POLITIQUES AU SOMMET - François Ruffin DEBOUT!
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
L'an passé, tu étais là et tu disais que Mercosur ne passerait pas. Qu'est-ce qui a changé ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Dans les sondages, on ne te voit pas. Comment comptes-tu exister ?
- 5:09OuverteRéponse directe
Tu proposes des prix minimum garantis. Pourquoi ça n'a pas marché avant ?
- 10:40OuverteRéponse directe
Pourquoi les socialistes ne sont-ils pas présents ici ?
- 12:46OuverteRéponse directe
Tu as voté contre la loi d'urgence agricole. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Fait
« Dire que il y avait une unanimité à l'Assemblée nationale pour le refuser, qu'on l'a construite et qu'on a été un point de blocage. »
- 3:48Fait
« On dit très clairement que ce qu'on veut, le but de l'agriculture française ça doit être de nourrir les 70 millions de français et pas de placer ces marchandises sur des marchés mondialisés. »
- 4:27Fait
« Quota d'importation, quota de production, coefficient multiplicateur, prix planché. Et ce sont des outils qui ont marché pendant toute la pré-guerre, qui ont permis qu'on retrouve notre souveraineté alimentaire. »
- 5:48Fait
« Il faut absolument qu'entre les forêts là-bas et la ville, il faut qu'il y ait cette agriculture là. Bah ça doit passer par des prix et par la rémunération des services environnementaux qui aujourd'hui sont pas payés. »
- 8:40Fait
« Le logement, on laisse faire le marché, c'est plus 80 % de prix du mètre carré depuis 20 ans et c'est des logements qui restent vides, qui deviennent des produits financiers. »
- 12:02Fait
« Il y a pas un moment où la ministre de l'agriculture où on nous dit quel est le cap qu'on veut pour l'agriculture française ? »
- 12:46Fait
« En 1945, un cap clair a été tracé. On a dit les dirigeants politiques ont dit votre objectif notre objectif c'est de sortir de la dépendance des États-Unis. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mesdames, messieurs, bonjour. Très heureux ici de vous retrouver dans le cadre du sommet l'élevage et j'ai le plaisir d'accueillir François Rfin. Salut François. Bonjour François, je suis très heureux de t'accueillir. Tu es député la Somme, président debout, candidat à l'élection présidentielle et je vois que tu as fait le tour du salon. Moi, j'ai une première question François. Je te crois plus. L'an passé, tu étais là à la même place et tu disais Mercur no passe à ramera pas. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vleyen s'est assis directement sur tout ce que vous faisiez proposiez. Oui. Dire que il y avait une unanimité à l'Assemblée nationale pour le refuser, qu'on l'a construite et qu'on a été un point de blocage. Maintenant je la diplomatie du président de la
République, ça va pas. euh quand on va un coup dans les bras de Loula pour dire "Bon, allez, vous changez une ligne et puis on sera d'accord avec ça" et que vous revenez au salon de l'agriculture en disant ce traité, il va pas du tout. C'est pas comme ça qu'on peut construire des alliances au niveau européen pour avoir une minorité de blocage. Donc ça ça s'est pas fait. Du coup, euh Ursula Vanerleyenne s'est assise sur la vie de la France qui a pas été plus combative que ça. Mais je pense que ça pose un grand choix. Ça pose un grand choix pour moi qui est le choix majeur euh qui est est-ce qu'on construit une exception pour l'agriculture comme on a construit une exception pour la culture ou bien est-ce qu'on place euh nos champs, nos terres, nos assiettes dans la la grande
machine de la mondialisation ? Et finalement, ça fait 30 ans qu'on y est dans la machine. Depuis les accords du Gad de 1994, l'Uray Round, bah depuis ce temps-là, on dit aux agriculteurs qu'ils doivent être compétitifs avec les fermes brésiliennes, néoz-élandaise, ukrainienne, quoi. Et tu comprends pourquoi je t'ai dit je te crois plus. C'est parce que si je suis agriculteur, si je suis éleveur, j'ai pas de raison de croire l'élu, le politique aujourd'hui puisque il promet quelque chose et au final ça se passe pas. Écoute, excuse-moi Jean-Paul, mais je j'ai mouillé la chemise du premier au dernier jour et je ne cesserai pas de la mouiller parce que chez moi dans Picardie, j'ai vu les ravages de la mondialisation, j'ai vu les usines partir une à une. J'ai vu ma région être
désindustrialisée et je l'ai dit de comme on a fait de la Chine l'usine du monde, je veux pas qu'on fesse du Brésil la ferme usine du monde ou de l'Ukraine la ferme usine de l'Europe et mon engagement là-dessus il n'a pas dévié d'un Yota et il ne déviera pas. Allez, une autre question politique un peu générale. Dans les sondages, mais on te voit pas, c'est-à-dire qu'on voit les principaux et on voit pas ta photo. Tu vas jamais exister si les organismes de sondage tefont pas apparaître à la télé au 20h chaque soir. Je pense qu'on n'existe pas par les individus de sondage. On on existe par les gens qu'on rencontre et qui disent "Ah tiens là, il y a une voix qui paraît sincère que jusqu'ici on entendait pas." Bah c'est ce que je m'efforce de faire,
vous savez, pour la France en entier. Hier, j'étais avec les lycéens à eux, à Amien, à Abille, avant-hier à Paris. Je suis avec les pompiers et je suis là aujourd'hui avec les agriculteurs. Et moi, je veux pas parler à la France à moitié, je veux parler à la France en entier. Et c'est vrai, je le confirme effectivement, tu as publié les carnets de campagne, tu le fais pour différents sujets que tu traites au fur et à mesure et cette semaine bien entendu, c'est les carnets de campagne sur l'agriculture. Première idée des prix minimum garantis pour les produits agricoles. Oui, ça marche pas ça. Mais si ça marche. Mais là Jean-Paul, ça a marché pendant des décennies d'après-gerre. Pourquoi ? Vous savez, je me souviens d'un d'unagulteur du coin qui était venu à l'Assemblée
nationale, Bruno Dufayet à l'époque président de la Fédération nationale Bovine qui est toujours par là d'ailleurs et qui disait "Écoutez vous les politiques, qu'est-ce que vous voulez ? Dites-le-nous. Est-ce que vous voulez qu'on soit compétitif avec les fermes brésiliennes ou est-ce que vous voulez une agriculture familiale qui avec moins d'un ans et qui se soucie du bien-être animal ? Qu'est-ce que vous voulez ? Mais on peut pas faire les deux. Et je pense que nous on a tranché. On dit très clairement que ce qu'on veut, le but de l'agriculture française ça doit être de nourrir les 70 millions de français et pas de placer ces marchandises sur des marchés mondialisés. Et que dans ce but-là, il doit y avoir des outils de régulation. Quota d'importation, quota de
production, coefficient multiplicateur, prix planché. Et ce sont des outils qui ont marché pendant toute la prè-guerre, qui ont permis qu'on retrouve notre souveraineté alimentaire, qui ont permis aussi de proposer aux agriculteurs stabilité et prospérité. Deuxème idée, généraliser les paiements pour services environnementaux. Alors, c'est vrai que les agriculteurs font du boulot pour le reste de leurs concitoyens, mais c'est vrai que les agriculteurs, ils aiment pas être payés. Ils préfèrent des prix qui les rémunèrent. Mais je pense il faut deux choses. Il faut des prix qui les rémunèrent. Mais il y a toute une partie de leur activité. Si jamais on dit qu'il faut réinstaller des E mais que ensuite il faut les entretenir, bah on sait que 100 m de ça peut être une journée de travail
dans l'année. Bah si on veut vraiment qu'il ait ça, il s'agit qu'il soit payé pour le faire. Sinon, qui accepte de faire du travail gratuit ? Vous savez quand quand je vois des agriculteurs de chez moi, producteurs de laitier et qui savent qu'à la fin de leur journée, ils vont avoir perdu 200 €. Pourquoi on on bosserait pour ça ? Donc évidemment tout travail mérite salaire. Tout travail mérite salaire, mérite un revenu à la fois sur ce qu'on produit pour le manger qui va dans notre assiette, mais aussi les services qui sont rendu pour qu'on ait des zones humides, pour qu'on ait euh du maréchage, pour qu'on ait des zones tampons. Vous savez, j'étais en en je suis passé évidemment en Gironde après les incendies. Que disait le chef des pompiers ? Que disait le maire de
Saintmdarangal, là où l'incendie s'est arrêté juste avant Bordeaux, il disait "Nous, ce qu'on a besoin, c'est des zones tampon. On a besoin des zones humides, on a besoin des de maréchage, on a besoin Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut absolument qu'entre les forêts là-bas et la ville, il faut qu'il y ait cette agriculture là. Bah ça doit passer par des prix et par la rémunération des services environnementaux qui aujourd'hui sont pas payés. J'ai bossé ton document là hein. Je vois ça page. Merci. Euh 3è idée, un fond de garantie pour l'agriculture bio. Alors en même temps, ça permettrait de faire vivre l'agence bio qu'on veut tuer euh un mois sur l'autre, on va dire. Vous savez, il faut mesurer ce que ça demande d'effort à un agriculteur de sortir du
conventionnel et de décider d'aller vers le bio. C'est 3 années, mais c'est des dossiers à remplir. Enfin, c'est beaucoup beaucoup de difficultés à surmonter. Et quand ils y parviennent et queil y a une crise du bio, il y a aucun filet de sécurité. Du coup, ils font quoi pour un certain nombre ? Et ben, ils sortent du bio, ils reviennent au conventionnel ou alors ils abandonnent. Bah non, ce qu'a fait l'Europe pour tous les agriculteurs, le fond de garantie agricole, ben on doit au minimum le faire aujourd'hui pour ceux qui ont fait le choix de passer au bio. Et euh évidemment, ne serait-ce que faire respecter la loi, la loi qui dit que dans les cantines 20 % de la nourriture doit être bio. Si on fait ça, bah déjà il y a donc je suis pour un fond de
rachat. L'État rachète quand les prix plongent. L'État rachète et il fournit les épiceries solidaires, il fournit euh les cantines locades, il fournit euh les épades. Tu l'as dit, tu es pour l'exception agriculturelle, un peu comme le cinéma hein, c'est un peu le la même idée. Quelque part, tu es un protectionniste à 100 %. Tu sais, moi ce mot ne m'a jamais fait peur. Euh, ça fait un peu de droite quand même. Mais non, non. Bah alors même dans les années 2000 quand je militais parce que j'écris un bouquin qui s'appelle Leur Grande Trouille, journal intime de mes pulsions de protectionniste où je parlais à la fois de l'industrie mais aussi de l'agriculture et aussi de l'environnement en sachant tout le dumping que produit la mondialisation. Donc oui, je suis pour qu'on ait des
taxes aux frontières, pour qu'on ait des barrières dernières, pour qu'on ait des quotas d'importation, c'est-à-dire pour qu'on ait des régulations. Je le dis pour les agriculteurs maintenant, vous savez c'est même plus une crise agricole. On a une crise agricole tous les 6 mois, c'est on est en crise agricole permanente. Pourquoi ? Parce que si jamais le marché n'est pas régulé, il ne s'autorégule pas. Et donc, on a des déstabilisations permanentes. Quel est le rôle du politique ? Il est de protéger, il est d'assurer un cap dans la durée et ça ça passe par des outils de régulation. Et en vérité, le grand choix qui doit être proposé aux français pour l'année prochaine, c'est est-ce qu'on veut laisser tout sur le marché ou est-ce qu'on veut réguler ? C'est vrai pour l'agriculture, mais
c'est vrai pour le logement aussi. Le logement, on laisse faire le marché, c'est plus 80 % de prix du mètre carré depuis 20 ans et c'est des logements qui restent vides, qui deviennent des produits financiers. C'est vrai pour l'essence. Il y a plus de contrôle des prix et démarches qui ont existé jusqu'en 1990 que même Michel Rocard avait remis pendant l'agrière du golf. Donc je pense que la grande question qui devrait être posée aujourd'hui au français, c'est est-ce que vous voulez des régulations ou bien est-ce que vous voulez laisser faire le marché mondialisé ? François, est-ce que tu es d'accord avec moi ? Le bon niveau, celui qui marche bien, c'est pas le niveau parlementaire, c'est celui des maires ? Tu l'as écrit dans la République des communes. Mais je
suis pas pour opposer, moi. Je pense que les grandes transformations quand elles se font dans une société, c'est pas parce que c'est décidé par l'Élysée, par les ministères, par les députés. C'est parce que quelque part c'est déjà mûri par la société. Vous voyez, par exemple, quand on parle de euh des caisses de sécurité sociale alimentaire, je dis euh comment c'est faite la sécurité sociale tout court, elle est d'abord partie des mutuels, des caisses de solidarité dans les usines, de municipalités communistes, socialistes qui avaient mis en place ça et ensuite on l'a généralisé au niveau national, on a construit cette solidarité. Et ben je pense que la même chose doit être faite pour un si on veut des sécurités sociales de l'alimentation et je la souhaite, il faut d'abord que
ça parte par le bas par des mairies par des mutuels qui mettent en place ça qui montrent que ça marche et qu'ensuite ça soit généralisé. En général, vous savez, je pense qu'il y a des oppositions qui n'ont pas de raison d'être et que il y a bien souvent un chemin pour le dépassement des contradictions. Et c'est pas le bas contre le haut, c'est le chemin qui permet d'allier les deux. Alors, tu veux rapprocher la gauche des classes populaires des campagnes des agriculteurs. C'est pas gagné ça. Les socialistes, il y en a aucun qui est là. Alors, OK, j'ai bien compris que tu es pas socialiste. Et j'ai bien compris qu'elle a l'élection enfin la primaire des socialistes. Pourquoi ils sont pas là ? Je dis que on doit d'abord il y a une histoire de la gauche et de
l'agriculture. Vous savez quand je vois les agriculteurs de mon coin, on est dans la Somme et ça vote pas à gauche dans là-dessus hein. Et je leur dis, vous savez, ça va pas aller de soi pour vous de glisser un bulletin rufin à la fin mais la réalité c'est ce qu'on va proposer en en terme de régulation, c'est plus pour vous que le grand marché mondialisé. Mais surtout c'est la gauche qui a construit des grandes lois de régulation. Les coopératives, c'est le Front populaire. La loi sur le fermage qui fait qu'aujourd'hui les terres, elles seraient aux mains des financiers. Si j'avais pas eu ça, c'est les socialistes en 1945. Donc je moi je dis que on doit parler au monde de l'agriculture et c'est même pas pour aller chercher les voies, c'est pas les les c'est par contre c'est de se dire
que demain on va devoir transformer l'agriculture. On peut pas transformer l'agriculture sans les agriculteurs, contre les agriculteurs et même sans les organisations agricoles sans ou contre les organisations agricoles. Et donc il faut les embarquer, faut aller leur parler, faut que ce dialogue soit nourri. C'est mon rôle. C'est pour ça que je suis ici. Allez, une toute dernière question pour finir pour la route, c'était OK. Le 20 juillet, le 20 juillet dernier, il y avait un moment qui était important, c'est la loi d'urgence agricole. Tous les agriculteurs, ils la veulent cette loi ou presque, pas tous, mais presque. Toi, tu as voté contre pourquoi ? Oui, j'ai voté contre parce que je pense que en acceptant le cadre dans lequel on se trouve, on est dans une machine à
dumping et je je souhaite moi que le cap soit posé. Qu'est-ce qu'on veut dans cette loi ? C'est le le le ce qui est le plus manquant. Il y a pas un moment où la ministre de l'agriculture où on nous dit quel est le cap qu'on veut pour l'agriculture française ? Il a plus de vision des crises. On peut pas il s'agit de mettre des moyens qui sont alignés avec un but. Et là il y a aucun but qui est énoncé. Et pourquoi ? Parce que les dirigeants politiques qui demandent aux agriculteurs de faire tout et son contraire. de dire bah voilà, souciez-vous du bien-être animal, occupez-vous de mettre moins d'un tran champs et en même temps soyez compétitif avec l'agriculture ukrainienne, brésilienne, néozélandaise. Et donc la
première chose à faire, une loi agricole, la première chose qu'elle doit faire, c'est dire voilà le but. Vous savez, mes grands-parents étaient agriculteurs, nos aînés, il y en a plein ici, ils étaient agriculteurs. Je les remercie. Pourquoi ? Parce que en 1945, un cap clair a été tracé. On a dit les dirigeants politiques ont dit votre objectif notre objectif c'est de sortir de la dépendance des États-Unis parce qu'on était sous perfusion. Exactement et en une génération jusque en 1972, ça y est, on retrouve notre souveraineté alimentaire parce qu'ils l'ont fait. Mais depuis ce temps-là, il y a pas de cap qui est posé à l'agriculture française et c'est le préalable. Et je le redis de manière claire, pour nous le cap, c'est de nourrir les Français, de bien nourrir
les Français et euh de pas tout jeter sur des marchés mondialisés. Et moi François, je te remercie d'être venu ici au semlevage répondre à mes questions. Merci beaucoup. Merci à vous. Et surtout merci à vous. [grognement] Ah.
François Ruffin