MACRON ET L'IMMIGRATION : EN MARCHE VERS LA LEPÉNISATION | PROCÈS LFI : LE PARQUET SE FAIT LATTER
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« On n’a jamais autant régularisé que sous Emmanuel Macron. »
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« Le nombre d’immigrés venant en France s’est réduit depuis 2015. »
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« 92% des personnes qui ont dévoyé le droit d’asile et qui ont été déboutées du droit d’asile restent sur le territoire, ils ne sont pas reconduits chez eux. »
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« Ils encourent jusqu'à 10 ans de prison, une amende de 150 000 euros et 5 ans d’inéligibilité. »
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« Tout est pipé, c’est clair et net. Le parquet n’est pas indépendant, il est aux bottes de Macron. »
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On peut parler d’immigration aujourd’hui dans ce pays, sans forcément reprendre des vieux gimmicks de Sarko ou de Marine Le Pen. Regardez un peu ce qu’il se passe au droit d’asile. Regardez le nombre de déboutés chaque année.
Ne nous laissons pas piéger par le Rassemblement national. Il ne faut pas que les gens le prennent par le petit bout de la lorgnette. À trop voler les idées des uns et des autres, on pourrait retomber au sol.
On n’a jamais autant régularisé que sous Emmanuel Macron. Donc monsieur Macron dresse un constat des carences de son action. On a bien compris que depuis les gilets jaunes, le trouillomètre est à zéro.
Emmanuel Macron qui instrumentalise l’immigration, les mouvements de défense de l’environnement qui appellent à défiler avec les gilets jaune samedi, et l’ouverture du procès de Jean-Luc Mélenchon et ses proches. C’est le sommaire du numéro 45 du P’tit coup de Bourbon. Souvenez-vous, c’était il y a deux ans.
Il fallait voter pour lui afin de barrer la route au Front national. “Faites ce que vous voulez, mais votez Macron,” titrait Libération, l’organe de la gauche castor. Mais il semble aujourd’hui que le rempart soit en fait le cheval de Troie du Rassemblement national.
Lundi soir, devant les élus de la majorité réunis au ministère des relations avec le Parlement, le président de la République a en effet entrepris d’installer la question de l’immigration au centre du débat politique. Morceaux choisis : Des propos qui ont naturellement enflammé la classe politique. Sur les bancs de la gauche, la condamnation est sans appel.
Je me souviens d’un président de la République qui, à un moment où il était encore dans le “en même temps”, nous laissait penser qu’il était un progressiste. Je me souviens de ce moment où il adressait à madame Merkel ses félicitations parce qu’elle avait su accueillir, au nom de l’Europe, un million de migrants au moment où les Syriens fuyaient en masse leur pays d’origine. Et aujourd’hui le voilà qui explique qu’il y a des abus dans le droit d’asile.
Franchement, regardez un peu ce qu’il se passe au droit d’asile et regardez le nombre de déboutés chaque année. Regardez le nombre de gens qui sont aujourd’hui, en fait, sans droits. Regardez le nombre de gens qui se pressent à nos frontières et qui n’obtiennent rien.
Et les voilà qui veulent maintenant revenir sur l’Aide Médicale d’État, c’est-à-dire revenir y compris sur une question de santé publique. Parce que si vous ne soignez pas à temps des gens qui sont porteurs de virus qui sont des virus, qui sont capables de se répandre rapidement, le risque c’est que ce soit la population française dans son ensemble qui soit touchée. Aujourd’hui le problème de la France ce n’est pas l’immigration, ce n’est pas vrai.
Le nombre d’immigrés venant en France s’est réduit depuis 2015. Le problème c’est la manière dont on les accueille, ça effectivement ça provoque des soucis, mais que monsieur Macron se serve de ça pour faire oublier ses problèmes vis à vis des personnels de santé, sur les questions des mobilisations retraite, oui voilà c’est c’est politicien. J’ai bien compris qu’il essaie de rejouer un match face à Marine Le Pen, je pense qu’il doit mettre ça dans une espèce de stratégie.
Je pense que c’est extrêmement dangereux. Il essaie de fédérer les français sur le racisme, et dans ces là ce n’est jamais les tenants de la démocratie qui l’emportent. Mais le trouble s’étend jusqu’au sein même de La République en marche.
D’autant qu’un débat sur l’immigration, sans vote, est prévu le 30 septembre dans l’hémicycle. Oui, là on cherche un peu à droite, c’est la même vision de l’immigration que je ne partage pas. Avec une quinzaine d’autres députés, réunis pour la plupart au sein du “collectif social démocrate”, une tendance lancée en juin pour promouvoir une “sensibilité sociale” au sein de la majorité, Sonia Krimi a signé une tribune intitulée “Penser l’intégration du XXIe siècle avec humanité et efficacité.”.
Le texte souligne notamment que “Le débat ne doit pas servir de marchepied à ceux qui font leurs fonds de commerce d’une irréelle association immigration-islam-délinquance”. On veut contribuer à ce débat là. En disant qu’on peut parler d’immigration aujourd’hui dans ce pays sans forcément autant reprendre des vieux gimmicks de Sarko ou de Marine Le Pen.
Et considérer qu’effectivement, par exemple l’insécurité dans notre pays n’est pas forcément le fait des migrants mais aussi de Français qui sont dans des quartiers difficiles. Et donc c’est un problème franco-français, ce n’est pas un problème d’immigration. De toute façon à chaque fois qu’on a parlé comme la droite ou comme l’extrême-droite, les autres partis avant nous, à chaque fois ils ont perdu parce que c’est toujours l’original qu’ils préféraient à la copie.
Ne nous laissons pas piéger par le Rassemblement national sur une remise en question de l’Aide Médicale d’État. Ça c’est vraiment pour moi, c’est fondamental de rappeler que d’abord il faut être solidaires, sur tous les points de vue, surtout par rapport à des questions de santé, et que les personnes qui sont réfugiés, qui sont migrantes, ne viennent pas sur notre territoire national pour se soigner. Par contre il convient premièrement de les accueillir extrêmement dignement.
Premier accueil qui doit être complet, et ce premier accueil va jusqu’à une prise en compte des soins, c’est absolument fondamental. Et dans la soirée de mardi, on apprenait qu’une seconde tribune, signée par une douzaine de députés de La République en marche, dont certains signataires du premier texte, appelait à ne pas remettre en cause l’Aide médicale d’État qui permet aux personnes en situation irrégulière d’accéder aux soins. Bref, au total, une vingtaine de députés marcheurs ont pris le risque de contredire publiquement le président de la République.
Sans parler de ceux qui ont quitté le groupe parlementaire, comme Matthieu Orphelin, voici quelques mois, et qui reste toujours très écouté par ses anciens amis politiques. On peut avoir un débat apaisé, mais il ne faut pas que les gens le prennent par le petit bout de la lorgnette. Il ne faut pas qu’on fasse croire que des milliers ou des millions d’étrangers arrivent en France pour profiter de l’AME, ça n’a aucun sens.
Aucun. Aucun migrant ne traverse la Méditerranée pour venir profiter de l’AME. C’est méconnaître complètement les phénomènes qui font qu’il y a une immigration.
Naturellement, j’ai voulu connaître la position du président du groupe parlementaire, Gilles Le Gendre, sur cette dissidence. Je m’exprimerai prochainement sur ce sujet mais là c’est trop prématuré. Pourquoi ?
Parce que non… Pas du tout. Ça viendra au bon moment. Et la droite ?
Comment réagit-elle ? On crie à la manœuvre politique : Donc on voit bien que tout aujourd’hui, c’est une belle stratégie, est fait par le président de la République pour “cornériser”, ringardiser, l’opposition parlementaire pour que ça soit lui, évidemment, contre Marine Le Pen. On a un président habile, on le sait, et ça continue.
Mais méfions nous qui se méfie. Peut être qu’à trop voler les idées des uns et des autres, on pourrait retomber au sol. Mais sur le fond, certains députés LR estiment que le chef de l’État reste mollasson sur la question de l’immigration.
Il n’y a qu’à voir que aujourd’hui, 92% des personnes qui ont dévoyé le droit d’asile et qui ont été déboutées du droit d’asile restent sur le territoire, ils ne sont pas reconduits chez eux. On n’a jamais autant régularisé que sous Emmanuel Macron. Donc on a vraiment, quand on rentre dans les choses concrètes, des problèmes qui ne sont pas réglés.
J’en veux pour preuve un dernier exemple, celui des mineurs non accompagnés, dont la situation est absolument dramatique parce qu’elle repose entièrement sur les épaules des départements qui sont totalement débordés par ces questions. Donc à un moment donné, faire des constats, Commenter des sondages qui sont parus dans un grand journal du soir, c’est très bien. Mais qu’attend-il pour prendre des mesures ?
Ça fait deux ans qu’on le supplie de le faire. Il n’a jamais été constaté autant d’étrangers rentrés dans notre pays, que ça soit légalement ou illégalement par la voie de la demande d’asile en 2018 et c’est toujours le cas en 2019, ça continue à augmenter. Donc monsieur Macron dresse un constat des carences de son action.
Une petite musique qui, sur ce sujet, ressemble furieusement à celle du Rassemblement national : On va peut-être bricoler sur l’AME. Il faut arrêter avec l’AME. Dans 95% des cas il faut arrêter avec l’AME, donc en fait c’est un effet de manche, c’est un effet de communication parce que le président la seule chose qu’il a bien compris c’est que les Français ne voulaient plus d’immigration, que les Français en avaient ras le bol de ces phénomènes migratoires incessants.
On a bien compris que depuis les gilets jaunes le trouillomètre est à zéro et que en fait il s’est dit qu’il ne pouvait pas continuer avec cette arrogance donc en fait il fait de la communication on le voit avec ce faux débat avec l’immigration. On le sait, le président de la République est un adepte de la triangulation, cette stratégie de communication qui consiste à reprendre les arguments de l’adversaire pour lui couper l’herbe sous le pied. Hier, il était plus écolo que les écolos, afin de séduire la fraction bobo de son électorat.
Cette fois, le voilà plus réac que l’extrême droite afin de stabiliser l’électorat gagné à droite lors des Européennes. Cette boulimie l’expose à un risque majeur : que les Français découvrent, ils ont déjà commencé, qu’il n’a ni convictions ni valeurs. Ce qui est le propre des opportunistes.
Ceux qui sont préoccupés par la fin du mois et ceux qui se soucient de la fin du monde vont enfin marcher ensemble. L’info est un peu passée inaperçue, mais les organisations environnementales qui appellent à manifester ce vendredi et ce samedi dans le cadre des grèves mondiales pour le climat appellent également à rejoindre les gilets jaunes, à proximité des Champs-Élysées, pour leur acte 45. Esquissée à Hendaye lors du contre-sommet du G7, cette convergence est un signe de maturité.
Aurélie Trouvé, une des porte-parole d’ATTAC, en retrace la genèse : En fait ça part d’une tribune faite par des mouvements des gilets jaunes qui nous ont interpellé à juste titre en disant “il faut qu’on se rassemble ce jour là le 21 septembre, autour de la justice sociale, fiscale et environnementale” et donc on va y répondre cette semaine par une tribune et en proposant qu’on se rencontre tous place de la Madeleine à 9 heures samedi à Paris, mais aussi en appelant toutes les villes qui le souhaitent, tous les mouvements de villes autres à faire de même, c’est-à-dire à créer des espaces de rassemblement samedi prochain entre les mouvements de gilets jaunes, contre les répressions policières, les mouvements sociaux divers et variés et ces mouvements pour le climat. Alors pourquoi place de la Madeleine à Paris ? Tout simplement parce que ce n’est pas loin aussi des Champs-Élysées.
Et qu’on se dit “c’est bien de dire aux gilets jaunes de venir par nous, dans nos mobilisations pour le climat” mais il faut aussi que nous on aille vers eux et qu’on se rende compte surtout à… Voilà. Ensemble pour exprimer le fait qu’on se bat contre un seul et même système. Attention, toutes les manifs n’ont pas encore reçu leur autorisation : Tout ce qui est des mobilisations, par exemple samedi à 14h30, oui.
Pour ce qui est du samedi matin, on est en réflexion. On commence à avoir l’habitude avec Christophe Castaner et le préfet Lallement… Tout est pipé, c’est clair et net. C’est le procès de tous les insoumis.
Nous croyons en un idéal de la justice. Nous croyons en un idéal de la démocratie, et ce n’est pas celui qu’on est en train de vivre à l’heure actuelle. Ce matin à Bobigny, c’était l’ouverture du procès de Jean-Luc Mélenchon et des députés LFI Alexis Corbière et Bastien Lachaud, de l'eurodéputé Manuel Bompard, du haut-fonctionnaire Bernard Pignerol et de la chargée de presse du mouvement, Muriel Rozenfeld.
Ils sont poursuivis pour “actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation” lors de la perquisition du siège de la France insoumise, en octobre 2018. Ils encourent jusqu'à 10 ans de prison, une amende de 150 000 euros et 5 ans d’inéligibilité. Dehors, les militants venus manifester leur soutien étaient nombreux.
Tout est pipé, c’est clair et net. Le parquet n’est pas indépendant, il est aux bottes de Macron. Donc on ne peut pas avoir confiance en cette justice.
Quand vous voyez, tout se passe en deux poids deux mesures. La démocratie est en danger. Ce n’est pas possible qu’une opposition politique soit criminalisée.
Je pense que ça va faire monter d’un cran la colère du peuple. Je pense que c’est bien de les avertir que si ils essaient à nouveau il y aura une résistance. C’est le procès de tous les insoumis, on est tous mis en examen pour ce que nous sommes.
C’est un procès politique aussi parce qu’il y a une volonté de certains magistrats, de transmettre des morceaux de procès verbaux, pas la totalité, à la presse, pour en faire de la nourriture médiatique en vue de nous mettre au piloris. Oui nous croyons en un idéal de la justice. Nous croyons en un idéal de la démocratie, et ce n’est pas celui qu’on est en train de vivre à l’heure actuelle.
L’audience a commencé par une surprenante demande du Parquet. La procureur a demandé le renvoi du procès au motif que les prévenus n’avaient pas eu communication d’une pièce importante, un rapport de l’IGPN de 404 pages. Il est très inhabituel que l’accusation vole ainsi au secours de la défense.
Derrière cette sollicitude, il y a surtout une crainte du parquet. Que cette communication incomplète des pièces du procès aux prévenus frappe de nullité la procédure et, par voie de conséquence, le jugement que rendra le tribunal. Les avocats de la défense ont, bien sûr, refusé ce renvoi.
Renvoi qui, soulignons-le au passage, aurait permis au gouvernement d’instruire médiatiquement et politiquement le procès des insoumis pendant de longs mois encore. Voire de faire traîner l’affaire jusqu’aux prochaines échéances électorales. À noter encore, qu’une policière qui s’était plainte d’avoir été malmenée est revenue sur son témoignage.
Le président soulignant “qu’elle n’était plus très sûre” des faits allégués. Les plaidoiries doivent intervenir demain. Elles sont très attendues, chacun sentant bien, comme l’a souligné en pleine audience l’avocat des parties civiles, Maître Eric Dupont-Moretti que “tout est singulier dans ce procès qui n’est pas un procès de droit commun”.
Emmanuel Macron