Franck Allisio : "La relation franco-algérienne a un coût social pour la France !" (RTL)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Il faut être plus ferme selon vous, Franck Alizio, avec les Algériens ?
- 0:51OuverteRéponse directe
C'est de la pure provocation vous pensez ?
- 0:54OuverteRéponse directe
C'est une façon de continuer à tendre nos relations ?
- 1:38OuverteÉludée
Olivier Lecour-Grandmaison, comprenez-vous la diplomatie française dans ce dossier ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Tout d'abord, à l'origine, il y a des différends très importants entre la France et le régime algérien.
- 2:06OuverteRéponse partielle
Bruno Retailleau promet une réponse graduée, donc. Il met même son poste dans la balance.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueChiffre
« Sur les dix dernières années, le nombre d'Algériens incarcérés et écroués a augmenté cinq fois plus vite que le nombre d'Algériens qui sont arrivés sur notre territoire. »
- 0:33Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, la population algérienne est la première population étrangère dans nos populations carcérales. »
- 1:17Invité politiqueFait
« qui depuis des générations élève les Algériens dans la haine de la France. »
- 2:50InvitéFait
« Et des Français et des Algériens, avec les Algériens qui sont chez nous, pour certains qui sont aux doubles nationalités. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Le Premier ministre a un autre discours. Voilà, un discours, on va dire, d'apaisement pour être gentil, de soumission d'aucun dirant, vis-à-vis de l'Algérie. »
- 4:54Invité politiqueFait
« Car on a bien vu que le discours du président de la République depuis des années vis-à-vis de l'Algérie a été fait de trop de conciliation. »
- 5:45PrésentateurFait
« mais qui est à l'origine du différent particulièrement grave avec l'Algérie, qui est effectivement un revirement politico-diplomatique français extrêmement important »
- 7:29InvitéFait
« Je rappelle qu'il y a une loi déclarative, la loi du 23 février 2005, qui établit une interprétation officielle du passé colonial. »
- 12:50InvitéChiffre
« 75% des petits musulmans en Alger étaient scolarisés et étaient scolarisés par la France. »
- 16:09Invité politiqueFait
« Ce qu'on n'accepte pas, ce que Marine Le Pen et Jordan Bardella n'acceptent pas, c'est la déclaration en 2017 de M. Macron parlant de crimes contre l'humanité de la France en Algérie. »
- 29:44Invité politiqueChiffre
« il y a cinq fois plus de chômage chez les immigrés algériens que chez les Français. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Franck Allisio23 %
- Invité17 %
- Auditeur8 %
- Auditeur 24 %
- Auditeur 32 %
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Il faut être plus ferme selon vous, Franck Alizio, avec les Algériens ?
Oui, bien évidemment. Bien évidemment qu'il faut être beaucoup plus ferme. Bien évidemment qu'il faut enfin la mettre en marche, l'appliquer, cette riposte graduée. Lorsque l'on demande que l'Algérie récupère ses ressortissants qui ont commis des délits graves, il faut rappeler la réalité et les faits dans nos prisons. Sur les dix dernières années, le nombre d'Algériens incarcérés et écroués a augmenté cinq fois plus vite que le nombre d'Algériens qui sont arrivés sur notre territoire. Aujourd'hui, la population algérienne est la première population étrangère dans nos populations carcérales.
C'est une réalité et c'est la raison pour laquelle aussi lorsque l'Algérie refuse de récupérer, pour des raisons de provocation diplomatique, refuse de récupérer, et aussi probablement social.
C'est de la pure provocation vous pensez ?
C'est de la pure provocation.
C'est une façon de continuer à tendre nos relations ?
Oui, évidemment, essentiellement ça. Après, évidemment que socialement, ça n'intéresse probablement pas le régime algérien de récupérer une soixantaine de voyous. On est d'accord. Enfin, des voyous, des criminels, des délinquants. C'est un pays qui depuis des générations, on en reparlera probablement un peu plus tard dans notre échange, mais qui depuis des générations élève les Algériens dans la haine de la France. Dans la haine de la France. Et c'est ça qui est à ce point. Pour masquer quoi ? Pour masquer l'échec d'un régime. Et moi, je ne confonds pas la population algérienne et le régime algérien, qui est, je le rappelle, une dictature. Et cette dictature vit sur cette haine de la France.
Ce n'est pas réciproque, c'est le mot qu'on puisse dire. Olivier Lecour-Grandmaison, comprenez-vous la diplomatie française dans ce dossier ?
Tout d'abord, à l'origine, il y a des différends très importants entre la France et la Gérisse et le régime algérien. Alors, excusez-moi, je me permets de vous interrompre, monsieur Lecour-Grandmaison, excusez-nous. On va vous rappeler, pour avoir une liaison de meilleure qualité, qu'on puisse vous donner la parole dans de bonnes conditions. Ce sera dans un instant, on le fait immédiatement. Bruno Retailleau promet une réponse graduée, donc. Il met même son poste dans la balance. Il y a deux lignes au sein du gouvernement ? On peut se poser quand même la question, Olga Givernais, non ?
C'est vraiment un sujet qui doit relever du Quai d'Orsay. Et c'est bien Jean-Noël Barraud qui est sur le sujet. Le président de la République aussi, pour les relations internationales. Donc, on comprend bien le fait que Bruno Retailleau, au ministère de l'Intérieur, doit faire respecter la loi, notamment sur l'immigration légale et illégale. Je pense qu'il faut qu'il en appelle aux relations diplomatiques pour pouvoir faire appliquer ses obligations de quitter le territoire français.
Vous avez bien compris qu'au-delà des relations diplomatiques, là, on touche à quelque chose qui est éructif, affectif, à la fois violent et passionnel. Enfin, il s'appelle tout simplement les relations de la France et de l'Algérie depuis 50 ans, pour ne pas dire beaucoup plus, d'ailleurs.
Et des Français et des Algériens, avec les Algériens qui sont chez nous, pour certains qui sont aux doubles nationalités. Donc, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Donc, c'est une relation bilatérale avec un pays, avec lequel nous avons une histoire très forte, très concrète, et pour laquelle, je pense qu'il faut pouvoir continuer la coopération. Pour avoir la coopération, il faut être deux.
Je vous ai demandé s'il y avait deux lignes au sein du gouvernement. Est-ce que c'est le cas ou pas ? Et est-ce que vous le regrettez ?
Moi, je crois qu'il y a la ligne du Premier ministre. C'est lui qui a répondu, notamment, au moment des questions d'actualité au gouvernement. C'est également Jean-Noël Barraud qui a répondu. Ils sont en charge de ce sujet-là. Et le président de la République s'est d'ailleurs exprimé aussi. Donc, je crois que chacun, dans un gouvernement de coalition comme il l'est aujourd'hui, eh bien, chacun doit prendre ses responsabilités selon son portefeuille. Encore une fois, que le ministère de l'Intérieur en fasse appel au Quai d'Orsay pour, justement, respecter la loi, notamment sur les questions d'immigration, je trouve ça tout à fait normal.
Mais je pense qu'il faut qu'il y ait une certaine cohésion dans la posture que l'État français doit avoir.
Franck Alizio ? Sous la 5ème République, l'exécutif, surtout en période de cohabitation, non, on n'est pas en période de cohabitation. Jusqu'à normalement, le Premier ministre a longtemps été, et toujours, le premier soutien du plan de la République. C'est un macroniste, c'est M. Bayrou. Donc, l'exécutif doit parler d'une seule voix. Son Premier ministre subit, quand même, d'une certaine façon. Il ne parle pas d'une seule voix. Parce qu'on parle du gouvernement. L'exécutif, c'est le gouvernement plus le Premier ministre, sous la 5ème. Donc, le gouvernement, M. Bayrou, semble plus ou moins soutenir son ministre de l'Intérieur, M. Rotao, je dis bien plus ou moins.
Et en revanche, le Premier ministre a un autre discours. Voilà, un discours, on va dire, d'apaisement pour être gentil, de soumission d'aucun dirant, vis-à-vis de l'Algérie. Ça, ça ne peut pas tenir. Parce que, du coup, la voix de la France n'est pas respectée. La voix de la France n'est pas crédible. Voilà. Et quand vous voulez engager un bras de fer, il faut parler d'une seule voix. Surtout, un bras de fer diplomatique dans des circonstances compliquées comme celle-là. Surtout après des années, des années de diplomatie hasardeuse. Car on a bien vu que le discours du président de la République depuis des années vis-à-vis de l'Algérie a été fait de trop de conciliation.
D'ailleurs, qui nous a mis à mal pendant longtemps avec nos relations avec le Maroc. Et puis là, évidemment, il y a eu un revirement par rapport au Maroc. Cette histoire est importante. Le Sahara occidental, vous le savez. Du coup, les Algériens sont très vexés. Et donc, ils cherchent à provoquer, à provoquer, à provoquer les Français. Encore une fois, il y a aussi un discours interne. Toujours cette volonté de monter le peuple algérien contre le peuple français.
Alors, Olivier Lecour-Grand-Maison, qui est maître de conférences en sciences politiques à l'université d'Evry, est à nouveau avec nous. Monsieur Lecour-Grand-Maison, est-ce que vous comprenez la diplomatie française sur ce dossier ? Non, mais pour d'abord rappeler une chose qui vient d'être rappelée, mais qui est à l'origine du différent particulièrement grave avec l'Algérie, qui est effectivement un revirement politico-diplomatique français extrêmement important et qui est à l'origine de cette dégradation des relations franco-achériennes. C'est évidemment la nouvelle position prise par le chef de l'État relativement au Sahara occidental et au Maroc.
L'autre remarque, c'est que quand j'entends Madame la députée dire que la France doit être ferme avec tous les pays dont des ressortissants sont frappés d'OQTF, je constate que pour le moment, cette fermeté ne s'exerbe qu'à l'encontre de l'Algérie. Pour des raisons, me semble-t-il, relativement simples. C'est que pour le Rassemblement national hier et aujourd'hui encore, je dis le Front national hier et aujourd'hui encore, et pour l'actuelle majorité, l'Algérie concentre deux éléments.
D'une part, une défaite intigée à la France à la suite de la victoire du Front de Libération nationale et de la défaite de la France le 19 mars 1962, une défaite que le Front national et le Rassemblement national n'ont jamais acceptée. et d'autre part, la question de l'immigration qui permet au gouvernement de faire croire qu'il fait ce qu'il dit et qu'il dit ce qu'il fait. Vous nous dites quoi ? Qu'on n'a toujours pas réussi à purger notre histoire ?
Mais absolument, c'est un passé qui ne passe pas, parce que c'est un passé, notamment le passé avec l'Algérie, qui est constamment exploité d'une part par le Rassemblement national, d'autre part par d'autres forces politiques dont les positions ont évolué vers l'exemple de droite et qui entretiennent sans fin un vieux mythe national républicain et impérial républicain selon lequel la colonisation aurait eu d'éminents aspects positifs et que la France aurait souhaité exporter sa civilisation pour faire profiter les indigènes qui n'en avaient jamais vus jusqu'à présent.
Je rappelle qu'il y a une loi déclarative, la loi du 23 février 2005, qui établit une interprétation officielle du passé colonial. C'est une double exception, la France étant la seule ancienne puissance coloniale à avoir légitérée. Et par ailleurs, c'est une autre exception, parce que si l'État peut et doit, dans certains cas, intervenir dans de nombreux domaines économiques et sociaux et financiers, il y a bien un domaine dans lequel il ne saurait intervenir. C'est la question des sciences humaines, des sciences sociales, parce qu'en intervenant ainsi, il méconnaît un principe d'indépendance absolu et viole par la même des principes fondamentaux qui permettent justement aux chercheurs...
et aux chercheuses de travailler en toute indépendance et indépendamment de l'État. C'est votre univers de travail à longueur d'année, mais cette loi à laquelle vous faites référence, est-ce que vous pouvez nous en donner, en gros, la substance en quelques mots ? La loi du 23 février 2005 commence ainsi, c'est l'article 1er, l'article dans lequel les juristes nous disent que c'est dans cet article que s'exprime la philosophie de la loi, mais en fait, de philosophie, il n'y en a pas le début du commencement.
Ce qui s'exprime, c'est en fait une idéologie et des représentations partielles et partiales puisque l'article 1er est un filibéné, la France reconnaît l'œuvre accomplie en Algérie et dans les pays passés sous sa dépendance. Il n'est pas besoin d'être un philologue de haute volée pour comprendre que le terme œuvre là emporte évidemment une acception positive et relativement à la présence française dans les autres territoires, c'est un magnifique phémis parce que chacun sait que sous la Troisième République, entre 1885 et 1913, la conquête de l'Empire colonial s'est faite par la guerre et par des guerres qui ont été extrêmement meurtrières.
On marque une pause et on se retrouve avec nos invités dans quelques instants sur RTL. A tout de suite, comme toujours, France-Algérie, c'est très tendu. Yves Calvi, on refait le monde sur RTL.
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Marie Barsak, chargée des sports, s'était montrée réservée sur son interdiction. François Bayrou les a convoqués ce matin avec trois autres ministres pour un recadrage. Et puis l'un des assassins présumés de Kevin et Leslie a été remis en liberté. Aujourd'hui, Nathan Bay est mis en examen mais un vice de procédure lui a permis de sortir de détention. Fin 2022, dans les Deux-Sèvres, le couple était tombé dans un guet-tapant ultra-violent sur fond de trafic de drogue. Et dans une demi-heure, on retrouve Faustine Bollard-Victor. Une formidable histoire d'amour au programme dans l'émission.
Un héros tout à l'heure, Claudine et Mickaël sont tombés amoureux quand ils avaient 15 ans avant d'être séparés par la vie. Ils ne se sont jamais oubliés et ils se sont retrouvés 38 ans plus tard. Et on vous retrouve, vous, à 20h, Victor Porchet.
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Des mois et des mois de provocation de M. Retailleau n'ont abouti à rien, si ce n'est à une escalade. Une escalade entre les deux pays et une rupture progressive des relations diplomatiques. Et évidemment, c'est dangereux. C'est dangereux. Il y a des centaines de milliers de gens qui ont besoin de passer d'un côté ou de l'autre. On ne peut pas jouer comme ça avec la vie des gens pour faire plaisir. Parce que M. Retailleau, ce qu'il fait, c'est une opération de politique intérieure. Il parle à l'extrême droite en disant « Vive l'Algérie française ». C'est ça que dit M. Retailleau. Et moi, je lui dis que la guerre d'Algérie, elle est finie. Et c'est une bonne chose que ce soit fini.
Le peuple algérien, il est souverain, il est libre. Et ce n'est pas M. Retailleau qui va le prendre de haut.
Vous venez d'entendre donc le député Léphiadrien-Cloé. Je ne suis pas vraiment sûr qu'elle soit terminée, en tout cas à la lumière de ce début d'émission, les tensions entre la France et l'Algérie. Je vous rappelle que nous sommes avec nos invités. Olga Givernet, députée macroniste de l'Ain. Franck Alizio, vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale. Et député des Bouches-du-Rhône. Olivier Lecour-Grandmaison, qui est maître de conférence en sciences politiques à l'université d'Evry. Je sais que vous avez fait des bons l'un et l'autre. En tout cas, en écoutant l'intervention tout à l'heure de M. Lecour-Grandmaison. Pourquoi Olga Givernet ?
Parce que quand on dit que les OQTF ne s'appliquent pas avec les autres pays, c'est faux. En fait, ils récupèrent leurs ressortissants à partir du moment où ils sont en situation illégale en France. Ce qu'il faut simplement se rappeler, c'est que l'incident avec un influenceur algérien, d'ailleurs, qui avait tenu des propos haineux. Et à ce moment-là, l'Algérie l'avait refusé. Eh bien, c'est de là que tout est parti. La France a voulu officialiser cette demande de retour d'une 60 OQTF. L'Algérie a refusé. Et donc, effectivement, là, il y a des positions très claires concernant les mesures qui devraient être appliquées normalement selon les accords en vigueur.
Franck Alizio ? Non, mais ce qui m'a fait réagir, c'est que lorsqu'on dit que le Rassemblement National n'accepterait pas la fin de la guerre d'Algérie, la question n'est pas là. Ce qu'on n'accepte pas, ce que Marine Le Pen et Jordan Bardella n'acceptent pas, c'est la déclaration en 2017 de M. Macron parlant de crimes contre l'humanité de la France en Algérie. Ce que nous n'acceptons pas, c'est que M. Darmanin aille fleurir la tombe des martyrs du FLN qui ont du sang français sur les mains. C'était en 2020.
Ce que moi, je propose, en tout cas, je l'ai fait en tant que député des Boucheron et Marseillais, c'est que Marseille, qui a une véritable histoire avec la France coloniale, accueille un véritable musée de la colonisation qui permet de faire la vérité, de réconcilier en faisant la vérité historique plutôt qu'aller vers la guerre civile. Voilà, c'est l'idée de se flageller sans arrêt. Si les Français ne sont pas eux-mêmes fiers de leur histoire, avec sa part d'ombre et avec sa part de lumière, alors personne ne le fera pour eux. Et aujourd'hui, encore une fois, ce ne sont pas les Français qui crachent sur l'Algérie, c'est le régime algérien qui crache sur la France et les Français.
Olivier Lecaud, Grand Maison, j'en reviens finalement à votre propos de tout à l'heure. On doit continuer à demander pardon, là, pendant encore des dizaines d'années ? Non, mais il ne s'agit pas de demander pardon. Je rappelle que, d'une part, ce qui a été cité à l'instant par le représentant du RN, la déclaration d'Emmanuel Macron sur les crimes contre l'humanité commis par la France en Algérie, sont des déclarations qui ont été faites par Emmanuel Macron en tant que candidat à la première élection présidentielle, qu'il s'est bien gardé de réitérer par la suite. Par ailleurs, le représentant du RN peut bien s'offusquer.
Il ferait bien de relire le code pénal, et notamment l'article 212 ans, qui définit le crime contre l'humanité, lequel est ainsi défini, entre autres, tout acte de torture, de déplacement forcé de population, d'exécution sommaire de disparition commis en vertu d'un plan concerté. Or, nous sommes en droit de considérer, et ce n'est pas un droit, c'était établi par les historiens, contrairement à ce qu'on cherche à nous faire entendre ici et là, et notamment du côté de l'extrême droite. Il ne s'agit pas d'opinion, il s'agit de faits parfaitement établis, et depuis très longtemps établis. Oui, la France a commis, depuis 1840, ce qui s'apparente à des crimes contre l'humanité.
Et en matière de reconnaissance, rappelez qu'il y a de très nombreux pays, notamment d'anciennes puissances coloniales européennes, qui ont reconnu les crimes qu'elles ont commis par le passé. Je pense à l'Allemagne, et notamment le premier génocide commis à l'époque du XXe siècle, en 1904, dans ses colonies du sud-ouest africain, l'actuel Namibie. Je pense notamment à la Belgique, je pense à la Grande-Bretagne, relativement à la guerre des Maho-Maho après la Seconde Guerre mondiale, et que chacun sait qu'effectivement, la reconnaissance par les plus hautes autorités de l'État des crimes commis pendant la colonisation serait évidemment un facteur d'apaisement.
Donc rien ne peut être normal dans nos relations, quand je vous écoute, j'entends bien dans l'accumulation historique que vous êtes en train de faire sur notre antenne, que rien ne peut être normal dans nos rapports avec l'Algérie. Et non, je ne dis pas que rien ne peut être normal, je pense que la reconnaissance serait un facteur de stabilisation et de pacification des relations. Et je vais finir sur ce point, puisque l'année 2025 est une année très particulière, c'est le 80e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 en Algérie, qui ont fait entre 25 et 30 000 morts, entre le 8 mai 1945 et l'été 1945.
Et il me semble que les plus hautes autorités de l'État seraient inspirées de se saisir de ce 80e anniversaire pour reconnaître ce qui a été perpétré, rendre justice de façon symbolique aux victimes et à leurs descendants, et reconnaître enfin qu'effectivement, cela a bien été perpétré par les forces armées françaises. C'est ce que vous appelez d'un terme de reconnaissance, je vous ai bien compris. C'est la reconnaissance, mes chers messieurs, je vous rappelle que c'est exactement ce qui a été fait encore une fois, vous devriez écouter ce qu'on vous dit, qui a été fait encore une fois par un certain nombre d'antiennes puissances coloniales.
– Oui, oui, mais j'essaie simplement de vous faire exprimer clairement le propos qui est le vôtre pour nos auditeurs. Si vous n'avez pas envie de l'entendre, c'est votre problème. Mais enfin, les choses sont aussi simples que ça. – J'ai cité, donc je ne voulais pas vous répéter. – Très bien. Olga Givernais.
– Oui, je voulais réagir par rapport au Rassemblement National, la fierté de l'histoire de la France, notamment dans sa part d'ombre. Enfin, excusez-moi, mais on a quand même une part d'ombre, effectivement, que nous ne voulons pas réitérer sur le sol français, et donc la prendre et dire qu'il faut être fier, excusez-moi, mais ça me choque profondément. Et heureusement, heureusement que le Rassemblement National n'a pas vocation à parler sur la scène internationale au nom de la France, parce que, excusez-moi, mais il faut quand même garder des bonnes relations diplomatiques avec les pays, surtout dans le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui, de tensions fortes.
On n'ouvre pas des fronts partout. Et donc, je crois qu'il est très, très important de faire attention à ce que nous portons, notamment en termes de fierté. Oui, nous sommes fiers de la France, de ce que nous avons amené, notamment dans notre histoire, mais encore une fois, la part d'ombre dans laquelle vous êtes fiers, nous ne pouvons pas l'accepter.
– Non, enfin, juste pour vous conclure là-dessus, cette parenthèse, mais l'histoire est un bloc, madame. C'est la formule de Napoléon, je prends tout, du baptême du Clovis au salut public, c'est comme ça. Dans ces cas-là, on va sortir la Révolution française, parce qu'on ne s'en sort plus. Moi, je préfère me rappeler qu'en 1960, 75% des petits musulmans en Alger étaient scolarisés et étaient scolarisés par la France. Mais refermons cette parenthèse, moi j'avais une question, on parle des OQTF, on parle de ça, que fait le gouvernement par rapport au dossier Boalem-Sensal ? Où sommes-nous ?
Est-ce que là, ce n'est pas une provocation de plus, une provocation en plus humanitaire, faite à la France vis-à-vis d'un de nos ressortissants ? Il est franco-algérien, donc il est également français. Où en est-on sur le dossier Boalem-Sensal ? – Eh bien, on en parlera dans un instant.
– On refait le monde dans RTL Soir. RTL Matin, 7h, 10h, c'est…
– Des journaux complets pour tout comprendre de l'actualité. – Mais aussi la politique, l'économie, l'humour et les questions pas si bêtes de Florian Gazan dans le journal de 9h. – Savez-vous qui a été la première star du Paris Saint-Germain ?
– Son nom ? – Moustapha Daleb. – Mais si Paris avait pu s'offrir Moumous, comme on surnommait Daleb, c'était grâce à l'autre première star de l'histoire du PSG, celle en tribune. – Qui ça ? – Jean-Paul Belmondo.
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On refait le monde sur RTL. Avec Olivier Lecourt Grand Maison, maître de conférences en sciences politiques à l'université d'Evry-Valdesson. Franck Alizio, vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale et député des Bouches-du-Rhône. Et Olga Givernet, député macroniste de l'un, ancien ministre délégué à l'énergie du gouvernement Barnier. C'est le nom de Boilem Sansal qui vous a fait réagir l'un et l'autre tout à l'heure. Franck Alizio, que vous voulez dire ?
Oui, je demandais où on était. Le bras de fer, c'en est un autre. Et cette fois-ci, il est humanitaire. On parle d'un vieux monsieur, d'un vieux franco-algérien, qui est atteint d'un cancer, avec des relents aussi, toujours pareil, dans le phrasé du pouvoir algérien, qui a refusé qu'il y ait un avocat juif. On voit bien le relents antisémite. Je dois dire avec plaisir. Gagy Vernet.
Écoutez, moi, c'est des discussions qui sont avec le président de la République, qui s'est d'ailleurs très positionné, très fermement, sur le fait que l'Algérie devait le libérer, et qu'effectivement, dans la situation, notamment de l'âge de cet écrivain franco-algérien, eh bien, quelle menace, en fait, était portée sur l'Algérie. Donc, je crois que c'est un sujet toujours brûlant, qui s'accumule, finalement, à la situation complexe de l'Algérie aujourd'hui. Il faut bien les prendre séparément et avancer sur chacun des points, avec une coopération, une discussion entre les différents interlocuteurs de l'État.
Comment percevez-vous la situation de Woualem sans salle, vous, Olivier, le cours Grand Maison ? Alors, ce qui me concerne, je n'ai aucun problème à demander la libération et, effectivement, son arrestation, on me paraît scandaleuse. À la différence des deux interlocuteurs qui défendent un homme, mais pas des principes, moi, je défends des principes, c'est-à-dire la défense des droits et libertés démocratiques partout, y compris en Algérie, mais ailleurs au Maghreb.
Et je constate que les mêmes qui soufflissent à raison du sort indigne, fait à Woualem sans salle, n'ont strictement rien à dire, relativement au nombre de prisonniers politiques qui se trouvent au Maroc, à la répression extrêmement féroce des mouvements sociaux qui a lieu dans ce pays, pour ne rien dire, des relations tout à fait cordiales entretenues avec l'Arabie saoudite. Et donc, là, on a affaire à un jeu politico-diplomatique très classique avec le fait de brandir les droits et libertés démocratiques dans le cadre d'un pays pour le stigmatiser plus encore, alors que ces droits et libertés démocratiques ne sont pas exigées dans d'autres cas.
Et donc, on a affaire là à deux poids, deux mesures qui permettent aux uns et aux autres de faire croire qu'ils sont les fidèles défenseurs des droits et libertés démocratiques alors même que dans d'autres pays, ils n'ont strictement rien à dire sur les atteintes fondamentales aux droits et libertés qui y sont perpétrées et que par ailleurs, les mêmes en France remettent en cause un certain nombre de droits et libertés fondamentaux. Alors, on a notamment ces derniers temps beaucoup débattu de la politique de visa plus dure pour les Algériens, détenteurs d'un passeport diplomatique. On est dans le symbole ou ça va au-delà ? Comment percevez-vous les choses d'Olga Givernais ?
Moi, je crois que ça fait partie de l'accord de faciliter les relations diplomatiques. Maintenant, si ça fait partie d'une mesure qui peut être suspendue, potentiellement, pour montrer aussi que nous sommes capables de prendre des mesures. Par contre, après la question, c'est quelle est l'étape d'après la renégociation des accords qui ont en fait la capacité aujourd'hui de régir l'ensemble de nos relations. Je crois qu'il faut faire attention à l'escalade tout de même, mais ça peut être sur le fait de suspendre de part et d'autre certaines de nos obligations peuvent être un moyen d'entrer en dialogue.
Bruno Retailleau avait promis une réponse graduée, il met même son poste dans la balance. Est-ce qu'il y a de lignes aujourd'hui au sein du gouvernement ? Ce n'est pas très gradué
de mettre cette démission dans la balance. Donc, moi, je souhaite qu'on trouve déjà au sein du gouvernement une convergence et on est d'accord. Les OQTF doivent être envoyés... Donc, vous nous dites, au limon, quand même,
que c'est le bordel au gouvernement.
Je ne vais pas dire que c'est le bordel. Non, non. On est dans un gouvernement de coalition, un gouvernement dont j'ai fait partie sur la première tentative avec Michel Bernier. Et donc, chacun défend, évidemment, son couloir avec des interactions. Vous savez, il y a aussi de l'interministériel qui se fait, des délégués interministériels également pour aider à cette cohésion. Donc, je crois que les coups de pression, il faut faire attention dans la situation dans laquelle on est. Les Français veulent une stabilité et cette stabilité, elle passe par la coopération jusqu'au sein des membres du gouvernement.
Franck Alizio ? On va dire les choses clairement. Ce micro, aujourd'hui, dans la relation France-Algérie, comment dire, cette relation, celle à qui elle coûte le plus, c'est à la France et aux Français. Aujourd'hui, il y a, je suis désolé de rappeler des chiffres, et je parle socialement, aujourd'hui, par exemple, un immigré algérien sur deux et dans un logement social, c'est un Français sur huit. Aujourd'hui, il y a cinq fois plus de chômage chez les immigrés algériens que chez les Français. Vous nous dites que les Algériens prennent les places
des bons Français ?
Ça a un coût social, mais non, il n'y a pas de bonfance ou de bonfance. C'est ce que vous voulez dire, mais je vous dis que la relation franco-algérienne... Je vais expliciter, aujourd'hui, la relation franco-algérienne a un coût social pour la France, parce qu'aujourd'hui, l'Algérie est, comment dire, un traitement de faveur dans notre relation, et notamment dans le fait d'accueillir l'immigration. Ce traitement de faveur n'est plus justifié.
Pour dire les choses clairement, aujourd'hui, nous ne voulons pas que la diaspora algérienne en France soit l'otage du régime algérien, du pouvoir algérien, mais nous ne voulons pas aussi que notre diplomatie et que notre politique soient l'otage de la diaspora algérienne, car aujourd'hui, c'est notre territoire entre les Algériens et les Franco-Algériens. Ça a en tout 6 millions de personnes, 250 000 chez moi, à Marseille. Je ne voudrais pas que cette forte représentation ait une influence sur le programme public et d'aucuns autour de lui disent que si le programme public a la main molle, c'est aussi parce qu'il a peur de la rue arabe en France. Olivier de Poquemaison.
Franck Allisio