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interviewSénat (sur YouTube)· 5 février 2026 69 min

Grande distribution : Audition de Dominique Schelcher

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et bien mesdames messieurs, je vous propose que nous débutons. et monsieur un collaborateur mais je pense que vous ne prendrez pas la parole. Donc merci beaucoup de de votre présence messieurs.

Donc vous le savez, la règle des commissions d'enquêter de prêter serment avant d'être entendu. Donc je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission est passible des peines prévues aux articles 434-13-14 et-15 du code pénal et notamment de 5 années d'emprisonnement et de 75000 € d'amende. Donc je vais vous demander s'il vous plaît de prêter des serment de dire toute la vérité, rien que la vérité en levant la main droite, en ouvrant votre micro et donc en disant je le jure.

Je le jure. Merci monsieur. Je le jure.

Merci. Merci messieurs. Par ailleurs, avez-vous des liens d'intérêt ou des responsabilités à à nous signaler des responsabilités dans le domaine de l'industrie ? par ailleurs qu'on aurait pas bien identifié.

Non, rien. La présidente. Non.

Très bien. Merci beaucoup. Euh donc je pense que vous le savez, notre haute assemblée a constitué le 25 novembre dernier cette commission d'enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution afin d'éclairer mieux les concitoyens et la représentation nationale sur la construction des prix dans notre pays afin d'analyser l'influence des acteurs de la chaîne sur le niveau des prix pour le consommateur et leur caractère inflationniste ou non. euh afin d'examiner euh de manière plus précise le partage de la valeur ajoutée tout au long du processus de production et de commercialisation des produits et enfin afin de nous assurer que les fournisseurs en amont donc notamment les agriculteurs mais pas que puisque nous nous interromons à l'ensemble des produits commercialisés bénéficie donc bien d'une rémunération la plus juste possible.

Donc nous attendons de de cette audition qu'elle nous éclaire bien évidemment sur le fonctionnement et les pratiques de la grande districtution en l'occurrence de de la coopérative U qui occupe une place singulière en tant que coopérative mais en tant aussi que 4e je dirais distributeur en terme de chiffre d'affaires et dont je dirais la bonne santé économique, je sais pas si on peut dire ça dans un contexte difficile mais en tout cas la relative bonne santé économique de ces ces dernières années euh interroge ou en tout cas amène un certain nombre d'échanges avec vous messieurs. Donc on sera particulièrement intéressé sur les conséquences que de enfin qui sont qui tiennent à la nature de votre organisation, c'estàdire une coopérative sur la fabrication des prix mais également sur la manière finalement aujourd'hui dont vous appréhendez la fabrique du prix euh dans votre stratégie d'entreprise et dans votre stratégie de commercialisation euh et bien sûr sur la manière dont vous construisez euh vos nécessaires marges. euh mais dans le respect des de l'ensemble des maillons de la chaîne de production.

Euh et également sujet qui qui préoccupe aujourd'hui enfin qui pose aujourd'hui beaucoup de questions, c'est la place des centrales d'achat notamment européennes et des centrales de services notamment européennes dans cette construction euh du prix et dans cette bonne répartition de la valeur ajoutée donc de la juste rémunération de chaque maillon du système de production. Voilà. quelques pistes que vous aviez je pense bien en tête.

Donc ce que je vous propose c'est de vous laisser la parole monsieur Chelcher peut-être 10 minutes euh pour une présentation des points qui vous semble principaux majeurs, enfin ce que vous vous tenez à nous dire sur ces sujets. Ensuite madame la rapporteur vous posera un certain nombre de questions et n'essaie de réserver toujours un temps un quart d'heure 20 minutes en fin de séance pour que nos collègues puissent aussi poser leurs questions. Voilà donc sans plus tarder je vous laisse la parole monsieur Chelch.

Merci madame la présidente. Alors madame la présidente, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénateurs, avant toute chose, je voudrais compléter en quelques mots votre présentation de Coopérative U. La Coopérative U a fêté ses 130 ans en 2024, soit presque un siècle et demi, donc de transformation, de développement au diapason de la société jusqu'à devenir aujourd'hui, comme vous l'avez dit, le 4e acteur de la distribution en France.

Derrière Coopérative Vu, il y a un collectif de 1200 associés. Nous nous appelons associés car nous possédons et partageons des outils en commun, notamment notre logistique, notre informatique et un certain nombre de services. Nous travaillons en Binomar, donc un patron de magasin à côté d'un salarié permanent.

Et donc je suis d'ailleurs venu aujourd'hui avec mon binôme à moi, Sylvain Ferry, directeur général délégué de notre coopérative. Nous sommes tous propriétaires de nos points de vente. Pour une grande part d'entre nous, nos magasins s'inscrivent dans une histoire familiale.

Nous les exploitons dans des territoires majoritairement ruraux et des villes moyennes, des sous-préfectures où nous résidons parfois depuis notre naissance et où nous investissons donc sur le long terme. 50 % de nos magasins sont situés dans des villes de moins de 5000 habitants. Le mien est d'ailleurs à Fessenheim dans la campagne alsacienne et faite cette année ses 40 ans.

Au total, nous formons un réseau de 1900 magasins de tout format. Et ça c'est vraiment une caractéristique originale de Coopérative U d'avoir tous ces formats aux enseignes donc HyperU mais des hyper à taille humaine SuperU Upress ou utile la petite proximité autour de 300 m² et vendons de l'alimentaire surtout mais aussi une offre non alimentaire attendue à la campagne. Notre force réside dans ce multiformat variété de formats et en réalité variété de métiers.

Ce n'est pas la même chose d'être à la tête d'un hyperu et d'un utile. 80000 collaborateurs travaillent chaque jour dans notre groupement et surtout nous sommes des clients très importants, des producteurs locaux. Nous aurons sans doute l'occasion d'y revenir plus en détail.

Nous sommes un client important et fidèle de la ferme France en général au sein d'un secteur dont on dit souvent qu'il commercialise 40 % de la production française. C'est aussi donc une grande responsabilité. Notre marque distributeur porte beaucoup d'engagement à ce titre et est une source d'innovation.

Car nul ne peut ni ne doit l'ignorer. Cette ferme France qui est le terro de notre souveraineté est aujourd'hui en crise une crise polymorphe aux cause multiples mais une crise de revenus, il ne faut pas le cacher. D'autant que les consommateurs connaissent eux aussi au même moment de profondes difficultés de pouvoir d'achat.

Comme dans toute la chaîne, la chaîne agroalimentaire repose sur un équilibre subtil et fragile entre chacun de ces maillons. Et j'ai l'habitude de dire que sa force réside dans celle de ces maillons les plus faibles. Force et de constater qu'ils sont tous très fragilisés en ce moment.

Il est donc sain et nécessaire de s'interroger comme vous le faites sur les équilibres de cette chaîne, sur les dynamiques de répartition de la valeur. Nous assumons pleinement chez U d'être un facteur important de cette équation. Nous réfutons en revanche être la cause principale de ces déséquilibres dans un esprit constructif qui caractérise notre coopérative.

Nous essaierons aujourd'hui de vous le prouver non pour désigner des coupables, mais pour contribuer à faire émerger des solutions. Sur le sujet des marches, puisque c'est le thème de travail de votre commission d'enquête, je souhaiterais d'embler vous préciser certains éléments de notre politique. Tout d'abord, nous croyons vertu de la transparence.

Sans transparence, pas d'équilibre possible dans la chaîne alimentaire. pas de sincérité dans les échanges entre ces maillons. Je ne parle pas bien souvent des PME avec qui les relations chez sont de longues date très bonne.

Nous pourrons d'ailleurs évoquer les négociations qui viennent de se conclure avec elle et avec qui la transparence n'est pas entravée par une option 3 assez opaque qui pose question puisqu'elle n'est choisie que par je dirais les plus gros acteurs du marché. Option 3, je le rappelle, qui ne prévoit pas l'obligation de préciser si la matière première est française ou pas. On nous propose de sanctuariser une matière première dont on ne connaît même pas l'origine.

Ça c'est vraiment quelque chose, je pense, dont on dont il faut parler. J'estime que chez eu nous jouons pleinement le jeu de la transparence. Nous avons été la première enseigne à faire des campagnes de transparence en décomposant le prix des produits car nous avons à cœur de faire de la pédagogie sur un sujet où existe beaucoup de fantasmes.

Pousser un CAD et comprendre le fonctionnement d'un rayon, ce sont deux choses totalement différentes différentes. Avec un institut de sondage partenaire et lab, nous avons interrogé en 2025 les Français sur ce qu'ils pensaient être le résultat d'un distributeur. En moyenne, ils ont répondu 16,8 % de résultat final, presque 10 fois plus que la réalité, car nos marges sont transparentes pour ceux qui veulent bien les regarder avec objectivité.

Nous communiquons chaque année en toute transparence nos données à l'OFPM, observatoire de la formation du prix et des marges qui établit un rapport très éloquent. Nous gagnons évidemment de l'argent sur certains rayons, mais nous en gagnons moins sur d'autres dans un équilibre de marché qu'il est complexe de gérer et qui est très challenger dans notre univers concurrentiel. C'est ce que l'on appelle la péréquation des marges qui est une stratégie commerciale et financière vieille comme le commerce.

Chez nous, ce système de péréquation des marges débouche sur des résultats que nous avons présentés publiquement. Pour 100 € dépensés par les consommateurs dans nos magasins, il nous reste 1,94 € en moyenne, un seuil en dessous duquel nous ne pouvons pas descendre comme je vais tenter de vous l'expliquer. J'en viens à mon second point, la compétitivité.

Elle n'est pas un gros mot. Il n'y a rien d'infamant à chercher la compétitivité. Au contraire, c'est une nécessité.

Et pourtant, il y a un contexte très défavorable en France. C'est je pense que beaucoup des mots dont souffre l'agriculture mais aussi une partie de la chaîne agroalimentaire et infiner les consommateurs trouvent leur origine dans le fait qu'en France la source de la compétitivité s'est tari ces dernières années. L'empilement de normes, le coût du travail, la complexité parfois administrative et l'inflation fiscale font barrage à la création de richesse et donc au partage de cette richesse.

On ajoute à cela les mêmes mots au niveau européen et on a parfois dans certains domaines une double difficulté. J'en veux pour preuve que pour la première fois depuis 1978, la balance commerciale agroalimentaire française pourrait être négative et en matière d'exportation, la grande distribution ne fait pas partie de l'équation. Il est donc difficile de nous imputer à nous seul le déficit de compétitivité de l'agriculture française.

Bien au contraire, le secteur de la grande distribution souffre en partie d'entrave également à sa compétitivité. Les déboirs de plusieurs grandes enseignes actuellement nous le rappellent. J'avais déjà été auditionné en commission d'enquête en 2019 à l'Assemblée nationale sur le même sujet.

Bien de mes propos aujourd'hui seront les mêmes, mais il y a une nouveauté majeure, c'est que la grande distribution est en crise également et que nous sommes entrés en décommercialisation. D'ailleurs, la désindustrialisation est générale et ne concerne pas que l'agroalimentaire. preuve que les racines sont malheureusement profondes et cela s'accélère ces derniers temps.

Et alors que nous avons pourtant un autre grand défi devant nous, la transition environnementale, mais aussi l'amélioration de la qualité de l'alimentation qui est un grand cheval de bataille chez U, on veut réguler et décarboner finalement parfois on désindustrialise. Tout cela est une question d'équilibre. Nous ne pouvons pas nous permettre de passer sous un certain niveau de marge, sauf à compromettre la viabilité de nos magasins et des investissements vitaux nécessaires.

Ce que nous gagnons en compétitivité, les agriculteurs le gagnent en débouché rémunérateur, les Français en emploi et les consommateurs en pouvoir d'achat. Je n'ai pas à vous rappeler que nous avons connu une période d'inflation historique. En quelques années, les produits alimentaires ont connu une augmentation de plus de 24 %.

C'est notamment pour cela que nous avons mis en place une alliance à l'achat qui s'appelle Concordis avec notre partenaire Carrefour et les Allemands afin de gagner en compétitivité à l'achat. J'imagine bien sûr que nous y reviendrons. Car pour terminer ce propos, permettez-moi tout de même d'introduire un troisème terme dans ce débat précieux de transparence et de compétitivité, celui d'équité.

Dans cet équilibre fragile de la chaîne agroalimentaire française, l'arrivée de certains nouveaux acteurs a été un facteur de déstabilisation. à nos yeux insuffisamment pris en compte. Je parle bien sûr de la concurrence d'Ardiscounter venue de l'étranger comme Action qui possède 900 magasins en France et qui n'est pas soumis aux mêmes règles.

Dans cette dernière chaîne, bien les produits sont vendus en langue étrangère car ils ont été achetés à un niveau international avec simplement un sticker en langue française pour assurer la légalité. Je pense aussi à des acteurs du numérique comme TMU ou Chine qui prennent des parts de marché avec un modèle économique complètement différent avec des visées de conquête fortes sur l'Europe en général et la France en particulier. Ce phénomène affaiblit tout particulièrement les commerçants de nos centres villes.

Je crois aux vertus de la concurrence, mais je suis aussi convaincu qu'il n'y a pas de concurrence loyale sans règle équitable. Et je suis persuadé que la reconquête de nos souverainetés tant agricoles qu'industrielles, ébranlée par la situation actuelle ne sera pas possible sans un contrôle plus grand de ces nouveaux acteurs du commerce. Notre avenir est compromis si l'un des maillons craque, d'où l'intérêt de trouver des solutions ensemble.

Le modèle consumériste passé est derrière nous. Les attentes des clients sont différentes dans un contexte notamment de vieillissement de la population. Outre le sujet de la compétitivité, nous devons urgemment nous remettre en cause avec courage mais aussi avec détermination s'il y a urgence et que tout n'est pas perdu.

Merci madame la présidente. Merci beaucoup monsieur le président. Euh donc pour avoir respecté le temps, on va laisser la parole maintenant à madame la rapporteur pour une première question.

Merci monsieur le président. Je note plusieurs choses que nous partageons dans votre propos introductif. Tout d'abord effectivement que cette commission d'enquête est bien liée à la crise à la fois du pouvoir d'achat pour les consommateurs et du pouvoir de vivre pour les agriculteurs.

Et c'est bien en prenant ces deux extrémités de la chaîne que nous nous sommes intéressés à l'ensemble de la chaîne dont vous êtes un maillon essentiel. Donc merci euh d'être d'être présent ici et de pouvoir et de répondre à quelques questions que je vais vous poser. La première que j'aimerais vous poser, c'est que vous n'avez pas participé au rachat des super et hypermarchés du groupe Casino au motif qu'il s'agissait d'acquérir que des fonds de commerce et non l'immobilier.

Est-ce que vous pourriez nous expliquer dans quelle mesure cette distinction influence le calcul des marges notamment lorsqu'un magasin est exploité par deux sociétés ? L'une qui gère d'un point de vue commercial, l'autre qui possède les murs et qui facture. Est-ce que c'est un point si important qui fasse que vous n'ayez pas répondu à cette que vous n'ayez pas participé au rachat ?

Très bien. Coopérative a reçu très tôt le dossier casino de la part des vendeurs et nous l'avons étudié extrêmement tôt et nous nous sommes rendus compte dans l'étude de ce dossier qu'effectivement à ce moment-là sur les 300 magasins commerce vendus essentiellement on ne vend n'était en vente que des fonds de commerce et pas l'immobilier, donc les murs et cetera. Et ces murs avaient été vendus euh plusieurs années précédemment par le groupe Casino à des investisseurs extérieurs, privés euh qui pratiquaient à nos yeux euh des loyers relativement euh élevés.

Donc il y a il y a il y a deux éléments qui nous ont conduit à reculer face à ce sujet et qui a été une décision véritablement collective au sein de notre coopérative puisque je je me souviens avoir fait le tour de nos régions et avoir soumis ce sujet à mes collègues patrons. Le premier sujet c'est que historiquement notre fonctionnement c'estit effectivement d'être propriétaire du fond de commerce et de l'immobilier. Souvent dans la même structure essentiellement dans la même structure.

Pourquoi ? Parce que en faisant cela, vous maîtrisez votre destin. Vous n'êtes pas à la mercie d'un propriétaire extérieur qui peut d'une année sur l'autre vous imposer une augmentation de loyer et donc que vous ne maîtrisez pas et ça peut déstabiliser votre fonctionnement.

Premier point, donc déjà il y a il y a une vision je dirais de cohérence par rapport à notre valeur. Et la deuxième vision c'est que malgré tout, on a observé et regardé un certain nombre de ces loyers, ces loyers souvent nous semblaient trop élevés par rapport à la réussite d'une exploitation. Donc je peux vous dire que dans notre mode de fonctionnement à nous, on estime qu'un dans les rares cas où nos patrons ne sont pas propriétaires, quand ils sont locataires, on essaie d'être entre 2 et 3 % du chiffre d'affaires annuel en terme de loyer.

Et là, on était souvent bien au-delà et dans des conditions qu'on ne maîtrisait pas forcément. Donc, nous y avons tout simplement renoncé. Pour vous éclairer encore, je je tiens à dire que pour préparer euh les réponses à vos questions par écrit que vous obtiendrez bien sûr après la commission, j'ai vérifié sur notre plus grande région qui est la région Ouest, on a un grand nombre de magasins.

Dans cette région, 95 % de mes collègues sont propriétaires de leur immobilier. C'est que dans 5 % des cas qu'ils ne le sont pas. Ce ce chiffre montre un peu plus haut en ville parce qu'en ville souvent, bon là, il y a des propriétaires, c'est souvent plus élevé. euh et cetera, mais nous nous fixons toujours pour obtenir, je dirais, une rentabilité et un commerce euh je veux dire qui puisse s'équilibrer d'être entre 2 et 3 % s'il y a un loyer et pas beaucoup au-delà.

Sinon, c'est déséquilibré sur le plan économique. Donc, si vous voulez, c'est une approche à la fois de modèle. On reste nous fidèles à ce que nous sommes et deux, on n' pas toujours vu dans cette approche de d'équilibre économique et même on y voyait des dangers pour un exploitant individuel indépendant.

C'est très clair. Je vous remercie. Est-ce que vous pouvez nous présenter, vous avez commencé à le faire, la marge du groupe consolidé en décomposant les calcul, donc ce qui relève des achats, des charges de fonctionnement, des salaires et cetera comme l'ont déjà fait d'autres d'autres enseignes ici.

Absolument. Euh si on part d'une base de 100 qui est 100 % de chiffre d'affaires, il faut pour faire vivre un magasin superu par exemple standard que notre marge globale se situe on va dire entre 24 et 25 % environ. Donc souvent plus proche de 24 que de 25.

Ça c'est le résultat donc de la vente des des produits moins le prix d'achat. Ça nous dégage notre marge. Avec cette marge, que couvrons-nous ?

Nous nous couvrons une série de grands postes de fonctionnement. Le poste le plus important dans notre métier, ce sont les frais de personnel, la masse salariale qui est d'environ aujourd'hui 12 à 12,5 %. Euh voilà, donc à partir du 24 par exemple 24,5 %, il faut enlever 12,5 % de frais de personnel qui est une somme qui a évolué favorablement ces derniers temps.

Avec l'inflation également, on a essayé, on a une grille de salaire dans notre profession assez dynamique et donc c'est quelque chose qui a plutôt bien progressé. Ensuite, nous enlevons les frais généraux. Ces frais généraux se situent entre 6 et 7 %.

Qu'y a-t-il dans les frais généraux ? Il y a l'énergie, l'électricité, l'eau. Il y a l'entretien, les réparations qui sont dans des établissements comme les nôtres, des sommes relativement importante.

Vous avez l'assurance, vous avez la publicité qui est un des postes les plus importants quand on regarde en détail. Donc la publicité, ce sont les tractes, les prospectus, ce sont les opérations digitales, ce sont les opérations de fidélité. C'est un des postes les plus importants au sein de ces charges, les services bancaires euh et différents frais généraux d'entretien et cetera.

Ça représente donc entre 6 et 7 %. Ensuite, il y a les charges fiscales, l'ensemble des impositions auxquelles nous sommes soumis évidemment hors de la TVA qui est plutôt traité en haut. Mais là, je parle de la CET, de la CVAE, de la taxe, la TASCOM, la taxe sur les grandes surfaces, tout cela représente un peu moins de 1 %.

Et le dernier grand de po de charge qu'on vient d'falquer du de la marge que je vous ai décrit tout à l'heure, c'est ce qu'on appelle le coûte outil économique, c'est-à-dire les les investissements ou les loyers. Quand vous êtes dans un mode loyer, le loyer que vous payez au propriétaire qui vous loue le bâtiment est situé à ce niveau-là. Quand vous êtes en mode exploitation propriétaire, là vous avez le décompte des amortissements annuels, des charges de remboursement de vos emprunts.

Notre cycle d'investissement dans une entreprise comme la nôtre, c'est 12 ans pour l'immobilier, 7 ans pour le matériel. Donc ce sont des cycles de remboursement et donc toutes les charges d'intérêt par exemple se situent à ce niveau-là. Donc en partant d'une charge d'une marge d'environ 24 on va dire,5 %, on enlève ces différents postes de charge.

Il reste environ au magasin 2 % de résultat net, ce qui est le cas. Je citais dans mon discours 1,94 €. On avait cité ce chiffre là parce que c'était un mensuel professionnel qui l'avait publié.

Donc c'était une référence après des l'étude de bilan. Donc on avait dans notre publicité, on était parti là. Mais en moyenne, c'est environ 2,2 %.

Ça peut monter un tout petit peu plus mais c'est 2 %. Voilà, voilà le fonctionnement d'un compte d'exploitation d'une entreprise. Je vous remercie.

C'est en effet très clair. Vous évoquez la question de la publicité. J'en profite effectivement pour vous parler de la question des centrales de services.

Alors pourquoi ? parce que un des un des sujets des services est de pardon de vendre de la publicité, de l'événementiel et cetera. Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous fonctionnez chez coopérative U avec votre centrale de service ?

Euh combien ces centrales facturent-elles globalement ? C'est-à-dire que ce que j'aimerais savoir, c'est la différence entre le prix fournisseur et le prix d'achat effectif. C'est-à-dire une fois qu'on a enlevé tous les services commercialisés.

Euh voilà et puis après nous dire comment cette centrale enfin pardon comment euh comment ce qui est collecté par la centrale de service est consolidé dans les différents comptes soit de vos magasins, soit dans le compte consolidé de coopérative. Alors pour vous expliquer le fonctionnement, donc nous avons créé avec notre partenaire Carrefour et les Allemands RTG une centrale européenne qui s'appelle Concordis. cette centrale européenne donc créé l'an passé a euh fait travailler pour ces deux activités de comment dire organisation pour s'agissant de celle que vous décrivez celle des services c'est donc CWTT basé à Genève cette structure existe depuis une trentaine d'années avait été créée de longues dates par Carrefour et donc comme cette structure existait ben les trois partenaires existants, on dit on va pas créer autre chose.

On confie cette mission des de la vente des services au niveau européen à CWT. Que vend CWT ? CWT vend aux industriels effectivement différents sujets, beaucoup de données, des données sur les ventes de produits des industriels concernés, des données par rapport aux ventes des produits autres dans leur catégorie de de produits, donc famille et au-delà. différents sujets d'indicateurs de performance qui permettent aux industriels d'améliorer leur logistique, d'améliorer le taux de rupture dans les magasins, des choses dont ils sont friants et effectivement comme vous l'avez dit de la coordination et du suivi de promotion de concept et action marketing spécifique plutôt au niveau européen, c'est-à-dire quand il y a un grand lancement de produits ou une action au niveau de de tous les pays européens.

Voilà, on vend ces services là. Donc ces servicesl sont facturés au aux industriels dans le cadre d'une discussion, d'une négociation. Il y a un vendeur et un acheteur.

Nous vendons, les industriels achètent euh et ça se fait au rythme annuel. Que deviennent ces revenus ? Ces revenus qui sont dégagés par cette centrale CWT qui représente pour nous quelques dizaines de millions d'euros par an.

Ces revenus rentrent dans le budget de la coopérative. rentrent dans le budget de la coopérative. Ils sont fiscalisés en France évidemment.

Ils ne restent pas à l'étranger. Ils ne ils ne partent pas ailleurs. Ils viennent dans notre budget de coopérative arringis.

Ils sont fiscalisés et ils permettent, je vous le dis comme c'est de boucler notre budget. Et essentiellement aujourd'hui, ces quelques dizaines de millions d'euros nous permettent un par exemple de de d'activer des des promotions en France, de mettre des moyens supplémentaires, mais pour la grande partie pour la grande partie aujourd'hui, il financ nos investissements annuels, il financ notre la modernisation de nos systèmes d'information. Clairement, il finance nos investissements logistiques qui sont lourds.

Ce sont plusieurs centaines de millions d'euros par an. Et très clairement, si nous n'avions pas ce revenu que tous les acteurs du marché ont, ça nous mettrait en difficulté chez Coopérativeu véritablement. Ça nous obligerait par exemple avec Sylvain Ferry à revoir l'enveloppe de nos investissements annuels qu'on ne pourrait pas faire.

Or, ces investissements sont critiques. Nous, on a une dynamique plutôt positive. Madame la présidente l'a dit dans son propos introductif.

Euh et donc par exemple, il faut on a ouvert un nouvel entrepôt il y a 15 jours, on en prépare un pour l'année prochaine. Les systèmes d'information, on investit sur un peu moins d'une dizaine d'années 350 millions d'euros euh sur un grand cycle de rénovation de l'ensemble de nos solutions pour les magasins, dans les entrepôts, pour les équipes de la centrale. Ce sont des sommes considérables.

Ben, je vous le dis en toute transparence et puis c'est le sujet ici. Sans ce revenu là, on serait aujourd'hui en difficulté, donc en difficulté de compétitivité, en difficulté concurrentielle par rapport à nos concurrent, on on c'est un revenu important pour nous et en même temps qui n'est pas je veux dire sans sans fin, sans fond. Mais je vous remercie, c'était très clair.

Euh est-ce que vous pouvez me dire quelle est la différence entre le prix fournisseur et le prix d'achat effectif ? C'est-à-dire, enfin, vous comprenez ma question. Je veux dire par là que le prix d'achat effectif, c'est le prix fournisseur auquel sont retranchés les remises, les ristours, les coopérations commerciales, les marges arrières.

Et donc, j'aimerais savoir si vous connaissez la différence globale en moyenne entre ces deux prix. Alors moi personnellement non, Sylvain. Euh aujourd'hui comme comme vous le savez, on reçoit des CGV, des industriels, donc conditions générales de vente sur laquelle sont annexés des tarifs des tarifs bruts pour chaque produit vendu par nos industriels.

Euh aujourd'hui, on parle souvent, vous vous avez sûrement entendu 1er net, 2e net, 3e net, 4e net, 5e net. Bon, même 8e, 9e, 10e, même peut-être 10e. Oui.

À la à la fin du à la fin du fin, euh la loi aujourd'hui fait que l'ensemble de ces de ces couches de négociation amène un prix d'achat et c'est ce prix d'achat qui euh qui constitue après la marge brute, prix d'achat moins prix de vente sur prix de vente égale marge brute. J'entends. Donc, on dit souvent qu'il y a, on va dire entre le premier net et le deuxème net qui est sur facture, c'est-à-dire qu'il est déduit directement des factures.

Le premier net, ce sont ce sont les conditions générales de vente de l'industriel qui qui fait des remises sur généralement c'est les sujets de centralisation de commande ou de centralisation de livraison. Il y a un deuxième net, c'est les conditions particulières de vente. Puis il y a ce qu'on appelle dans notre jargon le trisème net qui est la ristone globale.

Mais en tout est à cause, tout ça amène à la fin un prix d'achat 3 net qui est celui qu'on enregistre dans nos bases et qui devient le prix de session pour nos pour nos magasins. Voilà. Donc et la différence entre le 1 net et le 3 net en moyenne ?

Euh mais alors quand on est enfin à une époque sous loi Galant, on parlait de marge arrière et on je sais pas si vous souvenez, c'était le tarif et le SRP euh qui était le SRP était le tarif et donc on avait mis en place de la vente de service qui faisait de la marge arrière qui n'était pas forcément qui n'était pas inclus dans la marge commerciale. Aujourd'hui avec les nouvelles lois, c'est c'est terminé hein. Toutes ces toutes ces marges arrières qu'on appelle toujours marge arrière parce qu'on a gardé le nom, elles sont inclus dans la constitution du Oui. la constitution du prix.

Donc quand on parle du du 24 % de marge brutes, bah vous avez aujourd'hui à peu près le le différentiel entre entre un tarif et un et un prix de un prix de session qu'on fait dans nos magasins. Quoi aujourd'hui ? C'est la même chose.

Je pense que c'est je pense que c'est pas ce chiffre là. On vous le communiquera mais vous pouvez me le communiquer ultérieurement après voilà c'est çaok si vous pouvez me dire le la manière dont se constitue les un net de net 3 net par rapport enfin le 2 net 3 net 4 net par rapport au aux tarifs des conditions générales de vente. C'est ça qui me qui m'intéresse.

J'entends qu'elles sont que tous ces ces tous ces prix sont bien inclus dans votre compte de rés enfin dans votre compte de résultat et votre bilan. Donc il n'y a pas d'endroit où des marges seraient constituées sans apparaître. Ah non.

Alors là je vais compléter encore par un autre élément de réponse. La coopérative par essence et statutairement ne fait pas de résultat ou un tout petit résultat. Euh tout va au final au magasin.

D'accord. Il n'y a pas il n'y a rien qui reste au niveau de la coopérative. Le revenu euh comment dire de centrale internationale dont on a parlé tout à l'heure rentre également dans le budget de la coopérative. ne reste pas ailleurs, il permet de boucler le budget de la coopérative et à la fin de l'année, on est quasiment à zéro à la coopérative et dès qu'il y a quelque chose, tout retourne au magasin.

C'est le magasin qui au bout du compte a un prix de session, rajoute une marge, fait son prix de vente et cetera. Mais il n'y a rien qui reste voilà la vocation de la coopérative est de rendre des services, de faire des achats mais de ne pas faire de résultats. Bien, je vous remercie.

Votre directrice produits de grande consommation et FLS, madame Marion Libersac que nous avons entendu hier, nous a dit que les adhérents U étaient libres de fixer leur prix et que la coopérative ne leur retransmettait que des recommandations de prix. Est-ce que vous validez cette affirmation ? Tout tout à fait.

Donc comment nous faisons ? Donc la coopérative fait ses négociations et arrive à un prix de session qui est proposé au magasin. Et par rapport au tarif, nous proposons des tarifs que nous appelons confiance.

Des tarifs confiance à plusieurs niveaux en fonction de l'intensité de la concurrence locale du magasin. Le tarif par exemple T0 va être le plus compétitif, un tarif T1 ou un tarif T2 en fonction de l'intensité de de la concurrence. première chose et la deuxième chose c'est aussi en fonction de la capacité du magasin à dégager une marge.

Un magasin qui est euh comment dire installé depuis longtemps qui a un coût d'outil que je vous présentais tout à l'heure qui est relativement faible a une capacité à proposer des prix beaucoup plus compétitifs parce que ses dettes sont payées parce que son coût d'outil est faible et donc il peut être plus compétitif. Donc un magasin très compétitif choisira peut-être aussi un tarif le plus bas possible. Mais ce sont des tarifs confiance.

Chez nous, le principe c'est la liberté. Les associés sont libres. Mais bien évidemment, bien évidemment que il n'y a pas de grand écart par rapport à ces tarifs.

Pourquoi ? Parce que si sur votre territoire vous ne respectez pas les prix du marché par rapport au concurrent, ben bien sûr les clients vous vous boude vont aller voir ailleurs. Et donc même si nos tarifs sont confiants, ils sont en très grande majorité suivis par nos 1200 patrons de magasin à la tête des 1900 magasins.

Très bien. Donc si je vous résume, il n'y a jamais eu de radiation d'adhérents U parce qu'il ne respectait pas une certaine charte de prix comme cela peut se faire chez certains de vos concurrents. À ce titre là, pas de radiation non à ma connaissance aujourd'hui.

Par contre du dialogue de l'échange des rencontres entre nos dirigeants qui sont les nos administrateurs. On a des administrateurs et un certain nombre de collègues qui parfois s'écartent un peu trop. Ça, il y en a régulièrement.

D'accord. Euh et euh et ça peut être très vif parce que voilà, mais c'est une minorité de magasin qui s'écarte, je dirais, des tarifs confiance. Il y a des régions entières d'ailleurs où où la compétitivité est telle que le tarif est extrêmement suivi.

Donc, les les les grands écarts sont minoritaires et on s'en occupe parce que on y est vigilant. Pourquoi aussi ? au bout du compte parce que un grand écart sur un territoire va avoir un impact sur l'image prix de l'ensemble.

Donc quelque part nous coopérateurs, nous sommes interdépendant et donc nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de grand écart. Donc il peut y avoir des sanctions quand vous dites il peut y avoir des sanctions internes qui ne sont pas allées jusqu'à la radiation mais qui sont allés Oui. Oui.

à à à des mesures internes. Oui. Très bien.

Je vous remercie. Vous êtes membre de la FCD. Absolument.

Coopérativeu et de longue date membre de la FCD. Très bien. Alors, il ressort d'une note de la DGCCRF à Jérôme Fournal, directeur du cabinet du ministre que la FCD, Fédération du Commerce et de la distribution a refusé de prendre une initiative pour proposer un panier sain et abordable au consommateur.

Pouvez-vous nous dire quelle a été votre position sur ce dossier et si vous êtes solidaire de la position de la FCD ? Alors, de mémoire, cette discussion a eu lieu à la mi 2024, je pense. Effectivement, je je me souviens de cette discussion.

Alors, nous notre position là-dessus, elle est elle est simple. En fait, depuis la crise inflationniste, madame la rapporteur, Coopérative U propose un panier de 150 produits U à prix couton. Euh, souvenez-vous, au départ, ce panier s'appelait le panier anti-inflation demandé par le gouvernement.

Donc on l'avait rapidement, on avait été le premier distributeur de mémoire à le mettre en place en février, je crois 2023, je pense. Premier distributeur. Et en fait, depuis cette mise en place, nous ne l'avons jamais retiré. 150 produits à prix coûtant.

Ce sont parmi les meilleures ventes de produits U. Nous ne prenons plus de marge sur ces produits la marge légale SRP + 10. Euh ces produits ont un succès considérable.

Ça représente aujourd'hui une grande part de nos ventes parce que les clients ont compris et ce sont des bons produits et cetera. Ce panier, nous l'avons fait évoluer avec le temps. Fait des erreurs basiques au départ.

On avait mis une bouteille d'alcool au départ. Enfin, on a fait des choses qu'il fallait pas faire. Donc, on a retiré, on l'a ajusté.

Aujourd'hui, il y a quatre fruits et légumes à pris coutant aussi dedans. Et voilà. Et donc nous, on a considéré en fait que on était assez proche de ce panier à l'époque.

Et moi, j'avais j'avais un peu regretté que collectivement on s'engage pas. Mais nous, comme on l'avait, on l'a maintenu, on l'a continué. Et je vais même rajouter autre chose.

Je pense que c'est un combat extrêmement important. Il y a 15 jours, 3 semaines, j'ai rencontré famille rurale de France, je crois que vous avez auditionné, famille rurale de France, Foodwatch et ils sont aussi liés à secours au secours catholique et ils plaident et ils nous ont comment dire contacté pour ce panier de 100 produits. Et donc, on est en train de travailler sur un rapprochement entre leur liste à eux et la nôtre.

Voilà. Mais faut voilà, nous on a déjà ce panier, on va encore l'améliorer et on va le maintenir. On pense que c'est une aide importante pour les consommateurs actuellement.

Je vous remercie. Alors c'est intéressant ce que vous dites parce que ce qui dans ce panier ce qui ce qui nous nous intéresse, c'est est-ce que ce sont des produits qui sont des produits sains ? C'est-à-dire que généralement dans l'impéréquation des marges et on s'en est rendu compte avec les auditions, vous allez d'ailleurs me dire si pour coopérative U c'est également confirmer en fait les marges étaient faites sur les produits sains alors que des produits ultra transformés des produits très sucrés, très gras, eux se retrouvaient à marge zéro parce que c'était des produits de notoriété internationale qui pouvaient être comparés d'un magasin à l'autre, d'une enseigne à l'autre.

Euh et donc et par contre les fruits et légumes par exemple eux se retrouvaient avec une marge importante et y compris même dans les fruits et légumes. Les fruits et légumes bio, eux se retrouvaient encore plus euh margés que les autres. Avez-vous dans cette péréquation ?

Alors, je reste pas sur le panier, hein, puisque j'ai bien compris que vous êtes en train de le modifier et donc je comprends que vous allez vers du zéro marge et une diversité de produits dont des produits sains et vous avez déjà commencé à répondre à cette question, mais globalement sur vos magasins, est-ce que cette péréquation des marges va à l'encontre, j'allais dire de la santé publique ? Est-ce qu'en fait vous faites zéro marge et des prix bas sur des produits dont on sait qu'ils ne sont pas bons globalement pour la santé ? et vous mettez à des prix plus élevés, des marges plus élevées des produits qui sont des produits sains comme les fruits et légumes par exemple.

Alors, je je c'est pas du tout cette approche là. Il y a il y a un élément de comparatif de prix qui fait que sur un certain nombre de produits, on se compare au concurrents et on essaie d'être au même prix. Mais en fait le raisonnement du commerçant il il est pas comme ça.

Le raisonnement du base du commerçant en fait c'est de couvrir ses charges. Pourquoi il y a-t-il une marge différente entre certaines catégories de produits et d'autres ? Parce que nous couvrons différemment nos charges sur ces différents rayons.

Dans le rayon fruits et légumes, nos charges sont supérieures. Il y a plus de frais de personnel. J'ai j'ai des chiffres là.

Il y a plus de frais de personnel et il y a une démarque beaucoup plus importante qu'en épicerie où il y a où on vend le pot de pâte à tartiner par exemple. Je m'explique, il y a 5 à 6 % de démarque au rayons fruits et légumes. Je pense que vous l'avez étudié.

Pourquoi ? Parce que tout au long de la journée, on retire des produits défrchis et cetera. Voilà.

Donc frais personnel plus bon marge de départ moins frais personnel moins démarque. En fait on se retrouve à ce qu'on appelle une marge seminette quasiment équivalente entre les produits frais et les produits d'épicerie mais simplement parce qu'on a des charges différentes. Le raisonnement du commerçant c'est pas de dire je vais prendre absolument plus de marge là parce que et cetera, c'est en fait de couvrir ses charges.

Et par exemple sur l'ensemble des rayons métiers, nous avons, j'ai le chiffre là, c'est issu de notre centralisation des bilans 14 % de frais de personnel quand sur un rayon d'épicerie, nous n'en avons que 3,9. Donc, on peut se permettre de prendre moins de marge. Oui.

Vous pourriez mutualiser tout ça et considérer que l'épicerie finance euh les salariés qui travaillent en fruits et légumes. C'est un choix. C'est un choix stratégique mais travailler par rayon uniquement.

Mais au bout du compte, les 24 % de marge qui nous permettent de couvrir les autres frais, c'est le résultat de la péréquation avec parfois un peu plus de marge et parfois euh un peu moins. Avec une autre donnée qui est celle que vous avez abordé, c'est que sur un certain nombre de produits, on compare les prix avec nos concurrents et on essaie aussi d'être dans dans les deux. Donc je vous assure que c'est vraiment pas une optique de dire on a choisi ses produits et cetera.

C'est une optique de de couvrir nos charges. Il y a d'autres charges, pardon, que j'ai oublié. Les frais de livraison pour tous les produits frais sont plus élevés également.

Donc vous avez des frais de personnel plus élevés, vous avez une démarque, vous avez des frais d'approche de livraison qui sont plus importants. On couvre simplement ses charges par des marges un peu plus grandes. Mais pour autant le mouvement est en marche.

Donc nous, on travaille sur le panier qu'on a décrit et je vais vous dire, on travaille, on en a débattu dans notre conseil d'administration pas plus tard que la semaine dernière sur une évolution de la marge aux fruits et légumes parce que c'est le grand sujet du moment. Mais pour trouver une solution, il faut trouver des économies ailleurs ou de quoi faire un équilibre différent. C'est un grand sujet.

On y travaille chez U. C'est un grand sujet et je terminerai avec cette question là. Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence de marge entre des fruits et légumes bio et des fruits et légumes non bio ? car s'il y a sans doute une autre, j'allais dire une autre pratique qui peut être contestée, c'est bien cette différence de marge.

Est-il donc si différent de stocker des produits bio que des produits non par rapport à des produits non bio ? Est-ce donc tellement plus cher qu'il faut rajouter 2 € sur 1 kg de pomme quand elle est bio ou quand elle ne l'est pas ? Enfin bref, expliquez-nous cette différence de prix.

Mais l'écart de base entre un prix de produit conventionnel et un produit bio, c'est son prix d'achat. Le produit bio, on l'achète plus cher à la base parce qu'il est, on va dire, de meilleure qualité parce que le cahier des charges de production de cet agriculteur est est plus élevé. Mais sur les fruits et légumes, je vais vous dire l'écart est pas est pas très important.

Et s'il peut y avoir un écart, vous savez d'où il vient. En fait, sur la partie bio d'un rayon fruit et légumes, vous vous avez plus de casse encore que les 5 ou 6 % que je vous disais tout à l'heure. C'est pas le rayon qui marche le mieux dans un magasin comme le nôtre.

Je vous dire, c'est 5 à 6 % du chiffre d'affaires. On maintient l'offre quand même. D'ailleurs, Coopérative U a été un des rares distributeurs à donné la consile.

Ne remettez pas en cause les rayons bio pendant cette crise inflationniste, continuer à maintenir cette offre. Mais on pouvait avoir un peu plus de cast. Donc ce qui explique aussi parfois vraiment un détail de marge en plus peut être que le chef de rayon parce qu'il y a pas de consigne de notre part, il y a pas de consigne de dire on prend plus de marge sur le bio mais le chef de rayon lui qui sait qu'il a plus de casse sur cette partie-là du rayon ben prend 0 peut-être de de marge en plus.

Le raisonnement, il est toujours sur une couverture euh de charge dans nos exploitations. Toujours. Oui, pas tout à fait concernant le bio.

Je peux pas vous laisser dire ça. Je comprends que c'est euh sans doute ce qui guide votre action, mais je peux pas vous laisser dire ça. 1 kg de pomme bio et margé et c'est UFC que choisir qui a fait le travail à peu près à 2,50 € quand kme non bio conventionnel est margé à 0,5 €.

Donc cette différence-là, elle constitue par principe le prix euh la différence du prix de vente. Et j'ajouterai qu'un des euh qu'une qu'un chercheur euh qui travaille spécifiquement là-dessus nous expliquait que la différence euh d'achat entre du bio et du non bio est environ de 10 à 15 % et que la différence de vente est environ de 100 à 130 %. Et donc c'est ce qui nous a été dit ici même lors d'une audition.

D'accord. Mais ça dit oui une différence entre produit c'est juste un exemple pour que vous puissiez comprendre mon raisonnement et pouvoir y répondre éch je vais vous dire on avait sur ce sujet là c'est toujours l'étude du FC que choisir qui est prise en référence mais pour moi cette étude elle est partielle elle étude que choisir comme très souvent ils prennent quelques références ils étudient pas la totalité d'un rayon et donc il est très facile en extrapolant sur une poignée de produits de de de trouver peut-être ceux qui à ce moment-là cette date là avaient un écart. Si vous prenez l'analyse sur l'ensemble du rayon, je vous assure et là je vous parle de d'un cascret, bah c'est dans mon magasin.

Dans mon magasin, il y a quelques jours, j'étais interpellé. On a un système, les clients après leur passage en caisse peuvent vous écrire c'est moi qui traite pour mon magasin l'ensemble de serreture. Et la dame m'interrogeait sur les fruits et légumes bio et cetera.

La difficulté dans un magasin moyen en zone rurale de tenir cette offre, je vous assure que c'est difficile parce que les ventes sont toutes petites et que vous avez plus de casse que de vente et malgré tout, on fait l'effort de tenir et cetera. Je vous assure que c'est plus une question d'équilibre économique de tout ça qu'un choix. Et et dans l'absolu et dans l'absolu, il faudrait presque encore les vendre plus cher pour on perd de l'argent sur cette partie de rayon là. on perd, on on jette tellement.

C'estàd qu'il y a vraiment les magasins bio qui s'en sortent parce qu'ils ont des gros volumes. Quand vous faites 5 ou 6 % de l'ensemble de votre rayon, si l'équilibre économique est très fragile. Merci.

Alors, on va essayer d'optimiser le petit quart d'heure qui nous reste pour des questions subsidiaires. Moi, j'en aurai quelques-unes avant de donner la parole à mes collègues. Euh vous avez beaucoup insisté sur les recettes, je dirais, issues des centrales de services.

Euh est-ce que vous pouvez nous donner une idée du volume de ces recettes puisqu'on comprend qu'elles viennent finalement compléter l'équilibre économique des magasins, hein, puisque si on avait uniquement les 2 % euh de recettes que vous avez cité au début, on n'arriverait pas. Je je reprends vos propos à assumer des investissements. Donc est-ce que vous pouvez nous dire ce que ça représente comme recette complémentaire et finalement comment faisiez-vous quand vous ne les aviez pas ou alors est-ce que vous les avez toujours eu ?

Enfin nous on a le sentiment quand même que l'activité des centrales de service s'est développée ces dernières années. Est-ce que c'est une impression ou est-ce que c'est le cas ? Enfin voilà, est-ce que vous pouvez nous nous donner un petit peu une trajectoire de ces dernières années ?

Et en fait, la question qu'on se pose, je vous la donner euh très clairement, c'est est-ce qu'il y a une obligation pour vos fournisseurs qui passent par les centrales d'achat à passer par aussi par les centrales de services ? Euh parce que c'est des choses qu'on peut nous voilà des des des sujets qu'on peut euh qu'on peut qu'on peut nous souligner. Euh donc est-ce qui est-ce que il y a euh le même nombre de de fournisseurs en fait est-ce que ce sont les mêmes fournisseurs qui sont en centrale d'achat et en centrale de service ?

Et euh est-ce qu'il y a voilà une une obligation ? Euh est-ce que euh au final euh quand je reviens sur chaque responsable de magasin, comment est-ce que vous vous assurez du respect de la sanctuarisation de la matière première agricole une fois que le produit il a fait tout ce parcours ? C'està dire qu'il est rentré par la centrale d'achat, il est passé par une centrale de service.

Il a on a renégocié un certain nombre de services de promotion et on retourne dans le magasin. Comment est-ce qu'on s'assure que le produit vendu dans les rayons dans le magasin, il respecte bien au final la sanctuisation de la matière première agricole ? Parce que c'est ça qui permettra, je dirais, à la à la chaîne vertueuse de s'appliquer et de mieux rémunérer le le producteur initial.

Parce que vous l'avez bien compris qu'en fait nous ici on n'est pas là pour savoir si vous avez telle marge telle marge. Ce qui nous importe c'est que tout le monde a une marge et que tout le monde puisse vivre pour que le système puisse se péréniser. Voilà.

Donc le vrai sujet c'est ça. C'est est-ce que il y a une juste répartition de de cette de cette valeur ajoutée ? Et donc dans ce sens aussi vous nous avez pas parlé des clauses de révision.

Est-ce que vous en appliquez ? Est-ce que pour vous c'est un outil voilà qui qui est adapté et qu'est-ce que vous avez à nous dire sur ce fonctionnement sur le panier anti-inflation que vous avez évoqué ? Est-ce que vous pouvez me confirmer que ce sont quand même essentiellement des des produits distributeurs, hein ?

Vous avez dit cru U 100 % produit U. D'accord. Euh est-ce que vous pratiquez Alors, il il y a tout un panel de questions, hein, donc je vous laisserai.

Est-ce que vous pratiquez des contrats tripartites ? Euh voilà. dans quelle proportion parce que ces contrats selon nous ce que l'on en sait sont de nature à assurer une meilleure répartition de de la marge et de la valeur ajoutée à chaque maillon.

Et dans ces contrats tripartites, on a cru comprendre avec votre directrice hier que il y avait aujourd'hui une place de plus importante de plus en plus importante qui était donnée aux produits locaux voire aux marques de territoire. On par de marques en Bretagne ou ailleurs. Euh donc comment est-ce que vous voilà comment est-ce que vous abordez ces partenariats avec ces nouveaux acteurs ?

On pense aussi à ses kil patron avec un prix affiché sur le produit. Comment vous abordez ce ce ces nouveaux acteurs euh qui sont quand même assez apprécié par le consommateur et comment vous vous gérez vos relations commerciales avec ces ces nouveaux partenaires ? Beaucoup beaucoup de questions.

J'ai rappelez-moi l'ordre si j'ai pas tout noté. Euh donc sur les centrales de services. Alors euh je veux dire la sanctuarisation euh de la matière première agricole, elle se fait au niveau de la discussion des achats euh sur euh plutôt euh de notre côté à Ringis pour l'essentiel euh de nos fournisseurs et euh du côté euh de Reca pour l'achat d'un certain nombre de produits de multinational.

Euh de l'autre côté, la centrale de service, on vend euh des services, des produits. Il y a pas de sujet euh comment dire de euh de marchandises. Ce sont des services, ce sont des opérations, ce sont des datas qui est le modèle utilisé.

Toutes les start-ups aujourd'hui, c'est leur modèle économique. Elles vendent leurs données qui intéressent les uns les autres et cetera. Donc c'est ça qu'on vend.

C'est ça qu'on vend. Donc, il y a pas euh de lien à ce niveau-là avec euh la matière première agricole. La matière première agricole, elle est et on la respecte et on on euh je veux dire au niveau de nos achats et on s'est toujours engagé même dans nos organisations internationales.

Donc, vous voyez c'est ces deux choses. La question c'est de savoir est-ce que le prix en rayon, il respecte le prix d'achat ? Voilà.

Mais est-ce que le prix une fois arrivé en rayon après toutes les négociations qui suivent sur des conventions logistiques sur est-ce qu'il respecte bien le prix de la matière première agricole ? Est-ce que ça vous vous en assurez ? Mais mais pardon en France.

Ben alors je vous alors pour la partie Eka donc vous m'avez demandé des chiffres. Donc chez Eurea, il y a 42 fournisseurs, 42 multinationales. Sur CWT, ils sont 62 56 alimentaires, 6 non alimentaires.

Voilà les chiffres précis. Et nous respectons la loi. Nous l'avons toujours fait, y compris dans nos collaborations européennes, il y avait toujours une annexe sur le respect de la date butoire, sur la respect le respect de la part de matière première agricole et nous nous sommes toujours engagés là-dessus.

Et pour nous donc le prix qui arrive au final au magasin bien sûr c'est un prix qui respecte la vente de service c'est autre chose. C'est un revenu qui rentre dans le budget mais c'est autre chose. C'est un autre niveau.

C'est c'est pas de la négociation de produits alimentaires ou autres directement. ce sont des services. Donc c'est pour nous deux sujets complètement différents.

C'est deux sujets complètement différents. Et donc pour moi bien sûr qu'on s'engage à le respecte que le prix qui arrive il il le respecte. Euh les clauses de révision elles elles sont prévues dans nos contrats bien sûr comme comme c'est prévu dans tous nos contrats.

Elles sont utilisées quand il le faut, mais sur l'ensemble de des contrats que nous signons, il y a peu de cas de déclenchement des clauses de révision. Donc ça c'est peut-être une partie à améliorer effectivement dans dans le fonctionnement, mais elles sont prévues dans nos contrats absolument sans sans problème. Euh le panier U, on en a parlé, il est 100 % fait de produits de marque distributeur.

C'est ce qu'on maîtrise le mieux. C'est là où on ne prend pas du tout de marge et c'est plus et c'est le plus simple, c'est moins comparable par rapport aux autres, mais ce sont des produits les plus vendus, des besoins courants et ça représente aujourd'hui une somme importante comment dire dans dans nos ventes. Les contrats tripartites, l'essentiel des produits sont fabriqués sous couvert de contrat tripartit particulièrement les produits frais.

Nous avons à date 125 filières contrats de filière signés sur des durées qui vont jusqu'à 5 ans. Je prends l'exemple par exemple des yaourts à la marque U cahier des charges bleu blancur. Plusieurs coopératives laitières de la Meuse les alimentent.

On a signé avec un contrat de 5 ans. Il y a un prix minimum garanti. Il y a une révision de prix annuel en fonction des indicateurs euh du marché et donc une discussion euh avec eux annuelle et comme ça on a 125 contrats.

Tous nos produits frais à la Marcu sont français. Euh excepté spécialité étrangère et vraiment rarissime spécialité. Ils sont la plupart bleu blancur, les œufs, le porc, les yaourts et cetera.

Donc on est en plein dans cette contractualisation de très longue date. Ce sont c'est une contractualisation qui fonctionne bien, qui est exemplaire, qui est plébiscité par nos partenaires en face et c'est très inspirant pour d'autres relations. Donc dans les propositions qu'on pourrait faire aujourd'hui, l'idée de contractualiser sur plusieurs années me paraît-moi très intéressante.

L'idée qu'il n'y ait pas une date butoire la même pour tout le monde, tout le temps la même me paraît très intéressante. Une seule date butoire pour moi qui n'existe qu'en France, c'est pour moi un système dépassé. La preuve est la négociation sur la marque distributeur où on est capable de négocier différemment et de manière pluriéannuelle.

Donc effectivement, ce fonctionnement, madame la présidente, devrait euh inspirer d'autres modes de fonctionnement avec les autres industriel de grandes marques. Concernant les nouveaux acteurs, un magasin U, c'est 80 % d'approvisionnement en général euh avec la coopérative, mais c'est 20 % d'approvisionnement local. C'est notre marque de fabrique depuis toujours.

On est très on travaille beaucoup avec les petits producteurs du coin et cetera. C'est particulièrement fort et significatif dans les produits frais. Donc là, on a une petite contractualisation local pour ces 20 % euh et ça fonctionne très très bien.

Et après, les nouveaux acteurs que vous avez cité, ben là c'est un travail de l'offre. Donc, ce sont des patrons de magasin qui pilotent chez nous l'offre, qui rencontrent ces gens et qui en fonction de comment dire notre offre de nos produits aussi qui sont tripartites et avec un certain nombre de qualité, ben on fait des choix. Ça c'est vraiment la responsabilité du commerçant de faire des choix.

Et la marque de U fabrique de U, c'est le libre choix. On tient à un libre choix. Par exemple, vous avez des acteurs qui vont vous dire euh nous on va pousser la marque distributeur à 50 à 40 ou 50 % de notre offre.

Nous pas du tout. On tient à ce qu'il y a une grande marque, la marque U, un produit premier prix, un produit local ou issu de toutes les nouvelles sources de d'approvisionnement. Donc les marques distributeur, c'est à peu près 20 %.

C'est c'est Non, c'est un/ers chez nous. Mais ce sera mais il n'y a pas d'objectif de 40 ou 50. On tient au choix.

Le français aime le choix, le libre choix. Très bien. Très bien.

Merci. Donc on va prendre les les questions de mes collègues. Alors je crois que Audrey vous aviez question et ensuite Éveline Renault.

Merci madame la présidente, madame la rapporteur. Bonjour Audre Linkeneld, sénatrice du nord comme mon nom ne l'indique pas pour l'Alsatien que vous êtes. J'avais trois petites questions, deux plus générales et une un peu plus précise.

La première est sur la formule que vous avez utilisé en introduction, la décommercialisation. Et là, je vois bien le le parallèle avec la désindustrialisation, surtout dans une région qui en qui en souffre encore. Vous avez fait référence à un centre de concurrents en ligne ou en physique euh de concurrence étrangère notamment, mais j'aurais bien aimé que vous reprécisiez ce que vous entendez par ce terme de décommercialisation, si vous voulez bien.

Vous avez parlé dans la fixation générale de de de vos de vos prix, de vos marges, de vos charges, de la question des loyers en indiquant que pour vous le ratio acceptable comparé au chiffre d'affaires, c'est 2 3 %. Il me semble que habituellement on considère de manière générale dans le commerce, donc quel que soit la nature des commerces, mais en particulier pour le commerce de proximité qu'on considère que c'est plutôt 6 % euh le ratio qui est acceptable, un ratio qui aujourd'hui est largement dépassé dans un centre d'endroits, ce qui pose d'ailleurs des problèmes de décommercialisation. Mais est-ce que vous pourriez revenir du coup sur ce chiffre et nous expliquer pourquoi pourquoi chez vous ce serait plutôt 2 3 % ?

Quels sont les éléments objectifs ? J'imagine qu'il y en a qui explique cet écart par rapport à la moyenne communement admise de 6. Et enfin, ma dernière question euh et sur euh des l'écart qui a été pointé à la fois par la présidente et par la rapporteur entre le prix finalement en magasin et et le prix que vous vous pouvez pratiquer de de session.

Euh j'ai oui dire qu'ensemble de fournisseurs d'industriel alors enfin en tout cas de marqu on va dire ça comme ça j'ai oui dire qu'ensemble de ces marques venait contrôler en magasin euh ses prix euh et qu'ils embauchaient donc souvent des stagiaires, des freelance pour aller regarder si en magasin alors pas forcément chez vous mais en tout cas dans les magasins de proximité les prix pratiqués sont conformes manifestement à une grille de référence. Est-ce que vous pouvez me confirmer cette pratique et me dire ce que vous en pensez ? Merci.

Alors, on va prendre toutes les questions. On va prendre également celle de d'veline Renault Kenrabéan. Madame présidente, j'avais deux questions, trois questions à vous poser.

La première, elle a été posée par ma collègue, c'est sur cette gestion locative. Je voudrais savoir également quand vous dites que c'est loué 2 à 3 % de rentabilité, s'il s'agit d'une location d'un magasin équipé, c'està dire tout est prêt à l'exploitation. Donc, je voudrais savoir à quoi correspond euh le chiffre le le le magasin.

Euh ensuite, je voudrais euh que vous me répondiez sur l'élément suivant : "Les négociations annuelles des conditions qui lient euh la grande distribution à ces fournisseurs limite la capacité de ces derniers, souvent quand il s'agit de petites entreprises, à se projeter dans le temps et en particulier d'investir dans leurs outils de travail et leurs outils de production. Donc, quel mécanisme est-ce que vous employez ? dans le cadre de ces négociations pour pour donner réellement de la visibilité à vos fournisseurs.

Merci. Alors réponse monsieur le président. Alors moi j'avais une deuxième question sur laquelle je dois revenir sur la la centrale de service.

Excusez-moi, moi je suis toujours sur je reviens toujours sur sa de service. Les fournisseurs ne sont pas contraints de passer par la centrale de service. Je pose une question vous la réponse.

Alors madame la sénatrice, il se trouve que les ministres du logement et du commerce précédent m'avaient demandé un rapport, pas tout seul. On était trois trois coraurs et j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet. J'ai auditionné une centaine de personnes et on a beaucoup travaillé.

On a rendu un report avec rapport avec 30 recommandations. Pourquoi je parle de décommercialisation ? Je parle de décommercialisation parce qu'on perd aujourd'hui des mètres carrés de surface commerciale.

On en perd dans les centres-villes énormément. le non alimentaire, la chaussure disparaît. Le textile disparaît pour beaucoup et c'est un textile à très bas prix qui résiste encore un peu mais la concurrence est extrêmement forte.

Cette partie-là de la décommercialisation s'accélère depuis 2 3 ans sous le coût de la concurrence desloyales des plateformes e-commerce dont les produits sont souvent non conformes. Ministre Serge Papin s'en occupe. Il faut renforcer les contrôles et cera.

C'était une de nos recommandations dans ce dans ce rapport et tous les élus avec lesquels on parle voi une accélération de ce phénomène-là. Donc premier élément de la décommercialisation, la perte des mètres carrés en centre-ville remplacé par d'autres activités. Ça va être du service, la restauration, parfois le retour de l'artisanat mais une partie du commerce disparaît.

Donc oui, je parle et donc pour moi, je vais vous dire c'est je pense sur 10 ans 60000 emplois perdus dans toutes ces boutiques au niveau du commerce. 2è élément de décommercialisation et c'est nouveau entre 2019 et aujourd'hui, nous perdons des mètres carrés dans notre métier. Dans ce grand chambardement, certaines enseignes aujourd'hui ferment des mètres carrés, c'est tous les magasins ne s'en sortent plus aujourd'hui.

Donc le maillon grande distribution est affecté aussi, pas tout le monde. Voilà. Donc je il y a une désindustrialisation, elle est pas tente, c'est le débat.

Je il y a cette décommercialisation avérée aujourd'hui et je pense que il faut la prendre en compte également sur les loyers. Je confirme le chiffre de 2 à 3 %. Pourquoi ?

Parce que dans le compte d'exploitation que j'ai décrit à madame la rapporteur, notre coût d'outil est environ 3,5 %. Mais si on avait un loyer de 6 % du chiffre d'affaires, on serait en perte dans ce compte d'exploitation. On serait en perte.

Donc c'est bien 2 3 %. À cela s'ajoute et là je réponds à à madame la sénatrice également, on paye un loyer mais tous les frais d'aménagement, le mobilier, les frigos, c'est nous qui allons les payer. Donc il se rajoute à votre coût d'outil donc 2 3 % de loyer plus l'aménagement qu'il faut rajouter et on arrive au 3 50 % de coût d'outil qu'on cherche à avoir au-delà duquel notre bas de bilan il fonctionne plus en fait.

Donc je confirme, je pense que le 6 % on est plutôt dans des boutiques de centre-ville, petites boutiques et cetera. Quant à votre 3e question et alors sommes-nous contrôlés ? Oui, nous sommes, j'imagine contrôlés par les fournisseurs qui viennent voir euh comment dire comment sont appliqués j'imagine des prix.

Et là, il peut y avoir des variations mais des variations liées sans doute à la taille du magasin. Un HyperU chez nous ou un Super UU dans une zone très compétitive va avoir un prix très compétitif. Un magasin UE Express en ville qu'un loyer peut-être plus élevé en cœur de ville avec une concurrence avec des prix plus élevés.

Peut-être que l'industriel constatera effectivement que son produit à cet endroit-là est vendu un peu plus cher. C'est la réalité du commerce. de tel qu'il se pratique.

Voilà madame la sénatrice euh sur donc est-ce que tout est-ce que dans le loyer je vous ai répondu hein donc l'aménagement est à notre charge. On prend le local brut on paye le loyer et on l'aménage. Et ça c'est à la charge du commerçant.

À quelle dans les négociations quelle visibilité nous donnons au producteur ? Je j'entends hein effectivement il y en a un certain nombre qui ont besoin d'investir ben c'est la plus la meilleure réponse c'est la pluriannualité et c'est celle qu'on pratique avec pour la fabrication de nos produits. Le président de la coopérative laitière avait on a sauvé une usine dans la Meuse pour la fabrication de nos yaourts qui étaient en perdition qui était en vente.

On a trouvé un acteur économique qui l'a reprise et on a fait travailler des éleveurs laitiers qu'on a converti au cahier des charges bleu blancur plusieurs coopérative 6 mois après, un an après. Ils sont venus me voir en me disant "Mais vous nous avez sauvé. Vous nous avez sauvé et vous nous avez redonné de la visibilité.

Pourquoi ? Parce que votre contrat il dure 5 ans. J'ai pu retourner voir mon banquier.

Il m'a refait confiance. Mon fils revient dans l'exploitation parce que j'ai pu réinvestir, me moderniser et cetera. La meilleure clé à cette vision-là, c'est la pluriannualité.

Bien sûr, on s'engage nous sur des débouchées sur plusieurs années. Ça donne de la confiance au producteur qui peut aller voir le banquier, qui peut enchaîner. Et votre dernière question sur les centrales de services, y a-t-il une obligation ?

Non, il y a pas d'obligation. Je veux dire, il y a aujourd'hui des fournisseurs qui n'y vont pas et c'est comme ça. Et donc voilà.

Bah si vous alors on va être obligé de clore hein parce qu'on a déjà dépassé notre temps et puis on a une autre audition. Non, on va vous transmettre des questions complémentaires. Vous n'avez pas répondu à toutes les questions.

Par exemple, tout à l'heure quand je vous ai demandé à combien s'élevaient les recettes liées aux centrales de service, mais vous nous répondrez par écrit et donc ma collègue si elle a encore des questions, on vous les transmet, vous nous les répondrez par écrit. Merci beaucoup euh monsieur messieurs de ces éclairages et puis voilà, n'hésitez pas à nous transmettre des compléments si vous vous en jugez utile notamment sur ce que vous venez de dire vos contrats pluriannuels et et tripartite. Effectivement sont des des méthodes qui qui sont certainement à à favoriser dans les temps à venir pour sécuriser l'ensemble des acteurs.

Je crois que on partage cette analyse. Merci beaucoup à vous messieurs. Merci madame présidente.

Merci madame la rapporteur sur les services également.