À Mayotte, 7 mois après Chido, les travaux continuent (et il manque des sous)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les gens continuent à vivre dans des bâches alors que on s'approche vers la saison des pluies. Monsieur le sénateur, oui Saï, on est chez toi là, c'est un gros chantier. Il y a des bâches là-haut, il y a des gravas, il y a du monde sur ton toit.
Pourquoi ? Ben parce qu'il y a eu Chido. Ça fait 7 mois que Chido est passé et c'est n que maintenant qu'on arrive à avoir du matériel.
Maintenant que on a commencé la toiture en haut, on commence à souffler. Mais je dirais que moi j'ai de la chance par rapport à d'autres parce que j'avais une assurance mais d'autres qui n'ont pas d'assurance malheureusement. J'ai bien peur que psychologiquement il y a des gens qui vont jamais pouvoir supporter ce que nous avons vécu ici parce que ça devient tout simplement invivable.
Tu me parlais des chefs d'entreprise et justement là il y a il y a le patron de la boîte qui rentre et qui est aux abois. Il a reconstruit 12 écoles. On lui a dit fais au plus vite.
Donc il a reconstruit ça au plus vite. Avait un devis de 144, il a mis 500000 € de sa poche. Et là il attend, il attend, il attend d'être payé.
Il se dit "Mais est-ce que je vais devoir licencier mes 27 gars ?" Mais c'est pas une exception, c'est la règle. Beaucoup de d'entreprises effectivement on leur a demandé une mise à l'état parce que les écoles bien sûr étaient dans une situation complètement dégradée pour permettre uniquement à ce que nous puissions reprendre l'école en mode dégradé.
Ils ont fait ce travail-là, sauf que jusqu'à maintenant, évidemment, ils attendent à ce qu'ils soient payés et ça devient une grande difficulté pour eux parce que ils arrivent pas à se projeter. Si ça continue comme ça, on va se retrouver demain dans une crise sociale majeure parce que bien sûr, il va y avoir des licenciements. Mayotte n'a pas besoin de ça.
Sachant qu'il y a pas de versement par avance, quoi. Il y a pas de versement par avance et puis nos collectivités sont dans des difficultés énormes. Si vous pouvez aller voir le maire de Mamouzu, il a fait un courrier qu'il a envoyé à l'État avec les besoins immédiats qu'il a pour ouvrir les écoles et que l'État a répondu que de toute façon ils n'ont pas les moyens de pouvoir honorer ces demandes.
Donc nous sommes dans une situation encore plus difficile dans une précarité incroyable. Quand on dit ça à Paris, les gens ne nous croient pas mais je suis content que tu sois venu. Tu vas voir, je vais te montrer des quartiers et tu vas juger toi par toi-même et que je suis sûr que tu vas retourner à Paris complètement bouleversé voir la misère de que les gens vivent ici depuis 7 mois.
Yeah.
François Ruffin