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InterviewRFI (sur YouTube)· 3 décembre 2014 9 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Bruno Le Roux: «S’il y a un échec, c’est l’échec des organisations patronales»

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Bonjour Bruno Leroux. Bonjour.

  • 0:05OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron hier a parlé d'échecs à propos du pacte de responsabilité.

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron déplore le très faible nombre d'accords de branche, il n'y en a que deux je crois pour l'instant, la métallurgie et la chimie, sur les contreparties en matière d'emploi.

  • 3:44OuverteRéponse directe

    Il y a un problème avec le MEDEF aujourd'hui ou il y a un problème Pierre Gattaz ?

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Nicolas Sarkozy est depuis samedi soir le nouveau président de l'UMP. Est-ce que vous le redoutez comme chef de l'opposition ?

  • 6:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a un problème, comme le dit le député socialiste Yann Galut, entre le cumul des fonctions d'ancien président, avec les avantages qui vont avec, et de chef de parti ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Invité politiqueFait
    « Je pense que l'échec, s'il y a échec aujourd'hui, est un retard à l'allumage. »
  • 0:31Invité politiqueFait
    « Un retard à l'allumage de la part des organisations patronales, un retard à l'allumage de la part des entreprises. »
  • 0:54Invité politiqueChiffre
    « Il a fallu plus d'un an pour cela alors que c'était le travail des organisations syndicales. »
  • 1:19Invité politiqueFait
    « Et donc s'il y a un échec aujourd'hui, c'est l'échec des organisations patronales qui ne savent pas s'asseoir autour de la table, valoriser les dispositifs et redonner de la confiance. »
  • 1:36Invité politiquePromesse
    « Eh bien moi je n'assume pas cet échec-là. Je pense qu'il n'existe pas. »
  • 1:42Invité politiquePromesse
    « Je pense toujours qu'il faut que nous ne rompions absolument pas avec la politique de compétitivité que nous avons mise en place parce que c'est les Français et les salariés qui en paieraient le prix. »
  • 2:04Invité politiqueChiffre
    « Je vous fais remarquer, vous le savez, je vous l'ai déjà dit ici que nous avons redonné au plus modeste 3 milliards sur le budget. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « C'est incompréhensible. »
  • 5:16Invité politiqueFait
    « Quand on revient et qu'on est dans le débat avec des éléments, quand on est ancien président de la République, dirigeant la plus grande formation de l'opposition, et que l'on peut faire des meetings comme il l'a fait en livrant le nom des uns et des autres, Mme Dati, sur ses origines, pour essayer de faire quelle démonstration, on ne sait pas. »
  • 8:09Invité politiquePromesse
    « Je souhaite qu'il réponde rapidement en faisant de la France l'acteur de reprise des discussions. De reprise des négociations. »

Temps de parole

  • Bruno Le Roux74 %
  • Présentateur26 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Bruno Leroux. Bonjour. Emmanuel Macron hier a parlé d'échecs à propos du pacte de responsabilité. Ce sont des propos extrêmement forts dans la bouche du ministre de l'économie dont on imagine qu'il pèse ses mots. Je ne veux pas parler à la place du ministre. Non, mais les frondeurs savourent les propos du ministre de l'économie. Pour eux, les faits sont en train de leur donner raison. Le pacte de responsabilité, ça ne marche pas. Est-ce que finalement, en effet, il n'avait pas vu les choses de manière juste ?

0:26
Bruno Le Roux

Je pense que l'échec, s'il y a échec aujourd'hui, est un retard à l'allumage. Un retard à l'allumage de la part des organisations patronales, un retard à l'allumage de la part des entreprises. Qu'il y ait plus de pédagogie à faire, moi je rencontre tous les jours des chefs de petites entreprises qui me disent « Nous n'avions pas connaissance avant du CICE ». Et cela allège aujourd'hui nos charges et ça nous permet de voir les choses différemment. Mais il a fallu plus d'un an pour cela alors que c'était le travail des organisations syndicales. Peut-être pas simplement d'ailleurs des chambres de commerce, des organisations locales pour faire connaître.

Et de ce point de vue-là, je trouve que le MEDEF porte une grave responsabilité à vouloir toujours remettre du débat politicien dans des dispositifs concrets dont elle ne fait pas assez la promotion sur le terrain et que pourtant elle ne veut pas voir reculer. Et donc s'il y a un échec aujourd'hui, c'est l'échec des organisations patronales qui ne savent pas s'asseoir autour de la table, valoriser les dispositifs et redonner de la confiance.

1:24
Présentateur

Emmanuel Macron hier a dit « C'est un échec et c'est aussi le sien » en parlant notamment de Pierre Gattaz, le président du MEDEF. C'est aussi le sien. Donc c'est aussi le nôtre, nous le gouvernement. C'est ça que ça veut dire.

1:36
Bruno Le Roux

Eh bien moi je n'assume pas cet échec-là. Je pense qu'il n'existe pas. Je pense que ce n'étaient pas les propos d'Emmanuel Macron. Et je pense toujours qu'il faut que nous ne rompions absolument pas avec la politique de compétitivité que nous avons mise en place parce que c'est les Français et les salariés qui en paieraient le prix par la disqualification de la France, par l'impossibilité à l'ordre des choses.

1:56
Présentateur

Ils en paient déjà le prix par l'augmentation des impôts, par les efforts que leur sont demandés.

1:59
Bruno Le Roux

Mais sur les impôts, je vous fais remarquer, vous le savez, je vous l'ai déjà dit ici que nous avons redonné au plus modeste 3 milliards sur le budget que nous venons de voter avec la suppression de la première tranche parce que nous avons dit que les efforts étaient terminés, non pas pour notre pays, mais que nous arrêtions et que nous ne voulions plus que ce soit l'impôt qui finance demain la restructuration, le redressement nécessaire au pays.

2:23
Présentateur

Alors Emmanuel Macron déplore le très faible nombre d'accords de branche, il n'y en a que deux je crois pour l'instant, la métallurgie et la chimie, sur les contreparties en matière d'emploi. C'était quand même ça le principe du pacte de responsabilité, c'était du donnant-donnant. Le gouvernement a multiplié, vous le répétez à l'envie, les gestes en direction des entreprises, le patronat a pourtant lancé une semaine d'action, on est au cœur de cette semaine, pour dénoncer les difficultés qu'il rencontre. Ils appellent le gouvernement à mettre les actes en conformité avec les paroles, expriment leur ras-le-bol fiscal. Est-ce que le MEDEF se moque de vous ?

2:55
Bruno Le Roux

En tout cas, il devrait être plus autour de la table et peut-être moins dans la rue. Le rôle aujourd'hui de ces organisations... Mais ils ne sont pas souvent, c'est rare. Ils ne sont pas souvent dans la rue, mais je ne vois pas de raison pour qu'ils y soient aujourd'hui, si ce n'est à vouloir toujours plus, sans mettre en œuvre ce qui existe déjà. C'est une attitude qui est bien trop commune, aujourd'hui je le trouve, à un certain nombre de responsables du patronat, que de dire qu'ils n'ont jamais assez, alors qu'ils n'ont jamais eu autant.

Mais qu'ils n'ont jamais eu autant pour mettre en œuvre des choses très précises, c'est-à-dire pour investir, pour recruter dans les entreprises, pour améliorer la formation. Et pour autant, ils refusent de se mettre autour de la table pour mettre cela en application. C'est incompréhensible. Ou alors, cela veut dire qu'il y a aujourd'hui des organisations patronales qui sont déconnectées de la réalité des entreprises sur le terrain.

3:41
Présentateur

Il y a un problème avec le MEDEF aujourd'hui ou il y a un problème Pierre Gattaz ?

3:44
Bruno Le Roux

Le MEDEF représente les entreprises et les entreprises sont là pour créer de la richesse. pour essayer de faire en sorte qu'il y ait de l'emploi. Je pense qu'il y a un problème aujourd'hui dans l'expression de celui qui représente les entreprises et qui, chaque semaine, est dans une nouvelle invention pour essayer de politiser un débat qui, depuis maintenant deux ans, devrait être pourtant tourné avec l'action que nous menons vers la réalité des entreprises.

4:11
Présentateur

Nicolas Sarkozy est depuis samedi soir le nouveau président de l'UMP. Est-ce que vous le redoutez comme chef de l'opposition ?

4:16
Bruno Le Roux

Nous le connaissons. Le Sarkozy qui revient et le Sarkozy qui était parti. De ce point de vue-là, personne n'a été déçu. Il est parti président de la République, il revient chef de parti. Non, mais il est parti énervé, il est parti agité, il est parti avec un bilan, il est parti avec ses idées, il revient avec les mêmes. J'allais dire en pire. Dans la campagne qu'il a faite, on a vu qu'il n'avait même pas eu la sagesse de réfléchir parce qu'il arrive sans idées nouvelles. Il n'y en a eu aucune dans sa campagne interne qui ne soit pas la réplique de propos et de la droitisation qui a été celle de son quinquennat et de sa campagne présidentielle.

Donc de ce point de vue-là, il n'y a pas d'ambiguïté. Celui qui revient, revient comme il était parti. Pire qu'il était parti. Et c'est pour cela d'ailleurs qu'il revient sans enthousiasme, avec une faible mobilisation. Il voulait un plébiscite, ce n'a pas été le cas.

5:03
Présentateur

Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti Socialiste, estime que c'est une mauvaise nouvelle pour la France, mais une bonne nouvelle pour la gauche. On se demande d'ailleurs comment ça peut être compatible, ça.

5:12
Bruno Le Roux

Oui, moi je pense que c'est une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Quand on revient et qu'on est dans le débat avec des éléments, quand on est ancien président de la République, dirigeant la plus grande formation de l'opposition, et que l'on peut faire des meetings comme il l'a fait, en livrant le nom des uns et des autres, Mme Dati, sur ses origines, pour essayer de faire quelle démonstration, on ne sait pas. J'ai dit hier que cela donnait à la politique un côté dont on voudrait tous qu'elle disparaisse.

Et de ce point de vue-là, Nicolas Sarkozy n'est pas forcément ni une bonne nouvelle pour le débat politique, ni une bonne nouvelle pour la droite, et surtout pas une bonne nouvelle pour la gauche, parce que la gauche, elle a un congrès devant elle, elle a un rassemblement à opérer, et elle le fera d'abord sur sa réussite et son projet, et pas sur l'antisarkozisme. Je demande à ce qu'on se méfie de l'antisarkozisme, ce n'est ni un projet ni un programme.

6:03
Présentateur

Est-ce qu'il y a un problème, comme le dit le député socialiste Yann Galut, entre le cumul des fonctions d'ancien président, avec les avantages qui vont avec, et de chef de parti ?

6:14
Bruno Le Roux

A l'évidence, c'est un cas de figure qui devrait appeler Nicolas Sarkozy lui-même à réfléchir. Quand on se remet en situation d'actif, l'on doit accepter d'abandonner un certain nombre d'avantages qui étaient liés au statut passé. Notamment les indemnités d'ancien président de la République ? Oui, enfin, je pense là-dessus qu'il y a en tout cas une réflexion à avoir sur l'utilisation des moyens. Vous savez que dans notre vie politique, l'utilisation des moyens publics est très réglementée. Là, il y a une forme d'utilisation des moyens publics pour l'action politique, qui demande pour le moins à être regardée de plus près.

6:49
Présentateur

Manuel Valls, le Premier ministre, organise ce soir un apéro, un apéro convivial, je crois que c'est le terme officiel, à l'Assemblée nationale. Environ 80 parlementaires de la majorité y sont attendus. De quoi s'agit-il au juste ? Une réunion de courant ou une rencontre de la majorité ? Parce qu'ils sont un peu triés sur le vol, les participants.

7:06
Bruno Le Roux

Il y a au Parti socialiste, il y a un grand mot qui est depuis longtemps, des courants, mais il y a aussi des proximités au Parti socialiste. Et on ne s'offusque pas qu'il y ait quelques semaines, Jean-Marc Ayrault réunit autour de lui un certain nombre d'amis. Il n'est plus Premier ministre. Et que Martine Aubry le fasse à l'île régulièrement. Il n'est pas Premier ministre non plus. Bien entendu, mais un Premier ministre, cela a aussi une majorité. Moi je suis là pour faire en sorte que cette majorité soit présente. Et ça doit compter ses forces. Et cette majorité est toujours présente.

Et un Premier ministre peut avoir aussi un certain nombre de personnes avec lesquelles il dialogue en plus grande proximité. Cela n'a absolument rien d'extraordinaire. C'est même très sain de faire cela de façon totalement publique, que de faire cela à la question de l'Assemblée nationale, c'est quelque chose de tout à fait normal.

7:47
Présentateur

L'Assemblée nationale a adopté hier à une très large majorité la proposition de résolution demandant à la France de reconnaître l'État palestinien. C'est une initiative qui n'est pas contraignante. Mais est-ce que vous souhaitez aujourd'hui que le Président de la République réponde rapidement à cette demande ? Bien entendu.

8:02
Bruno Le Roux

Bien entendu que je souhaite qu'il réponde rapidement. Et je souhaite qu'il réponde rapidement en faisant de la France l'acteur de reprise des discussions. De reprise des négociations.

8:09
Présentateur

Pas forcément donc en reconnaissant... Très vite l'État palestinien.

8:13
Bruno Le Roux

L'outil de reconnaissance doit être utilisé par le Président de la République, comme il le jugera le plus utile. Il est demandé par le Parlement. Il est demandé par sa majorité. Je crois qu'il est demandé par une très grande majorité des Français. Et pour autant, la reconnaissance sans la paix, ce n'est pas l'objectif pour nous. Nous nous voulons la reconnaissance et la paix. Et donc pour qu'il y ait la paix, nous voulons nous servir de cette reconnaissance de l'État de Palestine et que la France soit au cœur des initiatives qui aujourd'hui sont trop faibles.

Je pense que les États-Unis, je pense qu'un certain nombre de pays ne jouent plus le rôle qu'il aura été reconnu et moteur qu'ils ont pu avoir ces dernières années. Je pense que c'est à la France et à l'Union européenne d'impulser cette nouvelle dynamique. Et moi, je souhaite qu'il y ait et la reconnaissance et la paix.

8:56
Présentateur

Merci Bruno Leroux. Bonne journée. Merci.