L'interview "Savoir comprendre" : David Le Bars - 15/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18FerméeÉludée
Est-ce que vous demandez qu'ils demandent la démission de Christophe Castaner ?
- 0:49OuverteRéponse directe
Que demandez-vous, les actes, justement ?
- 1:08RelanceRéponse partielle
C'est-à-dire que vous demandez le maintien de la technique dite de l'étranglement.
- 2:37RelanceRéponse partielle
Ça veut dire qu'on investit de l'argent là où il ne faut pas, dans la police ?
- 2:56FerméeRéponse directe
C'est-à-dire que vous doublonnez parfois ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Quand vous entendez violence, le mot violence, comment réagissez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24InvitéFait
« Non, moi je ne la demande pas parce que ce n'est pas le rôle d'un syndicaliste de demander la démission d'un ministre. »
- 1:43InvitéChiffre
« Quand l'État a de l'ambition et qu'il fait déménager ses agents secrets de la DGSI pour un plan de 1 milliard d'euros, pour 4 000 personnes, 1 milliard d'euros, c'est le budget global de toute la police nationale. »
- 2:43InvitéChiffre
« En France, Jean-Jacques Bourdin, on a deux forces de sécurité intérieure. On est 250 000 policiers et gendarmes. »
- 3:29InvitéFait
« Et ça, ce n'est pas de l'argent, c'est de la volonté politique. »
- 4:52InvitéFait
« Les policiers n'y échappent pas. »
- 5:15InvitéFait
« Moi, je ne ferme pas les yeux. Ça fait depuis au moins deux ans, si ce n'est plus, qu'on assiste à une poussée forte de l'extrême-gauche et de cette déstabilisation de la police nationale. »
Temps de parole
- Invité81 %
- Présentateur19 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. David Lebars, c'est là, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous avez suivi l'intervention du président de la République hier soir. J'ai vu les réactions de nombreux syndicats de policiers. Est-ce que vous demandez qu'ils demandent la démission de Christophe Castaner ? Est-ce que vous demandez la démission de Christophe Castaner ?
Non, moi je ne la demande pas parce que ce n'est pas le rôle d'un syndicaliste de demander la démission d'un ministre. Le rôle d'un syndicaliste, c'est de défendre les policiers et la police nationale. Et je reviendrai sur les propos d'Emmanuel Macron. On attendait des propos forts, il les a tenus. Il a parlé du soutien de la puissance publique. Il y a même sans doute un message subliminal, mais c'est Emmanuel Macron qui décidera du sort de son ministre. Et puis il a parlé aussi de la reconnaissance de la nation. Une fois que ces mots ont été prononcés, ce qu'on attend maintenant, c'est des actes. Il faut aller au bas des discours.
Alors que demandez-vous, les actes, justement, David Lebars ? Que demandez-vous ? Ça a été clair devant le ministre. Il faut que chaque organisation syndicale se rappelle ce qu'elle a demandé. Nous, ce qu'on a demandé au ministre, et c'est très clair, c'est de revenir sur ses propos. Il l'a fait. C'est de nous maintenir les techniques d'interpellation. Ça a été plus compliqué. Il est allé sur un terrain dangereux. C'est celui de la technique. Et on ne peut pas se substituer aux techniques.
C'est-à-dire que vous demandez le maintien de la technique dite de l'étranglement.
Ça m'est gêne un peu le mot. Ça porte très mal son nom. Oui, oui. Les compatriotes doivent comprendre qu'on n'étrangle pas. Vous savez, j'ai une petite anecdote. Ça fait 25 ans que mes filles me demandent si j'ai déjà tué quelqu'un. La réponse est non. Par contre, on a sauvé beaucoup de personnes dans une carrière de policier. On est plus secouriste qu'assassin. Ça paraît évident. Mais il faut être obligé de se justifier là-dessus. C'est dit. Ce qu'on a demandé au ministre, et je lui ai dit, si ce n'est pas vous, ça doit être votre successeur. Et c'est ce qu'Emmanuel Macron doit nous garantir. C'est la mise en œuvre des grands chantiers. Qui on voit dans la rue le soir ?
C'est les policiers du quotidien. C'est le policier de voie publique. Et c'est celui qui est maltraité. Je vais vous donner un chiffre. Quand l'État a de l'ambition et qu'il fait déménager ses agents secrets de la DGSI pour un plan de 1 milliard d'euros, pour 4 000 personnes, 1 milliard d'euros, c'est le budget global de toute la police nationale. Donc il y a un moment. Les moyens, il faut les mettre. Si on veut une police républicaine qui puisse être à la fois efficace et sur laquelle on puisse être exigeant.
Vous tombez bien parce que Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics et de l'action, est avec moi tout à l'heure. Donc je vais lui poser la question. Des moyens pour la police. Déjà que l'État n'a pas beaucoup d'argent, n'a même pas d'argent du tout avec la crise économique. Ça va être difficile à dégager les moyens.
Les moyens, vous savez, Jean-Jacques Bourdin, si je peux me permettre, ça fait un an qu'on travaille avec le ministre et qu'on lui a dit qu'on avait beaucoup de choses à faire en interne et qu'on pouvait déjà énormément répartir, réorganiser et nous réformer. Et c'est l'argent qui viendra ensuite compléter là où on a besoin. Les policiers de sécurité publique ont besoin d'argent mais ce ne sont pas des investissements massifs. Ils ont accepté de nous mettre...
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on investit de l'argent là où il ne faut pas, dans la police ?
Mais c'est la réalité et c'est ce que je dénonce. C'est-à-dire où ? En France, Jean-Jacques Bourdin, on a deux forces de sécurité intérieure. On est 250 000 policiers et gendarmes. Moi, je le dis sur ce plateau, sans aucune gêne. On a une question de réorganisation, de doublons et de capacité à libérer de l'énergie humaine au sein des forces de l'ordre pour gagner de l'efficacité. C'est-à-dire que vous doublonnez parfois ? Bien sûr, c'est une réalité. Entre policiers et gendarmes ? Mais oui, c'est une réalité. On double l'action de nombreux métiers. Allez-y, parce que les auditeurs ne savent pas le citoyen. On double géographiquement sur des zones où il faut revoir l'organisation.
Vous avez des villes aujourd'hui qui ont grandi ou sont en concurrence, même si nos forces de sécurité intérieure appellent ça parfois autrement au niveau de la hiérarchie. On a des zones où il y a policiers et gendarmes, où il faut faire le clair. On a des endroits où il y a concurrence d'unités spécialisées, équestres. On a deux unités équestres, une au sein de la police et une au sein de la gendarmerie. On a pareil chez les motards, on a pareil sur les forces d'intervention. On a beaucoup de choses à revoir pour s'améliorer en interne. Et ça, ce n'est pas de l'argent, c'est de la volonté politique. Restructurée. Restructurée, réorganisée.
Et je vous le dis, ça fait 30 ans sans doute que la classe politique est courageuse dans son idée de faire une vraie police. Mais le vrai courage, c'est de mettre l'accent sur le policier du quotidien pour arrêter de passer de la police au Karcher ou de la police de proximité. La police, c'est les deux. C'est un pilier répressif, un pilier préventif. Et cette police-là, la classe politique ne l'a toujours pas mise en place parce que c'est le policier du quotidien qui est négligé. C'est celui que vous voyez dans la rue, le soir, en train de manifester.
David Lebarce, restez avec nous. J'ai plein d'autres questions. Il est déjà à 7h43. Vous êtes sur RMC. Vous voulez interroger, David Lebarce. Complétez, vous êtes policier peut-être. Allez-y, 3216 ou gendarmes. 3216, rmc.fr. C'est notre lien tout de suite. David Lebarce est avec nous, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale. Vous représentez les commissaires, David Lebarce. Vous nous parliez des violences. Alors, des violences, des violences supposées de la police, de la gendarmerie, c'est violences. Quand vous entendez violence, le mot violence, violence policière, comment réagissez-vous ?
Pas bien, mais avec du recul. Cette expression-là, elle sous-entend politiquement que les violences de la police sont illégitimes. Donc, il faut parler de violences illégitimes. Il y a des violences illégitimes dans la société. Les policiers n'y échappent pas. Même sujet que le racisme. Il faut arrêter ce concept de violence policière. Comme je l'ai dit récemment, l'ennemi dans la République, c'est celui qui transgresse. Ce n'est pas le policier le danger. La volonté est politique pour vous, c'est clair. Bien sûr, mais je l'ai dit ailleurs. La volonté, elle est politique, elle est organisée. Il y a une volonté d'affaiblir la police nationale.
Et ceux qui ont cette volonté-là, ont une volonté d'affaiblir la République. Il y a des intentions politiques derrière ça. De l'extrême-gauche ? Mais oui, de l'extrême-gauche. Moi, je ne ferme pas les yeux. Ça fait depuis au moins deux ans, si ce n'est plus, qu'on assiste à une poussée forte de l'extrême-gauche et de cette déstabilisation de la police nationale. Pourquoi l'extrême-gauche qui veut mobiliser, par exemple, la banlieue ?
À travers l'affaire Adama Traoré ?
Il y a eu un concours de calendrier qui fait que c'est monté en puissance ces derniers temps. Mais on a bien vu certaines sorties médiatiques avec une starlette de la chanson qui est allée clairement sur le terrain des policiers qui assassinent les jeunes dans les banlieues. Ce qui est complètement improbable. Et ça a mis le feu dans le débat public. Et malheureusement, il y a eu l'affaire épouvantable de l'affaire Floyd que certains ont transposée de façon politique et très intelligente en ce qui concerne leur schéma, avec l'affaire Adama Traoré, sans aucune connaissance du fond du dossier.
Fort heureusement, il y a encore le secret d'instruction dans ce pays, même si elle est un peu longue.
Mais la volonté, c'est de mobiliser l'électorat de banlieue, David Lebarc.
En tout cas, ce que je vois, moi, c'est que... C'est ce que vous pensez. ...mélange entre certains de la classe politique, du côté de l'extrême-gauche, avec les jeunes de banlieue, quelles que soient d'ailleurs leurs intentions, ils ont le droit de manifester, ils ont le droit d'avoir des opinions, des idées. Mais je vois cet amalgame sur certaines affaires et cette cible qui est toujours la police ou la gendarmerie. Ce jeu-là, avec les responsables politiques concernés, est très dangereux par rapport au fait qu'on doit vivre en sécurité et en liberté dans ce pays. Et les menaces qui vont avec, pour vous, par exemple ? Mais bien sûr, on est dans un contexte malsain de menaces et de...
Vous êtes menacé. Non, je ne suis pas là pour me plaindre sur votre plateau. Je vois bien qu'il y a un climat mal court.
Je vous dis ça, vous êtes menacé, parce que vous avez vu ce qui s'est passé en région lyonnaise. Un policier qui était avec son ami, qui est rentré, il était en civil, et il a été agressé, il est reconnu et agressé. Et il est à l'hôpital.
Oui, alors j'ai... C'était hier soir, je crois, ou avant-hier. Je lui apporte tout mon soutien. Je reste toujours très prudent, parce que l'enquête débute et on ne sait jamais aussi ce qui peut en sortir. Mais bien sûr, selon les faits, effectivement, il aura été agressé sur sa qualité de policier en étant reconnu alors qu'il n'était pas en service. Il a été tabassé alors qu'il rentrait avec son épouse. Et si ses faits sont avérés, on est dans la conséquence de ce qu'on vient de dire juste avant, cette haine qui se répand. Et surtout, le fait qu'il n'y a plus de tabou, on va s'en prendre à un flic ou à un gendarme parce qu'il est flic ou gendarme. Et ça, c'est totalement inacceptable.
David Lebars, est-ce que vous êtes favorable aux statistiques ethniques ? Moi, je suis favorable au fait de tout sortir sur la place publique parce qu'on n'a rien à se reprocher. Quand on me demande si je suis favorable à ouvrir l'IGPN, s'il faut le faire, faisons-le. Mettons un comité d'experts pour observer l'activité administrative. Indépendant ? Non, pas indépendant, parce que je réponds à ça, que l'IGPN, elle enquête toujours sous le contrôle de la justice. Un enquêteur de la police qui est à l'IGPN, il ne travaille pas tout seul, c'est un magistrat qui pilote les enquêtes. En revanche, sur l'action de l'IGPN, sur le volet administratif, il n'y a rien à cacher.
On a une inspection qui fait son travail. Moi, je renvoie toujours aux autres métiers. Est-ce que les magistrats, est-ce que les avocats, est-ce que ces métiers-là ont le même niveau de contrôle, d'exigence et de sanction de leur propre personnel ? On n'a pas à rougir. Je renvoie le sujet. Chaque métier a son inspection. La nôtre fonctionne. Ceux qui essayent de décrit de viser l'IGPN font la même chose que ceux qui essayent d'affaiblir la police nationale. Et les statistiques ethniques, vous y êtes favorable ou pas ? J'y suis favorable sur les attaques qu'on subit en ce moment où la police ne contrôle que les Noirs ou les Arabes. Cet attaque-là est insupportable.
Moi, j'ai répondu à une personne il n'y a pas longtemps qu'il faut regarder le prisme différemment. Quand il y a contrôle systématique, c'est le groupe qui pose question, qui fait qu'il est contrôlé systématiquement. On ne contrôle pas pour la couleur de peau quand on est policier. On contrôle par rapport à ceux qui créent des nuisances et des délits. Et à la demande des citoyens, des élus et des associations qui parfois nous surcommandent sur des activités qui sont finalement peut-être un sujet important. c'est peut-être celui du continuum de sécurité. La police est toujours vue comme étant l'institution méchante et qui réprime, y compris dans le bas du spectre.
Il va peut-être falloir aussi se poser la question de nos missions et de savoir si on est dans le régalien ou si on est peut-être sur la sphère du champ autre.