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interviewLe Média· 15 octobre 2022 9 min

MACRON OFFRE UN POGNON DE DINGUE AUX PATRONS !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

un montant aussi important comment est-il possible que ce ne soit pas une des discussions prioritaires alors que monsieur le ministre de l'Économie nous explique qu'on est à l'euro près et quand même quelque chose de totalement incompréhensible pour la majorité des Françaises et les Français et il va falloir commencer à rendre des comptes je pense un jour sur ces montants ce que ça veut dire concrètement c'est que quand on veut mettre des moyens finalement on sait le faire ça fait des années que nous explique que on n'a pas les moyens que voilà on continue à nous l'expliquer et pourtant on est capable de déverser chaque année 160 milliards d'euros pour les entreprises [Musique] le gouvernement est trop occupé à combattre la fraude sociale en notamment à l'endroit des allocataires de l'assurance chômage ce sont pourtant bien les entreprises qui nous coûtent un pognon de dingue un tiers du budget de l'État pour en parler je reçois Mathieu coque responsable du pôle économique de la CGT Matthieu bonjour l'assurance chômage et vous merci d'avoir accepté notre invitation alors vous êtes à l'initiative de cette étude c'est vous qui l'avez commandé et coordonné pour quelle raison alors c'est que en fait nous on n'avait pas de chiffre global ce qui est quand même un scandale démocratique majeur parce qu'on sentait bien que les montants en jeu étaient colossaux mais à la CGT on prend aucun chiffre à la légère et quand on n'est pas certain et bah du coup on demande évidemment les administrations nous disent pas grand chose parce que elle-même sont bien en difficulté pour avoir un chiffre et donc pendant deux ans on a travaillé via l'institut de recherche économique et social avec un labo qui s'appelle le clair c'est à Lille une équipe de chercheurs il y en a pratiquement une dizaine si j'ai pas de bêtises pour avoir justement un chiffrage et puis des éléments économiques précis sur cette affaire quand même qui à mon avis mérite discussion qui est celle des aides publiques aux entreprises alors le premier premier élément c'est que c'est quand même un comble que ce soit la CGT d'être à l'initiative pour produire un chiffre d'une telle importance pour le débat public l'importance d'autant plus que le chiffre s'élève à peu près à 160 milliards d'euros par an et la dernière date en date pour le coup c'est 2019 donc avant le covid alors si vous me donnez peut-être deux minutes je vais peut-être vous dire ce que ça représente parce que je pense que pour celles et ceux qui nous écoutent 160 milliards d'euros ça peut paraître un peu critique c'est une multiplication par 5 depuis la fin des années 90 ça représente pratiquement un tiers du budget de l'État donc c'est colossal ce quand on met toutes les aides bout à bout c'est la première dépense de l'État en vérité et tout ce que je vous dis là les 160 milliards c'est sans compter les mesures d'urgence pendant la crise sanitaire faudrait rajouter 80 milliards d'euros c'est sans compter la fraude sociale des employeurs pas celle des travailleurs et là il faudra rajouter avec la fraude fiscale là aussi à peu près 4 milliards d'euros et c'est sans compter les nouvelles aides publiques qui ont été décidées et notamment la suppression à venir de la CVAE la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises pour à peu près 8 milliards d'euros d'où vient cet argent c'est un peu tout le problème c'est que tout cet argent il est en fait il sort pas de nulle part il est utilisé pour autre chose que ce que pour enfin pourquoi il devrait être utilisé en gros l'essentiel de ces aides publiques c'est ce qu'on appelle des dépenses fiscales ou des dépenses socio-fiscales ça veut dire que au lieu de donner directement aux entreprises on dit je vous prélèverai moi donc en fait toutes les baisses d'impôts les baisses de cotisation compensées par l'État c'est l'essentiel de ces aides publiques aux entreprises et puis si on met peut-être quelques chiffres en face je pense que ça donne aussi la mesure de ce qui se joue on parle beaucoup des salaires aujourd'hui évidemment on se bat pour ça tous les jours à la CGT si on revalorisait le point d'indice vous savez le point d'indice c'est ce qui permet de enfin c'est la base du traitement des fonctionnaires en gros une augmentation d'un point du point d'indice c'est 2 milliards d'euros pour tous les fonctionnaires donc si on a augmenté aujourd'hui le point d'indice de 10 % d'accord ça coûterait 7 fois moins cher que ce qu'on dépense tous les ans pour les entreprises le déficit des retraites Olivier du soft a annoncé dans 10 ans qui serait à peu près 15 milliards d'euros bah c'est 10% du total des aides publiques aux entreprises les aides publiques aux entreprises c'est 6 fois le budget de l'enseignement supérieur ces deux fois le budget l'éducation nationale et c'est 5 fois la dette des hôpitaux est-ce que vous commencez à comprendre de quel montant on parle c'est juste colossal c'est que le déficit public enregistré pour l'année 2021 s'élève justement à 160 milliards d'euros alors selon Mediapart le ministre le ministère des Finances n'a pas réagi à cette étude ce que vous attendez une prise de position ou est-ce que Macron va dire en cours je m'en fiche je fais ce que je veux connaissez bien l'expression bien sûr je pense qu'ils savent très bien ce qu'ils font évidemment qu'on attend une réaction mais on attend surtout des explications c'est un peu pour ça qu'on essaie de faire un peu de bruit autour de cette étude c'est qu'il y a plusieurs choses en jeu là un montant aussi important comment est-il possible que ce ne soit pas une des discussions prioritaires alors que monsieur le ministre de l'Économie nous explique qu'on est à l'euro près et quand même quelque chose de totalement incompréhensible pour la majorité des Françaises et les Français et il va falloir commencer à rendre des comptes je pense un jour sur ces montants ce que ça veut dire concrètement c'est que quand on veut mettre des moyens finalement on sait le faire ça fait des années qu'on nous explique que on n'a pas les moyens que voilà où on continue à nous l'expliquer et pourtant on est capable de déverser chaque année 160 milliards d'euros pour les entreprises en fait ce qu'on sait concrètement et c'est un peu le CDR le titre du rapport c'est que le capitalisme il est sous perfusion d'argent public il est sous perfusion monétaire avec l'action des banques centrales et puis maintenant on sait aussi qu'il est sous perfusion des États qui en permanence utilisent le budget pour soutenir en fait les profits des entreprises parce que c'est ça qui est en jeu ça sert à une seule chose c'est Z ça sert à augmenter ce qu'on appelle le taux de marge des entreprises ou en tout cas elle garantir donc en fait pour bien comprendre on est en train de garantir avec l'argent public un niveau de profit minimal permanent pour les entreprises et donc derrière des versements minimaux pour les actionnaires ça c'est un truc qui est impressionnant de mon point de vue on a créé une espèce de mise en sécurité sociale pour utiliser un mot provocant des actionnaires et du capital ce qui est terrible c'est qu'une lobbiste comme Agnès Verdier Molinier elle voudrait faire 60 milliards d'économies sur les dépenses publiques en voilà 160 à faire très facilement exactement ou en tout cas à face à mériterait qu'on fasse autre chose avec cet argent parce qu'évidemment c'est pas c'est pas aussi simple en fonction des entreprises ça veut dire que nous on n'a jamais été contre les aides publiques pour les TPE et les PME on a plein de conscience contre un groupe comme Total et un artisan qui embauche de personne on n'est pas sûr les mêmes enjeux économiques donc nous ce qu'on demande c'est des conditions très strictes sur le versement des aides publiques d'abord en direction des sous-traitants des TPE des PME etc alors pas le paradis dans les TPMP on demande aussi les augmentations de salaire évidemment mais ce qu'on dit nous également c'est que ça fait des années qu'on se bat pour un développement des services publics ce qui est l'inverse de ce qui est fait aujourd'hui et bien utilisons cet argent là pour développer les services publics au lieu de donner de l'argent aux entreprises en espérant par miracle que ça se transforme en emploi alors ça ne marche pas toutes les études depuis maintenant 5 ans montre que les effets escomptés que ce soit du crédit un peu compétitif compétitivité emploi pardon du Crédit Impôt pour la recherche et puis du coup de l'ensemble des mécanismes ne sont pas efficaces ça ne créait pas d'emploi en tout cas pas suffisamment pour le coup d'accord donc on pourrait très bien dire bah à la place on pourrait dépenser directement on pourrait créer des emplois dans l'éducation dans l'hôpital etc là où il y a des besoins qui sont très importants et puis surtout je viens de vous parler du point d'indice bah voilà un élément très fort moi j'invite toutes les personnes qui travaillent dans les trois fonctions publiques de mettre sous le nez de leurs collègues et sous le leur direction ce chiffre de 160 milliards pour mettre en face ce que coûterait une augmentation de 10% du point d'indice c'est 7 fois moins donc maintenant qu'on ait une discussion sérieuse sur les salaires dans la fonction publique qu'on ait une discussion sérieuse sur ce qu'on fait de l'argent public concrètement et sur l'emploi public aussi dans un climat social déjà très tendu on l'a vu tout à l'heure une telle étude une telle étude qui expose au grand jour l'hypocrisie du gouvernement est-ce qu'elle peut avoir un impact sur le peuple et justement on va dire grandir faire grandir les rangs des manifestations des rassemblements de la protestation bah écoutez il m'appartient pas à moi de dire ce qu'on souhaiterait mais enfin j'imagine que j'imagine mal Philippe Martinez dire qu'il serait contre que ça s'étend il a dit le contraire ce matin donc j'imagine il m'en voudra pas il sera d'accord avec ça que évidemment ça doit contribuer aussi au débat dans les entreprises mais aussi en dehors des entreprises et de rappeler que on nous explique qu'on n'a pas les moyens d'augmenter les salaires c'est juste absolument faux de l'autre côté les dividendes sont en train d'exploser ça c'est aussi quelque chose qui est majeur ça dépasse le cas de ce qu'on raconte sur les aides publiques mais ce qui est absolument scandaleux c'est que c'est grâce à ces êtres publiques aussi qu'on distribue des dividendes si importants donc je pense que là évidemment on ne peut qu'espérer de sa contribue au débat que ça contribue à la prise de conscience qu'on peut faire autrement ça veut dire qu'on peut avoir de meilleures salaires qu'on peut tous et tout avoir un emploi correct bien rémunéré c'est pour ça que la cgtba et on continuera le faire évidemment avec d'autres études j'espère que celle-là ce sera un point de départ pour d'autres choses c'est ça mon avis tout l'intérêt de mettre en discussion ce chiffre qui ne sort pas de nulle part qui est le issu d'un travail de recherche de deux ans puis que ça contribue ensuite voilà à soutenir les mobilisations en cours merci beaucoup Mathieu coq un responsable du pôle économique de la CGT