Rachida Dati : "Ma fille est ma seule priorité" | La Parole
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Est-ce que tu es blessée ou atteinte par toutes ces outrances, ces insultes et ces attaques ? On a l'impression que personne n'y pense jamais. Moi, je pense que je passe outre parce que j'ai vécu plus douloureux que cela, mais bien sûr que ça blesse et que ça heurte, et en particulier depuis que je suis maman.
Rachida Nathie, merci de nous accueillir. On est ici au cœur de votre QG à Paris pour un échange sans filtre, sans détour, comme on les aime dans La Parole pour Webédia. Avant tout, madame la ministre, comment allez-vous personnellement en ce moment ?
Alors là, en ce moment, on est à fond. C'est non-stop tous les jours, donc je n'ai pas le temps de m'interroger sur moi-même. Votre image publique est forte, parfois clivante.
Selon vous, quelle est l'idée fausse, la plus répandue à votre sujet ? Justement d'être clivante. Je ne sais pas ce que ça veut dire.
Vous ne savez pas ce que ça veut dire ? Non, je ne sais pas ce que ça veut dire. Et justement, pourquoi les gens pensent que Rachida Nathie est clivante ?
Ça veut dire quoi pour vous, clivante ? C'est la question que je vous pose. Non, moi je ne sais pas ce que ça veut dire.
Mais c'est un mot, on répète ça, c'est-à-dire que les gens se font plaisir en disant ça, comme quelqu'un l'a dit une fois, donc on répète. Sans que jamais on me donne une définition, sans que jamais on me dise à quoi ça correspond. Si vous deviez choisir une valeur qui guide vos actions, laquelle serait-elle ?
J'allais dire la loyauté. La loyauté, ça fait partie pratiquement de ma vie, j'allais dire, c'est même dans mon ADN. La loyauté, la reconnaissance, je trouve que ça s'est raréfié.
Et moi je tiens beaucoup à ces deux valeurs. Que reste-t-il de l'adolescente que vous étiez ? La vitalité et l'énergie.
J'ai la même envie que quand j'étais adolescente de tout. Rachida Dati, avec le recul, qu'auriez-vous aimé entendre à 18 ans, mais que personne ne vous a jamais dit ? Aie confiance en toi.
Aie confiance en toi, ça va le faire. Parce que personne à cette époque ne pouvait croire en moi, il ne pouvait pas croire en ce que je voulais. Je voulais m'affranchir, je voulais être autonome.
J'étais sûre que je pouvais marquer des choses, on est dans les autres. Moi je vais vous dire, si j'avais un fil rouge, c'est que, d'ailleurs ce qui me fait surréagir souvent, c'est que quand je vois par exemple que quand il y a encore du racisme, quand il y a encore de la discrimination, je vois parfois quand on ne veut pas me serrer la main, ou quand je sens qu'on me parle avec une certaine condescendance, ça me révolte, je me retiens, ça me révolte encore. C'est-à-dire qu'on ne veut pas vous serrer la main, ça vous arrive régulièrement ?
Il y a des gens qui sont sectaires, qui vous disent « Non, on n'a pas les mêmes idées ». Même quand je suis arrivée au ministère de la Culture, quelqu'un qui a dit « Non, je ne peux pas travailler avec vous, vous êtes de droite ». Je trouve que ce sectarisme vous renvoie à des blessures d'enfance ou d'adolescence.
Si vous pouviez conseiller la jeune Rachida, quel conseil lui donneriez-vous ? Justement de ne rien lâcher, parce que ta vie va changer, et tu vas changer celle des autres, donc ce n'est pas grave. C'est dur, c'est douloureux, c'est éprouvant, le chemin est long, mais tu vas y arriver.
C'est dur, c'est douloureux, c'est-à-dire ? Parce que le chemin n'a pas été un chemin linéaire. Je faisais des études et je travaillais à temps plein à côté.
Et donc par moments, et dans une famille un peu compliquée, et dans des conditions difficiles, et dans une cité tout aussi compliquée, donc moi j'avais une ambition, c'était de réussir mes études, j'avais une ambition, c'est d'être autonome matériellement, pour pouvoir ne dépendre de personne. Et donc je partais de loin, voire de très loin. Donc j'ai eu parfois des moments de découragement, et donc je me disais, est-ce que vraiment je vais y arriver ?
Aujourd'hui, avec le recul, si je venais à me rencontrer moi-même, à cet âge-là, je dirais, ne lâche rien, ça va le faire. Quel est le souvenir d'enfance qui vous revient le plus souvent encore aujourd'hui ? Les repas de famille.
Moi j'adore les repas de famille, mais le regroupement de famille, on se retrouve tout le temps ensemble, et ça c'était tout au long de ma vie, et tout au long de notre vie. Je n'ai plus mes parents, mais ils ont été nos points de ralliement, même adultes, et c'est des moments que nous on adore. Maintenant on se retrouve toujours encore en famille, entre frères et sœurs, beaucoup entre sœurs, et ça c'est des moments pour moi qui sont essentiels, voire fondamentaux.
La solitude, c'est quelque chose qui vous fait peur, ou au contraire, qui parfois est nécessaire ? On est douze enfants avec mes parents, et j'ai toujours été la plus solitaire de tous les enfants. D'abord je ne déjeunais pas avec mes frères et sœurs, mais avec mes parents à part.
J'ai toujours voulu mon univers toute seule et à part, et curieusement mes parents ont toujours accepté. Ils disaient toujours à mes frères et sœurs, elle ne l'emmerdait pas avec ses affaires, lui ne prenait pas ses affaires, ça va encore mal finir. Lui ne touchait pas ses affaires, par exemple, j'avais ma trousse, mes affaires scolaires, moi je ne perdais pas mes affaires, j'étais très soigneuse.
Ce n'est pas la solitude, parce que j'aime être entourée, mais être solitaire, moi ça me permet de me ressourcer. Rachida Dati, je vous tends maintenant le miroir de la parole. Voici le miroir de la parole, le beau miroir de la parole.
Quand vous plongez dans ce miroir, quand vous plongez votre regard, ça vous fait rire, tant mieux. Un petit coup de claquette. Ah, vous voulez mettre un petit coup de claquette ?
Pas du tout, non, non, non, non. Bon, quoi qu'il en soit, que voyez-vous réellement dans ce miroir ? En vous regardant, vous avez du mal à vous regarder, Rachida ?
Oui, j'ai du mal à me regarder. J'ai du mal, par exemple, je ne regarde jamais mes interviews, je n'aime pas ma voix. Ça, c'est encore autre chose, et je veux le comprendre.
Donc voilà, si je me regarde le matin, comme ça, ça me permet de voir si je suis bien. Alors, que voyez-vous, là ? Vous vous regardez, vous voyez quoi ?
Non, mais moi, comme je n'ai pas de certitude, je doute toujours, tout le temps. Donc, je doute, donc...
D'ailleurs, ça génère de la tension chez moi, et ça génère de la tension autour de moi. Est-ce que je vais y arriver ? Et même quand j'y arrive, je me dis, est-ce que ça va durer ?
Est-ce que c'est des choses très...
On n'échappe pas à son enfance. Donc, par exemple, avec ma fille, je ne veux pas qu'elle manque de quelque chose. Je projette ce que je n'ai pas eu, et donc, voilà, je n'ai pas une totale confiance en moi.
Moi, j'adore, vous ne vous regardez pas du tout. Et pourtant, non, mais c'est bien de reconnaître que vous n'avez pas une totale confiance en vous. Et quel mot unique pourrait éventuellement résumer votre personnalité profonde, toujours dans ce miroir que vous ne regardez pas ?
Mais vous me regardez, donc, écoutez...
Moi, je pense l'empathie. J'aime les gens. L'empathie.
Vous pouvez venir avec moi partout. Je parle avec tout le monde. J'écoute tout le monde.
Je suis très attentive aux détails. Je regarde les gens quand ils viennent à une réunion, comment ils sont. Moi, je vois bien, je parle à un premier rang, je vois bien les gens qui sont un peu plus loin, les gens qui sont sur le côté.
Je vois le regard. Je vois parfois une petite attente. Les gens qui n'osent pas vous demander une photo, quelqu'un qui veut vous parler, mais qui n'ose pas.
Et donc, c'est ce rapport-là qui fait que j'aime la politique. Ce miroir, que pourrait-il vous reprocher ? Avec franchise.
C'est bon, là, on peut être un peu apaisé. Il faut arrêter parfois d'être toujours en mode « on ». J'ai repris une expression que m'avait dite Nicolas Sarkozy.
Il m'a dit « arrête d'avoir toujours tous les capteurs ouverts, les capteurs de la sensibilité, les capteurs de l'émotion, les capteurs de la vie. » Donc, voilà, parfois, on peut un peu poser ses valises. Voilà.
Et vous êtes totalement apaisée au moment où nous partageons cette interview. Totalement. Rachida, de quoi la politique vous a-t-elle guéri ou protégée ?
Je vous reprends le miroir, parce que je sens que l'exercice est compliqué. En tout cas, la politique ne m'a pas apaisée. Ça, c'est une chose.
Ça, c'est vrai. Mais la politique, ça permet de ne pas, justement, de ne pas baisser la garde. Parce que les combats ne sont pas terminés.
Elle vous a guéri de quoi, la politique ? De dire qu'on peut changer la vie des gens. Moi, j'ai toujours lutté contre les déterministes.
Je disais, c'est pas parce qu'on est pauvre, c'est pas parce qu'on ne sait rien, c'est pas parce qu'on ne sait pas lire, pas écrire, qu'on n'a pas de moyens matériels, qu'on ne peut pas y arriver. C'est-à-dire que l'intelligence, elle n'est pas liée à ça. Et donc, voilà, il faut continuer ces combats, parce que c'est jamais gagné.
Quelle est la question que personne ne vous a jamais posée, mais que vous auriez aimé entendre un jour ? Vous avez le temps de prendre le temps pour trouver cette question que personne ne vous a jamais posée, Rachida Dati. Est-ce que finalement, la virulence des attaques et des insultes, est-ce que tu es blessée ou atteinte par toutes ces outrances, ces insultes et ces attaques ?
On a l'impression que personne n'y pense jamais. Moi, je pense que je passe outre, parce que j'ai vécu plus douloureux que cela. Mais bien sûr que ça blesse et que ça heurte, et en particulier depuis que je suis maman.
Vous en parlez dans cette interview, et très souvent, vous êtes maman. Qu'est-ce que votre vie personnelle vous a appris sur vous-même que la politique ne vous a jamais encore révélée ? Je ne pouvais pas avoir d'enfant, donc tout le monde me disait « Bonjour, vous avez des enfants ? » Non, « Ah, pardon ! » Parce que pendant longtemps, c'était aussi...
C'est-à-dire qu'une femme qui n'avait pas d'enfant, c'était compliqué, en société, si je puis dire. Et après, quand j'ai été enceinte de Zohra, moi j'avais des amis qui me disaient « Tu verras, ça va changer ta vie. Tu vas même être une autre personne. » En fait, vous ne changez pas, mais la maternité a révélé des choses que je n'avais pas réglées dans ma vie, ne serait-ce que les angoisses.
Moi, j'ai toujours peur de perdre ma fille, donc je suis toujours en angoisse permanente. Donc ça a révélé ça, la maternité. Moi, ça ne m'a pas apaisée.
Ça m'a apaisée parce que je suis tellement heureuse de la voir, mais ça n'apaise pas au quotidien parce qu'on veut toujours que tout aille bien. Vous vivez aujourd'hui avec une jeune fille de 17 ans, donc c'est une ado, évidemment. Ça vous fait sourire, ça vous fait rire même.
Oui, c'est pas simple. Absolument. J'allais justement vous poser cette question.
Comment vivez-vous cette période si particulière ? Maman d'une ado, Rachida Dati. Il y a tout qui est en ébullition à 17 ans, tout.
Donc c'est pas simple. Tout ce que je fais ne va jamais. Moi, je suis très impliquée dans cette scolarité.
Donc elle me demande sur les réunions de parents d'élèves de ne pas parler, de ne pas poser de questions, de ne pas parler aux autres parents. Elle me dit, la ramène pas. Je cite.
Maman Rachida, tu ne parles pas. Pourquoi ? Parce qu'elle ne veut pas, elle a toujours peur.
Elle dit, oui, tu veux encore dire que tu es mère du 7e arrondissement. Je dis, mais ça n'a rien à voir. Elle dit, non mais c'est bon, tu ne parles pas.
Si tu veux poser des questions, tu téléphones après, mais tu ne parles pas. Tu restes comme ça, tu ne dis rien. Et selon vous, c'est compliqué d'être la fille de Rachida Dati pour Zohra ?
Je pense que oui. Je pense que pour elle, c'est très compliqué. Elle a vécu une époque très compliquée.
On n'a pas du tout le même tempérament. On n'a pas du tout la même personnalité. Donc elle, elle intériorise.
Et elle a beaucoup de peine parce qu'elle croit que, par exemple, toutes les attaques, les outrances, tout ce que je me prends, elle s'interroge de savoir s'il y a des choses qui sont vraies et qui sont vraiment ordurières. Et puis l'autre aspect, c'est qu'elle se dit, mais est-ce que maman, elle peut tenir le coup ? Voilà.
Donc elle lui dit, maman, tu ne vas pas mourir, mais maman, tu ne vas pas être malade. Ça l'angoisse. Et donc je sais que ça ne va pas.
Voilà. Et donc je lui dis, Zohra, on arrête. Il n'y a pas de problème.
Voilà. J'ai choisi cette vie. Et donc, cette vie, elle ne m'est pas imposée.
Et donc, ne t'inquiète pas si demain, c'est trop douloureux, c'est trop violent. Si je venais à tomber malade, j'arrêterais parce que je le ferais pour toi. Et donc, ne t'inquiète pas.
Quelque part, vous lui volez, ou plutôt la politique lui vole une partie de son enfance et aujourd'hui de son adolescence ? Ah ben ça, c'est sûr qu'elle me reproche de ne pas être souvent avec elle. Elle me le reproche.
Et quand je suis avec elle, elle me reproche d'être sur mon portable. Ça, c'est vrai, aussi. Je me rappelle que je suis un jour en plein dîner et je suis sur le portable et elle m'a posé une question et je n'ai pas entendu, en fait.
Elle s'est mise à me hurler dessus. Je lui dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Elle me dit, c'est pour te montrer que je suis quand même peut-être ici.
Et c'est vrai, je n'entendais pas ce qu'elle était en train de me dire. Et puis, elle est fille unique. Donc, elle focalise aussi tout sur moi.
Alors, elle focalise tout. C'est-à-dire qu'elle veut que tout se passe bien. Elle focalise tout.
Elle aimerait que je sois avec elle. Voilà. Et si elle vous disait, maman Rachida, je voudrais faire comme toi, je voudrais me lancer en politique, quelle serait la réponse ?
Avec beaucoup de sincérité, je ne voudrais pas. Alors, peut-être qu'elle ne le vivrait pas comme je l'ai vécu. Je trouve que c'est quand même extrêmement violent.
Et puis, vous avez une partie de vous qui ne vous appartient plus. Vous êtes en permanence dans votre vie publique. Tout est mélangé.
Moi, le samedi, je fais les mariages. Le dimanche, je vais à la messe où on va faire des courses toutes les deux et autres. On est interpellé tout le temps.
Donc, votre vie ne vous appartient pas totalement. Et après, il faut résister. Il faut résister aux critiques, aux attaques.
C'est quand même très violent. Même si on fait genre même pas mal. Mal un petit peu quand même.
Donc, je me dis, est-ce qu'elle pourra supporter ça ? Très honnêtement, je ne lui souhaite pas. Là, c'est la mère qui parle, je ne lui souhaite pas.
Quelle est la chose que vous aimeriez que votre fille comprenne de vous au-delà de votre image publique ? Au-delà de l'image publique, elle me voit réagir. Des fois, quand elle me voit en interview, ou réagir, ou quand on rit et tout.
Je ne suis pas très différente de la personne publique. Non, moi, ce que je veux qu'elle soit sûre, c'est que je serai là toujours, que je suis avec elle, que je l'aime plus que tout. Ça, je veux vraiment qu'elle le comprenne.
Que je n'ai pas fait un choix de ma vie professionnelle ou publique contre elle ou à ses dépens. Elle est ma priorité. Elle est ma priorité, même si je ne passe pas beaucoup de temps avec elle.
Même si parfois, c'est compliqué, elle reste, elle demeura toujours ma priorité. Vous avez du mal à vous regarder en lumière. Votre fille vous regarde à la télévision ?
Que pense-t-elle de sa maman quand elle passe à la télévision ? Elle ne me le dit pas. Jamais.
Jamais, jamais ? Jamais. En fait, c'est parce que soit la nounou qui est avec elle ou soit ma sœur, elles me le disent.
Elles me disent « Tiens, t'as regardé ce soir. » Elle ne voit pas des reproches ? Elle ne voit pas tous les défauts de ça à sa maman ?
Non, c'est si je m'énerve sur quelqu'un, par exemple, en revue des petites battles que j'ai au conseil de Paris avec Anne Hidalgo. L'exceptionnel s'invitait dans nos vies, mais bien sûr aussi du quotidien. L'exceptionnel dette que vous avez...
Alors, quels sont ses choix ? L'État nous tourne le dos. Alors, face à ce désengagement, à son manque de...
Et nous remboursons aussi notre dette climatique. Pour arrêter le frac ? Et nous...
Alors ça, elle n'aime pas du tout. Pourquoi tu lui parles comme ça ? Je dis « Mais elle aussi, elle me parle comme ça. » Donc, elle me dit « Oui, c'est pas une raison. » Alors ça, c'est marrant.
Elle me l'a toujours reproché. Et puis surtout qu'elle l'avait déjà rencontrée. Donc, elle estime que ça ne se fait pas quand on connaît les gens et tout.
Donc, c'est très drôle, son approche. C'est comme quand il y avait eu les primaires pour la politique. Il y avait tout le monde, Alain Juppé, François Fillon, « Tiens, on va regarder toutes les deux. » On s'est mis dans mon lit.
On regardait les primaires. Et c'était violent entre eux. « Toi qui nous l'as imposé, et tu étais bien incapable d'imposer ni au Premier ministre ni au Président de la République, quoi que ce soit. » « Nous étions bien nombreux à l'Assemblée à la demander. » « Qu'aujourd'hui. » Et elle me dit « Mais maman, vous êtes la même équipe, là ? » Je lui dis « Oui. » Elle me dit « Mais ça ne se fait pas, quand même. » « Dans la même équipe, on ne s'insulte pas, on ne s'attaque pas. » Elle, ça la choque, ça. « On est dans la même équipe. » « Bon, on n'attaque pas. » Et donc, ça, elle a ce petit côté qu'elle n'aime pas chez moi.
Rachida Dati, on va faire un exercice simple. Je vous pose une série de questions qui commencent toutes par « C'est quoi ? » Et vous répondez alors sans filtre afin de voir ce qui vous guide vraiment pour Paris.
Êtes-vous prête ? Totalement. C'est quoi le premier souvenir qui vous rappelle pourquoi cette ville compte pour vous, Rachida Dati ?
Premier, si vous vous souvenez, j'arrive avec un sac Gare de Lyon et ma vie change. C'est quoi le moment où vous vous êtes dit que vous pourriez un jour diriger Paris ? Le moment précis, le fameux déclic.
Quand j'ai été réélu maire du 7e la première fois. Quand vous êtes élu la première fois, vous vous dites « C'est peut-être un coup de bol. » Quand vous êtes réélu, c'est quand vous avez voulu.
Et là, je me suis dit « Cette ville, je l'aime. » Cet arrondissement, moi, j'adore le 7e arrondissement. J'y suis vraiment attachée et j'y suis ancrée.
D'abord, une élection, ce n'est pas une nomination. C'est un acte d'amour que vous font des gens qui votent pour vous. Donc, ils vous veulent.
Et je me suis dit « Cette ville qui a changé ma vie et mon destin, je la veux comme elle m'a adoptée. » C'est quoi le sacrifice que vous seriez prête à faire pour Paris même si personne ne le sera ? À part ma fille, je fais tous les sacrifices.
C'est-à-dire, à part votre fille ? Je ne sacrifierai jamais ma fille ou dépend de ma fille. Tout le reste, je prends tout.
Je sacrifie tout. Je veux changer cette ville. C'est quoi le prix personnel que vous êtes prête à payer pour diriger Paris ?
Celui que personne ne verra. C'est votre vie personnelle, c'est votre vie intime. Vous sacrifiez vos soirées, vos week-ends.
C'est sûr que pour quelqu'un qui vit avec vous, c'est compliqué parce qu'il n'est pas prioritaire. Il y a quelqu'un qui vit avec vous, Rachida Dati. Votre réponse me suffit.
Votre silence me suffit. Rachida Dati, merci. Portez-vous bien et vive la vie.
Oui, vive la vie. Sous-titrage ST' 501
Rachida Dati