Discours de Marion Maréchal-Le Pen lors de l'UDT du Front National à La Baule
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Merci à Gilbert Collard. Effectivement, nous avons deux défenseurs acharnés à l'Assemblée nationale. Deuxième circonscription à avoir mis en tête un candidable marine, Carpentras, qui a des habitants du Vaucluse dans la salle, c'est très bien, qui a désormais une jeune et dynamique députée. Ça en défrise certains, effectivement, qui, au Parti Socialiste comme à l'UMP, refusent de lui serrer la main. Heureusement, elle en a vu d'autres et rien ne l'empêchera d'être la voix de la jeunesse française pour défendre les Français d'abord à l'Assemblée nationale. J'appelle notre députée Marion Maréchal-Le Pen.
Je crois qu'après ça, les euros de la fac vont être une partie de plaisir. Je suis très contente d'être heureuse d'être ici aujourd'hui avec vous. Alors j'ai fait quelque chose, comme je suis beaucoup plus sérieuse que M. Collard, j'ai fait quelque chose d'un peu plus technique, vous m'en excuserez. Alors c'est vrai que le droit parlementaire ne fait pas rêver, mais pour pouvoir vous expliquer l'ensemble des outils qui sont à notre disposition, je suis malheureusement obligée de faire un petit peu de technique. Voilà, mais j'essaierai de rendre ça un petit peu vivant avec quelques petites anecdotes.
Et je voulais vous faire savoir que c'est vrai qu'il y a six mois encore, j'aurais eu du mal à m'imaginer à cette tribune, prenant la parole comme plus jeune député de la République, seul représentant avec Gilbert Collard d'un parti, le troisième parti de France, qui représente à lui seul 6 millions d'électeurs. Avant toute chose, je voudrais remercier ici tous ceux qui ont rendu cette victoire possible. Ils sont nombreux, il y a notamment les militants et électeurs évidemment de ma circonscription, je sais que certains sont aujourd'hui ici et je les salue. Ainsi évidemment que tout le Front National et tous les gens qui m'ont soutenu indéfectiblement durant cette campagne.
Je souhaite leur dire combien j'ai conscience de la responsabilité que ce résultat amène, et que j'aurai à cœur avec M. Collard de m'en montrer digne et de rester à l'écoute au long de mon mandat. Et à l'image de ceux qui m'ont précédé, je veux ici leur dire que je resterai ici fidèle aux grandes idées, qu'elles soient populaires ou non, dans l'air du temps ou méprisées, qui constituent le socle de notre engagement politique. Je voudrais en particulier saluer l'exemple de Jean-Marie Le Pen, dont je suis extrêmement fière, dont je suis extrêmement fière de porter le nom dans cet hémicycle. Lui qui a été également plus jeune député de la République en 1956. Il me dit d'aller moins vite.
Donc lui, c'est vrai qu'il a un parcours absolument extraordinaire, parce qu'il est fils de marin pêcheur, patron pêcheur, pupille de la nation, et qui fut l'un des seuls députés, je tiens quand même à le souligner, à abandonner son mandat pour partir défendre les couleurs de la France en Algérie. Je veux qu'il soit ici remercié de l'exemple qu'il continue à nous donner à nous tous au quotidien. Et comme lui, tout au long de sa carrière, il est ainsi certains principes que je partage avec vous sur lesquels nous ne transigerons pas.
La souveraineté de la nation française, un peuple maître de son destin, le respect de l'autorité de l'État, une France forte, ouverte, mais fière de son identité et de ses valeurs, une morale publique irréprochable, mais aussi une économie sachant récompenser le travail. Fidélité, mais également personnalité. J'entends pleinement rester moi-même avec le regard de ma génération sur la société actuelle, ma sensibilité de jeune femme, conservant la mémoire d'une famille politique trop souvent écartée du jeu des institutions, mais qui ne se résigne pas, fière de poursuivre le travail de ceux qui se sont battus pour elle, mais gardant la liberté d'incarner à ma manière ses valeurs.
J'aimerais également saluer ceux qui ont failli siéger avec nous et qui, évidemment, auraient largement mérité cette victoire. Je pense à certains d'entre vous, comme Valérie Lopi, comme, évidemment, Émile Cavazino, Stéphane Rabier. Il y en a eu énormément, c'est vrai. Et évidemment, évidemment, notre présidente, notre chère Marine, qui a perdu à quelques voix, mais qui aurait vraiment largement mérité sa victoire. Je tiens aussi à faire une petite déclaration, d'ailleurs, à ce sujet, parce que c'est vrai que souvent, les journalistes essayent un petit peu de mettre des coins entre nous. C'est assez amusant.
Il essaie de dire, oui, vous voulez prendre sa place, vous êtes en concurrence un petit peu. Oui, bien sûr. Alors, je voulais te rassurer, Marine. Sache que tu es l'une des motivations, et je pense que c'est aussi pour toi que nous sommes ici aujourd'hui. Tu es vraiment celle qui incarne l'espoir, qui incarne l'avenir. Et moi, je suis... Tu es mon chef de file. Voilà. Donc, j'estime être complémentaire et ne pas être en concurrence avec toi. Et sache que tu trouveras auprès de moi une alliée. Voilà. Et jamais, jamais plus ça. Voilà. Dans le cadre de cette intervention, on m'a demandé, en fait, d'intervenir sur le rôle du député.
Donc, c'est quelque chose d'assez technique, et je vais insister sur certains de nos textes, pas trop, parce que Gilbert l'a déjà fait brillamment avec le verbe qu'on lui connaît. Donc, je... Donc, déjà, dans un premier temps, un petit mot pour appeler la double nature de la fonction du député. C'est avant tout un représentant de la nation. Il participe à l'exercice de la souveraineté nationale. Mais il est également, de fait, un porte-parole de sa circonscription.
Si la Constitution attribue au Sénat le rôle de représentation des collectivités, la pratique a fait des députés des relais tout aussi volontaires de leur territoire, parfois du reste au prix d'un clientélisme assez poussé, malheureusement. Représentant du Front National, j'aurai inévitablement un rôle de porte-voix de notre programme. Je représenterai ainsi, modestement avec Gilbert Collard, les idées de millions d'électeurs qui ont exprimé leur souhait d'envoyer des élus Front National dans l'hémicycle. Les journalistes me posent assez souvent, c'est assez amusant, la question de savoir pourquoi je fais de la politique à 22 ans. Est-ce que vous n'êtes pas trop jeune ?
Est-ce que ce n'est pas trop dur ? Après tout, pas plus dur qu'un vieux député comme M. Gilbert Collard. C'est dit très amicalement. C'est dit très amicalement. D'autant plus que parfois, il tient plus longtemps que moi dans les séances de nuit. Vous voyez, je ne suis pas très courageuse. Alors, j'ai envie de leur répondre, mais en réalité, qu'est-ce que j'aurais dû faire, mesdames et messieurs ? Alors, selon vous, peut-être une jeune femme de 22 ans doit-elle seulement aller finir ses études, regarder Secret Story en rentrant du boulot, remplir sa fiche d'impôt et puis cotiser pour une retraite qu'elle ne trouvera évidemment probablement jamais.
Alors, certains d'ailleurs, c'est assez amusant, sont même allés jusqu'à me dire que j'aurais mieux fait de poser dans Vogue. Genre, au demeurant, merci pour le compliment même relatif. Mais la vérité, c'est que je crois que comme chacun d'entre vous dans cette salle, je ne peux me résigner à être la spectatrice de mon époque. Alors, c'est vrai, on ne va pas révolutionner le monde, même si on va essayer, mais j'ai envie d'avoir le sentiment du devoir accompli lorsque mes enfants me demanderont ce que j'ai fait pour rendre leur vie meilleure que la mienne. Alors, ça fait peut-être un peu ringardos, mais je le pense profondément.
Et pour être un peu plus pragmatique, j'estime qu'à 22 ans, en réalité, l'engagement est peut-être plus logique que pour certains briscardes de la politique. Parce qu'aujourd'hui, on a dans cet hémicycle un certain nombre d'éléphants, enfin je dirais même de triceratops du PS et de l'UMP, qu'on revoit régulièrement revenir sur le devant de la scène. Mais alors, ces charmants messieurs ont connu le plein emploi, ils ont vécu un petit peu dans les ors de la République, ils ont leur confortable retraite qui les attendent. Alors, en réalité, qu'est-ce qui attend aujourd'hui un jeune Français de 22 ans, dont je fais partie ?
Le chômage, l'impossibilité de contracter un emprunt, une nationalité ayant perdu toute valeur, puisque ne procurant plus aucun privilège, j'ai distribué comme une lettre à la poste, aller un steak à la la midi et puis un petit verre de vin rouge à importer du chili. Personnellement, moi, ça ne me fait pas rêver. Alors, en réalité, mon engagement, il est simple. Je veux la fierté, la fierté de mes traditions, la fierté de mon histoire, la fierté de mes valeurs et de mon terroir, la fierté de me battre pour les sauvegarder, pour les transmettre. Je veux la fierté d'être française et cette fierté, je la veux collective, je la veux avec vous. Voilà.
Alors, mesdames et messieurs les journalistes, laissez-nous être fiers et cessez de me demander pourquoi l'évidence, s'il vous plaît. Alors, autre question qui me revient souvent, c'est vrai que la presse nous dit souvent, mais finalement, vous n'êtes que deux, vous n'allez un peu servir à rien, voilà. Quel est vraiment votre intérêt ? Alors déjà, je leur réponds dans un premier temps qu'assez paradoxalement, c'est vrai que nous ne sommes que deux, mais au vu du couple un petit peu improbable que nous formons, de la place aussi un petit peu improbable écrasée à l'extrême droite de l'hémicycle, nous nous attirons de fait l'attention.
C'est vrai que nous suscitons l'intérêt, donc c'est vrai que... Et puis, nous sommes aussi des députés Front National et nous n'en avions pas depuis 88. Donc tout cela fait que la curiosité est nécessairement attisée et que chacune de nos interventions, je pense, a quand même une répercussion qui est peut-être plus importante que la grande majorité des anonymes dans cet hémicycle. Donc rassurez-vous de ce point de vue-là, nous avons une tribune et nous n'hésiterons pas à nous en servir. Alors c'est vrai que techniquement, nous avons quand même un certain nombre de difficultés, puisque nous n'avons pas les moyens techniques d'un groupe.
C'est vrai que déjà, les groupes ont une capacité de prise de parole qui est beaucoup plus importante que la nôtre. Ils ont aussi des moyens techniques, des moyens humains, ils ont des assistants que nous n'avons pas. Donc c'est vrai que nous partons avec un certain nombre de difficultés. Il ne faut pas se leurrer. En plus, on doit assurer les permanences à deux. Alors je vais vous dire que ce n'est pas toujours facile. Mais il ne faut pas... Et donc c'est vrai que nous siégeons dans ce qu'on appelle un rang des non-inscrits. C'est-à-dire que c'est un espace d'assemblage hétéroclite de députés, d'ailleurs, qui sont plutôt à droite. On a des MPF, on a M.
Dupont-Aignan, mais ça ne forme pas un groupe politique, parce que pour former un groupe politique, il faut une quinzaine de personnes. Et pour l'instant, nous n'y sommes pas. Mais je compte d'ailleurs un petit peu sur la capacité de M. Collard de convaincre toutes ces charmantes personnes de se joindre à nous. Parce que je me souviens qu'il était allé voir... D'ailleurs, ça m'a fait beaucoup amuser. Lors de la rentrée parlementaire, il était allé voir M. Dupont-Aignan. Il lui avait dit, il a l'air très sérieux, mais en fait, vous, votre problème, c'est que vous préférez être général d'une armée de 2% que le temps de Marine Le Pen.
Après, je pense, mes amis, j'ai envie d'être honnête avec vous, il faut être réaliste, il faut être lucide. Durant toute la mandature, il va nous être difficile, très honnêtement, de faire adopter des propositions. Tout comme l'UMP, d'ailleurs. Donc, systématiquement, nos amendements risquent d'être rejetés par principe, même s'ils sont, dans le fond, pertinents. Nos propositions de loi aussi vont avoir peu de chances d'être étudiées. Ils ont l'obligation, néanmoins, de répondre à nos questions au gouvernement. Donc, nous avons les moyens de les mettre un petit peu face à leurs responsabilités. Mais notre rôle principal ne va pas se jouer là.
Notre rôle, à nous, ça va être de susciter le débat. Ça va être de mettre les uns et les autres face à leurs responsabilités. Ça va être de mettre le doigt là où ça fait mal, de temps en temps, et d'apporter un petit peu la contradiction. Alors, c'est vrai qu'on constate aussi un phénomène un petit peu étonnant.
Alors, c'est vrai que tu m'as un petit peu coupé l'herbe sous le pied, Gilbert, puisque je comptais parler de ça, mais tu nous as expliqué que c'est vrai que les députés ont une certaine tendance à l'opportunisme, puisqu'on a pu le voir, comme on a pu le voir avec l'AME, ils rejettent par principe systématiquement nos amendements, et puis, quelques semaines plus tard, découvrent soudainement que ce n'était pas une si mauvaise idée que ça. Et puis, cela réapproprie, comme on a pu le voir pour l'AME, on a pu le voir aussi pour la TIPP flottante. Mais je crois que nous sommes assez modestes au Front National pour considérer que ce qui compte, c'est l'intérêt général.
Alors, si nos propositions sont reprises, tant mieux, parce que nous n'avons pas des égaux assez importants pour en prendre ombrage, si je puis dire. Alors, j'aimerais quand même vous interpeller sur un autre phénomène qui est un petit peu étonnant, qui s'appelle la réserve parlementaire. Alors, la réserve parlementaire, c'est une enveloppe qui est attribuée à chaque député, dont le montant est fixé par le président de la Commission des Finances.
Alors, on a appris dans le canard enchaîné il n'y a pas très longtemps que cette somme, qui peut être attribuée au choix du député, à des associations, à des collectivités de sa circonscription, dans l'opposition, elle s'élevait parfois au maximum autour de 30 000 euros, quand certains en touchent des millions. C'est-à-dire que le président de la Commission des Finances, a priori, je vais vous dire ça, Philippe Marigny, touche jusqu'à 3,1 millions d'euros par an. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. Et c'est incroyable. C'est vrai que c'est absolument scandaleux.
Et alors, c'est quand même étonnant de la part du candidat Hollande qui, justement, avait souhaité baisser la rémunération des présidents des grands groupes publics afin que l'écart au sein d'une même entreprise ne dépasse pas 1 à 20. Et il ne trouve rien à redire à ce qu'il dépasse ici 1 à 100. Alors, dans quelque chose d'un petit peu plus personnel, je vais vous parler de quelques petites anecdotes, parce qu'il faut quand même qu'on rigole un petit peu. L'Assemblée nationale, vous voyez, c'est un petit monde à part. Il y a ses codes, il y a son vocabulaire, ils ont leurs petits réflexes.
Alors, je ne sais pas si certains psychiatres se sont déjà penchés sur la question, mais ils auraient certainement là, franchement, un cas d'étude intéressant, parce que, je ne sais pas, l'hémicycle est atteint d'une schizophrénie généralisée. C'est-à-dire qu'au cours des séances, chaque rente, alors c'est l'étripage en règle de la gauche et de la droite, on se lance des noms d'oiseaux, on se traite de menteurs, on se rejette mutuellement à la faute. Et à peine passée la porte vers la buvette, c'est « Ah, tu ne m'as pas raté sur ce coup-là ! Attends, elle était bien bonne !
» On se tape dans le dos et puis on va se retrouver pour une activité qui met tout le monde d'accord, c'est-à-dire le repas. Je veux dire que nos vies dans la matière, c'est quand même un petit peu surprenant. Mais peut-être plus surprenant encore, cette espèce de langage polissé par les agences de com' pour les mesures, vous savez, qui ne sont pas très populaires. Donc, il ne faut pas les dire telles quelles, parce que ça risquerait de faire gronder un petit peu la population. Donc, ainsi, fédéralisme européen, par exemple, se transforme en intégration solidaire. C'est vrai que c'est vachement plus porteur, il faut bien le dire quand même.
Par exemple, la restructuration de la dette, ça veut dire le non-remboursement de la dette, des Grecs, en l'occurrence. Alors, très étonnant aussi dans le débat sur le mariage homosexuel et l'adoption, alors on ne dit plus créer une famille, on dit faire famille. Ah ouais, tu fais quoi, toi, ce week-end ? Ben, moi, je fais du vélo, et toi ? Ben non, moi, je fais famille, écoute. Autre chose, d'ailleurs, dans le même domaine, alors on ne dit plus homosexuel, on dit LGBT. Alors, je ne sais pas si ça vous... Moi, personnellement, ça m'a interpellée. Alors, LGBT, c'est lesbienne, gay, bisexuelle, trans. Ok ? Alors, moi, j'ai envie de dire, bref, ONVPC, on nous prend vraiment pour des cons.
Bon, alors, je vais quand même m'attarder un petit peu sur M. Copé, parce que c'était quand même ça, je crois que c'était très... Voilà. Qui est devenu soudainement danseur étoile, une espèce de pas-chassé national pour éviter de saluer mon abject personne. J'ai cru qu'on allait le perdre, là, vraiment. Donc, voilà. Mais il ne m'a toujours pas saluée, même dans les couloirs. Lui, pour le coup, il n'est peut-être pas si schizophrène que ça.
Alors, par contre, mes amis, vraiment, ne soyez pas d'us, parce que c'est vrai qu'on est face à un comportement extrêmement opportuniste, extrêmement démagogique de la part de l'UMP, mais sachez qu'ils n'apporteront pas plus de salut dans 5 ans qu'ils ne l'ont fait durant les dix dernières années. Donc, ne vous laissez pas séduire. Par leur discours, ils ont le verbe haut, mais la main molle. Voilà. Je vais quand même vous donner quelques exemples de textes pour revenir un petit peu à ce que nous avons proposé. Donc, face à la suppression du droit d'accès à de 30 euros de l'AME, nous avons demandé la suppression pure et simple du dispositif.
Je tiens quand même à m'attarder un petit peu sur cette histoire de l'AME, parce que je trouve que c'est une disposition qui est particulièrement choquante et particulièrement immorale. Alors, moi, je trouve que nos dirigeants devraient quand même un petit peu eux aussi reprendre des cours de morale, parce qu'ils sauraient que charité bien ordonnée commence par soi-même. Il faut savoir, quand on sait qu'un Français sur trois n'arrive pas à se soigner correctement, un clandestin, qui arrive en France, donc de manière illégale, lui, obtient 100% du remboursement de ses soins médicaux. À l'exception, évidemment, de quelque chose comme la cure thermale. Mais encore heureux, il ne faut pas...
Voilà. Mais il y a évidemment d'autres textes emblématiques qui vont prochainement faire l'actualité. Il va y avoir le renforcement de la loi SRU et de ses mesures de mixité sociale forcées, le traité européen de stabilité, le mariage gay, le budget 2013, la suppression des peines planchers. Et là encore, nous serons présents pour faire entendre les idées qui nous réunissent autour de Marine. Le refus des abandons de souveraineté au profit de l'Europe de Bruxelles, le refus du fiscalisme qui écrase les Français, le refus des lois communautaires ou de circonstances et le droit des victimes.
Mais il faut quand même s'attarder un petit peu sur cette histoire du traité européen, que vous ayez conscience quand même à quel point c'est extrêmement grave. On va une fois de plus déposséder les Français de leur souveraineté. Ça veut dire qu'on va leur enlever leur capacité de décider de leur budget. Demain, Bruxelles, qu'on sait quand même particulièrement tectocrate et avec la froideur qu'on lui connaît, aura un droit de regard et de modification sur le budget de la France. C'est-à-dire que c'est Bruxelles qui va décider où et comment vont être répartis vos impôts.
Autant vous dire que c'est extrêmement inquiétant parce que la politique de l'Europe est aujourd'hui une politique d'austérité. C'est pour ça que je vous demande de venir signer notre pétition sur le site et également de faire savoir à quel point cette mesure est grave parce qu'ils ont tendance à laisser passer ça inaperçu. Comme vous le savez, c'est extrêmement peu populaire et donc il y a une espèce de silence un petit peu sur l'Europe. On ne sait pas trop comment ça fonctionne. C'est assez opaque. Donc je vous demande vraiment de vous intéresser à ce sujet-là parce qu'il en va de la maîtrise de votre destin.
Il faut vraiment que vous ayez conscience, mes amis, que notre pays est en mal de démocratie. C'est une démocratie bafouée, comme on l'a vu avec le traité de Lisbonne, détournée et parfois même injustement utilisée pour justifier l'intrusion guerrière au sein d'autres pays souverains. Nous allons, vous vous rendez compte, donner des leçons aux autres pays, soit disant parce qu'ils sont antidémocrates, alors qu'en 2007, avec le traité de Lisbonne, nous avons imposé aux Français une mesure qu'ils avaient refusée. C'est extrêmement grave. Parce que finalement, c'est quoi la démocratie représentative ?
Par opposition à la démocratie directe, ça suppose que le peuple choisisse des représentants à qui il confie un mandat pour légiférer. Le peuple accepte ainsi de se dessaisir de son pouvoir souverain, mais la condition de cet abandon du pouvoir est que les représentants soient effectivement représentatifs, qu'ils soient à l'image de ceux qu'ils mandatent. La première de représentativité, c'est à l'évidence celle des sensibilités politiques, incarnées par les partis. La démocratie, avant d'être un corpus de règles et de droits fondamentaux, c'est avant tout un mécanisme. Ce mécanisme de représentativité.
Aujourd'hui, on vote des lois pour qu'il y ait une parité hommes-femmes au sein des candidats présentés par les formations politiques, mais personne ne semble se soucier des distorsions considérables entre la réalité des urnes et celles des hémicycles. Le Front national représente durablement dans la vie politique française, dans l'immense majorité des grands scrutins nationaux depuis 25 ans, entre 10 et 15 % des voix. Aux dernières présidentielles, 18 %, et pourtant nous avons deux députés. Alors même que les Verts, qui ont quand même, il me semble, fait des scores minables, ont un groupe à l'Assemblée, ils ont des ministres, ils ont des mairies, ils sont présents dans les exécutifs locaux.
C'est une réelle injustice. Même au Sénat, nous n'avons jamais eu le moindre représentant sous la Vème République. Paradoxal comme situation, car il n'aura échappé à personne que bien souvent les prétendants à une fonction de chef de parti ou de président de la République inscrivent la proportionnelle dans leur liste de propositions. C'était également le cas de M. Hollande. J'espère que pour le coup, cette promesse-là, il la tiendra, si ça pouvait être la seule. Je vais y conclure par quelques constats et un engagement. La gauche aujourd'hui a presque tous les pouvoirs.
La présidence de la République, l'Assemblée, le Sénat, 21 régions sur 22, la majorité des départements, la majorité des villes de plus de 30 000 habitants, dont 4 des 5 premières villes de France. Mais la France des urnes n'est pas la France des sièges. Et à force de chercher des majorités partout, il n'y a de justice nulle part. Désormais, il doit voir quelle est la véritable alternative, celle du mouvement national, celle du Front national. Parmi les multiples et étonnantes priorités de M. Hollande, une me paraît de prime abord être légitime. En effet, les socialistes disent vouloir faire de la jeunesse leur priorité. Mais de quelle jeunesse parle donc M. Hollande ?
De la jeunesse de France qui vote majoritairement pour Marine Le Pen ? J'ai un petit doute. Évidemment non. Évidemment non. Il veut évidemment parler de celle largement minoritaire qui semble chaque fois avoir sa préférence, c'est-à-dire celle des zones urbaines sensibles, autrement dit des cités pour les profanes que nous sommes, et celle des zones d'éducation prioritaire. D'ailleurs, dès les premiers mois du quinquennat, le ton a été donné. Création d'emplois d'avenir et avenir professeur, belle expression pour une bien triste injustice.
Le projet initial de la loi prévoit que ces emplois seront réservés en priorité aux zones urbaines sensibles et aux jeunes issus de zones d'éducation prioritaire. Autrement dit, honnêtement, aujourd'hui, il ne fait pas bon naître français en ruralité ou classe moyenne loin de la tonie truande citée parisienne. Alors François Hollande poursuit l'oeuvre de Nicolas, là où elle s'est arrêtée. Il augmente toujours un petit peu plus les impôts, il dépossède les Français de leur travail, il brise les initiatives. Pourtant, bien connu notre peuple qui est reconnu, il est vrai, pour son talent et sa créativité au cours de son histoire.
Pire encore, la gauche poursuit la politique fédéraliste de l'UMP et fait un nouveau pas, comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure, peut-être irrémédiable vers le fédéralisme et la dépossession de la souveraineté du peuple français. Et M. Hollande, comble d'audace d'ailleurs, refuse au peuple dont il est le président la possibilité d'exprimer directement son avis par référendum. Mais croyez-moi, tous leurs dessins ne s'accompliront pas sans contradiction. Si nous sommes peu nombreux, nous n'aurons de cesse de faire entendre votre voix, celle trop souvent oubliée de la majorité silencieuse.
Et pour cela, vous pourrez notamment compter sur le coffre de Gilbert Collard dont mon tempo gauche a légèrement souffert. Nous susciterons le débat au sein de cette assemblée piètrement monologue. Nous serons la voix du bon sens, des réalités et du pragmatisme face au gouvernement des statistiques, des études et de l'idéologie. Je tiens d'ailleurs à saluer le choix remarquable des électeurs pour des députés dont ils savent qu'ils n'auront pas les complicités locales habituels, les petits arrangements nationaux ou l'oreille du ministre.
Des députés parfois ignorés par ces mêmes ministres malgré qu'une question leur soit directement adressée, ce qui a pu m'arriver il y a quelques semaines déjà face à M. Cahuzac. Des députés qui se verront opposer à un rejet systématique de leurs propositions, quand bien même seraient-elles pertinentes. Des députés à qui l'on refusera souvent un simple salut, pourtant la moindre décorrection pour tout démocrate qui se respecte. Courageux vote, courageux vote en faveur de députés quelques peu hors système, il est vrai. Ces électeurs ont choisi de sacrifier leurs intérêts immédiats pour une cause plus grande, celle du débat public, celle de la démocratie, celle de l'histoire avec un grand H.
Je vous remercie. Merci.
Merci.
Marion Maréchal-Le Pen