous me répondez nez qui coule, les yeux qui piquent, anti-staminique, etc. C'est la période, les conditions météo n'arrangent rien. Bien au contraire, reportage de Romain Poiseau à Fontainebleau en Seine-et-Marne.
Golf et allergie ne font pas bon ménage. Difficile de réussir son swing avec le nez qui coule et les yeux qui grattent pour Philippe. Oui, on est beaucoup plus gêné, un déternuement irrésistible. Et après, avec un peu de picotement, elle ne l'est qui coule un petit peu. C'est handicapant, mais ce n'est pas la raison fondamentale pour laquelle elle ne rentre pas. Bon, allez, tant pis. Philippe souffre d'allergie depuis le déconfinement, depuis qu'il peut à nouveau fouler le gris. Grosso modo, oui, depuis début mai, en fait. J'ai eu des crises plus fortes à ce moment-là. Depuis le déconfinement, les patients défilent dans le cabinet d'allergologie du docteur Famty. Le standard explose.
Pour lui, le confinement a eu un effet sur la sensibilité des Français aux pollens. Le stress a pu augmenter notre réactivité immunitaire. Peut-être aussi le fait de ne pas être sorti beaucoup et puis se confronter de manière massive, en fait, aux pollens dans les jardins. Il y a beaucoup de gens qui vont déclarer des symptômes, des crises très fortes, alors qu'ils n'ont pas ou très peu eu de symptômes les années précédentes. Autre raison possible, le réchauffement climatique et l'allongement des saisons. Les plantes s'adaptent et produisent davantage de pollen plus tôt dans l'année.
Et la pluie qui arrive à faire du bien.
Oui, c'est certain. C'est certain, faire du bien, non seulement pour les allergies, mais faire du bien au sol, tout simplement. Agnès Buzyn sera donc notre invitée tout à l'heure. 8h35, 9h, ne ratez pas l'interview sur RMC et BFM TV. Il est 8h12, je suis avec David Lebar, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. David Lebar, bonjour. Bonjour. Est-ce que vous mettriez un genou à terre devant les manifestants ? Dans les conditions dans lesquelles j'ai vu certains chefs de police le faire aux Etats-Unis, je le ferai, mais je vous explique pourquoi.
Parce que la foule avec laquelle ils ont communié, parce que c'est une forme de communion, était pacifique et n'était pas là pour agresser la police. Et quand on est avec une foule qui accepte le dialogue, ce signal-là où ils ont tous mis un genou à terre, pas que le chef de police, mais également des gens parmi la foule, c'est un signal de paix, je l'aurais fait si c'était possible. En France, les manifestations deviennent souvent, dans la plupart des cas maintenant, violentes. Mais pourquoi ? Alors, elles deviennent dans la plupart des cas violentes, mais malgré tout c'est marginal. À Paris, il y a 5000 manifestations par an, il y en a quelques-unes chaque année qui dégénèrent. Pourquoi ?
Il faut quand même dire les choses. La violence, elle vient toujours de certains manifestants, qui sont une minorité, mais qui viennent pour faire dégénérer les manifestations. C'est jamais la police qui utilise la force gratuitement pour se faire plaisir. Quand la foule est pacifique, la manifestation se passe toujours bien. Souvenez-vous, au début des Gilets jaunes, on avait reproché à des CRS d'enlever le casque et d'ouvrir des barrages pour discuter avec des Gilets jaunes. Et quand ça se passe bien, il n'y a aucune raison d'utiliser la force ou des méthodes pour réprimer une foule qui ne respecte pas les règles de droit. Donc, en général, ça se passe bien.
Et puis, à la marge, il y a des gens qui viennent faire dégénérer les manifestations. Alors, la violence pour dénoncer la violence. Voilà parfois ce qu'on vit en France. C'est-à-dire qu'on devient violent, les manifestations deviennent violentes pour dénoncer la violence des policiers. La violence comme mode d'expression de certaines personnes qui considèrent qu'il n'y a que par la violence qu'on peut se faire entendre. Ça a été parfois le slogan de certains Gilets jaunes qui ont considéré que par la violence, ils avaient obtenu des choses.
Et malheureusement, il faut reconnaître que parfois, à l'issue de certaines manifestations, il y a des décisions politiques – on l'a vu pendant la période des Gilets jaunes – qui font croire à certains que c'est par la violence qu'ils sont obtenus les choses. Le problème, c'est que si on considère que les problèmes sociaux en France vont se résoudre par la force ou par l'action de la police, on se trompe. Moi, j'ai toujours dénoncé ça. Il n'est pas question d'imaginer qu'on règle les choses par la violence quel que soit le côté duquel on se trouve. Et il n'est pas question non plus de dire, de rejeter comme ça d'un revers de main toutes les accusations de violence policière.
Non plus, David Lebarce. Je ne l'ai jamais fait. Quand il y a des choses qui ne vont pas, il faut savoir le dire. Quand il y a des gestes policiers inappropriés ou des bavures ou des actes inacceptables, y compris des propos racistes, on l'a vu récemment, même si le policier avait sauvé l'individu qui avait fait le cambriolage en sautant à l'eau, les propos racistes ne sont pas acceptables, les violences gratuites ne sont pas acceptables. En revanche, il ne faut pas mettre toutes les violences dans le même sac, excusez-moi d'être péjoratif, mais malheureusement, il faut quand même redire les choses, même si c'est contesté.
Le monopole légitime de la force ou de la violence légitime, c'est la police. Et quand elle l'utilise avec raison, il ne faut pas contester cette utilisation-là, parce qu'elle est là pour protéger le plus grand nombre. C'est pour empêcher des foules de commettre des exactions. Il y a un monopole de la violence. Pour la police et en tout cas pour l'État, oui, c'est celui de la police. Nulle autre personne, quand on manifeste, n'a l'usage légitime de la violence. Il n'y a jamais une condition légale ou morale qui permet d'utiliser la violence quand on est un manifestant. Jamais. Bien. David Lebars, j'ai une question.
Pourquoi, dites-vous, il y a un jeu dangereux qui consiste à voir un effet miroir entre ce qui se passe aux États-Unis et en France ? Pourquoi dites-vous cela ? Je vais essayer de répondre très rapidement à cette question, parce que rien n'est comparable entre les États-Unis et la France. Aux États-Unis, il y a plus de 15 000 polices. Il n'y a pas de police nationale. C'est le premier point. Les polices sont municipales. Les chefs de police sont élus et sont donc des chefs politiques. Il y en a qui sont de droite, de gauche, il y en a qui sont bons, il y en a qui sont mauvais. Il y a plus de 15 000 polices, premier point.
Deuxième point, il y a plus de 1 000 morts par an aux États-Unis par l'action de la police. Les méthodes policières ne sont pas du tout les mêmes. Vous êtes dans un refus d'obtempérer aux États-Unis. Vous enlevez les mains de votre volant pendant un contrôle, vous pouvez prendre une balle. En France, on a une police nationale, républicaine. Les gens ne sont pas élus. Ils répondent à une institution régalienne. Ce sont des policiers républicains. Et le nombre de morts, puisqu'on va dans ce type de comparaison, il faut savoir aussi le dire, causés par la police en France est autour de 15 à 20 par an. En y incluant les terroristes qui sont abattus dans des situations de légitime défense.
Donc, tous ceux qui essayent de faire des parallèles racisme, morts par la police, police racisée, police qui tue, font des parallèles très dangereux et essayent d'amener une situation qui n'est pas du tout comparable entre celle des États-Unis et celle de la France. C'est ce que font, selon vous, toutes celles et ceux qui soutiennent la famille d'Adama Traoré ? En tout cas, certains de leur soutien le font. On l'a vu hier dans les réseaux sociaux. Certains ont fait ces parallèles totalement nauséabonds et ont essayé de faire venir à cette manifestation des gens sur cette thématique-là.
Et d'ailleurs, la manifestation d'hier soir, entre guillemets, est réussie sur le plan de la mobilisation puisqu'il y a plus de 20 000 personnes. Il faut savoir reconnaître qu'il y avait beaucoup de monde. Donc, certaines personnes font ça. Pour ce qui est du collectif Adama Traoré et de la famille proche, moi, encore une fois, quand on perd un proche, on peut tout comprendre et être dans la peine ou la tristesse. Mais la question, c'est de savoir qu'est-ce qu'ils veulent. On a en France un système judiciaire jusqu'à présent qui est fiable. En tout cas, moi, je crois en la justice de mon pays.
Et quand on a trois expertises ordonnées par un magistrat qui travaille de façon neutre au profit de la vérité et que vous avez de l'autre côté une expertise privée à la demande de la famille, on se pose la question de savoir est-ce qu'on fait confiance aux expertises judiciaires dans ce pays ou est-ce qu'on fait confiance aux expertises privées qui deviennent des expertises politiques et médiatiques ? David Labarce, dernière question. Le racisme dans la police ou la gendarmerie, ça existe ? Franchement. Jean-Jacques Bourdin, il n'y a aucun endroit où on pourrait affirmer qu'il n'y a pas de racisme. Moi, je vais répondre avec ce que je connais.
J'ai été chef de service de police pendant 23 ans. J'ai dirigé des policiers de toute provenance, dans tout service. On a, à notre honneur, dans la police nationale, une police qui est recrutée totalement à l'image de la population. Donc, quand bien même on aurait des policiers racistes, c'est marginal. Et moi, je trouve qu'on peut être fier de cette police qui est aux couleurs de la population. Et moi, je dénonce et je conteste le côté systémique d'une police raciste. Bien, merci David Labarce d'être venu nous voir ce matin. Hier matin, nous avions à Saint-Traoré. Ce matin, David Labarce, chacun a le droit de s'exprimer ici, sur RMC, librement, vous le savez. Il est 8h18. Merci à vous.
8h18, vous êtes sur RMC ? 8 milliards.
8 milliards d'euros, c'est ce qu'ont rapporté à la France les exportations d'armes l'année dernière, en 2019. 8 milliards. On va tout savoir avec Frédéric Simotel dans un instant sur RMC. La mort est toujours tragique, rien ne justifie la violence. La mort est toujours tragique, rien ne justifie la violence. C'est ce que nous écrit Serge ce matin sur l'appli Direct Studio, la manifestation d'hier soir à Paris. Je la trouve déplorable. La sœur d'Adama Traoré souffre sur les braises de la colère et de la violence. Je préfère faire confiance à la justice, écrit Serge. Lamine attend aussi beaucoup de la justice dans ce dossier. Il dit, l'affaire Adama n'est pas vraiment très clair.
On a l'impression qu'on protège les gendarmes. Lamine qui écrit aussi personnellement je ne serais pas allé manifester parce que cette manifestation était tout simplement interdite. On ne brave pas les interdits pour Lamine. Mathieu nous dit ça m'énerve ce clivage que l'on fait entre les Français. A chaque fois, moi quand je me fais contrôler par la police, je reste poli, courtois, j'obtempère, le contrôle se passe très bien, il n'y a pas de bavure. Alors forcément, si la personne se montre désagréable, résiste au contrôle, forcément le ton va monter. Et pour Damien, le racisme existe, oui, mais qu'importe la couleur, le racisme est une honte.
Arrêtons de croire que ce sont toujours les mêmes qui sont persécutés. Écrit Damien ce matin.
RMC 6h-9h
Vaud en direct.
Frédéric Simotel est avec nous. Bonjour Frédéric. Bonjour Jean-Jacques. Parlons d'un secteur qui se porte plutôt bien en France. Il y en a un, au moins, ce n'est pas le seul, mais celui-là se porte vraiment très bien. Alors c'est discutable, il s'agit de l'armement. Oui. En 2019, les industriels français ont exporté pour plus de 8 milliards d'euros d'armes. C'est une bonne année. Oui, c'est plutôt une bonne année. Surtout si on compare aux années 2015 et 2016 qui avaient été exceptionnelles puisqu'on avait vendu des Rafales à l'Égypte, au Qatar, à l'Inde, des sous-marins à l'Australie. Le niveau d'exportation en général, c'est aux alentours de 7 milliards.
Et donc cette année, le rapport a été remis au Parlement hier par le ministère de l'armée. Donc plus de 8,33 milliards sans vendre de Rafale. Sans vendre de Rafale, sans vendre de sous-marins. Et ça concerne quand même 200 000 emplois en France. Oui, c'est vrai. 200 000 emplois. Mais qu'a-t-on vendu ? Alors on a vendu des hélicoptères, des navires Corvette, des satellites de communication, des systèmes antimarines, des blindes terrestres. Mais alors ce qu'il faut voir, c'est surtout les deux tendances. La première, c'est qu'on a beaucoup vendu à l'Europe. Et ça, c'est vraiment nouveau. Auparavant, l'année dernière, 28% des ventes étaient à l'Europe.
Là, c'est 45% des ventes qui vont vers l'Europe. L'armée belge, c'est notre premier client à l'export. L'armée belge. Des blindés, des systèmes antimines marines. La Hongrie, l'Espagne. Et puis, alors plus loin, là c'est plus l'Europe, mais c'est les Émirats Arabes Unis, l'Australie, l'Indonésie. Donc premier enseignement, l'Europe. Deuxième enseignement, on a beaucoup vendu dans le monde naval, dans les navires. Oui, c'est là où on est vraiment très fort. Là, 50% de prise de commande en plus, contre 10% l'an passé. Alors là, on a un bon groupe qui s'appelle Naval Group et on a vendu à la Roumanie, aux Belgiques, aux Pays-Bas.
Figurez-vous qu'au premier semestre 2019, on a vendu 22 bâtiments de surface. Et bien, dans 30 ans, on n'avait jamais vendu autant. 22 bateaux de guerre. Exactement. Vous vous rendez compte ? 22 bateaux de guerre. Une belle année 2019 et pour 2020. Le marché de l'armement risque d'être fragilisé avec la crise. Oui, alors déjà, il n'y a pas eu les grands salons de l'armement. Euro Satori, la crise du Covid. Une crise aussi qui va peut-être mettre en avant une concurrence exacerbée. Les gens vont vouloir relocaliser. Alors, il y a quand même quelques signes d'optimisme.
On espère continuer à signer avec l'Inde quelques rafales, même s'ils vont peut-être acheter des avions, ils vont peut-être construire leurs propres avions. On a des prestations de maintenance, d'opération, c'est environ pour un peu moins de 4 milliards d'euros. Mais surtout, on espère poursuivre ce mouvement vers l'Europe. Il va y avoir un fonds européen de défense qui était de 6 milliards et demi qui va passer à 9 milliards. Et puis, cette notion de souveraineté européenne, on va mieux travailler avec les Allemands. On espère faire basculer les pays d'Europe du Nord vers de l'armement européen plutôt que vers de l'armement américain.
Il y a deux gros contrats en ce moment, la Finlande, c'est pas l'Europe du Nord mais il y a la Suisse aussi. Il faudrait qu'on les attrape ceux-là. Mais je rappelle, c'est 200 000 emplois donc c'est une belle filière en France. Évidemment. Merci Frédéric Simotel. Il est 8h26. Le jeu, le jeu, vous savez que vous pouvez gagner. Ce n'est pas très compliqué. Vous gagnez quoi ? 500 euros par mois sur l'année, ça fait 6 000 euros. Et calculez bien, ça fait 6 000 euros. Et pour jouer, c'est absolument pas compliqué. Les soignants ou le gouvernement qui a été applaudi tous les soirs pendant la crise du Covid-19. Un, les soignants. Deux, le gouvernement.
Et vous envoyez le 7-3216 évidemment pour donner la bonne réponse. Et parmi toutes les bonnes réponses, le 12 juin, le 12 juin, tirage au sort de la gagnante ou du gagnant qui sera en direct avec nous. Il est 8h27. Merci de nous avoir accompagnés. Merci d'être là. Tous les matins, toujours aussi nombreux. 32-16, notre lien. Vous êtes avec nous, nous sommes avec vous. C'est un vrai plaisir. Je vais encore, comme je le fais tous les jours, pratiquement tous les jours, remercier toutes les équipes.
Évidemment, Mathieu Rouault, Quentin Vinet, et puis Charles Magnin, et puis Anaïs Castagna, et puis toutes les équipes techniques qui nous accompagnent le matin pour vous offrir ce moment de télévision et de radio de plus en plus suivi. 8h27 dans un instant. Je suis avec, tiens, une femme politique, responsable politique et ancienne ministre que l'on n'avait pas vue depuis bien longtemps. On l'a entendue à la radio, on l'a lue dans les journaux. Très peu d'interviews depuis le début de la crise du Covid-19, mais jamais de télévision. Elle est là ce matin. Il s'agit d'Agnès Buzyn sur RMC et sur BFM TV. Il est 8h28.
RMC Bourdin Direct.
Jean-Jacques Bourdin. Agnès Buzyn, bonjour.
Bonjour, Jean-Jacques Bourdin.
Une radio, deux journaux et votre première intervention à la télé depuis le début de la crise sanitaire et depuis le premier tour des municipales à Paris. Vous êtes candidate pour la suite. Maintenant, vous avez dit la semaine dernière j'ai réfléchi et je pars sur de bonnes bases. Mais quelles bases ?
La réflexion sur un programme renouvelé. parce que cette crise sanitaire a fait émerger des besoins nouveaux. Je pense qu'elle a été un révélateur des faiblesses que nous avons dans notre ville et elle peut être un accélérateur de la transformation de la ville de Paris.
Un révélateur de vos faiblesses, Agnès Buzyn ? Un révélateur des faiblesses. Pas des, mais pas des vôtres.
Vous savez, je suis humaine. Je suis humaine, j'ai des forces et j'ai des faiblesses. Ma force, c'est d'abord ma conviction, mon authenticité. Je pense que les électeurs comprennent cette authenticité et la sentent. Et je viens avec un programme pour la ville de Paris qui tient compte aujourd'hui des préoccupations des Parisiennes et des Parisiens. Ces préoccupations, ce sont celles de la vie quotidienne. dont j'arrive avec un programme qui correspond à ces besoins. On en parlera,
Agnès Buzyn. Mais vous vous doutez bien, vous vous doutez bien que nous allons revenir sur tout ce qui s'est passé depuis le début de cette année noire pour vous, jusqu'à maintenant, depuis le début de l'année 2020. Bien. D'abord, qu'est-ce que vous êtes allé faire en politique ? Est-ce que vous vous êtes posé la question ? Est-ce que franchement, vous vous êtes dit un jour, ces dernières semaines, mais il faut que j'arrête la politique, je vais quitter ce monde ? Vous vous êtes posé la question ? Franchement ? On va être direct ce matin. On va être franc, on va se regarder droit dans les yeux. Vous savez que j'aime ça. Alors ?
On se pose toujours des questions. Ne pas se poser de questions serait, je pense, une erreur dans la vie.
Vous avez douté de vous-même ? Non, pas de moi-même. Pas de moi-même. Pas de moi-même.
De votre engagement ? De mon engagement. Je suis médecin, vous le savez. J'ai fait une longue carrière dans les institutions de la santé après une carrière hospitalière. J'avais connu les difficultés du système de santé et je pensais que ma vision du système de santé pouvait être utile pour les réformes que nous devions mener sur la médecine de ville, sur l'hôpital. Et donc, mon engagement politique, il vient du fait que je pensais être utile. Utile comme ministre de la Santé. J'ai été ministre de la Santé 24 heures sur 24. Je me suis préoccupée de la santé des Français 24 heures sur 24. Ça a été mon engagement politique et je pense que les Français le savent.
Les Français le savent. Le reconnaissent-ils ? Agnès Buzyn, après tout ce qui s'est passé. Plainte pour mensonge d'État déposée par 600 médecins. Vous avez vu ? Plainte pour mensonge d'État. Il va falloir répondre à cela. Il va falloir répondre aux commissions d'enquête parlementaire. Et vous dites, curieusement, paradoxalement, je suis heureuse d'aller m'expliquer. Heureuse pourquoi ?
Mais parce que j'ai réservé ma parole et les explications que je dois, je les ai réservées à la représentation nationale, c'est-à-dire aux commissions d'enquête parlementaire. Pour moi, il est très important de pouvoir parler. J'ai des choses à dire,
j'ai des choses à expliquer. Oui, j'imagine. Donc, le fait de mettre... Il est bien aussi de parler aux Français. Agnès Buzyn, un peu matin, vous le faites. Je vous en remercie.
Je rappelle, M. Bourdin, que les commissions d'enquête parlementaire sont publiques. Voilà. Et donc, tous ceux qui souhaiteront comprendre, avant d'accuser, pourront écouter ces commissions d'enquête. Bon.
Alors, nous allons rentrer sur ce que vous avez dit. Janvier, le 26 janvier, Agnès Buzyn, le port du masque totalement inutile. Il ne faut pas en acheter. Surtout pas. N'achetons pas des millions de masques parce que nous les avons en réserve, ces millions de masques. Première affirmation. Vous vous souvenez ? 26 janvier. Pourquoi avoir dit cela ?
Alors, je rappelle peut-être les faits.
Oui, allez-y.
Je vais vous donner une date. Le 21 janvier, cinq jours avant. C'est des chiffres que j'ai en mémoire parce que c'est très facile de réécrire l'histoire à l'aune de ce qui s'est passé. Mais je n'écris rien. Non, non, de réinterpréter.
Je reprends vos déclarations. C'est vous qui avez écrit l'histoire. Ce n'est pas nous.
Non, mais bien sûr.
Oui.
Pas seule.
Non, pas seule. Il y a eu un virus mondial qui est passé par là. Non, mais on est d'accord.
Mais donc, le 21 janvier, je prends la décision de faire une conférence de presse tous les jours pour rendre compte aux Français de ce que je sais. Le 21 janvier, il y avait moins de 300 cas dans le monde. 290 cas en Chine, 5 cas en Asie et 5 décès. Nous étions loin d'une épidémie. L'OMS considérait que c'était un problème régional. Mais vous étiez inquiète. En Chine. Je dis qu'il n'y a pas évidemment à la date où je pars, le 26 janvier, quand il n'y a aucun cas en Europe, je ne peux pas conseiller aux Européens, aux Français de porter le masque. De porter le masque. Ça n'a pas de sens. Les masques sont réservés aux personnes malades.
Mais pourquoi disiez-vous que nous avions des millions de masques en réserve ?
Parce qu'il y avait à cette période-là plus de 100 millions de masques. Je ne parle pas des masques périmés. Plus de 100 millions de masques en réserve. Je ne parle pas des masques périmés. Je parle des masques opérationnels. Nous en avions plus que 100 millions. Et donc, à cette période-là, alors qu'il n'y a pas de virus qui circule en dehors de la Chine et dans quelques pays d'Asie, 5 cas, à cette période-là, je dis, il n'y a pas lieu de porter des masques en France à ce moment-là.
Mais vous étiez inquiète puisque vous aviez prévenu le président de la République, vous aviez parlé de cette épidémie au président de la République, on est bien d'accord. Le 11 janvier, je crois.
Oui, le 11 janvier.
Le 11 janvier, vous voyez, je sais, et fin janvier au Premier ministre.
Non, le 11 janvier aussi.
Le 11 janvier aussi, les deux. Bon, d'accord. J'attends toujours les deux. La semaine dernière, vous avez dit au Figaro...
Je voudrais juste terminer, pardon, M. Bourdin. Allez-y, allez-y. Si j'ai pris la décision de faire une conférence de presse tous les jours depuis le 21 janvier.
C'est bien qu'il y avait inquiétude.
Non, c'est bien que la situation était évolutive jour après jour.
Et inquiétante.
Et potentiellement inquiétante, nous ne savons pas. Le problème de la période dont vous parlez, c'est le niveau d'incertitude avec lequel nous travaillons. Et donc, ma seule doctrine, c'est la transparence totale sur ce que nous savions et ce que nous savions pas. Et les journalistes qui assistaient à ces conférences de presse savaient que nous disions exactement ce que nous savions et ne savions pas. Par exemple, nous ne savions pas à un moment si les gens étaient contagieux longtemps avant les premiers symptômes ou pas. Quelle était la durée d'incubation ? Est-ce que c'était très contagieux ? Est-ce qu'une personne malade allait rendre malade une personne ou dix personnes ?
Vous ne saviez pas. Et donc, en réalité, ce niveau d'incertitude nécessitait pour moi une évaluation quotidienne de la situation et donc, j'ai rendu compte de façon quotidienne de ce que je savais et des décisions que nous prenions jour après jour. Alors, vous me parlez d'une prise de parole du 26 janvier.
Oui, mais j'en ai d'autres prises de parole.
C'est ce que je savais le 26 janvier.
Ah oui. Alors, le 20, fin février, vous déclarez j'ai anticipé l'épidémie en préparant le système de soins. Le système de soins était prêt à faire face à cette épidémie ?
La preuve, il a tenu, M. Bourdin. Il y a d'autres pays où il a été plus mal préparé.
La semaine dernière, le Figaro, une semaine avant l'élection municipale, premier tour, les experts disaient que c'était une grippette et que les politiques en faisaient trop. C'est ce que vous avez déclaré au Figaro. Qui étaient ces experts ?
Je ne veux pas nommer les gens. Vous êtes journaliste, vous les avez reçus sur vos plateaux, beaucoup d'entre eux.
Didier Raoult, par exemple, qui expliquait début février qu'il n'y avait pas de raison d'avoir peur d'un virus pas si méchant.
Je n'ai pas entendu d'experts dans la période où moi je gérais cette crise et où je préparais le système de santé. Mais là, vous me parlez même de la période où je n'étais plus ministre, où j'étais en campagne. Et même à cette période-là, où j'étais une citoyenneté, en campagne municipale, à cette période-là, il n'y avait pas d'experts en février qui alertaient l'opinion publique ou les autorités. Oui, enfin,
Olivier Véran, début mars, qui était ministre, début mars, qui vous a succédé, a déclaré que c'est un virus qui a un taux de mortalité bien plus élevé que celui de la grippe.
Écoutez, moi, je crois qu'on peut faire confiance aux autorités sanitaires, à Olivier Véran, au directeur général de la santé.
Est-ce qu'on peut vous faire confiance ? Après, tout ce qui a été dit, tout ce qui a été rapporté, franchement.
Vous ne pouvez pas reprendre des propos d'il y a trois mois sans tenir compte du niveau d'incertitude et de l'évolutivité des connaissances. D'ailleurs, même pendant la gestion de la crise par le gouvernement, on a bien vu à quel point, en permanence, il faut adapter les décisions que l'on prend aux connaissances qui évoluent. Regardez sur les tests, regardez sur les sérologies. À un moment, on a parlé de faire des sérologies à tout le monde parce qu'on pensait que c'était une protection. Après, on a compris que ça n'était pas une certitude de protection.
On voit bien que dans une épidémie avec un nouvel agent pathogène, en fait, en permanence, ce qu'on cherche à avoir, c'est des certitudes pour prendre les bonnes décisions. Donc,
vous n'aviez pas de certitude ?
Je n'avais aucune certitude.
Aucune certitude. Vous, ministre de la Santé, vous n'aviez aucune certitude ?
Comme le monde entier parce que vous savez, M. Bourdin, à cette période-là, j'étais en lien avec les autres ministres de la Santé européens, avec le ministre américain de la Santé et nous nous appelions régulièrement pour essayer de confronter nos connaissances. Donc,
vous n'aviez aucune certitude mais des inquiétudes et vous avez quitté le ministère de la Santé. Des perceptions. Des perceptions. Et malgré ces perceptions, vous avez quitté le ministère de la Santé et vous êtes partie pour vous présenter à une élection à Paris. Agnès Buzyn. Depuis le début, je ne pensais qu'à une seule chose, au coronavirus. C'est ce que vous avez dit. Pendant la campagne, vous ne pensiez qu'à une seule chose, c'est au coronavirus et au danger.
J'ai gardé mes réflexes de médecin pendant la campagne municipale. Vous me connaissez, vous m'avez connue bien avant que je ne sois ministre, M. Bourdin, on reste médecin toute sa vie. Et donc, quand une épidémie progresse dans le monde, j'ai gardé un intérêt, même pendant la période municipale et de la cette campagne.
Mais vous êtes médecin, justement, Agnès Buzyn. Comment peut-on quitter un ministère alors qu'une épidémie menace, qu'on commence à être très inquiète, quitter un ministère pour une élection ?
Là encore, je veux replacer mon départ du ministère dans le contexte de l'époque. Quand je suis partie, il y avait 44 cas en Europe, 12 cas en France. Il y avait eu 12 cas en France. Ils étaient tous guéris, sauf le vieux monsieur chinois qui était décédé le jour où je suis partie.
Mais déjà, des milliers de morts en Chine.
Oui, mais donc, il n'y avait pas d'épidémie en Europe. Il y avait des touristes ou des voyageurs qui étaient revenus de la région de Wuhan qui avaient été malades que nous avions détectés sur le territoire national. Nous avions tracé les contacts, c'est-à-dire ce que nous faisons de nouveau aujourd'hui. Nous avions tracé tous les contacts, nous avions testé tous les contacts, nous les avions mis en quarantaine. Il n'y avait aucun départ d'épidémie quand je suis partie. Et donc, je ne savais pas si elle arriverait quand elle arriverait. Quelle serait son ampleur ? Quelle serait sa gravité ?
Donc, j'ai pris la décision de m'engager pour une campagne municipale parce que j'ai longtemps souhaité demander ce mandat de maire pour ma ville. C'était une préoccupation que j'avais déjà exprimée au moment où s'était posé ma question de la candidature aux européennes. L'histoire, on avait décidé autrement, Benjamin Grévo a été candidat, j'ai eu cette opportunité de pouvoir m'engager. C'était un engagement ancien que je souhaitais pour cette ville de Paris. Ensuite, je savais que l'État était préparé. Nous avions préparé le système de santé, nous avions préparé les choses et j'aurai l'occasion de m'en expliquer devant la commission d'enquête.
Ensuite, je savais que le directeur général de la santé continuait son travail, qu'Olivier Véran prenait ma suite. Olivier Véran, tous les Français le savent, est un excellent ministre de la santé. Il connaît par cœur ce ministère, il le connaissait, je connaissais ses compétences, je n'avais aucune inquiétude sur la continuité.
Vous ne regrettez rien aujourd'hui ? Vous ne regrettez rien de tout ce qui s'est passé ?
Je ne regrette qu'une chose, c'est d'avoir répondu au téléphone Ariane Chemin le lendemain de l'élection en dehors de ce...
Vous parlez de mascarade.
Voilà. Et en dehors de ces propos que je regrette, je ne regrette pas de m'être engagée pour la ville de Paris.
Oui, mais alors, Agnès Buzyn, est-ce que vous avez dit au président de la République, au Premier ministre, il ne faut pas organiser le premier tour des municipales ? Vous lui avez dit ou pas ?
Ça n'était pas mon rôle.
Vous les avez avertis ou pas ?
Ma voix de citoyenne ou de candidate ne pèse pas. Je parle de médecin.
Vous êtes médecin.
Vous savez que pour prendre une décision, M. Bourdin, pour prendre une décision d'annuler des élections municipales, il faut un consensus. Il faut un consensus politique et il faut un consensus scientifique. Le président de la République s'est appuyé sur un avis. Un avis de scientifique reconnu qui a estimé qu'il n'y avait pas de danger et à maintenir les élections municipales. Les partis politiques qui ont été consultés ont également souhaité le maintien de ces élections du premier tour. Donc, à l'évidence, le consensus politique et scientifique n'a pas permis de prendre cette décision.
Après mon sentiment, voyant l'épidémie progresser en France à ce moment-là, et c'est les mots que j'ai employés, c'est que le deuxième tour ne se tiendrait pas. je voyais le nombre de cas augmenter, je voyais des gens tomber malades dans mes équipes et j'étais absolument persuadée qu'il n'y aurait pas de deuxième tour possible dans ces conditions dans ce contexte. Je me suis donc énervée, agacée, j'ai été choquée des tractations d'appareils le 16 mars, c'est-à-dire le lendemain des élections où tout le monde faisait comme si de rien n'était alors que nous savions que le confinement risquait d'être avancé. Et tout le monde
vous a lâché d'ailleurs, enfin plus ou moins. Président de la République, Préunis, personne ne vous a appelé.
Écoutez, c'est faux, je les ai eus. Ah bon ?
Ils vous ont appelé le lendemain ?
Écoutez, je n'ai pas l'habitude de rendre public. Je ne veux pas savoir ce qu'ils vous ont dit. Non, j'ai eu des contacts. S'ils vous ont appelé ou pas ? J'ai eu des contacts avec eux. Voilà, je les ai eus.
Ok, d'accord. Bien, vous ne regrettez rien donc, si ce n'est ce mot mascarade. On est bien d'accord ? Absolument. Il a pu choquer. Cette interview. Bon, Agnès Buzyn, le Ségur de la santé. Ce Ségur de la santé. Vous voyez cela, j'imagine, avec aujourd'hui une certaine distance. Et notamment, on parle vraiment maintenant de rémunération, de faute augmentée, 300 euros, tout le monde est d'accord et tout. Mais pourquoi ne l'avez-vous pas fait ? Pourquoi ? On vous a empêché de le faire ? Est-ce que Bercy vous a dit non, on n'a pas les moyens ?
D'abord, toujours replacer les choses dans le contexte. Oui, oui, non, mais d'accord. Oui, mais c'est la vie. Non, mais est-ce que Bercy
vous a dit non, on n'a pas les moyens ?
J'ai d'abord posé le bon diagnostic en arrivant. Et je suis très heureuse que ce réinvestissement massif dans l'hôpital que je souhaitais s'accélère et ait une ampleur supérieure. Je ne peux que m'en réjouir. Ensuite, j'avais également posé le diagnostic d'un problème de gouvernance à l'hôpital, pas assez de médecins représentés. Ce problème-là, j'avais commencé à l'instruire, si je puis dire, en demandant qu'on me fasse des propositions d'une nouvelle gouvernance.
J'avais également ouvert avec le collectif Interhôpitaux, et peut-être pourra-t-il en parler, l'idée qu'après l'investissement initial dans les hôpitaux, dans les outils, dans les équipements, on puisse parler d'une deuxième étape de rémunération, et donc j'avais ouvert la porte à une augmentation des rémunérations dans une deuxième étape lorsque je suis partie. Les contraintes budgétaires n'étaient pas les mêmes. Voilà. Non mais, vous le savez, la...
Oui. Aujourd'hui, on a l'argent que nous n'avions pas à l'époque.
D'autres décisions ont été...
Même avec la crise.
La crise a ouvert, évidemment.
Pourquoi a-t-il fallu une crise pour révéler, justement, la situation de l'hôpital ?
On va vous reprocher
cela aussi,
Agnès Buzyn. J'avais prévu un plan d'investissement massif dans l'hôpital public à l'aune des décisions collectives prises, c'est-à-dire d'avoir une France qui réduit sa dette, réduit ses déficits. Et donc, malgré tout cela, je m'étais engagée pour avoir des tarifs, c'est-à-dire des budgets hospitaliers en hausse pendant les trois années qui venaient. Je rappelle, M. Bourdin, je suis la première ministre, la première ministre depuis dix ans à avoir réaugmenté les budgets de l'hôpital public et de m'être engagée à les réaugmenter pendant plusieurs années d'affilée. J'avais obtenu quelque chose que personne n'a jamais obtenu, une reprise de la dette des hôpitaux de dix milliards d'euros.
C'est quelque chose de compliqué à mettre en œuvre et tant mieux si ça va plus vite, tant mieux si ça va plus loin. On ne peut que... Voilà, c'est dommage qu'il faille une crise pour évidemment révéler la nécessité de considérer la santé comme une priorité mais aujourd'hui tout le monde en est d'accord et tant mieux.
Bien, Agnès, nous parlons de Paris. Pourquoi vouloir continuer ? Vous nous avez expliqué pourquoi votre engagement, cette volonté. Il y a aussi un peu d'orgueil, j'imagine, autour de ça. Non, il n'y a pas d'orgueil ? Non, vous n'êtes pas...
Non, je termine... Je me suis engagée devant des Parisiennes et des Parisiens.
C'est parfois de servir de punching ball à tout le monde. Franchement. À vous notamment, M. Bourdin. Mais à moi, c'est normal. Moi, je suis dans mon rôle. Je ne parle pas de moi, je parle de vos amis politiques ou vos ennemis politiques.
J'ai beaucoup d'amis politiques, j'ai beaucoup de gens qui me soutiennent. Vous le verrez pendant cette campagne. Je considère que j'ai pris un engagement devant les Parisiennes et les Parisiens de représenter une alternative, de représenter
Par laquelle ? Par rapport à Rachida Maty ou à Anne Hidalgo ? Laquelle ? Quelle est votre différence ?
Eh bien, mon programme. Mon programme qui est résolument tourné vers les besoins quotidiens des Parisiennes et des Parisiens. Aujourd'hui, de quoi ont peur les Parisiennes et les Parisiens ? De perdre leur emploi. Ils ont peur du fait du chômage de ne pas pouvoir payer leur loyer. Ils ont les enjeux sanitaires en tête dans le métro, dans les écoles, dans leur travail. Ils ont peur. ils regrettent qu'il n'y ait plus de vie culturelle, festive. Et donc, qu'est-ce qu'ils demandent ? Que la vie normale reprenne avec un maximum de sécurité. Donc, j'ai trois grands axes et je les porte haut et fort. Ma première priorité, c'est de relancer la vie économique, sociale et culturelle à Paris.
Et donc, je prévois un très grand plan Marshall pour que nos commerces de proximité, nos restaurateurs restent dans Paris. Je crains la fermeture qui s'était déjà amorcée avant cette crise mais qui va s'accélérer. Et donc, un plan Marshall qui permet une exonération totale des taxes pour les commerçants et les artisans pendant un an, potentiellement renouvelé pour qu'ils puissent récupérer une marge et un chiffre d'affaires. Et je veux ouvrir la possibilité à tous ceux qui le souhaitent, avec un accord des syndicats, d'ouvrir le soir et le week-end dans tout Paris. Il faut que les commerçants et les artisans puissent travailler.
Il faut libérer l'énergie et qu'ils puissent récupérer évidemment un chiffre d'affaires. Ensuite, on a un deuxième souci. C'est les familles qui quittent Paris. La ville de Paris ne peut pas se vider des enfants et donc, je prévois un très grand plan d'investissement dans les écoles. Une rénovation complète des écoles et des collèges pour plus de sécurité, plus d'hygiène, de toilettes, une préparation au changement climatique, un réinvestissement dans l'école pour que le niveau d'accueil des enfants soit à la hauteur de ce qu'attendent les familles et qu'elles ne fuient pas Paris comme c'est le cas actuellement.
Bien, j'ai deux questions, vraiment réponses brèves. Qui voterez-vous ? Pour qui voterez-vous ? Pour Annie Delgaux ou pour Rachida Dati lorsque vous serez conseillère de Paris ?
Pour moi ?
Oui, pour vous, mais vous ne serez pas en position d'être élu mère. Je voterai pour moi. Vous ne vous faites aucune illusion, j'imagine.
Je voterai pour moi. Un match n'est jamais plié d'avance. Sinon,
si vous êtes obligé de choisir, si vous êtes obligé de choisir, vous choisissez qui ?
Franchement, je voterai pour moi et un match ne s'arrête pas à la première mi-temps, M. Bourdin.
Oui, je sais, je sais, mais vous choisissez entre ces deux candidates, partenaire ou adversaire, comment on veut, vous choisissez qui ?
Je vote pour moi, M. Bourdin.
Bon, vous ne choisissez pas entre les deux.
Je vote pour moi, M. Bourdin. Je suis candidate à la mairie de Paris. Permettez-moi de...
J'ai une dernière question. Est-ce qu'il n'y a pas un peu de gâchis ? Franchement. Est-ce que depuis six mois, vous ne pensez pas qu'autour de vous, il n'y a pas un peu de gâchis ? Non, vous n'êtes pas...
J'aurais aimé que vous parliez des attaques personnelles dont j'ai fait l'objet, M. Bourdin. Vous êtes d'ailleurs protégé,
je crois.
Oui. Je pense que ça traduit quand même une violence de la société qui est importante et je trouve que face à cette crise, nous avons besoin d'un retour d'expérience collectif. Il est absolument nécessaire et je le pense comme tous les Français. Mais je pense qu'avant d'accuser, avant de trouver la personne qui serait responsable d'une épidémie et d'une pandémie mondiale, nous pourrions prendre le temps justement d'écouter tous les acteurs de cette crise et d'en tirer surtout les leçons pour que nous puissions faire mieux à la prochaine parce qu'il y en aura forcément d'autres.
Merci Agnès Buzyn d'être venue nous voir ce matin sur RMC BFM TV il est 8h56.