Macron échappe à un attentat en Syrie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
depuis l'arrivée au pouvoir de l'ancien djihadiste A.Al-Charaa, une visite qui crée des tensions dans une Syrie fracturée. Des bombes ont explosé hier à proximité de l'hôtel du président français. - En plein centre de Damas hier matin, 2 explosions à quelques minutes d'intervalle et à quelques mètres seulement de l'hôtel où E.Macron avait passé la nuit.
Au moment de l'attaque, le président français avait déjà quitté les lieux, mais 18 personnes ont été blessées. - La sécurité intérieure de la province de Damas a immédiatement commencé à enquêter sur ces explosions destinées à nuire à la visite française. - E.Macron apporte immédiatement son soutien au gouvernement syrien. ...
Une attaque en pleine visite du président français. Visite historique, la 1re d'un chef d'Etat occidental depuis 17 ans. Un déplacement sensible dans un pays marqué par des années de guerre. - E.Macron: Nous sommes à vos côtés pour vous dire notre confiance dans le peuple syrien, dans votre travail pour apporter la paix, la sécurité, la prospérité. - La Syrie de retour aux affaires après avoir était mise au ban de la diplomatie mondiale. 2011: début du Printemps arabe.
La répression sanglante du régime Al-Assad fera au moins 500 000 morts. Le dictateur finit par être chassé de son pays en 2024 par des groupes rebelles syriens. A.Al-Charaa, ancien djihadiste issu de l'EI, accède au pouvoir. - A.Al-Charaa: Nous affirmons que nous demandons des comptes fermement et sans indulgence à quiconque a été impliqué dans l'effusion de sang de Syriens ou la violence contre notre peuple, qui outrepasse l'autorité de l'Etat ou l'exploiterait à ses propres fins.
Personne ne sera au-dessus de la loi. Quiconque a les mains tachées du sang des Syriens fera bientôt face à la justice. - Une nouvelle ère pour la Syrie et, rapidement, une invitation à se rendre à Paris.
En mai 2025, A.Al-Charaa est reçu à l'Elysée. Première esquisse d'un partenariat diplomatique et économique.
Une relation qu'E.Macron souhaite aujourd'hui consolider dans un pays en pleine reconstruction. Le chef de l'Etat est venu en Syrie avec une délégation d'entreprises, dont le groupe CMA CGM et TotalEnergies. - E.Macron: On veut couvrir tous les domaines: l'énergie, l'eau, les transports, la logistique.
Quand je parle d'énergie, je parle évidemment d'hydrocarbures comme d'énergies nouvelles. - De son côté, le président syrien a comme ambition de faire de son pays un nouveau hub régional, car, positionnée stratégiquement au coeur du Moyen-Orient, la Syrie veut revenir au premier plan. - A.Al-Charaa: Après la crise du détroit d'Ormuz à laquelle nous avons assistée cette année, le monde a pris conscience de l'importance de disposer de voies de navigation sûres et stables.
Nous soulignons ici l'importance de la géographie de la Syrie, qui a un rôle vital. Nous voulons que la France soit notre 1er partenaire dans ce parcours. - Au moins 15 accords ont été signés lors de cette visite d'E.Macron à Damas.
La France a aussi restitué au gouvernement syrien 50 millions d'euros, qui avaient été confisqués à la famille Al-Assad. - C.Roux: Question. - D.Rigoulet-Roze: Pas forcément le président lui-même, mais en tout cas, c'était un message à l'occasion de sa visite pour montrer que la situation sécuritaire n'était pas normalisée.
Il y avait un message à la fois politique et économique, pour dissuader...
C'était près de l'hôtel Four Seasons, le grand hôtel où se réunissent tous les hommes d'affaires qui viennent voir les opportunités qui peuvent se présenter. - C.Roux: Ca veut dire "on ne veut pas de vous"? - D.Rigoulet-Roze: C'est une manière de montrer qu'ils ne sont pas maîtres du jeu, la nouvelle gouvernance.
Les investisseurs sont évidemment plus frileux quand il y a des choses comme ça. D'ailleurs, il y avait déjà eu un attentat le 2 juillet, qui a fait une dizaine de morts, non revendiqué. Il y a plusieurs options sur l'identité potentielle.
C'était pour montrer que c'était loin d'être sécurisé et donc que la transition, de toute façon, n'allait pas se faire facilement. Il s'agissait de dissuader potentiellement des investisseurs qui accompagnaient la délégation du président Macron. - C.Roux: Il a eu raison, E.Macron? - A.Bellanger: Bien sûr. - C.Roux: Il a raison de mettre tellement d'énergie pour renouer le dialogue avec A.Al-Charaa? - A.Bellanger: Bien sûr.
On peut discuter pendant des heures du parcours d'A.Al-Charaa, mais il résout un problème historique en Syrie: le retour au pouvoir de la majorité sunnite. Les trois quarts des Syriens sont sunnites.
Ils ont été privés du pouvoir pendant 50 ou 60 ans. L'enjeu de la Syrie de B.Al-Assad était justement qu'elle était tombée dans l'escarcelle des chiites, de l'Iran, qu'elle était alliée avec Hezbollah, ce qui était contre-nature pour les puissances sunnites de la région, d'où la guerre qui se faisait en Syrie.
Maintenant que les sunnites ont récupéré le pouvoir, E.Macron fait le pari que, ce problème historique résolu, on peut passer à autre chose. Les sunnites seront suffisamment apaisés, auront suffisamment réglé leurs problèmes de rapport avec le pouvoir, puisqu'ils l'ont récupéré, pour passer à autre chose. - C.Roux: Depuis qu'ils sont au pouvoir, est-ce qu'ils se sont bien comportés avec les minorités? - P.Allémonière: C'est toute la question.
On voit que toutes les minorités aspirent à avoir leurs droits reconnus. Les Kurdes du Nord, l'intégration est très difficile. Les alaouites, c'est très difficile.
Je ne parlerai pas des druzes. Les puissances étrangères manipulent tout ça. La Syrie se trouve aujourd'hui devant un triple défi: le défi sécuritaire, parce que l'EI est toujours là et a des taupes à l'intérieur même de l'armée, le défi militaire, puisque l'armée n'est pas une armée encore digne de ce nom...
Toutes les bases militaires ont été anéanties par les frappes israéliennes. Je ne parlerai pas du défi économique, parce qu'on estime que la reconstruction de la Syrie, c'est 200 milliards de dollars. - A.Bellanger: Au bas mot. - C.Roux: Nous revenons maintenant à vos questions.
Question. - Gal F.Chauvancy: C'est une bonne question.
Ce qu'avait dit David à un moment donné...
Est-ce que le pouvoir central a la main sur toutes les autorités en Iran? Est-ce qu'il n'y a pas des autorités régionales capables de mettre le désordre pour différentes raisons parce que l'autorité centrale ne s'applique plus? - C.Roux: Ca irait à l'encontre de tout ce qu'on a raconté depuis le début de cette crise, où on disait que c'était une structure pyramidale, que quand il y en a un qui tombait, un autre apparaissait. - Gal F.Chauvancy: Ca a été désorganisé par la décapitation des chefs.
Après, il y a aussi les luttes internes. - D.Rigoulet-Roze: Plus divisé que désorganisé. - A.Bellanger: Il y a aussi un sentiment d'urgence au sein du régime iranien, qu'on a décrit tout à l'heure.
Ils ont obtenu une victoire tactique mais pas stratégique. Si on regarde ce qui se passe depuis 3 ans, l'Iran a perdu sur tous les tableaux, tous les terrains. Là, ils ont obtenu une victoire tactique.
Ils veulent la monétiser tout de suite, y compris en frappant et en montrant qu'il faut payer maintenant, parce qu'ils ont besoin de cet argent maintenant. - C.Roux: Question. - D.Rigoulet-Roze: Ce n'est pas d'actualité.
C'est vrai que c'était le projet déclaré d'Israël, le renversement du régime, qui va au-delà du changement de régime. Mais ce n'est pas du tout l'option qui a été validée par D.Trump, pour toutes sortes de raisons, probablement justifiées, pour éviter un éclatement, avec des risques chaotiques au niveau régional.
En revanche, la question est posée de savoir qui gouverne. C'est une vraie question, notamment pour les négociations. On n'est pas dans la situation antérieure où il y avait le Guide qui décidait en dernier ressort.
Là, c'est beaucoup plus compliqué. - C.Roux: Est-ce que c'est pire pour la population iranienne?
Est-ce que la situation d'aujourd'hui est pire que celle d'avant-guerre? - D.Rigoulet-Roze: Sur le plan politique, elle est presque pire.
En tout cas, elle n'a pas changé, puisque la répression est toujours...
Vous l'évoquiez sur les pendaisons. Paradoxalement, sur le plan sociétal, c'est un peu différent. On voit la mutation du régime.
Les Gardiens ne font pas une fixation sur le voile, par rapport au clergé. C'était un problème pour les Gardiens d'avoir à gérer cette question, parce que c'était une disqualification du pouvoir du régime. Ils ne font pas une fixation là-dessus.
Mais ce n'est pas pour autant que la population est heureuse. Elle est réprimée. Elle souffre économiquement.
Quasiment 40 % sont en dessous du taux de pauvreté. Certains vendent leurs organes pour se soigner.
Emmanuel Macron