L'édito de Thomas Bonnet : «Périscolaire : le scandale oublié»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La période qu'on traverse est celle d'une prise de conscience générale sur les crimes contre les enfants. Il aura fallu le terrible drame autour de Lana pour que certains ouvre les yeux. Pourtant, d'autres signaux auraient pu auraient dû tous nous alerter.
On a appris hier que 130 animateurs avaient été écartés par la ville de Paris depuis le début de l'année. 52 d'entre eux sont suspectés de violence sexuelles ou sexistes. 52 personnes en contact avec les enfants sont donc susceptibles d'avoir agressé.
C'est bien la preuve qu'il nous agit en aucun cas de cas isolés mais bien d'un système. Les procédures de recrutement n'ont pas tenu compte des antécédents des animateurs. La direction des ressources humaines de la mairie de Paris n'a pas perçu l'ampleur du problème et les rares fois où des agresseurs ont été détectés, ils étaient le plus souvent simplement transférés d'un arrondissement à l'autre.
C'est donc un scandale pédocriminel couplé à un scandale politique XXL. Et pourtant, cette affaire trouve peu d'écho dans les médias et chez certains responsables politiques. Vous les avez vu vous ces manifestations sous les fenêtres de l'hôtel de ville pour demander des comptes à Emmanuel Grégoire ?
Est-ce que vous avez entendu des appels à la démission à l'époque où Annie Dalgo était encore maire de Paris ? Elle est où Marine Tondelier si prompte à manifesté place Vandau mais bien discrète sur le scandale du périscolaire parisien ? Pourtant, l'implication des autorités politiques parisiennes ne fait aucun doute.
Dès 2015, Annie Dalgo a été confronté à ce sujet par l'opposition de droite. Non seulement elle n'a pas agi, mais en plus elle a affiché tout son mépris contre les élus qui l'interpellaient. Au moment où certains font des pieds et des mains pour faire peser l'affaire Liana sur le gouvernement en occultant d'ailleurs le rôle des magistrats, l'ancienne maire de Paris et son équipe sont bien à l'abri des critiques, bien à l'abri de la justice aussi à ce stade.
Personne n'a été convoqué parmi l'équipe municipale. Alors pourquoi ce de poids de mesure ? Pourquoi les victimes du périscolaire n'ont pas le droit au même traitement que les autres ?
On arrive à ce constat terrible concernant les drames qui frappent notre pays. Certains sont dignes de récupération politique et d'autres ne le sont pas. Selon la victime et surtout selon l'auteur des faits, vous aurez le droit à l'indignation légitime.
Pour Lola, Philippine ou Elias par exemple, cette émotion était forcément suspecte pour la presse de gauche. De la même façon, si l'affaire embarrasse le mauvais camp politique, c'est-à-dire la gauche, son écho s'en trouve nettement amoindri. Il en est ainsi du cynisme médiatico-politique aujourd'hui.
Merci beaucoup. Merci à vous Tom abonné.