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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 25 septembre 2025 25 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheInstitutions & élections

Syndicats, patronat : Lecornu face à l’impasse sociale

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Il a raté son coup, Sébastien Lecornu ?

  • 1:56OuverteRéponse partielle

    Selon vous, s'il continue à ne rien dire lors de ses rencontres, c'est de la prudence ou c'est qu'il n'arrive pas à le trouver, ce chemin ?

  • 2:38OuverteRéponse partielle

    Il peut rester encore longtemps sans dévoiler sa feuille de route, Sébastien Lecornu ?

  • 5:06OuverteRéponse partielle

    Il a dit hier au syndicat qu'il était le premier ministre le plus faible de la Ve République. Est-ce que c'est politiquement judicieux de dire ça ?

  • 7:12OuverteRéponse partielle

    Marie-Lise, parmi les personnes reçues par Sébastien Lecornu hier, il y avait Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. Et parmi les demandes des syndicats, il y a plus de justice fiscale.

  • 8:09OuverteRéponse partielle

    Est-ce que Sébastien Lecornu va devoir céder et avec lui, il est à l'air ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22InvitéFait
    « les syndicats qui, à l'issue de la rencontre, ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre. »
  • 1:02InvitéFait
    « il a dit que c'était la méthode, qu'il fallait d'abord trouver un accord budgétaire et ensuite une équipe gouvernementale »
  • 1:20InvitéFait
    « puisque vous me donnez un ultimatum, moi, je vous renvoie aussi un ultimatum, je vous pose des questions. »
  • 2:02InvitéFait
    « D'abord, il n'y a pas grand-chose dans sa besace, pour l'instant. »
  • 2:42InvitéFait
    « il devrait déposer un budget avant le 13 octobre. »
  • 3:22InvitéFait
    « quel est l'objectif de Sébastien Lecornu aujourd'hui ? C'est de dire, je suis un président du Conseil. »
  • 4:31InvitéFait
    « François Bayrou et Michel Barnier, ils tenaient sur quoi ? Sur deux roues de secours, le RN et le PS. »
  • 5:06PrésentateurFait
    « Il a dit hier au syndicat qu'il était le premier ministre le plus faible de la Ve République. »
  • 7:21PrésentateurFait
    « parmi les demandes des syndicats, il y a plus de justice fiscale. »
  • 7:37Locuteur non identifiéFait
    « le principe, il n'est pas opposé au fait de résoudre une anomalie totale. »
  • 7:45Locuteur non identifiéFait
    « une infirmière paye plus d'impôts proportionnellement qu'un milliardaire. »
  • 12:20AuditeurFait
    « Dès 2016, lorsque nous avons été élus avec Laurent Wauquiez, nous avons fait de la sécurité un totem très important. »
  • 12:59AuditeurChiffre
    « c'est plus de 100 millions d'euros, 102 millions, qui ont été consacrés pour pouvoir répondre de cet objectif de sécurité. »
  • 14:01AuditeurFait
    « J'aimerais que l'État aille plus loin, parce que nous pouvons, effectivement, aller plus loin. »
  • 14:12AuditeurFait
    « J'ai fait adopter un rapport en Assemblée plénière de juin dernier pour que nous allions désormais sur des scanners millimétriques. »

Temps de parole

  • Invité32 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur15 %
  • Auditeur14 %
  • Auditeur 29 %
  • Présentateur 23 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et d'abord, on va commencer, on l'a vu, par cette rencontre entre Sébastien Lecornu, le Premier ministre, et les syndicats hier matin, les syndicats qui, à l'issue de la rencontre, ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre. Il a raté son coup, Sébastien Lecornu ?

0:27
Invité

Non, raté, ce n'est pas exactement le terme. Il a montré, effectivement, que le séquençage d'une méthode extrêmement prudente peut aussi commencer à se retourner contre lui. De ce point de vue-là, on est dans aussi une méthodologie, on va sûrement en parler, totalement inédite, en réalité, puisque jusqu'à présent, on passait notre temps aussi à être dans l'impatience de la formation d'un gouvernement, à pointer tel ou tel retard, ou tel président qui procrastine pour nommer une équipe.

Mais là, étant donné qu'il a dit que c'était la méthode, qu'il fallait d'abord trouver un accord budgétaire et ensuite une équipe gouvernementale, la formation de gouvernement est totalement sortie de la chronique. On n'en parle pratiquement pas. Donc, il reste, effectivement, la capacité de Sébastien Lecornu à pouvoir trouver ce chemin. Il a joué de manière assez fine en disant, puisque vous me donnez un ultimatum, moi, je vous renvoie aussi un ultimatum, je vous pose des questions. Vous avez aussi intérêt à m'avoir donné des propositions pour montrer à quel point vous êtes capables de pouvoir contribuer à l'amélioration de la situation.

C'est une manière aussi de gagner du temps, parce qu'effectivement, pour l'instant, d'après ce que l'on comprend, il n'y a pas de chemin. Et une fois de plus, on est encore dans l'équation impossible. Donc, les syndicats qui continuent à expliquer qu'ils sont en train de mettre le pays en état de mobilisation effervescente, ce qui n'est pas une réalité, pour leur travail.

1:56
Présentateur

Mais là, selon vous, Michael, s'il continue à ne rien dire lors de ses rencontres, c'est de la prudence ou c'est qu'il n'arrive pas à le trouver, ce chemin ?

2:02
Invité

D'abord, il n'y a pas grand-chose dans sa besace, pour l'instant. Le chemin, il est très, très compliqué à construire. Et comme il sait parfaitement qu'il a une pression supplémentaire, il est le dernier station avant la fin. Donc, quelque part, il est obligé d'avoir un résultat. Il a une pression supplémentaire. Ses prédécesseurs étaient dans une gestion de crise. Donc, quelque part, le panache même d'un bricolage pouvait aussi faire office. Mais là, ce n'est plus possible de bricoler. Il va falloir trouver quelque chose. Sinon, on part encore dans une étape supplémentaire vers l'inconnu.

2:38
Présentateur

Il peut rester encore longtemps sans dévoiler sa feuille de route, Sébastien Lecornu ?

2:42
Invité

Non, pour une raison simple, c'est qu'à terme, il devrait déposer un budget avant le 13 octobre. Si on veut respecter les délais constitutionnels, etc., les 70 jours avant le 31 décembre, a priori, le 13 octobre est un peu la deadline. Déjà, la date normale, elle devrait être le 7 octobre. Donc, vous voyez qu'on prend un peu de retard. Et puis, par ailleurs, il faut que le texte soit soumis au Conseil d'État, a priori, demain. Donc, certes, ce ne sera pas le texte définitif. Certes, il sera toujours ensuite temps de l'amender, de rentrer dans une discussion parlementaire. Tant que vous n'avez pas dit 49 à lignée à 3 devant l'Assemblée nationale, il y a toujours la possibilité de négocier.

Néanmoins, forcément, le dépôt du budget va éclaircir les lignes. Et je suis assez d'accord avec ce qui a été dit. C'est-à-dire que, quel est l'objectif de Sébastien Lecornu aujourd'hui ? C'est de dire, je suis un président du Conseil. Un président du Conseil de la Quatrième République, ça ne prend pas l'opinion à témoins, comme le fire Naguère, François Bayrou et Michel Barnier. Ça dit, je vais négocier avec les groupes politiques. Je vais essayer d'avoir un compromis global. Et ce compromis global, une fois qu'il aura été fait, eh bien, je l'annoncerai. Et donc, c'est plutôt intelligent.

Parce que si vous commencez à lancer des annonces de ci, de là, vous brisez votre socle commun, parce qu'il y en a qui seront d'accord, d'autres qui ne le seront pas. Les socialistes, vous aurez une opposition interne qui diront non, on signe pas. Et vous aurez la direction qui dira, on signe peut-être, mais comme elle aura une opposition, elle ne pourra pas y aller. Donc, plus vous parlez, plus vous risquez de sortir de l'ambiguïté à votre détriment. Le problème, c'est que cette méthode-là, si ça dure quelques semaines, c'est plutôt bien. Mais en revanche, là, on s'approche de la deadline et ça devient le symbole d'une faiblesse.

Ça devient le symbole d'un Premier ministre qui n'arrive pas à construire un consensus minimum et qui donc en est cantonné à avoir des annonces extrêmement floues, à continuer à donner le sentiment qu'il négocie, mais sans pouvoir déboucher sur quoi que ce soit. Donc, en effet, le chemin, il est très compliqué. Et pour terminer, par rapport à ce qui a été dit, dans lequel j'abonde, mais par rapport à François Bayrou et à Michel Barnier, il y a une vraie difficulté supplémentaire. François Bayrou et Michel Barnier, ils tenaient sur quoi ? Sur deux roues de secours, le RN et le PS. Les deux n'avaient pas intérêt à une dissolution. Aujourd'hui, le RN est clairement favorable à une dissolution.

Il pense obtenir une majorité. Et le PS n'en a plus peur. Parce que quand vous prenez les enquêtes, le PS se dit qu'aujourd'hui, une dissolution pourrait peut-être faire ses affaires. Et donc, c'est beaucoup plus compliqué de négocier avec ces groupes politiques qui aujourd'hui disent, écoutez, si vous voulez qu'on aille à la dissolution, on y va, que n'a guère pour les anciens premiers ministres. Et cette situation fait que si vous n'avez pas intérêt à faire un cadeau, de cadeau à un gouvernement minoritaire, ce gouvernement, il est mal emmanché.

5:06
Présentateur

Il a dit hier au syndicat qu'il était le premier ministre le plus faible de la Ve République. Est-ce que c'est politiquement judicieux de dire ça ?

5:13
Invité

Alors, ça, c'est le côté mattois et roué de Sébastien Lecornu, qui, quelque part, même dans sa gestion corporelle, se montre comme étant un peu, voilà, vous savez, un peu toucher ma bosse, mon seigneur. Mais en réalité, il veut montrer qu'en réalité, il ne l'est pas. En tout cas, il veut le montrer au syndicat. Donc, c'est le jeu, je dirais, la liturgie avec les partenaires sociaux. Moi, ce qui me frappe aussi, c'est que le temps qui est mis et, je dirais, l'attention aussi de l'ensemble du système politique et médiatique sur ces rencontres-là qui, en réalité, n'ont pas aujourd'hui leur utilité. Parce que lui et son sujet, ce n'est pas les syndicats qui vont le censurer ou pas.

Ce sont les groupes parlementaires. Donc, c'est avec les partis, les groupes parlementaires qu'il doit trouver un accord. Donc, on a eu une scénographie sociale.

6:05
Présentateur

Et pourtant, il a reçu les syndicats avant de recevoir l'opposition.

6:07
Invité

Oui, parce que, justement, il sait, et c'est sa manière, pour le coup, sans le dire, de prendre l'opinion à témoin, de prendre ceux qui mobilisent les Français et dont il savait pertinemment de toute façon qu'ils annonceraient une nouvelle journée de mobilisation. Et on verra ce qu'elle donnera. Mais de ce point de vue-là, il a consacré un peu de temps, on va dire, à l'opinion, à la démocratie sociale. Parce qu'une fois de plus, il doit aussi, de manière subliminale, faire aussi le droit d'inventaire du président Macron. En réalité, on l'a dit, c'est un proche paradoxal. Il est très, très éloigné, en réalité, de la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron.

Et donc, il veut à chaque fois montrer que, lui, il considère des corps intermédiaires qui ont été systématiquement écartés depuis 2017, en tout cas régulièrement écartés. Et c'est vrai que, Benjamin le disait, on ne sait pas encore vers quoi on peut aller. Ça peut se terminer si jamais les deadlines ne sont pas respectés. Mais la présence Macron aura été la présidence de l'inédit. Tout ce qui se sera passé, on ne l'aura jamais vu. Donc, quelque part, on peut encore s'attendre à des choses qu'on n'a jamais vues.

7:12
Présentateur

Marie-Lise, parmi les personnes, évidemment, reçues par Sébastien Lecornu, hier, il y avait Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT. Et parmi les demandes des syndicats, il y a plus de justice fiscale. On va écouter ce qu'elle en disait hier soir. C'était sur France 2. Est-ce qu'on ne peut pas faire une réunion sans entendre parler de l'attaque Zuckmann ? On ne peut pas allumer un écran, ni écouter une radio sans qu'on parle de l'attaque Zuckmann ? Il répond que le principe, il n'est pas opposé au fait de résoudre une anomalie totale. L'anomalie totale, c'est qu'aujourd'hui, une infirmière paye plus d'impôts proportionnellement qu'un milliardaire.

Ça, c'est une situation inacceptable actuelle. Donc, sur le principe, il est plutôt ouvert. Après, la question, ça va être les modalités. Et pour la CFDT, une taxe qui permet de répondre à cet enjeu-là, qu'elle s'appelle Zuckmann ou qu'elle porte un autre nom, ce n'est pas le sujet. La taxation des plus riches demande principale des syndicats, mais aussi de l'opposition. Est-ce que Sébastien Lecornu va devoir céder et avec lui, il est à l'air ?

8:13
Invité

Alors, oui, il va falloir qu'il y ait quelque chose. La taxe Zuckmann, peut-être pas. Mais il va falloir qu'il y ait quelque chose pour une raison simple. C'est qu'encore une fois, il faut avoir le Parti Socialiste dans la barque pour que ça tienne. Le RN, c'est fichu. Donc, ce faisant, ce que dit Maryse Léon ici est très important parce qu'au fond, quelle est la stratégie de Sébastien Lecornu vis-à-vis des syndicats ? Ce n'est pas d'embarquer la CFDT, ça n'arrivera pas. C'est d'arriver à détacher la CFDT de la CGT avec l'idée que, in fine, si la CFDT deal sur quelque chose, les socialistes auront beaucoup, beaucoup plus de mal à censurer.

Il y a une double stratégie aujourd'hui pour Sébastien Lecornu pour détacher les socialistes. Stratégie CFDT et stratégie maire et décentralisation. Il s'agit de dire aux maires, attention des législatives pendant les élections municipales, ce sera dramatique pour vous, c'est probablement vrai. On vous donne un acte de décentralisation, on ne sait pas trop ce qu'il y a dedans, mais malgré tout, ça donne des éléments et ensuite, statut de l'élu. Donc, il s'agit de jouer la base des élus locaux contre la direction et de jouer la CFDT contre, là aussi, le groupe politique socialiste. Ce n'est pas idiot. Ce que dit Marie-Lise Léon ici, c'est que la taxe Zuckman, pourquoi pas ?

Mais si c'est autre chose, qui par exemple exonérerait le patrimoine qui est le patrimoine, les actions des entreprises, à ce moment-là, pourquoi pas ? On pourrait avoir une avancée. Donc, c'est malgré tout une ouverture. Ça, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour Sébastien Lecornu, parce que la taxe Zuckman est allergisante pour LR, elle est allergisante pour le patronat, elle pose des difficultés juridiques potentiellement constitutionnelles. Et donc, en la matière, trouver une forme de voie de sortie serait une bonne chose pour lui.

9:47
Présentateur

On va recevoir Gérard Larcher dans quelques instants. Il est opposé à la taxe Zuckman. Mais néanmoins, est-ce que les Républicains vont devoir faire des concessions sur une forme de taxation des plus riches ?

9:54
Invité

– Alors là, ça va être intéressant aussi, l'attitude des Républicains, parce que là aussi, ils ont changé. Ils conditionnent leur participation à un gouvernement maintenant à un accord de gouvernement, et non pas une démarche sacrificielle, patriotique, pour pouvoir empêcher que la gauche ne dirige le pays. Donc, là aussi, ça va être… et d'ailleurs, on entend les musiques, ils ont des exigences beaucoup plus fermes de ce point de vue-là. Et ça, je dirais, ça condamne… En tout cas, ça accule Sébastien Lecornu à uniquement deux méthodes. Soit il fait du cabotage et du bricolage, et il arrive comme ça à avoir un petit…

un accord qui lui permette de continuer à vivre, mais sans aucune possibilité de pouvoir poser des politiques publiques qui, de toute façon, dépasseront, reprendront du temps. Et de toute façon, le quinquennat est terminé, bientôt. Soit il fait une rupture, comme il a dit, parce que ce qu'on attend aussi, c'est quel contenu va-t-il donner à cette déclaration de rupture sur le fond ? Et donc, il est vraiment sous pression et on peut comprendre qu'il soit encore plus prudent que d'habitude, ce qui, pour Sébastien Lecornu, veut dire beaucoup.

10:59
Présentateur

– Allez, parmi les sujets de l'actualité, c'est cette enseignante qui a été agressée hier au couteau par un élève de 14 ans. C'est dans le Bas-Rhin. Ça relance de nouveau le débat sur la sécurité dans les établissements scolaires. Avant d'être en ligne avec le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, on va écouter ce qu'en a dit hier la ministre démissionnaire de l'Éducation nationale, Elisabeth Bornell, s'est rendue sur place.

11:22
Locuteur non identifié

– Je veux le dire très clairement, la violence n'a pas sa place à l'école. L'école doit rester un sanctuaire. Et vous savez que moi, je suis mobilisée, que nous agissons sur tous les plans. D'abord, pour lutter contre la présence, la circulation des armes blanches qui ne doivent pas entrer dans nos établissements.

11:40
Présentateur

– Et pour en parler, nous sommes avec Fabrice Pancouc. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette nouvelle agression, on l'entend, Fabrice Pancouc, elle pose de nouveau la question de la sécurité dans les établissements scolaires. Les régions qui gèrent les lycées, qu'est-ce que vous, vous avez mis en place ? Comment vous faites pour lutter contre cette violence dans les établissements scolaires ?

12:03
Auditeur

– Bonjour, je voudrais d'abord avoir une pensée pour cette enseignante de musique qui a été agressée hier. Et puis, saluer l'engagement de toute la communauté des enseignants et des personnels dans les établissements dont on voit qu'ils doivent faire face à ces difficultés et font preuve d'un véritable engagement. Dès 2016, lorsque nous avons été élus avec Laurent Wauquiez, nous avons fait de la sécurité un totem très important. Et à l'évidence, au regard de nos champs de compétences, les lycées ont été directement visés avec cette volonté d'en faire des sanctuaires.

C'est pourquoi nous avons déployé plusieurs actions, à la fois de la vidéoprotection, mais aussi des portiques, comme on les voit actuellement à l'écran, des badges et des équipes mobiles, qui sont donc des personnes qui accompagnent ces entrées dans les établissements. C'est un engagement très fort, puisqu'en réalité, depuis 2016, visée sur les un peu plus de 500 établissements publics privés que nous avons sur notre région, c'est plus de 100 millions d'euros, 102 millions, qui ont été consacrés pour pouvoir répondre de cet objectif de sécurité. En 2017, il faut se souvenir que nous avons été très contestés.

Toute la gauche s'est unie pour dénoncer la manière avec laquelle nous mettions en œuvre. Mme Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'Éducation nationale, n'a pas raté une occasion de dénoncer cet engagement. Le constat qu'on fait aujourd'hui, c'est que c'était absolument nécessaire. Et d'ailleurs, nous avons un plébiscite des chefs d'établissement qui aujourd'hui salue la manière avec laquelle nous avons protégé ces établissements, mais qui, en plus, nous interpelle très vite dès lors qu'un équipement a besoin d'un entretien ou d'un complément. Donc, c'était un chemin absolument nécessaire si on veut pouvoir apporter une première brique de sécurité pour nos établissements.

13:48
Présentateur

– Mais vous entendez la ministre de l'Éducation nationale, Elisabeth Borne, elle dit que l'État agit, nous agissons, dit-elle. Vous le constatez, vous ?

13:57
Auditeur

– Moi, j'aimerais que l'État aille plus loin, parce que nous pouvons, effectivement, aller plus loin. J'ai fait adopter un rapport en Assemblée plénière de juin dernier pour que nous allions désormais sur des scanners millimétriques. Vous savez, c'est ce que nous avons dans les aéroports. Je pars du principe qu'un lycée doit être au moins aussi bien protégé qu'un aéroport. Et nous avons fait une démonstration à la rentrée de septembre, il y a quelques semaines, avec du scanner électromagnétique pour montrer que ça fonctionne, notamment en termes de flux continu, parce que nous pouvons, sans arrêter les personnes qui passent, permettre le passage de 3600 personnes heure.

Ça, aujourd'hui, ça n'est pas en place. Et donc, je fais une demande très claire à l'État, et ça fait maintenant depuis le mois de juin que cette demande est posée de manière très claire. Permettez-nous et accompagnez-nous d'aller plus loin par de la mise en place de scanners millimétriques qui permettent de contrôler tout ce qui passe aux entrées des établissements. De la même manière que je dis, allons plus loin sur la vidéo intelligente. Vous savez, cette vidéo algorithmique qui nous permet de faire matcher des images et lorsqu'on a des craintes, de pouvoir être accompagné de ces éléments que la technique permet aujourd'hui.

Enfin, il y a une troisième dimension qui est absolument majeure à mes yeux, c'est la question des stupéfiants. Parce que derrière les actes de violence, très souvent, pour ne pas dire toujours, il y a des sujets de stupéfiants derrière. Là aussi, j'ai fait des propositions très claires à l'État pour que nous puissions avoir des contrôles de stupéfiants. dans les lycées, puisque nous en avons la compétence. Il faut ici que l'État permette, que cela se mette en place. Je suis prêt à ce que nous accompagnons avec des moyens. Il faut évidemment que l'État soit aussi au rendez-vous des engagements et des investissements complémentaires qu'il convient de mettre en œuvre.

15:49
Présentateur

Merci beaucoup. Merci Fabrice Pencouc d'avoir été avec nous, président de la région Auvergne. Ronald Pémiquel, on entend le président de région. Alors, il y a la question évidemment de la violence dans les établissements scolaires, mais au-delà de ça, il y a aussi la question des relations entre région et État. On l'entend, il fait des demandes, elles ne sont pas suivies.

16:08
Invité

Oui, elles sont toujours très heurtées, toujours très difficiles, encore plus dans le contexte budgétaire, on le sait, dans lequel on se trouve. Et de ce point de vue-là, on voit bien qu'on est au cœur du problème des politiques publiques. Parce que vous avez des constats qui sont faits, je mets de côté totalement les options politiques des uns et des autres. Vous avez sur le terrain des constats qui sont faits par les acteurs de terrain, ceux qui sont vraiment au cœur des politiques publiques. Et puis vous avez un État qui vient et qui dit, l'État agit, l'État fait des choses, et qui prononce des phrases aussi définitives que la violence n'a pas sa place à l'école.

On s'en doutait un peu, mais on est content que la ministre de l'éducation puisse nous le confirmer. Donc de ce point de vue-là, on reste pantois. Parce qu'on voit qu'il y a des débats picrocolins encore sur faut-il ou pas des portiques. Alors qu'il y a un fait, il y a des faits, il y a une réalité. Et ce déni de réalité reste toujours absolument stupéfiant. – Oui, alors après vous avez un budget qui serait assez important si on devait équiper tous les lycées-collèges de portiques. Par ailleurs, il peut y avoir des questions de droit et liberté. Donc d'un point de vue légal, c'est toujours un petit peu compliqué.

Donc ça, vous avez des demandes qui peuvent être légitimes et que l'on retrouve dans un certain nombre de cas. Ensuite, vous avez la mise en place d'une politique publique au niveau national qui peut être fondamentalement problématique. Après, les régions quand même en matière de lycées, alors certes en articulation avec le département, souvent parce que c'est des collèges-lycées, des compétences qui sont relativement importantes pour aller vers un renforcement de la sécurité dans les établissements. Donc il y a une forme en la matière de compétences et de responsabilités partagées.

17:51
Présentateur

– Dans une dizaine de minutes, on recevra le président du Sénat, Gérard Larcher. Parmi les sujets abordés avec lui, l'état d'esprit des maires à six mois maintenant des municipales. Et on va aller dans la Manche où on retrouve Thierry Gervais. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire sans étiquette, de mots perdus sur maire. C'est une petite commune d'environ 200 habitants. À six mois de l'élection, après cinq ans et demi de mandat, monsieur le maire, quel est aujourd'hui, quel est ce matin votre état d'esprit ?

18:19
Auditeur

– Je suis un petit peu… voilà, six mois des élections, moi je commence à être un petit peu fatigué par rapport à plein de choses, par rapport au budget notamment. quand on voit les augmentations massives des assurances au niveau des prestations, comment dire… voilà des… ah là là, j'ai oublié mon mot, au niveau des aides qu'on ne peut plus obtenir, parce qu'on a demandé, on a eu des travaux à faire, on a eu des travaux à faire et l'ADETR nous a été refusé, voyez-vous.

Donc ça devient décourageant également de travailler et de se voir refuser des aides, sachant que les artisans, les entreprises, gonflent plus ou moins les devis, sachant que derrière il y a des subventions, qui sont souvent accordées, mais pour nous, dernièrement, ce n'était pas le cas. Donc de ce fait, voilà, on commence à être un petit peu exaspéré par rapport à tout ça.

19:15
Présentateur

– Exaspéré, on l'entend, si on comprend bien, par le manque de moyens. Est-ce qu'il y a aussi le fait d'être à portée d'engueulade, pour reprendre une expression de Gérard Larcher, c'est plus dur aujourd'hui avec vos concitoyens ?

19:29
Auditeur

– Ah oui, beaucoup plus dur, parce que j'étais maire de 1995 à 2001 et j'étais encore en activité, c'était beaucoup plus serein, si on peut dire. Nous n'avions pas non plus les moyens informatiques que l'on a maintenant. Maintenant, il y a une exigence de la part de l'interlocuteur, c'est tout de suite, voilà. Il faut que tout se fasse rapidement, il faudrait qu'on soit à l'écoute 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 en mairie, les mails, on en a 40, 50, 60 par jour, avec la publicité, bien entendu, mais il faut faire le tri dans tout ça. Et c'est plus ou moins stressant, parce qu'il y a le mail important et la publicité.

20:11
Présentateur

– Est-ce que ça vous décourage au point de ne pas avoir envie de vous représenter dans 6 mois ?

20:17
Auditeur

– Ah ben là, je suis complètement découragé, parce que j'ai fait une tentative de fusion avec une commune voisine et malheureusement, l'État, la DGFIT, ne nous a pas apporté la réponse en temps voulu, parce que nous avions une date butoir qui était le 31 décembre 2024 et au mois de septembre, nous n'avions encore pas de réponse. Donc, en quelques mois, nous ne pouvions pas finaliser cette fusion. C'est un peu dommage, parce que notre recherche de cette fusion, c'est que plus on est gros, plus on a des moyens pour faire de l'investissement.

Parce que dans une petite commune de 220 habitants, les ressources sont maigres, tout passe en fonctionnement, et pour l'investissement, voilà, c'est le reste, ça. Vous comprenez ce que je veux dire ?

21:00
Présentateur

– Merci, on comprend très bien. Merci beaucoup, merci Thierry Gervais d'avoir été avec nous, un maire de Maupertu-sur-Mer, dans la Manche. On entend le témoignage de ce maire découragé, il y a le manque de moyens, il y a les difficultés, également une pression croissante de ses concitoyens, découragé au point de ne pas avoir envie de se représenter.

21:18
Invité

– Oui, alors c'est un peu un serpent de maire avant chaque élection municipale, mais on a quelque chose qui monte, c'est-à-dire qu'on a toute une réflexion, vous savez qu'on a une proposition de loi sur le statut de l'élu, qui aujourd'hui devrait être adoptée, mais encore faudrait-il qu'on ait un gouvernement, un parlement, qui puisse l'adopter. Il y a vraiment, notamment dans les communes rurales, dans les petites communes, une vraie difficulté, être maire, ça relève du sacrificiel, quand vous êtes aujourd'hui dans une petite commune, voire une commune moyenne.

L'autre aspect, c'est que les marges de manœuvre sont fondamentalement grévées, parce que les intercours ont beaucoup de pouvoir, ce qui crée une forme de frustration démocratique. Vous êtes élu par des gens, mais vous leur dites, en fait, j'ai pas la compétence. Et ça, évidemment, ça crée des difficultés. Ensuite, ça a été abordé, il y a la question des leviers financiers. On a des dotations qui, certes, ont reculé et puis ensuite augmenté, mais surtout, on a des leviers fiscaux qui ont disparu ces dernières années. Taxe d'habitation, avant TP, etc. Et donc, dans ce cadre-là, la possibilité de mener une politique est beaucoup plus réduite et donc de répondre aux aspirations démocratiques.

Derrière, il y a un sujet démocratique, mais il y a également potentiellement un sujet économique, ce qui est évoqué par M. le maire, avec notamment la question du budget. Si on n'a pas de budget, si on a des dotations qui stagnent, si on fonctionne avec des lois spéciales, ça signifie qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui tire la croissance ? C'est l'investissement public. Très clairement, ce n'est plus la consommation et c'est encore moins les exportations. C'est l'investissement public. 60% de cet investissement public, c'est les collectivités territoriales.

Si vous avez des collectivités qui ne sont plus en capacité d'investir, c'est grave pour elles, c'est grave pour la démocratie, c'est grave également pour l'économie du pays. Donc là, on a un vrai sujet devant nous et c'est un sujet qui est complexe à régler parce qu'évidemment, quand on cherche à faire des économies, on essaye de taper dans les caisses là où elles sont et la caisse des collectivités, ça fait partie des puits dans lesquels on essaye de s'abreuver.

23:03
Présentateur

– Et Sébastien Lecornu, d'ailleurs, qui dès les premiers jours de sa nomination à Matignon, a écrit une lettre au maire, puis aux élus, ça fait partie évidemment des sujets qu'il va avoir sur la table.

23:12
Invité

– Oui, bien sûr, ça fait partie du sujet, au fond, structurant de l'état du pays parce que le rapport à son maire et le témoignage qu'on vient d'entendre montre bien que c'est, je dirais, l'illustration du climat de défiance qui n'a cessé d'augmenter depuis ces années dans le pays. Ça a été largement documenté et démontré. Et notamment, on l'a vu aussi à travers la violence accrue à l'égard de ces élus. Il y a des maires qui se font agresser, il y en a même qui ont perdu la vie. C'est extrêmement, ça devient extrêmement dur parce qu'en fait, les Français en colère prennent le premier qui passe. Et c'est injuste parce qu'au fond, c'est celui qui est le plus proche de leurs préoccupations.

Mais quelque part, ils viennent transmettre également la colère générale qu'ils ont à l'égard du monde politique, de ces responsables politiques qui ne s'occupent plus jamais d'eux, qui les abandonnent. En tout cas, c'est la perception. Et ils manifestent leur colère à leur égard. Donc, de ce point de vue-là, oui, ça montre bien à quel point on est, une fois de plus, sur un climat éruptif qui ne se transforme pas comme on pourrait l'imaginer en manifestation, en émeute, en grand soir, en révolution, qui existent dans les fantasmes de certains.

Mais par cette espèce, justement, de colère sourde, de volonté d'être vindicatif et de cette capacité de pouvoir s'en prendre à celui, au fond, à l'élu que l'on a toujours le plus respecté, pratiquement, et pour lequel on a le plus voté, c'est le maire.

24:48
Présentateur

– Oui, avec un risque de crise d'évocation, peut-être dans six mois aussi.

24:51
Invité

– Oui, qui existe d'ores et déjà, ça on le sait.

25:00
Présentateur

– Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage ST' 501