Réforme des retraites, budget, prime de Noël... L'interview en intégralité d'Éric Coquerel (LFI)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV bonjour Eric Coquerel merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin vous êtes le président de la commission des finances vous êtes également député LFI de Seine-Saint-Denis, très nombreuses questions à vous poser dans cette journée qui est officiellement une journée de pause puisque c'est férié demain et pourtant franchement si vous pouviez avoir quelques heures de plus pour travailler sur ces deux budgets, le budget de la France, le budget de la France, le budget de la sécu, vous auriez apprécié pour une fois que quelqu'un veut bosser les jours fériés on va le voir dans un instant mais je voulais d'abord vous interroger sur cette fameuse lettre la lettre dite secrète c'est en tout cas telle qu'elle est était estampillée cette lettre de Bruno Le Maire à Emmanuel Macron qui l'alertait, c'était juste avant les européennes, juste avant la dissolution sur les dérives des comptes publics. Cette lettre qui y est restée, lettre morte puisqu'elle n'a pas obtenu satisfaction. Vous aviez connaissance de cette lettre ?
Oui puisqu'en fait ça a été évoqué lors de la commission d'enquête que je présidais sur l'explosion des déficits et surtout le fait qu'il n'avait pas été annoncé et Bruno Le Maire l'avait évoqué donc j'avais connaissance de cette lettre. La lettre elle-même c'est une révélation mais par contre l'histoire c'est un secret de polichinelle parce que c'est clair que Bruno Le Maire que j'ai côtoyé pas mal de fois à ce moment-là puisqu'il était ministre de l'économie avait non seulement alerté, c'est la réalité sur la dérive des comptes publics mais il avait demandé comme Moura d'ailleurs un projet de loi de rectificatif, c'est-à-dire qu'au lieu de procéder à des annulations de crédit comme on fait, c'est-à-dire de manière indolore, un peu comme ça sous le boisseau, vous décidez d'annuler des crédits que vous avez votés. C'est un exercice sur lequel se livrent les gouvernements depuis 2-3 ans, on passe avec un débat au Parlement qui permet non seulement des débats de dépenses, c'est pour ça que je voulais absolument que ce soit le cas, mais aussi des recettes.
Et il n'a pas eu gain de cause. mais je voudrais dire une chose il y a eu cette lettre mais il y en a eu une autre qui est passée plus inaperçue et une lettre qu'il a écrite en novembre 2023 excusez-moi je me remémore le moment à Elisabeth Juste avant qu'Elisabeth Borne annonce un 49 ,3 sur le budget de l'État. Et dans cette lettre, il dit la même chose.
Il annonce même qu'il va très certainement falloir annuler 10 milliards d'euros supplémentaires par rapport au budget qu'on était en train de discuter à ce moment-là, dès le mois de janvier ou février. Et il n'y a pas eu un mot d'Elisabeth Borde dans cette présentation de son budget à l assemblée. Donc...
Elle avait connaissance de cette lettre, elle avait connaissance de cette alerte, tout comme ensuite Emmanuel Macron et Gabriel Attal qui était le nouveau Premier ministre avaient connaissance de ces alertes réitérées par Bruno Le Maire. Est-ce que vous considérez que le fait que ça n'ait eu aucune conséquence, qu'en effet, ça n'ait été ni mentionné par les uns, ni mentionné par les autres, qu'il n'y ait pas eu ce projet de loi rectificative qui aurait donc assumé en quelque sorte cette dérive est-ce que vous estimez certains disent c'est une forme de mensonge ça veut dire qu'il y a un mensonge d'Etat ? oui il y a une omission d'Etat donc c'est pas assez vu la situation c'est à C'est-à-dire empêcher finalement l'Assemblée de discuter d'une situation concrète, réelle, dès 2023 ?
Bien évidemment. En partie on peut me dire que rétrospectivement ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère. Je ne sais pas si vous vous rappelez Il le dit dans la lettre Noir sur Blanc Voilà ce qu'il écrit notamment Nous pourrions être accusés d'insincérité Il l'écrit à Emmanuel Macron Il dit Monsieur le Président Je demande notamment une loi de finances rectificative, sinon on nous accusera d'un sincère.
Bien sûr, donc du coup je peux le faire aujourd'hui puisqu'il l'expliquait. Mais il faut se rappeler qu'à ce moment-là, Pierre Moscovici pour le haut commissariat des finances publique, vous n'avez pas parlé d'insincérité parce que c'est un peu l'arme nucléaire. Si vous parlez d'insincérité, ça veut dire que constitutionnellement, il faut arrêter ce qu'il est en train de se passer.
Mais avait dit que pour lui, ce n'était pas très crédible ce qu'on nous proposait. Donc il y a eu des alertes, enfin il ne faut pas faire comme si on a entendu après le gouvernement nous dire mais non, on ne pouvait pas savoir. Il y a eu des alertes en tous les sens, le ministre de l'économie c'est ce qu'on apprend lui-même à alerter la première ministre, à alerter le président de la République et rien n'a été suivi des faits.
Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a quand même un problème démocratique ? C'est-à-dire que la situation dans laquelle on est aujourd'hui, dont vous débattez tous les jours à l'Assemblée, qui a également entraîné les questions de négociation entre les différents partis au sein de l'assemblée la question de la censure par la censure tout ce que l'on vit aujourd'hui la question des hausses d'impôts des baisses de dépenses de tout cela ça découle aussi de ça est-ce que ça aurait été différent oui ça aurait été différent s'il l'assemblée avait pu en débattre mais si l'assemblée aussi avait pu le voter parce que je vous rappelle que c'était deux années où il y a eu le 49-3 et l'assemblée ne pouvait même plus voter le budget donc on a des gouvernements qui ont imposé des politiques minoritaires et on s'aperçoit en plus en montant, c'est quand même extrêmement grave. Et aujourd'hui on s'aperçoit qu'on a un peu les mêmes problèmes sur ce qui est en train de se passer et qui va être le sujet suivant de notre... – Deux points ensuite justement encore sur cette lettre.
L'une sur la question démocratique, on est effectivement juste avant une échéance électorale, juste avant les européennes et semble-t-il, ce que laisse entendre Bruno Le Maire, c'est que c'est pour ça que la sincérité n'a pas été au rendez-vous parce que Emmanuel Macron, peut-être même Gabriel Attal craignait, dit-il que les élections soient mauvaises pour eux et donc il valait mieux ne pas le dire aux – Mais vous pouvez dire Emmanuel Macron, parce que ce qu'a montré aussi cette commission d'enquête, c'est qu'en dernière instance, il y a eu des réunions à l'Elysée. C'est la raison pour laquelle j'avais demandé à auditionner M. Coller. – M.
Coller qui était donc le secrétaire général de l'Élysée. – Qui a décidé de ne pas venir, et je constate malheureusement que… – Sans conséquences ? – Sans conséquences, alors que théoriquement, je vous rappelle que c'est puni par le code pénal de ne pas venir devant une commission d'enquête.
Il n'est pas venu, soi en quoi disant, parce que comme il est secrétaire général de l'Élysée, la protection qu'a le président de la République vis-à-vis de l'Assemblée le concerne. Moi je suis absolument en désaccord avec ça, mais du coup on n'a pas pu l'auditionner sur ces fameuses réunions. Qui a décidé ?
Qui a pris la décision ? Et pourquoi, justement, de ne pas faire un projet de loi de fin de gestion rectificatif, pardon. Le projet de loi de fin de gestion, ça va être dans quelques jours.
Bon, je trouve que ça aurait été intéressant pour les Français de savoir jusqu'où vont les responsabilités. À mon avis, elles vont au niveau d'Emmanuel et Macron. Et la prise de décision, autre question aussi, les 20 milliards.
Dans ses explications, Bruno Le Maire, il y a une chose sur laquelle il n'est pas capable d'apporter une explication. Ce sont les 20 milliards de recettes espérées qui ne sont jamais arrivés. Il dit « Je ne sais toujours pas aujourd'hui ce que c'est devenu ».
Là, c'est le défaut de Bruno Le Maire, je dirais, avec qui j'ai des dialogues assez intéressants, mais on ne partage pas du tout la même analyse politique. Ça a été l l'objectif de la commission d'enquête. Alors dans la commission d'enquête, certains ont dit que c'est des problèmes techniques.
Moi, j'ai toujours dit que c'était des problèmes politiques. C'est-à-dire qu'ils avaient tellement foi dans leur politique de l'offre qu'ils ont cru que les années qui ont suivi le Covid, où vous avez eu une relance de l'activité économique, puisque l'activité économique était au fond de la piscine. En un an, on est revenu à la surface.
Donc qu'est-ce que ça a fait ? Ça a généré beaucoup d'impôts. Et ils se sont dit « Ah, ça génère beaucoup d'impôts, ça veut dire que notre politique de réduction des impôts fonctionne ».
Bon, en réalité, elle ne fonctionnait pas. Et quand on est revenu à une année normale, les impôts ont baissé. – Comment peut-on se tromper de 20 milliards d'euros ? – Ça fait justement 20 milliards entre la TVA en moins, entre l'IS en moins, entre l'impôt sur le revenu en au moins, eh bien quand vous avez une activité économique qui se réduit et que vous avez baissé les impôts, vous avez moins de recettes.
C'est exactement ce qui s'est passé. Et je pense que ça sonne aussi l'échec de leur politique. Les débats se sont interrompus hier soir minuit, les débats sur le budget de la sécu dont vous débattez donc en ce moment dans l'hémicycle.
Demain il n'y aura pas non plus de débat puisque c'est une journée fériée avec le 11 novembre et il reste toujours des centaines d'amendements qui reste à étudier jusqu'à officiellement mercredi minuit. Est-ce que j'ai bon dans ce timing ? Et est-ce que ça veut dire que concrètement ce budget vous en discutez pour du beurre parce qu'à la fin vous ne le voterez pas Ça veut dire en tout cas qu'il va partir au Sénat sans être voté au final.
Donc ça va être peut-être un service rendu à ceux de l'opposition. On va y revenir, je pense notamment. Vous dites l'opposition, je précise pour ceux qui nous écoutent à la radio sur RMC, vous dites l l'opposition en mettant des guillemets sous-entendus qui s'auto-appellent opposition mais qui n'en sont plus.
Oui, je pense notamment au Parti Socialiste qui a largement ouvré à perdre du temps dans des présentations d'amendements, en ne votant pas des amendements de suppression avec les qualités d'accord ce qui permettait d'aborder les débats enfin bon ils ont cautionné cette perte de temps du gouvernement le bilan c'est que on ne va pas voter le texte final il y aura eu donc un seul une partie votée la partie recette qu'ils ont voté d'ailleurs avec 12 milliards de coups de budgétaire dans l'hôpital ils ont voté ça que je trouve quand même absolument incroyable vis-à-vis du mandat qui est le nôtre je vous rappelle qu'il y avait un nous il y avait un nous il n'y a plus de nous puisqu'il n'y a plus en réalité de vie commune entre LFI et le Parti Socialiste mais vous avez en effet été élu sur un programme commun et qui évidemment n'est pas de permettre au macronisme de se prolonger et d'appliquer sa politique antisociale. Donc ils ont voté la partie recette, on ne va pas avoir à voter le PLFSS donc quelque part ils n'auront pas aller jusqu'à là et tout ça va partir au Sénat. Ça les arrange ?
Bien sûr que ça les arrange, ça les arrange pour deux raisons. Moi j'ai toujours pensé que la stratégie du gouvernement...
Alors pour bien comprendre, je résume en deux secondes. Vous avez deux budgets, le budget de l'État et le budget de la sécurité sociale. Le budget de l'État vous êtes obligés d'en avoir un.
C'est la raison pour laquelle il y a possiblement si jamais par par exemple le budget actuel échoue, un budget loi spéciale qui restitue le budget de l'année précédente et permet en gros que l'État continue à pécher ses fonctionnaires. On ne peut pas qu'on se retrouve comme les États-Unis par exemple qui n'ont même qu'ils ne peuvent même plus payer leurs fonctionnaires. Il ne peut pas y avoir de shutdown en France contrairement à ce qu'ont dit certains l'année dernière.
Ça vous l'avez sur le PLF donc on va y revenir après. Sur le budget de l'État ? Sur le budget de la sécurité sociale c'est impossible n'est pas de loi spéciale donc le gouvernement a deux solutions première solution il sait que son opposition va voter contre elle est majoritaire c'est toutes les oppositions vote contre et il va tenter les ordonnances c'est à dire il va tenter de dépasser le délai de 50 jours qu'a le parlement dans son ensemble pour examiner le projet de loi de la sécurité sociale et les ordonnances restituent le budget initial et puis la deuxième sauture de sécurité c'est celle que lui apparemment pourrait peut-être lui offrir le parti socialiste et si une de ses options vote pour le texte donc il a ces deux centres de sécurité, il avance et ce que je constate c'est que le parti socialiste lui a facilité le travail en j'allais dire permettant que les débats traînent etc donc on va s'approcher dangereusement des limites avant que le texte parte au Sénat de ces fameux 50 jours mais aussi en votant la partie recette ce qui laisse espérer au gouvernement qu'à la fin le parti socialiste pourrait voter le projet Éric Coquerel, les débats je le disais se sont interrompus hier soir pourtant certains chez vous avaient demandé à siéger y compris en bossant jusqu'à minuit et en recommençant le lendemain mais vous aviez dit allons l'ont bossé aujourd'hui, lundi.
Ça n'est pas un jour férié pour rajouter quand même quelques heures et pouvoir analyser d'autres amendements. Comment ça peut vous être refusé, ça ? C'est la présidence de l'Assemblée qui décide ça.
C'est la présidence de l'Assemblée qui décide de ça, qu'on arrête à ce moment-là. Il y a eu un vote quand même tenté par Clémence Guettet, vice-président de l'Assemblée et l'Égypte, qui a quand même essayé de vérifier si dans l'Assemblée, parce qu'elle est décisionnaire, il y avait une majorité pour poursuivre et malheureusement il y a une majorité pour ne pas poursuivre avec notamment les voix du rassemble national et du parti socialiste contre les voix du reste de la gauche et du coup on n'a pas pu aujourd'hui examiner le budget. Quelle est la raison pour laquelle aujourd'hui on ne peut pas examiner le budget.
On est le 10 novembre, c'est pas un jour férié, les cérémonies c'est demain parce qu'il est tradition que les députés puissent aller dans leur circonscription pour la cérémonie. On avait le temps de les examiner. Donc tout ça est fait pour qu'à la fin on n'ait pas le temps de voter le taxe.
C'est tout. Vous avez peut-être entendu Pierre Moscovici hier soir, il était sur BFM TV et à propos de la question du budget alors qu'il est le président de la cour des comptes il dit je ne suis pas ce spectacle ça ne sert à Il explique qu'au fond, regarder au jour le jour ce qui se passe à l'Assemblée de toute façon est un spectacle, un spectacle politique qui ne dit rien de ce qu'il y aura à la fin. Est-ce que vous entendez ça ?
Effectivement cette incapacité à comprendre ce qui se Ce n'est pas bien de la part de Pierre Moscovici, je vais vous dire, parce qu'il est encore président de la Cour des comptes et du Haut Conseil de finances publiques. Il va bientôt une culette. Qui analyse justement le budget, la véracité et la sincérité du budget.
Je ne trouve qu'il n'a pas à avoir un regard comme ça sur l'Assemblée nationale. Je vous le dis, parce que ce n'est pas un spectacle. Ce qui se passe, c'est que par contre, on a un faux semblant.
Le faux semblant, c'est que le gouvernement a dit « je ne ferai pas de 49-3 cette fois-ci, contrairement au gouvernement précédent que je vous décrivais tout à l'heure, et donc c'est l'Assemblée qui va pouvoir décider. Mais en réalité, il sait qu'il a suffisamment de possibilités avec lui pour que, à la fin, ça soit le texte qu'il a voulu ou en tout cas le texte qu'il accepte. Encore une fois, je le disais tout à l'heure, ça donne le sentiment que vous débattez pour du beurre ?
Ça donne le sentiment qu'on a un gouvernement minoritaire, qui impose un programme minoritaire, et que la Ve République, que ce soit à travers ces ordonnances incroyables, qui permettent à un gouvernement d'imposer des ordonnances sans qu'il y ait de vote, ou en jouant, en essayant de jouer et de compter sur le Parti Socialiste depuis maintenant un an pour lui permettre d'avancer, va en réalité, faire comme s'il y avait un débat démocratique, comme si nous étions décisionnaires, mais à la fin du fin espérer passer son texte. Donc là il y a vraiment un problème démocratique qui se fait. Deux points très concrets parce que ce sera au menu des discussions mercredi puisque vous reprenez mercredi le le débat, l'un sur les retraites, l'autre sur les ruptures conventionnelles.
Les retraites, la suspension de la réforme des retraites. Pour le coup, là-dessus, vous pouvez vous dire que le gouvernement a joué le jeu puisqu'il a avancé cette discussion à mercredi pour être sûr que vous puissiez discuter, voter de cette question-là. Est-ce que c'est acquis au moment où on se parle que la suspension de la réforme des retraites passe ?
Non, parce que ce n'est pas une suspension, excusez-moi justement. Le président de la République lui-même a révélé le poteau rose. C'est un décalage de trois mois seulement.
C'est ça qui est proposé. Et en échange de ce décalage, on demande aux députés, en réalité, ça serait une première, de voter la réforme elle-même. Parce que dans l'amendement, il y a le fait que la réforme va continuer après.
Donc ça veut dire que les députés sont appelés à voter un simple décalage de trois mois. Et en même temps, la réforme qui, pour l'instant, n'a jamais été votée à l'Assemblée. Et pour cause, parce que l'Assemblée était majoritairement opposée.
Donc c'est un jeu de dupe. C'est une arnaque. Et effectivement, vous avez raison de dire qu'ils ont réservé cet article puisque c'est la caution qu'on donne au Parti Socialiste pour qu'il vote le projet de voter en Europe.
Mais vous la voterez quand même, Éric Coffrelle ? Non, on ne va pas la voter. Vous voterez contre la suspension de la réforme de Rotary ?
On a voté contre, mais ce n'était pas la suspension. Ne reprenez pas les termes qui sont ceux. Ce n'est pas la suspension.
Même trois mois, pour ceux qui vont gagner trois mois...
Comme les syndicales demandent d'ailleurs, il y a eu une réunion à la CNAM, CGT, CFTC, CGC, FO, on dit qu'ils étaient opposés à cette mesure. Pourquoi ? Parce qu'ils ne sont pas fous.
Ils savent qu'en échange d'un simple décalage de trois mois, les gens seront appelés à partir trois mois plus tard. Et d'ailleurs, il est même possible, ça a été supprimé à l'Assemblée, mais il est même possible qu'au Sénat revienne le moyen de financer ces trois mois qui serait de le faire payer sur les pensions des retraités. C'est-à-dire que les retraités paieraient en réalité par moins de pensions ce décalage de trois Il n'en est pas question.
Ben oui, il n'en est pas question. Et nous on va suivre ce que disent les syndicats. Il faut quand même bien trouver les sous quelque part.
Attendez, je vais revenir. Nous, nous ne sommes pas pour un décalage, nous ne sommes pas pour une suspension, nous sommes pour une une abrogation de la réforme des retraites. Nous disons qu'il y a des moyens, ça c'est un autre débat après, de financer ce retour à l'âge de la retraite à 62 ans par une légère augmentation des cotisations, par exemple le fait de faire cotiser les revenus du capital comme les dividendes, on trouve assez facilement plusieurs dizaines de milliards.
Donc comment on se parle ? Vous l'affirmez, vous voterez contre...
Ah bien sûr, mais comme ça a été fait en commission d'ailleurs je vous rappelle, où on a voté contre avec le parti communiste et avec les écologistes. Les ruptures conventionnelles sont dans le viseur, notamment justement de l'UNEDIC parce que 19 % de plus de ruptures conventionnelles depuis 5 ans parce que ça coûte 9 milliards. Les ruptures conventionnelles, maintenant tout le monde a bien compris, c'est ni la démission, ni le licenciement.
C'est une sorte d'accord ensemble à l'amiable pour s'arrêter. Mais ça donne droit au chômage derrière et ça coûte donc très cher à l'UNEDIC. Est-ce qu'il faut y mettre fin ?
En tout cas, il ne faut pas le faire payer sur le dos des salariés, parce que c'est ce que j'ai lu là ce matin, c'est que c'est ça qui va être sur la table. On a créé les ruptures conventionnelles pour permettre plus facilement des licenciements. C'est ça l'histoire.
C'est-à-dire pour arriver à s'entendre et au lieu que ça passe soit par des plans sociaux, que ce soit sa place éventuellement d'aller devant le tribunal. On licencie plus facilement les salariés. D'accord, Alpodum.
Vous avez raison, je C'est ce que vous cherchez, je pense Merci beaucoup Donc on a fait cette situation Et là maintenant, on veut revenir Mais au détriment des salariés Ce n'est pas acceptable Soit on revient sur les ruptures conventionnelles Parce qu'on estime que c'est un mauvais système Et dans ces cas-là, ils font revenir au licenciement économique avec toutes les garanties pour les salariés qui sont derrière, et il y en a de nombreuses, mais il est hors de question de revenir sur ce qui serait des jours de carence, moins d'indemnité, etc. Donc ça, ce qui fait payer sur les salariés, les Et les raisons du licenciement, c'est non. Les primes de Noël qui étaient annoncées comme potentiellement supprimées pour les célibataires sans enfants.
Finalement, le ministre du Travail a l'air de dire qu'il serait prêt à renoncer à ce renoncement. C'était du bluff ? Non, je ne crois pas que c'était du bluff.
On lance quelque chose puis on regarde comment on réagit. C'est peut-être aussi des leurres pour montrer qu'on négocie. Il y en a eu de nombreuses dans le gouvernement.
Vous vous rappelez les deux jours où on faisait travailler mais tout ça montre surtout une stupidité parce que cette politique est stupide je parle pas du ministre de la politique cette politique est stupide pourquoi ? parce qu'elle vise à faire en sorte que le pouvoir d'achat des français baisse et figurez-vous le problème que nous avons ce pays c'est que la consommation intérieure depuis deux trois ans baisse or c'est le feu principal de l'activité économique tout ce que vous prenez sur le pouvoir d'achat des français après fait rejaillir en moins de croissance, en moins d'impôts, de recettes fiscales, de recettes de cotisation. Donc c'est une politique qui n'a pas de sens.
Vous retenterez de censurer ? Bien sûr. Alors nous, nous allons le faire, surtout si on voit qu'on approche vers les ordonnances, voilà.
Mais manifestement, j'ai cru comprendre que le Parti Socialiste, comme il l'a fait avec M. Bérou, comme il l'a fait lors de la censure, vote de confiance par rapport à M. Lecornu, comme il est en train de le faire vis-à-vis des recettes du projet de la psychologie sociale, comme il le fait aussi en permettant au gouvernement de gagner du temps, manifestement ne le fera pas, ou en tout cas ne le fera pas avant.
Ce qui montre que quand vous avez plusieurs points comme ça, ça fait une ligne. Et la question qu'on peut se poser aujourd'hui Oui, c'est est-ce que le Parti soliste fait partie ou pas du socle gouvernemental. Ou effectivement qu'il n'est plus dans l'opposition en tout cas.
Merci Eric Coquerel, président de la commission des finances et député LFI de Seine-Saint-Denis. Il est 8h48 sur RMC BFM TV. — Merci, Apolline.
Éric Coquerel