Raymond Girardi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 1:31OuverteRéponse directe
Vous dénoncez le comportement des transformateurs et de la grande distribution, un comportement franco-français unique au monde, dites-vous. Pourquoi ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Quel est par exemple le juste prix pour un kilo de tomate ?
- 3:27OuverteRéponse directe
C'est plutôt autour de 3 euros à Paris ?
- 3:54OuverteRéponse directe
Il y a aussi la Russie qui a décrété un embargo sur les produits alimentaires français l'année dernière. Les producteurs en souffrent, ça a eu un impact important ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« les fruits et légumes connaissent une crise exceptionnellement grave depuis 6 mois maintenant, avec à la fois des prix bas, mais également des méventes, où certains fruits ou certains légumes ne peuvent pas être vendus et sont détruits. »
- 1:40Invité politiqueFait
« la grande distribution française est particulièrement dure avec les producteurs, ce qui est moins vrai en Allemagne, en Angleterre, voire en Italie ou en Espagne. »
- 1:57Invité politiqueFait
« la distribution française continue d'importer massivement, même parfois accentue les importations au moment où on rentre en production pour faire chuter les prix »
- 3:00Invité politiqueChiffre
« si on prend par exemple un kilo de tomate, pour avoir une rémunération normale au producteur, c'est-à-dire 70 centimes, on y ajoute le conditionnement et le transport, à peu près 20 centimes, ça arrive à 90 centimes. Une marge normale de la distribution, 60 centimes, on est à 1,5 euro. »
- 4:03Invité politiqueFait
« l'embargo russe vient se rajouter à cela. Il y a des filières importantes qui vendaient beaucoup à la Russie, telles que la filière pomme, par exemple, mais d'autres filières également, mais surtout la pomme, qui sera encore plus en difficulté. »
Temps de parole
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Place à l'invité de la rédaction et on évoque cette opération de vente directe de fruits et légumes, Gabriel Pereira, des ventes au juste prix qui se déroulent aujourd'hui à Paris.
Oui, comme chaque année, Place de la Bastille, mais aussi dans plusieurs villes d'Île-de-France, opération organisée par le MoDef, le Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, 50 tonnes de fruits et légumes à vendre, des tomates, des poires, des nectarines, au juste prix donc, promet le MoDef. Bonjour Raymond Girardi.
Bonjour.
Vous êtes le secrétaire général du Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, en direct de la Place de la Bastille. Merci d'être avec nous, l'opération débute tout à l'heure à 8h. On a beaucoup parlé ces derniers jours de la crise de la filière porcine, de la filière laitière également. Du coup, on imagine, Raymond Girardi, que cette vente directe de fruits et légumes aura un impact encore plus important cette année.
Bien sûr, comme nos collègues de la filière élevage et lait, les fruits et légumes connaissent une crise exceptionnellement grave depuis 6 mois maintenant, avec à la fois des prix bas, mais également des méventes, où certains fruits ou certains légumes ne peuvent pas être vendus et sont détruits. Donc, c'est vrai qu'on tenait à refaire cette année cette initiative pour aller au contact des Parisiens, organiser cette opération de solidarité, en direct du producteur au consommateur, avec les différents fruits et légumes, et bien sûr, pour évoquer nos problèmes, les problèmes liés à la grande distribution, qui fait des marges importantes et qui ne rémunère pas normalement notre filière.
Alors justement, vous dénoncez le comportement des transformateurs et de la grande distribution, un comportement franco-français unique au monde, dites-vous. Pourquoi ?
Écoutez, la grande distribution française est particulièrement dure avec les producteurs, ce qui est moins vrai en Allemagne, en Angleterre, voire en Italie ou en Espagne. Quand ces pays commencent à produire, leur centrale d'achat et de distribution limite les importations, alors que la distribution française continue d'importer massivement, même parfois accentue les importations au moment où on rentre en production pour faire chuter les prix, puisqu'on nous met en concurrence déloyale avec des tomates qui viennent du Maroc, des pommes qui viennent de l'Afrique du Sud, des kiwis qui viennent de Nouvelle-Zélande.
Voilà, je pourrais énumérer tous les pays qui fournissent de la tomate d'Europe centrale. Donc c'est pour ça que le comportement de la grande distribution en France est unique au monde par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays. Il faudrait qu'elle respecte la filière fruits et légumes, et au moment où nous sommes en production, privilégie la production française, ce qui n'est pas le cas, et c'est la raison pour laquelle on organise cette action aujourd'hui, Place de la Bastille, pour le dire aux consommateurs parisiens, et puis le crier haut et fort, parce que la moitié des producteurs de fruits et légumes sont en grande difficulté aujourd'hui, et disparaîtront si ça continue.
Vous parlez de juste prix, alors allons-y, soyons concrets. Quel est par exemple le juste prix pour un kilo de tomate ?
Alors, l'idée que l'on veut défendre aujourd'hui, si on prend par exemple un kilo de tomate, pour avoir une rémunération normale au producteur, c'est-à-dire 70 centimes, on y ajoute le conditionnement et le transport, à peu près 20 centimes, ça arrive à 90 centimes. Une marge normale de la distribution, 60 centimes, on est à 1,5 euro. C'est-à-dire que les consommateurs parisiens devraient trouver la tomate aujourd'hui au maximum à 1,5 euro, ce qui n'est pas le cas, évidemment, pour la même qualité que l'Oper.
C'est plutôt autour de 3 euros à Paris ?
Voilà, ça va de 2,5 euros à 3,5 euros, en fonction des endroits, ce qui donne à la grande distribution une marge qui est anormale.
Ça veut dire que le consommateur se fait arnaquer, tout simplement ?
Bien sûr, le producteur est spolié, le consommateur est arnaqué, ça ne peut plus durer comme ça. Donc, c'est pour ça que l'on prothèse et qu'on organise cette vente ici, à Bastille, face de la Bastille, ce matin.
Alors, il y a aussi la Russie qui a décrété un embargo sur les produits alimentaires français l'année dernière. Les producteurs en souffrent, ça a eu un impact important ?
Oui, disons qu'il y a déjà une situation de crise par rapport à ce qu'on vient d'évoquer. Évidemment, l'embargo russe vient se rajouter à cela. Il y a des filières importantes qui vendaient beaucoup à la Russie, telles que la filière pomme, par exemple, mais d'autres filières également, mais surtout la pomme, qui sera encore plus en difficulté. C'est-à-dire que l'embargo est venu se rajouter à cette situation de crise profonde. Ce n'est pas normal aussi que les producteurs français paient la note des décisions qui sont prises par rapport à la Russie, qu'elles soient justifiées ou pas justifiées.
Là, ce n'est pas notre problème, mais ce n'est pas à nous, producteurs français, de payer encore plus les conséquences de cet embargo.
Merci beaucoup, Raymond Girardi, secrétaire général du MoDef, le mouvement de défense des exploitants familiaux. Coup d'envoi donc à 8 heures tout à l'heure de cette vente directe de fruits et légumes à Paris et dans plusieurs villes d'Île-de-France. Bonne journée.
Merci beaucoup, Gabriel Pereira. Bonne journée à vous. Sous-titrage ST' 501