Budget : cacophonie au gouvernement - Reportage C dans l'air 15.10.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23FerméeRéponse directe
La taxe sur le gaz, vous êtes favorable à une augmentation ?
- 0:57FerméeRéponse directe
Est-ce que vous pourriez quitter le gouvernement si demain on vous disait « ça sera ça et pas plus » ?
- 6:44OuverteRéponse directe
Que peut faire Michel Barnier si tous ses ministres commencent à lui faire du chantage au budget pour leur ministère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de hausse de taxes sur le gaz dans ce texte. »
- 2:22InvitéFait
« C'est un budget de vérité, c'est un budget de solidarité, c'est un budget de responsabilité et c'est un budget de souveraineté. »
- 4:22InvitéChiffre
« 65 000 fortunés qui vont être taxés avec cette contribution »
- 4:27InvitéChiffre
« 23 700 deux jours à plus tard en disant on s'est trompé »
Temps de parole
- Présentateur23 %
- Invité17 %
- Invité 216 %
- Invité 313 %
- Invité 410 %
- Invité 510 %
- Invité 63 %
- Invité 73 %
- Antoine Armand2 %
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S'imaginaient-ils rencontrer autant d'obstacles sur leur chemin aussi rapidement ? C'était il y a 24 jours, photos de familles, tout sourire du nouveau gouvernement, depuis les couacs s'enchaînent. Dernière en date, quand la ministre de la Transition écologique annonce une hausse de la fiscalité sur le gaz, le ministre du Budget dit non.
La taxe sur le gaz, vous êtes favorable à une augmentation ?
Non, je n'y suis pas favorable. Je vous dis à vous ici, en tant que ministre du Budget, c'est que le projet de loi ne contient pas de hausse de fiscalité du gaz.
Donc pas de hausse et de taxes sur le gaz.
Il n'y a pas de hausse de taxes sur le gaz dans ce texte.
Des ministres qui se désavouent. Et un autre, Didier Migaud, qui menace de démissionner si le budget de la justice n'est pas rehaussé pour 2025. J'ai posé comme principe d'obtenir les crédits nécessaires pour que les engagements soient respectés en termes notamment d'effectifs. Est-ce que vous pourriez quitter le gouvernement si demain on vous disait « ça sera ça et pas plus ». Si on en reste à la lettre au plafond, oui, je ne vois pas ce que je ferai encore au gouvernement. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà deux poids lourds censés soutenir la coalition qui désapprouve les pistes d'économie du gouvernement pour mettre en avant leurs idées.
Plutôt que faire davantage d'impôts, moi je propose de faire davantage de réformes, supprimer un jour félève supplémentaire, faire vraiment les 35 heures dans la fonction publique, travailler dans chacune des entreprises pour allonger le temps de travail, je pense que ce sont des mesures de bon sens.
Gérald Darmanin, suivi par Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre tient beaucoup à la réforme de l'assurance chômage qu'il avait préparée. Quand on peut travailler, on doit travailler. Dans la situation dans laquelle nous sommes, je ne crois pas que nous puissions nous payer le luxe d'hésiter, de tergiverser ou de reculer en matière de réforme de l'assurance chômage. Il est urgent de réformer. Piste rapidement enterrée par la nouvelle ministre du Travail qui y voit une énième réforme pénalisant tout le monde. Le groupe LR ne compte pas non plus faciliter la tâche du Premier ministre, pourtant issue de ses rangs.
Avec 47 députés, près de 380 amendements déposés sur le texte du budget, le Premier ministre continue de se justifier à l'Assemblée.
C'est un budget de vérité, c'est un budget de solidarité, c'est un budget de responsabilité et c'est un budget de souveraineté.
Dernière mauvaise nouvelle de la journée pour l'exécutif, une commission d'enquête sur le dérapage des finances publiques vient d'être créée. À sa tête, l'insoumis Éric Coquerel.
On va essayer de comprendre comment tout ça a dérapé à ce point-là. Jusqu'à maintenant, la France est considérée comme donnant des... ayant un appareil d'État qui donne des chiffres justes sur lesquels, notamment, tous ceux qui nous prennent de l'argent peuvent tabler. Vous comprenez bien qu'à partir de mon incertitude, c'est extrêmement grave.
Un chemin de croix pour un gouvernement censé voter son projet de loi de finances dans 35 jours.
Et ça, ça la foutait mal. Alors, nous allons revenir sur les conditions assez incroyables de ce débat budgétaire qui débute aujourd'hui à l'Assemblée nationale. Condition inédite. Mais un mot sur ce qui va se passer avec cette commission d'enquête parlementaire qui va plancher sur les dérapages budgétaires validés par les présidents de l'Assemblée nationale. Ça aussi, c'est inédit. Et validé par Michel Barnier qui dit oui, c'est une bonne chose d'essayer de savoir pourquoi les comptes ont dérapé. – Manifestement, il y a un consensus là-dessus en disant qu'on ne comprend pas. On ne comprend pas pourquoi l'annonce du déficit a bondi de semaine en semaine.
C'est-à-dire qu'on a quasiment doublé ou triplé. Donc la seule solution, c'est la transparence. On a un Bruno Le Maire qui est mystérieux, qu'il dit qu'on saura la vérité comme s'il y avait une espèce de chose secrète qui fallait, une sorte de mystère qu'il fallait dévoiler au grand jour le moment venu. – Oui, et il réservera ça aux représentants du peuple français. – Exactement. – Bon, donc ça n'arrange pas, ça complexifie le secret. Et de toute façon, effectivement, il y a plein de choses qui ont l'air de dysfonctionnées dont on ne peut pas penser que ce soit uniquement Bruno Le Maire qui était au courant. Parce que Bruno Le Maire, les autres ne sont pas idiots.
Enfin, je veux dire, dans la cas de Znaf, tout le monde avait alerté, y compris Emmanuel Macron. Donc le plus simple, c'est de faire la clarté. Mais je pense qu'il y aura d'autres choses qui devront être clarifiées. Et quand on nous dit qu'il va y avoir 65 000 fortunés qui vont être taxés avec cette contribution, 65 000 et qu'on arrive à 23 700 deux jours à plus tard en disant on s'est trompé, ou ils sont mauvais, ou ils cachent quelque chose. Enfin, il y a forcément une nécessité de transparence. Parce que c'est un acte essentiel, le budget. Il y avait déjà eu des menaces de manque d'honnêteté qui avaient été données.
Et là, le plus simple, c'est de mettre tout sur la table et d'expliquer autrement le soupçon à permanent. C'est important de commencer par là notre discussion sur le climat politique. Parce que c'est vrai que c'est un préalable à cette discussion budgétaire qui rend tout un peu compliqué à partir du moment où certains disent on n'est pas sûr des prévisions de Bercy, on n'est pas sûr de savoir où est vraiment passé l'argent des milliards du dérapage budgétaire. Il y a un soupçon d'insincérité du budget. Alors, Bruno Le Maire argumente sur le fait qu'il avait demandé un projet de loi rectificatif avant l'été qui a été refusé par l'exécutif.
Il faut se rappeler qu'avec les élections européennes, que ce n'était peut-être pas le meilleur moment d'annoncer de mauvaises nouvelles. Donc, il y a tout un ensemble de choses qui peuvent expliquer que ces dérapages n'étaient été annoncés que progressivement. Et Michel Barnier, de toute manière, dès qu'il est arrivé face aux députés et au gouvernement, il a annoncé la couleur, il a dit à Gabriel Attal ce trou que j'ai découvert en arrivant. Donc, tout ça, ça fait un petit gloubi-boulga, si on peut, budgétaire. Et en effet, il y a un besoin de clarification très difficile de s'opposer à une commission d'enquête sur les dérapages budgétaires.
Ça s'inquiète, c'est une marque, les Français, ou pas, ça ? Très clairement. C'est-à-dire que ça rejoint finalement la conversation précédente. C'est-à-dire que demander aux Français de faire des efforts, pourquoi pas ? Mais encore faut-il qu'en face, on puisse se dire qu'on a des gens sérieux à qui l'on confie son argent. Si vous voulez, c'est comme si vous confiez votre argent à un banquier et puis qu'il vous demandait toujours, vous ne voudriez pas remettre un petit peu dans l'enveloppe et puis que vous voyez vos produits financiers qui baissent, qui chutent, je ne sais pas trop pourquoi, mais ça baisse. Donc, à un moment, il faut avoir confiance. C'est ça.
C'est vraiment, ça doit être une relation de confiance. Donc, c'est essentiel qu'il y ait ce type de commission pour pouvoir avoir un peu de clarté sur... De la confiance pour qu'il y ait du consentement à l'impôt. Exactement. Parce que les impôts... Parce qu'en France, il y a de plus en plus de difficultés à obtenir ce consentement à l'impôt. Alors, on va revenir sur ce qui va se passer au Parlement, mais je ne résiste pas à cette question de Frédéric dans le Vaucluse. Que peut faire Michel Barnier si tous ses ministres commencent à lui faire du chantage au budget pour leur ministère ? Allusion au garde des Sceaux qui dit « Si je ne vois pas mon budget augmenter, je m'en vais ».
Oui, alors, la question... Il a été un peu provoqué par la question posée qui lui a dit « Vous êtes prêt éventuellement à quitter le gouvernement ». S'il avait gardé le métier politique qui était le sien jusqu'en 2010, il n'aurait pas fait la réponse qu'il a faite. Il est assez stupéfiant qu'il ait pu dire qu'à son condition, il ne voit pas ce qui ferait à rester au gouvernement. C'est un peu stupéfiant, d'autant plus que Didier Migaud pourrait bien avoir dans l'avenir d'autres occasions de quitter le gouvernement. Je pense en particulier à la loi immigration dont nous parlerons peut-être tout à l'heure. Donc, on a une situation où, effectivement, le problème, c'est que Michel Barnier...
Le problème de ce gouvernement, c'est qu'il n'y a pas de majorité et il n'y a pas d'entente entre les formations qui composent le gouvernement et il n'y a pas de ligne politique fixée au départ. Et qu'enfin, Michel Barnier, pour faire bonne mesure, a dit que son budget était parfaitement amendable au Parlement. C'est inviter chaque ministre à pousser vers le Parlement en disant... Alors, c'est Mme Barnier-Runacher qui a été citée dans le reportage que vous nous avez fait et qui disait qu'il faut une hausse sur le gaz plutôt que sur l'électricité parce qu'il faut encourager les énergies décarbonées et que le gaz est une énergie fossile. Et donc, voilà, il faut déplacer.
Mais enfin, les gens, ils entendent, en gros, on va nous augmenter le gaz, ce n'est pas pour autant qu'on va nous baisser l'électricité. Et là, on a Laurent Saint-Martin.
Antoine Armand