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InterviewC à vous (sur YouTube)· 23 février 2021 20 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

Jordan Bardella accuse Facebook de censure - C à Vous - 23/02/2021

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir Jordan Bardella, eurodéputé, porte-parole du Rassemblement National, on va revenir avec vous sur l'actualité du jour

  • 0:40OuverteRéponse partielle

    Ce n'était donc pas jusqu'ici dans le programme du Rassemblement National ?

  • 1:26OuverteRéponse partielle

    Ce n'est pas la seule évolution du RN

  • 2:33OuverteRéponse partielle

    Comment expliquer ces évolutions ?

  • 3:27FerméeÉludée

    Génération Identitaire bannie depuis 2018 de ces plateformes, mais vous continuez à les soutenir ?

  • 4:03RelanceRéponse partielle

    Vous pensez que c'est juste parce qu'il est vexé qu'il décide de dissoudre le Génération Identitaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47InvitéFait
    « jusqu'en 2017 c'était le retour au franc, et pour financer la dette, la restitution à la Banque de France de ses prérogatives de création monétaire, en clair la planche à billets, mais en franc. »
  • 1:00InvitéFait
    « Ça aurait posé des problèmes considérables vis-à-vis des investisseurs étrangers et de la dette publique française, libellée aujourd'hui en euros. »
  • 1:11InvitéChiffre
    « Quand plus des deux tiers de la dette est détenue par des résidents étrangers, l'indépendance de la France est en jeu. »
  • 1:38InvitéFait
    « Je mets le traité de Schengen au seul endroit qu'il mérite, à savoir la corbeille. »
  • 1:57InvitéFait
    « Les vraies questions, il y en a quatre vraies questions, quatre domaines dans lesquels il faut agir tout de suite. L'immigration et les frontières. Retrouver nos frontières. Donc suspendre Schengen immédiatement. »
  • 3:43InvitéFait
    « Non, pas un soutien sans faille, nous avons toujours été les défendeurs de la liberté. »
  • 3:51InvitéFait
    « la première des libertés fondamentales dans notre pays, c'est la liberté d'expression et la liberté d'association. »
  • 5:00InvitéFait
    « Et je vois des libertés, sous le quinquennat Macron, reculer comme elles n'ont jamais reculé auparavant. »
  • 5:12InvitéFait
    « Il y a eu une loi, la loi Avia, qui a consisté à placer sous tutelle la liberté d'expression et la mettre sous la tutelle des GAFAM, des géants du numérique, une loi qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel. »
  • 6:30InvitéFait
    « je dis dans mon post Facebook qui a été censuré, qui m'a valu une censure de la part de Facebook, je dis clairement, aucun autre gouvernement n'aura agi avec force sur les libertés. »
  • 6:45InvitéFait
    « Facebook n'est pas un service public. »
  • 8:40InvitéFait
    « Non, il n'y a pas de perte de cohérence, mais on souhaite aujourd'hui être le plus clair possible, le plus pédagogique possible, le plus équilibré possible. »
  • 10:42InvitéFait
    « En 2017, il s'agissait de manière franche, assumée, nette, de rompre avec l'Union européenne et de rompre avec l'euro. »
  • 11:08InvitéFait
    « Nous, nous souhaitons, par exemple, que dans le cadre du marché commun, on fasse du patriotisme économique. »
  • 11:34InvitéFait
    « Souvenez-vous, il y a quelques temps, quand on parlait du patriotisme économique, de la souveraineté en matière stratégique, sur des filières aussi importantes que celles des médicaments, aujourd'hui, une grande partie des médicaments sont fabriqués en Chine »
  • 12:10InvitéFait
    « La première des choses à faire, c'est de maîtriser nos frontières. »
  • 15:39InvitéFait
    « Elle le faisait déjà en 2012, lors de sa première candidature. »
  • 16:39InvitéFait
    « Il y a toute une partie de la gauche qui, je crois, main dans la main avec les islamistes. »
  • 16:51InvitéFait
    « Lorsque Jean-Luc Mélenchon, lorsque la France insoumise, lorsque Europe Écologie Les Verts participent à cette marche de la honte aux côtés du CCIF en novembre 2019, où on fait hurler à Allah Akbar à 100 mètres du Bataclan après tout ce qu'on a vécu dans notre pays, c'est une forme d'accointance entre la gauche et l'islam politique. »
  • 19:29InvitéChiffre
    « l'islamisme a tué près de 260 Français depuis 2015. »
  • 19:49InvitéFait
    « je vois se développer partout dans notre pays des petites républiques islamiques. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Invité 214 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

5,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir Jordan Bardella, eurodéputé, porte-parole du Rassemblement National, on va revenir avec vous sur l'actualité du jour, mais d'abord Patrick, le Rassemblement National, dont le programme a très largement changé depuis la dernière présidentielle.

0:12
Invité

Oui, sur plusieurs points, et d'abord avec un revirement majeur hier de Marine Le Pen sur la question de la dette publique. Oui, il faut la payer, une dette doit être remboursée, il y a là un aspect moral essentiel. Ainsi parle désormais Marine Le Pen dans une tribune publiée dans l'Opinion sous le titre « Ayons les idées claires et du bon sens sur la dette », tribune qui aurait pu être signée par Bruno Le Maire, ou le gouverneur de la Banque de France, ou nos grands-mères, puisque la présidente du RN cite le dicton « Qui paie ces dettes s'enrichit ».

0:40
Présentateur

Ce n'était donc pas jusqu'ici dans le programme du Rassemblement National ?

0:43
Invité

Pas du tout le programme, jusqu'en 2017 c'était le retour au franc, et pour financer la dette, la restitution à la Banque de France de ses prérogatives de création monétaire, en clair la planche à billets, mais en franc. Ça aurait posé des problèmes considérables vis-à-vis des investisseurs étrangers et de la dette publique française, libellée aujourd'hui en euros. Mais Marine Le Pen expliquait alors qu'elle voulait franciser notre dette. J'engagerais la renationalisation de la dette française. Quand plus des deux tiers de la dette est détenue par des résidents étrangers, l'indépendance de la France est en jeu. Plus de diatribes aujourd'hui contre les résidents étrangers.

Dans la tribune d'hier, Marine Le Pen dit qu'elle veut « préserver », je cite, « la diversité souhaitable des investisseurs ».

1:26
Présentateur

Ce n'est pas la seule évolution du RN.

1:27
Invité

Non, sur l'Europe et les frontières ça bouge aussi. Un mot épouvantail au RN que Marine Le Pen a dû prononcer des milliers de fois ces dernières années pour le dénigrer, Schengen. Regardez ce qu'elle en faisait en 2014. Je mets le traité de Schengen au seul endroit qu'il mérite, à savoir la corbeille. Les vraies questions, il y en a quatre vraies questions, quatre domaines dans lesquels il faut agir tout de suite. L'immigration et les frontières. Retrouver nos frontières. Donc suspendre Schengen immédiatement. – Suspendre Schengen, mais la poubelle aujourd'hui c'est fini.

Elle ne dit pas « vive Schengen », mais la libre circulation dans l'espace Schengen, grâce aux accords de Schengen entre citoyens européens, n'est plus une horreur absolue. – La proposition que je fais, de la manière la plus claire qui soit, c'est de réfléchir à ce que cette libre circulation, dans le cadre d'un esprit européen auquel nous sommes attachés d'ailleurs, ne s'applique qu'aux nationaux des pays de l'Union européenne. – C'est vraiment clair. – Dans le cadre d'un esprit européen.

2:33
Présentateur

– Comment expliquer ces évolutions ?

2:35
Invité

– Alors il y a deux façons de voir les choses. Soit Marine Le Pen travaille, elle est pragmatique, elle se normalise, quitte ses postures anti-système et se prépare à gouverner. J'imagine que c'est la vôtre, Jordan Bardella, vous nous direz. Soit c'est une opportuniste qui a des convictions en caoutchoumousse et peut opérer d'autres révisions déchirantes dans le but de gagner des voix. Ça c'est ce que pense votre ancien numéro 2, Florian Philippot, qui affirme que le RN a laissé tomber toute idée d'indépendance. Quelle différence, dit-il, entre désormais Le Pen et Macron ?

Après, il y a parmi les choses qui ne changent pas au RN, enfin il y en a quelques-unes, mais il y a aussi ces derniers jours, on l'a vu, le soutien aux identitaires, aux franges les plus radicales et parfois les plus violentes de l'extrême droite. Le mouvement Génération Identitaire, menacé de dissolution par le ministre de l'Intérieur, fait l'objet d'un soutien sans faille de tous les dirigeants du parti.

3:23
Présentateur

Soutien sans faille exprimé notamment par vous-même sur Facebook, qui vous vaut d'être menacé de dépublication, Facebook estimant que Génération Identitaire propage la haine ou attaque sur la base de leur race, religion, ethnicité ou nationalité. Génération Identitaire bannie depuis 2018 de ces plateformes, mais vous continuez à les soutenir ?

3:43
Invité

Non, pas un soutien sans faille, nous avons toujours été les défendeurs de la liberté. Et la première des libertés fondamentales dans notre pays, c'est la liberté d'expression et la liberté d'association. Et c'est vrai que quand le ministre de l'Intérieur, qui est probablement un peu vexé d'avoir raté son débat face à Marine Le Pen et qui souhaite envoyer, je pense, à mon avis...

4:03
Présentateur

Vous pensez que c'est juste parce qu'il est vexé qu'il décide de dissoudre le Génération Identitaire ?

4:04
Invité

Je pense qu'il veut envoyer probablement un signal à l'aile gauche de la République en marche et à l'aile gauche de l'échiquier politique, et soit dissoudre une association sur la base... Moi, j'ai regardé d'ailleurs ce qui a été notifié à Génération Identitaire.

4:16
Présentateur

Un courrier de 7 pages qui a été adressé par le gouvernement.

4:19
Invité

On leur reproche, et c'est le communiqué que nous avons eu lorsque moi j'ai réagi, on leur reproche de faire de la discrimination en fonction de l'appartenance à la nation. C'est-à-dire, en gros, d'établir une séparation entre les gens qui seraient membres de la communauté nationale et ceux qui n'en seraient pas. Et moi, quand je vois ça, quand je vois une procédure de dissolution annoncée sur ce motif bien précis...

4:37
Présentateur

Et précise, appellent à la haine, à la violence envers les ressortis... Très honnêtement, ça m'inquiète.

4:43
Invité

Ce n'est pas tout à fait ça. Très bien que Génération Identitaire considère qu'il n'y a pas une seule catégorie de Français et que ne sont pas des vrais Français tous ceux qui sont nés en France et possèdent la nationalité française. Mais M. Cohen, on peut avoir des divergences vraiment de fond avec Génération Identitaire. Je n'ai aucun débat là-dessus. Moi, le débat, si vous voulez, c'est sur le terrain du droit. Et je vois des libertés, sous le quinquennat Macron, reculer comme elles n'ont jamais reculé auparavant.

Il y a eu une loi, la loi Avia, qui a consisté à placer sous tutelle la liberté d'expression et la mettre sous la tutelle des GAFAM, des géants du numérique, une loi qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Il y a cet article de The Economist qui est sorti il y a quelques jours et qui place la France comme, ils disent, une démocratie défaillante. Et c'est vrai que lorsque je vois ce motif qui consiste à dire « On va interdire une association qui n'a pas été condamnée par la justice en tant que telle. » Non, mais ses membres, oui. Il y a eu un certain nombre de membres qui ont été condamnés par la justice.

Mais lorsque le ministre de l'Intérieur souhaite dissoudre une association dont l'intégralité des recours qui ont été engagés contre ces associations ont été déboutés par la justice, je veux dire, ils ont été totalement mis hors de cause par la Cour d'appel de Grenoble, et que le ministre de l'Intérieur dit « On va dissoudre cette association » parce qu'ils font la différence entre des gens qui appartiennent à la nation française et des gens qui n'appartiennent pas à la communauté nationale, c'est très inquiétant. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on dissout la fonction publique parce que la fonction publique ne permet l'embauche que de nationaux français.

Ça veut dire qu'on dissout la démocratie parce que la démocratie ne permet pas aux ressortissants étrangers de voter aux élections. Donc je dis que ce glissement sur le terrain des libertés dans un quinquennat qui aurait été le quinquennat de la violence, du chaos, du désordre social et du recul des libertés, moi franchement m'inquiète. Et quand je vois M.

Cohen derrière, Facebook, qui est un agora de l'information, qui est une plateforme libre où tout le monde peut s'inscrire, censurer, non pas un message de soutien sur le fond, je le dis clairement, je dis dans mon post Facebook qui a été censuré, qui m'a valu une censure de la part de Facebook, je dis clairement, aucun autre gouvernement n'aura agi avec force sur les libertés. Et à partir de cette considération-là, Facebook décide de me censurer. Facebook n'est pas un service public. Je trouve que c'est extrêmement inquiétant. Oui, vous avez raison, mais il va falloir réguler ces géants du numérique.

Je vois un certain nombre de pays, l'Italie par exemple, la Cour suprême italienne a indiqué que les GAFAM étaient en train de s'octroyer des pouvoirs qui n'étaient pas les leurs, et qu'à partir du moment où un propos ne contrevenait pas à la loi italienne, il n'y avait pas lieu d'exercer une forme de censure. Et c'est vrai que quand on voit que les GAFAM, et un certain nombre de médias d'ailleurs, ont censuré le président américain à l'occasion de la campagne américaine, je me dis qu'on est dans un glissement des libertés qui est extrêmement dangereux. C'est à l'occasion d'un épisode de violence antidémocratique. Qui lui a valu un procès en impeachment. En censurant...

Votre raccourci est un peu rapide. Alors, procédure en impeachment sur laquelle il a été totalement blanchi, premièrement. Oui, on parle du capital. Et Facebook a censuré un message dans lequel il appelait au calme. Une vidéo dans laquelle il appelait au calme. Moi, je ne partage pas du tout ce qui a été dit, mais encore une fois, vous voyez, moi j'ai du respect pour des gens avec qui j'ai des désaccords politiques. Et je considère que même des gens avec lesquels j'ai des désaccords doivent pouvoir s'exprimer.

7:44
Présentateur

Mais si jamais cette association est du tout, vous les accueillerez au sein du Rassemblement national ?

7:48
Invité

Non, mais ne mélangez pas les choses. Je vous dis juste que la liberté d'expression aujourd'hui, elle est prise en étau entre des lois liberticides qui sont mises en place par le gouvernement et entre des pouvoirs de plus en plus démurgiques des GAFA. Et c'est vrai que la liberté d'expression, elle recule considérablement dans notre pays. Et ça, franchement, ça m'inquiète.

8:07
Présentateur

Bon, et sur les questions qu'évoquait Patrick, est-ce que Marine Le Pen se normalise ou est-ce qu'elle essaye de séduire un électorat de retraités et qui peuvent être parfois effrayés par ces idées de scission avec l'Europe ?

8:18
Invité

Pendant longtemps, on a été vu comme un parti d'opposition, comme un parti de contestation, ce qu'on a longtemps été d'ailleurs. Or, aujourd'hui, à 14 mois d'une élection présidentielle où des sondages nous mettent entre 46 et 48 % au second tour face au président sortant, ces sondages, ils nous obligent. Et ça veut dire que la victoire, pour nous en tout cas, et pour une majorité de Français, elle est envisageable. Quitte à perdre la cohérence. Non, il n'y a pas de perte de cohérence, mais on souhaite aujourd'hui être le plus clair possible, le plus pédagogique possible, le plus équilibré possible.

Et c'est vrai que pendant longtemps, on a dit qu'on va récupérer la maîtrise de nos frontières. Mais on prend en compte les réalités, on prend en compte les réalités d'un monde qui évolue. Et c'est vrai que beaucoup de nos concitoyens, par exemple, sont attachés au fait de pouvoir circuler dans un certain nombre de pays qu'on considérerait comme sûrs. Est-ce que demain, il faut imposer un visa lorsque vous venez d'Italie ou lorsque vous venez d'Espagne ? Eh bien, je pense que ça doit se négocier dans le cadre d'accords bilatéraux. Donc, on garde Schengen. Oui, pendant longtemps, on a été... Accords bilatéraux où on garde Schengen ? Non.

Alors, pour vous répondre, parce que c'est vrai que l'extrait... On va négocier avec 26 pays. Non, non, non. L'extrait de Marine a été un peu coupé. Mais Emmanuel Macron, il a dit qu'on va refondre Schengen. On va engager la refonte de l'espace Schengen. Nous, nous avions dit, mais à ce moment-là, banco, dans un premier temps, pour récupérer le contrôle de nos frontières, eh bien, on limite la circulation des citoyens dans notre pays uniquement aux ressortissants des nationaux de l'Union européenne. Et ensuite, dans un second temps, on négocie des accords bilatéraux.

C'est-à-dire que si demain, par exemple, Mme Merkel fait rentrer et décide souverainement de faire rentrer un million de gens sur son territoire, un million de migrants sur son territoire, et qu'elle décide de les nationaliser, eh bien, moi, je ne souhaite pas qu'ils rentrent au sein du territoire national. Donc, à ce moment-là, il n'y aura pas d'accord bilatéral avec l'Allemagne. Mais si on considère, par exemple, le Portugal, l'Espagne, l'Italie comme des pays sûrs, et qu'on souhaite continuer à avoir des échanges parce que les conditions de sécurité n'exigent pas la mise en place d'un visa, eh bien, ils en sont exonérés. Vous voyez, c'est juste du pragmatisme.

Vous évoluez à l'approche de la présidentielle. Disons qu'on a précisé le modus operandi. En 2017, Marine Le Pen n'était pas prête et le programme n'était pas au point. Pour 2022, Marine Le Pen sera prête et le programme est au point, ça y est. Mais non, c'est surtout qu'on sait se remettre en question. Et oui, nous avons...

10:24
Présentateur

Qu'est-ce qu'il est à rentrer dans le système ?

10:26
Invité

Et oui, nous avons... Je pense qu'une majorité de Français ne considère pas que nous sommes dans le système. Et en tout cas, si nous sommes à 50-50 aujourd'hui avec les marges d'erreur dans les sondages face à Emmanuel Macron, c'est qu'ils ne nous considèrent pas, en tout cas qu'ils voient, rassurez-vous, la différence. Mais c'est vrai que nous avons effectué un certain nombre d'évolutions. Et je vous le concède. En 2017, il s'agissait de manière franche, assumée, nette, de rompre avec l'Union européenne et de rompre avec l'euro. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas. Et ça n'est plus le cas pour une raison très simple, c'est qu'il ne s'agit pas de dire que nos convictions ont changé.

Il s'agit juste de prendre en compte les réalités du monde et de prendre en compte aussi l'opinion d'une majorité de Français qui émet des critiques de plus en plus importantes à l'égard du fonctionnement de l'Union européenne, à l'égard de la monnaie unique, mais dire qu'on ne souhaite pas en sortir. Donc nous, nous irons devant les institutions européennes et nous remettrons en cause un certain nombre de choses. Le fait que, par exemple, le droit européen prime sur le droit national. Nous, nous souhaitons, par exemple, que dans le cadre du marché commun, on fasse du patriotisme économique.

Moi, ça me semble sain qu'en France, on puisse donner, dans la commande publique, une priorité à nos TPE, PME. Voilà un exemple concret de choses qu'on mettra en œuvre. Les pays européens ne se gênent pas pour le faire, pour protéger leur industrie. Mais moi, j'ai le sentiment que toute cette crise, elle nous a donné raison. Voilà. Que toute cette crise, elle a validé un certain nombre d'analyses qu'on faisait sur les délocalisations de nos entreprises.

Souvenez-vous, il y a quelques temps, quand on parlait du patriotisme économique, de la souveraineté en matière stratégique, sur des filières aussi importantes que celles des médicaments, aujourd'hui, une grande partie des médicaments sont fabriqués en Chine, on nous dit « mais vous êtes fous, mais vous allez mettre des murs, mais c'est terrible ». Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire qu'on avait raison. C'est compliqué de dire à la fois « on s'est adapté, on a évolué et tout nous a donné raison ». Enfin, il y a quelque chose qui ne va pas dans le raisonnement. Oui, c'est vrai que ça ne va pas. Je vais vous donner un exemple concret. Si je n'ai pas été très clair, je m'en excuse.

12:03
Présentateur

Si vous avez raison sur des thèmes qui sont développés en 2017, sur lesquels vous êtes revenus, c'est vrai que ça ne s'attire pas.

12:07
Invité

Vous en parliez tout à l'heure, M. Cohen, dans votre édito. La question des frontières. Il y a un an, lorsque le pays était confiné, on a dit « la première des choses à faire, c'est de maîtriser nos frontières ». Lorsqu'on nous a dit « il y a une épidémie qui se développe en Chine, il y a une épidémie massive, importante, qui se développe à tel point qu'on a reconfiné en Chine une région de 10 millions d'habitants », on a dit « mais contrôlons nos frontières, exigeons des tests PCR à l'entrée du pays, arrêtons les liaisons irréennes avec des pays où se diffuse l'épidémie ». Pourquoi ? Ce n'est pas de l'idéologie, c'est du bon sens. Ça me semble être encore une fois un principe raisonnable.

Tout le monde nous a rayonné. Enfin, je veux dire, il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître.

12:40
Présentateur

De fermer les frontières françaises, oui, c'était un peu irréaliste. On ferme les frontières de l'Europe.

12:45
Invité

Mais que de temps perdu, que de temps perdu. Mais ceux qui ont continué à dire qu'il fallait laisser les frontières ouvertes, c'était criminel, parce que ça a probablement eu des conséquences sur l'accélération de l'épidémie. Souvenez-vous, Emmanuel Macron, il nous a dit avec condescendance, « Le virus n'a pas de passeport ». M. Véran nous a dit contrôler les frontières et exiger un test PC. Enfin, on ne manque pas des murs, on ne manque pas des barbelés. On est juste un contrôle sanitaire. On dit aux Français « Restez chez vous, ne sortez pas de chez vous ». Mais on continue de laisser les gens circuler au sein de l'espace Schengen. Donc tout ça n'avait pas de sens.

On l'a dit, on a été des premiers à le dire. Tout le monde s'est moqué de nous. Or, je vois que ça a été fait avec un an de retard. Mais que de temps perdu.

13:16
Présentateur

Marine Le Pen est prête pour 2022, mais d'autres se préparent éventuellement.

13:19
Invité

Et oui, ce matin, les soutiens d'Éric Zemmour ont lancé un site Est-ce que pour vous, c'est un concurrent ou un épiphénomène qui pense peut-être profiter d'une Marine Le Pen jugée trop molle par Gérald Darmanin ? Non, honnêtement, vous me dites comme ça, candidature d'Éric Zemmour, je n'y crois pas. Pourquoi ? Parce qu'Éric Zemmour, il fait de la politique quelque part. Il l'assume, il est aussi dans le combat politique. C'est quelqu'un de brillant, que je lis beaucoup, que je regarde beaucoup, dont j'ai lu les ouvrages avec intérêt. Mais vous n'y croyez pas ? C'est ce qu'on apporte aujourd'hui au débat.

Mais j'ai vu aussi beaucoup, et du moins pas beaucoup, mais quelques personnes essayer de dire « On est trop ceci, on est trop cela, il faudrait trouver une candidature alternative à celle de Marine Le Pen ». Moi, je vois que tout nous donne raison aujourd'hui. Et lorsqu'on est crédité, c'est vrai, à 48%, 48% face à Emmanuel Macron au second tour. Vous ne créez pas à quelqu'un qui est crédité à 3-4% ? Je dis « Mais venez travailler avec nous, venez participer de ce grand rassemblement qu'on est en train de construire autour des nationaux, des souverainistes, autour de tous ceux qui aiment leur pays et qui ont envie de le défendre dans la mondialisation.

Pas de le fermer, pas de l'isoler, de réarmer la France dans la mondialisation en matière économique, en matière sociale, de pouvoir rétablir des frontières, de pouvoir rétablir la sécurité, de pouvoir baisser les impôts. Donc je dis à Éric Zemmour « Venez travailler avec nous, venez participer de ce combat culturel ». Il le fait déjà, il participe du combat culturel. Ses émissions sont des cartons absolus en termes d'audience, au point de faire jalouser les chaînes concordes. Il porte une critique en tout cas de la vie politique avec laquelle nous sommes proches. Nous avons évidemment beaucoup de points d'accord. Il y a juste un point de... Vous n'êtes pas en train de vous éloigner là.

Il y a juste un point de... Avec vos positions sur l'Europe et les frontières, vous éloignez. Mais je veux dire, il y a juste une divergence que moi je peux avoir avec Éric Zemmour, c'est que... C'est trop dur. C'est qu'Éric Zemmour, c'est un fataliste. Moi, je suis un optimiste. Je considère que ce qu'on vit aujourd'hui en France, dans tous les domaines, c'est la conséquence de choix politiques. Et qu'avec d'autres choix politiques, on peut faire autrement. Que ce qu'on vit aujourd'hui avec la montée de l'islam radical dans notre pays, avec... J'imagine qu'on va peut-être avoir des points d'accord là-dessus.

Monsieur Cohen, je vous ai vu dans un édito il y a quelques mois, vous expliquer qu'il y avait des compromissions avec une grande partie des politiques à l'égard de cette idéologie, qu'on avait fermé les yeux pendant des années sur cette idéologie. Or, nous, nous n'avons pas fermé les yeux. Et ça fait des années que Marine Le Pen alerte sur la montée de l'islam radical dans notre pays. Elle le faisait déjà en 2012, lors de sa première candidature.

Donc, je veux bien qu'on ait des désaccords avec nous, mais on ne peut plus nous dire aujourd'hui ce que vous avez dit est faux, c'est du fantasme, vous jouez sur les peurs, tous les anathèmes, vous êtes d'extrême droite, tout ça est faux, tout ça ne marche pas. Et c'est vrai qu'on a été visionnaire sur beaucoup de sujets. Et parmi les sujets qui alimentent le débat politique, Jordan Bardella, il y en a un qui fait particulièrement réagir depuis une semaine maintenant. Il s'agit de l'enquête lancée par la ministre de l'enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Elle a demandé au CNRS un bilan sur l'ensemble des recherches universitaires menées en France.

L'objectif est de distinguer celles qui relèvent de la recherche académique de celles qui relèveraient du militantisme, de l'islamo-gauchisme, notamment pour reprendre l'expression utilisée par la ministre. Vous, le militant politique, vous, le défenseur de la liberté, vous nous l'avez dit encore il y a quelques instants, est-ce que le militantisme pour vous est suspect, voire répréhensible ? Parce que c'est ce qu'on pense en voyant cette enquête. Il y a toute une partie de la gauche qui, je crois, main dans la main avec les islamistes.

Lorsque Jean-Luc Mélenchon, lorsque la France insoumise, lorsque Europe Écologie Les Verts participent à cette marche de la honte aux côtés du CCIF en novembre 2019, où on fait hurler à Allah Akbar à 100 mètres du Bataclan après tout ce qu'on a vécu dans notre pays, c'est une forme d'accointance entre la gauche et l'islam politique. Lorsque des syndicats étudiants comme l'UNEF font élire une représentante voilée à l'université, creusait des valeurs républicaines, c'est une compromission avec l'islam politique.

Lorsque l'université Paris VIII, pour vous répondre très concrètement sur la question universitaire, organise des camps d'été décoloniaux interdits aux Blancs, quel rapport avec l'islam dans ce cas précis ? Il y a tout un bain culturel aujourd'hui, tout un bain intellectuel dans notre pays qui rassemble des gens qui partagent la haine de soi, qui partagent la culpabilité permanente des majorités. C'est-à-dire qu'on explique, comme l'a fait par exemple la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, qu'il y a trop de mâles blancs de plus de 50 ans à la télé.

17:51
Présentateur

Quel est le rapport avec...

17:52
Invité

Les Blancs sont coupables, les Français sont coupables, les Catholiques sont coupables.

17:57
Présentateur

Il fallait surtout donner plus de place aux femmes, et jusqu'à preuve du contraire, être une femme, ce n'est pas appartenir à une race différente de celle des hommes.

18:03
Invité

Non, non, mais je vous entends sur la question. C'était surtout ça, la mise en avant des femmes. Lorsqu'on dit de manière très claire qu'il y a trop de Blancs à la télévision, on est dans le racialisme. C'était des hommes. On est dans le racisme.

18:14
Présentateur

Des hommes qui ne représentent pas la diversité de la France.

18:18
Invité

Non, elle dit...

18:18
Présentateur

Où il y a autant de femmes que d'hommes, il y avait trop d'hommes à la télévision,

18:22
Invité

et trop d'hommes, peu issus de la diversité. Je ne vous parle pas de la parité. Je vous dis juste que quand on explique qu'il y a trop de Blancs, alors ça veut dire qu'il n'y a pas assez de quoi ? Ça veut dire qu'on est dans une forme de racialisme.

18:32
Présentateur

Non, ça s'appelle de la discrimination positive.

18:34
Invité

Non, non, ça veut dire que... Qui a dit qu'il y avait trop de Blancs ? Ça veut dire que c'est du racisme. Non, on a dit qu'il fallait davantage de diversité. C'est du racisme, monsieur, lorsque... On ne disait pas qu'il y en avait trop. La patronne de France Télévisions, Mme Erneux, dit qu'il y a trop de Mal Blancs. Non, elle n'a pas dit comme ça. Elle dit qu'il y a trop de Mal Blancs de plus de 50 ans à la télévision. C'est du racialisme. Lorsque des universités françaises, des chercheurs universitaires... C'est pas en ces termes, Jordan Pardin. Si, si elle l'a dit en 2015, organisent des camps d'été interdits aux Blancs dans les universités françaises, c'est du racialisme.

Et tout ça, évidemment, aux côtés de l'islamo-gauchisme, participe d'une matrice intellectuelle qui est partagée par la gauche depuis un certain nombre d'années et qui, effectivement, a entraîné l'effondrement des valeurs de toute une partie de la gauche.

19:17
Présentateur

On était donc parti des études militantes de la gauche.

19:19
Invité

Donc la liberté pour génération identitaire, mais pas pour...

19:22
Présentateur

Oui, c'est ça. Mais pas pour militantisme à l'université.

19:25
Invité

Je veux bien qu'on soit dans le déni, mais l'islamisme a tué près de 260 Français depuis 2015. Il n'y a pas eu de danger. Je ne crois pas qu'il y ait de danger aujourd'hui suprématiste blanc massif. Il en existe probablement des minorités qui sont identifiées par les renseignements, mais je ne crois pas qu'il y ait un danger massif à ce niveau-là pour la sécurité nationale. En revanche, moi, je vois, si vous voulez... En revanche, je vois, pour terminer, je vois se développer partout dans notre pays des petites républiques islamiques.

Voilà, des territoires dans lesquels des enseignants, des enseignants vont travailler sous l'escorte de la police nationale, dans lesquels des gens qui travaillent depuis des années dans ces quartiers, qui sont de gauche, encore une fois, expliquent qu'il n'y a plus de café aujourd'hui où les femmes peuvent rentrer librement, qu'il n'y a plus de coiffeurs aujourd'hui qui sont mixtes. Donc, voilà, je veux dire, je veux bien qu'on ferme les yeux aujourd'hui, mais c'est vrai qu'une partie de la gauche baigne dans l'islamo-gauchisme depuis des années et qu'aujourd'hui, l'ennemi de la République, c'est le fondamentalisme islamiste. Merci.

20:23
Locuteur

Merci.