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interviewFrançois Ruffin· 18 avril 2025 29 min

Vie chère, scandale de l'eau, chlordécone : François Ruffin sur Guadeloupe la 1ère !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir, merci de nous avoir choisi et bienvenue dans ce nouveau numéro de politique première. Nous rendez-vous du lundi soir avec comme invité François Buffet, député de la Somme et qui a fait part de son intention de s'engager dans la bataille de la présidentielle de 2027. Bonsoir, bonsoir et merci d'avoir répondu à notre invitation.

Bonsoir, vous êtes ici en Redou pour la présentation de votre conseil documentaire au boulot qu'on a pu voir au stat ce weekend. Nous y reviendrons plus en détail au cours de l'entretien. Mettons d'abord votre visite chez nous fait suite à la place de de visite de de de du du ministre de tout d'abord votre visite chez nous fait suite à la base de ministre du gouvernement Bevou 3 mois de 10 jours.

Cela part de vos sentiment selon vous la déilleurs c'est une démarche qui vous de venir ici voulez dire pour les les ministres oui pour les ministres. Oui oui, mais j'entends bien. Écoutez, on va pas se plaindre que le gouvernement porte une attention à l'outre mer évidemment ça fait suite pour moi aux mouvements sociaux qui se sont déroulés.

Si jamais il y a pas de mouvement social et ben ça risque d'être oublié en périphérie invisible. Mais quand il y a un mouvement social qui se produit, il est évident que ça attire l'attention et qu'on cherche les moyens possiblement d'éteindre le début d'incendie. Donc euh tant mieux s'ils viennent.

Maintenant, on attend pas seulement qu'il viennent devant les caméras ou pour faire le tour des Caraïbes, mais on attend aussi que de derrière il y ait des solutions. On nous promet un projet de loi sur la vie chère dans les autres mèes. On attend qu'il arrive devant l'Assemblée.

Je suis un peu ici aussi pour ça, pour m'informer avant des interventions à l'Assemblée nationale. Et bah oui, il va falloir qu'ils arrivent avec des solutions. Alors, je vais vous dire ce que je pense qu'il y a besoin comme solution.

Vous savez, j'étais venu il y a une quinzaine d'années en 2009 au moment du mouvement de LKP. J'étais pas là comme politique, j'étais là comme vous, comme journaliste, comme reporter à l'époque et j'avais fait un tour assez large de des interlocuteurs euh en Guadeloupe. Euh quand on revient ici, 15 ans plus tard, rien n'a changé.

Euh on on va faire ces petites courses au supermarché pour le petit- déjeuner. On achète le pan à 5 € la pâte à tartiner à 5 € aussi. On a déjà donné un gros billet pour juste deux petits produits donc et c'est vérifié que c'est plus 40 % par rapport à ce qui se vend au Motropole et avec c'est pas le coût du transport qui fait ça.

C'est connu et les marges de du groupe AOT c'est 34 %. Donc moi j'interroge les différents gouvernements qui se sont succédés pendant tout ce temps-là. Est-ce qu'il y a une volonté d'intervenir ?

Vous savez c'est une grande question que je pose moi, pas seulement pour la Guadeloupe, mais que je pose pour la France toute entière. Est-ce que on laisse faire le marché ? Est-ce qu'on laisse faire des monopoles ou bien est-ce que l'État intervient pour je dirais entre le fort et le faible venir rééquilibrer la balance ?

Pour l'instant, il y a pas eu de volonté de venir rééquilibrer la balance. Il laisse faire l'économie. On va voir et j'espère que dans les mois qui viennent sur la question des outresemes au moins, il y aura une volonté de réguler les marchés et que faire de faire que les Guadeloupéens puissent accéder à une alimentation notamment meilleur marché. le futur candidat à la présidentielle vous êtes porte regard différent sur ce territoire comme fait six citoyens du pouvoir central mais qui demeur tout de même des territoires français nous avons parfois le sentiment d'être des des citoyens de seconde zone défonçais entièrement écoutez d'abord il y a deux choses j'ai l'impression qu'il y a un effet d'exagération vous savez quand même miroir grossissant de ce qui peut se passer en métropole en hexagone et qui ici est encore exagéré quand je regarde par exemple ce qui se passe sur les les questions agricoles.

J'espère qu'on y reviendra parce qu'à mon avis, c'est un point important pour la Guadeloupe, mais ce qui se passe sur les questions agricoles, on voit très bien comment les agriculteurs ont sur le dos les industriels dans la canne à suc le groupe Gardel et comment il y a par-dessus la grande distribution qui vient se poser par-dessus ça. Et ça c'est déjà ce qui se passe aussi en métropole. D'ailleurs, le fait que le directeur de Gardel vienne de l'actalis et que grosso modo dans dans la les questions des prix sur le Canuc, ça sera soit plus ou moins la même logique qui soit reproduite.

Les pas hasard. Et après, il y a des dossiers sur lesquels on est dans le scandale. Il y a le scandale du clore des cognes.

Mais c'est pas comme si le scandale du clur des clones était clos qu'on en avait fini avec le scandale du clor descone parce que derrière ça devient le scandale de l'eau de manière plus générale et je vois mal comment il serait accepté que en hexagone les citoyens soient traités de cette manière-là dans la durée. Je veux dire que vous ayez à la fois des coupures d'eau. Donc on interroge n'importe qui dans la rue.

Ce matin, il y avait une personne qui vendait des poissons sur le marché. D'elle-même, elle s'est mis à elle s'est mise à me parler de ses coupures d'eau. C'est là une personne qui me disait qu'elle avait un enfant en bas âge, que pendant 3 semaines, elle avait subi des coupures d'eau et pourtant il y a les factures qui arrivent quand même derrière et non seulement c'est des factures, mais c'est des grosses factures avec plus 50 % par rapport à ce au prix de l'eau en métropole.

Donc là, il y a une double injustice. Et la troisième injustice, c'est que cette eau quand elle parvient dans le robinet, au fond est conseillé par les autorités de ne pas la consommer, de ne pas la boire, de ne pas l'utiliser pour faire sa cuine, de pas l'utiliser pour se brosser les dents. Donc là, il y a un scandale gigantesque et je le dis, je vois pas d'autre interprétation que le fruit d'un héritage colonial et que de fait bon, vous soyez traité en la matière comme des citoyens de Gonzone d'ultra périphérie à 6000 km de Paris.

Vous savez, de manière générale, moi je suis pas parisien, je suis picard. Et ne serait-ce que la petite distance géographique qui peut exister, il y a 200 km entre les ouvriers de Picardi et les décideur de Paris, ne serait-ce que cette distance-là, si jamais à un moment les ouvriers de Picardi, ils ne vont pas, ils se rapprochent pas des centres de pouvoir médiatique, politique, économique, ils sont oubliés, ils sont marginalisés, ils sont ostracisés. Donc on imagine ce que ça donne quand il y a 6000 km de distance.

François Ruffin, il y a cette demande d'égalité. Il y a eu une loi égalité réelle demandée, ça n'a pas eu des les résultats escomptés. Qu'est-ce que vous allez proposer ?

Écoutez, il y a je pense qu'il y a plusieurs questions. D'abord, je il y a une question est-ce que on veut laisser le faire le marché ou est-ce qu'on considère que l'État doit intervenir ? Je pense que de manière générale, sur les questions du logement, sur les questions de santé, sur les questions de l'éducation, sur les questions d'eau, sur toutes ces questionslétat doit intervenir et doit intervenir de manière forte.

Je le dis parce que si on laisse faire le marché et ben le groupe AOT en l'occurrence comme principal bénéficiaire d'une situation de monopole, il va pouvoir continuer à se gaver pendant que de l'autre côté on aura des Guadeloupéens qui seront rationnés. Donc ça c'est la première question. Est-ce que l'État veut intervenir et sur le marché ou est-ce qu'il veut laisser faire le marché ?

Ensuite, moi j'ai une deuxième question mais je le dis, je veux intervenir à votre micro. Moi, je suis venu en Guadeloupe d'abord pour écouter les gens. Je suis venu pour les écouter avec beaucoup d'humilité.

Vous savez quand on habite à 6000 km d'ici, on peut pas arriver et prétendre tout savoir. Donc je suis en de démarche reporter qui vient écouter écouter écouter. Hier on est allé dans la canne à sucre, on du du côté de RBtrand, on a on est allé à Saint-Rose, on a été écouté des paysans.

Les trois paysans qu'on interroge, ils nous disent tous les trois quoi ? que au départ ils avaient voulu faire du maréchage mais que comme le marché n'est pas organisé que comme quand ils vont dans la distribution on leur oppose des produits qui viennent du Costa Rica qui ont pas du tout les mêmes normes environnementales pas du tout les mêmes cahier des charges que comme les prix qu'on leur impose sont pas du tout rentables pour eux ils ont abandonné le maréchage pour se mettre dans la canne à su je pose cette question là parce que la question de la souveraineté ou du moins de l'autonomie en particulier sur l'alimentation quand on a que entre 10 et 20 % de production locale pour la consommation locale, je pense que ça produit une situation de dépendance dans la durée et c'est de ça dont il s'agit de sortir. Je dis pas que ça soit simple, je dis pas que j'arrive avec des solutions clé en main, mais enfin je pense que là il y a un gros point d'attention sur comment on fait pour réorienter l'agriculture et qu'on ne soit plus dans une agriculture d'exportation mais aussi dans une agriculture locale.

Et je le dis quand je pose cette question là pour la Guadeloupe, je la pose de manière moins aigue mais je la pose pour l'hexagone aussi parce que plus ça va moins l'hexagone est en situation de d'autonomie alimentaire. Plus chaque année qui passe l'ex la France perd de son autonomie alimentaire. Donc c'est quelque chose qu'il s'agit de corriger.

Visiblement ce n'est pas un problème de de revient. Vous dites que le prix du billet d'avion, c'est politique. Euh faire un Paris New York ou un Paris Buenozer, ça coûte moins cher qu'un Paris Pointque.

Ben écoutez, c'est toujours la même question, c'est est-ce qu'on laisse faire le marché ? Si on laisse faire le marché, si on laisse faire Airfance, en l'occurrence, si on laisse faire bah les moments où il y a beaucoup de demandes sur les billets, donc les périodes scolaires, on va évidemment ou touristiques, on va évidemment avoir le prix du billet qui va grimper. Si on laisse faire le marché, ceux qui ont le plus besoin de ces billets pour retrouver leur famille, pour maintenir des liens entre là où ils sont partis en Hexagone et les Caraïbes, ça va être les premiers qui vont être pénalisés.

Donc la grande question est toujours la même. Est-ce qu'on laisse faire le marché ou est-ce qu'on régule le marché ? Est-ce que l'État garantit ce qu'on appelle la continuité territoriale qui permett à à au Guadaloupéens partie en hexagone de revenir et de voir leur famille y compris pendant les périodes d'été ?

On sait que l'investissement sur les Caraïbes, sur les outresemes en général en matière de continuité territoriale, c'est à peu près par habitant, je crois 15 fois moins que ce qui est fait pour la Corse sans qu'il s'agit de de dire qu'il faut moins pour la Corse, mais il y a peu d'efforts qui est fait pour que simplement les Guadeloupins et les Guadelouaines qui sont aujourd'hui à Paris, qui sont aujourd'hui dans l'hexagone, puissent revenir l'été ou pendant les vacances scolaires revenir voir leur famille, quoi. Comment encore croire au aux politiques d'Exabon ? lorsque vous allez vous avez Laurent Vier candidat à la présidence qui souhaite que les personnes sous OCTF qu'on les envoie à s'appeler dans Écoutez enfin quand j'ai vu ça j'ai regardé j'ai je vous assure j'étais dans l'hémicycle à ce moment-là et on me montre que c'était le journal JD News donc qui est maintenant un journal on peut dire d'extrême droite qui sort une une de leurqué qui dit voilà les EQTF iront à Saint-Pierre Micon j'ai vérifié la date si vous voulez sur le journal c'était le journal du 8 avril je crois parce que je voulais être sûr que c'était pas un poisson d'avril qui était fait.

Ça paraît tellement grottesque même en terme simplement de fusabilité. Évidemment ça contient un immense mépris pour les habitants de Saint-Pierre et Miclon de se dire bah voilà ça doit être finalement la décharge. Bon ça c'est la première chose.

La deuxième chose c'est qu'on voit mal comment ça pourrait être fait et comment 100000 personnes seraient envoyé dans cette ces petites îles. Ça n'a aucun sens. Mais euh redisons le mépris pour les habitants.

Et enfin, enfin euh est-ce que l'objectif de la République française euh dans ce 21e siècle, c'est de réinventer le BNE ? On a l'impression que c'est ça. Enfin, donc on tombe vraiment très bas.

Euh je euh vous savez, je je me sens pas moi politique dans l'âme. Je suis je suis arrivé dans la politique à plus de 40 ans. Mais enfin on va pas prendre quand même comme symbole de la politique ce qu'il y a de plus clounesque parce que là à ce niveau-là c'est à la fois extrémiste et clownesque euh en même temps.

Moi, je pense que peut-être que le désaveux de la politique et quand on regarde les résultats aux élections ici en Guadeloupe, vous savez, ça peut ressembler à ce qui se passe par chez moi avec une très forte montée aussi de l'extrême droite qui est un symbole et un symptôme de d'un mal-être civique, quoi. Peut-être que c'est moins dû à des déclarations intempestives, à la n'importe quoi de Laurentier et d'autres que à une absence de traduction du discours en acte. Premièrement et je le dis à une question est-ce que le politique veut encore jouer son rôle face à l'économique ?

Et pour moi, depuis 40 ans, le politique a renoncé à jouer son rôle face à l'économique à être une instance de régulation. Peut-être simplement une stratégie d'arri pensée politique qui séduire un peu le dual. Oui, mais on voit bien mais enfin c'est tellement grotesque que je doute même que ça soit efficace.

Donc voilà. Mais maintenant, il est évident que comme il y a le Congrès des Républicains qui est lancé, on a une espèce de course à l'échalote entre Bruno Retaillot et Laurent Voquet sur qui sera le plus dur. Je veux dire juste comme ça que les personnes qui sont sous Qutf obligation quêter le territoire français.

D'abord, on est les recordman européens du nombre de personnes qui sont là-dessus qu'on fait vivre dans la peur finalement de d'être pris par la police pendant des mois ou des années alors que la plupart d'entre elles n'ont commis aucun délit. Ça n'est pas pour un délit qu'on on y va imagine les envoyer à Saint-Pierre et Niclelon ou ailleurs. C'est juste parce que elles ont pas leurs papiers qui sont en règle.

Donc voilà, je dis je pense que retrouver dans notre France un peu de des vertus de l'humanisme, ça ferait de mal à personne. Les étables de mon traitement fait à son sont son nombre dernier électeur par mandate le gouvernement qui s'avoui au sein nationalité d'état qui est la question de l'indemnisation des victimes d'école. Ça ça vous ça vous ça vous parle ça ?

Évidemment, enfin, j'étais intervenu dans l'hémicycle au moment où c'était monsieur Moriti qui était Moriti qui était le garde des saut en lui disant franchement ce que fait la justice vis-à-vis du dossier du clore d'éconne, c'est absolument scandaleux hein. C'est comme si on était dans des poupées russes de scandale. Vous savez, le premier scandale, c'est d'avoir laissé se déverser ce produit là alors que aux États-Unis, on savait déjà alors que les laboratoires savaient déjà que c'était un produit toxique et fortement cancérigène.

Donc c'est le premier scandale de l'avoir laissé être déversé et on a un deuxième scandale qui est que derrière on ne vient pas indemniser, on vient pas avoir un un traitement judiciaire correct. Donc c'est comme des des scandales qui s'emboitent les uns derrière les autres. Et de ce point de vue-là, je vois pas comment on peut caractériser ce dossier que comment étant une survivance un héritage colonial. et vous parliez de l'agriculture l'agriculture guilouenne et des outresem en général est très fortement constrainte par l'Union européenne avec des règles qui ne s'adaptent pas à nos régions.

Quelles sont vos propositions ? D'abord, puisque vous parlez de l'Union européenne, à mon avis, il y a un grand une grande question. Peut-être qu'on viendra ensuite sur les les taxes frontières produites par Donald Trump, mais pour moi qui est l'espace d'inscription économique de la Guadeloupe et de la Martinique.

C'est-à-dire que normalement l'espace géographique naturel d'inscription du commerce, ce sont les Caraïbes. Et quand on regarde avec qui commerce la Guadeloupe, c'est 58 % la France, on y rajoute 11 % de l'Union européenne. Donc on est à plus de détiers, on est à 70 % de commerce avec un continent qui est éloigné de 6000 km. pendant que le commerce avec les Caraïbes va être à hauteur de 2 %.

Donc là, il y a il y a une grande question qui est euh est-ce qu'on permet à la Guadeloupe d'inscrire son commerce, d'inscrire son économie dans son territoire géographique le plus naturel ? Mais c'est comme si finalement il y avait un refus de couper le cordon obéical entre l'Hexagone et la Guadeloupe et avec évidemment les portes contenaires de la CMA CGM qui font l'aller-retour entre l'un et l'autre qui en sont le symbole. Donc je je pense qu'il y a une grande question pour les les dirigeants Guadeloupéens pour les citoyens Guadeloupéens qui est l'espace d'inscription économique et comment on fait pour peut-être distendre un peu le lien commercial ? euh qui est quand même très cadré avec l'hexagone.

Ça c'est la première chose. Et ensuite, vous savez le problème c'est d'avoir une une concurrence qui soit juste. un agriculteur s'est emporté et comme si j'étais favorable à ça mais en disant contre sur le Mercosur mais alors comment ça se fait que Macron en tout cas sur la veine la lion elle est allé signer le mer il se rendent compte que ils imposent des normes ici on doit produire de telle et telle manière on n pas le droit d'utiliser tel et tel produit et on va laisser venir du Brésil ou d'ailleurs des bêtes nourries aux hormones avec des antibiotiques et ainsi de suite.

Ce qui est le côté problématique, c'est est-ce que on peut utiliser les mêmes produits ? Est-ce qu'on est ennuis dans une concurrence qui est juste ? Donald Trump, Donald Trump et ses variations sur les les droits de douane, vous avez prené un certain protectionnisme et vous dites que le protectionnisme à la Donald Trump, c'est mauvais.

Oui, je suis absolument convaincu que on doit pas laisser faire le libre échange intégral. Vous savez, c'est une machine à détruire les emplois. C'est une machine à détruire des secteurs entiers, à les concentrer dans une Chine qui devient l'usine du monde, voire dans un Brésil qui deviendrait la la ferme usine du monde.

Si on veut pas ça, il s'agit qu'il y ait des instances de régulation pour pas aller dans le dumping généralisé sur les salaires, sur les normes environnementales, sur les l'imposition fiscale et ainsi de suite. Maintenant, ce que fait Donald Trump est vraiment stupide, mais c'est stupide d'abord pour son pays lui-même. C'estàd se dire on va relever de 20 % 30 % 40 % les taxes sur tous les produits de manière généralisée.

Ça n'a pas de sens. Ce qu'il faut se demander et ce qu'on doit se demander pour l'hexagone et je pense pour la Guadeloupe, c'est finalement sur quel produit on veut retrouver davantage d'autonomie. Moi, je le dis pour l'hexagone en tout cas de crise sanitaire, il nous faut être capable de produire cette fois-ci des masques et des surblouses.

C'est toujours pas le cas. Il faut être capable, c'est essentiel d'avoir des aliments et des médicaments quand bien même la logistique, les flux euh de commerciaux ne fonctionneraiit plus. Et en cas de guerre, il faut être capable de produire de la poudre, des obus, des munitions.

Voilà. Donc il faut identifier un certain nombre de produits sur lequels on veut retrouver notre autonomie et sur ces produits-là, bah oui, on se protège pour qu'il y ait une renaissance de euh d'un appareil industriel sur ces questions-là. Vous voyez par exemple, on a on fait une loi qui veut développer et euh encadrer l'agrivoltaïme, donc euh des panneaux solaires dans les champs.

Bon, ça m'interroge parce que je pense que la fonction première de l'agriculture, c'est de nourrir et non pas de fournir de l'énergie. Mais admettons, mais on a plus en France une seule usine qui produit des panneaux photovoltaïques. La dernière vient de fermer le mois dernier et c'est pareil pour toute l'industrie européenne qui a été complètement dévastée ces derniers temps par une subversion de panneaux photovoltaïques chinois.

Bah si on ne se protège pas, on en aura jamais des panneaux photovoltaïques. Mais si on ne se protège pas, on aura plus d'acier demain sur le continent européen. C'est et c'est quand même une garantie d'autonomie.

Donc je dis pas que euh à l'échelle de la France, on doit être capable de tout produire. C'est pour ça que je ne prendsne pas le le relèvement à 20, 30 40 % sur tous les produits de manière généralisé, mais je demande qu'on cible les 100 produits sur lequels on veut retrouver notre autonomie. À plus de 2 ans de de la présidentielle, on a fait part de votre de d'y aller.

Est-ce que c'est pas parti trop tôt ? Est-ce que c'est aussi pour la la provoquer de la crispation chez les partenaires éventuels de Saintesprit ? Mais j'ai jamais dit que j'irai tout seul et que et quoi qu'il en coûte non.

Je dis en revanche que je je me prépare que je si je viens ici, c'est aussi pour ça, c'est-à-dire pour ne pas cantonner la France à la Picardie, à l'hexagone, mais aussi pour aller l'écouter à 6000 km et pour avoir des choses pertinentes à dire le moment venu. Maintenant, je vais pas y aller tout seul, je vais bien sûr discuter pour que vous savez, je sais pas mieux classé que c'est candidat à la candidature, c'est ce que nous. Si vous voulez, allons-y.

Allons-y comme ça. Non, allons-y comme ça. Mais euh je suis assez conscient dans un territoire comme le mien, mais que vous pouvez voir ici aussi de d'une montée de l'extrême droite et d'une puissance malgré tout de l'extrême argent qui veut pas réguler les billets d'avion mais qui veut pas réguler l'alimentation, qui veut pas réguler qui veut laisser faire le marché.

Je suis assez conscient qu'il y a ces deux puissances-là et que pour desserrer cette autola, je sais pas François Ruffin en en Leon Cowboy qui va y parvenir. Vous voyez ? Donc il s'agit en revanche de se dire qu'on est dans un temps où il y a une espèce d'apathie, d'inertie chez les gens et que bah je fais un peu le tour du pays pour y remettre de l'énergie parce que je suis convaincu que on est dans un moment qui offre des chances qui offre des chances. le monde est en train de basculer.

Alors soit on le subit, soit on s'en saisit. Quand on voit que par exemple les États-Unis retirent leur protection grosso modo sur le continent européen, peut dire que c'est une tragédie et peut-être que ça l' en partie. Mais on peut se dire aussi que c'est une chance parce que c'est une chance de reprendre en main notre destin commun et de plus être sous protecteurat américain, mais de construire une défense qui nous soit propre et de reprendre notre souveraineté sur ce terrainlà.

Et quand Donald Trump euh fait euh euh un pas en avant, deux pas en arrière sur la question des taxes aux frontières, je pense qu'on doit s'en saisir pour se demander bon ben voà quelle est notre euh politique ? Est-ce que c'est normal qu'on continue ? Il y a eu 1500 entreprises françaises et souvent des fleurons, des start-ups qui marchaient très bien euh mais aussi par exemple Elstom Energy, enfin des grosses boîtes, on se souvient du Dolipran par exemple qui ont été racheté par des fonds de pension américains.

Est-ce qu'on veut que ça continue comme ça ? Non, moi je souhaite pas. Je souhaite que la France retrouve euh une certaine autonomie, y compris sur ces questions-là.

Donc je préfère que dans ces moments de basculement, on s'en saisisse comme une chance plutôt que de le subir passivement. Mais il faut trouver euh entre toutes les gauches un un point commun. Euh quelles sont les les lignes rouges que vous avez pas français ?

Vous savez quand on regarde même avant euh c'est pour ça que j'étais favorable à ce que il y a une réunion à partir de 2022 de ce qui s'est appelé la NUPES puis le nouveau Front populaire que je le dis avec modestie mais enfin quand même que j'ai lancé le premier en prononçant ce mot-là la télé un soir de dissolution mais quand on regarde ce qui fait le fond du programme des gauche 80 90 % elles sont d'accord donc soit on choisit de se batailler sur les quelques petites choses sur lesquelles on a des accords soit on se met autour d'une table et on discute. Vous voyez ? Et bon, moi je suis plutôt favorable à ce que sur ce qui ferait tension, il y a par exemple la place de l'Europe peut faire tension.

Il peut y avoir des certain nombre de questions qui font tension, on se met autour d'une une table et qu'on discute. Sachant qu'à mon sens aujourd'hui, il y a tout à fait manière possible un dépassement des contradictions. Il y a aussi une question d'homme ou de femme entre une gauche libérale menée par François Hollande, une gauche un peu plus à gauche avec Jean-Luc Mélenchon.

Comment faire de tout ça ? Julien, moi je je viens de cette gauche qui est de a voté non en 2005 et ensuite à à remonter pour porter la question sociale et mettre la question sociale au centre du jeu. Donc évidemment sur le fond, je vais continuer à porter ce cheminlà et je vais pas souhaiter qu'on ait le retour à une gauche finalement qui passe au pouvoir sans rien changer.

Voilà, il y a il va y avoir à bousculer, vous savez, et je pense qu'on est dans un moment où des mots comme concurrence, croissance, mondialisation, marché, ce sont compétitivité. Ce sont plus du tout les mots qui font envie, mais c'est maintenant des mots qui sont rejetés. Donc, il s'agit d'avoir un programme de gauche qui viennent proposer davantag d'entraide, qui viennent proposer, je l'ai dit, des protections.

Pour moi, la question de protéger, par exemple, c'est ce que je mets au cœur de mon projet. Une France qui partage, mais une France qui protège. Une France qui protège sur les emplois. une France qui protège sur l'industrie, mais aussi une France qui protège sur le logement, une France qui protège sur la santé.

Sachant que c'est comme si depuis 40 ans euh nos dirigeants s'était fait une fierté de ne plus protéger et au contraire de laisser faire la mondialisation et de laisser faire le marché. et une France qui ne protège plus sur les retraites et une France qui doit continuer à protéger sur les retraites. Il faut que les les gens soient sécurisés sur le fait qu'il y a la possibilité de évidemment de verser des retraites.

Une retraite qui doit être juste, vous savez quand on a travaillé 40 ans dans l'agriculture, je le citais tout à l'heure hein, les ouvriers agricoles de la canne à sucre. euh quand on a travaillé 40 ans dans le bâtiment, quand on a travaillé 40 ans comme agent d'entretien, quand on a travaillé 40 ans euh comme auxiliaire de vie, quand on a travaillé 40 ans à l'hôpital, quand on a travaillé pendant 40 ans dans tous ces métiers-là, ben vous savez vous en avez déjà plein le dos et en fait déjà, il y a déjà plein de gens qui sont sortis avant d'être d'avoir tenu tout ce temps-là qui sont sortis par des inaptitudes. Donc moi je souhaite que aujourd'hui une retraite qui soit juste et une retraite qui soit juste, c'est évidemment que les métiers sur lesquels il y a le plus de contraintes physiques mais aussi parfois des contraintes psychiques soient reconnu et que à ce moment-là et ben il y ait la possibilité de partir après 40 années de travail.

On pourrait considérer qu'il s'agit là d'un programme présidentiel mais avant il y a quand même la fonction du gouvernement dont la durée de vue est limitée va être certaine et il n'est pas exclu que sera sant prochain. Écoutez on va pas faire des paris sur tout ça parce que il faut continuer à vivre et mais je je crois que le jugement qui est tombé sur Marine Le Pen est une forme de surcis qui est offert à François Verrou. Je vais m'en expliquer mais d'abord revenir brièvement sur le front de l'affaire.

Marine Le Pen a délivré des emplois fictifs à toute sa petite famille comme des pains au chocolat. Un emploi fictif à sa sœur, un emploi fictif à sa belle- sœur, un emploi fictif à son compagnon, un emploi fictif à son chauffeur, un emploi fictif au major d'homme de son père. Et il faut dire que ces emplins fictifs n'étaient pas payés au SMIC.

Ils étaient payés 5000 € pour un mi-temps, 10000 € pour un pleintemps et ça fait 4 millions d'euros à la fin. C'est pour dire que c'est pas une petite affaire que ce détournement de fonds publics par le Rassemblement national d'autant qu'ils avaient déjà été condamnés il y a une dizaine d'années pour recell d'abus de biens sociaux pour blanchiment et ainsi de suite avec leurs petits copains de l'époque. Donc on a là affaire en plus à des récidivistes.

Je veux rappeler ça et je veux rappeler d'autant plus que madame Marine Le Pen avait été la première à dire que un élu qui est pris la main dans le sac et condamné pour emploi fictif, pour détournement, pour blanchiment devrait être inéligible à vie. D'accord ? Donc bon, ce que j'ai je l'ai beaucoup entendu se plaindre Marine Le Pen, mais ça n'est que justice.

Donc et pourquoi je pense que ça donne un surcis à François Berou ? Et bien parce que au fond on voit mal Marine Le Pen appuyer sur le bouton la censure aujourd'hui l'éjecter qui l'éjecterait puisqu'elle ne pourrait pas se représenter devant les ces électeurs d'énom. Moi maintenant mon souhait ça serait de battre le rassemblement nation rassemblement national dans les urnes plutôt que par la justice mais dire que la décision de justice elle est aujourd'hui pleinement justifiée.

Vous êtes vous avez vous êtes le co-auteur d'un d'un film un film avec Gill Peré au boulot. C'est avec Sarah Salman, une avocate parisienne. C'est sur la réalité du travail, de la pénibilité du du travail.

Aujourd'hui, cette pénibilité n'est pas prise en compte par le gouvernement, en tout cas par l'élite parisienne. Mais c'est même pire que ça. Vous savez, dans le temps de la crise Covid, le président de la République avait déclaré "Il faudra se rappeler que notre pays tout entier repose aujourd'hui sur ces femmes et ces hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal." C'était un temps où on avait vu l'utilité évidente des agents d'entretien, l'utilité évidente des auxiliaires de vie, l'utilité évidente des charistes, l'utilité évidente des caissières.

Et le président de la République venait faire cette promesse en disant "Vous allez continuer à travailler mais derrière vous serez reconnu, derrière vous serez mieux rémunéré." Qu'est-ce qu'on a vu ? Rien.

On a vu tout l'inverse puisqu'on a vu au contraire l'inflation qui est venue gréver les petits salaires et on a vu la retraite à 64 ans qui pèse d'autant plus sur les métiers physiques et populaires. Et donc avec mon collègue Gill Peré, on a voulu nous continuer à maintenir cette promesse, continuer à maintenir la promesse que ces métiers, vous savez c'est dans la déclaration des droits de l'homme de 1789, il est énoncé que les distinctions sociales ne peuvent reposer que sur l'utilité commune. L'utilité de ces métiers là, elle est évidente et pourtant la reconnaissance, elle est moindre.

Donc là, il y a il y a un souci de justice qu'on doit avoir et les métiers que je viens d'énoncer, mais toute une série d'autres métiers penser agriculteurs, on peut penser aux gens qui travaillent dans l'industrie agroalimentaire qui sont des métiers qui ne doivent pas cesser, même en cas de crise, dans le bâtiment par exemple, dans les travaux publics et bien devrait être mieux considérés par la société, mieux considéré sur le plan symbolique. C'est pour ça qu'on en fait un film, mais aussi mieux que considéré sur le plan matériel. Il faudrait une fiche de paye qui euh soit en adéquation avec les belles déclarations.

Nous arrivons quasiment au fin de la fin de l'émission. François RF merci. Il ne rêve pas d'avoir répondu à nos convitations.

Première fait une pause à l'occasion des vacances de de de de PAC de retour de notre politique dans de semaines. Excellente soirée à tous et à toutes. Un grand merci à vous.

Bonsoir. Merci. M.

Vie chère, scandale de l'eau, chlordécone : François Ruffin sur Guadeloupe la 1ère ! — François Ruffin · Pourquijevote