Petite phrase de Macron, pass vaccinal, candidature de Taubira, affaire Simian... le "8h30 franceinfo" de Clémentine Autain
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Bonjour à tous et bienvenue dans le 8.30 France Info avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam. Bonjour Arsine, bonjour à tous. On est ensemble sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Notre invité ce matin, députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. On va commencer par les propos d'Emmanuel Macron qui ont suscité dans un premier temps énormément de critiques. Et lui s'est expliqué hier à l'Elysée sur cette fameuse petite phrase qui vous fait hausser les sourcils. C'était face au lecteur du Parisien, je le cite à nouveau, les non-vaccinés qu'il a très envie d'emmerder.
Écoutons l'explication, la justification du chef de l'État. On peut s'émouvoir sur des formes d'expression qui paraissent familières, que j'assume totalement. Moi je m'émeux de la situation dans laquelle nous sommes. La vraie fracture du pays est là, quand certains font de leur liberté qui devient une irresponsabilité, un slogan. Non seulement il met en danger de la vie des autres, mais il restreigne la liberté des autres. Et ça je ne peux pas l'accepter. Clémentine Autain, que pensez-vous de cette explication ?
Je ne suis pas du tout étonnée de l'explication du président de la République qui assume, qui persiste et signe. Il n'a pas dit ça sur un coin de table entre deux portes. C'est une interview aux Parisiens, mesurée, et qui fait écho au fond à des propos qu'il a tenus depuis fort longtemps. Parce que le mépris à l'égard d'une partie de nos concitoyens, il en a égrené des expressions depuis qu'il était ministre de l'économie sous François Hollande. On se souvient par exemple de ces femmes d'un abattoir breton à qui il avait expliqué qu'elles étaient illettrées.
On se souvient de ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, ou encore de cette interpellation avec un syndicaliste à qui il expliquait qu'il n'avait qu'à travailler pour s'acheter un costard. Et j'en passe.
Cette fois-ci il ne reprend pas le mot à l'Elysée pour s'expliquer. Vous pensez qu'il aurait dû s'excuser sur la forme ?
Non, il a fait un choix. Un choix politique parce que ce n'est pas une petite phrase malheureuse, regrettable. Il s'agit d'une vision du monde qu'il porte. Et cette vision du monde, vous savez, il pense sincèrement qu'il y a ceux qui réussissent et puis les losers. Et dans les losers, vous avez les chômeurs, les démunis, tous ceux qui ne sont pas les grands gagnants de la globalisation néolibérale qu'ils confortent et qui est le fil politique.
On aurait pu imaginer que les conséquences politiques électorales se traduiraient directement face au torrent de critiques. Notre sondage Ipsos-Soprasteria pour France Info, le Parisien, montre qu'il fait toujours la course en tête. 26% des intentions de vote, 10 points de plus que Marine Le Pen et Valérie Pécresse. Son électorat ne lui en tient pas rigueur.
Mais son électorat est acquis à cette vision du monde. C'est ça qu'il faut bien comprendre. C'est que, d'ailleurs, il n'y a pas que ça dans son entretien. Quand vous lisez l'entretien, il continue, il persiste là aussi et il signe dans des logiques qui sont des logiques qui servent les plus riches, les hyper riches. Par exemple, moi, j'ai noté que non seulement il ne veut pas, il veut faciliter l'héritage, qui est quand même une des choses les plus injustes que nous avons dans notre système, mais également ne pas augmenter les impôts.
Donc ça, ça veut dire très concrètement que ceux qui ont le plus ne participeront pas davantage à la fois à faire face dans la crise, mais aussi à lutter contre les inégalités. Ou de la même manière...
Parce que l'héritage est l'une des choses les plus injustes de notre société quand on a travaillé toute sa vie et qu'on veut transmettre ce qu'on a gagné à ses enfants.
Si vous pensez à des citoyens, à des citoyennes et des citoyens, c'est le capital de départ. Donc on sait très bien que quand vous transmettez, d'ailleurs il est possible de transmettre aujourd'hui, quand vous transmettez, quand vous n'avez pas beaucoup, vous avez quand même un abattement et donc il y a la possibilité de transmettre. Là, ceux à qui ça s'adresse, c'est plutôt à faciliter la vie à ceux qui ont beaucoup. Et donc si vous partez avec un gros capital ou si vous partez sans rien, ça crée évidemment des inégalités plus grandes dans la société. C'est dans ce sens-là. Donc favoriser un peu plus cette transmission, c'est favoriser les plus riches.
De la même manière, quand il nous explique qu'il ne veut pas augmenter les impôts, ça veut donc dire qu'on ne va pas taxer par exemple les dividendes, ça veut dire qu'on ne va pas rétablir l'ISF. Et ça, c'est très injuste. C'est-à-dire que dans un moment où il y a une explosion des inégalités, le choix politique d'Emmanuel Macron, c'est d'estimer que si les chômeurs sont chômeurs, c'est de leur faute, si les pauvres sont pauvres, c'est de leur faute. C'est ça qui l'étend.
Sur la crise sanitaire, pour y revenir, le choix politique qui est fait, c'est d'inciter, voire de contraindre au maximum à la vaccination. C'est l'objet d'ailleurs du pass vaccinal contre lequel votre groupe Les Insoumis a voté à l'Assemblée nationale. Pourquoi ? Vous êtes vaccinée vous-même, Clémentine Autain. Bien sûr, je suis vaccinée.
Vous êtes déjà matin à la vaccination ? Je vais même vous dire plus que ça. Je pense que le vaccin nous protège dans la crise que nous traversons. Mais ce que nous découvrons, chemin faisant, c'est que ça ne suffit pas. Regardez-moi, j'ai fait trois vaccins et j'ai eu le Covid juste avant Noël.
Pas de forme grave. Pas de forme grave.
Alors, vous voyez le pass comme c'est absurde, c'est que je me suis rendu compte à ce moment-là que j'avais donc mon pass. Et si je voulais, je pouvais aller au cinéma ou au restaurant puisqu'il suffisait de présenter mon pass. Si je n'y suis pas allée, c'est un acte civique. C'est parce que je ne voulais pas contaminer. J'ai eu assez peu de symptômes grâce au vaccin, mais je ne voulais pas contaminer. Donc moi, ce que je critique avec ce pass, c'est cette surveillance généralisée, cette espèce de chaos qui ne répond pas à la crise et qui masque. Parce que c'est là le subterfuge d'Emmanuel Macron. C'est qu'il masque la gravité de ses choix politiques.
Il est incapable, depuis bientôt, nous allons être à deux ans de crise sanitaire. Il n'est pas capable de produire des masques. Aujourd'hui, nous savons que le FFP2 protège considérablement plus que le masque anti-fils. Il en faudrait à l'école. Il en faudrait à l'école. Il en faudrait gratuitement, notamment pour les personnes les plus vulnérables. Il est incapable de les produire. Mais même chaos sur les tests.
Sur le vaccin, il faudrait dire quoi ?
Même chaos sur les tests. Vous avez vu l'enquête de l'Inserm ? C'est-à-dire qu'il persiste et il signe, alors qu'entre son entretien aux Parisiens et les propos où il persiste, nous avons l'enquête de l'Inserm qui montre que 40% de ceux qui ne sont pas vaccinés aujourd'hui ne le sont pas parce qu'ils n'ont pas accès au vaccin. Pas parce qu'ils ne veulent pas être vaccinés, parce qu'ils n'y ont pas accès. Donc au Président de la République, ce que nous lui demandons aujourd'hui, c'est de mettre les moyens pour nous protéger.
Quand on a fermé 15 000 lits sur la mandature, dont 500 lits de réanimation depuis la crise Covid, excusez-moi, c'est très facile de rejeter la faute sur des boucs émissaires que seraient les non-vaccinés. Moi, ce que j'attends du Président de la République, c'est qu'il prenne ses responsabilités. Or, aujourd'hui, Emmanuel Macron, il ne rassure pas, il inquiète, il ne rassemble pas, il divise, il n'agit pas, il laisse faire.
Mais pas de vaccination obligatoire.
Mais ce n'est pas, là, le propos n'est pas, là, ce dont je suis en train de vous parler, c'est d'un ensemble de mesures qui peuvent nous protéger. Investir dans l'hôpital, faire des masques, faire des masques gratuits, FFP2, et les distribuer. Dans les écoles, le chaos actuel, il n'y a pas de purificateur d'air. Mais que fait le ministre Bolanquer ? En plus, en donnant des directives, la veille, pour le lendemain, c'est un chaos incommensurable que ce gouvernement est en train d'installer. Et avec sa petite phrase emmerdée, il ne fait que cette semaine, ce que nous commentons, nous commentons, c'est sa petite phrase, et certainement pas le fond de ses choix politiques.
L'école, vous en parliez, on va y venir dans un instant, juste après le fil info, Clémentine Autain. Il est 9h moins 20, voici Lisa Guyenne.
Un nouveau record de cas positifs au Covid, 328 000 en 24 heures, et une augmentation inédite de la demande de tests, plus 25% en une semaine, dont un quart destiné aux enfants depuis la rentrée scolaire. L'école où les enseignants appellent à la grève nationale jeudi prochain, le 13, contre l'allègement du protocole sanitaire en classe annoncé jeudi soir. Le constat est catastrophique, avec des démissions en masse à l'hôpital et dans le médico-social. Les mots ce matin sur France Info de Philippe Colombat, professeur, ancien président de l'Observatoire de la qualité de vie au travail. Il reproche au gouvernement de ne pas appliquer les préconisations de l'organisme.
Il a démissionné début novembre. Les Etats-Unis autorisent leur personnel consulaire non essentiel à quitter le Kazakhstan ce matin, le pays qui a sombré dans la guerre civile à cause de la hausse des prix du gaz. Le président local appelle à tirer sur les manifestants pour les tuer sans sommation. La mort à 76 ans du député debout la France, José Évrard, décédé du Covid chez lui dans le Pas-de-Calais, ouvertement opposé au pass sanitaire mais vacciné. Selon son fils, José Évrard a longtemps milité au Parti communiste avant de rejoindre le Front National puis le parti de Nicolas Dupont-Aignan en 2019. France Info
Clémentine Autain et l'invité du 8.30 France Info ce matin ont évoqué la situation dans les écoles qui est liée à la vague Omicron, situation manifestement ingérable d'après en tout cas plusieurs syndicats d'enseignants qui appellent à la grève. Grève que je soutiens. Est-ce que vous les soutenez ?
Bien sûr que je les soutiens et d'ailleurs dans la circonscription que je représente je peux constater chaque jour le chaos. Hier encore au lycée Jean Rostand à Villepinte il y avait une opération école déserte notamment soutenue par la FCPE parce que les enseignants ne peuvent pas faire leur travail correctement et ils se sentent méprisés. Mais c'est le bon moyen à la grève en ce moment. Les parents jonglent déjà.
Vous voulez faire comment ?
Alors donnez-moi une solution. Comment les enseignants ? Le dialogue avec le gouvernement. Ah bah on aimerait bien le dialogue.
Déjà le protocole sanitaire est certifié.
Ah mais je suis d'accord avec vous. Moi j'aimerais bien qu'il y ait du dialogue. Mais le ministre ne dialogue absolument pas. Il méprise les enseignants. Il méprise les enseignants. Et lui aussi il n'est pas en reste sur les petites phrases expliquant que s'ils ne sont pas contents les enseignants ils ont un cas à aller faire autre chose. Alors que nous voyons bien que nous avons un problème de recrutement à l'hôpital mais aussi dans l'éducation nationale.
Valérie Pécresse avait raison. Il fallait peut-être reporter la rentrée d'une semaine.
Non je ne pense pas ça. Je pense que l'école est fondamentale pour les enfants. Que nous nous honorerons à permettre à ce système éducatif d'être maintenu. Mais comment faire alors ? Je vous l'ai dit tout à l'heure. Si les étudiants... Il y a des profs, moi j'ai vu des profs qui ont carrément acheté eux-mêmes des masques FFP2 et qui ont dit à qui on envoie la facture. Ils n'ont pas de masque. Mon mari est enseignant, je vais vous dire, en Seine-Saint-Denis. L'autre jour il était en classe. Il y a un élève qui lui dit je ne suis qu'à contact. Il l'envoie à l'infirmerie. L'infirmerie dit on n'a pas le temps de faire les tests. Il va à la vie scolaire.
À la vie scolaire on lui dit il n'y a plus de tests. Qu'est-ce que vous voulez qu'il se passe ? Ça ne va pas.
En fait c'est l'ensemble du protocole qui pose problème. Pas uniquement la question du matériel.
C'est les directives et la façon dont ça doit se faire. Mais ce sont aussi les moyens concrets et humains. Une autorité sanitaire qui arrive peut-être... Mais arrêtez, ça fait deux ans qu'on est en crise. Comment est-il possible que ce gouvernement n'ait pas été capable d'organiser la production ? Comprenez ma colère ? Comment est-il possible que le gouvernement ait continué à fermer des lits d'hôpitaux ? Comment est-il possible qu'il n'ait pas mis de purificateur d'air ? Vous savez qu'au moment du débat sur le pass sanitaire cette semaine il y avait un amendement pour proposer la généralisation des purificateurs d'air.
La majorité en marche, les députés comme un seul homme et en masse ont voté contre.
Alors je voudrais peut-être susciter peut-être une autre colère de votre part en vous parlant des violences faites aux femmes. L'année 2022 n'a même pas encore une semaine et déjà trois femmes ont été assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Trois féminicides et le sentiment que rien n'échange. Écoutez la colère de Muriel Robin sur notre antenne cette semaine.
Il y a de la bonne volonté mais ça avance à deux à l'heure. Mais ces femmes meurent. Il y a des femmes assassinées et des enfants qui sont séparés, qui parfois nettoient le sang de leur mère, qui étaient assassinées et après on les sépare, on les met dans des foyers différents. Mais ça va s'arrêter quand ce massacre ? C'est pas possible, c'est insupportable. Ce sont nos soeurs, nos amis, nos collègues, c'est nous.
Pourquoi on n'y arrive pas, Clémentine Autain ? Malgré les efforts, Muriel Robin en parle, il y a eu des réformes, il y a eu des avancées, le Grenelle, etc. Pourquoi on n'y arrive pas ?
Parce qu'il manque de volonté politique, tout simplement. Et parce que le gouvernement est aussi englué dans la logique de l'austérité. Et il fait des choix. Quand il y a plusieurs milliards qui sont redistribués aux plus riches, par exemple pour la Flactax ou l'ISF, c'est autant de milliards qui ne sont pas mis sur la table pour la lutte contre les violences faites aux femmes. Parce qu'à un moment donné, ce sont des moyens humains et financiers qui vont permettre de lutter efficacement contre ces violences.
Yannick Jadot met un milliard sur cinq ans. Sur cette cause-là, parle d'une justice spécialisée, comme en Espagne. On n'entend pas beaucoup Jean-Luc Mélenchon sur ce sujet-là.
Nous proposons de façon extrêmement claire, et Jean-Luc Mélenchon le propose, le milliard. Ça, c'est évident. Et je peux vous dire que dans notre famille politique, au sens large, nous avons cette volonté politique. Vraiment, nous avons cette volonté politique. Et j'en rage. J'en rage parce qu'en Espagne, vous savez, c'est en 2004 qu'il y a eu une loi cadre. Alors, une loi cadre, ça veut dire une loi qui change la loi, mais ce sont aussi des moyens financiers. Et ce qui manque, ce sont ces moyens. Et le gouvernement le sait. Marlène Schiappa le sait très bien. Donc, on peut faire la communication. On peut faire une inflation de bons mots.
On peut se dire en totale solidarité à chaque féminicide. Vous vous rendez compte, on en a déjà trois depuis le début de l'année. C'est une femme tous les trois jours.
Il y a quand même des choses qui ont été faites. La formation des magistrats, de certains policiers aussi, non ?
Ce n'est pas encore... Oui, oui, non, mais je ne dis pas... Heureusement, vous avez vu l'ampleur de la déferlante MeToo. Vous avez vu comment la parole... Ces choses-là ont été faites, et ça, ce n'est pas uniquement une question de l'argent. La parole s'est libérée. Bien sûr que c'est de l'argent. La formation des magistrats, la formation des policiers, c'est de l'argent. Mettre de l'argent pour soutenir au plus près sur le terrain toutes les associations féministes qui sont des portes d'entrée, ça suppose de l'argent. Quand vous voulez généraliser le bracelet électronique, ça demande de l'argent. Bon, voilà. Donc, aujourd'hui, nous sommes très, très loin du compte sur cette affaire.
Alors, Clémentine Autain, cette semaine, à la tribune de l'Assemblée nationale, vous avez poussé un coup de gueule, notamment sur les violences faites aux femmes, mais vous avez visé un parlementaire, un député, sans le nommer. Expliquez-nous.
Écoutez, il se passe quelque chose de très étrange à l'Assemblée nationale, c'est que vous avez un député qui s'appelle Benoît Simian, qui harcèle son ex-conjointe. Mais quand je vous dis harcèle, c'est Mediapart, d'ailleurs, qui a fait des enquêtes. C'est, par exemple, lui couper son gaz, son électricité, son eau, essayer de pénétrer chez elle en défonçant la châtière, s'installer dans une petite maison qui a, dans son jardin, sa permanence parlementaire, un voyage, et l'empêcher de sortir en mettant sa voiture. Enfin, j'en passe. Il est mis en cause par la justice. Il est mis en cause. Sa femme a une ordonnance de protection qui l'enfreint, d'accord ? Et un téléphone grand danger.
C'est juste pour vous dire. Il n'y a pas beaucoup de téléphones grand danger. Il y a à peu près 2000 téléphones grand danger qui sont distribués, alors qu'on sait que nous avons autour de 250 000 femmes qui sont victimes de violences conjugales. Donc, vous voyez, en termes de moyens, on est quand même très loin du coup.
Je rappelle qu'il n'est pas condamné. Il va être jugé le 24 mars.
Sauf que, les magistrats ont demandé à l'Assemblée nationale de statuer pour lever son immunité parlementaire. Je siégeais au bureau de l'Assemblée nationale quand la décision a été prise. En catimini, avec un ordre du jour, ce n'était pas clair. Je n'avais pas connaissance de cette affaire quand j'étais au bureau. Et j'ai vraiment eu l'impression de me faire avoir par le président de l'Assemblée nationale et l'ensemble du bureau. Ça a été refusé. D'accord ? Ça a été refusé. Et depuis, vous avez à nouveau une enquête... Parce que, dit l'Assemblée nationale... Parce que quoi ? Il répondait déjà à ses convocations. Absolument. Il répond à ses convocations, mais il ne peut pas être entendu.
Par exemple, il ne peut pas être mis en garde à vue. Or, on sait très bien que dans ces affaires-là, une garde à vue, c'est un moment important pour aussi intimider et essayer de faire en sorte que l'homme n'aille pas plus loin. Pourquoi on n'a pas levé cette immunité ? L'immunité parlementaire, elle n'est pas faite pour protéger des hommes qui violentent leurs femmes.
Cette affaire n'est pas encore jugée. Vous souhaiteriez quoi exactement, Prémantinota ?
D'abord, je souhaiterais que le président de l'Assemblée nationale sorte de son silence et de sa complicité coupable. Quand j'ai exprimé ses propos à l'Assemblée nationale, il y a eu un silence glaçant. Je n'ai vu personne, absolument personne, prendre fait et cause pour dire que c'est inadmissible qu'un député de l'Assemblée nationale, au moment où nous étions tous en train de dire de grands mots, des mots formidables, des discours pour dire que ces violences sont insupportables, nous sommes tous d'accord, paraît-il, pour lutter contre ces violences.
Et nous avons en notre sein un homme qui harcèle son ex-compagne et que nous protégeons en refusant de lever l'immunité parlementaire et par notre silence. Et Mediapart a soulevé, pas seulement Mediapart, ça a été repris, le fait qu'en plus, ce parlementaire harcèle également ses collaborateurs. Il y a un moment donné, le président de l'Assemblée nationale doit taper du poing sur la table.
Clémentine Autain, invité du 830 France Info, on va reprendre cette conversation juste après le fil info avec Lisa Guyenne, 9h10.
Un TGV sur 10 supprimé, un Intercité sur 5. Dès la semaine prochaine, la SNCF réduit son offre avec la baisse du nombre de voyageurs en pleine cinquième vague. 30% de réservations en moins depuis la rentrée. Les chiffres de l'épidémie continuent d'augmenter. 328 000 cas en 24 heures et une hausse de 25% du nombre de tests anti-Covid effectués en une semaine, un record de 9,5 millions de dépistages. Les talibans demandent à l'Occident de relancer l'aide humanitaire en Afghanistan. Des aides gelées depuis la chute de l'ancien gouvernement. Les intempéries en cours dans le pays aggravent la précarité des Afghans.
Selon le cofondateur des talibans, le monde doit soutenir le peuple sans aucun parti pris politique. Il doit s'acquitter de ses obligations humanitaires. Un premier succès en 44 ans pour l'Olympique de Marseille sur la pelouse des Girondins de Bordeaux. Hier soir, victoire 1-0 pour Marseille qui remonte à la deuxième place de la Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain. Toujours leader.
France Info. Clémentine Autain est l'invité du 830 France Info ce matin, Myriam Ancawa. Alors on va parler de cette campagne 2022, de celle de Jean-Luc Mélenchon dans un instant. Mais notre sondage Ipsos au Prasteria pour France Info le Parisien montre que finalement la candidature de Christiane Taubira ne suscite pas l'enthousiasme, seulement 3% des voix. Est-ce que ça vous étonne ?
Pas spécialement parce que Christiane Taubira n'est pas spécialement identifiée à des propositions politiques, à un projet politique. une personnalité populaire parce qu'elle incarne quelque chose, y compris par son identité, sa verve. Donc je pense qu'il peut y avoir de la sympathie. Mais quand on passe à l'élection présidentielle et à des intentions de vote, on a besoin d'être identifié à un projet, à du contenu. Or il y a beaucoup de flou sur les propositions politiques
de Christiane Taubira. Donc d'une certaine façon, vous n'êtes pas menacé électoralement par une potentielle candidature de Christiane Taubira. On le voit dans les intentions de vote puisque Jean-Luc Mélenchon est toujours à 9%. Alors ça, ça étonne puisque les Français connaissent son programme. Ça fait déjà deux quinquennats maintenant qu'il parle de sa 6e République, de ses investissements sur les énergies renouvelables. On connaît aussi, vous parlez de l'ISF. Et pourtant, ça ne décolle pas. Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi ça ne prend pas dans l'opinion, cette campagne ?
Écoutez, déjà, vous noterez que dans tous les sondages, Jean-Luc Mélenchon est en tête des candidats de la gauche. Certes.
Dans un mouchoir de poche, avec Jadot qui est à 8.
Ce n'est pas toujours un mouchoir. Je dirais qu'il est quand même à chaque fois en tête. Mais au second tour, mais au-dessus de 10. Oui, mais nous avons un problème qui est plus structurel et plus profond qui est que la gauche est globalement faible. Et qu'une des raisons de cette faiblesse, pardonnez-moi, mais c'est le quinquennat Hollande qui a contribué à l'effondrement du Parti Socialiste. Et par ailleurs, partout en Europe, vous savez que la social-démocratie est profondément en panne. Mais ça devrait vous profiter, l'effondrement du Parti Socialiste. Vous savez, les choses ne sont pas aussi mécaniques et aussi rapides.
Donc nous avons un travail encore à mener pour mettre sur pied une gauche digne du XXIe siècle et qui soit capable de parler à nouveau à cet électorat qui s'est détourné de la gauche et qui d'ailleurs, le mot gauche, vous savez, a été quand même particulièrement démonétissé sous l'air Hollande. Donc, re-remplir ce mot, vous voyez ce que je veux dire, arriver à être à nouveau dans un rapport de confiance avec tous ces Français qui ont été écoeurés par l'expérience de la gauche au pouvoir, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Donc moi, je pense que nous avons du pain sur la page.
Vous savez très bien que l'Union fait la force et qu'aujourd'hui vous êtes condamnés à l'échec. Donc la question, c'est au fond, pourquoi Jean-Luc Mélenchon s'évertit à refuser cette primaire ? Aujourd'hui, cette primaire populaire soutenue par des milliers de militants et une grève de la faim de Pierre Larouturou qui est candidat à cette primaire. Comment vous regardez ça ? C'est quoi ? C'est désespéré ? C'est courageux ?
Non, Myriam Mankawa, vous savez qu'au lendemain des élections européennes, j'avais appelé, notamment avec ma collègue communiste Elsa Faufsillon, un big bang dans la gauche sociale et écologiste. Je pense que c'était le bon moment pour entamer des discussions sérieuses avec toutes celles et ceux, forces politiques mais aussi au-delà, parce qu'on ne va pas reconstruire la gauche seulement à partir des partis politiques, pour se mettre en mouvement et travailler à un dépassement des forces existantes. C'est trop tard. Pour vous, la primaire de la gauche n'aura pas lieu. C'est trop tard, il y a une semaine. Nous sommes à moins de 100 jours de l'élection présidentielle.
Et je constate que des candidats qui sont en difficulté dans les sondages ont d'un seul coup des poussées de passion pour l'union à gauche. C'est quand même étrange. Or, nous sommes à 100 jours. Est-ce que vous pensez que c'est sérieux vis-à-vis des Français de se mettre d'un seul coup en conclave fermée pour savoir si on est capable de se mettre d'accord sur ce sur quoi nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord depuis 4 ans ?
Et comment on crée une dynamique à gauche alors à 100 jours de l'élection ?
Comment on fait ? On ne change rien ? Je suis là, j'essaie de convaincre. On ne change rien ? Bien sûr qu'il faut toujours se remettre en question, avancer. Mais le moment aujourd'hui est celui de s'adresser aux Français et de créer cette dynamique. Nous serons en meeting à Nantes le 16, qui sera un moment avec un meeting immersif qui, j'espère, va marquer la campagne. Et il y a encore le temps. Il ne faut pas partir totalement des fétises quand même, vous êtes incroyable. Alors, il y a le temps ou c'est trop court ?
C'est vous qui dites que c'est trop court.
Non, c'est trop court pour le rassemblement au premier tour. Le rassemblement au premier tour de toutes les forces de gauche est aujourd'hui une chimère. Et donc la dynamique se fera en faisant des meetings de campagne. C'est la vérité. Par ailleurs, moi je vous dis sincèrement, j'aurais aimé entendre côté parti socialiste ce qu'il tire comme bilan de l'expérience Hollande. Ça a quand même né un échec tel que le président lui-même, à l'époque, ne pouvait pas se représenter. Un droit d'inventaire maintenant ? Quel bilan terre-t-il ? Est-ce qu'on est d'accord sur le fait qu'on ne peut pas, aujourd'hui, mener une politique de justice et d'égalité dans le cadre du néolibéralisme ?
Qu'on ne peut pas faire une politique écologique conséquente si on reste dans les clous de la loi du marché et du profit ? Est-ce qu'on est d'accord sur ça ou est-ce qu'on n'est pas d'accord sur ça ?
Ça parle à Fabien Roussel, que vous connaissez bien. Vous venez vous-même du Parti communiste. Pas du tout.
Je chemine depuis toute ma vie aux côtés des communistes, mais je n'ai jamais été membre du Parti communiste.
Vous étiez proche. En tout cas, la question, c'est est-ce qu'aussi avec ce nouveau candidat PC, les lignes sont irréconciliables avec Jean-Luc Mélenchon ? Lui semble marquer très clairement sur des fondamentaux, sécurité, nucléaire, république, la différence.
Moi, ce que je peux vous dire, et c'est aussi une expérience de parlementaire, moi je suis élue de Sevran, Villepinte et Tremblay, et je travaille avec les communistes. Et donc je sais ce que je partage avec les communistes. Et j'espère bien que nous serons capables de construire ensemble, déjà aux législatives, mais même au-delà. Moi, je ne vois pas d'avenir pour notre gauche sans, à un moment donné, travailler ensemble. Parce que ce que nous partageons avec les communistes est bien plus grand que les désaccords qu'on peut avoir, ou sur certaines positions de Fabien Roussel aujourd'hui. Donc, les convergences, il faut les travailler. Et bien sûr qu'il faut les travailler.
Et Jean-Luc Mélenchon, je termine là-dessus, a d'ailleurs dit cette semaine que s'il est en tête et qu'il arrive à franchir le second tour, bien évidemment que des discussions doivent avoir lieu pour avoir des partenaires et aller jusqu'à construire une majorité.
Merci Clémentine Autain, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis, invité du 8.30 France Info ce matin.
Clémentine Autain