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interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 19 juin 2026 11 min

Véhicules électriques: la concurrence chinoise "stimule tout le monde" assure le patron de Skoda

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous, bonsoir Julien Bessière.

0:07
Invité

Bonsoir.

0:08
Présentateur

Vous êtes le directeur général de Skoda France. Merci d'être sur France Info cet après-midi avec nous. On a envie de vous demander, Skoda c'est une marque du groupe Volkswagen, c'est la canicule. Déjà, est-ce que dans tous vos véhicules il y a la climatisation ?

0:26
Invité

Alors oui, il y a la climatisation dans tous nos véhicules, mais pas seulement. Il y a même certains véhicules qui sont équipés de sièges ventilants. C'est-à-dire que vous vous rafraîchissez quand vous êtes assis dans votre véhicule par le dos. Les derniers cris alors ? Les totalement derniers cris, oui.

0:39
Présentateur

En tout cas, il n'y a pas besoin quand on va choisir une voiture de demander cette option.

0:44
Invité

Absolument, la climatisation est en série sur tous nos modèles.

0:47
Présentateur

La semaine prochaine, vous allez lancer un nouveau SUV 100% électrique, le Skoda Peak. J'avoue que j'ai été étonnée. Pourquoi un SUV ? Ce n'est pas très tendance, surtout que j'ai vu qu'il y avait 7 places, presque 5 mètres de long. Ce n'est pas la tendance ?

1:04
Invité

Alors, la réalité, c'est que d'abord, Skoda, c'est une marque qui s'adresse aux familles. Et nous, on avait déjà une certaine légitimité auprès des familles. On avait déjà d'autres SUV de 7 places. Le grand Kodiaq, qui coiffait notre gamme. Alors, il fallait aussi son pendant électrique. Donc, aujourd'hui, on a ce pic. Donc, effectivement, 7 places, 100% électrique, 100% produit en Europe. Et donc, on comble finalement par le haut un trou qu'on avait dans notre gamme.

1:33
Présentateur

Et du côté des petits modèles ? Parce qu'on nous dit que la bataille aujourd'hui, que ce qui intéresse les gens, ce sont des petits modèles.

1:39
Invité

Qui plus est en France, on est d'abord un marché en France de petites voitures, effectivement. Alors là aussi, sur les petits modèles, on était déjà bien représentés sur les voitures thermiques. Mais effectivement, on a ajouté, on a présenté il y a quelques semaines, notre dernier-né, le Skoda Epic.

1:54
Présentateur

Combien ça coûte, un petit modèle, justement, ce Skoda Epic chez vous, par exemple ?

1:59
Invité

Alors, en modèle tout électrique, on commence à à peu près 26 500 euros pour aller jusqu'à plus de 35 000 euros. Mais enfin, on commence à 26 500 euros hors bonus d'État, je tiens à le dire.

2:11
Présentateur

L'électrique, c'est vraiment la tendance aujourd'hui ? Il faut que tous vos modèles aient basculé dans l'électrique ?

2:19
Invité

Il y a une claire tendance vers l'électrification. Ça, c'est évidemment, il y a le normatif autour de tout ça. Et puis, il y a la volonté également politique, je le disais d'une part. Mais la volonté aussi, bien sûr, de nous, les entreprises, d'aller vers des voitures plus propres, plus écologiques. Mais évidemment, nous, chez Skoda, par exemple, on ne dit pas que c'est tout électrique demain matin. On se laisse le temps, donc on garde avec une gamme relativement variée de l'électrique, du thermique, de l'hybride, pour finalement ne pas dicter notre choix aux consommateurs.

Ce n'est pas ça qui est tellement important, c'est de se dire, voilà, tout le monde n'est pas aujourd'hui prêt à 100% à rouler en voiture électrique. Beaucoup le sont, mais pas encore 100%. Quand on est encore, voilà, en collectif, qu'il n'y a pas d'accès facile à une borne de charge privée, ça peut être encore un frein. Nous, on laisse le choix à ces clients-là, justement, en leur disant, nous, on a encore toute une gamme thermique ou hybride.

3:09
Présentateur

Le Premier ministre parle de grands plans électriques. Vous parliez des bornes, il y en a suffisamment à votre sens ?

3:15
Invité

Je pense qu'aujourd'hui, on est un des pays en Europe avec la densité de bornes la plus importante. Il y a un plan extrêmement important pour continuer à développer. On ne peut pas dire qu'aujourd'hui, la recharge publique soit un problème encore en France. Ce n'est pas le cas. Il faut reconnaître les efforts qui ont été faits aujourd'hui par, effectivement, le gouvernement ou les gouvernements précédents pour électrifier la France. La recharge publique n'est plus vraiment un problème.

3:38
Présentateur

Les Chinois sont très, très forts sur l'électrique. Ils sont très offensifs en Europe. Ce sont vos premiers concurrents ?

3:46
Invité

Ce ne sont pas nos premiers concurrents. D'abord, par principe, effectivement, c'est des nouveaux concurrents qui arrivent sur le marché. Et les courants courants, il y en a toujours eu de nouveaux. Il y a quelques années, on a parlé il y a 15-20 ans, parce que je suis un peu ancien maintenant dans l'automobile, on parlait de la concurrence japonaise, puis de la concurrence coréenne. À présent, ce sont les Chinois. La concurrence, elle a cela de bon, c'est que dans une économie de marché, finalement, elle stimule tout le monde. Elle nous oblige tous un petit peu à aller chercher le meilleur de nous-mêmes, de nos ingénieurs, de nos designers.

Donc, nous, chez Scoda, on regarde avec beaucoup d'intérêt cette concurrence, comme tous les autres concurrents. On les respecte beaucoup et on essaie de travailler sur nos points forts, de continuer à cultiver ce qui fait de notre force, c'est-à-dire un constructeur qui a 130 ans d'histoire, plus de 130 ans d'histoire.

4:25
Présentateur

Un constructeur, alors, il faut le dire, il est européen, mais c'est en Bohème que vous avez démarré.

4:32
Invité

On a commencé en 1895, en Bohème, en fabriquant des vélos.

4:37
Présentateur

Ah oui, donc, effectivement, c'est ce qui expliquera aussi votre présence sur le Tour de France. On en parlera après, mais quand même, dans un pouvoir d'achat contraint, les Français se continuent d'acheter des voitures ?

4:53
Invité

Le marché automobile français n'a jamais retrouvé ses niveaux d'avant Covid. Donc, si on regarde les marchés d'avant Covid, le marché automobile français, il a perdu pratiquement 25%, pratiquement entre 20 et 25% selon les années. En plus de cela, il y a une transition, effectivement, vers l'électrique majeure. Donc, tout ça fait qu'il y a effectivement un marché qui est beaucoup plus contraint.

5:16
Présentateur

Malgré cela, dans ce marché contraint, nous, on arrive à tirer notre épingle du jeu. Comment vous expliquez ce succès ? Comment vous expliquez que vous, en France, vous arrivez à grignoter des parts de marché, j'ai vu que vous avez dépassé la barre des 50 000 immatriculations voitures neuves l'an dernier. Vous avez, en trois ans, explosé vos volumes de 50%. Qu'est-ce qui fait la différence ?

5:40
Invité

Je pense qu'on a réussi à garder, justement, une politique tarifaire extrêmement compétitive. On essaie de garder, aujourd'hui, les Français, les consommateurs, financent pour la plupart leurs véhicules. Et si on regarde le loyer d'une voiture maintenant ou le loyer d'une voiture il y a quatre ans, c'est à peu près le même. On n'a quasiment pas touché à nos loyers. Parce que la marque prend de la valeur. Les valeurs résiduelles, donc les valeurs futures de la marque et des voitures que nous vendons, prennent de la valeur. Donc, ce qui fait que le loyer reste très contenu. Je vous donne un exemple très concret. Une Fabia, ça coûtait 199 euros il y a quatre ans. Ça coûte 199 euros.

C'est la petite voiture citadine de chez Skoda. Ça coûte toujours 199 euros sans apport par mois en 2026.

6:20
Présentateur

Donc, vous faites attention à maintenir les prix.

6:23
Invité

On fait super attention.

6:24
Présentateur

Vos nouveaux modèles, vous allez les construire où ?

6:26
Invité

Nos nouveaux modèles, on va les construire, pour certains, en République tchèque.

6:30
Présentateur

Là où vous avez votre siège.

6:31
Invité

Là où on a notre siège, à Mladá Boleslav.

6:33
Présentateur

Même si vous êtes un groupe, il faut le dire, ratouché à Volkswagen.

6:36
Invité

On est le groupe, on est bien sûr, depuis 1991, on appartient au groupe Volkswagen. Donc, on va construire notre grand SUV PIC, effectivement, en République tchèque. Et quant au petit dernier, EPIC, on le produira, lui, en Espagne, à Pamplune.

6:51
Présentateur

Pourquoi ne pas le produire en France ?

6:54
Invité

Tout simplement parce qu'on n'avait pas d'usine en France. Et aujourd'hui, on a des usines à peu près partout. Nous sommes un grand groupe, effectivement. Et il fallait aussi, on a une usine qui compte plus de 5000 employés à Pamplune. Une production a été délocalisée de Polo en Afrique du Sud. Donc, il fallait également retrouver de la production là-bas. Et donc, Pamplune s'imposait avec de très hauts niveaux de qualité. C'est une usine espagnole, c'est une usine européenne. Et d'abord, on fait travailler nos usines européennes.

7:19
Présentateur

Vous n'avez pas l'intention d'ouvrir des usines en France ?

7:22
Invité

Il n'y a pas de plan aujourd'hui pour ouvrir des usines en France. On a déjà une grosse densité d'usines en Europe. On est un grand producteur européen.

7:29
Présentateur

Alors, on le disait tout à l'heure, au départ, vous avez démarré par faire des vélos. Oui, absolument. Ça remonte et vous êtes partenaire du Tour de France depuis 23 ans. Qu'est-ce qui fait que vous êtes partenaire de cet événement sportif ?

7:43
Invité

Il y a deux choses. D'abord, effectivement, c'est que par coïncidence, on a commencé par fabriquer des vélos il y a plus de 130 ans en Bohème. Donc, il y avait déjà quelque part une sorte d'ADN naturel. Et puis ensuite, c'est d'abord et surtout parce que finalement, le Tour de France, le cyclisme, le vélo, c'est un sport dont les valeurs collent parfaitement aux valeurs de notre marque. Nos valeurs, c'est simplicité, humanité, surprenante. Et je crois que le Tour de France, ça incarne complètement ça. Vous, vous faites du vélo ? Oui, je fais du vélo.

8:12
Présentateur

J'ai vu que vous aviez fait toute votre carrière dans l'industrie automobile, finalement. Vous êtes rentré il y a plus de 27 ans dans le groupe Volkswagen pour prendre la direction de Skoda. Pourquoi ce parcours aussi linéaire ?

8:32
Invité

D'abord, je suis né dans un bassin franc-comptois, passionné, où l'automobile occupe une place importante. Donc, je pense que ça m'a imprégné dès mes plus jeunes années, ensuite, pas très très loin. Et donc, j'ai toujours été un vrai, comme on dit dans l'automobile, car guy, car guy, un homme de la bagnole, s'il fallait le dire ainsi. Et voilà, j'ai toujours pris beaucoup de plaisir à travailler. Puis ce groupe, Volkswagen, est un groupe absolument magique avec beaucoup de marques qui m'ont donné l'opportunité de faire une longue carrière.

8:59
Présentateur

Ça ne vous fait pas de la peine de voir que l'industrie automobile, elle décroît, elle décroît, elle décroît, elle décroît ?

9:03
Invité

Je crois qu'on est à un tournant, il ne faut pas avoir de peine, il faut surtout garder les choses objectivement, il faut se dire qu'il y a effectivement une rupture technologique profonde qui construit un nouveau marché. Donc, il y aura une nouvelle façon.

9:15
Présentateur

Si je traduis, l'électrique va créer de nouvelles voitures, de nouvelles opportunités ?

9:20
Invité

Je le crois profondément. Il y a un parc roulant très important. Si on prend l'exemple de la France, on a un parc roulant de plus de 35 millions de voitures. Donc, je veux dire, il y a des gens qui auront à un moment donné besoin de changer de voiture.

9:30
Présentateur

Et en même temps, on voit bien qu'il y a des emplois qui sont détruits. Est-ce que vous allez faire, par exemple, comme Renault, on l'entend, qui se tourne du côté de la Défense pour essayer d'éviter de licencier ? Ça peut être une alternative ?

9:49
Invité

Nous sommes un producteur de voitures, on va continuer à produire des voitures. C'est ce qu'on sait faire de mieux et c'est ce qu'on va continuer à faire au niveau du groupe. Nous, on essaie de s'adapter à tous ces changements. Il y a d'autres changements importants aussi avec l'intelligence artificielle, exactement. Les métiers vont se transformer. Il va falloir aujourd'hui construire des carrières avec beaucoup de formation, beaucoup de formation continue. Je pense que ce soit en production, que ce soit dans l'ingénierie, que ce soit même dans les métiers du commercial et de la distribution.

10:19
Présentateur

Vous diriez à un jeune qui a envie, comme vous, qui rêvait de travailler dans les voitures, que c'est une industrie où il faut aller ?

10:25
Invité

Il faut aller là où on a sa passion, finalement. Si on est passionné par les mobilités, parce que je crois qu'on va de plus en plus parler de mobilité plutôt que de voitures, si on a envie de participer, bien sûr, il faut y aller. C'est une industrie fabuleuse.

10:38
Présentateur

Eh bien, écoutez, on ira. On ira sur la caravane du Tour de France où on pourra découvrir vos modèles. Merci beaucoup, Julien Bessière. Vous êtes le patron de Skoda France. Merci d'avoir été l'invité. Et Code France Info ce soir.

10:48
Invité

Merci beaucoup.

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